‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 71 sur 217 · ARTICULATION DU COUDE-PIED, OU TIBIO-TARSIENNE · texte numérisé non relu

ARTICULATION DU COUDE-PIED, OU TIBIO-TARSIENNE

Pour cette articulation , les extrémités inférieures du tibia et du péroné réunies présentent une cavité en forme de mortaise, dans laquelle est reçu l’astragale. Le tibia et le péroné ont chacun leur cartilage d’incrustation qui se prolonge sur leur malléole. Un seul et même cartilage revêt la partie articulaire de la face supérieure de l’astragale et ses faces articulaires latérales. Ces parties , tapissées par une membrane synoviale, sont maintenues en rapport par deux ligamens latéraux , deux antérieurs et un postérieur.

Ligament latéral interne. C’est un faisceau large, aplati , quadrilatère, qui s’implante au sommet de la malléole interne, descend un peu obliquement en arrière, et vient se terminer à la partie interne de l’astragale et du calcanéum.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

[ Ligament latéral externe. Cordon fibreux, arrondi, qui s’implante au sommet, et un peu I au-devant de lamalléole externe, descend en arrière, et vient se terminer à la partie moyenne ! de la face externe du calcanéum.

I Ligamens antérieurs. On en trouve deux ; l’un vient du péroné , et l’autre du tibia. Le i premier est un faisceau aplati , quadrilatère , formé de fibres parallèles qui se fixent audevant de la malléole externe, se portent obliquement en bas et en dedans pour se terminer à un enfoncement qu’on observe en dehors de l’astragale. Le second est composé de fibres peu distinctes , qui forment au-devant de l’articulation une membrane làcbe , irrégulièrement quadrilatère : ses fibres s’insèrent au-devant de l’extrémité inférieure du tibia et de la malléole interne , et descendent obliquement de dedans en dehors , pour se terminer , au-devant de la poulie articulaire de l’astragale.

I Ligament postérieur. C’est un faisceau fibreux, allongé, irrégulièrement triangulaire, I qui s’implante dans l’enfoncement qu’on voit derrière la malléole externe , se porte en bas !' et en dedans , et se termine à la face postérieure de l’astragale , en dehors de la coulisse qu’on y observe.

Membrane synoviale. Elle revêt d’abord la surface inférieure du tibia et du péroné , envoie !' en haut, entre ces deux os , un prolongement en forme de cul-de-sac , tapisse les deux mal- Ij léoles , se porte sur la triple surface articulaire de l’astragale , qu’elle recouvre ainsi que la I face interne des ligamens qui entourent l’articulation.

PI. 58. flg. 2,

PI .58.lig. 1.

P!. 58. fig. 1.

PI . 58. fig. 2.

PI. 59. fig. 2.

5° ARTICULATIONS TARSIENNES.

j Nous rapporterons à trois classes ces articulations, c’est-à-dire à celle des os de la pre- ] mière rangée , à eelles des deux rangées , et à celles des os de la seconde rangée.

' A. Articulation des os de la première rangée du tarse entre eux , ou articulation calcanéo- . aslragalienne.

I La face inférieure de l’astragale s’articule avec la face supérieure du calcanéum par deux ' surfaees : l’une postérieure est la plus considérable ; l’autre antérieure , plus petite , fait partie de l’articulation scaphoïdo-astragalienne. Toutes ces surfaces sont revêtues de carti- 1 lages, et maintenues en rapport par trois ligamens. On observe une membrane synoviale assez lâche , qui est propre aux deux facettes postérieures et contiguës du calcanéum et de h l’astragale.

I Ligament inter-osseux. C’est un faisceau épais , formé de fibres nombreuses, parallèles , verticales, qui s’implantent au fond de la rainure profonde qui sépare les deux surfaces fl articulaires inférieures de l’astragale, et viennent se terminer dans la rainure corresponfj dante de la face supérieure du calcanéum. Ces fibres sont plus longues et plus prononcées l|en dehors qu’en dedans.

Ij Ligament externe. C’est un petit faisceau arrondi , placé au-dessous du ligament latéral i externe de l’articulation tibio-tarsienne ; il s’implante au bas de la face externe de l’astraf gale , et à la partie voisine de la face correspondante du calcanéum.

