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SIXIÈME PARTIE

EMBRYOTOMIE.

On donne le nom Embryotomie à la partie de l’anatomie qui consiste dans la description des formes et l’étude du développement des diverses parties de l’œuf et du fœtus qu’il renferme , depuis l’instant de la conception jusqu’au terme de la grossesse.

De l'œuf en général.

Une vésicule arrondie, composée de plusieurs membranes concentriques les unes aux autres, forme, dans les premiers temps qui suivent la conception, \œuf, dans la cavité duquel le fœtus se développe.

Les parties qui entrent essentiellement dans la composition de l’œuf sont le chorion ,

Vamnios, les liqueurs contenues dans ces deux membranes, le placenta, le cordon ombilical et l’em^ryore avec les vésicules allantoïde eX. ombilicale , dont on ne trouve de traces que dans les premières périodes de la gestation. Dans l'intérieur de la matrice, l’œuf est encore entouré d’une autre membrane , la plus extérieure de celles qui l’enveloppent, et que l’on nomme caduque.

1“ De la membrane caduque.

membrane caduque fpichorion, Chauss. — Membrana decidua , s. caduca. — Exocho- ri lig.u, rion , Dutr. — Memb, Hunteri) sépare la plus grande partie de la surface externe de l’œuf de la face interne de la matrice, en offrant la disposition générale d’une membrane séreuse.

Ou lui distingue deux feuillets : l’un, externe ou utérin, tapisse la face interne de l’utérus, à laquelle il est uni par sa surface externe que couvrent des prolongemens filamenteux , considérés par Osiander comme les débris d’une membrane muqueuse , et par M. Désormeaux comme les restes d’une lymphe plastique. Ce feuillet forme, en se réfléchissant sur l’œuf à la circonférence du placenta, le feuillet interne o\x fœtal {^membrane caduque interne ou réfléchie. — Chorion fungosum , Sœmm. — Membrana decidua re/lexa), lequel adhère par sa face interne à la surface externe de l’œuf. Ces deux feuillets , d’abord libres , contractent entre eux des adhérences, mais ils restent toujours distincts, comme l’a démontré

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M. Velpeau , quoique la membrane caduque paralese simple au moment de l’accouchement.

La couleur jaunâtre et la consistance de cette membrane lui donnent à peu près l’aspect de la fibrine coagulée. Son épaisseur, assez considérable dans les premiers temps de la gestation, diminue vers les derniers mois; au moment de l’accouchement elle n’est que d’une demi-ligne : cette épaisseur est toujours moindre dans le feuillet interne et vers la partie inférieure de l’utérus que dans le feuillet externe et à la partie supérieure de l’organe. Des porosités plus ou moins sensibles lui donnent un aspect réticulé.

Les liens qui l’unissent à la matrice sont plus lâches dans les premiers temps que vers la fin de la grossesse : elle reçoit beaucoup de vaisseaux qui semblent être des prolonge-, mens de ceux de l’utérus, et qui sont plus nombreux autour du placenta ; les veines paraissent plus développées que les artères, et M. Chaussier pense que les nerfs de l’utérus s’allongent pour la pénétrer.

PI. 3'i6, (ig.g, Les trois ouvertures que présente la matrice sont , malgré l’opinion de Hunter, fermées par la membrane caduque (M. Lobstein) qui passe au-dessus du col, dont la cavité n’est remplie que d’un fluide gélatineux; elle oblitère aussi complètement les orifices des trompes en y envoyant des prolongemens membraneux , que M. Velpeau n'a jamais pu rencontrer que dans un seul des conduits tubaires, celui sans doute que n’avait point traversé l’ovule pour arriver dans la cavité utérine.

L’origine de la membrane caduque est une lymphe coagulable, sorte de production séro-albumineuse due à une excitation spécifique, résultat de l’imprégnation, et qui , en se concrétant à la face interne de la matrice, forme une espèce d’ampoule remplie d’une liqueur limpide ( M. Velpeau). Pour expliquer la formation de ses deux feuillets, on admet que l’ovule, descendant dans l’utérus, pousse au-devant de lui la membrane caduque déjà formée , l’éloigne de la partie de l’utérus contre laquelle elle était appliquée , et se trouve alors immédiatement recouvert par la portion de cette membrane qu’il a poussée au-devant FJ.326, fig.2. de lui, et qui forme la caduque réjléchie, La cavité, qui est ainsi formée entre les deux feuillets , diminue toujours de plus en plus à mesure que l’œuf se développe , et cesse d’étre visible après le quatrième mois.

MM. Meckel et Chaussier, rejetant cette explication déjà indiquée par Hunter, reproduite par M. Moreau , et en quelque sorte prouvée par M. Velpeau , pensent que l’ovule , arrivant dans l’utérus , pénètre dans l’intérieur de la lymphe coagulable qui le remplit , et qui , augmentant ensuite de densité , acquiert progressivement une apparence membraneuse à la surface de l'œuf et à la face interne de l’utérus , ce qui donnerait lieu à sa division en deux couches.

Les usages de la membrane caduque sont d’unir l’œuf à la face interne de la matrice , et, suivant M. Velpeau, de maintenir l’ovule sur un point déterminé de la surface utérine en circonscrivant le placenta.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

2® Du chorion.

Le chorion [ endoc horion , Dutr. — Membrane moyenne^ Haller) est la plus extérieure des membranes propres de l’œuf; elle correspond , en dehors , au feuillet réfléchi de la caduque , et, en dedans, à la membrane de l’amnios.

Dès qu’on peut l’apercevoir, le chorion offre l’aspect d’une petite vésicule transparente, dont la surface , fongueuse dans les premiers jours, paraît plus tard couverte de villosités, d’abord simples, puis ramifiées, offrant des renflemens granulés, et qui deviennent de plus en plus apparentes dans le point où l’œuf est contigu à l’utérus, tandis qu’elles cessent PJ-SaS, iij>. r de se développer, et finissent même par disparaître dans la partie unie à la membrane caduque. Il paraît démontré aujourd’hui que ces villosités, considérées comme des vaisseaux, ne sontquedesfilamens granulés, dans lesquels se développera plus tard le système vasculaire du placenta , comme on voit les vaisseaux se produire au milieu de la substance des membranes de nouvelle formation. Composé* d’abord par la masse de ces vaisseaux , le placenta occupe, dans les premiers temps, la presque totalité de l’œuf; mais il semble peu à peu se rétrécir au point de n’en occuper plus que la moitié, et même le tiers , vers la fin de la gestation , parce que l’extension qu’il prend n’est pas en rapport avec le développement rapide et considérable de la portion des enveloppes, qui n’a contracté des adhérences qu’avec la membrane caduque.

La surface externe du chorion, d’abord faiblement unie à la membrane caduque, contracte peu à peu des adhérences si intimes avec elle, que , dans l’état frais, on a beaucoup de peine à l’en séparer , surtout à la circonférence du placenta , où elle ia quitte pour tapisser la face fœtale de cette masse vasculaire, à laquelle elle adhère intimement; là le chorion augmente d’épaisseur, et finit par se confondre vers le centre du placenta avec la trame celluleuse du cordon , sans qu’il soit possible de vérifier bien exactement s’il se continue avec le derme , comme l'ont avancé Burton et M. Velpeau , ou avec le tissu aponévrotique des muscles abdominaux , comme l’a indiqué Mondini.

La face interne est villeuse. Elle serait en contact jusque vers la cinquième semaine , d’après M. Velpeau , avec une membrane très-fine, qui fait partie d’un corps qu’il nomme réticulé. Elle est séparée de la membrane de l’amnios par une liqueur transparente et vitriforme [fausses eaux ) qui disparaît du troisième au cinquième mois ( Lobstein et P. Béckrd), et est remplacée par une couche gélatineuse dont on trouve encore quelques vestiges au moment de l’accouchement.

Dans les premiers temps, la membrane chorion est opaque et assez épaisse; vers les derniers mois, elle est mince et transparente. La plupart des anatomistes (Haller, Blumenbach, Meckel ) n’y admettent ni vaisseaux lymphatiques, ni nerfs, et l’on a mis en doute l’existence des vaisseaux sanguins dans son tissu , quoiqu’elle soit unie à la membrane caduque par des prolongemens vasculaires. Elle serait formée de deux feuillets d’après Hewson et Meckel, mais M. Velpeau n’en a trouvé qu’un seul.

PI.33o,fig.ï,

3° De la membrane el de la liqueur de tamnios.

La membrane amnios est l’enveloppe la plus interne de l’œuf : elle est blanchâtre, transparente , élastique, et plus résistante que le chorion, auquel elle correspond par sa face externe, l’interne étant en rapport avec un liquide séreux, dans lequel nage le fœtus. Elle représente , vers la fin du premier mois, un sac dont la consistance et l’épaisseur ont été comparées à celles de la rétine, et qui est plus petit que celui formé par le chorion, auquel il n’est uni que par un point correspondant à l’ahdomen du petit embryon. Ce n’est que du troisième au cinquième mois , comme nous l’avons dit plus haut, que leur union a lieu dans toute l’étendue de leurs surfaces correspondantes, au moyen de prolongemens mous, dont la nature vasculaire n’est pas bien démontrée; l’adhérence de ces membranes, trèsintime sur le placenta , le devient davantage encore sur le cordon autour duquel l’amnios semble se réfléchir pour aller se continuer avec l’épiderme du fœtus. La face interne de cette membrane , en contact avec l’eau *qui remplit sa cavité, est lisse et polie.

La structure de l’amnios est mal connue; on n’y a trouvé ni nfirfs , ni vaisseaux lymphatiques. Les expérienees de Menro , qui vit l’eau injectée dans les artères ombilicales s’épancher en gouttelettes sur sa face interne; celles de Chaussier, qui obtint le même résultat en injectant par les vaisseaux de la mère , et les observations de M. Mercier, qui assure y avoir vu des vaisseaux injectés de sang à la suite d’inflammations, rendent assez probable la présence de vaisseaux sanguins dans cette membrane.

Le liquide que renferme la membrane amnios , et au milieu duquel le fœtus est plongé, porte le nom de liqueur de tamnios , vulgairement les eaux; son odeur est spermatique, sa saveur légèrement salée; assez limpide dans les premiers temps, il devient visqueux , lactescent, et mêlé de flocons albumineux au terme de la grossesse. Sa quantité relative est d’autant plus grande qu’on s’éloigne moins du moment de la conception, mais sa quantité absolue paraît augmenter progressivement dans les premiers temps de la gestation , pour diminuer ensuite depuis le milieu de la grossesse jusqu’à son terme; car entre le quatrième et le cinquième mois son poids égale ordinairement celui du fœtus, tandis que le poids de ce dernier est, au moment de l’accouchement, quatre ou cin<j fois plus considérable que celui des eaux , qui pèsent à peu près de une à deux livres à cette époque (Haller, Chaussier).

L’eau de l’amnios contient plus de matière animale au commencement de la gestation qu’à la fin, d’après les observations de Ruysch , Harwey, Haller, Osiander et Lobstein. Sur cent parties elle renferme 98, 8 d’eau, le reste est de l’albumine, de la soude , de l’hydrochloi’ate de soude, de la chaux, du phosphate de chaux, d’après MM. Vauquelin et Buniva : M. Berzélius y admet en outre de l'acide hydrophtorique. Les dernières analyses de MM. Lassaigne et Chevreul y ont démontré l’existence d’un gaz composé d’acide carbonique et d’azote , et font rejeter ainsi l’oxigène admis par Schéele.

Les expériences laissent encore aussi obscures les sources de ce liquide que l’origine des vaisseaux qui se distribuent à la membrane amnios. Pourtant il est probable, comme le pense J, -F. Meckel, que ces eaux, sécrétées d’abord par les vaisseaux de la mère, sont, vers la fin de la grossesse, fournies en partie par le fœtus.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

Ces eaux paraissent servir à la nutrition de l’embryon dans la première moitié de la vie intra-utérine; elles ont encore pour usage d’isoler les parties extérieures du fœtus avant la formation de l’enduit sébacé qui doit revêtir sa peau , de le garantir des chocs extérieurs et de la pression de la matrice , dont elles favorisent le développement; elles permettent à la tête, obéissant aux lois de la pesanteur, de se présenter à l’orifice du col utérin , dont elles facilitent la dilatation ; en-fin, après que les membranes de l’œuf se sont déchirées, elles lubréfient, en s’écoulant, le vagin et la vulve, et rendent ainsi plus facile la sortie de l’enfant.

4® Du placenta.

Le placehnta est une masse sphérique et aplatie de vaisseaux continus avec ceux du fœtus, par le cordon ombilical , et destinés à établir une communication vasculaire entre la mère et l’enfant pendant la vie intra-utérine.

