‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 157 sur 181 · DU COEUR, ET DE SES ENVELOPPES · texte numérisé non relu

DU COEUR, ET DE SES ENVELOPPES

1"* Du péricarde.

Pl. 2o5, 207. Le péricarde est une membrane fibro-séreuse qui enveloppe le cœur et l'origine des gros vaisseaux qu'on rencontre à sa base. Il est exactement moulé sur ces organes. Placé à la partie moyenne et gauche du thorax , il concourt à diviser cette cavité en deux parties, et sépare véritablement les deux médiastins l'un de l'autre. Sa face antérieure est en rapport avec le médiastin antérieur; sa face postérieure , fort étroite, regarde le médiastin postérieur. Supérieurement, il est en contact avec le thymus, et semble se continuer sur les vaisseaux de la base du cœur ; inférieurement, il est intimement uni avec le centre phrénique du diaphragme. Dans tout le reste de son étendue , il est recouvert par les deux plèvres, en rapport immédiat avec le nerf phrénique, et médiat avec la face interne des poumons, et les quatrième , cinquième et sixième côtes gauches.

Pl. 20". Le péricarde est composé de deux lames , l'une externe et fibreuse ; l'autre interne et

séreuse, La lame externe ne diffère de la dure-mère que par une moindre épaisseur , et semble naître de l'aponévrose du diaphragme par des fibres blanchâtres qui remontent parallèlement à l'axe du péricarde. Elle se prolonge supérieurement sur la veine cave supérieure , l'aorte , les divisions de l'artère pulmonaire , les quatre veines pulmonaires , et se confond avec la membrane extérieure de ces vaisseaux. Sa face externe a les rapports que nous avons assignés au péricarde en général. Sa face interne est recouverte par

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le feuillet séreux , excepté aux points où elle se continue avec les tuniques des vaisseaux.

La lame interne du péricarde est de nature séreuse. Appliquée immédiatement sur PI. 207, ai!» l'aponévrose plirénique , elle remonte sur la face interne de la lame fibreuse , et se réfléchit sur l'aorte , la veine cave supérieure, l'artère pulmonaire , le ligament artériel , les oreillettes, les ventricules du cœur , les veines pulmonaires et la veine cave inférieure. Elle pénètre dans tous les intervalles que les vaisseaux laissent entre eux, et dans tous les sillons de la surface extérieure du cœur. Au niveau des ventricules sa ténuité est extrême.

Comme toutes les membranes séreuses, le feuillet interne du péricarde représente uu sac sans ouverture, dont la face interne , libre d'adhérence dans l'état sain , est polie et sans cesse humectée par une sérosité ordinairement citrinc.

Les artères du péricarde sont fort petites. Elles viennent des thymiques, des phréniques , des bronchiques, des œsophagiennes, des coronaires du cœur, des mammaires internes et de l'aorte. Les veines du péricarde accompagnent les artères précédentes, auxquelles elles correspondent. Les vaisseaux lymphatiques aboutissent aux ganglions qui entourent la veine cave supérieure et l'aorte. On ne connaît point de filets nerveux dans le péricarde.

2" Du cœur.

Le cœur, organe central de la circulation , est essentiellement musculeux. 11 est co- pi. 3,5. noïde , placé obliquement dans la cavité thoracique de haut en bas, d'arrière en avant et de droite à gauche. Il est contenu dans le péricarde, et a par conséquent les mêmes rapports que ceux que nous avons assignés à cette enveloppe.

La face antérieure du cœur est légèrement concave à droite , et regarde en haut. Elle est pi. 2,5. parcourue de haut en bas et de gauche à droite, par une rainure située un peu à gauche ï^^-^^O-f'Sde la ligne moyenne verticale du cœur , et qui loge les vaisseaux cardiaques antérieurs , au milieu d'une assez grande quantité de graisse.

'L^J'd.cc poslériearc du cœur est plane, presque horizontale , et repose sur le centre pj. 206, (î!?. phréniquo du diaphragme. Elle offre une rainure verticale, semblable à la précédente, qui Pbaog.fig. reçoit les vaisseaux coronaires postérieurs, mais qui est placée à droite de la ligne movenne verticale de cette face.

Le bord droit du cœur est dirigé en bas : il est aigu , et appuie sur le diaphragme. Le bord gauche est arrondi , et regarde en haut et en arrière.

La base du cœur, située en haut, en arrière et à droite, répond médialemcîit aux parties pj contenues dans le médiastin postérieur, et tient au péricarde par le moyen des gros vaisseaux artériels et veineux qui en naissent , et lui forment un large pédicule. Elle offre un sillon oblique qui répond aux orifices auriculo-ventrieuiaires droit et gauche. Son sommet se dirige en bas, en avant et à gauche. Reçu dans une échancrure du poumon gauche, il répond à l'intervalle des cartilages des cinquième et sixième côtes. Il est ordinairement entouré de tissu adipeux , et présente un enfoncement qui n'est autre chose que le point de réunion des deux sillons verticaux que nous avons indiqués sur les foces antérieure et postérieure de l'organe.

Texte. 49

Pl.aoSjlig. I, On trouve dans l'intérieur du cœur quatre cavités, deux nommées oreilleltes , et deux autres appelées ventricules \ les deux premières placées à la base, elles deux dernières occupant tout l'espace compris depuis le sillon transverse de la base jusqu'à la pointe de l'organe. Des deux oreillettes, l'une est située a la partie droite, antérieure et inférieure du cœur, et repose sur le diaphragme; l'autre occupe la partie gauche, postérieure et supérieure de celle même base. On nomme la première oreillette droite, et la seconde

P]^ao9,iis.2, oreillette gauche. Toutes les deux sont garnies d'un appendice : l'appendice droit naît de la partie gauche et antérieure de l'oreillette du même côté; l'appendice gauche de la partie interne et supérieure de l'oreillette gauche. Les oreillettes sont en contact immédiat par leur face interne; par l'inférieure, chacune d'elles répond à son ventricule. La face postérieure de l'oreillelle droite, la face gauche et la face postérieure de l'oreillette gauche sont en rapport avec les grosses veines du cœur.

Considérées à l'intérieur, les oreilleltes présentent à examiner chacune quatre parois; une antérieure , une postérieure , une droite et une gauche.

P).2()8,iig. I, Sur la paroi antéricmx de l'une et de l'autre oreillette, on trouve de bas en haut l'orifice auriculo-ventriculaire ou ouverture de communication de l'oreillette avec le ventricule corresp(mdanl ; et un peu plus haut, la petite cavité de l'appendice, où l'on voit une multitude de colonnes charnues entrecroisées , et plus nombreuses dans l'appendice droit que dans le gauche.

Pl . 208,11;;. 1, La paroi postérieure des deux oreillettes est percée par des orifices de veines. Sur celle de l'oreillette gauche s'ouvrent les veines pulmonaires droites ; sur celle de l'oreillette droite, les veines caves. L'orifice de la veine cave supérieure est dirigé de haut en bas et d'arrière en avant. Il est bordé par un bourrelet plus épais postérieurement qu'antérieurement. L'orifice de la veine cave inférieure, plus" large que le précédent, est placé un peu audessous et en arrière de lui. Ces deux orifices se continuent par leur contour , et c'est dans cette portion commune qu'on aperçoit le tubercule de Lower. L'orifice de la veine cave inférieure est dirigé en haut et en dedans. 11 est garni d'un repli membraneux appelé

PJ.aovSjfig.î, valvule d Euslachi , dont la forme est semi-lunaire, et qui est presque vertical. La face antérieure de celte valvule répond à la cavité de l'oreillelle; sa face postérieure , à celle de la veine cave inférieure. Son bord libre plus ou moins concave , et toujours fort mince , regarde en haut et en arrière. Son extrémité droite lient au pourtour de la veine cave inférieure; son extrémité gauche se confond avec le pilier antérieur de la fosse ovale. Audessous de la valvule d'Euslachi, el immédiatement au-dessus de l'orifice auriculo-ventriculaire , on trouve l'ouverture commune des veines coronaires , garnie également d'une petite valvule en croissant , qui se dirige verticalement en bas.

La paroi externe de l'oreillette droite ne présente rien de remarquable, si ce n'est un grand nombre de faisceaux musculeux, saillans, qui circonscrivent des espaces irréguliers. Celle de l'oreillelle gauche reçoit les veines pulmonaires gauches.

P) yo3,fig. 1, La paroi interne des oreilleltes est formée par une cloison qui les sépare l'une de l'autre. 3. Celte cloison est constituée par deux espèces de valvules semi-lunaires, verlicales, ados-

sées l'une à l'autre , et dont la droite , concave en arrière , est convexe en avant , et se perd dans ce sens dans le tissu de l'oreillette. Des deux piliers de cette valvule, le supérieur n'offre rien de remarquable; l'inférieur se continue avec la valvule d'Euslachi.

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. 387 L'espace circonscrit par le bord concave de la valvule droite est enfoncé, et se nomme PI ^-oS,!!;;. la fosse ovale', cet enfoncement, ainsi limité en avant, ne paraît avoir aucune borne en arrière. Le fond de la fosse ovale est formé par la face droite de la valvule gauche. Celle-ci, convexe en arrière , et continue dans ce sens avec l'oreillette , est concave en avant , et cette concavité circonscrit un enfoncement formé par la face gauche de la valvule droite : cet enfoncement est moins déprimé que la fosse ovale, parce que le bord de la valvule a moins d'épaisseur. Ces deux valvules , appHquées l'une contre l'autre dans une portion de leur étendue , adhèrent faiblement entre elles ; on pénètre assez facilement de l'oreillette droite dans la gauche , et réciproquement, en introduisant entre elles un manche de scalpel , d'arrière en avant dans le premier cas , et d'avant en arrière dans le second.

On voit à la surface interne de l'oreillette droite plusieurs petits orifices de veinules cardiaques.

Des ihxix ventricules du cœur, le droit se trouve à droite des sillons verticaux que nous PI.209, llg. avons indiqués plus haut; le côté gauche de ces sillons répond au ventricule gauche. Le ^' ventricule droit est plus large que le gauche. Quant à la longueur, le gauche l'emporte sur le droit , et il se prolonge davantage sur le sommet de l'organe : tous les deux , au reste, ont une figure pyramidale.

