‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 229 sur 279 · Des testicules et de leurs enveloppes · texte numérisé non relu

Des testicules et de leurs enveloppes

Les testicules sont deux organes glanduleux logés dans les bourses, et destinés à sécréter le sperme. Ils sont enveloppés par des tuniques dont il est avantageux de faire

d abord la description. L’une de ces tuniques, ou la plus extérieure, est commune aux deux testicules : c est le scrotum; les autres, qui sont au nombre de cinq, sont particulières a chacun de ces organes , et placées, de dehors en dedans , dans l’ordre suivant :

1° le dartos ; 2° la tunique érythroïde ou le muscle crémaster; 3° la tunique commune an cordon et au testicule, ou la tunique fibreuse; 4° la tunique vaginale; 5° la tunique albuginée.

Le scrotum est 1 enveloppe cutanee des testicules. Ce n’est autre chose qu’un prolongement de la peau de la partie interne des cuisses, du périné et de la verge. Cette membrane est remarquable par sa couleur brune, par de nombreuses rugosités qui la sillonnent , surtout lorsque les bourses sont contractées sur elles-mêmes ; par la grande quantité de follicules sébacés qu’elle contient, et par les poils longs et peu abondans qui s’y développent chez l’adulte. Une ligne médiane, rugueuse, saillante, nommée le raphé , et qui se prolonge depuis la partie antérieure de l’anus jusqu’à la racine de la verge , partage Je scrotum en deux moitiés. Le scrotum a la même organisation que la peau en général ; seulement son corium est très-mince, et laisse apercevoir par sa transparence les vaisseaux sanguins qui rampent dans le dartos.

On appelle dartos la seconde enveloppe des testicules, que les anciens anatomistes croyaient de nature musculaire. Celte tunique est formée chez l’adulte par une expansion fibro celluleuse de 1 aponévrose superficielle de l’abdomen [fiascia superficialis ), qui abandonne l’anneau inguinal pour se jeter sur le cordon testiculaire qu'elle renferme , ainsi que le testicule et la tunique vaginale. Elle paraît contractile, et est considérée par Meckel comme formant le passage du tissu cellulaire au tissu musculaire ; d’autres anatomistes en font un tissu particulier, sous le nom de darlo'ide. Par sa face externe, elle est unie à la peau du sciotum , et s adosse en dedans avec celle du côté opposé pour former la cloison des bourses; elle s’attache aussi dans ce sens à la branche de l’ischion, et passe sur les côtes du pénis pour se continuer avec son ligament suspenseur. Du fond de l’espèce de poche que forme le dartos s’élève un cordon fibro-celluleux , triangulaire, blanchâtre, creux, lequel se fixe à la partie du testicule et de l’épididyme qui n’est point recouverte pai la tunique vaginale. Cette expansion est produite par l’extrémité supérieure du gubernaculum teslis, dont la base s’est épanouie, en se renversant, pour recevoir le testicule lors de sa sortie de l’abdomen chez le fœtus, et lui former une espèce de sac qui n’est que le dartos lui-même.

La membrane érythroïde n’est autre que le muscle crémaster, qui a été décrit dans la Pi -G. Myologie. ( Voyez pag. 169 et 170. )

La membrane fibreuse ou la tunique commune au cordon et au testicule est un prolongement illfundibliliformc de l’aponévrose Iransverse (fascia transversales) ; la gaine qu’il” forme autour du cordon est uu long tuyau facile à isoler , qui descend avec lui en parcourant le canal inguinal, et 1 accompagne jusqu’au bord supérieur du testicule. Là il se perd dans le tissu cellulaire extérieur de la tunique vaginale.

La tunique vaginale est la membrane séreuse qui enveloppe le testicule. Elle forme un P1-3io,fi soc sans ouverture qui se réfléchit sur cet organe et sur l’épididyme qu’elle recouvre, sans cependant les contenir dans sa cavité. Sa face interne est lisse , polie, lubréfiée par de la sérosité ; sa face externe adhère d’une part à la tunique fibreuse , et de l’autre elle recouvre

MANUEL

Pi. 3io.

PI. 3 H), fi" 9.

