DU SYSTÈME NERVEUX DES GANGLIONS, OU DU NERF GRAND SYMPATHIQUE
On nomme ganglions des petits corps placés sur le trajet du nerf grand sympathique , PI. 12. et qui sont composés d’un plus ou moins grand nombre de filets nerveux , dépourvus de leur névrilème, et d’un tissu cellulaire particulier, dont les interstices sont remplis d’une pulpe quelquefois jaunâtre, mais plus souvent d’un gris rougeâtre. Les filets dont se composent les ganglions deviennent apparens par des dissections très-délicates ; mais c est surtout faction des alcalis et des acides qui en démontre la forme et la nature médullaire nerveuse. Leur névrilème s’unit à la membrane extérieure dont sont entoures les ganglions au moment où ils pénètrent dans leur intérieur.
On ne rencontre de ganglions que dans les cavités splanchniques , et ils paraissent etre les nœuds ou les chaînons du système nerveux de la vie végétative. Ils reçoivent un grand nombre de vaisseaux sanguins. Des filets qui en partent, les uns font communiquer les ganglions entre eux, les autres s’anastomosent avec les nerfs encéphaliques; quelques-uns pénètrent dans les parties voisines, le plus grand nombre suit le trajet des artères auxquelles le système du grand sympathique parait être spécialement destiné. Les veines n’en reçoivent que très-peu. Ces filets sont pour la plupart rougeâtres ou gris, et sans apparence fibreuse; on en rencontre cependant qui diffèrent peu, en apparence, des nerfs encéphaliques. Chaque ganglion reçoit du nerf encephaliqu e , ordinairement le plus voisin, un gros cordon d’anastomose. Ce cordon communiquant, semblable à son origine aux nerfs rachidiens , perd successivement les caractères de ces derniers , à mesure qu il approche des ganglions de la vie organique.
On divise les ganglions en ganglions de la tête, du cou , de la poitrine et de 1 abdomen.
1° Ganglions de la tête.
A. Ganglion ophthalmique. C’est un petit corps d’une couleur blanchâtre, d’une PL 177, fie;. 5. forme à peu près quadrilatère, situé dans l’orbite au milieu d’une graisse demi-fluide, à la partie externe du nerf optique. En dehors, i! est en rapport avec le muscle droit externe de l’œil; en dedans , il est appliqué sur le nerf optique. De ses deux angles postérieurs , le supérieur reçoit un filet de la branche nasale du nerf ophthalmique; X inférieur en reçoit un du nerf de la troisième paire. Ses angles antérieurs fournissent chacun un faisceau de nerfs ciliaires.
Les nerfs ciliaires, mous, flexueux, rougeâtres, fasciculés, sont toujours accompagnés par l’f w<L(lfî,9>
MANUEL
pi. >79.-;fig‘
PI. 181, fig.
PI. l82.
PI. l8l, fig
un ou plusieurs filets du nerf nasal , qui se comportent absolument comme eux. Le faisceau supérieur, plus petit , est d’abord formé par trois fdets qui se bifurquent bientôt après, et parviennent au globe de l’œil au-dessus du nerf optique. Le faisceau inférieur est composé de six , huit ou dix nerfs , qui se dirigent vers le globe de l’œil , en dehors , au-dessous et même un peu en dedans du nerf optique. Arrivés à la partie postérieure du globe de l’œil les nerfs ciliaires traversent obliquement et séparément la sclérotique, après s’être entrelacés avec les artères ciliaires , et s’aplatissant sous forme de petits rubans , ils se dirigent en avant, entre la choroïde et la sclérotique, logés dans des sillons de celte dernière. Ni l’une ni l’autre de ces membranes n’en reçoit de ramifications, mais ces nerfs s’en envoient réciproquement. Les nerfs ciliaires parviennent ainsi au cercle du même nom , où ils se terminent par deux ou trois filets , dont quelques-uns percent la choroïde pour aller se perdre dans les procès ciliaires. — Le cercle ciliaire envoie à l’iris un grand nombre de filets nerveux , qui forment des lignes blanches vers sa petite circonférence ; mais ces filets ne paraissent pas être la continuation des divisions des nerfs ciliaires , ce qui fait regarder par quelques auteurs le cercle ciliaire comme un véritable ganglion, x, B. Ganglion de Meckel ou sphéno -palatin. Ce ganglion, d’un volume variable, mais toujours fort petit, d’une forme à peu près triangulaire, d’une consistance assez ferme, est situé profondément en dehors du trou sphéno-palatin , au milieu du tissu adipeux de la fente ptérygo-maxillaire. Il fournit en dedans le s nerfs sphéno-palatins ; en bas, les nerfs palatins ; en arrière , le nerf vidien ou ptérygoïdien : enfin de sa partie supérieure on voit naître un ou deux rameaux courts et gros , qui font communiquer ce ganglion avec le nerf maxillaire supérieur. Ces différens nerfs ont été décrits avec le nerf maxillaire
C. Ganglion caverneux. Ce ganglion n’existe pas toujours ; il est quelquefois remplace par un petit plexus formé autour de l’artère carotide par les filets ascendans du ganglion cervical supérieur. Quand il existe , il est placé dans le sinus caverneux , au côté externe de l’artère carotide. D’une couleur gris rougeâtre, d’un volume et d’une forme variables , il envoie des filamens s’anastomoser avec le nerf de la sixième paire et la branche ophthalmique de la cinquième ; il n’est pas rare qu’il en envoie un au nerf nasal , au moyen duquel il communique avec le ganglion ophlhalmique. Inférieurement le ganglion caverneux communique avec les filets ascendans du ganglion cervical supérieur.