Les ventricules ont chacun une paroi interne formée par la face correspondante de la cloison qui les sépare l'un de l'autre , et une paroi externe. Cette dernière paroi est tout à la fois externe et antérieure pour le ventricule droit, attendu sa position; elle est externe et postérieure pour le ventricule gauche. Toutes les deux présentent une multitude de faisceaux musculeux, connus sous le nom de colonnes charnues , qu'on a distinguées en trois espèces.

Les colonnes charnues de la première espèce, au nombre de deux à neuf, sont plus consi- PI. ao8,fig. dérables que les autres. Elles naissent de différens points des ventricules , se dirigent de y\'>% fir< leur sommet vers leur base, et se terminent chacune par de petits tendons qui s'insèrent aux pointes des valvules auriculo-ventriculaires.

Celles de la seconde espèce, plus nombrcuseri que les précédentes, adhèrent aux ventri- Pl. ao8, (iy. cules par leurs deux extrémités, mais sont libres dans leur partie moyenne. ''

■ Enfin les colonnes charnues de la troisième espèce tiennent aux parois des ventricules dans pi.208 il ', toute leur étendue. Plus nombreuses encore que les précédentes , et moins épaisses , elles s'entrelacent entre elles, et circonscrivent ainsi des enfoncemens de formes et de dimensions très-variables.

La bctse des ventricules du cœur est percée de deux grandes ouvertures, l'une antérieure et l'autre postérieure.

Les deux ouvertures antérieures sont absolument semblables entre elles, et ne diffèrent que de nom. Celle du ventricule droit ou l'orifice venlriculo-pulmonaire conduit à Tarière pulmonaue; celle du ventricule gauche appartient à l'aorte, et peut être appelée ventriculo-aorliquc.

Les deux ouvertures postérieures de la base des ventricules font communiquer ces cavités avec les oreillettes, et s>c nommml orifices auriculo-ventriculaires-, elles ne différent pas l'une de l'autre.

Les ouvertures de communication des ventricules avec les orcilleltes sont garnies de

valvules qui permettent le passage du sang de l'une dans l'autre de ces cavités, et s'opposent à son retour. Aux orifices auriculo-ventriculaires on trouve des valvules , dont celle

PJ.2c8, fig.i, du côté droit porte le nom de valvule auriculo- venir iciilaire droite , de triglochine ou tri- ^' ciispide , parce qu'elle est divisée en trois portions. Celle du côté gauche se nomme

valvule auriculo-ventticulaire gauche ou mitrale , parce que son bord libre est partagé eu deux languettes. Ces deux valvules ont une face supérieure concave , tournée vers l'oreillette correspondante; une face inférieure convexe, dirigée vers la cavité du ventricule; deux bords, dont l'un adhère au contour de l'orifice, et l'autre flotte dans la cavité du ventricule, et se trouve retenu par les petits tendons qui viennent des colonnes charnues. Parmi les trois découpures principales de la valvule Iricuspide , l'une est triangulaire , plus considérable que les autres , et tournée en haut et en avant.

P)^c!oS,lîg.3, Les ouvertures ventriculo-pulmonairc et aortique du cœur sont également garnies de

Pl.'ào9,C^j. I . leplis membraneux. Ces valvules, qui portent le nom de l'orifice où elles sont placées , et qu'on appelle a\i?>û siginoïdes , sont au nombre de trois de chaque côté du cœur. Elles ont une forme semi-lunaire lorsqu'elles sont appliquées contre les parois des vaisseaux par le passage du sang du ventricule dans l'artère correspondante; mais après la contraction des ventricules, le sang, qui tend à rétrograder, les abaisse et leur doiine la figure des

Pl. 207. paniers dans lesquels on fait couver les pigeons. Leur bord convexe ou inférieur lient ù l'artère; leur bord libre ou supérieur est horizontal, et présente à la partie moyenne de chacune d'elles un petit tubercule fibro-cartilagineux , auquel on a donné le nom de tubercule lï yJranlius.

Les valvules que nous venons de décrire sont formées par les membranes qui tapissent les cavités du cœur et les vaisseaux qui en émanent. Celles du côté droit diffèrent de celles du côté gauche par les caractères généraux que nous avons indiqués en parlant des membranes internes des systèmes artériel et veineux. Les premières sont très-minces vers leur bord adhérent, et s'épaississent un peu vers leur bord libre; les dernières ont plus d'épaisseur, et contiennent très-fréquemment des points cartilagineux ou osseux.

Les cavités droites du cœur sont plus amples , et ont des parois plus minces que les gauches; la différence de largeur est plus marquée pour les oreillettes, et celle d'épaisseur pour les ventricules. Les parois de ces derniers sont aussi beaucoup plus épaisses que celles des premières, et cette épaisseur va en diminuant de la base vers le sommet de l'organe , où l'on trouve quelquefois en contact la membrane séreuse du péricarde et la membrane interne du ventricule gauche.

Beaucoup d'auteurs, depuis Stenon, avaient cherché , mais en vain, à démêler la disposition des fibres du cœur , lorsque Wolff publia sur ce sujet un Mémoire fort important, accompagné de planches d'une très- grande exactitude. Dans ces derniers temps, P1.203,fîs '. Gerdy a contesté l'exactitude de la plus grande partie des descriptions de Wolff, et a 2, 3; 4» 5,0. (Jécouvert une loi qui les simplifie beaucoup.

Des connexions du cœur et des poumons, ou de l'artère eL des veines pulmonaires.

\! artère pulmonaire, destinée à porter aux poumons le sang veineux qui est revenu de toutes les parties du corps au.x cavités droites du cœur par les deux veines caves , naît

ri. ^.oG, fis. 1, Pl. 7.07.

D'ANÂTOMIE DESCRIPTIVE. 389 tle la partie supérieure gauche du ventricule droit, et se dirige obliquement en haut et à gauche , au-devant de l'aorte , dont elle croise la direction , pour se placer à son côté gauche. Unie à ce vaisseau par du tissu cellulaire graisseux , elle monte ainsi jusqu'au niveau de la seconde vertèbre du dos, où elle se bifurque presque à angle droit. Les deux divisions de l'artère pulmonaire, en s'écartant l'une de l'autre, circonscrivent entre elles et les bronches, qui sont placées au-dessus, une losange plus ou moins régulière. A l'endroit de leur séparation , on voit s'élever une espèce de ligament arrondi qui semble faire suite au tronc lui-même, et va s'attacher à la partie concave de la courbure de l'aorte. Ce cordon fibreux , nommé improprement ligament artériel , n'est autre chose que le canal artériel oblitéré. La division droite du tronc artériel pulmonaire, ou V artère pulmonaire l'I. 207. droite , passe derrière l'aorte et la veine cave, et forme une arcade qui embrasse la bronche droite. Elle est un peu plus volumineuse et plus longue que l'artère pulmonaire gauche. Les artères pulmonaires , arrivées à la face interne des poumons, se divisent en plusieurs Pl. aofi.fig.i, rameaux , lesquels se subdivisent en un grand nombre de ramifications qui accompagnent les divisions des bronches.

Les veines pulmonaires sont destinées à ramener vers le cœur le sang qui a été élaboré ri. ioG.fig. 1, dans les poumons. Elles naissent des extrémités des artères précédentes , et se rassemblent en ramascules , en rameaux et en branches de plus en plus considérables, qui suivent exactement les divisions des bronches. Toutes les branches des veines pulmonaires se réunissent en quatre troncs, deux de chaque côté , qui sortent des poumons par leur scissure et pénètrent dans le péricarde.

La veine pulmonaire droite supérieure sort du poumon correspondant, au-dessous de la bronche , et se porte en bas et en dedans pour s'ouvrir en haut et à droite de l'oreillette gauche du cœur. L'inférieure , venant du lobe inférieur du poumon , remonte obliquement pour se terminer à la partie droite inférieure de la même oreillette.

Les deux veines pulmonaires gauches suivent la même marche que les précédentes , sont un peu plus rapprochées qu'elles , et aboutissent à la partie gauche de l'oreillette.

De l'aorte.

Née de la base du ventricule gauche du cœur , l'aorte se porte aussitôt en haut et à pi. 209 lit;, a. droite, et remonte au-devant du rachis jusqu'à la quatrième ou la troisième vertèbre du dos , en décrivant une courbure dont la convexité est à droite , et la concavité à gauche. Là elle sort du péricarde, puis, se portant à gauche et en arrière, à la hauteur de la seconde vertèbre dorsale, et jusqu'au-dessus de l'artère pulmonaire gauche, elle forme une seconde courbure, qu'on nomme crosse de l'aorte. Parveime sur le côté gauche de la troisième vertèbre du dos , l'aorte descend verticalement dans le médiastin postérieur , s'engage entre les piliers du diaphragme , descend au-devant de la région lombaire de la colonne vertébrale, et se termine au niveau des dernières vertèbres lombaires. Dans ce dernier trajet , sWe ^mlcle nom d'aorte descendante; sa partie supérieure prend le nom à' aorte pectorale, et l'inférieure celui ô.' aorte abdominale.

Dans l'intérieur du péricarde, l'aorte est embrassée immédiatement à gauche et en pl. 2i5. arrière par le tronc de l'artère pulmonaire et sa division droite; à droite, elle est en

rapport avec la veine cave supérieure. Sa courbure est appliquée de haut en bas contre la trachée-artère , et successivement sur la seconde et sur la troisième vertèbres dorsales. Dans le médiastin postérieur, elle est recouverte par l'origine des bronches , par la plèvre gauche, par le péricarde, et se trouve placée sur la partie gauche du rachis, à gauche de î'œsophage , de la veine azygos et du canal thoracicpie. Au-dessous du diaphragme, l'aorte «ppuie contre la partie antérieure de la colonne vertébrale ; à gauche et en avant , elle est recouverte par le péritoine , et répond aux viscères abdominaux ; à droite, elle longe le trajet de la veine cave inférieure.

L'aorte n'est continue au cœur que par sa membrane interne: sa membrane propre nait par trois festons, dont le bord correspond en dedans aux valvules sigmoïdes , et donne attache à quelques fibres charnues du ventricule gauche. Dans l'intervalle angulaire de ces festons , la membrane interne est appliquée sur les fibres charnues du cœur dont on la sépare aisément.

Chez les vieillards, l'aorte présente à sa naissance une l)osselure qu'on attribue au choc du sang, et qu'on a appelée le grand sinus de l'aorte.

