‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 2 sur 181 · DES OS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES OS EN GÉNÉRAL

Les os forment les parties les plus solides et les plus résistantes du corps , dont ils constituent la charpente. Ils sont peu flexibles , et se brisent facilement en éclats. Leur couleur est rougeâtre quand ils sont frais , et parfaitement blanche quand ils ont été préparés par la macération. A l'extérieur, ils sont revêtus par une membrane fdjreuse , nommée le périoste. Ils contiennent , dans leurs cavités et leur tissu , un fluide gras , appelé moelle.

Le péihoste est une membrane fibreuse , fort dense , demi-transparente , qui enveloppe immédiatement les os dans la plus grande partie de leur étendue. Il n'existe pas au niveau lie leurs surfaces articulaires , et se continue manifestement avec les organes fibreux qui s'y insèrent. Il renferme une très-grande quantité de vaisseaux sanguins , lesquels se rendent dans la substance osseuse, qu'ils nourrissent. Une membrane fibreuse, semblable au périoste, se remarque aussi sur certains cartilages : elle a reçu le nom de périchondre.

La MOELLE appartient au système adipeux : c'est une substance grasse , jaunâtre , assez solide , granulée , formée de petites vésicules. Elle remplit le canal central, des os longs. Dans les extrémités de ces os et dans les os courts, elle est rougeâtre , beaucoup plus fluide, et a été nommée suc médullaire ou huileux. La moelle est renfermée dans une membrane spéciale , celluleuse et vasculaire , qui tapisse le canal médullaire des os longs , et envoie des expansions très-fines dans les cellules du tissu spongieux , où elle existe manifestement. L'artère centrale des os longs se divise eif deux branches principales , dont l'une remonte , et l'autre descend sur les parois du canal médullaire, pour répandre leurs nombreuses ^'li-amifications dans sa membrane. Celle-ci représente une sorte de périoste interne, et nourrit les lames les plus profondes de l'os , en même temps qu'elle sécrète la moelle.

Les os sont nourris par le sang que leur portent les artères , et dont le résidu est repris par les veines qui les accompagnent. On n'y a pas encore trouvé de vaisseaux lymphatiques, ils reçoivent des filets nerveux du grand sympathique. Ils sont formés essentiellement de deux substances : l'une est un parenchvme gélatineux organisé ; l'autre est un sel calcaire, qui remplit les aréoles du parenchyme précédent , et lui donne de la solidité.

On a la preuve de l'existence de ces deux élémens principaux dans la composition des os, 1° en les mettant tremper pendant quelque temps dans de l'acide hydroclilorique (muriatique) étendu d'eau ; cet acide enlève le sel calcaire , et laisse à nu un parenchyme gélatineux , mou , flexible , absolument semblable à l'os pour la forme ; 2° en faisant bouillir des os dans le digesteur de Papin , on a un résultat inverse; on dissout leur parenchyme, qui reste en dissolution dans le bouillon , et l'on obtient leur squelette ou leur substance calcaire , qui est devenue très-friable en perdant la gélatine. Si par le feu on calcine des os , on en détruit la partie gélatineuse , et il ne reste également que les sels terreux.

La gélatine et la graisse font environ la moitié du poids des os ; l'autre moitié est formée par des substances inorganiques , lesquelles sont , d'après les analyses les plus récentes , le phosphate de chaux, qui en compose la plus grande partie; le carbonate de chaux, le phosphate de magnésie , le phosphate d'ammoniaque ; des oxides de fer et de manganèse , unis probablement à l'acide phosphorique; quelques traces d'alumine, de silice et de soude.

Le tissu osseux est composé de fibres très-solides , identiques dans tous les os , disposées de différentes manières , dans leurs diverses régions ; tantôt elles ont l'apparence de lames plus ou moins denses , qui entourent les os , et tapissent les ouvertures qu'ils présentent : ce sont ces lames qu'on nomme le tissu compacte ; tantôt elles sont disposées en fdaments , en lamelles nombreuses , très-minces , aréolaires , qui se portent dans mille directions , et laissent entre elles des cellules , de grandeur et de forme variables , qui communiquent toutes les unes avec les autres. Cet arrangement des fibres osseuses a reçu le nom de tissu Pi. Cis,. 5,6. spongieux , cclluleux , ou réticulaire. On observe spécialement le tissu spongieux à l'intérieur des os , et le tissu compacte à l'extérieur.

Sous le rapport de leur foume , on a divisé les os en longs , en plats , en courts , suivant que la longueur ou la largeur prédominent dans leurs dimensions , ou qu'elles sont égales à l'épaisseur.

