‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 217 · DES DIMENSIOSS RESPECTIVES DU CRADE ET DE LA FACE. ANGLE FACIAL · texte numérisé non relu

DES DIMENSIOSS RESPECTIVES DU CRADE ET DE LA FACE. ANGLE FACIAL

Le crâne et la face sont loin d’être dans les mêmes rapports chez les divers individus. Les organes qui occupent les cavités de la face sont ceux de la vue , de l’odorat , du goût, et de la mastication ; or, plus ces organes sont développés , plus la face acquiert de grandes proportions relativement au crâne. Quand au contraire le cerveau , organe des facultés intellectuelles , présente un développement considérable , les proportions du crâne l’emportent sur celles de la face.

La face est , chez la plupart des hommes , sensiblement inclinée en avant; plus les organes du goût et de l’odorat sont prononcés , plus son obliquité est grande , plus elle s’allonge et vient proéminer en avant du crâne. Comme la nature de chaque homme dépend en grande partie de l’énergie relative des fonctions du cerveau et de celles des sens , il en résulte que les dimensions respectives du crâne et de la face peuvent jusqu’à un certain point nous servir pour déterminer le degré d’intelligence des divers individus. L’homme est placé à la tête des animaux, par le développement considérable de son cerveau , relativement aux autres parties de son système nerveux , la capacité de son crâne , et la supériorité de son intelligence. Chez les animaux Ces rapports sont différons : plus ils ont la face développée , les mâchoires saillantes , plus aussi ils s’éloignent de l’homme et sont dégradés ou féroces.

Un des moyens les plus simples pour évaluer les proportions du crâne et de la face , est de mesurer l’angle facial. Il résulte de la réunion des deux lignes : l’une , verticale , descend du point le plus saillant du frontaux dents incisives supérieures ; l’autre est horizontale, et s’étend du conduit auditif externe à l’épine nasale antérieure. Dans cette manière de déterminer l’angle facial , celle qu’indique Camper, on ne tient pas compte de la saillie que peuvent former la mâchoire supérieure et les dents au-delà de l’épine nasale , et de l’allongement de ces mêmes parties dans le sens vertical. Comme le développement des mâchoires , en avant et en bas , a une grande influence sur les caractères des têtes des différens peuples et des animaux , je pense qu’il vaut mieux faire rencontrer les lignes verticale et horizontale , au niveau des dents incisives de la mâchoire supérieure. Plus le cerveau est développé , le front proéminent , plus la ligne faciale se relève , plus l’angle s’ouvre et s’approche de l’angle droit ; plus la face s’allonge au contraire , plus cet angle se ferme et devient aigu. A mesure qu’on s’éloigne de l’homme pour descendre dans l’échelle des animaux , on voir Texte. S

MANUEL

PI. i8. lîg.

PI. i3. fig. 2, .3; 4, 5.

les mâchoires s’allonger de plus eu plus , et le crâne diminuer, de lelle sorte que dans les plus dégrades, comme les reptiles et beaucoup de poissons , la tète semble constituée presque en totalité par deux mâchoires horizontales qui se trouvent sur le même niveau que le crâne.

Dans l’espèce humaine , l’angle facial , mesuré selon la méthode de Camper , varie de soixante-cinq à quatre-vingt-cinq degrés , chez l’adulte du moins , car dans l’enfant , à raison du développement précoce du crâne , et chez le vieillard , à cause du rétrécissement des mâchoires et de la chute des dents, il approche de quatre-vingt-dix degrés. Dans les têtes de la race caucasienne , il est ordinairement de quatre-vingts degrés ; dans celle de la race mongole , de soixante-quinze ; dans les nègres de soixante-cinq à soixante-dix. .l’ai tâché de montrer les deux extrêmes de l’espèce humaine , en mettant en opposition la tête de Bichat avec celle d’une femme boschisman.

Le moyen d’appréciation proposé par Camper est peu exact, parce que le développement considérable des sinus frontaux , en poussant en avant le front , relève la ligne faciale sans que la capacité du crâne soit augmentée. Il vaut mieux, comme le conseille M. Cuvier, comparer les dimensions du crâne et de la face sur une coupe verticale de la tête ; en suivant ce procédé , on voit que dans l’Européen l’aire du crâne est quadruple de celle de la face ; tandis que celle-ci , dans le nègre , augmente environ d’un cinquième.

La position du grand trou occipital forme un des caractères de la tête humaine. Cette ouverture dans l’homme regarde en bas, et se trouve à peu près au centre de la tête , qui est en équilibre sur la colonne verlébrale. Chez le Nègre elle s’éloigne déjà pour se porter en arrière ; dans les autres animaux , elle devient de plus en plus postérieure , de sorte que dans les poissons elle regarde directement en arrière. Soëmmerring ayant remarqué que le cerveau est moins volumineux , tandis que la moelle est plus -grosse chez les animaux que chez l’homme , a établi une échelle de proportion entre la capacité du crâne et celle du canal vertébral : pour cela il compare l’aire du trou grand occipital avec l’aire du crâne. En suivant cette méthode , on voit que la grandeur relative du trou occipital va en augmentant, à mesure qu’on descend dans les classes des animaux.

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