A. Des artères que fournit l'aorte à son Origine.

\° Artère cardiaque antérieure. Cette arlère nah de l'aorte immédiatement au-dessus du bord libre d'une valvule sigmoïde, au côté gauche de l'artère pulmonaire. Elle se porte en bas, à gauche et en avant sous l'appendice de l'oreillette gauche , et gagne le sillon de la face antérieure du cœur, qu'elle parcourt en entier. Au niveau de la base des ventricules , l'artère cardiaque antérieure fournit deux branches , l'une droite, qui va se distribuer à l'aorte et à l'artère pulmonaire; l'autre gauche, plus volumineuse , se porte entre l'oreillette et le ventricule gauches , et se termine sur le bord gauche du cœur par plusieurs rameaux , dont un s'anastomose avec l'artère cardiaque postérieure. On voit assez souvent l'artère cardiaque antérieure donner une troisième branche qui pénètre dans la cloison des ventricules. Pendant son trajet dans le sillon antérieur du cœur, l'artère cardiaque distribue à droite , et surtout à gauche, un grand nombre de branches qui se divisent dans les parois des ventricules, et dont l'une, assez considérable, s'anastomose vers le sommet du cœur avec l'artère cardiaque postérieure. Postérieurement, il en naît quelques-unes qui se plongent dans la cloison des ventricules.

2" Artère cardiaque postérieure. Plus volumineuse que la précédente, elle naît de l'aorte au côté droit de l'artère pulmonaire, et au niveau de la base du ventricule droit. Elle se dirige en dehors dans le sillon qui sépare l'oreilleUc droite du ventricule, se contourne sur la base de ce dernier , el , se portant sur la face postérieure du cœrr , elle gagne le sillon correspondant, où elle se divise en deux branches.

Près de son origne, l'artère cardiaque postérieure envoie à l'aorte et à l'oreillette droite des ramuscules très-fins, dont un s'anastomose sur l'artère pulmonaire avec une ramification de l'artère cardiaque antérieure. Dans le reste de son trajet , elle donne aux deux faces de l'oreillette droite des rameaux dont les divisions se répandent sur la cloison des oreillettes et s'étendent sur les veines caves. Enfin on en voit naître d'autres plus ou moins nombreux qui se distribuent aux faces antérieure et postérieure du ventricule droit. Un

(le ces derniers longe le bord droit du cœur , et va s'anastomoser sur le sommet de cet organe, avec l'artère cardiaque antérieure.

Des deux branches qui résultent de la division de l'artère cardiaque postérieure, l'une parcourt le sillon de la face postérieure du cœur , en distribuant à droite et à gauche un grand nombre de rameaux qui se prolongent jusqu'aux bords des ventricules ; elle en envoie aussi quelques-uns à la cloison inter-ventriculaire , qui s'anastomosent avec les rameaux antérieurs fournis par l'artère cardiaque antérieure.

L'autre branche se dirige transversalement entre l'oreillette et le ventricule gauches , et après avoir fourni à ces deux parties quelques petites ramifications , elle descend sur le bord gauche du cœur, et se divise en nombreux rameaux qui communiquent avec ceux de la branche précédente et de l'artère cardiaque antérieure.

B. Des artères qui naissent de la crosse de l'aorte.

Trois artères naissent ordinairement de droite à gauche de la crosse de l'aorte , savoir : Pî. j^g,!!},.. ■}.. l'artère innominée ou brachio-ccphalique , l'artère carotide primitive gauche , et l'artère sous-clavièrc du même côté.

L'artère brachio-céphalique se dirige obliquement en haut et à droite, au-devant de la Pi. ->i5. trachée-artère , et se partage bientôt en deux branches , qui sont la carotide primitive et la sous-clavière du côté droit. Dans son trajet , cette artère est en rapport , en devant , avec la veine sous-clavière gauche, le sternum et les muscles sterno-lhyroïdiens ; et en arrière, avec la trachée-artère et le muscle long du cou du côté droit.

Des artères carotides primitives.

V artère carotide primitive gauche diffère de la droite en ce qu'elle naît immédiatement de PL >.».';, nG, l'aorte, entre l'artère brachio-céphalique et la sous-clavière gauche. Elle monte à gauche de la trachée-artère , recouverte par la veine sous-clavière gauche , le thymus et la clavicule. Arrivée au niveau de la naissance de celle du côté droit, elle se comporte absolument comme celle-ci. Toutes les deux , en effet, se portent en haut, et un peu en dehors, jusqu'au niveau de l'extrémité supérieure du larynx , où elles se partagent en carotides externe et interne. Les artères carotides primitives sont en rapport, en avant, avec les muscles sterno-mastoïdiens , sterno-hyoïdiens, thyro-hyoïdiens , omoplat-hyoïdiens , et un peu avec les peauciers; en arrière , avec les artères thyroïdiennes inférieures , les muscles longs du cou et grands droits antérieurs de la tète , et le rachis ; en dedans , avec la trachéeartère, la glande thyroïde , le pharynx et le larynx; en dehors , avec les veines jugulaires internes, les nerfs vagues et le grand sympathique. Elles sont unies à toutes ces parties par du tissu cellulaire filamenteux contenant beaucoup de ganglions lymphatiques.

Dans leur trajet , ces artères ne fournissent que quelques petites ramifications qui se distribuent dans leurs parois ou aux muscles voisins.

De iaiièir carotide externe.

PI, 2iG, 217. Celte ancre , placée à sa naissance en dedans et au-devant de la carotide interne , monte a\ec elle jusque sous le muscle digastrique, dont elle croise la direction, et se dirige en dehors et en arrière, vers l'angle de la mâchoire inférieure. Devenue superficielle, elle se porte entre cet os et le pavillon de l'oreille , jusque derrière la glande parotide, et là elle se divise en artères temporale et maxillaire interne.

L'artère carotide externe est recouverte en dehors, et de bas en haut, par le muscle peaucier , le nerf grand hypoglosse , les muscles digastrique , stylo-hyoïdien , et la glande parotide. En dedans , elle est en rapport avec l'artère carotide interne , les muscles stylo- ])haryngien, stylo-glosse , et l'apophyse styloïdc de l'os temporal.

Pl. ai G. Six branches naissent de la carotide externe avant sa division, trois en devant: les

artères thyroïdienne supérieure , faciale et linguale ; deux en arrière , les artères occipitale et auriculaire ; et une en dedans, l'artère pharyngienne iyifcrieure.

\° De C artère thyroïdieyine supérieure.

Pl. -i-A'. Née très-près , et quelquefois au niveau de l'origine de la carotide interne , l'artère thy-

roïdienne supérieure se porte en bas et en avant vers le côté du larynx , qu'elle côtoie jusqu'à l'extrémité supérieure de la glande thyroïde , en décrivant plusieurs flexuosités. Elle est recouverte successivement par les muscles peaucier, omoplat-hyoïdien et sternothyroïdien , auxquels elle laisse des ramuscules qui s'étendent dans les parties voisines jusqu'aux tégumens.

Au niveau de la partie supérieure du larynx , l'artère thyroïdienne supérieure fournit le rameau laryngé supérieur. Celui-ci glisse derrière le muscle thyro-hyoïdicn , gagne transversalement la membrane du même nom , et laissant à cette dernière des ramifications qui s'étendent jusqu'aux muscles de l'os hyoïde, ou qui communiquent avec ceux du côté opposé, il la traverse avec le nerf laryngé interne , pour se bifurquer aussitôt. L'une de ses divisions se distribue aux muscles crico-ai-yténoïdien latéral et crico-lhyroïdien ; l'autre embrasse la base du cartilage aryténoïde, et se perd dans le muscle crico-aryténoïdien postérieur. L'une et l'autre s'anastomosent avec celles du rameau opposé, et de cette anastomose partent un grand nombre de ramifications destinées à la membrane muqueuse du larvnx et à l'épiglotte. Un peu plus bas, ou voit naître de l'artère thyroïdienne supérieure le rameau crico thyroïdien qui, en descendant sur le cartilage thyroïde , jette des ramifications dans le muscle thyro-hynïdien , et se porte transversalement sur la membraTie crico-thyroïdienne pour s'anastomoser avec celui du côté opposé. Ce rameau jette des ramuscules dans le muscle crico-lhvroïdien.

En arrivant à la glande thyroïde, l'artère thyroïdienne supérieure se divise en trois branches qui se perdent dans cet organe par un grand nombre de rameaux. L'une de ces branches s'anastomose par arcade avec celle du côté opposé. Les deux autres communiquent avec les rameaux de l'artère thyroïdienne inférieure.

'2^ De l'arlèi'e faciale ou maxillaire externe.

Celte artère naît de la carotide externe un peu au-dessus de la linguale. Elle se dirige Pl. aiG, 217, en avant et en dedans , décrit des flexuosités , et gagne bientôt l'angle de la mâchoire fig. i/'"'' inférieure ; après quoi se recourbant entre la glande sous-maxillaire et la base de cet os , elle remonte sur sa face externe vers la commissure des lèvres , et de là sur les parties latérales du nez , où elle se termine en s'anastomosant avec le rameau nasal de l'artère ophtlialmique. Dans ce trajet, elle est en rapport de bas en haut avec le nerf grand hypoglosse, les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, la glande sous - maxillaire , les muscles triangulaire des lèvres et masséler , dans l'intervalle desquels elle est très' flexueuse , et recouverte par le muscle peaucier. Enfin elle est recouverte supérieurement par le muscle canin et la peau.

L'artère faciale fournit au-dessous delà mâchoire inférieure les artères palatine inférieure, ious-mcntale y et un grand nombre de ramuscules, dont les uns se distribuent aux muscles de la région sus-hyoïdienne et à l'os maxillaire, tandis que les autres se perdent dans la glande sous-maxillaire. Quelques-uns de ces derniers s'étendent jusqu'au muscle ptérygoïdien interne , et dans la membrane muqueuse de la bouche et de la langue.

Artère palatine inférieure. Née très-près de l'origine de la faciale , cette artère, d'un très- Pl. 216. petit volume, monte entre les muscles stylo-pharyngien et stylo- glosse, auxquels elle laisse des ramifications , et s'appliquant contre le pharynx , elle parvient entre les piliers du voile du palais , où elle se divise en ramuscules qui se perdent dans le pharynx , l'amygdale et la trompe d'Eustachi. Plusieurs d'entre eux se rendent au voile du palais , et communiquent avec les ramifications de l'artère palatine supérieure.

