‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 2 sur 217 · M AN U E L · texte numérisé non relu

M AN U E L

ouvertures naturelles dont la peau est percée , et se continuent , avec les tégumens , sur ïe pourtour de ces mêmes ouvertures. Elles présentent par consécpient une face externe ou adliérente, et une surface libre qui est interne. On peut rapporter ces membranes à deux grandes divisions ; l’une, nommée gaslro-pulmonairc , se déploie dans l’intérieur des organes de la digestion et de la respiration; l’autre, appelée génilo-urinaire , tapisse l’intérieur des organes de la génération et de l’excrétion de l’urine. Ces membranes sont, en 'général , partout en rapport avec des substances étrangères au corps ; elles représentent une sorte de peau interne , et ont avec le tissu cutané des rapports frappans d’organisation , de fonctions et de propriétés vitales. Elles sont composées d’un chorion ou trame fibreuse qui en forme la partie principale, de papilles, et, aux environs des ouvertures extérieures, d’un épiderme ({ui les protège. Ce dernier est remplacé , dans les organes profondément situés , par un mucus abondant. Elles reçoivent beaucoup de vaisseaux sanguins et lymphatiques , de nerfs, et sont parsemées, dans presque toutes leurs parties, d’une grande quantité de petites PI. I . fig. 10. glandes arrondies, grisâtres, qu’on nomme follicules muqueux. Ceux-ci renferment, dansleur centre , une cavité qui s’ouvre par un orifice étroit à la surface libre de la membrane, pour y verser l’humeur transparente , visqueuse , tenace , qu’on a désignée sous le nom de mucus.

7° Système ligamenteux. Il est composé de fibres albuginées, peu extensibles , qui forment par leur réunion des cordons, des bandes, ou des espèces de toiles blanches , luisantes satinées. Le tissu ligamenteux , remarquable surtout par sa force de cohésion , de résistance à la rupture, ne paraît différer du tissu cellulaire que par son degré plus considérable PI. 1 fi" 3 condensation ; il est, comme lui, gélatineux et albumineux. Il forme : 1° les ligamens qui attachent les os les uns aux autres; 2° les tendons ouïes cordes fibreuses qui transmettent PI. 1. fig I. aux os, auxquels ils s’attachent , les mouvemens des muscles, dont ils reçoivent les fibres charnues par l’une de leurs extrémités ; 3° les aponévroses ou membranes qui entourent les muscles servent de points d’attache à leurs fibres, et ne sont souvent elles-mêmes que des expansions des tendons ; 4° beaucoup d’autres membranes , qui enveloppent divers organes, entrent dans leur composition, comme la dure-mère, le périoste, la sclérotique , etc. Le tissu ligamenteux est composé presque uniquement par de la gélatine.

8° Système élastique. Les fibres dont il est formé se distinguent de celles du tissu précédent , par un peu moins de force de résistance , beaucoup plus d’élasticité , et une PI. 2 fig. 7. couleur jaunâtre particulière. Sous le rapport chimique, elles en diffèrent encore , en ce qu’elles sont de nature albumineuse et fibrineuse. On trouve ce tissu employé par la nature en antagonisme avec l’action de la pesanteur et de la contraction musculaire. Dans les grands quadrupèdes , il constitue un ligament élastique qui soutient la tête sans l’emploi de l’action musculaire. Les artères ont dans leur épaisseur une membrane élastique composée de ce tissu , laquelle comprime le sang que la contraction du cœur a poussé dans ces vaisseaux, et continue ainsi la circulation. On trouve également le tissu élastique dans plusieurs autres vaisseaux; dans certains ligamens de la colonne vertébrale, dans les conduits aérifères du poumon , etc.

