‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 120 sur 279 · RÉGION VERTÉBRALE · texte numérisé non relu

RÉGION VERTÉBRALE

Elle occupe les gouttières vertébrales et présente les M. sacro-lombaire, long dorsal, pj transversaires-épineux , transversaire, et l’interépineux dorso-lombaire. Les trois premiers muscles sont réunis en bas en un seul faisceau, fort épais , légèrement aplati , et s’étendant depuis le bas du sacrum jusque vers le tiers supérieur de l’espace qui sépare la dernière côte de la crête iliaque. En arrière, ce faisceau est recouvert par une large aponévrose qui donne insertion à ses fibres charnues, et s’attache elle-même en dehors à la partie postérieure de la crête iliaque , et en dedans sur les côtés de l’échancrure qui termine le canal sacré , à la crête moyenne du sacrum, aux apophyses épineuses des vertèbres lombaires et des dernières dorsales, ainsi qu’aux ligamens sur-épineux coriespondans. Cette aponévrose est dense et fort épaisse au niveau du sacrum ; aux lombes elle abandonne le sacro-lombaire pour se prolonger sur le long dorsal jusqu’auprès de son extrémité supérieure. Elle est formée de fibres parallèles et longitudinales qui , supérieurement, laissent entre elles de petits intervalles.

Muscle sacro-lombaire (').

C’est le plus externe des muscles de la région vertébrale; il est allongé, épais en bas, très-grêle en haut; il présente une double origine : 1° l’une inférieure à la partie postérieure de la crête iliaque, au-dessus de l’épine postérieure et supérieure, ainsi qu’à l’aponévrose commune ; 2° la seconde, interne et supérieure, à toutes les côtes, par douze petits tendons allongés qui se fixent au-dessus de l’angle, et sont d’autant plus longs et moins épais, qu’ils sont plus supérieurs. Ces tendons montent, avec les petits faisceaux charnus qui en proviennent , obliquement en dehors , derrière l'angle des côtes , de sorte qu’on ne peut les apercevoir à moins d’écarter le M. grand dorsal. Nées de cette double insertion, les fibres charnues se comportent de la manière suivante : 1° celles qui proviennent de la crête iliaque et de l’aponévrose commune , montent verticalement pour se terminer aux six dernières côtes par autant de tendons aplatis qui croisent la direction des tendons d’origine; 2° les fibres des tendons d’origine constituent des faisceaux aplatis, d’abord isolés , puis réunis , qui se portent obliquement en haut et en dehors , et viennent se ter-

(i) 1\I. sacro-spinal. ChausSs M. sacro-lttmbalis. Soëmm.

ai a,

flg.

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miner, celles des tendons inférieurs, au-dessous de l’angle des cotes supérieures, ainsi qu à l’apophyse transverse de la dernière vertèbre cervicale , et celles des tendons supei ieurs , aux apophyses transverses des quatre ou cinq dernières vertèbres cervicales, pai d auties tendons qui sont aplatis, presque juxta-posés , et deviennent d autant plus longs et plus grêles , qu’ils sont plus supérieurs. La structure de ce muscle , très-compliquée au premier coup d’œil, le paraît bien moins , en le considérant comme recevant d abord de la ciete iliaque et de l’aponévrose commune, puis des tendons internes, l^s fibres charnues auxquelles la série des tendons externes sert ensuite d’insertion.

LeM. sacro-lombaire est recouvert parles aponévroses desM. petit oblique et transverse, par les petits dentelés inférieur et supérieur, et l’aponévrose vertébrale. Il est appliqué sur la lame aponévrotique moyenne du transverse , les côtes , les M. intercostaux et le transversaire. En dedans il répond au long dorsal , et en dehors à 1 ecartement des deux feuillets aponévrotiques du M. transverse , aux angles des côtes , et en haut au scalène postérieur et à l’angulaire de l’omoplate. Le M. sacro-lombaire redresse la colonne vertébrale; il la renverse en arrière et de son côté quand il agit seul , et directement, quand il se contracte avec celui du côté opposé; il peut abaisser les cotes inlérieuies ou élever les supérieures, et agir par conséquent comme expirateur ou inspirateur, suivant qu il piend son point d’appui dans la région lombaire ou la région cervicale de la colonne vertébrale.

