DES ARTICULATIONS DES MEMBRES IN FÉRIEURS
Examinées de haut en bas , ces articulations sont la coxo- fémorale , la fémoro-libiale , la péronéü-libiale , la libio-tarsienne , les tarsiennes, les tarso-mélalarsiennes , les métatarsiennes , les métalarso-phalagiennes , et les phalangiennes.
1“ DE l’articulation DE LA HANCHE, OU COXO-FEMOR ALE.
Pour cette articulation , la tète du fémur est reçue dans la cavité colyloïde de l’os PI. 56, Cg. 2. iliaque. La tète du fémur est encroûtée d’un cartilage plus épais vers le centre qu’à la circonférence. Un semblable cartilage revêt la cavité cotyloïde , excepté au niveau de l’enfoncernent qu’elle offre vers son fond , et que remplissent des franges de la membrane synoviale. On trouve dans cette articulation un ligament cotyloïdicn, un ligament cap- I sulaire , un inter-articulaire, et une membrane synoviale.
Ligament cohjloïdien. C’est un bourrelet fibro carlilagineux placé sur la circonférence PL 56, fig. 2.
I de la cavité cotyloïde, dont il augmente la profondeur. Il a la figure d’un prisme à trois J pans, adapté à la forme circulaire de la cavité qu’il entoure ; son épaisseur est plus grande il au niveau des échancrures des bol’ds de cette cavité que partout ailleurs. Par sa face pos- I téricure , il est attaché à l’os cosal; par l’externe, qui est convexe, il répond au ligament ij capsulaire ; par l’interne, qui est concave , il repose sur la tête du fémur. 11 résulte de l’asji semblage des fibres contournées sur elles-mêmes, lesquelles naissent en partie d’un tendon ‘i qui se fixe au-dessus de la cavité cotyloïde. En bas il convertit en trou l’échancrure inférieure de la cavité cotyloïde , et se trouve formé dans cet endroit de deux, faisceaux qui se I croisent fort obliquement.
1 Ligament capsulaire ou capsule fibreuse. Il représente une sorte de sac conoïde à deux PL 56, Gg. i. I ouvertures , dont la plus large embrasse le pourtour de la cavité cotyloïde, tandis que la I plus étroite est appliquée autour du col du fémur. II s’attache en haut, à toute la circonféij rence de la cavité cotyloïde, au-delà du ligament cotyloïdien , se porte en bas et en dehors, entoure la tête du fémur, et vient se fixer au-devant du col , à la ligne oblique qui réunit dans ce sens les deux trochanters , et derrière le col , un peu au-dessus de la ligne corresli pondante. Ce ligament est fort épais, surtout en avant , où il est fortifié par un faisceau de ’ fibres qui descendent de l’épine iliaque antérieure et inférieure , pour se terminer à la ligne > oblique placée au-devant de la base du col. 11 est plus mince en dedans que dans les autres points de sa surface. Parmi ses fibres, qui sont entrecroisées, il en est beaucoup de longitudinales. Sa face externe est enveloppée par des muscles épais et nombreux ; l’interne est revêtue par la capsule synoviale.
C’est un ligament épais, triangulaire, formé de deux faisceaux, pj jg gg 2
lesquels s’insèrent en dedans et de chaque côté de l’échancrure inférieure de la cavité coty- I loïde, derrière le ligament cotyloïdien. D’abord écartés l’un de l’autre, ces faisceaux ne tardent pas à se réunir en un seul : celui-ci se porte en haut et en dehors , en se recourbant
I sur la tête du fémur, et vient s’insérer dans la^» etite cavité rugueuse que présente la partie
MANUEL
moyenne de cette apophyse articulaire. Le ligament inter-articulaire est enveloppé par une gaine de la membrane synoviale.