PI 3io, fig.9,

le testicule et l’épididyme. Avant la descente du testicule dans les bourses, la tunique vaginale n’existe pas. Elle est formée par un prolongement que le péritoine fournit à cet organe lorsqu’il sort de l’abdomen, et qui se rétrécit ensuite, s’en sépare et s’en isole entièrement pour former une membrane distincte.

Les testicules sont deux organes éminemment vasculaires , situés à la partie inférieure des cordons testiculaires, auxquels ils semblent pour ainsi dire suspendus ; celui du côté droit est un peu plus haut que celui du côté gauche. Leur consistance, assez grande chez les adultes, diminue beaucoup dans la vieillesse, de même que leur volume. Leur forme est celle d’un ovoïde comprimé de droite à gauche; leur direction et leur diamètre sont un peu obliques, en sorte que l’on peut y distinguer deux faces latérales légèrement convexes, un bord inférieur incliné en devant, un bord supérieur tourné en arrière, lequel est cotoyé par un corps appelé 1 ' épiclidyme , et deux exti'émités, dont l'une est antérieure et supérieure, l’autre postérieure et inférieure.

Les testicules sont renfermés immédiatement dans une coque fibreuse que leur forme la tunique aibuginée, laquelle est une membrane fibreuse, d’un blanc opaque, d’un tissu serré, forte, résistante , et pourtant extensible et rétractile tout à la fois. En dehors, elle est recouverte par la tunique vagip.ale; en dedans, elle envoie un grand nombre de prolongemens aplatis, filiformes, qui produisent des cloisons incomplètes dans la cavité de l’espèce de coque qu’elle représente. Les loges triangulaires que séparent ces cloisons sont remplies parles vaisseaux séminifères. En haut, la tunique aibuginée présente un renflement appelé corps d’ Hyglimor , à travers lequel passent les troncs de ces vaisseaux , qni vont se rendre à l’épididyme. Le parenchyme des testicules est très-mou , et se présente sous l’apparence d’une pulpe jaunâtre ou grise renfermée dans les cloisons dont il vient d'être parlé. Celte sorte de pulpe est formée par une immense quantité de filamens très-ténus, flexueux , entrelacés, repliés, et lâchement unis les uns aux autres par un tissu cellulaire très-fin , lequel est parcouru par des ramifications capillaires sanguines. Alex. Monro estime leur nombre à soixante-deux mille cinq cents, tandis que des auteurs modernes ne le portent qu’à trois cents environ. Chacun d’eux a seize pieds de long sur un deux-centième de pouce de large; en sorte que , placés les uns à la suite des autres, ils représenteraient une longueur très-considérable. Ces filamens sont les vaisseaux ou conduits séminifères ; on n’a pas encore démontré leur cavité au moyen des injections. Ils présentent de distance en distance de petits renflemens indiqués par certains anatomistes comme des granulations glanduleuses, et par d’autres comme de simples replis. Ils se dirigent tous vers le bord supérieur du testicule, et se réunissent, avant d’y parvenir, en quinze ou vingt troncs qu’on nomme afférens, et qui traversent le corps d’Hyghmor au-dessous de la tête de l'épididyme , dans lequel ils se rendent pour donner naissance au

canal défèrent. j ,

On appelle épididijmc un petit corps oblong , vermiforme, renflé à ses extrémités, qui

est couché le long du bord supérieur du testicule. Sa partie supérieure ou sa tête embrasse l’extrémité correspondante du testicule, dont elle reçoit les canaux afférens; sa partie inférieure ou sa queue est plus rétrécie : elle se recourbe en haut, et se continue avec le canal déférent. L’épididyme n’est autre chose, d’après Meckel, qu’un conduit simple, grêle et flexueux , dans lequel s’abouchent tous ceux qui ont traversé le corps d’Hyghmcr ; son

volume augmente à mesure qu’il se rapproche du canal déférent. Ses parois sont fort

épaisses par rapport à son calibre. Sa longueur est considérable : Monro l’estime à trentedeux pieds.

Les tuniques du testicule reçoivent des branches des artères épigastriques , honteuses externes , et des arteres de la cloison. Le testicule et l’épididyme reçoivent des branches des arteres spermatiques; leurs veines forment le plexus pampiniforme ; leurs vaisseaux lymphatiques vont se jeter dans les ganglions lombaires, et leurs nerfs viennent du plexus spermatique. r

2° Du cordon testiculaire et du canal déférent.

