DU CERVEAU
Il forme la portion la plus considérable et la plus élevée de l'encéphale , et occupe toute Pl. i49,fig. la partie supérieure de la cavité du crâne. Il s'étend des fosses coronales aux fosses occi- pi^ jj,^ pitales supérieures, et appuie d'avant en arrière sur les voûtes orbitaires, sur les fosses moyennes de la base du crâne et sur le repli fibreux de la dure-mère , qu'on nomme la tente du cervelet. Ovoïde, comprimé sur les côtés et aplati en dessous, il présente sa petite extrémité en avant.
On distingue au cerveau une face supérieure et vme face inférieure.
La face supérieure est convexe , arrondie, et en rapport avec les os de la voûte du crâne, pi. i5i,(lg. sur lesquels elle semble moulée. Elle est divisée sur la ligne moyenne par une scissure pi^'j53 profonde, occupée par la grande faux de la dure-mère : cette scissure partage le cerveau en avant et en arrière dans toute sa hauteur ; au milieu elle est limitée par une lame blanche, c|u'on nomme le corps calleux ou le mésolobc.
Le cerveau est partagé par la scissure précédente en deux moitiés, que l'on nomme Pl. ]5f,/ij^, hémisphères ou lobes cérébraux. Ces hémisphères, l'un à droite, l'autre à gauche, ont ^" chacun la forme d'un quart d'ovoïde. Leur face interne est aplatie , verticale , en rapport avec celle du lobe opposé , et présente profondément entre elle et le corps calleux un enfoncement longitudinal, dans lequel sont placées des artères. Leur face supérieure est externe, convexe et arrondie.
La surface des hémisphères du cerveau est couverte d'un grand nombre d'éminences p] ^j^, arrondies, flexueuses, ondulées, qui se pénètrent mutuellement, et ont été nommées circonvolalions cérébrales. Ces éminences sont séparées par des sillons flexueux , appelés anfracluosilés du cerveau.
Le nombre , le volume , la forme des circonvolutions cérébrales sont fort variables : plus ou moins volumineuses, plus ou moins nombreuses chez les divers individus, rarement se ressemblent-elles du côté droit et du côté gauche. Il en est de même des anfractuosités ; elles ont tantôt beaucoup de longueur, tantôt elles sont très-courtes; leur pro- pj ,5, f,„ fondeur est d'un pouce environ; elles sont longitudinales, transversales ou obliques, droites ou flexueuses , souvent divisées et subdivisées ; elles se prolongent à la face inférieure du cerveau.
l.^ face biférieure ou la base du cerveau est partagée par des enfoncemens, en plusieurs pj. ,52. saillies distinctes , que l'on a nommées les lobes ou lobules du cerveau , et qui occupent la base des hémisphères. Ces lobes sont au nombre de trois de chaque côté. L'un antérieur, de forme triangulaire, un peu déprimé, appuie sur la voûte orbitaire; le second moijcn, pj ,5^ est très-saillant , et remplit les fosses latérales et moyennes de la base du crâne ; le troisième ou postérieur, est un peu déprimé, et repose sur la tente du cervelet.
La base du cerveau offre d'avant en arrière, sur la ligne médiane , une fente qui forme l'extrémité antérieure de sa grande scissure interlobaire , et qui est occupée par la faux cérébrale dans son tiers antérieur seulement. Cette fente est limitée en haut par la partie pi ,53 antérieure du corps calleux, et sépare les deux lobes antérieurs. Ceux-ci offrent une surface plane, triangulaire, rétrécie en avant, plus large en arrière. En dedans de chacun
de ces lobes on voit un sillon profond , rectiligne , longitudinal , dans lequel est reçu le nerf olfactif. En dehors de ce sillon existent des circonvolutions et des anfractuosités moins prononcées que celles de la face supérieure de l'organe.