PI. 56,fig.3. Membrane synoviale. Elle tapisse d’abord la cavité cotyloïde , au fond de laquelle elle offre des franges mendjraneuses , rougeâtres, mollasses, abreuvées de synovie ; de là elle passe sur le ligament cotyloïdien, la lace interne du ligament capsulaire , abandonne celuici pour se réfléchir sur le col du fémur, recouvrir la tète d«î cet os, et envoyer au niveau du ligament inter-ariicidaire , une gaine fort mince qui l’enveloppe et l’accompagne jusqu’au fond de la cavité cotyloïde , en faisant derrière lui un repli triangulaire.
2“ DE l’articulation du genou , ou FÉMORO-TIBIALE.
PI. 56, fig. 3.
pl.56,fig,
PI. 56, Gg.3.
PI. 57, 6g. 2.
PI. 57, 6g. 1.
PI. 57, 6g. 3,
Cette articulation est formée par la jonction des deux condyles du fémur avec l’extrémité supérieure du tibia en bas, et avec la face postérieure de la rotule en avant. Les surfaces articulaires des trois os précédens sont chacune encroûtées tle cartilage , et revêtues par une membrane synoviale commune. On trouve dans l arliculation du genou un ligament rotulien, deux ligamens latéraux, un postérieur, deux ligamens croisés, et deux fdirocartilages.
Ligament rotulien. C’est un faisceau fibreux , allongé , aplati , très-fort, qui s’étend de la partie inférieure de la rotule et de l’enlbucement inégal qui est en arrière, à l’émincnce rugueuse placée au-devant de l’extrémité supérieure du tibia. E.n arrière il est séparé du tibia par une petite bourse synoviale qui facilite son glissement sur cet os. Ses fibres .sont serrées , parallèles , d’un blanc nacré; les plus superficielles se continuent au-devant de la rotule avec celles du tendon des muscles extenseurs de la jambe.
Ligament latéral externe. Il est grêle , arrondi , se rapproche plus de la partie postérieure de l’articulation que de l’autéricure, se fiveen haut à la tubérosité externe du fémur, yasse en dehors de l’artii'ulation , et vient se terminer à l’extrémité supérieure du péroné.
Ligament latéral intcreic. Il est large, aplati , situé, comme le précédent , derrière le diamètre transversal de l’articulation. Il s’insère à la tubérosité interne du fémur d’une part, et se termine de l’autre à la partie supérieure du bord et de la face internes du tibia. Phisieurs de ses fibres s’arrêtent au fibro cartilage interne de l’articulation , et à la tubérosité correspondante du tibia. Il est plus épais en avant c|u’cn arrière.
Ligament postérieur C’est un faisceau fibreux , obliquement placé derrière l’articulation ; il s’insère à la jiaitie postérieure de la tubérosité interne du tibia , en se continuant dans cet endroit avec le tendon du muscle demi-membraneux , puis il se ilii ige en haut et en dehors , et vient se terminer en arrière du condyle externe du fémur. Ses fibres lais.sent entre elles des ouvertures par lesquelles passent les vaisseaux cpii pénètrent dans l’articulation.
Ligamens croisés ou obliques. On nomme ainsi deux gros cordons fibreux, conoïdes , placés dans l’intérieur de l’arliculation , et clii igés obliquement en sens inverse , de sorte qu’ils se croisent en X. L’un d’eux est antérieur ; il se fixe à réchancrurc placée au-devant de l’épine du tibia, eu se continuant avec l’extrémité antérieure <lu fibro-carlilage semilunaire interne, tle là il se porte en liant et en dehors en s'élargissant, et vient se terminer en dedans du concilie externe du fémur; .ses fibres paraissent contournées sur elles-mêmes. L’autre ligament croisé est postérieur ; situé derrière le précédent, il s’attache en bas à l’en-
D’ANATOMIE DESCRIPTIVE
foncemcnt qu’on voit derrière l’épine du tibia, en se continuant avec l’exlrémité postérieure du fibro-cartilage semi-lnnairc externe; de là il se dirige en haut et en dedans , et vient se terminer en dehors et en avant du condyle interne du fémur. ^
Fibro-carlila"<s mter-arlicalaires ou scmi-hmaires. Au nombre de deux , ils sont placés entre les eondyles du fémur et les surfaces articulaires du tibia. Ce sont deux lames flexibles , courbées en croissant, beaucoup plus épaisses à leur grande circonférence qu’à la petite, qui est concave et représente un bord tranchant. De ces fibro-cartilages , Tun est interne , presque demi-circulaire, et un pe i plus allongé d’avant en arrière que transversalement. Son extrémité antérieure se fixe au-devant de l'épine du tibia en se continuant avec le ligament croisé antérieur; la postérieure s’attache derrière la meme apophyse. L’autre fibro-cariilageest externe. Il forme un cercle presque entier : double disposition accommodée à la forme différente des deux surfaces du tibia. En avant il s’insère dans l’enfoncement qui est au-devant de l’épine du tibia ; en arrière il s’attache derrière la meme éminence, en se continuant avec le ligament croisé postérieur.