Muscle long dorsal (>).

j ,j5 II est placé à la partie postérieure du tronc , depuis le faisceau commun jusqu au haut au >• dos, entre les M. sacro-lombaire et transversaire-épineux. Il est fort allonge, épais, et aplati en bas, très-grêle , et terminé en pointe supérieurement. Ses fibres charnues, en montant, se divisent en un grand nombre de languettes charnues, qui se terminent par des tendons, et forment deux rangées distinctes, l’une externe avoisinant le M. sacrolombaire, et l’autre interne se rapprochant du transversaire épineux. Ces dernières languettes sont plus grosses que les autres; elles ont des tendons d autant plus greles , qu ils sont plus supérieurs , et qui , au nombre de quinze à seize , se terminent aux apophyses transverses et articulaires des vertèbres lombaires , et aux apophyses transverses des vertèbres dorsales. Les languettes de la rangée externe sont seulement au nombre de huit ou dix ; plus longues et plus minces que les précédentes , elles se terminent par des faisceaux aponévrotiques distincts, au bord inférieur des huit ou dix dernières côtes. Ces insertions et le nombre des faisceaux charnus offrent beaucoup de variétés. Le long dorsal présente en arrière les mêmes rapports que le sacro-lombaire. Il est appliqué en dedans contre les M. transversaire épineux, grand complexus et transversaire, et en dehors contre le sacrolombaire; en avant il recouvre les côtes, les M. sur-costaux, les ligamens costo-transvcrsaires postérieurs. Ce muscle a pour usage d’étendre la colonne vertébrale et de la renverser en arrière. Il peut aussi abaisser les côtes auxquelles il s’insère.

(i) Portion coslo-lachélienne du sacro-spinal. Chauss. M. dorsi longissimuc. Soè'mm.

Muscles transversaires épineux (')

On appelle ainsi de petits faisceaux charnus très-nombreux , placés à la partie interne de chaque gouttière vertébrale, depuis l’axis jusqu’à la face postérieure du sacrum, et s’étendant des apophyses transverses des vertèbres aux apophyses épineuses des vertèbres voisines. Les faisceaux de ce muscle sont les uns superficiels , et les autres profonds. Les premiers naissent du sommet des apophyses transverses des sixième , septième, huitième, neuvième, dixième et onzième vertèbres dorsales, par cinq ou six tendons plus courts et plus épais pour les faisceaux supérieurs. Ces tendons donnent attache aux fibres charnues , lesquelles constituent un faisceau fusiforme, d’abord arrondi et épais, puis mince, et se terminant par cinq ou sixdendons aplatis, à la partie inférieure et latérale des apophyses épineuses des deux dernières vertèbres cervicales , et des quatre ou cinq premières dorsales. Les faisceaux profonds, au nombre de vingt-cinq à vingt-sept, naissent isolément des tubercules de la face postérieure du sacrum, du ligament sacro-iliaque, de la partie correspondante de la crête iliaque, des apophyses articulaires des vertèbres lombaires, des apophyses transverses des vertèbres dorsales , et des apophyses articulaires des quatre dernières vertèbres cervicales , par des tendons coniques. Les fibres charnues qui proviennent de ces tendons forment autant de faisceaux qui montent en dedans en s’élargissant, et viennent, par de nouveaux tendons aplatis, se fixer au bord inférieur des apophyses épineuses de toutes les vertèbres lombaires , dorsales , et des six dernières cervicales , de sorte que chacun d’eux se divise en plusieurs faisceaux de différentes longueurs, et se termine à la fois à la troisième, la quatrième et la cinquième vertèbres placées au dessus de celle dont il provient; aussi , chaque apophyse épineuse reçoit à la fois des tendons des trois ou quatre faisceaux charnus qui sont au-dessous d’elle; au cou on voit toujours un faisceau isolé, superficiel, qui sc termine en pointe au sommet de l’apophyse épineuse de l’axis et des trois vertèbres suivantes , et prend inférieurement naissance aux apophyses transverses des vertèbres dorsales supérieures.

