DE LX CAVITÉ ABDOMINALE
P] 3i6, 3t7. La cavité abdominale renferme, depuis l’estomac, tous les organes qui appartiennent à l’appareil digestif, ainsi que ceux de la sécrétion urinaire et de la génération chez la femme , et une partie seulement de ces derniers chez l’homme. Sa forme générale est ova,-
D'ANATOMIE DESCRIETIYE.
laire : Tombilic , placé sur la ligne médiane de sa paroi antérieure , la divise en deux moitiés , dont la supérieure est plus étendue et plus large que l’inférieure.
V.Ü paroi antérieure , la plus longue de toutes, est formée par la ligne blanche et les feuillets de l’aponévrose abdominale, les pubis, les muscles droits, la partie antérieure des muscles obliques et les pyramidaux. La paroi postérieure , convexe sur le milieu , concave en bas et sur les côtés, est constituée, sur la ligne médiane, par les vertèbres lombaires et le sacrum , et, sur les côtés, par les muscles psoas, carrés des lombes et la partie postéi’ieure des muscles Iransverses et petits obliques. Les parois latérales sont formées , supérieurement , par la partie moyenne des muscles Iransverses et petits obliques, par la partie postérieure du muscle grand oblique , et inférieurement par l’os iliaque. La paroi supérieure ^ large et concave, est formée par le diaphragme, et X inférieure , plus étroite , par les muscles du périnée et le releveur de l’anus. *
On a distingué dans la cavité abdominale plusieurs régions limitées à l’extérieur par P1.3i6,fig. quatre lignes fictives, dont deux sont horizontales et croisées par les autres, qui sont verticales : des deux premières, la supérieure passe au niveau du bord inférieur des cartilages des côtes , et l’inférieure au niveau des crêtes iliaques. Les deux lignes verticales sont élevées perpendiculairement au niveau des épines iliaques antérieures et supérieures, jusqu’à la partie inférieure du thorax. Du croisement de ces lignes résultent trois zones divisées sur la paroi antérieure de l’abdomen , chacune en trois régions : l’une moyenne , et les deux autres latérales. Les régions moyennes sont , pour la zone supérieure , X épigastre , pour la moyenne, X ombilic, pour l’inférieure, X hypogastre. Les régions latérales sont : pour la zone supérieure , les hypochondres , pour la moyenne, les flancs , pour l’inférieure, fosses iliaques, La partie inférieure' qui correspond au petit bassin a reçu le nom de région pubienne , et de chaque côté on trouve les aines ou régions inguinales.
Tous les organes renfermés dans la cavité abdominale, où ils présentent les rapports que nous avons indiqués en décrivant chacun d’eux , sont revêtus par une membrane nommée péritoine , qui, à la manière des membranes séreuses, enveloppe beaucoup d’entre £ux sans les contenir dans sa propre cavité.
Du péritoine.
Le péritoine est la plus étendue des membranes séreuses du corps; il offre dans quelques-unes de ses parties une structure fibro-séreiise, et fonue, chez l’homme, un sac clos de toutes parts; chez la femme, il est percé de deux ouvertures au niveau des orifices abdominaux des trompes de Fallope , avec la membrane muqueuse desquelles il se continue.
La disposition très-compliquée du péritoine a porté quelques anatomistes à diviser la Pl.3i6, fig cavité abdominale en trois zones, pour décrire à part la portion de la membrane qui revêt chacune d’elles. Ces zones sont limitées par deux lignes circulaires, dont l’une passe sous le bord inférieur des douzièmes côtes , et l’autre au niveau des crêtes iliaques. La portion du péritoine qui se trouve au-dessus de la ligne supérieure est dite porl-on supérieure ou épigastrique; celle située entre les deux lignes est dite moyenne ou ombilicale, enfin celle placée au-dessous de la seconde ligne est dite portion inférieure ou hypogastrique.
Texte, 66
MANUEL
Pl.3i7,fig. '• La portion ombilicale du péritoine tapisse la face interne de la partie correspondante de la paroi antérieure de l’abdomen; elle bouche l’oriace interne de l’ombilic, autour duquel elle adhère assez intimement , passe sur l’aponévrose abdominale, dite fascia transversalis , puis s étend, sur les côtés, à droite sur le colon ascendant, à gauche sur le colon descendant, qu elle entoure l’un et l’autre en les fixant à la paroi postérieure de l’abdomen par deux replis que 1 on a nommes mésocolons lombaires . Les feuillets postérieurs de ces replis passent, en se dirigeant tous deux en arrière , sur les reins; ils recouvrent, chacun de leur cote, les uretères, les vaisseaux rénaux et spermatiques; ils passent sur la veine cave et 1 aorte, puis ils viennent au-devant de la colonne vertébrale s’adosser, en se réfléchissant en avant, pour former par leur réunion le mésentère , vaste repli étendu obliquement depuis le côté gauche du corps de la seconde vertèbre lombaire jusqu’à la symphyse sacroiliaque droite, et dont le bord libre sert d’insertion à l’intestin grêle, que ses deux feuillets embrassent en s’écartant autour de lui pour se confondre sur sa circonférence.