L arlere et la veine spermatiques, d'autres vaisseaux sanguins dont le volume est nié- p].3l0 fi» diocre et 1 existence variable , des vaisseaux lymphatiques, des nerfs venus du plexus spermatique et de la branche géuito-crurale du plexus lombo-abdominal , et enfin le canal deierent, constituent, par leur réunion, le cordon des vaisseaux spermatiques ou testiculaire dans lequel on trouve aussi, souvent, un prolongement fibreux et filiforme qui unit le péritoine a la tunique vaginale. Un tissu cellulaire abondant , continuation de celui qui, placé entre le péritoine et l’aponévrose du muscle transverse de l’abdomen , constitue lefascia propria, réunit toutes ces parties; et le cordon qui résulte de leur ensemble, plus court ordinairement à droite qu’à gauche, monte presque verticalement vers le bord supérieur e la branche horizontale du pubis , se recourbe en dehors et en arrière pour pénétrer dans 1 abdomen à travers le canal inguinal, en croisant la direction de l’artère épigastrique, placée au-dessous et en dedans de lui.

Le canal défèrent , ou le canal excréteur du sperme, naît de la queue de lepididyme , dont il n’est que Ja continuation , et remonte flexueux derrière le testicule : il s’enga-é dans le cordon des vaisseaux spermatiques, en arrière et en dedans de l’artère du même nom , franchit le canal inguinal , et, descendant en arrière et enjdedans, il se porte derrière l'artère ombilicale , pour gagner la partie postérieure et inférieure de la vessie, en passant obliquement derrière l’uretère. Là il s’aplatit, se rapproche de celui du côté opposé , et il marche presque horizontalement le long du bord interne des vésicules séminales , en redevenant flexueux comme à son origine : arrivé à la base de la prostate il reçoit le conduit des vésicules, et se continue avec le conduit éjaculateur. Le canal déférent augmente successivement de volume depuis son origine jusqu’à sa terminaison Sa cavité est fort étroite relativement à ses parois, qui sont blanches, très-épaisses , trèsresistantes, et composées de deux membranes distinctes. La membrane externe' dont 1 épaisseur est quelquefois d’une demi-ligne , paraît comme cartilagineuse. Cependant Lcuvvenhoëck y a décrit des fibres longitudinales, et M. Meckel des fibres circulaires. La membrane interne adhère assez peu à la précédente. Continue avec la membrane muqueuse de l’urètre, elle est lisse dans toute son étendue, excepté à l’endroit de son union avec la membrane correspondante des vésicules séminales , où elle est réticulée.

P1.3io,Sg.i

P1.3io,fig.i

PI. 3o8, fig.

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3° Des vésicules séminales , de la prostate et des glandes de Cowper.

> Les vésicules séminales 011 spermatiques paraissent n’êlre qu’une dilatation du canal defe- ’ rent, plus ou moins repliée sur elle-même. Ce sont deux petits réservoirs membraneux du sperme. Placées au-dessous de la vessie , au-dessus du rectum , derrière la prostate , en dehors des conduits déférens, elles sont irrégulièrement conoïdes , aplaties de haut en bas, bosselées à leur surface , et d’un teinte grisâtre, très-éloignées l’une de 1 autre en arrière, et très-rapprochées en avant, elles circonscrivent au-delà de la prostate un espace triangulaire dans lequel la vessie est en rapport avec le rectum. Leur extrémité postérieure ou leur fond se termine par un cul-de-sac arrondi, assez large; leur extrémité antérieure ou leur col est étroite , allongée , et se continue avec le conduit excréteur de cette vésicule, qui va se joindre au canal déférent , et forme avec lui le canal éjaculateur. L intérieur des vésicules offre plusieurs cellules assez profondes, séparées par des demi-cloisons, qui communiquent toutes ensemble. Ces cellules sont revêtues par une membrane muqueuse fort ténue, réticulée , et qui offre de l’analogie avec la membrane interne de la vésicule biliaire. Au-dessous d’elle on trouve une autre membrane assez dense, blanchâtre, fibro-celluleuse suivant la plupart des anatomistes, mais dont la nature serait musculaire suivant M. Amussat , qui est parvenu à déplisser les vésicules spermatiques , et qui compare la structure de ces organes à celle de la vésicule du fiel.