Au terme de la grossesse , le placenta présente l’aspect d’une masse spongieuse ; sa couleur est rougeâtre, sa forme est orbiculaire; mais il est aplati comme un gâteau, aminci à sa circonférence et recourbé sur lui-même pour s’accommoder à la sphéricité de l’œuf, de la surface duquel il occupe le tiers ou le quart environ. Il a de six à huit pouces de diamètre , de douze à quinze lignes d’épaisseur au centre , et d’une à trois seulement à la circonférence. Son poids , avec celui des membranes et du cordon , est de dix-huit à vingt pouces.

face externe ou utérine du placenta, divisée en lobes irréguliers (cotylédons), est PI. 326,11g. a revêtue par une membrane cellulo-vasculaire , molle, qui réunit les lobes, et qui n’existe que dans les derniers mois de la grossesse. Elle unit le placenta à l’utérus, en produisant une adhérence plus grandeà la circonférence qu’au centre. Haller et Chaussier l’ont considérée comme une continuation de la membrane caduque ; Désormeaux, Meckelet M. Lobstein pensent au contraire qu’elle en ^ffère essentiellement; et quelques physiologistes y admettent des vaisseaux d'une nature particulière, et qui seraient intermédiaires à ceux de l’utérus et du placenta. La nature et l’origine de cette membrane sont, au reste, peu connues : avant le cinquième mois, époque où elle commence à s’organiser entre l’utérus et le placenta, la surface externe de ce dernier organe est recouverte de villosités vasculaires qui disparaissent lorsqu’elle est développée, et peuvent reparaître quand on l’a détruite par la macération. La face interne du placenta est formée par le chorion épaissi Pl. 326, li". » et revêtu par la membrane de l’amnios ; elle présente, outre l’insertion du cordon qui a lieu le plus souvent à sa partie moyenne , des reliefs formés par les principales divisions des vaisseaux ombilicaux, et quelques saillies arrondies qui correspondent aux lobes de I organe. La circonférence , plus dense que toutes les autres parties de cette masse vasculaire, est mince, inégale, et correspond au point où la membrane caduque, qui revêt la face interne de l’utérus, se continue avec le feuillet qui entoure le chorion. Autour de cette circonférence, la membrane qui unit la face externe du placenta à l’utérus forme un sinus auquel abouti.ssent quelques veines assez considérables de la membrane caduque , et , d’après M. Lobstein , ce sinus a des parois formées par une membrane extrêmement mince et diaphane ; il a été décrit par des anatomistes comme une grande veine circulaire.

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\.e pbcenta paraît enlièrenienl formé par les ramifications de la veine et des deux artères ombilicales venues du fœtus à travers le cordon. Les deux artères communicjuent ensemble par des rameaux anastomotiques, et se séjiarent en branches, dont chacune, accompagnée d’une division de la veine ombiiicale, va former un colylélon, en se divisant en une mulliinde de petites ramifications très-léniies , souvent noueuses, et dont M. I.obstein a donné une excellente figure. Ces petits vaisseaux sont anastomosés les uns avec les autres, mais iis ne le sont pas avec ceux des cotylédons voisins, comme l’a bien démontré Wrisberg. Us sont entourés de petites gaines celluleuses, dont chacune renferme toujours une artériole avec une veinule, et qui seraient une expansion du chorion , d’après Hewson , dont l’opinion est rejetée par M. Velpeau ; ce dernier anatomiste considéré ces gaines comme des prolongeinens d’une concrétion membraniforme qu’il a décrite entre le chorion et le placenta.

La matière des injections passe facilement des artères du placenta dans ses veines, et des veines dans les artères; mais elle ne passe pas directement des vaisseaux du placenta dans ceux de l’utérus, ni de ceux de l utéius dans ceux du placenta, à la surface ou entre les cotylédons ducpiel elle s’épanche souvent. D’après quelijues anaUnnistes , les vaisseaux i!c Tutérus s’étendraient jusque dans l’iniérieur du phicenta , et y foruieraient des vaisseaux uléro-placentaires qui, imliqués par Albinus, et injectés |)ar M. A. Dubois, seraient, jusqu’à la fin du deuxième mois, une portion tout-à-fait distincte de la partie fœtale du placenta, avec laquelle elle se confondrait plus tard , sans que néanmoins il y ait une communication directe établie entre ces vaisseaux et les divisions des artères et des veines ombilicales. Les observations de M. Lauth fils permettent cependant de révoquer en doute l’existence de ces vaisseaux, qu il n’a jamais pu distinguer dans les dissections les plus soignées : il pense que le [)lacenta est, en entier, composé par les divisions des artères ombilicales, dont les dernières ramifications se replient sur elles-mêmes pour donner naissance aux veines ; et cette opinion nous paraît s'accorder avec l’examen anatomique le plus -attentif. ^

La communication des systèmes vasculaires de l’utérus et du placenta , dont la continuité est mise aujourd’hui hors de doute par le résultat des expériences de M. David Williams, de Liverpool, semble due, d’après les recherches de M. Lauth , à des canaux intermédiaii es, assimilés par cet anatomiste à des vaisseaux lymphatiques, et que M. Désormeaux considérait comtuc des veines. L’adhérence du placenta diminue vers les derniers temps de la grossesse jusqu’au moment de l’accouchement, où ses connexions avec l utérus étant presque entièrement détruites, les contractions des muscles utérins suffisent pour opérer sa séparation , qui est accompagnée de l écoulemenl d’une quantité variable de sang : ce phétiomène a été expliqué par la tlivision des vaisseaux utéro plaeentaires , dont la portion (pii appartient au placenta se séparerait de celle qui appartient à l’utérus. Mais si ces vaisseaux utéro-placentaires existent, et qu’ils soient le prolongement de ceux de la matrice, il est difficile de comprendre comment une division peut avoir lien dans leur continuité, tandis qu’il paraît , au contraire, infiniment probable qu’entre le système vasculaire de l’utérus qui est très-développé , surtout au point d’insertion du placenta, et ce dernier organe lui-mcme , est établie une communication au moyen de vaisseaux de nouvelle forjMalion à parois très-minces , et organisés entre ces deux systèmes pour les réunir jusqu’au

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moment où le nouvel être est arrivé à son plus haut point de développement intra-utérin : alors les communications vasculaires sont devenues inutiles entre la mère et l’enfant ; elles s’oblitèrent plus ou moins complètement, et la Séparation de l’œuf tout entier peut avoir lieu, favorisée par les contractions des parois utérines qui contribuent aussi à arrêter l'écoulement du sang à travers les vaisseaux qui ne sont pas oblitérés.

Entre les divisions vasculaires du placenta on rencontre une assez grande quantité de sang comme infdlré, et, dans les derniers temps de la gestation seulement, des filamens blanchâtres qui paraissent être des vaisseaux oblitérés. La dissection la plus minutieuse ne permet pas d’admettre rigoureusement les vaisseaux lymphatiques indiqués par Cruiskanck et Mascagni , les glandes décrites par Littré, et les nerfs que Werbeyen , Wrisberg et M. Ribes disent y venir du fœtus.

La forme du placenta n’est pas toujours la même : il peut être ovalaire, alors le cordon est attaché à sa petite extrémité {^placenta en raquette) ; il peut être réniforme, le cordon s’insérant dans l’échancrure que présente sa circonférence: il peut être bilobé ou multilobé , l’un ou plusieurs de ses cotylédons étant détachés et réunis seulement par des prelongemens vasculaires; enfin les vaisseaux du cordon peuvent se diviser avant d’arriver au placenta , formant ainsi le placenta en parasol. Lorsque la grossesse est double, les deux œufs sont le plus souvent contigus, d’autres fois les deux placentas sont continus ou réunis par des communications vasculaires; il peut arriver même qu’un seul placenta donne naissance à un seul cordon qui se bifurque pour fournir une branche à chacun des jumeaux.

La situation du placenta offre de nombreuses variétés : son insertion la plus ordinaire est vers le fond de l’utérus ; mais il peut être attaché sur tous les points de sa surafee interne ; on Ta même vu quelquefois placé sur son orifice vaginal. Dans ce dernier cas , qui est très-fâcheux , la surface externe du placenta présente un mamelon saillant qui correspond à l’ouverture du col.

Le placenta présente des périodes de développement dans les premiers temps de la gestation , tandis que vers les derniers temps il semble avoir des périodes de décroissement. Quand l’œuf est descendu des trompes dans la cavité de l’ulérus, on trouve la surface externe du chorion couverte de prolongemcns ramifiés, sur lescjuels on aperçoit des nodules déjà indiqués par Albinos, et comparés par Sœmmerring à de petites hydatides. La nature vasculaire de ces prolongemcns ne saurait plus être admise; semblables à de petites radicules , ils paraissent destinés à absorber, par imbibition au milieu de la substance dans laquelle ils sont plongés, les matériaux propres à la nutrition de l’ovule, jusqu’à la formation de l’appareil qui doit établir une communication vasculaire entre la mère et le fœtus , et qui se déveloj)pera à la j)artie du chorion déjà marquée par des villosités plus longues, plus ramifiées , plus serrées, et qui correspondent à l’abdomen du petit embryon. Vers la fin du premier mois, des canaux vasculaires, qui semblent n’être d’abord que des veines , et qui se forment à la manière des vaisseaux dans les membranes accidentelles , apparaissent pour donner les premiers indices du placenta. Les artères , formées plus lard , se joignent aux veines; peu à peu ces vaisseaux s’étendent et se ramifient en présentant l’aspect de petites branches de corail. Le tissu du placenta augmente en densité; mais l’étendue de cct organe diminue peu à peu relativement à l’œuf, de la

PI. 3 fi

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surface duquel il n’occupe plus que le tiers vers la fin de la grossesse ; relativement au fœtus, son étendue est d’autant plus grande que celui-ci est plus jeune. Vers le ternie de la gestation, il devient plus dense; ses v^sseaux s’oblitèrent, se transforment en filamens fibreux , et présentent quelquefois des lames cartilagineuses ou des concrétions lopbacées. Ces altérations sont surtout remarquables vers la face utérine, et annoncent la séparation prochaine du placenta, dont elles favorisent le décollement.

ô® Du cordon ombilical.

IM 3a8.

PI. 329, ÜR.I , □, 3, b 5, G.

Le cordon ombilical , formé, au terme de la gestation , par une veine et deux artères , réunit le fœtus au placenta.

L’œuf n’en présentepoint encore de traces vers la fin du premier mois, d’après la plupart des anatomistes. Nous avons vu, avec Béclard, l’abdomen de l’embryon appliqué à celte époque contre le chorion, au point où plus lard doit se développer le placenta; cependant M. Velpeau assure avoir déjà trouvé le cordon long de quelques lignes dans la deuxième quinzaine après la conception ; il est alors formé par une série de renflcmens vésiculaires séparés par des rétrécissemens ou collets, dont le premier lient au placenta, et dont le dernier forme l’ombilic. Dans le renflement qui précède celui-ci sont contenus les intestins; ces renflemens disparaissent successivement, en commençant par celui qui touche au placenta : celui de l’ombilic persiste le plus long-temps. Ces faits sont confirmés par les observations de MM. Désormeaux et Olivier.

La composition du cordon n’est pas la meme à toutes les périodes de la grossesse. Jusqu’au troisième mois, il renferme une portion du canal intestinal , une partie ou la totalité de la vésicule ombilicale, et les vaisseaux omphalo-mésenlériques , outre les parties qui le constituent dans les derniers mois , et qui sont la veine et les deux artères ombilicales, la gélatine de Warton, l’ouraque , et les enveloppes formées par le chorion et l’amnios : quelques anatomistes y joignent des vaisseaux lymphatiques et des nerfs. 11 résulte de celte différence dans la composition du cordon aux diverses époques de la gestation, que sa grosseur et sa longueur ne demeurent pas toujours dans les mêmes rapports; dans les premiers temps il est très-gros et court, tandis que dans les derniers mois il a une grosseur comparée à celle du doigt auriculaire, et une longueur à peu près égale à celle du fœtus (20 à 22 pouces). L’insertion reçoit aussi quelques modifications de la composition, car le cordon renfermant une portion du canal intestinal d’autant plus grande que le fœtus est plus jeune, il en résulte que son insertion a lieu par une base d’autant plus large et à une partie de l’abdomen d’autant plus inferieure que la grossesse est moins avancée.