Artère sQus-mentale. Elle naît sous la base de la mâchoire. Elle se porte en avant, le long Pl. 216, 217. de l'attache du muscle mylo-hyoïdien , auquel elle donne de nombreux rameaux , et arrivée sur la ligne médiane , elle se bifurque. L'une de ses divisions passe au-devant du muscle digastrique, puis s'anastomose avec celle du côté opposé; l'autre se porte sur le menton, jette des ramifications dans les tégumens, et vient communiquer avec les rameaux terminaux de l'artère dentaire inférieure, qui sortent par le trou mcnlonnier.

Dans son trajet sur la face , on voit naître de l'artère faciale :

1° Des branches externes assez nombreuses, qui se distribuent aux muscles masséter , Pl. 216 , a peaucier , buccinateur , aux tégumens des joues, et jusqu'à la glande parotide. Elles s'anas- 218. ^ir». tomosent avec les artères transversale de la face et buccale.

2° Des branches internes , qui se répandent dans les muscles triangulaire des lèvres et carré du menton, dans les tégumens du menton, et qui vont s'unir aux ramuscules des artères sous-mentale et dentaire inférieure.

i>° \^a. branche labiale inférieure. Celte artère , assez volumineuse, se glisse derrière le pi. t,^ muscle triangulaire, et se porte, en serpentant, dans l'épaisseur du bord libre de la lèvre inférieure jusqu'à la ligne médiane , où elle s'unit à celle du côté opposé. Cette artère fournit de nombreux rameaux aux muscles orbiculaire des lèvres , triangulaire , carré et releveur du menton. On les voit former des anastomoses très-nombreuses avec ceux des artères sous-mentale et dentaire inférieure.

Texte. 50

Pl. 2l8, 21

i" La branche labiale supérieure. Celle-ci , née près de la commissure des lèvres, s'avance, en décrivant des flexuosités, dans l'épaisseur du bord libre de la lèvre supérieure, pour s'anastomoser sur la ligne médiane avec l'artère labiale opposée. Dans son trajet , cette artère donne un grand nombre de rameaux qui forment une espèce de réseau dans les muscles orbiculaire et abaisseur de l'aile du nez , dans la membrane muqueuse et la peau des lèvres. Plusieurs d'entre eux vont à la partie inférieure du nez. PJ. 2i8,, 219. 50 branches dorsales du nez. Elles sont très-variables pour le nombre et la disposition. Dans tous les cas , elles se répandent sur le nez , se distribuent à toutes les parties de cet organe jusque sur la membrane pituitaire, et s'anastomosent sur la ligne moyenne avec celles du côté opposé.

6° Les branches musculaires supérieures. Variables pour le nombre , ces artères se perdent dans les muscles canin , élévateur propre de la lèvre supérieure , élévateur commun, petit zygomatique et orbiculaire des paupières. Les tégumens en reçoivent aussi quelques-unes. Elles s'anastomosent avec les artères ophthalmique et sous-orbitaire.

t° De l'artère linguale.

Pl. ai6, 217. L'artère linguale naît de la carotide externe, entre les deux précédentes, derrière le muscle digaslrique. Elle se porte en haut , en dedans et en avant , en décrivant des flexuosités, et s'engage bientôt entre les muscles hyo-glosse et génio-glosse, puis entre ce dernier et la glande sublinguale pour gagner la base de la langue. Elle devient alors horizontale, prend le nom à'arU're ranine , et s'avance entre les muscles génio-glosse et lingual jusqu'à la pointe de la langue , où elle s'unit h celle du côté opposé.

Elle fournit successivement, d'abord des rameaux aux muscles hyo-glosse, constricteur moyen du pharynx , génio-glosse , thyro-hyoidien et digastrique ; ensuite l'artère dorsale

Pl.aïf,, fig.2. de la langue, qui gagne la base de la langue et l'épiglotte , pour se distribuer spécialement au muscle stylo - glosse, à la face supérieure de la langue , aux amygdales et au voile du palais ; puis elle donne naissance à l'artère sublinguale. Cette dernière , qui provient quelquefois de la sous-mentale, se porte horizontalement en avant au-dessus de la glande sublinguale, entre les muscles mylo-hyoïdien et génio-glosse, et se distribue dans ces diverses parties par un grand nombre de rameaux, dont plusieurs s'anastomosent avec ceux du côté opposé et ceux de l'artère sous-mentale. Enfin , sous le nom d'artère ranine , l'artère linguale donne à droite et à gauche de nombreux rameaux qui se répandent dans les muscles génio-glosse et lingual, et dans le tissu charnu de la langue. Ces rameaux forment une sorte de réseau par leurs anastomoses, soit entre eux , soit avec ceux de l'artère opposée.

40 De l'artère occipitale.

Pl.i85,fig.i. Cette artère nait de la carotide externe au-dessous de la glande parotide et au niveau PJ 216, 217. jg l'artère linguale. Elle se dirige en haut et en arrière le long du muscle digastrique , entre le muscle sterne-mastoïdien qui est en devant, et la veine jugulaire interne et le nerf vague qui sont au-dessous , s'engage bientôt entre l'apophyse mastoïde et l'apophyse

transverse de l'atlas, et se glissant derrière le muscle splénius , elle devient sous-ciitanéc vers le bord interne de ce muscle , pour gagner la face postérieure de la tète , où elle se termine. Dans sa portion profonde , l'artère occipitale donne des rameaux supcricurs et inférieurs. Les premiers se répandent dans les muscles digaslrique , sterno-mastoïdien , stvlo-hvoïdien , et s'anastomosent avec l'artère cervicale profonde. L'un d'eux , assez volumineux et plus constant que les autres , pénètre dans le crâne par le trou mastoïdien , et se distribue à la dure-mère des fosses postérieures et latérales du crâne. Il porte le nom tarière mastoïdienne postérieure. Les rameaux inférieurs se répandent dans les muscles sterno-mastoïdien, splénius et petit complcxus. Ils communiquent avec les artères cervicale profonde et vertébrale.

La portion superficielle de la même artère donne également naissance à des rameaux inférieurs, qui se perdent dans les muscles de la partie postérieure du cou, et à des rameaux supérieurs qui longent eh serpentant la suture lambdoïde , et se distribuent au muscle occipital et aux tégumens , en s'anaslomosant avec ceux du côté opposé, et avec les artères temporale et auriculaire postérieure. Il n'est pas rare de voir l'un d'eux pénétrer dans la dure-mère à travers le trou pariétal.

5° De l'artère auriculaire postérieure.

Née de la carotide externe , dans l'épaisseur même de la parotide, l'artère auriculaire Pl. 21G. postérieure monte en arrière , entre l'apophyse mastoïde et le conduit auriculaire jusqu'au pavillon de l'oreille , où elle se partage en deux branches , l'une qui se perd sur la face interne de cet organe, et l'autre qui se divise sur l'apophyse mastoïde en nombreux rameaux qui se distribuent aux muscles temporal et auriculaire postérieur, à l'aponévrose épicranienne , au tissu cellulaire et à la peau de la face latérale de la tête.

Avant sa bifurcation , l'artère auriculaire postérieure jette des ramifications dans la glande parotide, dans les muscles stylo-hyoïdien et digastrique , et dans les parois du conduit auriculaire. Elle fournit presque loujoiu's aussi Y a^ribre stylo-mastoïdienne. Celle-ci, après avoir envoyé des ramuscules dans le conduit auditif jusque sur la membrane du tympan , pénètre dans le trou stylo-mastoïdien, parcourt l'aquéduc de Fallope, et distribue ses divisions à la membrane muqueuse du tympan, aux cellules mastoïdiennes, aux canaux demi-circulaires, au muscle de l'étrier, etc.

6° De l'artère pharyngienne inférieure.

Elle naît de la carotide externe, en dedans de la faciale, et montant sur les parties !M. 216, 217. latérale et postérieure du pharynx , entre la carotide externe et l'interne , elle se divise en deux branches, V nne pharyngietinc , l'autre méningée. Dans ce trajet, elle est couverte de bas en haut par les muscles stylo-pharyngien et constricteur supérieur du pharynx , et jette quelques ramuscules dans l'épaisseur du pharynx.

La division pharyngienne de l'artère pharyngienne inférieure se subdivise en deux ou trois ramuscules qui se perdent dans les trois muscles du pharynx , et s'anastomosent avec des ramifications des artères thyroïdienne supérieure et linguale.

La division méningée se porte en Tiaut entre la carotide interne , le nerf vague et la veine jugulaire interne, et gagne le trou déchiré postérieur, par lequel elle pénètre pour se perdre dans la dure-mère. Avant d'entrer dans le crâne, elle donne des ramifications aux parties qui l'entourent, ainsi qu'au ganglion cervical supérieur, à la trompe d'Eustachi, aux muscles grand et petit droits antérieurs de la tête et long du col: quelques-uns pénètrent séparément dans le crâne par les trous déchiré et condylien antérieurs.

1° De l' artère temporale.

Pl. ?.i7,2i8. Cette artère , née à la hauteur du col du condyle de la mâchoire inférieure, semble être la continuation de la carotide externe. Elle monte un peu en dehors, derrière la glande parotide , entre le conduit auriculaire et la branche de la mâchoire , croise l'arcade zvgomatique, s'engage en serpentant sous les muscles antérieur et supérieur de l'oreille, et, devenue sous-cutanée, elle se partage en deux branches. Elle fournit successivement dans ce trajet :

10 Des rameaux antérieurs, qui se portent vers le muscle masséler et l'articulation de l'os maxillaire inférieur. L'un d'eux, plus volumineux que les autres, passe sur le col du condyle de la mâchoire , sous le nom à' artère transversale de la face , jette un rameau dans le muscle masséter , dont il croise la direction , et se termine bientôt , un peu au-dessus du conduit de Slénon , par un grand nombre de rameaux qui se répandent sur ce conduit, dans la glande parotide, les muscles zygomatiques , le muscle orbiculaire des paupières et la peau. On les voit communiquer avec les artères sous- orbitaire , buccale et faciale.

2° Des rameaux postérieurs , qui varient pour le nombre, et qui se perdent dans le conduit auditif externe et le pavillon de l'oreille. Ils portent le nom d'artères auriculaires antérieures.

3° Un rameau interne appelé artère temporale moyenne. Celle-ci , née aux environs de l'arcade zygomatique , traverse l'aponévrose du muscle temporal , et se perd dans ce muscle, en s'anastoraosant avec les artères temporales profondes.

