‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 54 sur 217 · DU SQUELETTE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU SQUELETTE EN GÉNÉRAL

Le .squelette, formé par l’assemblage de tous les os que nous avons étudiés en particulier, constitue la charpente solide du corps ; il détermine la forme et les proportions de ses principales régions. C’est autour de lui que sont attachées et suspendues les parties molles qu’il soutient et dont il empêche l’affaissement. 11 présente une partie centrale qu’on nomme le tronc , et quatre appendices articulés, mobiles ; ce sont les membres.

Du TROxe. Il constitue le centre du corps. Verlicalcment placé, il est susceptible de changer de forme et de direction , à raison de la mobilité des pièces osseuses qui entrent dans sa composition , et des mouvemens divers ((u’elles reçoivent des muscles. 11 est formé par la tête , la poitrine et le bassin réunis au moyen de la colonne vertébrale. On doit considérer celle-ci comme la base, le centre commun de celte région du eorps. Des trois jtarties qui constituent le tronc , chez l’adulte, la supérieure ou la tète est la plus petite; elle repose borizonlalement sur la colonne vertébrale, qu’elle surmonte, et avec laquelle sa base forme un angle droit, soit d’avant en arrière , soit transversalement : elle s’articule avec elle à peu

, fig. 1, près au niveau du point de réunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de sou diamètre antéro-postérieur. Sa région faciale regarde en avant; l’occipitale en arrière; la syncipitale en haut; les temporales en dehors, et la gutturale en bas. Sa région postérieure et ses régions latérales ne descendent guère au-dessous du niveau de l’atlas; la région faciale se porte plus bas : une ligne horizontale , tirée au niveau du menton , passerait, en effet, par la troisième vertèbre cervicale. La tête est séparée de la poitrine par un étranglement, lequel correspond au col, et se trouve uniquement formé par la région cervicale de la colonne vertébrale.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

La cavité moyenne du tronc ou la poitrine en forme la partie la plus volumineuse; arti- Pl. }3, (j culée en arrière avec la colonne vertébrale qui entre dans sa composition , elle est libre en avant et sur les cotés ; en haut et latéralement, elle est recouverte et en partie masquée par les os de l’épaule qu’elle supporte ; en bas et en avant, elle se trouve séparée du bassin par une large et grande excavation qui répond à l’abdomen ; en bas et en arrière , elle est supportée et réunie au bassin par la région lombaire de la colonne vertébrale.

Le bassin opposé à la tête par sa position , d’un volume supérieur au sien , mais inférieur Pl- > 4i à celui de la poitrine, forme l’extrémité inférieure du tronc. Le cône tronqué qu’il représente, est dirigé en sens inverse de celui du thorax ; sa base regarde en haut , et correspond à la grande échancrure de l’abdomen. La zone osseuse qu’il figure supporte la colonne vertébrale par sa partie postérieure; en avant et de chaque côté, elle est elle-même soutenue par les leux colonnes osseuses que lui offrent les membres inférieurs avec lesquels elle s’articule.

Le tronc, articulé en haut et en bas avec les membres, présente dans sa totalité des plans fort inégaux en avant et sur les côtés. Les parties qui le forment en arrière , au contraire , se rencontrent à peu près sur un même niveau. Les membres se trouvant placés sur les côtés du tronc, qu’ils élargissent transversalement en haut et en bas, font que l’homme repose plus facilement , et plus commodément sur le dos que dans toute autre position.

Des membres. Appendices mobiles destinés à exécuter les grands mouvemens du corps, pj ^3 // les membres sont au nombre de quatre , et disposés symétriquement par paires sur les côtés du tronc auquel ils tiennent par l’une de leurs extrémités, tandis que par l’autre ils sont entièrement libres. Ils représentent chacun une série de leviers articulés les uns a la suite des autres, et d’autant plus nombreux et plus petits, qu’on s’éloigne davantage du tronc.

Un seul os occupe le bras et la cuisse ; deux se rencontrent à l’avant-bras et à la jambe ; le pied et la main résultent de l’assemblage d’un grand nombre. Aussi peut -on inférer de la disposition de ces leviers, que l’étendue de leurs mouvemens va en diminuant, tandis que leur multiplicité augmente, à mesure qu’on les examine de l’extrémité supérieure des membres vers l’inférieure.

