‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 1 sur 181 · LA STRUCTURE DU CORPS HUMAIN · texte numérisé non relu

LA STRUCTURE DU CORPS HUMAIN

L'anatomie humaine a pour objet la connaissance exacte de tous les organes qui constituent le corps de l'homme. Dans l'étude de cette science, on doit sans cesse suivre la méthode analytique , séparer, diviser, isoler les parties par la dissection , afin d'apprendre à les mieux connaître , et de pouvoir ensuite embrasser d'un coup d'œil leur ensemble et les liens qui les enchaînent pour en former l'homme.

Dans le corps humain , on doit considérer les liquides, les solides et les phénomènes de la vie, qui ont entre eux les rapports les plus intimes. Les liquides, pendant la vie , deviennent continuellement solides, et les solides, à leur tour, redeviennent liquides. Les uns et les autres ne se produisent que dans les corps vivans , et la vie ne peut se trouver que dans des êtres formés à la fois de ces mêmes élémens organiques.

Les LIQUIDES ou les humeurs forment la plus grande partie du corps , les dix-huit vingtièmes environ : ils sont de trois genres; 1° le sang; 2" les liquides qui sont versés dans le sang et s'y mêlent pour le réparer; 3° ceux qui en émanent, et dont les usages sont très-différens suivant leur nature.

1° Le sang est le centre de tous les autres liquides , de ceux qui le renouvellent , et de ceux dont il fournit à tout instant les matériaux. C'est un liquide rouge , odorant , d'une saveiu^ salée , glutineux au toucher, d'une pesanteur un peu supérieure à celle de l'eau ; dont la quantité a été très-diversement déterminée (de dix livres à cent), et qui, récemment tiré d'un homme vivant , présente les phénomènes suivans : il répand une vapeur animale , et après s'être refroidi de quelques degrés , il se prend en une masse qu'on appelle caillot ou coagulum. Celui-ci se rétrécit successivement , et se trouve bientôt entouré d'un liquide séreux ,

f^' MANUEL

jaunâtre, qui eu son par une sorte d'exsudation , et qu'on nomme le sérum. Si on lave le coagulum , on enlève avec l'eau le criior ou matière colorante rouge , et le résidu est une masse hbrineuse. Le sérum est formé en grande partie d'eau, d'albumine, de quelques sels, et d'une petite quantité de mucus. Le crfior est composé de globules microscopiques, entourés d'une substance colorante de nature animale. Le sérum contient aussi des globules , mais plus petits que ceux du cruor. La fibrine enfin , qui dans l'état de fluidité du sang était fluide clie-méme, consiste en un amas de fdamens réunis entre eux comme un feutre. Il paraît, eu outre , que le sang contient une petite quantité de la matière caractéristique de la substance nerveuse que M. Chevreul nomme cérébrine : comme tous les autres liquides animaux , il reuferu^e des sels de diverses espèces.

2° Les substances liquides qui entretiennent le sang et le réparent entrent surtout par les voies de la digestion. Les alimens se transforment dans l'estomac en chijme , substance homogène , pultacée , grisâtre , albumineuse , dans laquelle on trouve déjà quelques globules analogues à ceux du sang , moins la couleur. En parcourant l'intestin grêle , le chyme se change en partie en chyle, ou liquide blanc opaque, inodore, douceâtre au goût, qui se coagule après son extraction , et dont le coagulum , d'une couleur rosée , se contracte et à la longue est entouré d'un fluide assez analogue au sérum du sang. Ses globules sont nombreux, et ne diffèrent guère de ceux du sang que par leur couleur blanche , ou par une teinte rosée pale. Le coagulum du chyle paraît intermédiaire entre la fibrine et l'albumine. Il y a aussi dans le chyle une matière grasse. Ce liquide acquiert successivement les propriétés du sang dans les glandes du mésentère , et surtout en traversant les poumons , où il prend la couleur rouge, en même temps que le sang veineux recouvre la sienne.