Des deux branches de terminaison de l'artère temporale , l'antérieure , Irès-flexueuse , se porte vers le front pour s'y diviser en un grand nombre de rameaux, dont les uns se distribuent aux muscles frontal et orbiculaire des paupières , à la peau , et communiquent avec les artères frontale et sourcilière ; les autres montent vers le sommet de la tête , et s'anastomosent avec ceux du côté opposé. La branche postérieure , également flexueuse, se dirige en haut vers le pariétal et l'occipital, et s'y termine par de nombreuses ramifications destinées à l'aponévrose temporale , au muscle auriculaire supérieur et aux téguraens , et qui s'anastomosent, avec celles du côté opposé , avec celles de la branche antérieure, et des artères occipitale et auriculaire postérieure.

8° De l' artère maxillaire interne.

L'artère maxillaire interne naît de la carotide externe, du même point que la tempo- pi. 21G. raie. Plus volumineuse qu'elle, elle s'enfonce sous le col du condyle de l'os maxillaire , P1-.2'9>'J se porte horizontalement en dedans et en avant , vers la tubérosité de l'os maxillaire supérieur, en passant successivement entre les nerfs dentaire et lingual, puis entre les deux muscles ptérygoïdiens ; après quoi , devenant verticale , et traversant l'intervalle des deux attaches fixes du muscle ptérygoïdien externe, elle monte vers la fosse zygomatique , placée entre ce dernier muscle et le temporal. Enfin, sous l'orbite, l'artère maxillaire interne reprend une direction horizontale, et se termine par plusieurs branches dans la fosse sphéno-maxillaire.

Deux branches naissent de la maxillaire interne , derrière le col du condyle de la mâchoire , savoir : les artères méningée moyenne et dentaire inférieure.

1° V artère méningée moyenne monte directement vers la base du crâne , entre les muscles Pl. 219; fi ptérygoïdiens, auxquels elle donne des ramuscules, ainsi qu'au péristaphylin externe et au constricteur supérieur du pharynx. Elle en jette également quelques-uns dans les os temporal et sphénoïde. Enfin , après avoir donné naissance à une branche qui , de la fosse zygomatique, vient se perdre dans les muscles péiistaphylin externe et ptérygoïdien interne, l'artère méningée moyenne pénètre dans le crâne par le trou sphéno-épineux. Elle donne des rameaux à la dure-mère de la fosse moyenne de la base du crâne et au nerf de la cinquième paire ; elle en envoie , d'une part , à la glande lacrymale , qui pénètrent dans l'orbite entre les os malaire et sphénoïde , et s'anastomosent avec l'artère lacrymale; de l'autre , à l'oreille interne, qui se distribuent à un grand nombre de ses parties et au nerf facial, et communiquent avec l'artère stylo - mastoïdienne; puis elle se bifurque.

Sa division antérieure se porte en haut et en avant , vers l'angle antérieur et inféi^ieur du pariétal , et se subdivise en nombreux rameaux qui appartiennent exclusivement à la dure-mère , excepté quelques ramifications qui s'anastomoseiit avec des artères du péricrâne, aux environs des sutures.

Sa division postérieure monte en arrière sur la portion écailleuse du temporal et le pariétal, et s'épanouit dans la dure -mère en un grand nombre de rameaux, dont les extrémités vont s'anastomoser , comme celles delà branche antérieure, soit avec l'artère méningée moyenne du côté opposé, soit avec les autres artères qui se distribuent à la dure-mère. Les divisions et sous-divisions de l'artère méningée moyenne sont reçues dans des sillons plus ou moins profonds de la face interne des os du crâne.

2" V! artère dentaire inférieure. Née de la partie inférieure de la maxillaire interne, cette pl. i3, iig. artère descend en avant sur la face interne de l'os maxillaire inférieur , en arrière du pj^' ?y nerf dentaire inférieur, en dehors du muscle ptérygoïdien interne. Elle laisse des Pl.a'g/ffgramifications assez nombreuses à ces deux parties et au nerf lingual. Après avoir donné naissance à un rameau qu'on pourrait appeler myloïdien , et qui, accompagnant un rameau semblable du nerf dentaire inférieur, descend avec lui dans un sillon creusé le long de la ligne myloïdienne, pour distribuer de nombreuses ramifications au muscle mylo-hyoïdien

P1.2if)Ji;,'. I.

et à la membrane muqueuse de la bouche, l'artère dentaire inférieure pénètre dans le conduit du même nom, qu'elle parcourt dans toute son éteiidue. Au niveau des alvéoles, elle jette de sa partie supérieure des rameaux qui pénètrent dans la cavité des dents, et, parvenue aux environs du trou mentonnier , elle se partage en deux branches, l'une qui continue son trajet jusqu'à la symphise du menton , et fournit des rameaux aux dents canines et incisives correspondantes; l'autre, qui sort par le trou mentonnier, se perd dans les muscles carré et triangulaire, et communique avec l'artère faciale et avec celles du côté opposé.

il n'est pas rare de voir l'artère maxillaire interne donner naissance , au niveau de l'artère dentaire inférieure, à quelques branches très-petites qui se distribuent ordinairement à l'oreille externe et à l'oreille moyenne.

Dans son passage entre les muscles ptérygoïdiens , l'artère maxillaire interne fournit :

3° Vartèrc Icmporale profonde posltricure. Celte artère monte entre les muscles ptérygoïdien externe et temporal , s'enfonce bientôt sous ce dernier , et se perd dans ses fibres charnues, ainsi que dans le périoste de la fosse temporale. Elle communique avec les artères temporales moyenne et superficielle.

4° \J artère massctérine. Celle-ci naît quelc[uefois d'un tronc commun à elle et à la précédente. Elle s'avance en dehors , entre le bord postérieur du muscle temporal et le col du condyle de l'os maxillaire, passe dans l'échancrure sygmoïde , et descendant entre la branche de l'os et le muscle masséter , elle s'enfonce dans ce muscle , où. elle se perd entièiement, en s'anastomosant avec l'artère transversale de la face.

5° Les arlcres plcrygGïdiennes. Très-variables pour le nombre, la grosseur, la disposition, elles naissent , le plus grand nombre , de l'artère maxillaire interne , les autres des artères méningée moyenne et temporale profonde postérieure. Elles se répandent dans les muscles dont elles portent le nom, principalement dans l'externe.

Dans la fosse zygomatique, l'artère maxillaire interne donne naissance à quatre artères, la buccale , la temporale profonde antérieure , \ alvéolaire et la sous-orbitaire. On voit souvent ces artères naître l'une de l'autre, ou d'un tronc commun à deux d'entre elles.

G° Artère buccale. Cette artère descend, en serpentant, entre la branche de l'os maxillaire inférieur et le muscle ptérygoïdien interne, et marche vers la joue, où elle se termine par un grand nombre de rameaux destinés au muscle bucclnateur , aux muscles zygomatiques et peaucier , à la peau et à la membrane muqueuse de la bouche. Nous avons déjà indiqué leurs anastomoses avec les artères faciale et transversale de la face.

7° Artère temporale profonde antérieure. Elle monte dans la partie antérieure de la fosse temporale , entre les os malaire et sphénoïde , et le muscle temporal dans lequel elle se perd, en s'anastomosant avec les artères temporales précédemment décrites. Quelques-uns de ces rameaux pénètrent par les trous malaires , et se portent à la glande lacrymale et au tissu adipeux de la cavité orbitaire.

8° \J artère alvéolaire. Celle-ci descend en avant sur la tubérosité maxillaire, en décrivant des flexuosités. Elle jette dans les conduits dentaires supérieurs et postérieurs des rameaux qui se rendent aux dents molaires et à la membrane muqueuse du sinus maxillaire ; et s'avançaut sur les gencives, auxquelles elle laisse des ramifications, elle vient

D'ÂNATOMTE DESCRIPTIVE. 399 se distribuer dans la. fosse canine au muscle buccinateur , au tissu cellulaire , et au périoste de l'os maxillaire, après avoir envoyé des rameaux aux dents petites molaires.

9° Artère sous-orbitaire. Apres avoir donné des ramuscules au périoste et au tissu adi- pi. 218, o.uj. peux de l'orbite, l'artère sous-orbitaire s'introduit dans le canal du même nom, qu'elle ^" parcourt dans toute son étendue. Elle envoie à travers sa paroi supérieure des rameaux aux muscles droit inférieur et petit oblique de l'œil , h l'orbiculaire et au sac lacrymal , jette dans le conduit dentaire supérieur et antérieur une branche destinée aux dents canine et incisives, et au sinus maxillaire; et sortant par le trou sous-orbitaire, elle vient se distribuer au muscle élévateur propre de la lèvre supérieure , et à tous les muscles de cette partie et du nez , en s'anastomosant avec les artères faciale , alvéolaire et buccale.

L'artère maxillaire interne se termine par quatre branches , les artères vidiennc ,plénjgopalatine , palatine supérieure et spJiéno-palatine,

IQo Artère vidicnne ou ptérygoïdienne. Cette artère pénètre avec le nerf vidicn dans le conduit ptérygoïdien , le parcourt de devant en arrière, et en sort pour se répandre sur la trompe d'Eustachi et h la voûte du pharynx. Elle envoie des ramifications au sphénoïde , à la membrane qui en revêt les sinus , et s'anastomose avec l'artère pharyngienne inférieure.

11° Artère plcrygo-palalinc ou pharyngienne supérieure. Celle-ci se porte en arrière et en pj. haut, et s'engageant dans le conduit dont elle porte le nom, elle va se perdre dans le pharynx. Elle jette en passant des ramifications dans le sphénoïde et sur la trompe d'Eustachi.

12° Artère palatine supérieure. Plus considérable que les précédentes, l'artère palatine Pl. 219, ng. a supérieure descend dans la fente plérygo-palatine, et après avoir fourni plusieurs rameaux qui se portent au voile du palais , à travers les conduits palatins postérieurs, elle s'engage dans le canal palatin postérieur, d'où elle sort pour se réfléchir en devant, entre la voûte osseuse du palais et sa membrane fibro-muqueuse, clans laquelle elle se termine par un grand nombre de ramuscules. L'un d'eux remonte dans les fosses nasales par le trou palatin antérieur.