Système CARTILAGINEUX, hes cartilages sont des parties d’un blanc laiteux, opalin. Ils sont flexibles , compressibles , très-élastiques , résistans , moins durs cependant et moins pesans que les os. On ne voit que difficilement la disposition de leurs fibres, parce qu’elles sont tellement serrées , qu’au premier aspect elles semblent former un tout homogène ,

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comme serait du blanc d’œuf coagulé. Le- tissu cellulaire ne paraît entrer qu’en très-petite quantité dans leur organisation. Dans l’état ordinaire , leurs vaisseaux ne contiennent que des liquides blancs : on n’a pas pu y démontrer la présence des vaisseaux lymphatiques ni des nerfs. Ils sont composés d’albumine, d’eau, et de phosphate de chaux. Les uns forment le parenchyme des os , avant l’entier développement de l’ossification , et ont été appelés cartilages temporaires ou d'ossification; d’autres recouvrent les extrémités articulaires des os , et ont été nommés cartilages d’ incrustation ; ceux qui servent de prolongement à quelques os , comme aux côtes , ont reçu le nom de cartilages de prolongement , etc. Ces organes remplissent des fonctions très-importantes dans l’économie , à raison de leur consistance et de leur élasticité parfaite.

10° Système ficro-cartilaciineux. Il est formé par les fihro-cartilages . On nomme ainsi des organes qui tiennent le milieu, pour leur texture, entre le tissu fdjreux et le tissu cartilagineux. A. Béclard les a distingués, en \° fibro-cart liages temporaires pw dt ossification , tels sont ceux qui chez le fœtus doivent former la rotule, et les autres os sésamoïdes ; 2° en fibro-cartilages d’ incrustation ; ils existent partout où il y a un frottement considérable d’un os ou d’un tendon contre le périoste , comme on le volt pour les coulisses qui livrent passage aux tendons; 3° en fibro-cartilages 'interarticulaircs , qu’on trouve entre les surfaces articulaires des os.

11° Système osseux. Les os sont les organes les plus solides et les plus durs du corps qu’ils soutiennent , et dont ils déterminent les principales formes et divisions.

12° Système MUSCULAIRE. Il est formé par les muscles : organes de volume et de figure très-variables , ordinairement de couleur rouge , susceptibles de se raccourcir ou de se contracter pour produire les mouvemens, et formant ce qu’on appelle vulgairement la chair dans les animaux. Les muscles communiquent le mouvement en s’insérant aux os ou à d’autres parties , le plus souvent par le moyen de cordes ou de membranes fibreuses ; tantôt ils se contractent sous l’influence de la volonté; tantôt leur raccourcissement se fait d’une manière indépendante de cet acte de l’entendement.

13° Système Érectile ou caverneux. C’est un tissu d’une nature particulière, spongieux, composé de petits fdamens qui se croisent , s’unissent , se séparent dans toutes les directions, interceptent entre eux une foule d’aréoles, lesquelles communiquent les unes avec les autres, et sont ordinairement remplies et comme imbibées de sang. Le tissu caverneux paraît essentiellement vasculaire et nerveux. Il se gonfle , se distend , rougit , entre en érection sous le stimulus des divers agens, et produit ainsi des mouvemens par la dilatation active dont il devient le siège. 11 se trouve dans la verge , le clitoris , le mamelon , etc.

14° Système glanduleux. Il est constitué parles glandes : organes très-différens pour la figure et la grandeur, ayant en général une texture mollasse , globuleuse , granulée ; dans lesquels on rencontre une grande quantité de vaisseaux , de nerfs , et un tissu particulier. On ignore quelle est la nature intime du tissu glanduleux ; il paraît différer pour chaque glande. Les uns ont pensé , avec Malpighi , qu’il résultait d’une agglomération de petites masses solides , qu’ils ont nommées grains glanduleux , dans lesquelles se terminaient les vaisseaux sanguins, les nerfs, et d’où provenaient les conduits excréteurs; d’autres ont avancé ,.avec Ruyscli , que le tissu des glandes était entièrement vasculaire ; enfin quelques autres ont imaginé que les grains glanduleux de Malpighi n’étaient que des espèces

PL a. Cg. 5,

PL 2. fig. g.