3° Le sang, comme une source abondante, fournit continuellement, au moyen des nombreux canaux qui le transportent dans toutes les parties, les matériaux des liquides sécrétés. Ceux-ci sont tantôt rejetés comme excrémens, telles sont l'urine, la sueur, etc. ; tantôt ils remplissent quelque usage après leur formation, tels sont le lait, la salive, les larmes , la bile , le sperme , etc. Le sang donne aussi les matériaux de nutrition et d'accroissement à tous les organes

On peut encore ranger à côté des liquides les substances gazeuses que l'on trouve dans la cavité de certaines parties , comme les poumons , les intestins , etc.

Les SOLIDES , quelque nombreux et variés qu'ils paraissent , peuvent être ramenés à un certain nombre ào. tissus , qui sont eux-mêmes susceptibles d'être réduits par l'analyse mécanique eu des globules microscopiques réunis en séries sous forme de filamens fort ténus , que l'on appelle fibres. Ces fibres et ces globules forment la base , l'élément organique de tous nos tissus : on peut les rapporter à certains types primitifs , dont les principaux sont : 1° la fibre albuginéc. Elle est blanche , quelquefois nacrée et resplendissante , linéaire , tenace , élastique , peu extensible ; essentiellement formée de gélatine et d'albumine , elle entre dans la composition des tissus cellulaire, fibreux , etc. 2" V.Ts.fi.bre musculaire, motrice ou charnue. Elle est linéaire, aplatie, molle, tomenteuse , élastique, blanche ou rouge,' selon les organes et les animaux. Elle est , pendant la vie , douée de la faculté de se contracter. On trouve dans sa composition une grande quantité de fibrine , un peu d'albumine et de gélatine. 3" La substance nerveuse. C'est une pulpe blanche ou grisâtre , molle , sans élasticité , qui affecte des formes différentes pour constituer le système nerveux. Elle est composée

spécialement de deux matières grasses, riine blanche, l'autre rougeàtre , d'osma/ome , d'albumine, de phosphore, de soufre et de quelques sels. 4° La subslancc glandiilciise. Elle est granulée, varie en couleur, en consistance, et en composition chimique, suivant les glandes daris la structure desquelles elle entre.

Les solides forment tantôt des cordons , des canaux ou vaisseaux ; tantôt des espèces de toiles organisées qu'on nomme des membranes , et dont la texture et la disposition sont aussi variables que les usages.

Voici les principaux lissus ou systèmes qui , par leur réunion , composent les organes ; nous ne ferons qu'indiquer ceux sur lesquels nous aurons occasion de revenir par la suite.

1" Système cellulaire ou lamineux : c'est le tissu le plus généralement répandu dans l'économie. Il est interposé entre toutes les autres parties , et leur sert à la fois de moyen d'union et de séparation ; c'est par son intermède qu'un grand nombre de nos organes sont susceptibles de changer continuellement de forme , de rapports , de dimensions , et de se mouvoir avec facilité les uns sur les autres. 11 représente un tout continu , espèce de trame qui pénètre partout : de sorte que si l'on supposait, par la pensée, toutes les autres parties enlevées , le corps n'en conserverait pas moins sa forme. Sa continuité établit une communication entre les régions les plus éloignées du corps ; il compose à lui seul un trèsgrand nombre d'organes , et entre , comme élément essentiel , dans la formation de tous les autres. 11 offre , suivant les diiférens individus et les diverses parties du corps , d'assez grandes variétés dans sa consistance et sa texture. La substance dont il est formé est extensible , tenace , rétractile; elle prend aisément , quand on la distend , l'apparence de fdamens et de lames fort minces et diaphanes ; quand on l'insuffle , celle de vésicules ou de cellules transparentes , qui communiquent toutes les unes avec les autres. Il sert de moule à toutes les autres parties , dont les plus petites portions intégrantes sont plongées dans son épaisseur ; il est pour elles une sorte d'atmosphère qui les entoure et les pénètre. Il est , pendant la vie , continuellement arrosé ou imbibé d'une vapeur séreuse , laquelle est versée dans ses aréoles , par les artérioles qui le parcourent , et reprise par les vaisseaux absorbans qui en naissent. Examiné au microscope , le tissu cellulaire paraît composé de globules arrondis , réunis , d'après les recherches de MM. Edwards , en séries irrégulières qui forment tantôt des lignes droites et tantôt des lignes tortueuses ou recourbées , et disposées par couches ; le même auteur s'est assuré que tous les globules d'une lame de tissu cellulaire sont semblables entre eux et que leur diamètre réel est de de millimètre. La composition chimique du tissu cellulaire le rapproche du sérum du sang : il est formé spécialement d'albumine et de gélatine.