1 3" Enfin l'ar/èré? sphcno-palatine pénètre dans les fosses nasales parle trou du même Pl. 219, G'. 2. nom , et elle se divise aussitôt en deux ou trois branches, dont une se rend à la cloison, et les autres se répandent dans la partie supérieure et moyenne de la paroi externe des fosses nasales, dans le sinus maxillaire et les cellules elhmoïdales postérieures. Les ramifications de l'artère sphéno-palatine s'anastomosent avec celles des artères ethmoïdales.

De t artère carotide interne.

La carotide interne se sépare de l'externe derrière le muscle digastrique , monte en pi. 211 dedans à travers l'espace compris entre la branche de l'os maxillaire inférieur, le pharynx et la colonne vertébrale , et s'introduit dans le crâne par le canal carolidien. En sortant de ce canal elle se porte en haut et en avant , pénètre dans le sinus caverneux , dont elle suit la paroi inférieure jusqu'au-dessus de l'apophyse clinoïde antérieure. Là elle se recourbe en haut et en arrière, traverse le feuillet interne de la dure-mère, s'enveloppe de

l'arachnoïcle, et, montant en deiaors et en arrière, va se terminer pat plusieurs branches au niveau de la scissure de Sylvius.

Cette artère est très-flexueuse. Avant d'arriver à la base du crâne, elle a ordinairement décrit déjà deux courbures , mais dont la disposition varie beaucoup. Elle s'accommode ensuite aux sinuosités du canal carotidien. Enfin dans le crâne elle change encore plusieurs fois de direction, notamment dans le sinus caverneux, où elle présente deux courbures.

Au cou , elle est unie par un tissu cellulaire filamenteux , en dehors avec la veine jugulaire interne , en dedans avec le nerf pneumo-gastrique , 'e ganglion cervical supérieur , et sou rameau de communication avec le ganglion moyen. Dans le canal carotidien , elîc est entourée par les filets supérieurs du ganglion cervical supérieur et la dure -mère. Dans le sinus caverneux , elle est en rapport avec le nerf de la sixième paire et le ganglion caverneux.

Elle fournit dans le canal carotidien même une branche qui pénètre, par une ouverture particulière, dans la caisse du tympan, où elle se répand sur la membrane muqueuse, et communique sur le promontoire avec un rameau de l'artère méningée moyenne. Pendant son trajet dans le sinus caverneux, elle envoie également des rameaux à la dure-mère, à la glande piluitaire , aux sinus sphénoïJaux, et aux nerfs de la troisième, de la quatrième, de la cinquième et de la sixième paires. Enfin au niveau de l'apophyse clinoïde antérieure, elle donne naissance à Vartère ophlhalmique.

De l'artère ophthabnique.

Picçuc dans un petit canal particulier de la dure-mère , l'artère ophthalmique traverse le trou optique, au côté externe et inférieur du nerf du même nom, et entre dans l'orbite entre le muscle droit externe et le nerf de la troisième paire. Elle monte sur le côté externe du nerf optique , passe entre le muscle droit supérieur et ce nerf, dont elle croise obliquement la direction , et longeant son côté interne, entre les muscles grand oblique et droit interne, elle se dirige horizontalement vers l'augle interne de l'orbite, où elle se partage en deux branches.

Avant de remonter sur le nerf optique , l'artère ophthalmique fournit deux branches , X artère lacnjmale et Vartère centrale de la rétine. P1.22o,.fig,3. 1° Artère lacrymale. Cette artère, qui provient quelquefois de la méningée moyenne , naît le plus ordinairement de l'ophthalmique dès son entrée dans l'orbite, et se dirige vers la glande lacrymale, entre la paroi externe de l'orbite et le muscle droit correspondant. Dans ce trajet , elle jette des rameaux dans les muscles droit externe, supérieur et inférieur de l'œil, élévateur de la paupière , dans les enveloppes du nerf optique, et dans le périoste de l'orbite. Un d'eux, plus gros que les autres, descend en arrière, et se divise bientôt en deux ramuscules : le premier est destiné au périoste de l'orbite ; le second traverse l'os de la pommette , et va s'anastomoser dans la fosse temporale avec l'artère temporale profonde antérieure. Parvenue à la glande lacrymale , l'artère du même nom jette dans cet organe un grand nombre de rameaux, et après avoir donné naissance aux deux rameaux palpébraux externes , elle se termine en ramuscules très-ténus dans les

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE, 401 paupières et la conjonctive. Des deux rameaux palpébraux externes, l'inférieur glisse sous la glande lacrymale , et se rend au muscle orbiculaire ; le supérieur passe au-dessus de la même glande , et gagne la paupière supérieure.

2° jirtère centrale de la rétine. Fournie quelquefois par une des artères ciliaires , l'artère Pl. i>, centrale de la rétine traverse obliquement les enveloppes du nerf optique , et se plaçant dans son centre, entre avec lui dans l'œil. Elle jette sur la lame interne de la rétine un grand nombre de rameaux qui forment un réseau apparent jusqu'au corps ciliaire ; un d'eux pénètre dans le canal hyaloïdien , et le parcourt jusqu'à la partie postérieure du Pl. îfi, fig crystallin.

On voit quelquefois d'autres artérioles naître de l'oplilhalmique , et se porter dans le nerf optique, mais sans parvenir jusqu'à la rétine.

Au-dessus du nerf optique , l'artère ophthalmique donne naissance aux artères siisorbitaire, ciliaires postérieures, ciliaires lorigucs , musculaire supérieure el musculaire inféi'ieure.

3° Artère sus-orbitaire ou sourcilière. Elle se porte en avant, entre la paroi supérieure Pl. aiS. de l'orbite et les muscles releveur de la paupière et droit supérieur, au côté interne du nerf frontal. Elle donne des rameaux à ces muscles et au périoste, et sort de l'orbite par l'échancrure sourcilière , pour se diviser en deux branches , après avoir fourni un ramusculc au diploc du coronal. Sa branche inletme monte sur le front , derrière les muscles orbiculaire et sourcilier, et se termine par de nombreux rameaux destinés à ces muscles et au frontal. Elle s'anastomose avec l'artère temporale superficielle. La branche interne présente à peu près la même disposition que la précédente , mais ses rameaux montent moins haut, et ils s'anastomosent avec l'artère lacrymale.

4° Artères ciliaires courtes ou postérieures. Quelquefois au nombre de trente à quarante, Pl.i^o,fii, ces artères sont fournies par plusieurs branches de l'artère ophthalmique. Elles marchent le long du nerf optique , autour duquel elles décrivent des flcxuosités; et après avoir fourni des ramuscules qui lui forment un réseau circulaire à son entrée dans l'œil , elles traversent isolément la sclérotique. Quelques-unes se répandent dans celte membrane; les autres se divisent en un très-grand nombre de rameaux qui se dirigent en avant sous la sclérotique et sur la face externe de la choroïde , à laquelle ils se distribuent, en formant un réseau très-fin par leurs fréquentes anastomoses. Presque tous ces rameaux se rendent aux procès ciliaires, et s'y subdivisent presque à l'infini en serpentant entre ces petits organes, et en s'anastomosant entre eux par arcades derrière l'iris. Quelques-uns traversent le corps ciliaire pour gagner le grand cercle artériel de l'iris.

5° Les artères ciliaires longues sont au nombre de deux, l'une interne, l'autre externe. pi.i/,3.fi£. Elles traversent la sclérotique , à laquelle elles laissent quelques rameaux, se dirigent horizontalement en avant entre la sclérotic[ue et la choroïde, et après avoir jeté quelques ramifications à cette dernière membrane , elles atteignent le corps ciliaire. Là elles se divisent chacune en deux branches cpu s'écartent à angles obtus , et qui , après avoir communiqué avec les ciliaires antérieures , s'anastomosent entre elles de manière à former un cercle sur ia grande circonférence de l'iris. De la partie interne de ce cercle partent de très-nombreux rameaux plus petits qui se bifurquent , et dont les divisions, par leurs Pl.iia, lig anastomoses entre elles et avec celles des artères ciliaires antérieures, forment un second ^" cercle vasculaire on dedans du précédent. Enfin de la circonférence interne de ce second Texte. , 51

Pl. 1,2, fig. 2. cercle , on voit naître pareillement des rarauscules très-ténus qui s'avancent en serpentant vers la petite circonférence de l'iris , et s'y unissent en formant autour de la pupille un troisième cercle artériel. De ce dernier naissent les artères de la membrane pupillaire chez le fœtus.

Pl. a2o, fig.3. Çi'^ Arlcrc musculaire supérieure. Celle-ci se porte à la face inférieure du muscle droit supérieur, et distribue ses rameaux à ce muscle, à l'élévateur de la paupière , au grand oblique et au périoste de l'orbite.

7° Artère musculaire inférieure. Plus grosse que la précédente , elle naît ordinairement entre les ciliaires, se porte en avant entre le nerf optique et le muscle droit inférieur, et se perd par plusieurs rameaux dans ce muscle, dans le droit externe, le petit oblique, dans le sac lacrymal et le périoste de l'orbite.

Des deux artères musculaires, et quelquefois de la lacrymale et de la sous-orbitaire, on voit naître les artères ciliaires antérieures qui, au nombre de quatre ou cinq, marchent en avant jusqu'à la partie antérieure du globe de l'œil , et se divisent en rameaux, dont les uns se perdent dans la conjonctive , tandis que les autres percent la sclérotique à deux ou trois lignes de la cornée , traversent le cercle ciliaire , et se rendent au grand cercle artériel de l'iris. Plusieiirs de ces derniers se perdent dans la partie antérieure de la choroïde ou dans l'iris.

Dans son trajet le long du côté interne du nerf optique , l'artère ophthalmique fournit les artères clhmoïdale postérieure , ethmoïdalc antérieure , palpébralc inférieure , palpébrale supérieure.