I>a vcme ombilicale, dont le diamètre est égal au diamètre réuni des deux artères , paraît se développer avant elles : formée par la réunion des branches qui se divisent dans les lobes placentaires, elle parcourt toute l’étendue du cordon , contournée en spirale avec les artères, ce qui donne lieu à des renflemens très-remarquables. Dans celte torsion , qui n’est apparente qu’après le deuxième mois , et qui , d’après Mcckel , a lieu neuf fois sur dix de gauche à droite, la veine ombilicale, moins longue que les deux artères, paraît décrire une spii ale moins étendue que celle de ces deux vaisseaux. Après avoir traversr; l’ombilic, la veine se dirige, en haut et à droite, entre les deux feuillets et au bord libre

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du ligament suspenseur du foie; elle gagne la face inférieure de cet organe , s’engage dans la partie antérieure de sa scissure horizontale, et fournit à droite, à gauche et en haut, P1.335,fit; 3. des branches pour les différentes parties du foie; quand elle est arrivée à l’entrecroisement des deux scissures de cet organe, elle éprouve un renflement notable, pour se diviser ensuite en deux branches , dont l’une suit la direction primitive de la veine, et se porte en arrière en formant le canal veineux qui va s’ouvrir dans la veine cave inférieure, soit immédiatement, soit en s’abouchant avec l’une des veines hépatiques gauches. L’autre branche, dont le volume est plus considérable , forme un angle aigu avec le canal veineux en se dirigeant h droite. ; elle fournit une branche au lobe de Spigel , et va s’unir au tronc de la veine porte abdominale, en formant avec elle un canal d’un diamètre considérable, qui porte le nom de conjluenl des veines porte et ombilicale, et se ramifie dans le lobe droit du foie. Les parois de la veine ombilicale sont minces et dépourvues de valvules; ce vaisseau s’oblitère après l’accouchement, et se convertit en tissu ligamenteux : néanmoins il peut rester perméable au sang pendant un temps plus ou moins long après la naissance. Daller cite même l’observation de vieillards sur lesquels cette perméabilité a pu être remarquée.

Les artères ombilicales résultent de la bifurcation de l’aorte, et semblent être la conti- PI. 328. nuation des artères iliaques primitives du fœtus; après avoir passé sur les^ parties supérieure et latérales de la vessie, elles gagnent les côtés de l’ouraque à la face postérieure de la paroi antérieure de l’abdomen, et convergent vers l’ombilic qu’elles traversent, et au-delà duquel elles descendent en spirale très-flexuense avec la veine ombilicale jusqu’à la face fœtale du placenta, où elles offrent la disposition déjà décrite. Leurs parois ont une force de résistance assez grande, quoique leur épaisseur soit médiocre, et l’on ne peut rencontrer dans leur intérieur les valvules que Reuss y avait indiquées. Leur oblitération , après la naissance, donne lieu à la production des deux replis fibreux placés audessus de la vessie de chaque côté de la ligne blanche.

Les vaisseaux omphalo-mcsenleriquesïx C's\?>\.eni ordinairement dans le cordon que jusqu’au troisième mois: cependant ils persistent quelquefois jusqu’au neuvième , et, avec Béclard, nous en avons même rencontré des traces dans l'abdomen d’un sujet de douze ans. Ces vaisseaux, bien décrits par MM. Ribes et Chaussier, sont destinés à la vésicule ombilicale, sur laquelle ils se ramifient; l’artère naît de l’artère mésentérique supérieure , près le pancréas; la veine s’ouvre dans la veine porte abdominale , elle est placée plus à droite.

Séparés d’abord par des circonvolutions intestinales, ces vaisseaux se réunissent vers l’ouverture de l’ombilic qu’ils traversent , et au niveau de laquelle le péritoine les abandonne; ils se continuent dans le cordon en formant, par leur réunion dans une gaîne commune, un filet cjui paraît simple, et qui , après un court trajet sous le chorion , perce cette membrane pour se placer entre elle et l'amnios, et gagner la vésicule ombilicale.

h'ouraqne est un long canal, uniformément étroit, faisant communiquer la vessie avec la vésicule allantoïde, et qui existe dans le cordon à toutes les époques de la gestation.

Des ner/s ont été indiqués dans le cordon par MM. Chaussier et Ribes, comme provenant du nerf trisplanchnique.

Des vaisseaux lymphatiques sont admis dans le cordon par plusieurs auteurs, mais ils n’ont jamais pu être aperçus par MM. Meckel et Lobstçin.

Ijâ gélatine de ÏVarlhon, qui enloure les vaisseaux ombilicaux, est une substance demifluide, tantôt abondante, ce qui constitue les cordons gras, tantôt on quantité moindre, ce qui forme les cordons maigres : elle est analogue à un tissu cellulaire infiltré d’une humeur albumineuse épaisse; sa perméabilité est démontrée, car elle se laisse remplir d air ou de liquide par 1 insufflation ou les injections ; elle est continue avec le tissu cellulaire sous-pet itoneal du fœtus, et avec celui qui entoure les vaisseaux dans le placenta.

enveloppes du cordon sont formées, comme nous l’avons dit, par une gaine dans la composition de laquelle entrent l’amnios et le chorion.

6° De la vésicule ombilicale et de t allantoïde .

Ces deux organes , qui jouent le rôle le plus important dans la nutrition et le développement du jeune embryon, se dérobent si facilement aux investigations les plus minutieuses, cpi’il est beaucoup de points intéressans dans leur étude qui n’ont pu encore être fixés par des observations directes. Leur existence, pendant la première période de la grossesse, paraît aujourd’hui incontestable; mais leur disparition plus ou moins complète, vers 1q troisième mois, jette une grande obscurité sur leur histoire, en rendant plus rares les occasions de les observer. Quelques auteurs ont confoiulu ces deux parties de l’œuf , de façon qu’ils n’en admettent cju’unc seule, comme MM. Lobstein et Blainville; d’autres, se fondant sur des recherches nouvelles, ont nié l’exisience de l’allantoïde, comme l’a fait M. Pockels , qui vient récemment de décrire à la place de cette membrane une autre vésicule qu’il nomme érythroide.

La vésicule ombilicale est formée par une mcndirane mince, transparente, granulée, dont la consistance est assez grande pour résister à une distension forcée produite par l’insufflation de l’air ou l’injection d’un liquide. Elle renferme une liqueur blanchâtre et limpide; elle est située, d’après le plus grand nombre des observateurs, entre l’amnios et le chorion, mais elle serait placée en dehors de ces deux membranes, d’après M. Velpeau , qui l’a même trouvée séparée d'elles par une toile fine et transparente , comparable à relie de l’hyaloïde. Sa situation, relativement à l’embryon, varie avec le temps qui s’est écoulé depuis le moment de la conception. Dans les premiers instans , elle est située contre la face antérieure de l’embryon , dont elle semble d abord être une continuation , comme l’a bien indiqué M. Lobstein; peu à peu elle s’en éloigne et se trouve renfermée dans l’intérieur du cordon , où Ruysch l’a observée et déci ite sous le nom à' hydatide du cordon’, plus lard, elle est placée au point où le cordon s’insère au placenta ; quehjue temps après elle s’éloigne de cette insertion , et on la trouve sur la face fœtale du placenta, où M. Désormeaux l’a rencontrée vers six semaines, à un pouce environ de l’insertion du cordon. A une époque plus avancée encore elle correspond au disque du placenta , cl c’est là que M. Lobstein l’a trouvée sur un œuf de trois mois; c’est alors qu’elle commence à disparaître, et il est extrêmement rare qu’il en reste des traces au terme naturel de la grossesse, quoique Ilunter et P. Béclard en rappo lent chacun un exemple.

I.’existence de cette partie de l’œuf est constante; mais l’époque de son apparition et l’histoire de scs premiers développemens sont ignorées : cependant il est probable, comme l’admettent Meckel et Désormeaux , qu’elle existe avant toutes les autres membranes , et

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peut-éire même que, seule avec la cicalricule, elle consliluc l’ovule dans les premiers jours qui suivent la conception.

Son volume est d’autant plus grand que l’embryon est plus jeune et moins avancé. Des observations de Sœmmerring, de M. Lobstein et de Mcckel ne permettent pas de douter qu’à une certaine époque ses dimensions surpassent celles du petit fœtus lui -même. M. Lobstein a figuré une vésicule ombilicale qui avait sept millimètres de. dimension dans tous les sens au cimpiantièiue jour de la grossesse, et il en a observé un autre, au troisième mois, qui avait quatre millimètres dans son plus long diamètre et deux millimètres dans le plus petit.

La communication de la vésicule ombilicale avec le fœtus a été le sujet de nombreuses controverses parmi les anatomistes. Les uns n’ont admis cette communication qu’au moyeri des vaisseaux omphalo mésentériques ; les autres ont reconnu l’existence d’un canal de plus en plus grêle et allongé à mesure (|u’on s’éloigne du commencement de la grossesse, et qui est le résultat de rextension de la base de la vésicule. Cette dernière opinion s’accorde le mieux avec l’observation ; le filet ou pédicule qui unit la vésicule à l’embryon n'a pas toujours paru canaliculé, mais il est certain qu’il l’est dans les premiers temps, et qu’il peut s’oblitérer par la suite : il se continue sans aucun doute avec le tube intestinal du nouvel être , mais le point où cette continuation a lieu n’est pas rigoureusement fixé. Oken avait indiqué le cæcum comme la trace de l’union de la vésicule ombilicale avec 1 intestin; mais il est dos animaux qui ont une vésicule ombilicale et qui n’offrent point de cæcum. Il est infiniment plus probable, comme le pense Mcckel , que runion a lieu vers la partie inférieure de l’iléon , et il n’est pas impossible qu’un diverticule reste à cet endroit , et persiste après la naissance; néanmoins on ne peut admettre que tous les diverticules que I on observe soient la trace de celte union , puisque souvent on en rencontre plusieurs sur le même tube intestinal , et «pi’il n’est pas rare d’en trouver sur les gros intestins.

Avant de disparaître entièrement, la vésicule ombilicale éprouve quelques altérations remarquables; son liejuide diminue, s’épaissit et finit par s’endurcir, en même temps que ses parois, devenues opaques , se flétrissent et sen:blcnt se rider en se contractant.

Les usages de cette partie de l’œuf humain paraissent être les mêmes que ceux du sac vitellaire dans l’œuf des oiseaux, et cette comparaison est favorisée par son existence constants, la transparence de scs parois, la limpidité tlu fluide qui la remplit, et surtout, comme le remarque Mcckel, par la nature des vaisseaux qui s’y rendent, et dont nous avons déjà indiqué l’origine et le trajet : ce sont l’artère et la veine omphalo-mésentériques. Il résulte de ce rapprochement, favorisé par une rigoureuse analogie, que le contenu de la vésicule ombilicale passe dans le corps du jeune embryon , et lui sert de nourriture pendant la première période de son développement.

V allantoïde est une partie de l’œuf dont l’existence a été niée par un assez grand nombre d’observateurs, parmi lesquels on compte Harvey, Albinus, A. Monro, Hunter et M. Pockcls ; mais elle est admise par beaucoup d’anatomistes, tels que Needham, de Graaf, Haller, Emmert, MM. Jærg, Dulrochet, Cuvier, Mcckel, Velpeau; d autres , tomme MM. Lobstein et de Blainville, pensent qu’elle existe, mais que c’est la vésicule ombilicale qu'on décrit à sa place.

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Elle forme une vésicule allongée, à parois excessivement minces et plus délicates que les autres membranes de l’œuf. D’après le plus grand nombre des observateurs, elle est située entre l’amnios et le chorion; mais, d’après M. Velpeau, elle serait placée en dehors de cette dernière membrane : suivant le même anatomiste, elle renferme un fluide séreux et un corps jaune du volume d’une tête d’épingle. La difficulté que l’on éprouve à constater son existence dans tous les cas, tient à ce qu’elle disparaît ordinairement dans le deuxième mois de la vie intra-utérine; cependant la présence d’une cavité remplie d’un fluide, et qui dans les premières périodes de la gestation sépare l’amnios du chorion et persiste même quelquefois jusqu’au terme de la grossesse, en constituant ce qu’on appelle les fausses eaux , favorise beaucoup l’opinion de ceux qui pensent, comme M. Cuvier, que la ténuité des parois de l’allantoïde , et leur adhérence, intime au chorion et à l’amnios, empêchent seules qu’il ne soit facile de la démontrer sur tous les œufs. Au reste, Meckel a rencontré sur un embryon de quatre semaines une vésicule distincte de l’ombilicale entre les enveloppes du fœtus ; et cette observation a été plusieurs fois confirmée par M. Velpeau , qui place cette vésicule en dehors du chorion.

La communication de l’allantoïde avec le fœtus a lieu au moyen d’un canal nomme ouraque , lequel traverse le cordon et aboutit au sommet de la vessie du petit embryon : la communication de ce canal avec la vésicule d’un côté et la vessie de l’autre, au moyen d’orifices perméables, n’a pas encore été directement démontrée, soit à cause de sa ténuité extrême, soit à cause de son oblitération très-prompte. Cependant, si aucune expérience n’a pu prouver qu’il communique avec l’allantoïde ou l’espace dans lequel s’amassent les fausses eaux , on ne peut douter que l’ouraque présente une cavité qui se eontinue avec celle de la vessie, puisque Haller et Sabatier l’ont trouvé creux chez des enfans nouveaunés, et que des observations pathologiques bien connues nous ont montré des adultes chez lesquels l’excrétion des urines avait lieu par l’ombilic à travers l’ouraque.

Les vaisseaux de l’allantoïde paraissent provenir des ombilicaux; ils forment, la surface de son feuillet qui est en rapport avec le chorion , un réseau vasculaire très-remarquable.