Membrane synoviale. Sa disposition est fort compliquée. Elle forme en haut , entre le fémur et la face postérieure du tendon des muscles extenseurs de la jambe , un cul-de-sac plus ou moins profond; elle descend de là sur la face postérieure de la rotule, sur les côtés de laquelle elle est libre , et en rapport avec du tissu cellulaire abondant ; alors elle s’écarte du ligament rotulien et donne naissance à un prolongement en forme de canal , appelé le ligament adipeux qui traverse l'articulation , et va s’attacher entre les deux eondyles du fémur. La capsule synoviale, parvenue aux surfaces articulaires du tibia, se porte sur la face inférieure des fibro-cartilages, sur leur bord concave, leur face supérieure, en arrière elle passe au-devant et sur les côtés des ligamens croisés qu’elle entoure en grande partie; enfin elle arrive aux eondyles du fémur par plusieurs points à la fois , savoir : par le ligament adipeux, par la gaine des ligamens croisés, et par la face supérieure des fibro-cartilages semi-lunaires, elle revêt ces eondyles, tapisse en dedans et en dehors les ligamens latéraux , et retourne au cul -de-sac supérieur d’où je l’ai supposée partir.
3® ARTICULATION PÉRONÉO-TIEIALE.
Le tibia et le péroné s’articulent ensemble par leur ex’trémité supérieure et par l’inférieure; ils sont de plus réunis au milieu par un ligament inter-osseux. De là la distinction de ces articulations en :
A. Articulation pcronéo-tibiale supérieure. Elle résulte du contact de deux facettes plates , circulaires, encroûtées de cartilage , appartenant l’une au tibia , et l’autre au péroné. Elle offre deux ligamens et une capsule synoviale.
Ligament antérieur. Faisceau aplati , irrégulier, assez large, formé de fibres parallèles,
' plus longues en haut qu’en bas, qui deicendent obliquement de la partie antérieure de la tubérosité externe du tibia à la région correspondante de la tète du péroné.
Ligament postérieur. C’est un faisceau aplati , large et épais , formé de fibres parallèles qui se portent de la partie postérieure de la tubérosité externe du tibia , à la partie correspondante de la tête du péroné.
PI. 57,fig. î, 4, 5
P1.57,Cg. 5.
P1.56,fig.3.
PI. 58, fig. 1.
PI. 56, fig. 4.
PI. 58, fig. I
P1.58, fig. I PI. 58, fig. 2
PI. 58, fig. 2 PI. 5g, fig. 2
PI. 58, fig. 2
Membrane synoviale. Elle tapisse les deu.x. surfaces articulaires correspondantes et la face interne des deuv ligainens précédens.
B. Arliealaüon péronéo-tibiale moyenne.
Li 'gamenl inler-osseiix . 11 occupe l’intervalle que laissent entre eux les deux os de la jambe. Mince , aplati , meinbraniforme , plus large en haut qu’en bas, 11 est composé de libres obliques qui s’attachent d’une part au bord externe du tibia , et de l’autre à une crête qui parcourt longitudinalement la face interne du péroné. En haut et en dehors il offre une ouverture irrégulièrement arrondie, pour le passage des vaisseaux. 11 présente aussi à sa surface divers petits trous que traversent des vaisseaux.