Les os longs se rencontrent dans les membres. Ils sont d'autant plus volumineux et moins nombreux , qu'on les étudie plus près du tronc. Leurs extrémités sont dilatées , comme renflées. Leur partie moyenne , ou leur corps est rétréci , en général arrondi ou triangulaire, et souvent tordu sur lui-même : il est creusé d'une cavité centrale qui renferme la moelle , et qu'on nomme le canal médullaire. Ce canal donne plus de légèreté et de force h l'os , sans PI 2 fi ' 5 G augmenter la quantité de la substance qui le compose : il est d'autant plus étendu qu'on est plus âgé. Le corps des os longs est formé d'une lame de tissu compacte , fort épaisse au milieu , et devenant de plus en plus mince vers les extrémités , pour envelopper le tissu spongieux abondant qu'on y rencontre.

Les os plats ou larges forment ordinairement , par leur réunion , les parois de certaines cavités, comme le crâne, le bassin. Ils présentent deux lames de tissu compacte, à fibres Pl. 2. fig. 4. souvent rayonnées, renfermant entre elles une quantité variable de tissu spongieux : ce Pl. ,">. fig. i,'2. dernier a reçu , aux os du crâne , le nom de diploé.

Les os courts sont ordinairement fort irréguliers , peu volumineux , et rassemblés eu grand nombre dans les régions qu'ils occupent. Ils sont composés , à l'extérieur, d'une lame mince de tissu compacte , et , à l'intérieur, de tissu spongieux.

Considérés à leur sukface , les os présentent une foule d'éminences et de cavités, auxquelles on a donné des noms différens.

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. 15 Les émincnccs ont été nommées apophyses. Lorsqu'elles sont séparées de la partie principale Je l'os par mie couche de cartilage, et que leur ossification n'est point achevée, on les pi. fig. (5. appelle épiphijscs.

Les apophyses ont été divisées en celles qui servent aux articulations , et en celles cjui n'y servent pas.

1° Les apophyses arliculaires ont été nommées làes , lorsqu'elles sont sphéroïdales ; condyles , lorsqu'elles sont plus larges dans un sens que dans un autre; et la partie rétrécie cjui les soutient ordinairement a été nommée le col. Quand elles servent aux articulations immobiles , on les a appelées dcnlcl lires , racives , etc.

2° Les apophyses non arliculaires sont , pour la plupart , destinées à l'insertion d'organes fd^reux , de ligamens , de tendons , d'aponévroses ; à la réflexion de quelques tendons , etc. Elles ont été distinguées :

A. D'après leur forme générale, en — //^c* ; éminences inégales, peu saillantes , étendues en longueur: — crêtes; saillies semblables aux lignes, mais seulement lisses et plus marquées: — bosses ; apophyses arrondies , larges et lisses : — protubérances et tuhcrosités ; éminences arrondies et rugueuses.

B. D'après les corps auxquels on les a comparées : en apophyses épineuse, slyloïde, coracoïde , odontoïcle , mastoïde , etc. , suivant qu'elles ressemblent à une épine , à un stylet , au bec d'un corbeau , à une dent, à un mamelon.

C. D'après leurs usages : trochanters , ou éminences qui servent à la rotation ; apophyses orbitaires , qui appartiennent à l'orbite, etc. "

D. D'après leur direction et leur situation : de là apophyses Iransverscs , montantes , verticales, supérieures , etc.

Les cavités que présentent les os ont été , comme leurs apophyses , divisées en arliculaires et en non arliculaires.

Les cavités articulaires ont été appelées cotyloïdes , quand elles sont hémisphériques et profondes ; glénoïdes , lors(]u'elles sont larges et peu concaves ; facettes , si elles sont presque planes; alvéoles , quand elles sont profondes et coniques.

Les cavités non articulaires ont été diversement dénommées , d'après leur forme , leurs usages , etc. ; savoir : — fosses ou fossettes : cavités dont l'entrée est plus large que le fond ;

— sinus : cavités dont l'entrée est plus étroite que le fond; — empreintes : cavités larges , peu profondes , rugueuses ; • — rainures : cavités étroites, profondes , étendues en longueur;

— sillons : cavités étroites et longues qui logent des artères ; — gouttières : cavités allongées qui reçoivent ordinairement des veines ; — échancrures : excavations pratiquées sur les bords tles os ; — trous : cavités qui traversent de part en part un os peu épais ; — canaux : cavités qui parcourent dans les os un trajet étendu.

Les os présentent à leur surface des ouvertures nombreuses , par lesquelles passent les vaisseaux qui les nourrissent. Les os longs ont sur leur corps un canal nourricier principal , et à leurs extrémités une multitude d'autres trous secondaires. Le tissu , compacte lui-même , est criblé de pores qui donnent passage à des vaisseaux forts déliés. Les os larges et courts offrent seulement ces deux dernières espèces de cavités de nutrition.

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