Les usages de celte membrane et la nature du fluide qu’elle contient ont donné lieu à deux hypothèses principales : Harvey, Oken et M. Lobstein considèrent ce fluide comme nutritif; mais l’autre opinion, d’après laquelle on l’envisage comme le produit d’une excrétion analogue à celle de l’urine, paraît la plus probable, et réunit le plus grand nombre d’autorités. Il est présumable que l’urine , sécrétée d’abord par les reins qui sont très-développés , passe dans l’allantoïde par l’ouraque, puis s’amasse dans la vessie après l’oblitération de ce canal; mais il est certain qu’après l’occlusion de ce conduit, le fluide qui s’accumule dans la cavité de la vésicule pour former les fausses eaux ne peut être fourni que par les parois de l’allantoïde elle-même.

D’après des recherches récemment publiées sur le développement de l’embryon humain pendant les trois premières semaines de la conception , M. Pockels nie l’existence de l’allantoïde, et décrit une vésicule qu’il nomme érythroïde , laquelle n’est plus visible dans la quatrième semaine après la fécondation : elle est pyriforme; sa grosse extrémité repose sur l’amnios , et par la petite elle communique avec la partie la plus inférieure de l’abdomen de l’embryon. L’intestin commence à se développer dans sa cavité, et c’est elle qui

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donne naissance au cordon ombilical lorsque l’embryon , d’abord attaché au choricn , entre cette membrane et celle de l’amnios, s’enveloppe de cette dernière en s’enfonçajit dans le liquide qu’elle renferme.

7® Du fœtus.

L’étude du fœtus comprend celle de l’apparition de l’embryon, celle du développement général et simultané de toutes ses parties, et celle du développement particulier de chacun des systèmes qui le composent.

A. Apparition de V Embryon.

L’obscurité répandue sur les premiers développemens du nouvel organisme et la difficulté extrême de faire des observations directes dans l’espèce humaine , ont porté les physiologistes à s’aider de l’analogie pour expliquer les phénomènes qui suivent les premiers instans de la fécondation chez la femme , par la comparaison des faits que l’on a pu remarquer, pendant la fécondation, dans les diverses classes d’animaux.

Il parait certain que l’ovule préexiste à la formation de l’embryon , et le point où celui-ci se développera est marqué par une tache blanchâtre, désignée sous le nom de cicatricule : celle-ci change de forme après la fécondation, devient mince, transparente, et se partage en deux zones, dont l’extérieure, opaque, est appelée champ opaque, tandis que l’intérieure, qui est transparente, reçoit le nom de champ transparent. Au centre de cette dernière zone est un petit trait long d’une demi-ligne, rudiment du jeune embryon, et qui a paru, à quelques observateurs, la première trace de son système nerveux; mais, comme le croit Meckel , ce premier rudiment visible est sans doute la base commune de plusieurs parties.

L’apparition de l’embryon est séparée du coït fécondant par un espace de temps que l’on n’a pas encore pu déterminer avec exactitude : Haller dit qu’il est de trois semaines; mais Home a trouvé , huit jours après la conception , des traces de l’embryon dans un ovule qui était déjà arrivé dans l’utérus, et dont la longueur était d’une ligne et l’épaisseur d’une demi-ligne. Il est probable que les premiers rudiinens du fœtus deviennent visibles dans la seconde semaine après le coït fécondant. L’analogie porte à croire que , dans l’œuf humain , comme dans celui des vertébrés ovipares pulmonés , le fœtus naît sur la vésicule ombilicale et de cette vésicule elle-même : il est du moins évident, malgré l’opinion contraire émise par quelques anatomistes, que, dès son origine, l’embryon est uni aux membranes de l’ovule. *

B. Développement général du fœtus.

Le développement du fœtus, dans son ensemble et dans toutes ses parties, a lieu avec une extrême rapidité, surtout dans les premières périodes de son existence. Formé par une matière homogène en quelque sorte dans le principe, il ne tarde pas à éprouver successivement des transformations dans lesquelles on a cru reconnaître les caractères propres aux diverses classes d’êtres rangés dans l’échelle animale.

Texte. 68

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Dans les premiers instans où l’on peut observer le jeune embryon, il paraît situé entre le chorion et l’amnios , adhérant à la fois à l’un et à l’autre : ce n’est que dans la suite de son développement qu’on le voit pousser avec sa face dorsale la membrane de l’atniiios , et s’en envelopper en pénétrant dans le liquide qu’elle renferme.

Au huitième jour après la conception , Home n’a pu observer , dans le petit ovule , que deux points opaques et sans forme bien déterminée.

Au quatorzième jour, d’après M. Pockels , l’embryon parait à l’œil nu comme un petit corps d’un blanc jaunâtre, long d’une ligne environ , aplati au milieu , et comprimé à ses extrémités, qui sont plus denses : il est arrondi comme une massue, et présente la consistance d’un globule de gélatine.

Au seizième jour, d’après le même observateur, il a poussé devant lui la membrane amnios , de façon qu’il en est enveloppé , et qu’il est placé dans la cavité de celte membrane en adhérant aux parois de l’ovule par une gaine fort courte.

Fl.Bay, fig. I, Après vingt-deuxième jour, époque où l’œuf a la grosseur d’une petite noix, la tête et le coccyx se distinguent comme de petits points blancs : l’embryon , conservant encore sa consistance gélatineuse, a acquis une longueur de deux à trois lignes, et il pèse de deux à trois grains. Il est opaque, allongé, offrant une extrémité arrondie et l’autre terminée en pointe mousse; sa partie moyenne renflée paraît eorrespondre presque entièrement à l’abdomen qui forme une saillie en adhérant à l’enveloppe interne de l’œuf; la tête n’est marquée que par une entaille qui la sépare du reste du corps auquel elle s’unit en formant un angle droit , et à la surface duquel on ne voit nulle trace d’ouvertures ni de membres.

Pi 3îç) fig 3. Entre le quarantième et le cinquantième jours, l’œuf a une longueur de quinze à dixhuit lignes sur une largeur de douze à quinze. L’embryon , long de cinq à six lignes, pèse dix-neuf grains; ses parties sont plus distinctes et sa consistance plus grande. La tête qui, dans les premiers temps, était très-petite, s’est accrue au point de former la moitié du corps; le développement du crâne est très-considérable relativement à la face, sur les côtés de laquelle on distingue deux points noirs de forme variable , qui sont les premiers rudimens des yeux; au-dessous d’eux est une large fente transversale à la place de la bouche; il n’existe aucune trace du nez. Le cou n’est marqué que par une entaille; deux petits mamelons obtus indiquent le développement des membres thoraciques sur les côtés du tronc. Les batiemens du cœur et le mouvement de fluides incolores sont sensibles à la partie supérieure de l’abdomen , qui est ouverte, tandis que ia partie inférieure forme une saillie considérable, adhérante à l’œuf, et offrant les rudimens du cordon. Sur les côtés de cette saillie sont deux petits bourgeons, indices du développement des membres pelviens, toujours moins avancés que les membres thoraciques, et, entre eux, l’on voit l’extrémité inférieure de l’embryon , formant une saillie caudale recourbée en avant.

PI.329, lig 4, Entre le cinquantième et le soixantième jours , le poids de l’embryon varie de deux à ’ quatre gros ; sa longueur est de douze à quinze lignes, et la tête forme à peu près le tiers

du corps, dont les diverses parties deviennent plus distinctes: de petites dépressions indiquent déjà la trace des conduits auditifs externes.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE. 53fl’

Au cinquante - deuxième jour , on aperçoit un point lacrymal vers l’angle interne des yeux.

Au cinquante-troisième jour, le cercle noir de l’iris paraît fermé par une membrane blanche.

Au cinquante-sixième jour, on distingue des rudimens de narines confondus avec l’ouverture de la bouche; une légère saillie indique la place du nez , et l’on peut distinguer les rudimens des auricules et des paupières.

Au cinquante-huitième jour, le front et le nez sont devenus plus saillans, et les narines, très-écartées l’une de l’autre, paraissent fermées par une membrane.

Au soixantième yotir, les tubercules , qui sont les premières traces des membres, ont Pi.s^ç), fisT. déjà acquis un plus grand développement : sur les membres thoraciques, plus saillans que 'tles autres, on distingue l’avant-bras et la main; le bras manque et la main est plus volumineuse que l’avant-bras. Le cordon, dont la longueur est de quatre à cinq lignes, est conique, et se continue avec la partie inférieure de l’abdomen par une base très-large qui renferme une partie des intestins; entre le point de son insertion et l’extrémité inférieure du rachis , qui est dirigée en avant, apparaît une légère saillie sur laquelle on distingue une ou plusieurs ouvertures, premières traces des organes génitaux.

T>AX\s,\a. première moitié du troisième mois , éT^o(\uQ où l’œuf a le volume de celui d’une PI 3y.(), fi». 8. poule, l’embryon pèse jusqu’à une once et demie, et acquiert une longueur de dix-huit lignes à deux pouces. La tête est un peu moins grosse relativement au reste du corps; le front est plus saillant, et les yeux commencent à être en partie couverts par les paupières qui présentent à leurs bords la trace des points lacrymaux, sous la forme de petits orifices très-apparens , placés au sommet de tubercules coniques. La fente buccale commence à être limitée par les lèvres , dont l’inférieure est échancrée au milieu , et dont la supérieure présente un lobe moyen avec deux échancrures latérales. Le nez est large et plus élevé; les narines écartées et dirigées en avant; le cou devient plus marqué, mais il est encore extrêmement court. Les parois de la poitrine se sont formées en avant. Sur les membres thoraciques dont le développement est toujours plus avancé que celui des membres pelviens, on distingue le bras, l’avant-bras et la main; les doigts sont visibles, mais réunis encore ordinairement par une espèce de membrane. Dans les membres abdominaux , la cuisse est beaucoup plus courte que la jambe; celle-ci l’est davantage que le pied, dont la plante est tournée en dedans, et sur lequel on ne distingue encore les orteils que comme de très-petits tubercules réunis par une substance molle. Le cordon est devenu plus long que l’embryon lui-même; il s’est contourné en spirale, et son insertion à l’abdomen du fœtus a lieu sur un point un peu plus élevé et par une base moins large , quoiqu’il renferme encore quelques anses intestinales. La vésicule ombilicale commence à disparaître, et il ne reste plus dans le cordon que le pédicule grêle qui la fait communiquer avec la cavité abdominale de l’embryon. Le prolongement qui termine l’exHi’^mité inférieure du rachis diminue sensiblement, et finit même par disparaître entièrement.

Les ouvertures génitales se confondent avec celles de l’anus, mais la distinction des sexes est toujours difficile à cause de la longueur disproportionnée du clitoris. Cependant l’ensemble des parties présente déjà, d’après Sœmmerring, les caractères du sexe.

Dans la seconde moitié du troisième mois, le développement de l’embryon parait très- f’l-329,fîg

rj. 33o, fig.

n. 33o, fig. 5

P1.332,fig I.

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rapide: aussi les diverses observations ne s’accordent-elles pas sur sa longueur, qui paraît varier de trois à six pouces; son poids est de deux à trois onces. La disproportion de la tete avec le reste du corps est déjà moins sensible; le globe de l’œil se dessine sous les paupières, dont les bords sont agglutinés. La forme du front , du nez , des lèvres se rapproche beaucoup de celle que ces organes devront conserver; les différentes parties de l’auricule sont distinctes , mais encore séparées ; la forme du cou est mieux déterminée. Aux membres, le bras et la cuisse sont plus longs; des nodosités indiquent les articulations phalangiennes des doigts , et de petites plaques minces et membraneuses marquent le premier développement des ongles. On distingue quelques traces de la formation du bassin, et les premiers indices du perinee commencent à séparer l’anus des organes génitaux, dont la conformation extérieure permet de reconnaître le sexe du fœtus. La peau , qui jusqu alors n avait été qu un enduit mou et visqueux , prend plus de consistance , mais elle est fort mince, et n’offre pas encore la texture fibreuse. Le cordon est plus long, ses nodosités sont plus apparentes , et il ne renferme plus aucune portion de l’intestin.

, Dans le quatrième mois ^ le produit de la conception a déjà presque entièrement revêtu la forme qui lui est propre : aussi c’est à celte époque de la vie intra-utérine qu’il doit quitter le nom à'embryon pour recevoir celui de fœtus. Sa longueur varie alors de six à huit pouces, et sa pesanteur est de six à sept onces. Le volume de la tète ne forme plus le tiers de celui de tout le corps; les fontanelles sont très-larges; la face est plus allongée qu’elle ne l’avait en-core été; le front forme un angle rentrant en s’unissant avec la racine du nez, et l’on peut apercevoir la langue derrière les lèvres. La disproportion entre les membres thoraciques et abdominaux est moins grande, et l’on distingue les articulations des orteils comme celles des doigts. L’insertion du cordon a lieu à un point plus élevé de l’abdomen et plus éloigné des organes sexuels, qui ont acquis un grand développement, et parmi lesquels on reconnaît sans peine le pénis avec son gland découvert, le scrotum avec son raphé , ou la vulve avec les grandes lèvres et le clitoris, dont le volume demeure toujours fort considéiable proportionnellement aux autres parties. La peau est encore extrêmement mince ; elle a pris une couleur rosée en se couvrant d’un léger duvet, et celle de la tête présente un petit nombre de cheveux courts et argentés. Le système musculaire commence à exécuter quelques contractions, et une graisse grisâtre, qui semble granuleuse , se dépose dans les aréoles du tissu cellulaire sous-cutané.