PI. 3i6, f]g. 2. La portion épigastrique du péritoine offre une disposition très-compliquée. Sur la partie moyenne , le péritoine, après avoir tapissé la face inférieure du diaphragme, l’abandonne au-devant de l’ouverture œsophagienne, passe sur la face antérieure de l’estomac, quitte sa grande courbure en recouvrant les vaisseaux gastro-épiploïques, glisse sur l’arc du colon, et descend au-devant des circonvolutions intestinales, en formant la lame superficielle du feuillet postérieur du même épiploon ; il tapisse la face inférieure de l’arc du colon, en formant le feuillet inférieur du mésocolon transverse; et enfin, passant sous le pancréas et le duodénum, il va se continuer avec les feuillets du mésentère. A gauche, le péritoine , après avroir revêtu toute la partie correspondante du diaphragme, se réfléchit, près de la colonne vertébrale , sur la face postérieure des vaisseaux spléniques , qu’il accompagne jusqu’à la scissure de la rate, sur laquelle il passe pour gagner, après avoir tapissé cet organe , la face antérieure de ses vaisseaux qu’il renferme ainsi entre deux feuillets , lesquels forment les épiploons gastro-spléniques . De la face antérieure des vaisseaux spléniques, le péritoine gagne la grosse tubérosité de l’estomac, pour se continuer avec le feuillet qui revêt la face antérieure de ce viscère. A droite , le péritoine tapisse la partie correspondante du diaphragme, en ne s’étendant pas jusqu’à la colonne vertébrale; il se réfléchit sur le bord postérieur du foie , dont il forme ainsi le ligament coronaire : il tapisse ensuite la face convexe de cet organe en donnant naissance à un autre repli triangulaire, nommé ligament siispenseur, dont les deux feuillets sont continus, en haut, avec le feuillet qui revêt le diaphragme , et en bas avec un autre repli étendu à gauche jusqu’à l’ombilic. Fourni par la partie du péritoine qui tapisse la paroi antérieure de l’abdomen , ce dernier repli est nommé faux de la veine ombilicale, parce qu’il renferme celte veine dans son épaisseur ou ligament rond du foie, parce que cette même veine oblitérée forme un bourrelet arrondi à son bord libre. Le ligament suspenseur sépare le foie en deux moitiés inégales; sur la moitié droite, le péritoine passe de la face supérieure du foie à la face inférieure, qu’il tapisse ainsi que la vésicule biliaire ; tout-à-fait à droite , il forme, en se portant sur le diaphragme, un petit repli triangulaire, appelé ligament latéral droit , et qui va se continuer avec la portion ombilicale , tandis qu’en arrière de la vésicule un prolongement passe devant le duodénum , et se porte sur le colon. A gauche du ligament suspenseur , le péritoine passe également de la face convexe à la face concave du foie ,
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
forme près de son bord postérieur le ligament latéral gauche , s’avance jusqu'au bord antérieur de sa scissure transversale , et descend au-devant des artères hépatique et coronaire stomachique sur la face diaphragmatique de l’estomac, en formant le feuillet antérieur de X épiploon gastro-hépatique. Ce feuillet se prolonge , à droite , derrière l’estomac vers une ouverture située au-dessous du col de la vésicule biliaire, au-devant de la veine cave abdominale, et nommée hiatus de W inslow : le péritoine, pour y pénétrer, s’adosse contre lui-même, en renfermant entre ses deux feuillets les vaisseaux hépatiques, pyloriques et coronaires stomachiques avec les conduits cystique, hépatique et cholédoque; il gagne la face postérieure de l’estomac , quitte la grande courbure de ce viscère pour s’adosser au feuillet qui en a tapissé la face antérieure ; descend avec lui en formant ainsi la lame profonde du feuillet antérieur du grand épiploon , à la partie inférieure duquel il se réfléchit en arrière ; puis remonte , en formant la lame profonde du feuillet postérieur de ce même épiploon ; il gagne l’arc du colon qu’il tapisse, et derrière lequel il forme le feuillet supérieur du mésocolon transverse, en passant au-dessus de l’arcade anastomotique des branches supérieures des artères et des veines mésentériques, et en recouvrant le pancréas et le duodénum; enfin cette lame du péritoine revêt la partie la plus reculée du diaphra gme , le lobe de Spigel, et vient sortir par l’hiatus de Winslow pour se continuer avec celle qui tapisse la face concave du lobe droit du foie, laquelle est elle-même , comme nous l’avons vu , continue avec la portion ombilicale déjà décrite.