2° Système adipeux. Il consiste en des vésicules membraneuses réunies en groupes plus ou moins volumineux , logées le plus souvent dans les aréoles du tissu cellulaire , et renfermant , dans leur cavité , un fluide huileux , jaunâtre , d'une odeur et d'une saveur particulières , qu'on nomme la graisse. Les vésicules adipeuses sont en général arrondies , globuleuses , souvent soutenues par un pédicule vasculaire. Elles présentent , dans leur intériéur, des fdamens très ténus qui les parcourent comme des cloisons incomplètes , et sont munies de vaisseaux sanguins capillaires. Le tissu adipeux forme sous la peau une couche unie qui comble les inégalités des autres parties, et donne aux formes de la femme et de l'enfant leurs contours arrondis et gracieux. Sa quantité moyenne fait environ la vingtième partie du poids total du corps. Dans la jeunesse il abonde principalement sous la peau ;

dans les âges suivans il abandonne successivement cette place, et se concentre dans les cavités du tronc ; dans la vieillesse , ordinairement sa quantité diminue , et les individus maigrissent. La moelle , qui remplit les cavités des os , est de la même nature que la graisse des autres parties. La graisse qui distend les vésicules adipeuses est demi-fluide , à la température ordinaire du corps ; cependant sa consistance varie un peu dans les diverses régions.

3° Système -vAsctiLAiRE. Il est formé par les vaisseaux ou les canaux dans lesquels sont contenues et circulent les humeurs. De ces vaisseaux , les uns renferment le sang , ce sont les artères et les veines ; les autres contiennent la lymphe et le chyle , ce sont les vaisseaux lymphatiques ou chylifèrcs. Le système vasculaire se compose des trois systèmes secondaires suivans :

l'I, I. lis. 4. Système artériel. Les artères, au nombre de deux dans l'homme, tiennent par leurs

troncs aux ventricules du cœur, et se ramifient, l'une [aorte) dans toutes les parties du corps; l'autre [artère pulmonaire) dans les poumons seulement. Chacune d'elles a la forme d'un arbre , dont le tronc donne naissance à des troncs secondaires , ceux-ci à des branches , ces dernières à des rameaux , les rameaux à des ramuscules de plus en plus ténus. Chaque division des artères est sensiblement cylindrique. Les parois de ces vaisseaux sont formées par une membrane interne , mince , polie , fragile ; par une membrane moyenne , épaisse , résistante, à fibres circulaires, jaunâtres, élastiques; par une membrane externe, forte, serrée , à fibres feutrées , d'une nature analogue à celle du tissu ligamenteux. Les artères sont garnies chacune, à leur origine, de trois valvules qui permettent au sang de passer du cœur dans leur cavité , et qui s'opposent à la marche rétrograde de ce liquide ; à leur autre extrémité , elles deviennent d'une ténuité capillaire , et communiquent plus ou moins manifestement, suivant les parties , avec les veines. Il parait aussi qu'elles ont des extrémités

Pl. i.fig.6. àe?, porosités exhalantes. Elles conduisent, par une sorte de mouvement centrifuge, le sang du cœur dans toutes les parties.

B. Système veineux. Les vei^us naissent , par une foule de racines capillaires , dans tous les organes du corps et dans les poumons. Elles aboutissent aux oreillettes du cœur ; celles

Pl. I. fig.5, 7. viennent de toutes les parties [veines cavcs)^^T deux troncs, et celles des poumons ( veines pulmonaires) par quatre. Les veines sont divisées et subdivisées à peu près comme les artères ; leur intérieur est garni d'un grand nombre de valvules , disposées en général par paires , véritables soupapes qui permettent au sang de passer des rameaux dans les troncs , et empêchent son retour en sens contraire. Les parois des veines sont beaucoup plus minces , plus molles que celles des artères , et formées de deux membranes. Les veines sont plus larges et plus nombreuses que les artères. Elles ramènent vers le cœur le sang de toutes les parties , et pour cela ce liquide circule dans leur cavité, des ramuscules vers les rameaux, de ceux-ci vers les troncs , en éprouvant un véritable mouvement centripète.