On connaît sous le nom de conduits éjaculateurs deux canaux formés par la jonction à an<de droit des conduits déférens avec ceux qui terminent les vésicules séminales. Ils sont coniques , longs d’un pouce environ , et marchent obliquement de bas en haut et d’arriere en avant dans l’épaisseur de la prostate, s’accolent l’un à l’autre, et s’ouvrent dans 1 uretre ordinairement par deux petits orifices oblongs, situés sur le sommet du veru montanum. Us portent dans l’urètre le sperme qui sort des vésicules, et celui qui vient directement du testicule par le canal déférent.

Les vésicules séminales reçoivent leurs vaisseaux des artères hypogastriques , et leurs

nerfs du plexus du même nom.

La prostate est un organe folliculeux , situé entre le rectum et la symphyse pubienne, au-devant du col de la vessie, et embrassant l’origine de l’urètre. Sa direction change suivant que le rectum est plein ou vide. Son volume augmente en general avec 1 âge , depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, et dans sa plus grande largeur il a deux lignes de moins chez l’adulte de dix-huit à vingt-cinq ans, que chez 1 homme de quarante ans : il présente d’ailleurs de telles différences, suivant les individus , qu’il est presque impossible d’en déterminer rigoureusement les diamètres, ainsi qu’on avait essaye de le faire. La prostate a la forme d’un cône tronqué, un peu aplati inférieurement, echancre a sa base, laquelle est dirigée en arrière et en haut , et est beaucoup plus large que le sommet qui est dirigé en avant et en bas. Chez quelques sujets elle est quadrilatère, aplatie de haut en bas, et échancrée supérieurement. Sa face supérieure est ordinairement recouverte dans toute son étendue par des fibres musculaires qui viennent du col de la vessie. Sa face inférieure offre un léger aplatissement, et adhère au rectum par du tissu cellulaire serre, dans lequel il ne s’amasse pas de graisse, cl par l’ajponévrose pelvienne. Ses parties

latérales sont en rapport avec les muscles releveurs de l’anus. Sa base répond en haut au col de la vessie, et offre en cet endroit chez quelques sujets un tubercule ou bourrelet transversal, qu’Everard Home considère comme un troisième lobe, et qui fait saillir en haut le col de la vessie d’une manière plus ou moins prononcée. En bas, la base de la prostate est en contact avec les canaux déférens et les vésicules séminales. Son sommet parait ordinairement comme tronqué derrière la portion membraneuse de l’urètre; quelquefois, au contraire , il semble se prolonger sur elle. Sa circonférence présente inférieurement une excavation pour recevoh le rectum , dont la face antérieure est unie intimement à l’enveoppe fibreuse de la prostate par un tissu cellulaire très-dense; et supérieurement ce corps g anduleux est séparé de l’arcade du pubis par les muscles pubio-prostatiques , leurs ligamens , du tissu cellulaire et quelques branches de l’artère honteuse.

La prostate est traversée longitudinalement par l’urètre, qui est presque toujours plus Pt.3o8,fig. voisin de sa face supérieure que de l’inférieure. Cependant cela n’est pas constant, car on a vu 1 uretre traverser cet organe au-dessous de sa partie moyenne , ou même tout-à-fait intérieurement. Dans d’autres cas, au contraire, ainsi que l’a indiqué M. Amussat, la face supérieure de la prostate reçoit seulement l’urètre comme dans une espèce de rigole , la glande n’entourant ce conduit que dans ses trois quarts inférieurs ; le quart supérieur de 1 anneau urétral est alors complété par des fibres musculaires qui paraissent être une continuation de la tunique charnue du col de la vessie , et qui , dans l’état ordinaire , recouvrent la face supérieure de la prostate. Suivant M. Velpeau, ces fibres musculaires formeraient a la prostate une enveloppe complète, mais très-mince à la partie inférieure de organe. La prostate est aussi traversée d’arrière en ayant par les canaux éjaculateurs , esquels sont placés obliquement au-dessous de l’urètre. Elle est unie à ces divers canaux par du tissu cellulaire assez serré.