Il Ligament postérieur. Il est mince, allongé, formé de fibres parallèles qui, naissant de |, la partie postérieure de l’astragale , se portent en bas et en dedans pour se terminer à la J partie voisine du calcanéum.

Texte. ^ 16

PI . 5g, fig. 1 .

Pi. 39, fig. I,

PI. 58, fig.

PI. 58. fig. 2.

MANUEL

13. Articulations des deux rangées des os du tarse entre elles.

Ces articulations sont formées par les surfaces contiguës du calcanéum et de l’astragale , ([ui sont en arrière , avec celles du scaphoïde et du cuboïde , qu’on trouve en avant. Les surfaces articulaires sont placées à peu près sur la même ligne, et maintenues en rapport au moyen de plusieurs ligamens qu’on rapporte aux articulations suivantes :

1° Articulation calcanéo-scaphoïdienne . Le calcanéum , bien que n’étant point en rapport de surface avec le scaphoïde , lui est uni par les deux ligamens suivans :

PI. 59. fig I, Ligament calcanêo-scaphoïdien inférieur. C’est un faisceau aplati , très-épais , comme fibro- ^ cartilagineux, formé de fibres denses qui s’implantent à la petite tubérosité du calcanéum ,

et se dirigent obliquement en avant et en dedans , pour se terminer à la face Inférieure du scaphoïde. Il est souvent formé de deux faisceaux séparés, l’un externe et mince, l’autre interne et arrondi. Il concourt à constituer , avec le calcanéum et le scaphoïde , une cavité profonde qui reçoit la tête de l’astragale.

PP5cj. fig. I, Ligament calcanêo-scaphoïdien externe. C’est un faisceau court, aplati, qui complète en dehors la cavité dans laquelle est reçue la tête de l’astragale. Ses fibi’es s’implantent à la partie antérieure et interne du calcanéum , et viennent se terminer à la partie inférieure et externe du scaphoïde.

P1.58,fig.i,3. 2° Articulation scaphoido-astragalienne . Elle résulte de la réception de la tête de l’astra-

P*' '■ gale dans une cavité que lui forment en avant la face postérieure du scaphoïde , en bas les

deux ligamens précédens et une facette concave de la région supérieure du calcanéum. Les surfaces osseuses contiguës sont revêtues de cartilage , pourvues d’une membrane synoviale, et maintenues par un ligament.

PI. 5g. fig. 3. Ligament scaphoïdo-astragalien. Il est large , aplati , horizontal, irrégulièrement quadrilatère , formé de fibres parallèles qui s’implantent à la partie supérieure du col de l’astragale d’une part , et de l’autre à la partie supérieure du scaphoïde.

Membrane synoviale. Elle revêt la face postérieure du scaphoïde , passe sur les deux ligaraens calcanéo-scaphoïdiens , tapisse la facette articulaire antérieure de la région supérieure du calcanéum , se réfléchit sur la tête de l’astragale , sur le ligament scaphoïdo-astragalien , jusqu’au scaphoïde d’où nous l’avons supposé partir.

3° Articulation calcanéo-cuboïdienne . Elle a lieu entre les surfaces correspondantes du calcanéum et du cuboïde, qui sont revêtues par une membrane synoviale et maintenues par deux ligamens.

Pf 59. fig. i, Ligament culcanéo-cuboïdien supérieur. C’est un faisceau large, aplati, quadrilatère, à fibres pai’allèles , qui se porte de la partie antérieure et supérieure du calcanéum à la région voisine du cuboïde.

PI. 5g, fig. 4- Ligament calcanéo-cuboïdicn inférieur. C’est le plus fort et le plus volumineux des ligamens du tarse. Placé à la plante du pied , il est formé de deux plans de fibres , l’un superficiel , et l’autre profond. Les fibres superficielles s’implantent en arrière et en bas du calcanéum , se dirigent horizontalement en avant , s’attachent en partie au cuboïde, et passent en partie par-dessus pour aller se terminer au-dessous de l’extrémité postérieure des quatrième et cinquième os du métatarse. Les fibres profondes , décrites par quelques anatomistes comme un ligament distinct , sont plus courtes que les précédentes , au-devant desquelles elles se fixent au calcanéum ; en avant elles se terminent à la face inférieure du cuboïde , ainsi qu’à la tubérosité qu’elle présente.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

' Membrane synoviale . Elle se déploie sur les deux surfaces correspondantes du calcanéum I et du cuboïde , et tapisse la face interne des deux ligamens calcaneo-cuboïdiens. j C. Articulations des os de la rangée antérieure du tarse entre eux.