Dans le cinquième mois , le fœtus a acquis dans son ensemble un assez grand développement pour qu’il lui soit possible d’exister quelques minutes encore après avoir été séparé de l’utérus. Les changemens qu’il éprouve pendant celle période de la vie inira-ulérinc portent principalement sur le volume proportionnel des diverses parties. Sa longueur varie de huit à onze pouces, et son poids est de huit à dix onces. La tète ne forme plus que le quart du corps, mais sa pesanteur est augmentée, et elle tend à se placer dans la partie inféi^eure du sac amniotique. Les membres pelviens commencent à devenir un peu plus longs que les membres thoraciques, et la force des mouvemens musculaires s’est accrue.

Dans le sixième mois , le fœtus peut déjà vivre quelques heures hors de l’utérus; sa longueur est alors de douze à quatorze pouces , et son poids de douze à seize onces. Les proportions de la tête ont diminué , quoiqu'elle paraisse toujours fort grosse relativement

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au reste du corps. Les cheveux sont moins rares, les bords des paupières et les sourcils présentent des poils extrêmement fins. La peau est encore très-mince, mais on peut cependant distinguer le derme et l’épiderme ; elle est ridée , et présente une couleur pourpre à la face, aux oreilles, aux mamelles, à la plante des pieds et à la paume des mains. La verge est assez développée relativement au scrotum qui est vide : le clitoris, encore volumineux, écarte les deux lèvres de la vulve.

Dans le septième mois , le fœtus peut vivre s’il est expulsé de l’utérus; la perfection de ses formes et les proportions de ses diverses parties indiquent qu'il est arrivé à un degré plus avancé de développement. Sa longueur est de treize à seize pouces, et son poids va jusqu’à deux livres et demie. La tête est dirigée ordinairement vers l’orifice de l’utérus; les saillies moyennes de ses os plats sont très-sensibles ; les paupières cessent d’être unies l’une à l’autre, et la membrane pupillaire disparaît. La peau prend une teinte plus rosée; elle est couverte d’un enduit blanchâtre et huileux fourni par ses follicules sébacés, et une plus grande quantité de graisse donne , en s’accumulant au-dessous d’elle, plus de de rondeur aux contours du tronc et des membres. Les testicules ' descendent dans le scrotum.

Au huitième mois , la longueur du fœtus ne dépasse pas dix-huit pouces, mais son poids va jusqu’à quatre ou cinq livres. Les formes et la consistance des parties sont plus déterminées; à la tête, les fontanelles ont moins d’étendue. Dans le scrotum , on trouve déjà un testicule, c’est ordinairement le gauche. Le clitoris est beaucoup moins saillant qu’aux époques précédentes.

Au neuvième mois, le fœtus est arrivé au terme de sa vie intra-utérine, et toutes ses parties ont acquis le degré de développement indispensable pour l’accomplissement de toutes les fonctions nécessaires à son existence désormais isolée de celle de sa mère. Scs proportions, prises au terme moyen par M. Chaussier, d’après l’examen de plus de quinze mille enfans.au moment de la naissance, sont les suivantes: longueur totale, dix-huit pouces ; du sommet de la tête à l’ombilic , dix pouces quatre lignes ; de l’ombilic aux pi jds , sept pouces et huit lignes ; du sommet de la tête au pubis, onze pouces et neuf lignes ; du pubis aux pieds , six pouces et trois lignes ; de la clavicule au bas du sternum, deux pouces et trois lignes; du bas du sternum au pubis, six pouces. Transversalement, du sommet d’une épaule à l’autre, quatre pouces et six lignes; d’un os iliaque à l’autre, trois pouces; d’une tubérosité fémorale à l’autre, trois pouces et trois lignes. Du sternum au rachis, il y a trois pouces et six lignes. Le poids du fœtus est de six à sept livres. Sa tête, moins grande, proportionnellement au reste du corps, que dans les mois précédons, est encore remarquable parle volume du crâne, dont les os sont mobiles quoiqu’ils se touchent par leurs bords correspondans ; la grande fontanelle est encore large d’un pouce , et les traits de la face sont moins ridés. Les dimensions de la tête sont , en prenant un terme moyen , les suivantes, d’après M. Chaussier : diamètre transversal, trois pouces et quatre lignes; grand diamètre , quatre pouces et trois lignes ; diamètre occipito-mentonnier , cinq pouces ; diamètre sphéno-bregmatique, trois pouces et quatre lignes; circonférence, treize à quinze pouces. Les cheveux qui couvrent la peau du crâne sont assez nombreux ; leur couleur est blonde, et leur longueur est ordinairement d’un pouce. Le thorax, en général court et aplati, est cependant un peu plus alongé chez le fœtus du sexe masculin, dont les côtes

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sont aussi plus saillantes, et chez lesquels on remarque aussi une saillie plus considérable des apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires. L’abdomen, dont la cavité est extrêmement développée, forme une saillie au-dessus de l’ombilic , et celui-ci se trouve placé exactement sur le point qui corresponil à la moitié de la longueur totale du fœtus. Le bassin est étroit, et son développement paraît peu avancé; le scrotum contient ordinairement les deux testicules. De véritables poils existent aux sourcils et aux paupières, et la peau a revêtu tous ses caractères; sa coloration paraît d’abord la même chez les blancs et chez les nègres : chez ceux-ci seulement on observe une teinte noire sur le scrotum , et une auréole de même couleur autour de la base du cordon.

1. La position du fœtus au milieu du liquide amniotique présente un assez grand nombre de variétés : dans celle qui paraît la plus naturelle , la tête occupe toujours la partie déclive de la cavité de l’œuf, et cette disposition est favorisée en même temps par l’in.serlion du cordon , très-rapprochée , dans les premiers temps , de l’extrémité inférieure du corps , et par le développement considérable des organes qui , comme le foie et le cerveau , sont placés au-dessus de cette insertion. Pendant les premiers mois de la grossesse, le fœtus < étant très-petit, proportionnellement à la cavité qui le renferme , ses mouvemens peuvent être très-étendus , et il n’a point de position fixe; pendant la seconde moitié de la gestation, au contraire , ses dimensions ont beaucoup augmenté proportionnellement à celles de la cavité de l’œuf, dont les parois sont presque appliquées sur lui : il présente alors dans sa disposition générale la forme d'un ovoïde, long de dix pouces vers la fin du neuvième mois , ayant sa grosse extrémité en haut, et offrant à sa partie postérieure un aplatissement qui correspond à la saillie lombaire du rachis de la mère. Le ventre du fœtus est ordinairement tourné vers le fond de l’utérus; les fesses sont portées en avant; le menton est appuyé sur le thorax; les cuisses sont fléchies sur l’abdomen; les genoux sont écartés , et les jambe.s"croisées de façon que le talon droit est placé sur la fesse gauche et le talon gauche sur la fesse droite; les bras sont rapprochés l’un de l’autre en avant, les avant-bras sont réfléchis et les mains dirigées vers la face.

C. Développevient partiel des diffiérens systèmes et appareils du fœtus.

L’extrême rapidité avec laquelle l’embryon humain parcourt les pronières périodes de son développement ne permet qu'avec difficulté de déterminer la forme sous laquelle se présentent ses diverses par^ties au moment de leur apparition; cependant Meckel a pu réunir sous le nom de lois de formation un certain nombre d’observations , desquelle.s il semblerait résulter principalement que tout est d’abord fluide; que la forme, dans les solides, se développe avant la texture et la composition; que les organes se forment par parties isolées qui se réunissent; que les différens systèmes et les différentes parties d’un même système ne se développent pas ensemble , mais successivement; que la symétrie est d’autant plus marquée dans les organes que leur formation est plus /•écente ; que cette symétrie existe même dans l’origine pour les organes qui ne la présentent plus dans une période avancée ; que toutes les phases par lesquelles passe le corps répondent à des divisions de l’échelle zoonomique. Les observations de M. Serres l’ont conduit à établir deux

lois d’embryogénie , dont les applications sont loin d’étre générales , et qu’il nomme lois de symétrie et de conjugaison : d'après la première, tout organe serait, dans son origine, formé par deux moitiés séparées , qui , d’après la seconde loi , tendent à se réunir l’une à l’autre ; il en résulterait que tout organe se développe de la circonférence’ au centre, et non du centre à la circonférence, comme l’avaient fait croire les observations de Harvey et de Malpighi.

Le germe fécondé offre dans les premiers instans , d’après M. Chaussier , l’aspect d’un flocon de mucus ou de gélatine diffluente. Il est, en effet, certain que les premiers rudimens de l’embryon consistent dans une substance mucoso-gélatiniforme , qui ne tarde pas à augmenter en consistance pour donner naissance au tissu cellulaire, premier canevas dans lequel les organes se développent , en ne se distinguant d’abord que par une opacité plus grande et un aspect granuleux qui prend bientôt le caractère fibreux. L’époque de l’apparition précise de chaque système est peu connue, et quelques appareils paraissent se développer simultanément. Nous allons Indiquer rapidement les principales modifications qu’ils éprouvent.

I. Tissu cellulaire et adipeux. Ce tissu , qui forme seul les premiers rudimens perceptibles de r embryon, ne se distingue, dans l’origine, de la sérosité, que par l’augmentation de consistance qu’il reçoit. C’est dans l’intérieur de sa substance , d’abord homogène, que semblent se développer tous les organes. Il a d’autant moins de densité que le fœtus est plus jeune, et il ne renferme jamais dégraissé dans la première moitié de la grossesse; c’est seulement dans le cinquième mois que le tissu adipeux commence à paraître par des granulations rougeâtres qui se déposent sous la peau, seul endroit où l’on trouve de la graisse réunie en masse chez le fœtus à terme, car ses cavités splanchniques et les parties qui en seront plus tard le plus abondamment garnies , n’en renferment ordinairement pas encore à cette époque.

IL Système vasculaire. Ce système paraît être le premier qui devient apparent chez l’ein- p; 335^ 335 bryon , quoique M. Rolando accorde la préexistence au système nerveux. Rien de précis n’est connu chez l’homme, sur les premiers rudimens de l’appareil circulatoire ; mais l’analogie porte à croire que ce sont les vaisseaux omphalo-mésenlériques, et d’abord les veines, qui se développent , comme chez les oiseaux, en commençant par des vésicules isolées placées sous forme de stries à la suite les unes des autres , et en formant ensuite des canaux dont les parois ne deviennent que plus tard distinctes. Le premier tronc visible du système veineux est la veine porte , dont la veine omphalo-mésentériquc est d’abord une branche principale ; la veine ombilicale se développe ensuite, et elle communique plus tard par une branche considérable , nommée canal veineux , avec la veine cave inférieure, laquelle, ainsi que la supérieure, ne deviennent visibles qu’aprè? les artères qui leur correspondent, et qu’après le développement des parties dont elles ramènent le sang.

Les premières traces du cœur apparaissent comme un renflement de la veine porte qui existe encore seule à celte époque. Cet organe s’allonge en se courbant en demi-cercle, et pirésenle bientôt trois dilatations qui sont, dans l’ordre de leur développement, le ventricule gauche , l’oreillelte gauche et le bulbe de l’aorte. Peu à peu ces dilatations se

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confondent par la disparition des rétrécissemens qui les séparaient , et vers la septième semaine, le cœur, très-volumineux, remplit en grande partie le ihorax et l’abdomen. L^oreillette se partage bientôt en deux cavités par une cloison moyenne formée, du deuxième au troisième mois, par une valvule qui, en s’élevant, rend de plus en plus étroite cette ouverture inter-auriculaire que l’on nomme trou de Botal , et dont l’occlusion n’est complète qu’.à la naissance. L’oreillette droite est d’abord plus grande que la gauche, et elle présente les orifices des deux veines caves , dont l’inférieure est garnie d’une valvule , dite à' Eustachi , qui joue un rôle important dans la circulation du fœtus. Les cavités des ventricules deviennent distinctes, par une cloison moyenne, en même temps que celles des oreillettes; ces dernières paraissent d’abord plus volumineuses ; dans les premiers- instans , le ventricule gauche est plus grand que le droit, qui, à son tour, prend plus de capacité que le gauche à partir du sixième mois.