C. Système lymphatique. Les vaisseaux lymphatiques ou absorbans, généralement répandus n i.ii^. 8 jjjj-^g corps, ont des parois très-minces, demi - transparentes ; ils sont tous garnis, en

en dedans , de valvules semblables à celles des veines et ayant les mêmes usages. Aussi , considérés à l'extérieur, ils présentent des étranglemens de distance en distance , au niveau des valvules. De ces vaisseaux , les uns contiennent un liquide limpide qu'on nomme la lymphe; les autres sont remplis, à certaines époques , par le chyle qu'ils pompent à la face interne des intestins. Les vaisseaux lymphatiques se réunissent en plusieurs troncs , qui

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. 9 s'ouvrent eux-nicmes dans les veines , pour y vci^er le liquide qu'ils contiennent , et le mêler avec le sang. Mais avant de se rendre dans les veines , ils traversent tous , en se divisant, des organes qu'on appelle ganglions lymphatiques. Ceux-ci sont de petits corps mous , rougeàtres , variables pour la forme et le volume , d'une texture encore peu connue. Après s'(kre ramifiés dans leur épaisseur, les vaisseaux lymphatic[ues en sortent pour se décharger dans leurs troncs principaux.

4° Système nerveux. Il est formé par une substance molle , pulpeuse , composée de globules blancs ou grisâtres , et disposés de diverses manières. Cette matière , tantôt est arrangée en masses plus ou moins volumineuses , d'une forme déterminée , comme on l'oliserve pour le cerveau, le cervelet, la moelle épinière; tantôt elle est enfermée dans des canaux fibreux très-fins, fasciculés, pour former les nerfs ou cordons mous , blanchâtres, qui se divisent Pl. i. lis- n. en un grand nombre de branches , et vont porter le sentiment et le mouvement dans toutes les parties. Ces nerfs , dans certains endroits , s'unissent pour donner lieu à des réseaux auxquels on a dominé le nom de plexus nerveux. D'autres fois la substance nerveuse est réunie par du tissu cellulaire en petites masses grisâtres , denses , auxquelles viennent se rendre , et d'où émanent une grande quantité de filets nerveux. Ces petites masses ont été appelées PI i. fig \i. des ganglions nerveux, La substance nerveuse est, dans quelques parties, épanouie sous la forme de membrane molle , diffluente , comme on le voit pour la rétine , etc.

Les différens organes formés par la substance nerveuse forment deux systèmes principaux , distincts ; l'un qui parait appartenir plus spécialement aux sens et atix mouvemens , et l'autre aux fonctions des organes de la vie nutritive.

5° Système séreux. Les membranes séreuses qui le constituent sont des espèces de sacs sans ouverture , placés partout où doivent avoir lieu de grands mouvemens. Elles semblent n'être qu'une forme particulière du tissu cellulaire. On les trouve sous la peau , là où cette membrane recouvre des os très-mobiles, comme au-devant du genou, au coude, etc. , autour ou à côté des tendons et des aponévroses des muscles qui produisent de grands mouvemens ; entre les extrémités articulaires des os mobiles ; enfin dans toutes les cavités du tronc. Partout elles ont l'apparence de sacs sans ouverture , tenant , d'une part , à la partie mobile , et de l'autre à celles contre lesquelles elle se meut. Elles se replient sur elles-mêmes pour fournir des gaines plus ou moins complètes aux vaisseaux , nerfs et autres parties qui les traversent , de sorte que les organes ne sont point contenus dans leur cavité , bien qu'ils le paraissent au premier coup d'œil. Leur surface intérieure est lisse , polie et libre. Elles sont formées i^'- i- fig 9 de tissu cellulaire condensé , et parcourues par un grand nombre de petits vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles sont garnies de prolongemens frangés, lesquels versent dans leur intérieur un liquide albumineux , limpide ou onctueux , filant , qui facilite le glissement des parties contiguës , et conséquemment celui des organes auxquels elles sont fixées. Ce liquide est versé sans cesse par les extrémités exhalantes des artères , et repris par les vaisseaux absorbans. Les membranes séreuses représentent ainsi de grands réservoirs intermédiaires aux vaisseaux exhalans et absorbans , dans lesquels les liquides séreux , en sortant des uns , séjournent pendant quelque temps avant de passer dans les autres.