' Le scaphoïde , le cuboïde et les trois os cunéiformes s’unissent entre eux de la manière suivante, en formant autant d’articulations distinctes.

Articulation scaphoïdo-cuboïdienne. Quand le scaphoïde et le cuboïde se touchent, ils présentent deux facettes contiguës, encroûtées de cartilage, et revêtues par une petite I poche synoviale , autour de laquelle on trouve des fibres ligamenteuses qui se portent du cuboïde au scaphoïde. L’articulation scaphoïdo-cuboïdienne offre en outre deux ligamens.

Ligament dorsal. C’est un faisceau aplati , quadrilatère , qui se voit sur le dos du pied , et PI. Sg. fig. 3. passe obliquement du scaphoïde au cuboïde.

Ligament plantaire. Il est arrondi , plus prononcé que le précédent , et s étend oblique- PI- 5g fig. 4jl ment de la partie inférieure externe du scaphoïde à la région voisine du cuboïde.

2° Articulation cunéo-cuboïdienne. Le cuboïde et le troisième os cunéiforme sont unis par une facette articulaire tapissée d’une membrane synoviale et par deux ligamens. i Ligament dorsal. Faisceau mince, quadrilatère et oblique, qui s’implante à la partie PI. 5g. fig. 3.

! correspondante de la face supérieure des os cuboïde et troisième cunéiforme.

Ligament plantaire. Plus épais que le précédent , il se voit à la face plantaire du pied ; ses PI. 5g. fig. 4fibres sont fortes , transversales , et se portent de la partie interne du cuboïde à la face plani taire du troisième os cunéiforme.

3° Articulations cunéo-scaphoïdiennes. Le scaphoïde s’articule par ses trois facettes anté- -I rieures avec la partie correspondante des trois os cunéiformes. Ces os sont revêtus de cartilages et d’une membrane synoviale ; ils sont maintenus en rapport par des ligamens , les i uns dorsaux , les autres plantaires.

Ligamens dorsaux. 11 y en a trois, un interne , un moyen, un externe. Ces ligamens PI. 5g fig >> s’implantent en arrière à la face supérieure du scaphoïde , et de là vont en divergeant se I terminer à la région correspondante de chacun des trois os cunéiformes. Le premier est le I plus fort.

Ligament plantaire. Il y en a également trois. Moins prononcés que les précédens , ils PI. 5g. fig. 4s’implantent en un seul faisceau à la face inférieure du scaphoïde , mais bientôt leurs fibres s’écartent pour former trois faisceaux séparés , lesquels vont s’insérer isolément à la partie ( correspondante de chacun des os cunéiformes.

Capsule synoviale. Elle est commune aux articulations des os cunéiformes entre eux I et avec le scaphoïde.

4° Articulations cunéennes . Les os cunéiformes s’articulent entre eux par des facettes PI. 5g. fig. i, < contiguës, encroûtées de cartilage. Ils sont maintenus par deux ligamens transverses 4 dorsaux , lesquels semblent ne former qu’une seule bande qui s’étend du premier au { second, de celui-ci au troisième , et s’attache à leur face supérieure. On trouve au-dessous »! des os cunéiformes deux autres ligamens transverses plantaires qui sont plus forts que les 'Il précédens , et représentent des espèces de ligamens inter-osseux.

6° articulations tarso-métatarsiennes.

Ces articulations ont lieu entre les os de la rangée antérieure du tarse, et l’extrémité postérieure de cinq os du métatarse; les surfaces articulaires sont revêtues de cartilage et de membranes synoviales ; elles sont retenues par des ligamens dorsaux et plantaires.

PI. 59. fig. 3. Ligamens dorsaux. Chaque os du métatarse en reçoit un de chacun des os du tarse avec lequel il s’articule : ainsi le premier en offre un large et mince qui lui est fourni par le premier cunéiforme; le second en présente trois qui lui viennent des trois os cunéiformes, entre lesquels il est enclavé , et qui se réunissent à la face supérieure de son extrémité postérieure; le troisième en a deux , un qui lui vient du troisième cunéiforme , et l’autre du cuboïde; enfin les quatrième et cinquième en reçoivent chacun un du cuboïde.