L’aorte est encore la seule artère distincte à la septième semaine , époque où l’on voit l’artère pulmonaire se réunira elle et s’y terminer complètement; mais dans la semaine suivante quelques petites branches se détachent de leur point d’union pour se porter vers les poumons , et former les branches droite et gauche de l’artère pulmonaire: ce point d’union forme alors un canal de communication , nommé canal artériel, qui se trouve oblitéré après la naissance , et remplacé par un faisceau ligamenteux qui unit la crosse de l’aorte à l’artère pulmonaire. Toutes les autres artères apparaissent avec les parties qu’elles sont destinées à nourrir, et se réunissent à l’aorte , laquelle est bifurquée inférieurement pour donner naissance aux artères iliaques primitives, et avec celles-ci se continuent les artères ombilicales qui sortent par l’ombilic, et traversent le cordon pour venir se ramifier dans le placenta.

PI III. Système nerveux. Les diverses parties qui composent le système nerveux se forment

< bacune à la place qu’elles doivent occuper dans l’organisme, et leur développement ne paraît pas être le résultat de l’extension d’un point central. Cependant on a voulu chercher s’il n’y avait pas quelque portion du système dont l’apparition fût antérieure à celle des autres , et ces recherches ont donné naissance à des opinions très-diverses : Ackermann accorde la priorité au ganglion cardiaque; Béclard , aux nerfs et aux ganglions rachidiens ; Rolando, à la moelle allongée; Meckel , à la moelle épinière, et M. Serres considère les nerfs latéraux du tronc , de la tête et du bassin comme antérieurs , dans lèur apparition, h l’axe cérébro-spinal. Il est difficile de reconnaître d’une manière précise quelle partie est formée la première lorsque toutes sont également confuses; cependant Tiedemann n’a trouvé aucune trace de nerfs sur un embryon chez lequel le centre nerveux était déjà manifestement distinct : on pourrait donc, avec quelque fondement, penser que son apparition précède celle des autres parties de l’appareil nerveux.

Dans le premier mois , la fluidité de l’ensemble du petit embryon ne permet encore de distinguer aucune partie du système nerveux.

Au deuxième mois , une poche vésiculeuse et arrondie , dans la portion crânienne de la tète , et un canal dans la région postérieure et courbée du tronc , que l’on a nommée carène, renferme une substance comparable à du blanc d’œuf, et qui est entourée par deux membranes , dans lesquelles Tiedemann a cru reconnaître les premières traces de la

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dure-mère et de la pie-mère. Quand celle substance demi-fluide a été coagulée par l’alcool, on y peut distinguer la moelle épinière, divisée en deux bandelettes qui commencent à se souder par leur bord antérieur, et forment une gouttière en arrière. L’on aperçoit les deux prolongemens antérieurs de la moelle, les pédoncules cérébraux, le cervelet, et les tubercules quadrijumeaux sous la forme de lamelles membraneuses. On reconnaît quelques traces des couches optiques, des corps striés et des hémisphères cérébraux. La gouttière postérieure de la moelle se prolonge sur la surface supérieure des rudimens du cerveau, en offrant des renflemens aux points où paraîtront plus tard le quatrième ventricule, l’aqueduc de Sylvius et le troisième ventricule.

Au troisième mois, la moelle épinière offre, à son centre, un canal ouvert en arrière Pl.SSg iîr o. dans toute sa longueur par une fente, dans laquelle pénètre la pie-mère qui, d’après M. Desmoulins, doit sécréter à sa face externe la substance grise que l’on n’aperçoit pas encore; un renflement remarquable existe au niveau de la partie que l’on désigne sous le PI. SSg.tIg. 5, nom de moelle allongée , et les trois paires de faisceaux qui terminent la moelle sont parfaitement distincts; on reconnaît les corps restiformes qui vont former le cervelet et les faisceaux pyramidaux antérieurs et olivaircs qui, réunis d’abord dans les pédoncules cérébraux, se portent ensuite, les premiers dans les corps striés, elles seconds dans les couches optiques; en sortant de ces parties les mêmes faisceaux s’écartent de chaque côt.é, et offrent l’aspect d’une membrane qui , recourbée sur elle-même d’avant en arrièife et de dehors en dedans, présente les rudimens des hémisphères ; en se repliant ainsi, cette membrane forme de chaque côté une cavité qui deviendra plus tard le ventricule latéral, et dans laquelle la pie-mère envoie déjà un prolongement qui renferme le plexus choroïde. Ces hémisphères, membraniformes, et faciles à écarter, laissent à découvert les pédoncules du cerveau, les corps striés , les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux dans lesquels existe toujours une cavité continue, en arrière avec le quatrième ventricule, et en avant avec le troisième. On peut déjà distinguer les trois lobes des hémisphères, et l’on voit apparaître , à la face itd'érieure de la masse cérébrale , les éminences mamillaires, la glande pituitaire et les nerfs optiques et olfactifs; on commence aussi, vers la fin du même mois, à voir les cornes d’Ammon, et l’on peut distinguer le corps calleux avec la voûte à trois piliers.

Au quatrième mois, la moelle ne descend plus que jusqu’à la base du sacrum, et elle PI.339,ü".i3, présente les premières traces de la queue de cheval; son canal central devient proportion- ’,'g’ nellement plus petit par le dépôt de la substance grise que l’on commence à voir paraître; ‘ les hémisphères, étendus latéralement jusqu’au cervelet, ne recouvrent pas encore les tubercules quadrijumeaux sur la ligne moyenne. On voit déjà la protubérance annulairé ; la cavité des ventricules latéraux est limitée , mais très-large; la glande pinéale apparaît avec ses pédoncules, et deux rubans bien distincts forment la voûte à trois piliers, dont les piliers antérieurs se recourbent sur les couches optiques, tandis que les piliers postérieurs se continuent avec les cornes d’Ammon. On distingue nettement la cinquième paire de nerfs.

Au cinquième mois , la queue de cheval est très-apparente; la cavité de la moelle com- P1.339,fi. ig, mimique toujours avec le quatrième ventricule; les hémisphères cérébraux ne cachent Texte. 69

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PI. 33g, (ig. 22 23,2), 25

PI. 34o, fig. 1 2, 3.

Pi.34o,iig. î 5, G, 7, 8, ç

P1.3{o,flg 1

pas encore entièrement les tubercules quadrijumeaux , mais ils offrent les premiers rudimens des circonvolutions. Le corps calleux est plus considérable; l’on distingue parfaitement la commissure antérieure, entre les piliers de laquelle est une ouverture qui fait communiquer la cavité de la cloison avec le troisième ventricule. Des sillons transversaux divisent le, cervelet en cinq lobes.

, Au sixième mois, l’on peut déjà reconnaître le caractère granuleux de la substance du cerveau qui est immédiatement placée sous la pie-mère et la disposition fibreuse de celle qui est située plus profondément. Les hémisphères couvrent une partie du cervelet , dont on distingue tres-bien \' arbre de f^ie et l’eminence vermiforme; la cavité des tubercules

, quadrijumeaux diminue par l’épaississement de ses parois ; la bandelette demi-circulaire et le septum lucidum sont visibles ; le corps calleux arrive en arrière jusqu’à la partie moyemie des lobes cérébraux, mais il ne couvre encore qu’une portion de la couche optique. Le volume des corps striés est augmenté, tandis que celui des lobes olfactifs est diminué.

), Au septième mois, la moelle épinière ne descend plus que jusqu’aux vertèbres lombaires; le renflement de la queue de cheval et celui qui existe au point d’union des nerfs des membres thoraciques sont très-<ïpparens ; le canal central de la moelle diminue graduellement de diamètre sans être encore complètement oblitéré; l’entrecroisement des faisceaux pyramidaux est visible, les corps olivaires sont très-distincts. Les circonvolutions des hémisphères cérébraux sont mieux prononcées , et les lobes postérieurs dépassent déjà le cervelet, dont tous les lobules , les branches , les rameaux et les ramifications sont devenus très-apparens sans que les feuilles soient encore visibles; celles-ci, qui sont toutà-fait extérieures , se montrent les dernières , et de ce fait Tiedemann conclut avec raison que le développement du cervelet a lieu du dedans au dehors. Le quatrième ventricule, dont le plancher présente les bandelettes grises de MM. Wenzell, renferme un plexus choroïde. La cavité des ventricules latéraux est encore très-considérable, et contient d’énormes plexus choi’oïdes; le corps calleux a acquis plus de largeur; la commissure médiane des couches optiques n’existe pas encore ; V infundibulam et les bandelettes grises sont distincts : des faisceaux de fibres se portent des éminences pisiformes à la voûte à trois piliers , et les corps striés reçoivent , parla scissure de Sylvius , des branches de l’artère cérébrale moyenne. Le point d’union des nerfs avec la moelle spinale ou la moelle allongée est facile à distinguer à cette époque.

!, k.u. huitième neuvième mois , les diverses parties de l’axe cérébro-spinal acquièrent un développement plus parfait; la disposition des faisceaux de la moelle et la direction dfe leurs fibres dans l’intérieur du cerveau et du cervelet deviennent de plus en plus distinctes, et l’accroissement périphérique de ces organes a lieu bien manifestement par le dépôt d’une couche épaisse de substance grise à la face interne de la pie-mère.

Les nerfs , isolés d’abord de l’axe cérébro-spinal , ne s’y réunissent qu’après être déjà arrivés à un certain degré de développement. Ce fait , indiqué par Burdach pour les nerfs des sens, a été bien démontré par les observations de M. Serres, qui s’en est servi pour appuyer son système du développement des parties de la circonférence au centre.

IV. yippareil digestif. De tout le canal alimentaire, l'intestin est la première partie

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formée , mais son origine a donné lieu à autan! d’hypothèses qu’il y a d’anatpmisles qui se sont occupés de la rechercher. Wolf suppose qu’il est d’abord placé au devant du rachis sous la forme d’un demi-canal dont les bords "se relèvent en avant pour s’unir à la membrane vitellaire. Oken fait provenir l’intestin de la vésicule ombilicale par deux prolongemens , dont l’un , qui est produit le premier, se dirige vers l’anus, et dont l’autre va former l’estomac ; le cæcum serait le point d’union de ces deux portions, et son appendice vermiforme serait la trace de leur continuation avec la vésicule dont Meckel place , au contraire , l’insertion à la fin de l’iléon ; Tiedemann prétend que l’intestin est formé par la réunion de plusieurs pièces primitivement séparées; M. Velpeau , de son côté, a vu l’intestin , renfermé d’abord dans l’un des renflemens qu’il décrit dans le cordon : il y est entouré d’un fluide séreux limpide , dans lequel se trouve en petite quantité une matière qu’il compare à du jaune d’œuf cuit; dès ce moment, l’intestin a déjà des circonvolutions, et il offre distinctement l’appendice cœcal très-développé , mais non adhérent à la vésicule ombilicale , vers laquelle il n’est même pas dirigé.

Le plus grand nombre des observateurs pensent que l’intestin , d’abord très-court , est placé droit devant le rachis , et ce n’est que plus tard qu’il s’introduit dans le cordon : M. Velpeau croit , au contraire, que c’est dans le cordon qu’il prend naissance. La distinction des intestins en gros et en grêle n’existe pas dans les premiers instans ; le cæcum apparaît à six semaines : à la même époque , l’intestin grêle est de moitié plus court que le gros intestin , mais la longueur relative de celui-ci diminue progressivement, car à six mois , il a déjà avec l’autre portion du tube intestinal les rapports de longueur qu’il doit conserver toute la vie. Les villosités commencent à être visibles, dès le troisième mois, à la surface interne de tous les intestins; elles diminuent de volume jusqu’au septième, et disparaissent même entièrement alors dans les colons. La valvule iléo-cæcale est également visible à trois mois ; le cæcum qui , le mois précédent , correspondait à l’ombilic est situé alors un peu plus haut ; à quatre mois , il se rapproche de l’extrémité supérieure du rein droit; à cinq , il est près de son extrémité inférieure, et ce n’est qu’au septième mois qu’on le trouve dans la fosse iliaque droite. C’est aussi au septième mois qu’apparaissent les valvules conniventes, qu’on ne trouve bien développées qu’après la naissance. Le pylore se forme à quatre mois et demi ; l’estomac , d’abord vertical et allongé , ne devient que plus tard horizontal et arrondi. Le grand épiploon pai'aît dans le deuxième mois au bord de l’estomac ; la portion colique est visible le mois suivant , mais ces deux parties ne se réunissent que pendant le quatrième mois.

La bouche apparaît , sous la forme d’une fente , dès le premier mois : au troisième , les lèvres sont formées, et l’on distingue à la supérieure un lobe moyen avec deux échancrures latérales , et à l’inférieure une seule échancrure médiane. On reconnaît déjà dès le deuxième mois , dans les mâchoires , les germes des dents, dont l’ossification est commencée le mois suivant; c’est vers la cinquième semaine que l’on voit paraître la langue, qui est d’abord pendante hors de la bouche, où elle rentre plus tard : ses papilles sont

visibles au quatrième mois.

