DES OS EN GÉNÉRAL
Les os forment les parties les plus solides et les plus résistantes du corps, dont ils constituent la charpente. Ils 'sont peu flexibles , et se brisent facilement en éclats. Leur couleur est rougeâtre quand ils sont frais , et parfaitement blanche quand ils ont été préparés par la macération. A l’extérieur, ils sont revêtus par une membrane fdireuse , nommée le périoste.
Ils contiennent , dans leurs cavités et leur tissu , un fluide gras , appelé moelle.
Le PÉRIOSTE est une membrane fibreuse , fort dense , demi-transparente , qui enveloppe immédiatement les os dans la plus grande partie de leur étendue. Il n’existe pas au niveau de leurs surfaces articulaires , et se continue manifestement avec les organes filjreux qui s’v insèrent. Il renferme une très-grande quantité de vaisseaux sanguins , lesquels se rendent dans la substance osseuse, qu’ils nourrissent. Une membrane fibreuse, semblable au périoste, se remarque aussi sur certains cartilages : elle a reçu le nom ào pcrichondre .
La MOELLE appartient au système adipeux : c’est une substance grasse , jaunâtre , assez solide , granulée , formée de petites vésicules. Elle remplit le canal central des os longs.
Dans les extrémités de ces os et dans les os courts, elle est rougeâtre , beaucoup plus fluide, et a été nommée suc médullaire ou huileux. La moelle est renfermée dans une membrane spéciale , celluleuse et vasculaire , qui tapisse le canal médullaire des os longs , et envoie des expansions très-fines dans les cellules du tissu spongieux , où elle existe manifestement.
L’artère centrale des os longs se divise er^deux branches principales , dont l’une remonte , et l’autre descend sur les parois du canal médullaire, pour répandre leurs nombreuses PI- >.. lit;. 5,0. ramifications dans sa membrane. Celle-ci représente une sorte de périoste interne , et nourrit les lames les plus profondes de l’os , en même temps qu’elle sécrète la moelle.
Les os sont nourris par le sang que leur portent les artères , et dont le résidu est repris par les veines qui les accompagnent. On n’y a pas encore trouvé de vaisseaux lymphatiques.
Us reçoivent des filets nerveux du grand sympathique. Ils sont formes essentiellement de deux substances : l’une est un parenchyme gélatineux organisé ; l'autre est un sel calcaire, qui remplit les aréoles du parenchyme précédent , et lui donne de la solidité.
MANUEL
On a la preuve de l’existence de ces deux élémens principaux dans la composition des os, 1° en les mettant tremper pendant quelque temps dans de l’acide liydroclilorique (muriatique) étendu d’eau ; cet acide enlève le sel calcaire , et laisse à nu un parenchvme j^élatineux , mou , flexible , absolument semblable à l’os pour la forme ; 2° en faisant bouillir des os dans le digestcur de Papin , on a un résultat inverse; on dissout leur parenchyme, ({ui reste en dissolution dans le bouillon , et l’on obtient leur squelette ou leur substance calcaire, qui est devenue très-friable en perdant la gélatine. Si par le feu on calcine des os, on en détruit la partie gélatineuse, et il ne reste également c[uc les sels terreux.
La gélatine et la graisse font environ la moitié du poids des os; l’autre moitié est formée par des substances inorganiques , lesquelles sont , d’après les analyses les plus récentes , le phosphate de chaux, qui en compose la plus grande partie; le carbonate de chaux, le phosphate de magnésie, le phosphate d’ammoniaque; des oxides de fer et de manganèse , unis probablement à l’acide phosphorique; quehjues traces d’alumine, de silice et de soude.
Le tissu osseux est composé de fibres très-solides, identiques dans tous les os, disposées de différentes manières , dans leurs diverses régions ; tantôt elles ont l’apparence de lames plus ou moins denses , qui entourent les os , et tapissent les ouvertures qu’ils ])réscntent : ce sont ces lames qu’on nomme le tissu compacte ; tantôt elles sont disposées en filaments, en lamelles nombreuses , très-minces , aréolaires , qui se portent dans mille directions , et laissent entre elles des cellules, de grandeur et de forme variables , qui communiquent toutes les unes avec les autres. Cet arrangement des fibres osseuses a reçu le nom de tissu PI. 2. fi-T. 5fi. spongieux , celluleux , ou réticulaire. On observe spécialement le tissu spongieux à l’intérieur des os , et le tissu compacte à l’extérieur.
Sous le rapport de leur forme , on a divisé les os en longs , en plats , en courts , suivant ([lie la longueur ou la largeur prédominent dans leurs dimensions, ou qu’elles sont égales à l’épaisseur.
Les os longs se rencontrent dans les membres. Ils sont d’autant plus volumineux et moins nombreux, qu’on les étudie plus près du tronc. Leurs extrémités sont dilatées, comme renflées. Leur partie moyenne , ou leur corps est rétréci , en général arrondi ou triangulaire, et souvent tordu sur lui-mème : il est creusé d’une cavité centrale i[ui renferme la Jiioelle , et qu’on nomme le canal înédullaire. Ce canal donne plus de légèreté et de force à l’os , sans PI 2 fl" 5 6 îitigmenter la quantité de la substance qui le compose : il est d’autant plus étendu qu’on est plus âgé. Le corps des os longs est formé d’une lame de tissu compacte , fort épaisse au milieu , et devenant de plus en plus mince vers les extrémités , pour envelojiper le tissu spongieux abondant qu’on y rencontre.