, La prostate est entourée d’une espèce de capsule fibreuse; cette capsule est formée par aponévrose que j’ai nommée pelvienne , et qu’on a appelée depuis recto -vésicale et aponévrose supérieure du périnée, au moment où elle.abandonne la vessie et le rectum pour aller se fixer aux branches des pubis. Le tissu de la glande est d’un blanc grisâtre, très-dense et parau composé de tissu cellulaire et d’un grand nombre de follicules remplis d’un liquidé visqueux et blanchâtre. De ces follicules naissent dix à quinze conduits excréteurs qui viennent s ouvrir dans 1 urètre sur les côtés du verumontanam . Ils versent dans le canal une humeur visqueuse , destinée à le lubrifier, et à servir de véhicule à la liqueur spermatique pendant 1 éjaculation.

Les glandes de Corvper sont deux petits groupes ovoïdes de follicules mucipares , rou- Pi. 3o8 fi. * gea res , places immédiatement au-devant de la prostate , derrière le bulbe de l’urètre e*t ses vaisseaux , et dont les canaux excréteurs s’ouvrent obliquement dans la portion membraneuse du canal. 1

xisle quelquefois aux environs du bulbe de l’urètre un ou plusieurs autres petits corps semblables , mais leur existence est loin d’être constante.

4° Du pénis et de V urètre.

Le pénis ou la verge, est un organe cylindroïde , allongé , érectile , Texte .

situé au-devant et au- PI. 309, fig.e, 64 8

P1.3o(), fig.6

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dessous de la symphyse des pubis et qui sert à l’excrétion de 1 urine et du sperme. Dans l’état ordinaire la verge est molle , pendante au-devant des bourses ; pendant 1 érection elle s’allonge, se redresse, et prend une forme triangulaire. Dans les deux cas , au reste, elle ôffre beaucoup de différences individuelles. Sa face supérieure a reçu le nom de dos de la verge; sa face inférieure présente une saillie longitudinale formée par 1 urètre ; les deux côtés de la verge sont arrondis; son extrémité postérieure ou sa racine est attachée au bassin; son extrémité antérieure est libre , et présente le gland, le prépuce et

l’orifice de l’urètre. (

Le pénis est formé par le corps caverneux , siège principal de l'érection , par 1 uretre, canal excréteur commun de l’urine et du sperme, et par le gland qui termine ce canal. Il est en outre recouvert par un prolongement des tégumens , et soutenu par un ligament.

La peau du pénis se continue avec celle du pubis et du scrotum; elle est très-mince, et unie au corps caverneux et à l’urètre par un tissu cellulaire lamelleux très-làehe, qui lui permet de glisser sur ces parties, et qui communique immédiatement avec celui du scrotum. Ce tissu cellulaire ne contient jamais de graisse, mais il s’infiltre avec une grande facilité. Vers l’extrémité antérieure de l’organe, la peau se réfléchit sur elle-meme, de devant en arrière , jusque derrière la base du gland , en devenant plus rouge , plus mince encore, plus humide, plus sensible, et elle forme le prépuce, lequel est composé d’une lame extérieure continue avec la peau, et d’une lame interne qui est d’apparence muqueuse et se continue avec celle qui recouvre le gland. Ces deux lames sont tres-faiblemenl unies entre elles par une couche très-mince du tissu cellulaire sous-culane. Le sommet du prépuce s’étend plus ou moins au-devant du gland, et présente une ouverture tresvariable dans ses dimensions; sa base est fixée à une ligne ou deux derrière le gland , excepté k la partie inférieure, où il est uni à l’extrémité inférieure de l’urètre par un repli triangulaire qui y adhère solidement, et auquel on donne le nom de/m» du pénis.

La peau du pénis contient un assez grand nombre de follicules sébacés , surtout a la partie inférieure de l’organe , où ils sont entourés de poils diriges d arriéré en avant. Au-dessous du feuillet interne du prépuce, on trouve deux ou trois rangées de ces follicules qui fournissent une humeur onctueuse, épaisse, laquelle s’amasse en grande abondance dans certains cas de phimosis.