V. Appareils glandif ormes . La formation des glandes a lieu , en général , après celle du système vasculaire. Le foie , qui lient une grande place dans l’économie du petit embryon.

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serait, d’après Walther, visible dès la troisième semaine , et Meckel place même l’époque de son apparition dans la première. Son volume relatif est d’autant plus considérable que l’embryon est plus jeune. Dans la quatrième semaine, son poids égale celui de tout le corps, et il remplit presque toute la cavité abdominale, dont il fait saillir la paroi antérieure; sa face convexe est alors tournée en avant, tandis que l’autre face regarde en arrière, et que son bord antérieur, dirigé en bas, descend dans le bassin jusqu’à l’insertion du cordon : le foie est à cette époque formé de deux lobes symétriques suivant Haller et Meckel, mais déjà inégaux d’après Walther. Peu à peu sa position se rapproche de celle qu’il doit conserver dans la suite, et son volume diminue, relativement à celui du reste du corps , avec lequel il n’est plus que dans les proportions de un à dix-huit. Son tissu est, dans les premiers temps de la vie, mou et imprégné de sang; sa couleur est d un gris-brun clair ; il n’acquiert une certaine densité , un aspect granuleux et une teinte rouge foncée qu’au cinquième mois. La vésicule biliaire , d’abord entièrement cachée dans la substance du foie , paraît pendant le quatrième mois ; elle est fdiforrae , renflée seulement à son extrémité inférieure, et n’offre pas de cavité visible à l’œil nu : au cinquième mois , on y trouve un peu de mucus; au sixième, un fluide jaunâtre; au septième, les rides de sa membrane interne deviennent très-apparentes, et la ])résence de la bile y est manifeste au huitième mois.

La rate ne paraît que pendant le deuxième mois; son volume est plus petit, proportionnellement à celui du corps , qu’il ne sera dans la suite. Les corpuscules blancs, indiqués dans son tissu, y sont plus développés dans les derniers temps de la vie intra-utérine que chez l’adulte.

Les 7-eins paraissent sous forme de lobules nombreux qui se réunissent et se confondent en se joignant d’abord par leurs sommets , lesquels correspondent à un bassinet commun. Cette disposition lobuleuse persiste assez long-temps pour qu’à la naissance on puisse compter encore quinze à seize lobes dans chacun des reins. Ces organes sont d’autant plus volumineux relativement au corps du fœtus , que celui-ci est plus jeune. Leur substance corticale n’est apparente que dans le sixième mois.

Les capsules surrénales ont , dès le deuxième mois , un volume considérable. D’abord molles , lobulées et remplies d’un fluide filant et visqueux, elles sont plus grosses que les reins au troisième mois; elles les égalent encore en volume au quatrième, mais elles n’ont plus que la moitié de la grosseur de ces organes au sixième mois, et elles n’en ont plus que le tiers au terme de la gestation.

Le corps thyroïde, dont le volume relatif est beaucoup plus considérable que chez l’individu adulte, est formé d’abord de deux lobes séparés : son tissu est plus mou, plus abreuvé de sang et plus rouge.

PJ. 333, (ig. 1. thymus commence à paraître dans le troisième mois de la grossesse : d’abord très-

petit, il augmente de volume jusqu'au moment de la naissance, époque à laquelle il pèse ordinairement une demi-once; il continue ensuite de croître jusqu’à deux ans : dès ce moment il s’atrophie, le calibre de ses vaisseaux diminue, et à douze ans il n’en reste ordinairement plus de traces ; une graisse un peu grumeleuse remplit la place qu’il occupait.

Les glandes salivaires et le pancréas ont un volume relatif ordinairement plus' considé-

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rable dans les premiers instans de leur développement, qu’il ne le sera dans la suite. Le conduit excréteur du pancréas est d’abord double, car chez de jeunes fœtus, outre celui qui doit persister, Meckel en a constamment rencontré un second , ouvert séparément dans le duodénum.

Les mamelles apparaissent au deuxième mois de la vie intra-utérine, époque à laquelle, d’après Meckel , le mamelon forme déjà une petite éminence pourvue d’une très-large ouverture. Au terme de la grossesse, ces organes contiennent, dans les deux sexes, un liquide lactescent , dont la quantité est quelquefois très-considérable.

VI. Appareil locomoteur. Les os n’acquièrent que par degrés la densité qu’ils possèdent au terme de la grossesse : leur tissu, d’abord albumineux, puis gélatineux, sans cavités et sans vaisseaux visibles, passe de l’état de mollesse et de demi-transparence qu’il avait à une consistance plus grande: il devient ordinairement cartilagineux; des vaisseaux successivement blancs, jaunes et rouges, se développent en lui , et il finjt par s’ossifier en même temps que ses cavités intérieures deviennent apparentes. Cependant, même chez le fœtus à terme , les ps n’ont pas encore le caractère de ceux de l’adulte; plus élastiques et moins fragiles, ils conservent une teinte grise-rougeâtre ; leur périoste est plus épais et moins adhérent; leurs cartilages sont minces, mous et très-vasculaires, et leur canal est rempli par une substance gélatiniforine.

D’après les observations de Béclard, la production des premiers points osseux commence dès la cinquième semaine dans la clavicule, puis successivement dans les os maxillaires, l’humérus et le fémur, le tibia, les os de l’avant-bras , le péroné; e*^ l’ossification commence dans chacun des os par les différens points que nous avons déjà indiqués en décrivant ces organes. Au rachis., les masses apophysaires, qui forment un anneau autour de la moëlle spinale, apparaissent du quarante cinquième au cinquantième jour, en allant progressivement de la première à la dernière des vertèbres. Le corps de ces os se développe par un point impair, mais l’ossification commence par la douzième dorsale, vers le cinquante-cinquième jour, en s’étendant successivement en haut vers les premières vertèbres cervicales, et en bas jusqu’aux dernières du sacrum. Dès la neuvième semaine , des points d’ossification costiformes paraissent devant les masses apophysaires de la septième vertèbre cervicale, et le même phénomène se produit, du sixième au neuvième mois , pour les trois premières vertèbres sacrées. Au thorax, l’ossification a lieu assez promptement dans les côtes, qui paraissent après la clavicule et avant les vertèbres; le sternum reste cartilagineux jusqu’au milieu du quatrième mois. Au crâne, l’ossification commence par l’occipital , au quarante-deuxième jour; le sphénoïde parait ensuite, partagé en deux portions, dont l’une est antérieure et l’autre postérieure : la première se compose des petites ailes qui paraissent du quarantième au cinquantième jour, et d’un corps formé ou par la réunion de ces ailes, ou par un point osseux visible au septième mois, époque à laquelle paraissent aussi les cornets de Bertin ; la partie postérieure du sphénoïde est composée : 1° des grandes ailes, dont l’ossification commence autour du nerf maxillaire supérieur, en même temps que celle du rachis; 2® d’un corps formé environ dix jours plus tard par deux germes latéraux qui ne se réunissent que quelques semaines après, et 3® des apophyses ptérygoïdes , dont l’aile interne, visible au quatrième mois, ne s’unit

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que pendant le sixième à son, aile externe. L’ethmoïde ne se développe qu’au cinquième mois par ses masses latérales; sa partie moyenne paraît après la naissance. Les pariétaux commencent à s’ossifier au quarante-cinquième jour par la bosse pariétaPe et les os frontaux, au cinquantième par l’arcade orbitaire. L’ossification du temporal commence vers le cinquantième jour par la portion zygomatique de cet os, qui se développe par un grand nombre de points. Enfin les os wormiens et épactaux ne paraissent qu’après la naissance. Alayacc, l’os maxillaire inférieur se montre entre le trentième et le trente-cinquième jour par une petite lamelle qui en constitue le bord inférieur ; viennent ensuite l’apophyse coronaire, l’angle de l’os ^ le condyle et le bord interne de l’arcade alvéolaire par autant de points distincts, déjà réunis à deux mois : l’os est alors composé de deux pièces latérales , qui ne se soudent sur la ligne médiane qu’après la naissance. L’os maxillaire supérieur commence aussi à s’ossifier entre le trentième et le trente-cinquième jour par l’arcade alvéolaire, puis paraissent successivement sa voûte palatine, ses régions nasale, faciale, orbitaire, pui? sa portion zygomatique; la petitesse de l’os incisif et la promptitude de son union avec le reste de l’os permet difficilement de le distinguer : à trois mois toutes ces parties sont déjà réunies. Les os lacrymaux, ceux de la pommette, du palais, le vomer paraissent du quarantième au soixantième jour par un seul point d’ossification; mais les cornets sous-ethmoïdaux ne sont visibles qu’au milieu du quatrième mois. Aux membres , la clavicule paraît le trentième jour; le scapulum est visible au quarantième par un point correspondant à la racine de l’açromion ; l’os iliaque commence à s’ossifier au quarantecinquième jour par l’iléon : à trois mois, on distingue seulement l’ischion , et au milieu du quatrième mois le pubis. Le fémur paraît presque en même temps que la clavicule, et l’humérus peu de jours après. Le tibia paraît avec le fémur, et les os de l’avant-bras à la même époque que l’humérus; le péroné s’ossifie quelques jours après ces derniers os. Les points épiphysaires ne sont en général visibles qu’après la naissance ; cependant le fémur seul, présente chez le fœtus à terme, un point épiphysaire pisiforme à son extrémité inférieure. Au tarse, le calcanéum paraît dans le quatrième mois, l’astragale pendant le cinquième, et le cuboïde est près de s’ossifier à la naissance, époque à laquelle tous les os du carpe sont encore cartilagineux. Les os du métacarpe paraissent au quarante-cinquième jour, et les métatarsiens sont visibles presque en même temps. Les phalanges et les phalangettes s’ossifient dès le quarantième jour à la main, et vers le cinquantième au pied, mais les phalangines se montrent seulement à la main pendant le deuxième mois , et au pied vers le milieu du quatrième. L’os hyoïde et l’apophyse styloïde ne s’ossifient pas dans le fœtus.

Les cartilages sont muqueux et mous dans les premières périodes de la vie : leur consistance augmente peu à peu, et ils finissent par devenir cassans. Le tissu fibreux ou ligavurdeux, d’abord réduit à l’état cellulaire, est mou, flexible et extensible : il possède déjà une teinte nacrée; c’est surtout vers la fin de la vie fœtale que sa structure fibreuse se développe , mais ses fibres sont encore rares et écartées, et il est faiblement uni aux parties voisines. Le tissu musculaire présente d’abord l’aspect de globules réunis en masses jaunâtres par une substance fluide et visqueuse, première trace du tissu cellulaire. Pendant le troisième mois de la vie intrà-utérine, les muscles sont encore mous et blanchâtres, mais leurs formes se dessinent; leur structure fibreuse est évidente au milieu du quatrième mois, et

c’est aussi dès cette époque qu’ils peuvent exécuter des mouvemens distincts. Ce n’est qu’au cinquième mois que l’on voit apparaître bien manifestement les tendons.

VII. Membranes séreuses. Ces membranes présentent dans le premier instant de leur développement l’aspect du tissu cellulaire ; leur forme éprouve plusieurs changemens dus soit au développement, soit au déplacement des organes contenus dans leur cavité: celle-ci ne parait pas toujours être un sac sans ouverture, comme on le voit pour le péricarde et le péritoine, qui sont d’abord largement ouverts antérieurement: cependant le cœur et les viscères abdominaux sont déjà entourés d’un feuillet séreux avant que les parois antérieures des cavités qui les contiennent soient fermées.

VJII. Peau et membranes muqueuses. Le tégument extérieur et les membranes muqueuses intestinale et vésicale semblent seules, avec du tissu cellulaire , former les premiers rudimens du petit embryon. Pendant les deux premiers mois, l’aspect de la peau est celui d’un enduit visqueux et tenace; au troisième mois, elle a une teinte légèrement rosée qui devient plus foncée jusqu’au huitième mois : à cette époque elle pâlit, et la couleur rouge n’existe plus qu’aux endroits où la peau forme des plis ; sa consistance et son épaisseur se sont aussi graduellement accrues. Vers la fin du quatrième mois, une membrane mince annonce la formation des ongles; au sixième mois, l’épiderme est très-distinct sur toute la surface du corps, qui se couvre d’un léger duvet; les cheveux sont distincts, les follicules sébacés commencent à se développer, et au septième mo^s , un enduit onctueux couvre toute la surface de la peau. Les membranes muqueuses n’ont pas d’abord une structure bien déterminée : dans la suite de leur développement elles présentent, d’après Meckel, des rides interrompues par des entailles, lesquelles produisent ainsi de petites saillies qui diminuent progressivement de grosseur, et finissent par former les villosités.

