‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 197 sur 279 · DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

DE LA RESPIRATION

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

De tels rapports anatomiques unissent le cœur et les poumons , qu on ne peut étudier séparément ces organes. Placés près du centre de la circulation , les poumons reçoivent un vaisseau considérable (l’artère pulmonaire) qui , partant du cœur, leur apporte tout le san- qui a nourri le corps ; et ils donnent naissance à quatre canaux ( les veines pulmonaires^ qui sont chargés de ramener au cœur le sang modifié par l’acte de la respiration. Le sanV en traversant les poumons , subit en effet de grands changerons. De noir qu il était dans l’artère pulmonaire et ses nombreuses divisions, il revient rouge, vermeil a l’oreillette gauche du cœur: son odeur est devenue plus forte; sa chaleur s est accrue d’un de-ré * sa capacité pour le calorique a augmenté ; sa pesanteur spécifique a diminue ; il est devenu moins séreux, et se coagule plus facilement. Ainsi se trouve nécessitée la réunion du cœur et des poumons dans l’étude anatomique et physiologique de ces organes. Le premier reçoit de tout le corps le sang noir que lui apportent les veines caves , et l’envoie aux poumons, dans lesquels il change de nature sous l’influence du contact de l’air. Les poumons à leur tour rendent le sang ainsi modifié au cœur , organe central de la circulation, qui le renvoie par l’aorte et ses nombreuses divisions dans toutes les parties

'^LeTpoumons sont des organes parenchymateux et essentiellement vasculaires , dans lesquels le sang et l’air se trouvent mis en contact par 1 acte de la respiration.

Le cœur, essentiellement musculeux, est l’organe central de la circulation.

Le système vasculaire, dont l’étude constitue l 'angiologie, se compose des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques. Nous traiterons de ces derniers dans un chapitre particulier.

Les artères sont des tubes cylindriques, élastiques, continus, qui se divisent et se sub- PI. i,fig.4, G. divisent comme les branches des arbres , et deviennent de plus en plus petits à mesure qu’on s’éloigne des troncs qui les fournissent. Elles sont composées de trois tuniques :

1° une externe y fibro-celluleuse , formée de fibrilles entrelacées , comme feutrées , qui sont surtout apparentes quand on distend l’artère soit en long, soit en travers: cette membrane est relativement plus épaisse sur les petites artères que sur les grosses ; 2° une tunique propre , ou moyenne , très-élastique, que beaucoup d’anatomistes ont crue de nature musculaire, mais qui, suivant les apparences et les propriétés, appartient plutôt au tissu fibreux élastique dont sont composés les ligamens jaunes des vertèbres, et le ligament cervical postérieur chez les animaux. Cette membrane est composée de fibres serrées , circulaires, jaunâtres, qui cèdent et s’allongent pour revenir ensuite sur elles -mêmes quand on distend les artères en travers, tandis qu’elles se séparent- facilement les unes des autres quand on tire ces vaisseaux dans le sens de leur longueur; 3° enfin une membrane interne , forL ténue, très-fragile, qui, par son aspect lisse et poli, a beaucoup d’analogie avec les membranes séreuses. Cette membrane prend naissance avec les radicules des veines pulmonaires ; elle tapisse les cavités gauches du cœur , et s’étend de là à tout le système artériel.

Les artères donnent naissance à un plus ou moins grand nombre de branches ou de rameaux , et quelquefois sans que leur volume semble diminuer proportionnellement. Au niveau de leur origine , les divisions artérielles forment des angles tantôt droits , tantôt plus ou moins aigus, et on trouve à l’intérieur du vaisseau une saillie nommée éperon , formée par les deux membranes internes , et sur laquelle vient se diviser la colonne de sang qui passe du tronc de l’artère dans ses branches.

Les dernières divisions des artères se ramifient à l’infini dans les organes, et paraissent se continuer avec les radicules des veines. Telle est du moins aujourd’hui l’opinion du plus grand nombre des anatomistes , opinion fondée sur la facilité avec laquelle les injections fines passent des unes dans les autres.

Les veines sont des tuyaux cylindriques, ramifiés, dont les parois, beaucoup plus minces PI. i , fig. 5,7. et moins élastiques que celles des artères, sont composées de trois tuniques: 1° l 'externe est formée par du tissu cellulaire dont les lamelles sont fortement condensées les unes contre les autres; 2° la tunique moyenne est lâche, très-extensible, et composée de fibres longitudinales , toutes parallèles les unes aux autres ; 3° la membrane interne des veines est très-mince , beaucoup moins fragile que la membrane correspondante des artères ; chez les individus parvenus à l’extrême vieillesse, elle ne contient presque jamais de concrétions calcaires, comme cela arrive pour les artères dans les mêmes circonstances. Née avec les radicules des veines, cette membrane revêt ces vaisseaux dans toute leur étendue, tapisse les cavités droites du cœur, et se termine avec les dernières divisions de l’artère pulmonaire. C’est elle qui forme les nombreuses valvules que l’on rencontre à l’intérieur du système veineux. Ces valvules, ordinairement disposées par paires, sont quelquefois isolées, et se rencontrent plus rarement trois à trois. Leur bord libre est concave, et tourné vers le cœur. On les trouve bien plus abondamment répandues dans les veines des membres abdominaux que dans celles des membres thoraciques et de la tête. Le système de la veine porte en est tout-à-fait dépourvu. Les valvules, marquées à l’extérieur des Texte. 48