Le ligament suspenseur du pénis est un faisceau de forme triangulaire , aplati transvers le ment, qui s’étend de la partie antérieure et inférieure de la symphyse pubienne au corps caverneux de la racine du pénis. Il est ordinairement fibro-celluleux , mais on y

aperçoit quelquefois des fibres musculaires. . , ,

Les corps caverneux qui constituent toute la partie supérieure et les parties latérales du pénis, sont formés par un tissu très -compliqué de vaisseaux principalement veineux , entremêlés dans tous les sens, communiquant entre eux par de larges anastomoses, et entre lesquels se trouvent un grand nombre de filets nerveux et des prolongerons d une membrane fibreuse qui sert d’enveloppe aux corps caverneux eux-memes. Ces organes prennent naissance en arrière par deux racines, l’une droite , l autre gauche longues d’un pouce et demi à peu près, et fixées à la lèvre interne des branches ascendantes des ischions. Réunis au-devant de la symphyse pubienne, dans une enveloppe fibreuse com

imine, les corps caverneux sont partagés incomplètement en deux moitiés latérales par P1.3o9,fig. 7. une cloison perpendiculaire. Cette cloison est un prolongement de la membrane fibreuse externe; elle est étendue dans toute la hauteur des corps caverneux , et formée par des fibres qui produisent une cloison complète en arrière , et vont en s’amincissant et en diminuant en avant , où elles laissent entre elles des vides plus ou moins considérables.

Ainsi réunis , les corps caverneux ont : une face supérieure qui reçoit postérieurement l’insertion du ligament suspenseur , et présente un sillon superficiel occupé par les vaisseaux dorsaux du pénis ; une face inférieure creusée d’un sillon plus profond et qui loge 1 urètre ; des faces latérales arrondies ; une extrémité antérieure représentant un cône tronqué et embrassé obliquement par le gland; et une extrémité postérieure divisée en deux racines.

Les artères des corps caverneux viennent de la honteuse interne. Les principales sont les artères centrales , mais ils reçoivent des artères dorsales beaucoup de ramuscules qui percent la gaine. Les veines suivent le même trajet que les artères. Leurs nerfs proviennent des nerfs qui environnent les artères dorsales , avec lesquelles ils traversent la gaine fibreuse pour s’enfoncer dans le tissu caverneux.

V urètre ou le canal excréteur de l’urine et du sperme chez l’homme, s’étend depuis le P1.3o8, fig.4. col de la vessie jusqu'à l’extrémité de la verge , en passant au-dessus de l’extrémité inférieure du rectum , au-dessous de la symphyse des pubis, et à la face inférieure des corps caverneux jusqu’au gland. L’urètre cle l’homme a de sept pouces et demi à onze pouces de longueur. Dans letat de flaccidité de la verge , et surtout quand le rectum est distendu, ce canal offre deux courbures en S, l’une concave en haut , qui correspond à la symphyse pubienne, et l’autre concave en bas , placée au-devant de cette articulation. Pendant E érection , ou quand on relève le pénis contre l’abdomen , cette dernière courbure disparait ; et M. Amussat a fait voir qu’on efface aussi presque complètement la courbure souspubienne lorsque , le rectum étant vide, on tire sur le pénis , de manière à l’incliner sur la face antérieure des pubis sous un angle d’environ quarante degrés. L’urètre n’a que trois portions bien distinctes, la portion prostatique, la portion membraneuse ou musculeuse, et la portion spongieuse.

La portion prostatique est longue de neuf à quinze lignes. Elle a la forme d’un cône, dont la base, tournée en arrière, a, suivant Scarpa, cinq lignes de diamètre chez un adulte de trente à quarante ans, et le sommet, dirigé en devant, trois lignes seulement.