PL a. fig. 4 ,

PL a. fig. I.

PL 2. fig. lO.

Pf. 2. fig. a.

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d’ulricules ou de follicules, dans lesquels les liquides s’arrêtaient, pour y prendre, par leur séjour, des caractères particuliers. Il sort du parenchyme des glandes une foule de petits conduits , qui se réunissent en troncs plus ou moins volumineux , pour donner naissance à un ou plusieurs conJaiis excréteurs, chargés de porter au dehors le liquide sécrété. Les glandes en effet , telles que le foie , le pancréas , les reins , les mamelles , les testicules , etc. , sont destinées à tirer du sang que leur apportent les artères les molécules nécessaires à la formation de nombreux liquides , comme la bile , le suc pancréatique , l’urine, le lait, le sperme , etc. , lesquels sont élaborés dans leur tissu sous l’influence des forces de la vie. Plusieurs de ces glandes ont sur le trajet de leurs conduits excréteurs des réservoirs particuliers , dans lesquels les liquides sécrétés s’amassent , et subissent diverses modifications avant d’être définitivement évacués.

15° Système couxé. Il comprend des parties dans l’intérieur desquelles on ne peut démontrer la présence de vaisseaux ni de nerfs ; qui sont insensibles , susceptibles de se reproduire , quand elles ont été détruites ou se sont détachées spontanément , et qui paraissent résulter de la concrétion d’une matière sécrétée par les organes sur lesquels on les rencontre; ce système comprend Y épiderme , les ongles , les poils ; et dans les animaux les cornes, \os> écailles , les plumes, etc.

Les tissus forment seuls , ou différemment combinés les uns avec les autres, tous les organes du corps. Ceux-ci , liés les uns aux autres pour remplir les fonctions de la vie dont ils ne sont que les instrumens matériels, se réunissent en divers groupes, plus ou moins compliqués , auxquels on a donné le nom à'appaicils. Les appareils ont été divisés selon les fonctions qu’ils sont appelés à remplir. Or, en suivant dans l’étude de l’anatomie cet ordre physiologique , le seul qu’on doive adopter, on voit que les appareils peuvent être rapportés à trois classes principales , selon 1° qu’ils ont pour but de mettre l’homme en rapport avec les corps extérieurs; 2° qu’ils concourent à la nutrition, à l’entretien et l’accroissement de l’individu; 3° qu’ils sont destinés à la propagation de l’espèce, à la génération.

C’est en nous conformant à cet ordre , et pour ne pas trop nous éloigner de l’ancienne méthode, suivie encore par un assez grand nombre d’anatomistes, que nous diviserons notre ouvrage en sept grandes parties, savoir : 1° de l’ostéologie ou des os, et de leurs moyens d’union; 2° de la myologie ou des muscles, et de leurs dépendances; 3° des organes des sens ; 4° de la névrologie ou des nerfs : 5“ de l’angiologie ou des vaisseaux; 6° delà splanclinologie ou des viscères; 7° de l’embryologie ou du fœtus , et de ses dépendances.

Pour étudier les organes , et déterminer leur position générale et leurs rapports respectifs , on suppose l’homme debout , dans une situation parfaitement verticale , les bras pendans sur les cotés du tronc , et la paume des mains dirigée en avant. On tire une ligne fictive qui , passant par le sommet de la tête , tombe verticalement entre les deux pieds , et fait de toutes parts , avec le sol , un angle droit : c’est ce qu’on nomme la ligne centrale du corps. On se sert de cette ligne pour assigner les noms de région aux organes; et suivant qu’ils rcgartlent dans tel ou tel sens , relativement à cet axe du corps, ils sont antérieurs ou postérieurs , internes ou externes, supérieurs ou inférieurs , mc>ycns ou latéraux , etc.

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