QU’ELLES ONT ENTRE ELLES
J’ai dit plus haut que deux substances entraient dans la composition de l’encéphale , et j’ai parlé de leurs propriétés physiques et chimiques. Il reste à examiner maintenant comment elles se comportent l’une à l’égard de l’autre , pour former les différentes parties des centres nerveux.
La moelle vertébrale a en général moins de consistance que les autres parties de l’encé- pi. 1-5. phale. A l’extérieur, elle est formée par une couche de substance blanche, qui n’a guère plus d’une demi-ligne d’épaisseur ; et à l’intérieur, par de la substance grise , qui se divise P1 (i„ 2 en trois portions : une moyenne, transversale, plus large et plus épaisse au cou qu’au dos et aux lombes, et deux latérales , d’une forme semi-lunaire, qui sont assez volumineuses dans le haut du cou , mais qui diminuent bientôt jusqu’au bas du dos, où elles se renflent sensiblement.
Les éminences olivaires , enveloppées, comme le reste de la moelle, d’une couche mé- pi. i58, l6a. dullaire , offrent à 1 intérieur un noyau oblong de substance grise, qui est entouré dans toute sa circonférence d une ligne flexueuse, jaunâtre. Tous les faisceaux de fibres médullaires qui , eu s épanouissant , constituent les centres nerveux contenus dans le crâne , sont placés dans les trois divisions dont se compose chaque moitié de la moelle allongée,
1 eminence pyramidale , 1 eminence olivaire et le corps restiforme.
Les deux faisceaux pyramidaux se divisent en petites bandelettes qui s’entrecroisent pj, l58. entre elles et passent , celles du cote droit h gauche, et celles du côté gauche à droite.
Bientôt après ils se renflent pour pénétrer dans la protubérance annulaire, et donner naissance aux pédoncules du cerveau.
Les faisceaux olivaires , placés à côté des pyramidaux , entrent comme eux dans la pro- pi. l58 , l6o tùbérance annulaire, et viennent former la partie interne et postérieure des pédoncules cérébraux. Quelques anatomistes ont vu plusieurs de leurs fibres se jeter dans les tubercules quadrijumeaux , se recourber en dedans , et s’unir à celles du côté opposé pour former la voûte de l’aqueduc de Sylvius.
Les corps restiformes envoient de chaque côté un prolongement qui , partant de la face Pi. ,5Spostérieure de la moelle allongée, va former les bourrelets du quatrième ventricule, et s’enfonce bientôt dans le cervelet.
Outre les faisceaux provenant des éminences pyramidales et olivaires, la protubérance Pi ,53 l(h annulaire contient de la substance grise, qui se joint à ces faisceaux et les renforce. Elle contient de plus , à sa face antérieure , une couche épaisse et consistante de substance blanche , composée de fibres évidemment transversales , qui se réunissent pour former les pédoncules du cervelet.
Les tubercules quadrijumeaux sont composés des deux substances, et proviennent surtout des faisceaux olivaires. Leur substance blanche est formée par les fibres ascendantes de ces faisceaux , et par celles des prolongemens supérieurs du cervelet.
Texte. 39
MANUEL
EJ. i58, i59,
Le septum lucidum est produit par les fibres transversales du corps calleux qui se courbent sur les côtés du raphé , et se portent à la face supérieure de la voûte.
La voûte à trois piliers n’est composée que de substance blanche. Au cinquième mois de la vie utérine , on voit manifestement que les racines des piliers antérieurs viennent des couches optiques : ces piliers s’enfoncent dans les tubercules mamillaires , et, se courbant sur eux-mêmes , se relèvent bientôt derrière le corps calleux. C est alors que par leur réunion ils forment la voûte ; mais ils ne tardent pas à se séparer de nouveau , et ils vont concourir à la production des cornes d’Ammon.
Quant à la glande pinéale , on connaît fort peu sa structure : les uns , avec M. Gall , la considèrent comme un ganglion qui donnerait naissance a des faisceaux nerveux et médullaires ; les autres, comme Tiedemann , paraissent penser qu’elle n’est qu’une commissure des couches optiques que renforcerait de la substance grise.