IX. Appareil respiratoire. Les poumons, dont les fonctions sont absolument nulles chez le fœtus, paraissent, vers la sixième ou la septième semaine, sous la forme de deux lobules presque imperceptibles au-dessous du cœur, qui les dépasse beaucoup. Ils sont d’abord blancs, aplatis, très-rapprocliés l’un de l’autre, et leur surface est unie. Bientôt des échancrures indiquent la séparation des lobes sur leur côté externe, et leur aspect devient lobuleux et granulé. Depuis le quatrième mois ils ont une teinte rosée, et jusqu’à la naissance ils ont une densité égale à celle du foie, et une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau. Jusqu'au terme de la vie intra-utérine, la trachée artère est remplie d’urt liquide transparent; elle est étroite, et les pièces du larynx sont encore membraneuses.

Les artères bronchiques paraissent précéder, dans leur formation, les branches de l’artère pulmonaire.

X. Organes des sens. 1°. \Jœil présente dans les diverses périodes de son développement des changemens nombreux. Les paupières restent agglutinées jusqu’au septième mois.

La sclérotique est très-mince , et sa transparence permet de distinguer la choroïde. La

cornée , dont l’apparition est très-précoce, reste molle , épaisse et opaque jusqu’au sixième PI- i,

mois. L’ouverture de Tiris est fermée par la membrane pupillaire , dont j’ai déjà indiqué b.5, f>.

le mode de rupture et de rétraction ( IIP partie, p. 278 et suiv. ). Jusqu’au septième mois, l’humeur vitrée est rougeâtre, et elle présente le canal dont j’ai également donné la de-

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scriplion ( Ibid., p. 281). L’humeur aqueuse est trouble : d’après MM. Ribes et Edwards, elle n’existerait d’abord que derrière la membrane pupillaire, et ne passerait dans la chambre antérieure de l’œil qu’après la rupture de cette membrane; mais de nombreuses observations m’ont convaincu qu’elle existe devant l’iris avant la formation de l’ouverture pupillaire. Le cristallin est d’abord tout-à-fait fluide ; sa forme est sphérique vers le milieu de la vie inli’à-utérine; mais au terme de la grossesse, il est déjà sensiblement déprimé d’avant en arrière , et se sépare facilement en trois pièces principales , réunies autour d’un noyau central sphérique. La rétine a, dans les premiers mois , une épaisseur plus grande, due, d’après Mcckel, à une quantité de substance médullaire plus considérable qui entrerait dans sa composition.

2°. oreille offre aussi des changemens imporlans dans ses différentes parties. Les parois du labyrinthe , qui sont d’abord membraneuses et cartilagineuses, s’ossifient dans la seconde moitié du troisième mois, comme l’a remarqué Béciard. L’ossification commence, au promontoire, du quatre-vingt-dixième au centième jour ; elle gagne la fenêtre ronde, le milieu du canal demi-circulaire supérieur et le contour de la fenêtre ovale. Vers le milieu du quatrième mois, le limaçon , le canal demi-circulaire supérieur, le vestibule et le conduit auditif interne sont entièrement ossifiés; à la fin du même mois , les canaux demi-circulaires postérieur et externe s’ossifient successivement. Puis l’ossification gagne la région mastoïdienne, la portion pierreuse, les parties saillantes du labyrinthe, et des cylindres osseux entourent l’artère carotide et le nerf facial. Le cadre du tympan, dont l’ossification commence avec le deuxième mois, est entièrement achevé au septième, et il est soudé avec la portion zygomatique du temporal à la naissance, époque où le conduit auditif externe est encore cartilagineux. L’ossification des osselets de l’ouïe, commencée vers le milieu du quatrième mois, est achevée au milieu du cinquième. La cavité du tympan, d’abord trèsétroite, s’élargit à mesure que l’ossification s’avance dans le rocher. Les parties extérieures de l’oreille apparaissent vers la fin du deuxième mois sous la forme d’une éminence triangulaire qui offre une fente à sa partie moyenne, et sur laquelle on distingue successivement l’anti-tragus , le commencement de l’hélix, le tragus, l’anthélix , et enfin le lobule qui paraît le dernier. La portion cartilagineuse de l’auricule se développe dès le troisième mois , mais son accroissement se fait avec lenteur.

3“. La cavité des fosses nasales communique, jusqu’à la fin du deuxième mois, avec celle de b bouche, et ce n’est qu’au commencement du troisième que ces deux cavités sont entièrement séparées par le rapprochement des voûtes palatines, qui a lieu d’avant en arrière; elle est d’abord fort étroite relativement au volume de la cloison médiane : les saillies des cornets encore membraneux sont visibles vers la huitième semaine. L'ossification de l’eihmoïde et le développement extérieur du nez ont déjà été ifidiqués.

4°. La bouche se ferme entre la dixième et la douzième semaine par la formation des lèvres, dont nous avons décrit les échancrures. Le voile du palais est d’abord large, et divisé en deux moitiés latérales, au milieu desquelles vient plus tard pendre la luette, qui en est isolée d’abord et bifurquée à son sommet. La réunion de ces parties a lieu vers la fin du quatrième mois, mais la bifurcation de la luette persiste jusqu’au cinquième. La langue est visible vers la cinquième semaine; elle pend d’abord hors de la cavité buccale, mais elle y rentre par suite de l’accroissement de celte cavité d’avant en arrière; ses

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papilles sont visibles à quatre mois. Le développement des dents a été décrit dans la J" partie , p. 46.

XI. Appareil ae l'excrétion de l'iirbie, La vessie, déjà bien distincte dès la quatrième semaine, ne paraît être d’abord qu’un léger renflement du sommet de l’ouraque ; l’étroitesse du bassin est telle, pendant toute la vie intrà-utériiie, qu’elle est constamment située hors de cette eavité; elle est oblongue , étroite, et unie à l’curaque , avec lequel sa cavité paraît bien évidemment se continuer, comme le démontrent les expériences de Meckel et de Béclard.

XII. Appareil génital. Les organes extérieurs delà génération, dans les deux sexes, apparaissent vers la fin de la cinquième semaine par une petite éminence fendue d’avant en arrière, et qui est la trace du scrotum ou de la vulve. A la sixième semaine, on voit une ouverture commune à l’anus et aux parties génitales , et au devant d’elle un tubercule saillant , premier rudiment du clitoris ou de la verge : dans les deux semaines suivantes , ce tubercule se trouve surmonté d’un gland, et creusé , à sa partie inférieure , d'une fente qui se prolonge jusqu’à l’anus ; vers la douzième semaine, le périnée est formé, et à la quatorzième il est possible de distinguer les sexes, qui n’avaient pas offert de différences jusqu’à cette époque. La gouttière q-ui existait au-dessous du tubercule saillant devant la fente génitale se transforme en canal pour l’urètre de l’individu mâle, et s’efface peu à peu sous le clitoris de l’individu femelle : les deux bords delà fente se réunissent, chez le premier, pour former le raphé du scrotum, et ils restent séparés, chez le second, pour constituer les grandes lèvres, en dedans desquelles se sont formées les nymphes.

Le développement des organes intérieurs de la génération est tout-à-fait inconnu , et a été expliqué par diverses hypothèses , toutes fondées sur des analogies: c’est ainsi que Oken les fait dériver de \ allantoïde, avec lequel Alb. Meckel les fait aussi communiquer dans le principe. Dès les premières semaines de la vie intrà-utérine , on distingue le long de la région lombaire du petit embryon deux corps volumineux et vermiformes, aboutissant à l’ouraque , et qui sont considérés comme les reins , par W olf\ comme les rudimens des reins, des capsules surrénales et des organes génitaux , par Meckel-, et enfin comme les premières traces des cornes de l’utérus ou des conduits déférons, par Oken. A l’e.xtrémité supérieure de ces corps apparaissent un peu plus tard les testicules et les ovaires; ce n’est qu'entre la huitième et la dixième semaine que l’on voit paraître l’utérus et les vésicules séminales, qui semblent n’étre d’abord que des renflemens de ces deux corps vermiformes.

L’on ne peut observer de différence dans le développement des organes génitaux que dès le moment où la nature de ces organes devient nettement distincte. Chez le fœtus mâle , on aperçoit, vers le troisième mois, les testicules longs de cinq quarts de ligne, arrondis et placés au-dessous des reins, devant les muscles psoas ; ils sont recouverts, en avant et sur leseotés, parle péritoine, qui leur adhère intimement; les vaisseaux spermatiques avec les canaux déférens sont unis à leur partie postérieure, et placés sous le péritoine. De la partie inférieure du testicule et de l’épididyme s’étend , vers l’anneau inguinal , une gaîne formée par le péritoine, et qui renferme un liga'ment conique, nommé par Hunter, gubernaculum testés-, celui-ci est'composé d’un tissu cellulaire élastique, provenant Texte. 7 0

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de la partie supérieure du scrotum et de la portion de l’aponévrose fémorale qui environne • l’anneau ; il est intimement uni aux fibres inférieures des muscles oblique interne et iransvcrse de l’abdomen. Attiré vers le canal inguinal par ce ligament, le testicule descend . peu à peu; entre le sixième et le septième mois , il franchit l’anneau et arrive dans le > scrotum, où on le trouve, à la naissance, dans les trois quarts des cas environ, d’après les calculs de Wrisberg. Le repli du péritoine qui entoure le gabemaculum lui est intimement adhérent, et se trouve entraîné avec lui hors de l’abdomen , devant le testicule , qui, par cette disposition , est reçu , après avoir passé l’anneau , dans un sac séreux , lequel forme celle de ses enveloppes que l’on a nommée tunique vaginale-, la communication de cette cavité avec celle du péritoine est bientôt oblitérée dans l’état normal, et cette oblitération donne lieu à des dispositions extrêmement variées, dont j’ai décrit les principales dans un autre ouvrage. Le tissu cellulaire du gubernaculum donne naissance &\i dartos , d’après Ackermann et M. Lobslein-, tandis que les fibres inférieures du muscle petit oblique , entraînées par le testicule , forment autour de cet organe les anses musculaires déjà décrites . sous le nom de crémaster (IL partie, p. 169). Les conduits déférons et les vaisseaux spermatiques suivent le testicule sous le péritoine, et traversent avec lui l’anneau; j’ai souvent observé, au moment où le testicule s’engage dans le canal inguinal, une anasto- ! raose remarquable aux environs de l’épididyme , entre les dernières branches des vaisseaux spermatiques et un rameau venu de l’artère hypogastrique : cette anastomose disparait par la suite. Les vésicules séminales sont, chez le fœtus, très-petites, rougeâtres , et placées plus haut que chez l’adulte.

Chez le fœtus femelle, les ovaires ont, à neuf semaines, un volume égal à celui des reins, au-dessous et en dedans desquels ils sont placés; ils sont plus gros que l’utérus et la vessie; leur forme est ovoïde , allongée, et ils sont entourés et fixés par le péritoine; les deux extrémités sont unies aux cornes de l’utérus par deux ligamens. A quatorze semaines , le fond de rutérus s’est élevé jusqu’aux ovaires, qui sont unis à chacune des trompes par leurs extrémités externes. Au terme de la grossesse, la situation de l’ovaire est telle que son extrémité externe , toujours unie à la trompe par un ligament, est placée au-dessus du détroit supérieur, l’interne étant plongée dans le bassin. Rosenmiiller, auquel on doit ces observations , décrit encore entre l’ovaire et la trompe un corps conique, formé par une vingtaine de canalicules tortueux, dont on voit encore des traces trèssensibles quelques mois après la naissance: il le nomme corps conique, et le compare à l’épididyme. L’utérus , pendant le deuxième mois , n’est formé que par un col , avec lequel se continuent deux cornes qui donnent attache au ligament rond et à l’ovaire. A trois mois et demi, le corps est apparent, les cornes diminuent , et l’on commence à distinguer les trompes. Au terme de la grossesse , les cornes n’existent plus, le corps a sa forme , mais il est encore plus mince que le col ; les trompes sont longues , tortueuses, et l’on distingue les franges de leur pavillon. Toutes les parties d’abord placées dans la région lombaire paraissent descendre dans le bassin par l’effet de la contraction du cordon sus-pubien , qui a la plus grande analogie dans sa structure et dans sa disposition avec le gubemaculumleslis. Ce cordon adhère très-fortement au péritoine, dont il attire souvent avec lui , dans le canal inguinal , un prolongement qui persiste chez quelques sujets sous la forme d un petit filament blanchâtre , ou d’un canal membraneux, étroit, terminé en cul-de-sac,

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et désigné par le nom de canal de Nuck : sa disposition offre un grand nombre de PI. 337,f;g. 6. variétés.

Celte élude du développement général du fœtus et celle du développement partiel de tous les systèmes , bien qu’elle soit réduite aux phénomènes les plus importans qui peuvent être observés pendant la durée de la vie intrà-ulérine , sufGt pour faire reconnaître la vérité de la loi de formation établie par Meckel, que l’embryon humain présente successivement, dans les diverses phases de son développement, les caractères propres aux principales classes d’êtres rangés dans un ordre ascendant sur la grande échelle zoonomique.

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