Pl. 13;, fig. 5. 8° Artère ethîuoïclale postérieure. Cette artère, quand elle existe, se porte vers la paroi P1.22o,fig. 3. interne de l'orbite , entre les muscles oblique supérieur et droit interne, pénètre dans le conduit oi'bitaire interne postérieur, et, le parcourant dans toute son étendue, vient, après avoir donné des ramifications aux cellules ethmoïdales postérieures , distribuer ses rameaux à la dure-mère de la fosse moyenne antérieure de la base du crâne. Quelques-uns descendent dans les fosses nasales avec les nerfs olfactifs. Pl. iS;, fig. 3. 9° Artère cthmoïclale antérieure. Née au niveau du trou orbitaire interne , celte artère y PI, 2i9,fig.3. p^jj^t,j.g et s'introduit dans le crâne, où elle se termine en rameaux dont les uns se perdent dans la faux du cerveau, tandis que les autres , plus nombreux , descendent dans les fosses nasales par les trous de l'elhmoïde. Dans ce trajet, elle jette des ramuscules dans le sinus frontal et les cellules ethmoïdales antérieures. Pl. 2,8. 10° Les artères palpchrales naissent aux environs de la poulie cartilagineuse du muscle

grand oblique, quelquefois d'un tronc commun. inférieure descend derrière le tendon du muscle orbiculaire, et après avoir donné des ramifications à ce muscle, au sac et à la caroncule lacrymale, elle se divise en deux branches, dont l'une se rend à la moitié inférieure du muscle orbiculaire, et l'autre se répand sur le fibro- cartilage tarse , dans les glandes de Meibomius , la conjonctive et la peau. La supérieure ielle des rameaux dans la moitié supérieure du muscle orbiculaire , dans le sac et la caroncule lacrymale , dans la conjonctive, et traversant les fibres charnues de l'orbiculaire, elle longe le cartilage tarse supérieur pour se terminer comme l'inférieure. Toutes les deux, au moyen de leurs rameaux de terminaison , s'anastomosent par arcades avec les rameaux palpébraux de l'artère lacrymale.

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. i03 Les branches de terminaison de l'artère ophthalmique sont les artères nasale et frontale.

11° Vartcre nasale sort de l'orbite au-dessus du tendon du muscle orbiculaire, donne Pl. 218. des ramifications au sac lacrymal et aux parties voisines , et descendant sur la racine du nez , elle forme de ses rameaux un réseau vasculaire dont l'extrémité inférieure s'anastomose avec l'extrémité supérieure de l'artère faciale.

12° Uarlcre frontale sort par la partie supérieure et interne de la base de l'orbite , monte PI, 218. sur le front , entre l'os et le muscle oi'biculaire, et se partage bientôt en plusieurs branches qui se ramifient aux muscles orbiculaire, sourciller et occipito-frontal.

Quatre branches terminent l'artère carotide interne : deux sont postérieures, et deux antérieures. Les premières se nomment artères communiquante et choroïdiennc ; les secondes sont les artères cérébrales antérieure et moijenne.

1° Artère communiquante de TFillis. Cette artère se porte en arrière et en dedans, passe pl. 221, (i^. 1. entre la tige pituitaire et le lobe moyen du cerveau, et va s'unir à l'artère cérébrale postérieure. Elle jette des ramifications dans les couches et les nerfs optiques , dans les corps pisiformes , le luber cinereum et la tige pituitaire; elle en envoie également aux plexus choroïdes et aux prolongemens antérieurs de la protubérance annulaire.

2° Artère choroïdicnne. Moins grosse que la précédente , celle-ci marche en arrière et en pi. ,-4, dehors vers le prolongement antérieur de la protubérance annulaire. Elle donne de nom- P^- ^'^''^S '• breux rameaux à la couche optique , et s'enfonce dans la scissure inférieure du ventricule latéral , pour se distribuer aux plexus choroïdes.

3° V artère cérébrale antérieure se dirige en avant et en dedans , entre le nerf optique et pi aaijf t;. 1. le lobe antérieur du cerveau. Arrivée à la scissure interlobaire , elle se rapproche de celle du côté opposé , et communique avec elle au moyen d'une branche ou de rameaux transversaux , d'où partent des ramuscules destinés à la voûte à trois piliers , à la commissure antérieure et à la cloison des ventricules. Après quoi les deux artères cérébrales antérieures s'enfoncent entre les lobes antérieurs du cerveau, et se contournant bientôt sur l'extrémité antérieure du corps calleux , elles parcourent d'avant en arrière toute la face supérieure de ce dernier, pour se terminer à sa partie postérieure. Elles décrivent ainsi une arcade, à laquelle on a donné le nom à! artère calleuse. Dans son trajet, l'artère calleuse projette de nombreux rameaux ; les uns qui naissent de son côté concave et qui s'enfoncent dans le corps calleux; les autres, plus considérables, qui partent de son côté convexe, et qui montant sur la face plane des hémisphères, se distribuent aux anfracluosités de ces parties.

4° Enfin X artère cérébrale moyenne se porte en dehors et en arrière , et après avoir fourni pi. 221. li". i. un grand nombre de rameaux à la face inférieure du cerveau , à la pie-mère et au plexus choroïde, elle pénètre dans la scissure de Sylvius , où elle se divise en deux branches , l'une pour le lobe antérieur, et l'autre pour le lobe moyen. Ces branches parcourent profondément toute la scissure, et se distribuent à la pie -mère, qui tapisse les anfractuosités du cerveau , en s'anastomosant avec les divisions des artères cérébrales antérieure et postérieure.

Des artères sous-clavières.

Pl. 2i5, 2i6. Les deux artères sous-clavières diffèrent entre elles par leur origine et leurs rapports.

L'artère sous-clavière droite, plus volumineuse, mais plus courte que celle du côté gauche, naît de l'artère brachio-céphalique , et se porte obliquement en dehors. Elle est recouverte de dedans en dehors par la clavicule, les muscles slerno-hyoïdien et thyroïdien, par la veine sous-clavière correspondante, et par les nerfs pneumo-gastrique et phrënique droits. Elle est en rapport médiat, en arrière, avec le muscle long du cou et le rachis; en dehors, elle avoisine le poumon. Entre son côté interne et l'artère carotide primitive correspondante , il reste un espace triangulaire. L'artère sous - clavière gauche émane directement de la crosse de l'aorte, et monte verticalement jusque près des muscles scalènes , où elle se recoui'be brusquement en dehors. Placée plus profondément que celle du côté droit , elle est recouverte dans ce trajet par le poumon , la veine sous-clavière , par le nerf pneumo-gastrique qui lui est parallèle, et médiatement par la clavicule et le muscle sterno- thyroïdien. Elle repose immédiatement, au contraire, sur le muscle long du cou et la colonne vertébrale. En dehors , elle est en contact avec la plèvre ; en dedans, elle est parallèle à l'artère carotide primitive gauche. Les deux artères sous-clavières, au reste, une fois parvenues aux muscles scalènes , s'engagent entre ces deux muscles, sur la face supérieure de la première côte , et se continuent au-delà sous le nom (ïarlcrcs axillaires. Mais avant d'entrer dans cet intervalle musculaire , ces artères donnent naissance à des branches supérieures , inférieures et externes.

1° Branches supérieures de t artère sous-clavière.

Ce sont les artères vertébrale et thyroïdienne inférieure. •

A. De l'artère vertébrale.

Pl. 220, fi.^. I. L'artère vertébrale naît profondément de la partie supérieure et postérieure de la sousclavière. Elle monte au-devant du rachis, derrière l'artère thyroïdienne inférieure, entre les muscles scalène antérieur et long du cou, et s'engageant dans le trou de la base de l'apophyse transverse de la sixième ou septième vertèbre cervicale, elle remonte dans le canal formé par la réunion des trous dont sont percées les apophyses transverses des vertèbres de cette région. Ai'rivée à l'axis , elle abandonne ce canal , se dirige en arrière , puis en haut et en dehors , pour percer la base de l'apophyse transverse de l'atlas. Elle forme ainsi une courbure verticale dont la convexité , tournée en arrière , est recouverte par le muscle petit complexus. Au-dessus de l'atlas, l'artère vertébrale se porte de nouveau en arrière et en dedans, et décrit, dans l'espace triangulaire formé entre cette vertèbre et l'occipital par les muscles droits postérieurs et obliques de la tête , une seconde courbure transversale, également convexe en arrière, et qui est couverte par les muscles grand droit postérieur et grand complexus. Enfin les artères vertébrales passent de chaque côté par les ouvertures latérales du ligament occipito-atloïdien postérieur, traversent la dure-mère,

et entrent clans le crâne par le trou occipital , sur les cotés de la moelle épinière. De là PI.22Û, fig. elles remontent en dedans et en ayant, entre la moelle allongée et la gouttière basilairc, et par leur union elles donnent naissance à Vartère basilaire.

Dans le canal des apophyses transverses, l'artère vertébrale fournit un assez grand Pl. 220, fig. nombre de rameaux. Les antérieurs, les postérieurs et les externes se portent aux muscles intertransvcrsaires , scalcnes , grand droit antérieur , petit complexus et splénius ; les internes pénètrent dans le canal vertébral par les trous de conjugaison , et vont se répandre sur la moelle et sur la dure-mère. Ils communiquent avec ceux du côté opposé. A la partie supérieure du cou , la même artère jette des rameaux dans les muscles intertransvcrsaires épineux , dans les muscles droits et obliques ; elle en envoie également un ou deux à la dure-mère des fosses postérieures de la base du crâne.

Dans le crâne , l'artère vertébrale donne naissance aux artères spinale postérieure , spinale antérieure et cérébelleuse inférieure.

1° artère spinale postérieure nait aux environs des éminences pyramidales. Elle se porte PI.242, lig. obliquement en dedans, et gagnant la face postérieure de la moelle de l'épine, elle descend parallèlement à celle du côté opposé , jusque vers la seconde vertèbre lombaire. Dans tout ce trajet , l'artère spinale postérieure donne des rameaux transversaux qui se distribuent à la membrane propre de la moelle , ou communiquent avec ceux du côté opposé.

2° Vartère spinale etntérieure est fournie par la vertébrale près de sa terminaison. Elle pi. 242, fie. descend au-devant de la moelle, et à la hauteur du trou occipital elle s'unit à celle du côté opposé. De celte union il résulte un tronc qui descend jusqu'à l'articulation sacrococcigienne, où il s'anastomose avec les artères sacrées latérales. Un grand nombre de rameaux transversaux naissent de l'artère spinale antérieure tout le long du corps de la moelle.

3° Vartère cérébelleuse inférieure naît ordinairement de la fin de l'artère vertébrale. Elle P1.23o,iig. se porte en dehors entre les origines des nerfs pneumo-gastrique et spinal, et s'avance î'^^^'j^'S' en serpentant sur la face inférieure du cervelet. Dans ce trajet, elle fournit des rameaux à la moelle allongée , aux nerfs vague et hypoglosse , aux parois du quatrième ventricule et à la face inférieure de l'hémisphère du cervelet. Ces derniers se subdivisent dans la pie-mère, et communiquent avec l'artère cérébelleuse supérieure.

De l'arttre basilairc.