Des membres sepérieers ou thoraciques. Articulés avec le thorax, ces membres pendent naturellement sur les parties latérales du tronc , et ont une longueur telle , que leur extrémité inférieure correspond au milieu de la cuisse. Ils sont chacun composés de trente-deux os, et formés successivement, de haut en bas, par l’épaule , le bras , l’avant-bras et la main.

\J épaule occupe les parties latérale et supérieure de la poitrine , dont elle augmente l’éten- Pl. .j3 , Pf. due transversale à l’extérieur. La clavicule en avant, et le scapulum en arrière, forment de l’épaule un levier coudé dont la branche horizontale, très -étroite, est représentée par le premier de ces os , tandis que la branche verticale, élargie, est constituée par le second.

L’épaule est inclinée en arrière et en dehors, de sorte que la cavité glénoïde de l’omojilate regarde dans ce dernier sens.

Le bras est formé seulement par l’humérus, lequel est recouvert à son extrémité supé- pj ^3 rieure par la voûte osseuse que lui offrent l’extrémité externe de la clavicule et l’apophyse acromion réunies. La surface articulaire de son extrémité inférieure descend plus bas en dedans qu’en dehors , et donne à l’articulation du coude la direction légèrement oblique

MANUEL

qu elle présente. La tête tle l'humérus se trouve à peu près sur la même ligne que le condyle interne de son extrémité inférieure, tandis que la grosse tubérosité de son extrémité supérieure correspond au condyle externe. Le membre supérieur offre , au niveau de l’articulation du coude, un élargissement transversal très-prononcé, qui résulte de la jonction de riiumérus avec les extrémités des deux os de l’avant-bras.

4i- avant - bras , un peu plus court que le bras auquel il succède, est sensiblement aplati

d’avant en arrière. Les deux os qui le composent , le cubitus en dedans , le radius en dehors , sont disposés de sorte que la partie la plus épaisse de l’un correspond à la plus mince de l’autre , et que la largeur de cette région est à peu près uniforme dans toute son étendue. Ces os ne se touchent que par leurs extrémités supérieure et inférieure; ils laissent entre eux un espace appelé intcr-osscax, assez large au milieu , rétréci en haut et en bas , et sont aussi dans des rapports tels, que l’extrémité supérieure du cubitus s’élève au-dessus de celle du radius, et passe derrière I bumérus pour aller former la saillie du coude, tandis qu’inférieurement le radius descend plus bas que le cubitus. Le radius est en outre situé sur un plan un peu antérieur à celui du cubitus. En haut, c’est le cubitus qui concourt spécialement à la formation de l’articulation du coude, tandis qu’en bas , celle du poignet dépend en plus grande partie tlu radius. On donne le nom de supination à la position de l’avant-bras dans laquelle ses deux os sont parallèles, la paume de la main dirigée en avant et le pouce en dehors, le membre supérieur étant supposé pendant sur les côtés du tronc. On appelle pronation cette autre position, dans laquelle la paume de la main est dirigée en arrière et le pouce en dedans. Dans la pronation les os cessent d’être parallèles ; le radius reste bien dans sa place ordinaire à son extrémité supérieure, mais en bas, il roule et tourne sur le cubitus, dont il croise la direction à angle aigu à sa partie moyenne, de manière que l’extrémité supérieure decetossetrouve en deborsdel’avant-bras, tandisquel’inférieure estplacéeendedans- La main, qui termine le membre supérieur, est aplatie d’avant en arrière, et plus étendue en longueur qu’en largeur. Elle est plus large que l’avant-bras , surtout à sa partie moyenne. Sa face antérieure est concave , et a reçu le nom de paume ou de face palmaire de la main; sa face postérieure est légèrement convexe; on la nomme le dos ou la face dorsale de la main. Son bord externe ou radial est plus épais et moins étendu que \ interne ou le cubital. La main se divise en carpe , métacarpe et doigts.

Le carpe , formé par la réunion des huit petits os que nous avons étudiés séparément , est ovale dan§ le sens transversal , et aplati d’avant en arrière. Sa face antérieure est concave et forme une profonde gouttière , laquelle est limitée par quatre éminences saillantes : de celles-ci deux sont en dehors, et appartiennent au scaphoïde et au trapèze; les deux autres sont en dedans : ce sont l’os pisiforme et l’apophyse de l’os crochu. Sa face postérieure est légèrement convexe, inégale, et marquée d’une ligne onduleuse, transversale, qui indique les articulations des deux rangées des os du carpe entre eux.