Les os plats ou larges forment ordinairement , par leur réunion , les parois de certaines cavités , comme le crâne, le bassin. Ils présentent deux lames de tissu compacte, à fibres PI. 2. fig. 4- souvent rayonnées, renfermant entre elles une quantité variable de tissu spongieux : ce PI. 3. fig. T, 2. dernier a reçu , aux os du crâne , le nom de eliploé.
Les os courts sont ordinairement fort irréguliers , peu volumineux , et rassemblés en grand nombre dans les réglons qu’ils occupent. Ils sont composés , à l’extérieur, d’une lame mince de tissu compacte , et , à l’intérieur, de tissu spongieux.
Considérés à leur surf.ice , les os présentent une foule d’éminences et de cavités, auxquelles on a donné des noms différens.
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE. lo
Les éminences ont été nommées apophyses. Lorsqu’elles sont séparées de la partie principale de l’os par une couche de cartilage, et que leur ossification n’est point achevée, on les pi. 2. appelle épiphyscs.
Les apophyses ont été divisées en celles qui servent aux articulations , et en celles qui n’y servent pas.
1° Les apophyses articulaires ont été nommées télés , lorsqu’elles sont sphéroïdales ; con- (lylcs, lorsqu’elles sont plus larges dans un sens que dans un autre; et la partie rétrécie qui les soutient ordinairement a été nommée le col. Quand elles servent aux articulations immobiles , on les a appelées dentelures , racines , etc.
2° Les apophyses non articulaires sont , pour la plupart , destinées à l’insertion d’organes fibreux , de ligamens , de tendons , d’aponévroses ; à la réflexion de quelques tendons , etc.
Elles ont été distinguées :
A. D’après leur forme générale , en — lignes ; éminences inégales , peu saillantes , étendues en longueur : — saillies semblables aux lignes, mais seulement lisses et plus
juarquées: — bosses ; apophyses arrondies , larges et lisses : protubérances et tubérosités ;
éminences arrondies et rugueuses.
B. D’après les corps auxquels on les a comparées : en apophyses épineuse, slylo'ide, coracoïde , odontoïde , mastoïde , etc. , suivant qu’elles ressemblent h une épine , à un stylet , au bec d’un corbeau , à une dent, à un mamelon.
C. D’après leurs usages : trochanters , ou éminences qui servent à la rotation ; apophyses orbitaires , qui appartiennent à l’orbite, etc.
D. D’après leur direction et leur situation : de là apophyses transverses , montantes , verticales, supérieures , etc.
Les cavités que présentent les os ont été , comme leurs apophyses , divisées en articulaires et en non articulaires.
Les cavités articulaires ont été appelées cotyloïdes , quand elles sont hémisphériques et profondes ; glénoïdes , lorsqu’elles sont larges et peu concaves ; facettes , si elles sont presque planes ; alvéoles , quand elles sont profondes et coniques.
Les cavités non articulaires ont été diversement dénommées , d’après leur forme , leurs usages , etc. ; savoir : — fosses ou fossettes : cavités dont l’entrée est plus large que le fond ;
— sinus : cavités dont l’entrée est plus étroite que le fond ; — empreintes : cavités larges , peu profondes , rugueuses ; — rainures : cavités étroites , profondes , étendues en longueui- ;
— sillons : cavités étroites et longues qui logent des artères; — gouttières : cavités allongées qui reçoivent ordinairement des veines ; — échancrures : excavations pratiquées sur les bords des os ; — trous : cavités qui traversent de part en part un os peu épais ; — canaux : cavités qui parcourent dans les os un trajet étendu.
Les os présentent h leur surface des ouvertures nombreuses , par lesquelles passent les vaisseaux qui les nourrissent. Les os longs ont sur leur corps un canal nourricier principal , et à leurs extrémités une multitude d’autres trous secondaires. Le tissu , compacte lui-mème , est criblé de pores qui donnent passage à des vaisseaux forts déliés. Les os larges et courts offrent seulement ces deux dernières espèces de cavités de nutrition.
IG
MANUEL
DÉ V KL O PPE ME NT DES os.
Les OS sont Ineu loin d’offrir la meme structure aux diverses époques de la vie. Dans les premiers temps, après la conception, ils sont muqueux comme tous les autres organes; bientôt ils deviennent cartilagineux ; il se creuse dans leurs cartilages des vaisseaux qui sont d’abord blancs, puis deviennent jaunes , et enfin rouges lorsqu’ils reçoivent le sang. C’est alors seulement cpie commence l’ossification proprement dite , que le cartilage temporaire de l’os disparait , pour faire place au ])arenchyme gélatineux et au phosphate de chau.x. %
Pt. i. 11". 4. Certains os se développent par un seul point d’ossification; d’autres par un plus grand l’I. 3. fi" C. nombre , qui sont d’abord séparés , et se soudent ensuite les uns avec les autres à des époques ri I li" - variables pour chaque os.