Ce muscle est recouvert en arrière par les M. grand complexus et long dorsal; en avant il est appliqué sur les lames des vertèbres , leurs apophyses articulaires et transverses et les ligamens jaunes ; en dedans il répond aux apophyses épineuses , aux M. interépineux cervicaux et aux ligamens interépineux. Les divers faisceaux de ce muscle ont pour usage d étendre la colonne vertébrale en redressant successivement toutes les vertèbres les unes sur les autres. Ils peuvent aussi, quand ils se contractent d’un seul côte, fléchir vers eux la colonne vertébrale, et lui imprimer un léger mouvement de rotation.

Muscle transversaire (2).

Placé à la partie postérieure du cou et supérieure du dos, ce muscle est grêle, allongé, aplati, plus mince à ses extrémités qu’à son milieu. Il se 'fixe en arrière aux apophyses transverses des troisième, quatrième, cinquième, sixième, septième, et parfois huitième ver-

(i) Portion du sacro-spinal. Chauss. M. semi-spinalis dorsi et mullifidus spinœ. Soëmm. — (2) Portion du sacro-spinal. Chauss. M. transrersa/is cerricis. Soëmm.

Texte. 24

PI. 95, fiÿ. 1 .

PI. 92 lig. 2.

PL 95. «g *•

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tèbre dorsale, par des tendons d’autant plus longs qu ils sont plus inferieurs , et qui montent verticalement pour donner naissance aux fibres charnues. Celles-ci , après s’être réunies , forment un faisceau d’abord mince , qui bientôt s’élargit , et passe derrière les apophyses transverses des deux premières vertèbres dorsales sans s’y attacher, pour aller se fixer, par des tendons semblables à ceux d’origine , aux apophyses transverses des cinq ou six dernières vertèbres cervicales. Ce muscle est recouvert par le splénius , l’angulaire de l’omoplate et le long dorsal; il est appliqué sur le transversaire épineux , les grand et petit complexus. 11 étend les vertèbres du cou et de la région supérieure du dos.

Muscles interépineux dorso-lombaires (0.

Ces muscles sont placés sur les parties latérales des apophyses épineuses des vertèbres , depuis la troisième ou quatrième vertèbre dorsale, jusqu’à la première ou seconde lombaire. Ils sont formés par des faisceaux charnus de diverses longueurs : les uns sont superficiels; ils s'attachent par trois, quatre, cinq ou six tendons, d’autant plus forts et d’autant plus longs qu’ils sont plus supérieurs, aux apophyses épineuses des vertèbres dorsales, depuis la seconde jusqu a la neuvième, ou depuis la tioisième jusqu aux cinquième, sixième, septième ou huitième. Les fibres charnues qui proviennent de ces tendons forment des faisceaux minces, étroits , fusiformes , convexes en dehois, concaves en dedans, qui semblent se confondre les uns avec les autres , et se terminent par quatre ou cinq tendons , lesquels vont s’attacher aux apophyses épineuses des deux ou trois dernières vertèbres dorsales, et des deux premières lombaires. Les faisceaux piofonds des M. interépineux dorso-lombaires sont cachés par les précédens ; ils sont situés de chaque côté des ligamens interépineux , et forment autant de petits faisceaux charnus , courts, aplatis, qui se portent d’une apophyse épineuse à 1 autre , et s y fixent par des aponévroses. Ces muscles étendent la colonne vertébrale en rapprochant les unes des autres les apophyses épineuses auxquelles ils s’implantent.

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