Le métacarpe, placé entre le carpe et les doigts, représente une sorte de grille quadrilatère, plus large en bas qu’en haut. Concave en avant, convexe en arrière , il offre , entre les os qui le constituent, des espaces allongés qu'on inter-osseux . De ces intervalles, le plus

large se rencontre entre le premier et le second os du métacarpe ; il est ouvert en bas , tandis que les autres sont fermés dans ce sens par le contact des têtes des os métacarpiens les unes contre les autres.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

Les doigts sont au nombre de cinq; on les compte du radius vers le cubitus. Le premier s’appelle le pouce, le second \ indicateur ou \ index, le troisième le médius ou le doigt du milieu, lè quatrième X annulaire , et le cinquième le petit doigt ou le doigt auriculaire.

Les doigts sont rétrécis au niveau du corps des phalanges qui les forment , et dilatés au P1^37.fig.io, niveau de leurs articulations : aplatis et concaves en avant, convexes en arrière, assez élargis à leur base, amincis à leur extrémité libre , ils ont un volume et des dimensions différentes : le doigt médius est le plus long de tous; l’annulaire et l’indicateur viennent ensuite ; le pouce et l’auriculaire sont les plus courts : sous le rapport de la grosseur, le pouce occupe le premier rang: viennent ensuite le médius , l’indicateur, l’annulaire et le petit doigt.

Des membres ixférieurs ou abdominaux. Ils représentent chacun une espèce de colonne pi. 43, 44. articulée , destinée à supporter le corps et a en transmettre le poids au sol , sur lequel elle repose par une large base. Cette colonne est comme brisee dans sa partie moyenne : ecarlee en effet de celle du côté opposé en haut, clic s'en rapproche obliquement jusqu’au niveau du genou, pour descendre ensuite verticalement. A la cuisse elle est mince , courbée en avant, et formée par un seul os, le fémur : au genou elle offre un volume considérable , et diminue de nouveau à la jambe, où elle est droite. On voit , d’après ce qui précède , que les fémurs ne sont point parallèles entre eux , mais que séparés supérieurement par tout l’intervalle I d’une cavité cotyloïde à l’autre, ils se rapprochent beaucoup à leur extrémité inférieure; aussi leurs deux condyles se trouvent-ils sur le même plan , bien que l’interne soit plus longque l’externe.

I La jambe, dont la direction est à peu près verticale, diminue de volume graduellement PI. 43 j 44' de haut en bas : formée en avant et en dedans par le tibia, en arrière et en dehors par le péroné , elle est plus épaisse dans le premier sens que dans le second, à raison du volume I différent de ces os. Sensiblement aplatie de dehors en dedans et d’avant en arrière , elle offre

[ dans toute sa longueur un espace vide, allongé, rétréci à scs extrémités, qu’on nomme

X espace inter-osseux, et qui dépend de l’intervalle que laissent entre eux le péroné et le tibia j à leur partie moyenne. En bas , la jambe s’articule avec le pied à angle droit , et présente

' pour cette articulation deux saillies connues sous le nom de chevilles ou malléoles . La mal-

léole interne appartient au tibia ; elle est plus grosse , plus courte, et descend moins bas que 1 l’externe, qui appartient au péroné.

Le pied est formé par la réunion de vingt-six os, lesquels sont articulés solidement les p| 4^^ 43, t uns avec les autres, et se rapportent au tarse, au métatarse et aux orteils. Il a, dans la

L station , une direction horizontale , légèrement oblique en avant et en dehors , relativement

• au plan général du corps. Il est plus prolongé en avant qu’en arrière de la jambe , qu’il

' reçoit à angle droit à la réunion de son quart postérieur avec ses trois quarts antérieurs ’j

' environ : en arrière la saillie du talon ne dépasse guère le niveau des os de la jambe, f Etroit en arrière , et tant qu’il n’est formé que par le calcanéum , le pied s’élève et s’élargit

! au niveau de l’astragale ; il descend ensuite et continue de s’élargir jusqu’aux articulations

métatarso-phalangiennes, au-delà desquelles il éprouve un léger rétrécissement dans la région des orteils.

La face supérieure ou le dos du pied est convexe , inclinée en haut et en dehors ; sa face inférieure ou sa plante est concave , surtout en dedans ; son bord externe , moins fort et moins

épais que l’interne , repose dans toute son étendue sur le sol ; X interne est concave et sc trouve PI. 4-2, %. 1

PI. /j2. Ctg. I

PI. 'l2, fig. 1

PI- . 42. fig. I

Page 1