Elle est oblique d’arrière en avant et de bas en haut ou de haut en bas , suivant que le rectum est vide ou plein. On a vu plus haut comment la prostate se comporte à l’égard de l’urètre. A l’intérieur, ce canal présente sur sa paroi inférieure, et d’arrière en avant, une saillie transversale plus ou moins prononcée suivant les sujets , laquelle établit quelquefois une ligne de démarcation entre l’urètre et la vessie , et dépend soit du bourrelet transverse de la base de la prostate, soit de l’épaisseur du sphincter de la vessie, assez grande dans cet endroit. C’est à cette saillie que M. Amussat donne le nom de valvule py torique de l’urètre. Au-devant d’elle on aperçoit une petite éminence fongueuse, qu’on appelle crête urétrale ou verumontanum. La crête urétrale , placée longitudinalement sur la ligne médiane , divise la paroi inférieure de l’urètre en deux portions égales. Elle se termine environ à dix lignes en avant du col de la vessie , et forme en ce point une sorte de tuber*

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cule sur les côtés duquel viennent s’ouvrir les canaux éjaculateurs. Quelquefois ce tubercule est retiré sur lui-même , et présente une excavation. Ses parties latérales sont criblées par les orifices des conduits excréteurs de la prostate , lesquels représentent un Y dont la pointe est dirigée en avant. De chaque côté du verumontanum ori remarque un enfoncement plus ou moins considérable, suivant le volume du tubercule qui vient d’être décrit. La crête urétrale paraît n’être qu’un soulèvement de la membrane muqueuse , formé par les canaux éjaculateurs au moment où, se dégageant de la prostate, ils rampent entre cet organe et la tunique interne de l’urètre. On a vu naître de sa partie postérieure deux petits replis latéraux , concaves en avant , et qui avaient l’apparence de valvules. Dans les endroits où elle est percée par les conduits excréteurs de la prostate , la membrane muqueuse adhère fortement à cette glande; c’est aussi à la partie inférieure du canal que les parois de cette portion de l’urètre sont plus minces; leur épaisseur est plus grande dans la partie supérieure , où l’on distingue quelques fibres musculaires longitudinales et transversales quand la prostate n’entoure pas entièrement le conduit.

La portion membraneuse fait suite à la portion prostatique. En haut , elle est longue de huit à dix lignes, parce qu’elle se prolonge jusqu’à la portion spongieuse, et elle est placée directement sous le ligament triangulaire de la symphyse pubienne et sous la réunion des corps caverneux, dont elle est séparée , et auxquels elle adhère par du tissu cellulaire que traversent les artères et les veines dorsales de la verge. En bas, la portion membraneuse il’a «u ère plus de quatre lignes , parce que le sommet de la prostate et le bulbe de l’urètre semblent aller au-devant l’un de l’autre. Elle est en rapport, en arrière, avec la paroi antérieure du rectum, et en devant avec les glandes de Cowper et du tissu cellulaire d’apparence fibreuse qui la sépare du ligament périnéal ou aponévrose moyenne du périnée , et du muscle transverse.

La portion membraneuse est enveloppée par un prolongement de la gaine fibreuse de la prostate. Plus immédiatement, elle est embrassee par deux petits faisceaux musculaires décrits par Wilson , lesquels s’attachent par un court tendon un peu au-dessus du bord inférieur de la symphyse des pubis, et aux piliers de l’aponévrose pelvienne. Quand ces muscles se contractent , ils rapprochent de l’arcade pubienne cette portion de 1 urètre. Enfin chez les sujets jeunes et vigoureux on trouve, entre les muscles de Wilson et la membrane muqueuse , une couche plus ou moins épaisse de fibres longitudinales et circulaires, de nature musculaire, et qui paraissent n’être que la continuation des fibres musculaires du col de la vessie , après qu’elles ont enveloppé la portion prostatique de 1 urètre. Quelquefois cette couche charnue est comme transformée en tissu jaunâtre. La portion membraneuse est cylindrique , légèrement renflée à son milieu , et plus rétrécie à son extrémité antérieure. Sa direction varie, comme celle de la portion prostatique, suivant que le rectum est vide ou rempli de matières.

La portion spongieuse est logée dans la rainure qu’on observe à la face inférieure des corps caverneux ; elle est moins longue en haut qu’en bas. Dans ce dernier sens , en effet, le tissu dont elle est entourée , et qui lui donne son nom , se prolonge en arrière sous forme d’un renflement pyriforme appelé bulbe de l’urètre. Le bulbe est séparé de 1 extrémité inférieure du rectum par un intervalle qui varie de huit lignes à un pouce , et il est uni à cet organe par du tissu cellulaire serré et par le muscle sphincter de l’anus. 11 est