La portion inférieure ou hypogastrique du péritoine, continue avec la portion moyenne , Pl.SiT^fig s’étend de l’ombilic vers les pubis, et forme, en revêtant la partie postérieure de l’ouraque et des artères ombilicales oblitérées , trois replis saillans en arrière , réunis vers l’anneau ombilical , écartés en bas , et désignés par le nom de ligamens supérieurs ou suspenseurs de la vessie. Arrivé près du bord supérieur des pubis , le péritoine passe sur le sommet, puis à la face postérieure de la vessie dont il tapisse les côtés , qu’il quitte pour passer sur les parois du bassin. Chez V homme , il descend derrière la vessie jusqu’à la base des vésicules séminales , d’où il se réfléchit sur le rectum en formant les deux replis semi-lunaires , appelés ligamens postérieurs de la vessie. Mais chez la femme il passe de la face postérieure P1.3i2,fig de la vessie sur la partie supérieure et antérieure du vagin; il revêt l’utérus en formant sur ses côtés les deux replis nommés ligamens larges ; puis , arrivé à la partie postérieure du vagin, il s’étend sur le rectum : là, dans l’un et l’autre sexe, il tapisse la face antérieure et les côtés de cet intestin , derrière lequel il s’adosse à lui-même , au niveau de la partie supérieure du sacrum, pour former le mésorectum, dont l’extrémité supérieure se continue avec le mésocolon iliaque. Sur les parois du bassin , la portion inférieure du péritoine recouvre les vaisseaux sacrés, hypogastriques et iliaques; elle remonte dans les fosses iliaques et inguinales, et va se continuer avec la portion ombilicale.
Les divers replis que forme le péritoine dans ce trajet compliqué sont désignés par les noms à' épiploons , de mésentères, de mésocolons et de ligamens. Parmi les épiploons ( omenta), on distingue ; V épiploon gastro-hépatique , qui est étendu transversalement du côté droit du cardia jusqu’à l’extrémité droite de la scissure transversale du foie, et, de haut en bas , depuis la face inférieure du diaphragme et du foie jusqu’à la petite courbure de l’estomac, au pylore et au duodénum. Il est formé de deux lames qui renferment les vais- • seaux biliaires et hépatiques, et contiennent peu de graisse dans leur intervalle. L’épiploon
MANUEL D’ANATOMIE D E S G RllM i v ü.
PJ.SiG Cg. 2. gastro-colique, ou grand épiploon, est formé par la lame du péritoine qui revêt la faee antérieure, et celle qui revêt la face postérieure de l’estomac; elles s'unissent l’une à l’autre au-delà de la grande courbure de cet organe et des vaisseaux gastro-épiploïques droits et gauches; ainsi accolées, ces lames forment le feuillet antérieur du grand épiploon qui , après être descendu plus ou moins bas au-devant des circonvolutions intestinales , se réfléchit sur lui-même en arrière pour former le feuillet postérieur , lequel est ainsi adossé à l’antérieur sans lui adhérer, car entre eux se prolonge l'arrière-cavité des épiploons. Le feuillet postérieur remonte jusqu'à l'arc du colon , à la circonférence duquel ses deux lames s’écartent pour renfermer l’intestin dans leur intervalle, et se réunir derrière lui pour former le mésocolon transverse, et aller se continuer, l’inférieure avec la portion ombilicale du péritoine qui doit former le mésentère, et la supérieure avec la portion hypogastrique qui pénètre , par l’hiatus de Winslow, dans l’arrière-cavité des épiploons. \J épiploon colique est un repli de l’enveloppe péritonéale du colon lombaire droit, qui n’existe que de ce côté, et renferme les artères et les veines coliques. Vépliploon gastrosplénique s’étend de la tubérosité de l’estomac à la scissure de la rate , et est formé par deux lames qui renferment les vaisseaux courts. Les autres replis du péritoine ont été décrits.