6° Système muqueux. Les membranes muqueuses dont il se compose ont été ainsi nommées , à raison du liquide visqueux qui en lubréfie habituellement la surface libre. Elles tapissent les conduits, les cavités, les organes creux, qui communiquent à l'extérieur, par les Texte, 2

ouvertures naturelles dont la peau est percée , et se continuent , avec les tégumens , sur le pourtour de ces mêmes ouvertures. Elles présentent par conséquent une face externe ou adhérente, et une surface libre qui est interne. On peut rapporter ces membranes à deux grandes divisions ; l'une , nommée gastro-pulmonaire , se déploie dans l'intérieur des organes de la digestion et de la respiration; l'autre, appelée gcnilo-iirinairc , tapisse l'intérieur des organes de la génération et de l'excrétion de l'urine. Ces membranes sont, en général , partout en rapport avec des substances étrangères au corps ; elles représentent une sorte de peau interne , et ont avec le tissu cutané des rapports frappans d'organisation , de fonctions et de propriétés vitales. Elles sont composées d'un chorion ou trame fibreuse qui en forme la partie principale, de papilles, et, aux environs des ouvertures extérieures, d'un épiderme qui les protège. Ce dernier est remplacé , dans les organes profondément situés , par un mucus abondant. Elles reçoivent beaucoup de vaisseaux sanguins et lymphatiques , de nerfs , et sont parsemées , dans presque toutes leurs parties , d'une grande quantité de petites

Pl. 1 . fig. 10. glandes arrondies, grisâtres, qu'on nomme follicules muqueux. Ceux-ci renferment, dans leur centre , une cavité qui s'ouvre par un orifice étroit à la surface libre de la membrane , pour y verser l'humeur transparente , visqueuse , tenace , qu'on a désignée sous le nom de mucus.

7° Système ligamenteux. Il est composé de fibres albuginées, peu extensibles , qui forment par leur réunion des cordons , des bandes , ou des espèces de toiles blanches , luisantes satinées. Le tissu ligamenteux , remarquable surtout par sa force de cohésion , de résistance à la rupture, ne paraît différer du tissu cellulaire que par son degré plus considérable

Pl. 1. fi". 3. condensation ; il est, comme lui, gélatineux et albumineux. Il forme : 1° les ligamens qui attachent les os les uns aux autres ; 2° les tendons ou les cordes fibreuses qui transmettent

PI. 1. I. aux os, auxquels ils s'attachent , les mouvemens des muscles, dont ils reçoivent les fibres charnues par l'une de leurs extrémités ; S*» les aponévroses ou membranes qui entourent les muscles servent de points d'attache à leurs fibres, et ne sont souvent elles-mêmes que des expansions des tendons ; 4° beaucoup d'autres membranes , qui enveloppent divers organes, entrent dans leur Composition, comme la dure-mère, le périoste, la sclérotique , etc. Le tissu ligamenteux est composé presque uniquement par de la gélatine.

8° Système élastique. Les fibres dont il est formé se distinguent de celles du tissu précédent , par un peu moins de force de résistance, beaucoup plus d'élasticité, et une

Pl. 2. fig. 7. couleur jaunâtre particulière. Sous le rapport chimique, elles en diffèrent encore, en ce qu'elles sont de nature albumineuse et fibrineuse. On trouve ce tissu employé par la nature en antagonisme avec l'action de la pesanteur et de la contraction musculaire. Dans les grands quadrupèdes , il constitue un ligament élastique qui soutient la tête sans l'emploi de l'action musculaire. Les artères ont dans leur épaisseur une membrane élastique composée de ce tissu , laquelle comprime le sang que la contraction du cœur a poussé dans ces vaisseaux, et continue ainsi la circulation. On trouve également le tissu élastique dans plusieurs autres vaisseaux; dans certains ligamens de la colonne vertébrale, dans les conduits aérifères du poumon, etc.