situe au-dessus du muscle bulbo caverneux et de la peau, en sorte que chez les personnes maigres on le sent facilement à l’extérieur. La portion de l’urètre qui correspond au ulbe est décrite par quelques anatomistes sous le nom de portion bulbeuse : nous l’avons comprise dans la portion membraneuse , parce qu’elle n’en est pas distincte, surtout supérieurement. Le tissu spongieux de l’urètre décroît insensiblement de volume depuis le bulbe jusqu’au gland , qu’il forme par son épanouissement. Sa couche supérieure, ou celle qui correspond au corps caverneux , est peu épaisse; l’inférieure n’est séparée de la peau que par le tissu cellulaire sous-cutané. Le tissu spongieux de l’urètre a la même organisation que les corps caverneux. La membrane fibreuse qui l’enveloppe est en contact en dedans avec la membrane muqueuse du canal urélral , et en dehors elle est unie à la goût uère des corps caverneux au moyen de filamens albuginés et par quelques vaisseaux.

C est sur le bulbe que se réunissent les deux feuillets dont elle se compose; et M. Araussat a trouvé qu’en promenant le doigt d’avant en arrière sur la paroi inférieure de l’urètre, on senta travers la membrane muqueuse une bride demi-circulaire qui, suivant lui serait formée par la réunion de ces feuillets autour du tissu spongieux du bulbe. Quelques anatomistes , et Bell entre autres , pensent , au contraire, que cette bride, au-dessous et au niveau de laquelle se pratiquent quelquefois des fausses routes dans le cathétérisme , est formée par l’aponévrose périnéale.

Le diamètre de l’urètre dans sa portion spongieuse , diminue presque insensiblement d arriéré en avant jusque derrière le méat urinaire : dans cet endroit, le canal offre une dilatation plus ou moins marquée suivant les individus, mais toujours plus prononcée sur a paroi inferieure. On donne le nom àe fosse naviculaire à cette dilatation, dont • Araussat n admet pas l’existence , et qui serait , selon cet anatomiste , une fausse apparence due a ce que le tissu du gland est moins mou et la muqueuse plus adhérente dans cet endroit. Enfin 1 orifice extérieur de l’urètre est ordinairement fort étroit

La membrane muqueuse de l’urètre est habituellement blanchâtre, et légèrement rosée près du méat urinaire. Elle présente , en haut et en bas , sur la ligne médfane , une ligTe blanche plus ou moins distincte, que des anatomistes modernes regardent comme les sutures formées par la reunion des deux moitiés dont se compose l’urètre aux premiers temps de la vie mtra-u terme. On y aperçoit aussi des plis, dont les uns sont longitudinaux et bien marques ; les autres sont moins prononcés , et ont une direction transversale , ou meme une forme semi-lunaire , dont la concavité est tournée en avant. De plus la paroi inferieure de 1 urètre est parsemée, surtout au niveau de la portion membraneuse, de lacunes muqueuses , dont les orifices sont dirigés en devant, et que l’on a désignées sous le nom de lacunes de Morgagni. b

Les artères de l’urètre sont nombreuses, et viennent de la honteuse interne ; les branches es p us grosses pénétrent dans le bulbe. Les veines suivent le trajet des artères. Ses vaisseaux ymphatiques se rendent dans les plexus inguinaux et hypogastriques. Ses nerfs viennent des nerfs honteux et petit sciatique.

Le gland forme l’extrémité du pénis, et a la forme d’un cône légèrement aplati. Son Pi 3o8 fi, 5 sommet, couvert par le prepuce ou libre suivant les individus, est percé par l’orifice de uretre. Sa base embrasse l’extrémité du corps caverneux, et lui est unie par des vaisseaux ; elle est circonscrite par un rebord saillant qu’on appelle la couronne du gland. Au-

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dessous de l’urètre , la couronne du gland est interrompue par un petit sillon qui s étend jusqu’à l’orifice de ce conduit, et qui est rempli par le frein de la verge. Le gland est revêtu par une membrane muqueuse assez mince , garnie de follicules sébacés vers la couronne , et couverte d’un épiderme très-fin. Son tissu intérieur est spongieux , érectile comme celui de la portion spongieuse de l’urètre , dont il n est que la continuation et l’épanouissement; seulement il paraît plus ferme et plus dense.

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