PI 59. fig- 4. Ligamens plantaires. Ils sont en même nombre que les ligamens dorsaux , et présentent une disposition assez analogue à la leur. Celui du premier os du métatarse est très-fort; il se fixe à la tubérosité qui existe à la partie inférieure de l’extrémité postérieure de cet os , et se termine à la partie correspondante de la base du premier os cunéiforme. Le ligament plantaire du second os du métatarse est volumineux et très-long ; il envoie une portion de ses fibres au troisième os métatarsien. Les autres n’offrent rien de particulier à remarquer.

Membranes synoviales. Le premier os cunéiforme et le premier os du métatarse en ont une entièrement isolée ; une seconde est commune aux articulations du second os du métatarse avec les trois cunéiformes , et les deux premiers de ces os entre eux. Une troisième appartient à l’union du troisième os cunéiforme avec le troisième os métatarsien correspondant ; elle envoie un prolongement entre les deux articulations métatarsiennes voisines. Enfin une quatrième membrane synoviale se déploie entre les articulations des deux derniers os du métatarse avec le cuboïde.

7° articulations METATARSIENNES.

PI. 59. fig. 3.

PI. 59. fig. 4.

PL 5g fig. b

Elles offrent beaueoup de ressemblance avec celles du métacarpe. Le premier os du métatarse ne s’articule pas immédiatement avec le suivant, en arrière. Les quatre suivans sont en rapport par des facettes articulaires contiguës , lesquelles sont revêtues par des prolongernens des capsules synoviales précédentes. 11 y a des ligamens dorsaux et plantaires.

I^igamens dorsaux. Il y en a trois. Ils sont allongés , minces, aplatis , et transversalement étendus à la face dorsale du pied, sur les extrémités postérieures des quatre derniers os du métatarse , qu’ils unissent et auxquels ils s’implantent.

Ligeimens plantaires. En même nombre que les précédons , ils sont disposés de la même manière à la partie inférieure de l’extrémité postérieure des quatre derniers os métatarsiens. En haut ils se continuent avec des fibres inter-osseuses , placées entre les os du métatarse.

Ligament métatarsien transverse. Il est destiné à unir entre elles les extrémités antérieures des cinq os du métatarse. Il est semblable au ligament métacarpien transverse , pour la forme, la largeur, et les rapports.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

8° ARTICULATIOINS METATARSO-PHALANGIENNES.

L’extrémité postérieure des premières phalanges, par la surface concave qu’elle pré- 5g, lîg. 3 I sente , s’articule avec la tète correspondante des os du métatarse. Chacune de ces arti- * i culations, revêtue d’une membrane synoviale , est maintenue par deux ligamens latéraux , étendus entre les parties latérales de la tête de l’os du métatarse , et celles de la phalange (ju’il soutient. On observe en outre un ligament inférieur. Toutes ces parties sont analogues à celles qui affermissent les articulations métacarpo-phalangiennes.

9° ARTICULATIONS PHALANGIENNES.

I Les liens qui maintiennent ces articulations sont, à l’exception du volume , en tout sem- PI. 5g, fie;. 3 ' blables à ceux des articulations phalangiennes de la main.

jj USAGES DES PARTIES QUI ENTRENT DANS LA COMPOSITION DES ARTICULATIONS.

Les parties qui maintiennent les os en rapport au niveau de leurs articulations , et qui ij facilitent leurs mouvemens , sont , comme nous venons de le voir, des cartilages , des fibrocartilages , des ligamens , des capsules synoviales : chacune de ces parties ont des usages > j spéciaux que je vais faire rapidement connaître.

I 1° Les cartilages qui encroûtent les extrémités articulaires des os, étant doués d’une I grande élasticité , font en quelque sorte office de coussins , qui décomposent les mouve- I mens ou les chocs qui sont transmis aux différentes pièces osseuses du squelette; en adou- I cissant ces mouvemens, ils préviennent les fractures, qui sans eux en seraient bien plus souvent le résultat : par leur surface libre, qui est très-lisse , ils facilitent les mouvemens j des os, et rendent presque nuis les frottemens qui ont lieu entre les surfaces articulaires.