Entre les lobes antérieur et moyen , existe la scissure de Sylvius , grand enfoncement transversal , qui se prolonge obliquement en haut et en arrière sur la face externe de l'hémisphère , où il se confond dans les anfractuosités de cette région. La scissure de Sylvius répond au bord postérieur des ailes du sphénoïde; elle se continue en dedans à angle droit avec une autre scissure qui se prolonge longiludinalement en arrière. Cette dernière est bornée en dehors par le lobe moyen , et en dedans par le nerf optique et le pédoncule antérieur de la protubérance cérébrale; elle se continue en arrière avec une autre fente dont il sera bientôt fait mention. Vers le point de réunion des deux scissures précédentes, on observe une surface blanchâtre , percée d'ouvertures assez considérables qui donnent passage à des vaisseaux. Entre les deux scissures de Sylvius on trouve la commissure des 7ierjs optiques. De la face supérieure de cette dernière s'élève une membrane grisâtre, demi-transparente, assez résistante , qui se porte à l'extrémité antérieure du corps calleux, et ferme en avant le troisième ventricule du cerveau.
Derrière la commissure des nerfs optiques on observe une couche grisâtre [luber cinereum) qui adhère a ces nerfs , et se prolonge en arrière jusqu'aux éminences mamillaires. Elle concourt à former le troisième ventricule, et renferme à son centre un petit noyau de substance blanche.
Le tuber cinereum donne naissance , par sa partie moyenne , à un prolongement conique, mince, grisâtre, qu'on nomme la tige piluitaire. Cette lige est pleine, et se termine inférieurement à un petit corps mollasse , logé dans la fosse sus-sphénoïdale , et qu'on appelle la glande pituitaire. La glande piluitaire est arrondie et allongée transversalement; elle est composée de deux portions adossées et distinctes , bien que très-adhérentes l'une à l'autre. La première de ces deux portions est antérieure et plus volumineuse que la seconde; elle est réniforme , convexe en avant, échangrée en ari'ièrc , d'une couleur jaune cendrée : la seconde partie de la glande pituitaire est molle, pulpeuse, plus claire que la précédente, et comme imbibée d'un liquide blanchâtre , visqueux.
Les tubercules mamillaires ou pisiformcs sont situés derrière le tuber cinereum; ils ont le volume et la forme d'un petit pois : blancs en dehors , grisâtres à l'intérieur, ils sont unis par une petite bandelette de substance grise très -molle, qui fait partie du plancher du ti'oisième ventricule.
Derrière les tubercules mamillaires, entre les pédoncules antérieurs delà protubérance cérébrale, se trouve une lame de substance blanche, de forme triangulaire, qui fait partie du troisième ventricule.
En dehors des pédoncules antérieurs de la protubérance cérébrale , on voit de chaque côté le lobe moyen du cerveau séparé du postérieur par un sillon superficiel, oblique d'avant en arrière, et qui répond au bord supérieur du rocher. Ces lobes moyens et les postérieurs sont couverts de circonvolutions et d'anfractuosités bien moins prononcées qu'à la face supérieure du cerveau. Les aniractuosilés surtout sont beaucoup moins profondes.
On observe, entre les lobes postérieur et moyen d'un côté et ceux de l'autre, la grosse
cminence quadrilatère, qu'on nomme protubérance cérébrale. Derrière celle protubérance, Pl. iS;. on volt l'extrémité poslérieui'e du corps calleux, unissant la partie coi'respondante des hémisphères du cerveau.
Entre cette extrémité du corps calleux et la face supérieure de la protubérance, existe Pl. i52, une fente large , transversale , par laquelle l'arachnoïde et la pie-mère pénètrent dans le troisième ventricule. Cette fente se continue de chaque côté avec une autre fente demicirculaire , située entre les corps frangés et les couches optiques , et qui communique avec les ventricules latéraux. Biehat donne le nom de grande fenle cérébrale à la réunion de ces trois fentes, qui établissent une communication entre l'extérieur du cerveau et ses cavités intérieures.
Tout-à-fait en arrière , on rencontre sur la ligne médiane de la face inférieure du cer- Pl. iSa. veau , l'extrémité postérieure de la scissure interîobairc , qui reçoit l'extrémité correspondante de la grande faux cérébrale.