VARIETES DE FORMES DE LA TETE
La tete présente encore des différences remarquables suiv^ant les sexes et les diverses races n. 19 ei 20. humaines. Dans la femme, elle est plus eonsidérable , relativement aux autres parties, que chez l’homme; chez elle aussi le crâne est plus grand, relativement à la face, et sa partie antérieure est plus rétrécie par rapport à la postérieure.
Bien de plus variable que le volume et la conformation de la tête chez les divers individus d’un même peuple ; les uns l’ont plus développée en avant qu’en arrière , d’autres plus en hauteur ou en largeur. La tête présente , dans les principales races humaines , des différences caractéristiques qui ont été indiquées avec soin dans ces derniers temps par Blumenbach. Nous admettrons avec ce célèbre anatomiste la division de l’espèce humaine en cinq races principales.
1° Race caucasienne. Elle se compose des Syriens , des Mèdes, des Perses, des Géorgiens , PI. 19. flg. 4. des Turcs, des Arabes, des Egyptiens, des Grecs, des Romains, et des autres peuples d’Europe , excepté les Lapons. Dans cette race, le grand développement du cnine sur la face
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
indique la supériorité des fonctions intellectuelles sur les organes des sens ; le front trèsdéveloppé couvre la face , quand on regarde la tête par sa partie supérieure : la ligne faciale est presque verticale , et l’angle qu’elle forme avec la ligne horizontale presque droit. La face est régulière et d’un aspect agréable; ses contours arrondis n’offrent rien de dur ni de trop saillant ; le nez est pyramidal et très-prononcé ; les pommettes sont petites et peu écartées ; les arcades dentaires sont arrondies , les dents verticales ; le menton marqué et proéminent.
Dans les quatre races suivantes nous trouvons un développement moins considérable de la partie antérieure et supérieure du crâne , et en général une face plus prononcée que dans la race caucasienne.
2° Race mongole. Elle renferme plusieurs peuples de l’Asie , de l’Europe et de l’Amérique septentrionale , comme les Mongoles , les Chinois , les Cabnouks , les Cosaques du Don , les Lapons. Leur face est large , aplatie , et oblique en avant ; leur tète est arrondie. Les pommettes sont larges et fort écartées; la bosse nasale et les os du nez, qui sont petits et déprimés , sont à peu près au niveau des os malaires ; les arcades sourcilières sont à peine prononcées ; l’ouverture des fosses nasales est étroite ; la fosse canine peu profonde , le bord alvéolaire est arrondi , et le menton proéminent.
3° La raee éthiopienne ou nègre comprend les peuples d’Afrique , qui n’appartiennent pas à la race caucasienne. La tête de ces peuples se distingue par le front, qui est rétréci et aplati ; la cavité du crâne , qui est étroite dans sa circonférence et dans ses diamètres transverses ; le trou et les condyles de l’occipital , placés plus en arrière ; la largeur et la profondeur des fosses temporales ; le grand développement de la face , la saillie des mâchoires, lesquelles forment une sorte de museau ; l’obliquité des dents en avant ; l’allongement de l’angle facial ; le peu de saillie du menton ; la largeur et la force des arcades zygomatiques; la largeur de l’ouverture des fosses nasales ; l’aplatissement et l’écrasement des os pa'opres du nez.
Les peuples qui avoisinent le cap de Bonne-Espérance , comme les Hottentots , les Cafres, les Bosebismans , paraissent former une espèce particulière qui tient le milieu , comme l’a fait observer M. Cuvier, entre les Nègres et les Calmouks.
4° La raee caraïbe ou américaine comprend les naturels d’Amérique , excepté les babilans de la partie septentrionale du continent, qui appartiennent à la race mongole. Dans cette race , les pommettes sont élargies , mais ces os sont plus arrondis , arqués , et moins étendus transversalement que dans la race mongole. Le front est étroit , déprimé , et très-oblique en arrière ; les orbites profonds, dirigés en haut ; l’ouverture des fosses nasales large ; toute la partie inférieure de la face est fort développée et saillante au-devant du ci'âne.
Quelques peuples d’Amérique, regardant l’aplatissement du front comme un signe de beauté, ont la coutume d’aplatir la tête des enfans nouveau - nés avec une planche garnie de coton , qu'ils placent sur la partie antérieure du crâne , et qu’ils fixent en arrière avec des liens. Leur front est, par celte pratique, tellement rejeté en arrière, et les orbites dirigés eu haut, qu’ils peuvent regarder dans ce dernier sens sans élever la tête.
5“ La race malaise comprend les babitans des îles de l’Asie et de l’Océan pacifique ; elle semble tenir le milieu entre les races caucasienne et nègre. Le crâne est légèrement rétréci et oblique en avant ; la face, large et très-développée ; les mâchoires plus ou moins saillantes.
PI. 19. fig. I.
PI 19. fig. s.
PI. 19. fig. 2.
PI. 10. fig.
PI. 20. fig. 1 .
PI. 20. fig. i.
PI 20 fig. i.
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MANUEL
La tête des diffcrcns peuples qui appartiennent à cette race offre des caractères particuliers qui les font considérablement différer les unes des autres. Ainsi les liabitans des îles des Marquises, des Amis, de la Société, des îles Sandwich, se rapprochent davantage de la race caucasienne ; tandis que les naturels de la nouvelle Guinée , de la nouvelle Hollande, de la terre de Van-Uiemen , ont beaucoup de ressemblance avec la race éthiopienne ; les naturels de la nouvelle Zélande , des nouvelles Hébrides , tiennent réellement le milieu entre les peuples précédens. Les différences que présente la conformation de la tète chez les divers individus d’une meme race , et les inductions qu’en a tirées le docteur Gall , seront examinées avec le système nerveux.'