Le cervelet a moins de consistance que les autres parties de l’encephale. Il est forme a l’extérieur d’une couche de substance grise qui revêt les circonvolutions et s introduit dans les anfractuosités , et à l’intérieur par trois noyaux de substance médullaire. Deux de ces noyaux sont latéraux ; ils occupent le centre des lobes , et envoient de leur circonférence des prolongemens dans la substance grise , ce qui constitue l arbre de la vie : le troisième est moyen ; il est formé par des lames blanches que la valvule de Vieussens et les deux prolongemens des tubercules quadrijumeaux envoient de leur partie supérieure.
Le cervelet procède de trois origines : 1° des pédoncules du cervelet, ou faisceaux considérables résultant de la réunion des fibres que nous avons signalées à la face antérieure de la protubérance annulaire ; 2° des faisceaux restiformes qui viennent de la face postérieure de la moelle allongée , et se jettent dans les pédoncules du cervelet ( M. Gall les nomme faisceaux primitifs du cervelet ) ; 3° enfin de la lame blanche qui recouvre les tubercules quadrijumeaux. Cette lame, en effet , paraît aussi se rassembler en arrière en deux cordons longitudinaux ( processus ad testes ), unis entre eux par la valvule de Vieussens, et qui viennent s’appliquer sur la partie supérieure et interne des memes pédoncules. C’est de la réunion de ces trois parties que semble résulter un tronc commun , au milieu duquel se trouve une espèce de noyau ovoïde , allongé , circonscrit de toutes parts par une ligne ondulée et jaunâtre qu’on appelle corps rhomboïdal ou dentelé du cervelet ( corpus denlalum sive serratum ).
M. le professeur Rolando a disséqué avec un grand soin la protubérance annulaire et la valvule de Vieussens. Il a trouvé dans la protubérance annulaire trois rangs de fibres transversales, qu’il distingue en étages supérieur, moyen et inférieur; 1 étage inférieur est séparé du moyen par de la matière grise que traversent ce que M. Rolando nomme les faisceaux du cordon inférieur de la moelle; l’étage moyen estlui-meme traversé par les faisceaux des pyramides , auxquels l’étage inférieur envoie de petits faisceaux de fibres médullaires qui forment aux premiers une espèce de commissure.
Quant à la valvule de Vieussens, M. Rolando y a reconnu des fibres longitudinales et des fibres transversales.
M. M. Edwards, qui, dans ces derniers temps, a soumis presque tous les tissus des animaux à des lentilles microscopiques beaucoup plus puissantes que celles dont on s était servi jusqu’alors , a trouvé la substance cérébro-spinale, médullaire ou cendrée, foimée
de globules d’un trois-centième de millimètre. Ces globules se réunissent en séries, de manière à former des fibres à peu près parallèles entre elles , et dont la longueur est assez considérable. « Dans le cordon rachidien, dit M. M. Edwards, on voit distinctement les faisceaux primitifs formés par la réunion d’un certain nombre de ces fibres élémentaires. Cette disposition est encore plus marquée dans les nerfs. Ces organes sont également composés de globules d’un trois-centième de millimètre , formant des rangées plus ou moins longues et qui se portent toutes dans la même direction. Les faisceaux résultant de la réunion d’un certain nombre de ces fibres élémentaires peuvent être facilement isolés de ceux qui les entourent, et sont probablement les cylindres longitudinaux décrits par Fonlana. »
ANATOMIE DU CERVEAU, d’aPP.ÈS LE PROFESSEUR GALL.
D après sa manière d’étudier l’encéphale, M. le docteur Gall a cru devoir donner aux différentes parties qui le composent les noms que nous allons d’abord faire connaître.
Noms ordinaires. Noms nouveaux.
Appendice vermiculaire du cervelet. . . . Corps strié
Troisième ventricule
Ventricules latéraux du cerveau. .....
Les stries blanches des corps striés. . . .
Corpus geniculatum internum
Corps olivaire de la moelle
Protubérance annulaire
Corps restiforme. . .
Cuisses du cerveau. .
Quatrième ventricule
Couche optique.
Corpus geniculatum exlernum
Corps frangé du cervelet
Valvule de Vieussens ,
Aqueduc de Sylvius.
Sixième paire de nerfs.
Cinquième paire de nerfs. ........