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veines par des renflemens plus moins prononcés , ont pour usage de s opposeï au mouxement rétrograde du sang; aussi leur nombre augmente-t-il à mesure qu on s éloigne du cœur. Chaque artère est accompagnés d’une et plus souvent de deux veines d un volume au moins égal au sien, et ces veines, nommées satellites, ont presque toujours un plus grand nombre de racines que l’artère n’offre de rameaux. Si 1 on ajoute a cela les nombreuses veines sous-cutanées , celles du cerveau, etc., qui marchent isolement des artères, on trouvera que le nombre des veines est de beaucoup plus considérable que celui des artères.

Les parois des artères et des veines contiennent un assez grand nombre d arteiioles et de veinules que les anciens anatomistes ont nommées vasa vasorum. On y trouve aussi des filets nerveux venant pour la plupart du grand sympathique. On ne connaît pas les vaisseaux lymphatiques du*système sanguin.

Dans la circulation , on distingue un grand et un petit cercles circulatoires. Le grand cercle circulatoire naît du ventricule gauche du cœur, s’étend avec 1 aorte et ses divisions à toute la périphérie du corps, et vient aboutir à l’oreillette droite au moyen des -seines caves. Le petit cercle circulatoire commence au ventricule droit avec 1 artère pulmonaiie, et se termine à l’oreillette gauche avec les veines pulmonaires. On voit ainsi dans le système sanguin deux arbres artériels et deux cônes veineux. Des deux arbres artériels, l’un , beaucoup plus grand , est représenté par l’aorte et ses nombreuses divisions; 1 autre, ou l’artère pulmonaire, distribue seulement aux poumons scs nombreux rameaux. Les deux cônes veineux commencent là où finissent les deux arbres artériels , et leur correspondent. Le passage du sang des artères dans les veines a lieu par les ramifications trèsdéliées de ces vaisseaux, qui forment le système qu on a nommé capillaire sanguin.

Dans leur trajet les artères, mais surtout les veines, présentent entre leurs propres divisions un grand nombre d’anastomoses , au moyen desquelles le sang peut passer des unes dans les autres. Ces anastomoses , d’autant plus fréquentes que les divisions vasculaires sont plus éloignées du cœur, ont lieu quelquefois entre des troncs égaux qui s abouchent; d’autres fois entre une branche considérable et un petit rameau. Tantôt cette communication se fait à angle aigu , tantôt au moyen d’une branche transversale , tantôt enfin les deux vaisseaux s’abouchent en arcade.

La division et la distribution des branches des artères et des veines sont en général assez constantes, et presque toujours symétriques. Mais il est de frequentes exceptions a cette règle, et l’on voit des artères fournies tantôt par un tronc, tantôt par un autre.

Quand, à l’aide du microscope, on examine le sang renfermé dans les vaisseaux de quelques parties transparentes des animaux à sang froid, comme ceux de la patte des grenouilles, du mésentère de quelques poissons, de la queue du têtard, du poumon de la salamandre , on aperçoit qu’il est formé par une foule de molécules arrondies , colorées , qui nagent au milieu d’un liquide séreux, et passent par un mouvement plus ou moins , rapide , des dernières extrémités des artères dans les radicules des veines. Ces molecu es , 3 nommées globules du sang, ont été successivement étudiées par Malpigln, Leewenhoeck, Hewson, et dans ces derniers temps par MM. E. Home, Magendie, Pie\ost et umas. MM. Prévost et Dumas ont trouvé les globules dans le sang de tous es animaux. s on constaté que ces globules , examinés sous des lentilles de plus en plus fortes , presen-

taient cl’abord l’apparence de points noirs ; qu’ensuite ceux-ci s’entouraient d’un cercle blanc, et qu’enfin , étant encore grossis, la tache noire devenait lumineuse. Ces physiologistes ont constaté que les molécules du sang humain n’avaient qu’un cent-cinquantième Pb 204, fig. :î de millimètre. Ils ont trouvé que ces globules étaient circulaires dans l’homme et les mammifères, tandis qu’ils étaient elliptiques dans les oiseaux et les animaux à sang froid; ils sont aplatis dans tous les animaux, et composés d’un noyau central renfermé dans un sac membraneux.

Le sang humain est formé d’eau, d’albumine, de fibrine, cl'un principe colorant d hydrochlorate de potasse et de soude, de lactate de soude, tous les deux unis à une matière animale; de soude carbonatée , de phosphates de chaux et de soude, d’oxide de fer, et d’un peu de matière colorante. M. Chevreul y a trouvé un corps gras qu’il regarde comme la substance du cerveau et des nerfs. MM. Prévost et Dumas ont extrait de l’urée du sang d animaux auxquels ils avaient extirpé les reins; ils y ont trouvé du sucre de lait, après avoir amputé les mamelles; enfin ils ont produit des fécondations artificielles avec du sang de crapauds qu’ils avaient préalablement castrés.

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