9° Système cartilagineux. Les cartilages sont des parties d'un blanc laiteux , opalin. Ils sont flexibles , compressibles, très-élastiques, résistans , moins durs cependant et moins pesans que les os. On ne voit que difficilement la disposition de leurs fibres, parce qu'elles sont tellement serrées, qu'au premier aspect elles semblent former un tout homogène.

comme serait du blanc d'œuf coagulé. Le tissu cellulaire ne parait entrer cju'cn très-petite quantité dans leur organisation. Dans l'état ordinaire , leurs vaisseaux ne contiennent que des liquides blancs : on n'a pas pu y démontrer la présence des vaisseaux lymphatiques ni des nerfs. Ils sont composés d'albumine, d'eau, et de phosphate de chaux. Les uns forment le parenchyme des os , avant l'entier développement de l'ossification , et ont été appelés cartilages temporaires ou d' ossification ; d'autres recouvrent les extrémités pi. i. fig. 5^ articulaires des os , et ont été nommés cartilages cT incrustation ; ceux qui servent de ^ > 8. prolongement à quelques os , comme aux côtes , ont reçu le nom de cartilages de prolongement , etc. Ces organes remplissent des fonctions très-importantes dans l'économie , à raison de leur consistance et de leur élasticité parfaite.

10° Système fibuo-caktilagiineux. Il est formé par les fibro-cartilages. On nomme ainsi des organes qui tiennent le milieu, pour leur texture, entre le tissu fibreux et le tissu pj 2 i;^ g cartilagineux. A. Béclard les a distingués, en fibro-cartilages temporaires on d'ossification , tels sont ceux qui chez le fœtus doivent former la rotule, et les autres os sésamoïdes ; 2° en fibro-cartilages d' incrustation ; ils existent partout où il y a un frottement considérable d'un os ou d'un tendon contre le périoste , comme on le voit pour les coulisses qui livrent passage aux tendons; 3° en fibro-cartilages interarticulaires , qu'on trouve entre les surfaces articulaires des os.

11° Système osseux. Les os sont les organes les plus solides et les plus durs du corps qu'ils soutiennent , et dont ils déterminent les principales formes et divisions. 5 ^ g

12° Système musculaire. Il est formé par muscles : organes de volume. et de figure p] très-variables , ordinairement de couleur rouge , susceptibles de se raccourcir ou de se contracter pour produire les mouvemens, et formant ce qu'on appelle vulgairement la chair dans les animaux. Les muscles communiquent le mouvement en s'insérant aux os ou à d'autres parties , le plus souvent par le moyen de cordes ou de membranes fibreuses ; tantôt ils se contractent sous l'influence de la volonté; tantôt leur raccourcissement se fait d'une manière indépendante de cet acte de l'entendement.

13° Système érectile ou caverneux. C'est un tissu d'une nature particulière , spongieux, composé de petits filamens qui se croisent , s'unissent , se séparent dans toutes les directions,interceptent entre eux une foule d'aréoles, lesquelles communiquent les unes avec les autres , et sont ordinairement remplies et comme imbibées de sang. Le tissu caverneux parait pj essentiellement vasculaire et nerveux. Il se gonfle , se distend , rougit , entre en érection sous le stimulus des divers agens , et produit ainsi des mouvemens par la dilatation active dont il devient le siège. Il se trouve dans la verge, le clitoris, le mamelon, etc.