D Ganolion naso-palatin. Décrit nouvellement par mon frère, il est placé au poml-de réunion des deux branches du canal palatin antérieur. Ordinairement ovoïde, et plonge dans du tissu cellulaire graisseux , il reçoit en haut les nerfs naso-palalins , et fournit en bas un ou deux filets qui se distribuent à la membrane du palais.
E Ganglion sous-maxillaire. Il est situé au niveau de la glande du même nom ; il parait formé pa/le rameau supérieur du nerf vidien, et communique avec la branche linguale du nerf maxillaire inférieur par plusieurs filets; le plus grand nombre s’entrelacent et se
jettent dans la glande.
' F. Le ganglion temporal n’est qu’un renflement du nerf temporal superficiel, au niveau de la glande parotide.
2° Des ganglions cervicaux .
Ces ganglions sont au nombre (le trois, et ont été distingués, d’après leur position, en supérieur , moyen et inférieur.
A. Ganglion cervical supérieur.
Pl.181, Ji« PI. 1 78, fi
Il est situé sous la base du crâne, au-devant de la colonne vertébrale, dans un enfon- PI. 1 Si, fig. cernent que l’on voit derrière l’angle de la mâchoire inférieure. Le plus souvent allongé et fusiforme , quelquefois comme étranglé dans sa partie moyenne , de manière à paraître double , très-variable en un mot pour la figure et le volume , il s’étend ordinairement depuis l’orifice inférieur du canal carotidien jusqu’à l’apophyse transverse de la troisième ou de la quatrième vertèbre cervicale. Il est d’un rouge grisâtre, et d’une consistance molle.
Il est en rapport immédiat, en avant , avec l’artère carotide interne; en arrière , avec le muscle grand droit antérieur de la tête; en dedans , avec les nerfs pneumo-gastrique et hypoglosse. De toute sa périphérie parlent de nombreux filets qu’on distingue en supérieurs , inférieurs , internes, externes et antérieurs.
Les filets supérieurs ou ascendans sont ordinairement au nombre de deux. Véritables prolongemens du ganglion, ils montent dans le canal carotidien, autour de l’artère carotide , sur les parois de laquelle ils forment un plexus par leurs divisions. De ce plexus naissent : un filet qui , en s’anastomosant avec le filet inférieur du nerf vidien , envoie deux ou trois fdamens à la partie supérieure du pharynx; deux ou trois autres qui remontent dans le sinus caverneux, et s’unissent soit au ganglion du même nom, soit au nerf de la sixième paire; quelques filamens qui se rendent à la tige pituitaire; un filet fort ténu , qui passe sur le promontoire par une petite ouverture des parois de l’aquéduc de Fallope , et communique avec un filet du nerf gîosso-pharyngien , et avec le filament du rameau supérieur du nerf vidien, dont nous avons parlé; un autre filet qui traverse le sinus caverneux , s’unit au nerf ophthalmique ou au nerf nasal , et fait communiquer les ganglions cervical supérieur et ophthalmique ; enfin un grand nombre d’autres filamens qui accompagnent l’artère carotide et chacune de ses divisions, sous forme de gaines nerveuses. La gaine nerveuse de l’artère centrale de la rétine fait probablement communiquer le ganglion cervical supérieur avec la rétine.
Le filet inférieur semble être la continuation inférieure du ganglion. Variable pour le volume, grisâtre, mais solide comme les nerfs encéphaliques, il descend verticalement au-devant des muscles grand droit antérieur de la tête et long du cou, derrière l’artère carotide, la veine jugulaire interne , les nerfs vague et grand hypoglosse, auxquels il est uni par un tissu cellulaire filamenteux, et se termine au ganglion cervical moven ou , en l’absence de celni-ci , à l’inférieur. Il reçoit dans ce trajet quelques filets des troisième et quatrième nerfs cervicaux, qui augmentent un peu son volume. Il en fournit plusieurs, dont les uns se portent à l’œsophage ; l’un d'eux communique avec le nerf laryngé externe , et se perd dans le corps thyroïde : les autres vont dans la poitrine concourir à la formation des plexus cardiaques.
PI. t 86.
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Pl. 186.
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par leur réunion , le nerf cardiaque supérieur.
B. Ganglion cervical moyen.
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postérieurement il est couché sur le muscle long du col. Il fournit d ï
en inférieurs, externes, internes et antérieurs.
~Lcs filets inférieurs , ordinairement au nombre de cinq ou six , descendent devant et derrière l’artère sous-clavière, en envoyant des filamens dans les plexus qui l’enveloppent, et se terminent tous au ganglion cervical inférieur.
Les filets externes traversent le muscle scalène pour aller s’anastomoser avec la cinquième, la sixième et la septième paires cervicales, quand il y a trois filets; lorsqu’il n’y en a qu’un , il s’unit à la septième paire.'
Des filets internes , les uns forment un plexus autour de l’artère thyroïdienne inférieure et de scs branches; d autres se portent sur la glande thyroïde, l’œsophage et la trachéeartère ; quelques-uns communiquent avec des filamens du nerf récurrent ou avec le nerf récurrent lui-même. Ces derniers se jettent dans le plexus carotidien primitif; l’un d’eux s’unit au nerf phrénique.
Les filets antérieurs varient pour le nombre; ils constituent les nerfs cardiaques moyens.