Formée par la réunion des deux artères vertébrales, vers le sillon qui sépare la pro- pi.221 tubérance annulaire de la moelle allongée, l'artère basilaire monte en serpentant dans le sillon moyen de la face inférieure de la protubérance, appuyée sur la gouttière basilaire, et elle se termine dans l'intervalle qui sépare les pédoncules cérébraux, en donnant naissance aux deux artères cérébrales postérieures.

Des parties latérales de l'artère basilaire se séparent en un grand nombre de petits rameaux qui se distribuent à la protubérance , au cervelet , aux éminences olivaires et aux nerfs de la cinquième , de la septième et de la huitième paire. On en voit naître aussi

A. Vartère cérébelleuse supérieure. Celle-ci se porte en dehors et en arrière autour delà P1.22i,iig.

i06 MANUEL

protubérance annulaire et de son prolongement postérieur, pour gagner la face supérieure clu cervelet , où elle se divise en nombreux rameaux qui se répandent sur le lobe postérieur du cerveau et sur la face supérieure du cervelet. Avant d'arriver au cervelet, l'artère cérébelleuse supérieure jette successivement des rameaux sur la protubérance annulaire et sur ses prolongemens , sur les tubercules quadrijumeaux , dans la glande pinéale, les plexus choroïdes et la valvule de Vieussens.

E. De l'arLlrc cérébrale postérieure. Après s'être séparée de l'artère basilaire, l'artère cérébrale postérieure se porte d'abord en dehors et en avant, puis se recourbe en arrière sur le prolongement antérieur de la protubérance, et gagne la partie inférieure du lobe postérieur correspondant du cerveau. Dans ce trajet elle jette des rameaux dans les tubercules pisiformes, dans la protubérance annulaire et ses prolongemens, dans la couche du nerf optique , le tuber cinereum et la voûte à trois piliers. Elle reçoit l'artère communiquante de Willis , et envoie en se terminant des ramifications au plexus choroïde, à la couche optique , à la corne d'Ammon , au corps cannelé , à la glande pinéale et aux tubercules quadrijumeaux.

Les artères du cerveau se ramifient dans la pie - mère avant de pénétrer dans la substance cérébrale. Ce n'est que dans quelques endroits, comme aux couches optiques, par exemple, que cet organe reçoit des rameaux un peu volumineux.

B. De l'artère thyroïdienne inférieure.

Née de la partie supérieure de l'artère sous-clavière, l'artère thyroïdienne inférieure monte sur le muscle scalène antérieur, jusqu'à la hauteur de la cinquième vertèbre cervicale , et se recourbe brusquement en dedans; elle passe derrière l'artère carotide primitive , pour gagner la partie inférieure et externe de la glande thyroïde , où elle se divise en deux branches. Celles-ci se subdivisent à la face postérieure de l'organe en nombreux rameaux qui pénètrent son tissu , et vont s'anastomoser avec l'artère du côté opposé et la thyroïdienne supérieure. Quelques-uns , fort ténus , se rendent à la membrane muqueuse de la trachée-artère.

Dans son trajet , l'artère thyroïdienne inférieure fournit :

Des branches internes qui se rendent au muscle long du cou , à l'œsophage et à la trachéeartère , la partie inférieure de laquelle elles s'anastomosent avec les artères bronchiques et intercostale supérieure;

Des branches externes , la plupart très-grêles , qui se répandent dans les muscles scalène antérieur et long du cou. Une d'elles, beaucoup plus considérable que les autres, et nommée cervicale ascendante , monte sur les muscles scalène antérieur et long du cou, auxquels elle laisse des rameaux, et vient se perdre dans les muscles grand droit antérieur et splénius , en s'anastomosant avec les artères vertébrale et occipitale.

2° Branches inférieures de V artère sons-clavière. Il y en a deux : Y artère inammaire interne et X intercostale supérieure.

A. De l'artère mammaire interne ou thoracique interne.

Cette artère naît de la sous-clavière, vis-à-vis de la thyroïdienne inférieure, se dirige Pl. 235. au-devant du muscle scalène antérieur, et se prolongeant dans la poitrine, descend d'abord entre la plèvre , les cartilages sterno-costaux et les muscles intercostaux internes, puis sous le muscle triangulaire du sternum, jusqu'à l'appendice xiphoïde , où elle se divise en deux branches. Près de son origine, l'artère mammaire interne envoie de nombreux rameaux au thymus, aux muscles sterno -hyoïdien et sterno- thyroïdien , et aux glandes lymphatiques voisines.

Un peu plus loin, on en voit naître ordinairement V artère médiaslinc antérieure. Celle-ci pénètre dans l'écartement supérieur du médiastin antérieur, et après avoir donné quelques ramifications au péricarde, elle se bifurque. L'une de ses branches remonte derrière le muscle sterno-thyroïdien , et se rend à la glande thyroïde , où elle s'anastomose avec les artères thyroïdiennes inférieures. L'autre descend dans le médiastin, et se subdivise pour les deux plèvres, en fournissant des ramuscules aux parties contenues dans le médiastin.

Au niveau du sternum , l'artère mammaire interne donne naissance à Xartcre diaphragmatique supérieure. Cette artère accompagne le nerf phrénique , auquel elle donne des ramifications, ainsi qu'au péricarde et à l'œsophage; elle en fournit aussi au thymus, au médiastin , au poumon et aux veines pulmonaires. Arrivée à la partie moyenne antérieure du diaphragme, l'artère diaphragmatique se partage en plusieurs branches qui se distribuent à ce muscle, et communiquent avec les artères diaphragtnatiques inférieures.

Derrière les cartilages costaux, l'artère mammaire interne fournit des branches externes et des branches internes.

Les branches externes sont ordinairement en nombre égal à celui des espaces intercostaux pi.'aSS. que traverse l'artère. Elles naissent chacune au niveau du bord inférieur de chaque cartilage, le suivent quelque temps, et se perdent la plupart dans les muscles intercostaux, en s'anastomosant avec les artères intercostales proprement dites; quelques-unes seulement se rendent aux muscles pectoraux, à la mamelle et à la peau.

Quand on trouve deux branches dans un espace intercostal , l'une suit le bord inférieur du cartilage qui est au-dessus, l'autre le bord supérieur du cartilage qui est au-dessous.

Les branches internes , presque toujours en nombre égal aux précédentes, jettent des Pl. 235. rameaux transverses derrière le sternum , traversent les muscles intercostaux , et viennent se ramifier dans les muscles grand pectoral , grand oblique , droit de l'abdomen et intercostaux internes , en s'anastomosant avec les branches externes. La dernière des branches internes s'anastomose par arcade avec celle du côté opposé sur l'appendice xiphoïde , et , descendant entre la ligne blanche et la péritoine , se rend assez souvent au ligament suspenseur du foie.

Des deux branches de terminaison de î'artère mammaire interne , Vexterne descend derrière les derniers cartilages costaux , passe entre les insertions du diaphragme , auquel elle laisse des rameaux , et se perd dans les muscles transverse et obliques de l'abdomen; l'interne descend derrière le muscle droit, jette des rameaux dans ce muscle, et se termine vers l'ombilic, en s'anastomosant avec l'artère épigastrique.

lî. De l'arlcrc intercostale supérieure.

P1.22i,fig.2. L'artère intercostale supérieure provient de la sous-clavière , vis-à-vis l'origine de la cervicale profonde. Recouverte par la plèvre , elle descend devant le col de la première et le plus souvent de la seconde côte , où elle se termine assez ordinairement. Elle fournit d'abord un rameau au muscle scalène antérieur, et dans chacun des deux premiers espaces intercostaux deux branches, dont Wme , poslérieiire , envoie des ramuscules à la moelle par le trou de conjugaison , et se perd dans les muscles du dos , en passant entre les apophyses transverses. L'autre, externe, donne des ramuscules au rachis , à l'œsophage et aux bronches, et se perd dans les muscles intercostaux.

3° Branches externes de t artère sousclavière.

Ces branches sont : \' artère cervicale transverse, la scapnlaire supérieure, la cervicale postérieure.

K. De l'artère cervicale transverse ou scapulaire.

Pl. 223. Cette artère, qui est fournie quelquefois par la thyroïdienne inférieure, se porte

d'abord transversalement en dehors , entre les muscles scalènes et le peaucier, puis s'engageant bientôt sous les muscles trapèze et angulaire, elle descend obliquement en arrière jusqu'au niveau du muscle rhomboïde, où elle se divise en deux branches. Dans ce trajet elle donne successivement :

Des branches qui se répandent dans les muscles scalènes;

2° artère cervicale superficielle; celle-ci va se perdre dans les muscles splénius et trapèze, dans le tissu cellulaire et les tégumens de la partie inférieure et latérale du cou.

3° Une branche et des rameaux qui se distribuent aux muscles trapèze et angulaire.

L'une des divisions de l'artère cervicale transverse se porte en dehors, sous l'omoplate, et se perd dans les muscles grand dentelé et sous-scapulaire. L'autre suit le bord postérieur du scapulum, et distribue ses rameaux aux muscles sous-scapulaire, grand dentelé, rhomboïde, petit dentelé supérieur, grand dorsal, trapèze, et dans les tégumens du dos.

, B. De l'artère scapulaire supérieure.

Pl. 223. Provenant quelquefois de la précédente, et chez le plus grand nombre des sujets, de

l'artère thyroïdienne inférieure, l'artère scapulaire supérieure se dirige en dehors derrière

la clavicule, et accompagne en serpentant le nerf sus-scapulalrc. Parvenue au bord supérieur du scapulum, elle passe au-dessous du ligament coracoïdien, s'enfonce sous le muscle sus-épineux , et glissant sur le bord externe de l'épine de l'omoplate , elle pénètre dans la fosse sus-épineuse , sous le muscle du même nom.

Après avoir fourni des rameaux aux muscles sous-clavier et peaucier, à la clavicule et aux parties voisines , l'artère scapulaire supérieure donne naissance à une branche super- pi. .j !. ficielle destinée au muscle sus-épineux, et qui envoie au trapèze et à l'articulation acromio-claviculaire des rameaux qui communiquent avec l'artère cervicale transverse. Dans la fosse sous-épineuse elle se partage en deux branches principales , dont l'une longe le bord antérieur du scapulum , et se répand dans les muscles grand rond et grand dorsal : l'autre suit l'épine de l'omoplate , et se ramifie dans le muscle sous-épineux.

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