' Les cartilages des prolongemens des côtes donnent plus de mobilité et une grande élasticité aux arcs qu’ils représentent avec ces os. Ils contribuent à l’expiration, par cette I même élasticité, en revenant sur eux -mêmes lorsqu’ils ont été légèrement tordus par

I l’action des muscles inspirateurs.

2° Les Jibro-carlilagcs remplissent à peu près les mêmes usages que les cartilages d’incrustation relaiivement à la décomposition des chocs que peuvent recevoir les articulaf tions. Dans quelques cas ils agrandissent l’étendue ou la profondeur de certaines cavités i et par cela même ajoutent à la solidité de l’articulation , comme on le voit pour les ligamens ;i glénoïdien et cotyloïdien , qui sont de véritables fibro-cartilages. Dans d’autres cas ils I. bornent les mouvemens des articulations, qu’ils affermissent en même temps, comme le

II fibro-cartilage de l’articulation sterno-claviculaire , celui de l’articulation radio-carpienne Il inférieure. Le fibro-cartilage de l’articulation temporo -maxillaire donne une très-grande i' mobilité à la mâchoire inférieure, et permet à son condyle de passer facilement sous la Il branche transverse de l’apophyse zygomatique.

3® Les Ugavicns , par leur grande force de résistance jointe à une extrême souplesse, sont les moyens les plus puissans qui maintiennent en rapport les surfaces osseuses et

MANUEL D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

s’opposent à leur séparation. Tantôt , comme dans les articulations orbiculaires , ils représentent des poches fibreuses qui permettent des mouvemens dans tous les sens , et sont toujours plus épaisses et plus résistantes là où il y a de plus grands efforts h soutenir , comme on l’observe dans les capsules fibreuses des articulations coxo-fémorale et scapulohumérale ; tantôt , placés sur les parties latérales des articulations , ils permettent seulement des mouvemens en deux sens opposés, comme dans les articulations ginglymoïdales. Dans ce dernier cas, presque toujours leurs insertions aux os se font en arrière ou en avant de l’axe transversal de l’articulation , de sorte qu’ils bornent les mouvemens d’extension, comme on le voit pour les ligamens latéraux des articulations fémoro-tibiale , cubito-humérale , phalangiennes , etc. Bien que peu extensibles , les ligamens , lorsqu’ils ont été distendus , concourent , par leur rétractilité de tissu , à rétablir les articulations dans la situation qu’elles prennent naturellement pendant le repos , et , sous ce point de vue , par leur résistance à la distension , ils agissent comme antagonistes des muscles qui les ont distendus : ainsi dans les mouvemens de la colonne vertébrale , les ligamens antérieurs et postérieurs de cette tige osseuse tendent alternativement à la remettre dans sa direction naturelle , quand elle a été portée dans la flexion ou dans l’extension par l’action des muscles. Nous avons déjà examiné le mode d’action des fibres, des cartilages inter -vertébraux lors de ces mouvemens. L’action élastique des ligamens jaunes pour redresser la colonne vertébrale est des plus évidentes , si par une coupe verticale on sépare en même temps ces ligamens et les lames des vertèbres auxquelles ils s’implantent , et si l’on vient à exercer des mouvemens de traction en sens inverse aux extrémités de l’espèce de bande ou de chapelet que représentent ces parties ainsi détachées. Certains ligamens bornent les mouvemens de rotation des os; tels sont les ligamens odontoïdiens pour les mouvemens de l’articulation occipito-axoïdienne. Les ligamens qui affermissent les articulations du bassin peuvent se relâcher dans certaines circonstances , et permettre l’ampliation de cette cavité , comme on l’observe chez les femmes vers la fin de la gestation.

4° Les membranes synoviales n’ont point rapport à la solidité des articulations. Elles forment des espèces de poches qui retiennent entre les surfaces osseuses la synovie qu’elles sécrètent. Ce dernier liquide, par sa viscosité , adhère facilement aux feuillets très-minces de ces membranes synoviales qui revêtent les cartilages d’incrustation , et agit à peu près comme les corps onctueux que l’on met entre les rouages des machines , pour adoucir leurs frottemens et faciliter leurs mouvemens.

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