14° Système glanduletix. Il est constitué parles glandes : organes très-différens pour la pj figure et la grandeur, ayant en général une texture mollasse , globuleuse , granulée ; dans lesquels on rencontre une grande quantité de vaisseaux , de nerfs , et un tissu particulier. On ignore quelle est la nature intime du tissu glanduleux; il paraît différer pour chaque glande. Les uns ont pensé, avec Malpighi , qu'il résultait d'une agglomération de petites masses solides , qu'ils ont nommées grains glanduleux , dans lesquelles se terminaient les vaisseaux sanguins, les nerfs , et d'où provenaient les conduits excréteurs ; d'autres ont avancé , avec Ruysch , que le tissu des glandes était entièrement vasculaire ; enfin quelques autres ont imaginé que les grains glanduleux de Malpighi n'étaient que des espèces

d'utricules ou de follicules , dans lesquels les liquides s'arrêtaient , pour y prendre , par leur séjour, des caractères particuliers. Il sort du parenchyme des glandes une foule de petits conduits , qui se réunissent en troncs plus ou moins volumineux , pour donner naissance à un ou plusieurs conduits excréteurs, chargés de porter au dehors le liquide sécrété. Les glandes en effet , telles que le foie , le pancréas , les reins , les mamelles , les testicules , etc. , sont destinées à tirer du sang que leur apportent les artères les molécules nécessaires à la formation de nombreux liquides , comme la bile , le suc pancréatique , l'urine, le lait, le sperme , etc. , lesquels sont élaborés dans leur tissu sous l'influence des forces de la vie. Plusieurs de ces glandes ont sur le trajet de leurs conduits excréteurs des réservoirs particuliers , dans lesquels les liquides sécrétés s'amassent , et subissent diverses modifications avant d'être définitivement évacués.

15° Système corné. Il comprend des parties dans l'intérieur desquelles on ne peut démontrer la présence de vaisseaux ni de nerfs ; qui sont insensibles , susceptibles de se reproduire , quand elles ont été détruites ou se sont détachées spontanément , et qui paraissent résulter de la concrétion d'une matière sécrétée par les organes sur lesquels on les rencontre ; ce système comprend Xépiderme , les ongles , les poils ; et dans les animaux les cornes, \e?> écailles , les plumes, etc.

Les tissus forment seuls , ou différemment combinés les uns avec les autres , tous les organes du corps. Ceux-ci , liés les uns aux autres pour remplir les fonctions de la vie , dont ils ne sont que les instrumens matériels, se réunissent en divers groupes, plus ou moins compliqués , auxquels on a donné le nom d'appareils. Les appareils ont été divisés selon les fonctions qu'ils sont appelés à remplir. Or, en suivant dans l'étude de l'anatomie cet ordre physiologique , le seul qu'on doive adopter, on voit que les appareils peuvent être rapportés à trois classes principales , selon 1° qu'ils ont pour but de mettre l'homme en rapport avec les corps extérieurs; 2° qu'ils concourent à la nutrition, à l'entretien et l'accroissement de l'individu; 3° qu'ils sont destinés à la propagation de l'espèce, à la génération.

C'est en nous conformant à cet ordre , et ]X)ur ne pas trop nous éloigner de l'ancienne méthode, suivie encore par un assez grand nombre d'anatomistes , que nous diviserons notre ouvrage en sept grandes parties, savoir : 1° de l'ostéologie ou des os, et de leurs moyens d'union ; 2° de la myologie ou des muscles , et de leurs dépendances ; 3° des organes des sens; 4° de la névrologie ou des nerfs: 5° de l'angiologie ou des vaisseaux; 6° delà splanchnologie ou des viscères; 7° de l'embryologie ou du fœtus , et de ses dépendances.

Pour étudier les organes , et déterminer leur position générale et leurs rapports respectifs , on suppose l'homme debout , dans une situation parfaitement verticale , les bras pendans sur les côtés du tronc , et la paume des mains dirigée en avant. On tire une ligne fictive qui , passant par le sommet de la tète , tombe verticalement entre les deux pieds , et fait de toutes parts , avec le sol , un angle droit : c'est ce qu'on nomme la ligne centrale du corps. On se sert de cette ligne pour assigner les noms de région aux organes; et suivant qu'ils regardent dans tel ou tel sens , relativement à cet axe du corps, ils sont antérieurs ou postérieurs , internes ou externes, supérieurs ou inférieurs, moyens ou latéraux, etc.

Page 1