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SYSTÈME VEINEUX

COiN\SIDÉRATiONS GÉNÉRALES.

Les veiiies forment par leur réunion un ensemble de canaux cylindriques destinés à ri ramener au cœur le sang que les artères ont porté dans toutes les parties du corps. On peut les distinguer en deux ordres ou systèmes entièrement séparés : l'un général^ plus étendu, commence dans toutes les parties par des radicules fort déliées et se termine aux cavités droites du cœur par les deux veines caves : l'autre borné à l'abdomen prend son origine dans les organes de la digestion et dans la rate , et se termine dans le foie par un seul tronc qui se divise et se subdivise dans cet organe à la manière des artères : c'est le système de la veine porte.

Les radicules des veines se réunissent successivement de manière à former des rameaux, des branches et des troncs qui deviennent de plus en plus volumineux ù mesure qu'ils se rapprochent du cœur : aussi c'est en suivant ce mode de naissance des veines qu'on doit les étudier, c'est-à-dire passer successivement des ramifications aux troncs , et par conséquent-en sens inverse des artères.

L'organisation des veines a été indiquée.

1° Des veines qui, par leur réunion , forment la veine cave supérieure. Pl. 2(7. A. Des veines qui donnent naissance à la veine jugulaire externe.

P1.2/}.5,fig. I. La veine maxilletire interne est formée par la réunion des veines pténj goïdicnnc , sphénoll-2|G,Gg.i. palatine^ alvéolaire, sons-orbilairc , mentonnière, dentaire inférieure al temporales profondes. Ces veines naissent de toutes les parties auxquelles se distribuent les artères du niâme nom, et accompagnent ces artères dans tout leur trajet. La veine spîiéno-palatine communique avec les sinus de la base du crâne au moyen de rameaux qui passent par les trous de cette région , et qu'on a nommés, comme tous ceux du même ordre , veines émissaires de Sanlorini. Sur les parties latérales du pharynx , les racines de la veine maxillaire interne contractent, avec les veines faciale et pharyngienne , de nombreuses anastomoses qui constituent le plexus veineux pharyngien. Derrière le col du condyle de la mâchoire inférieure , le Ironc de la veine maxillaire interne s'unit à celui de la veine temporale superficielle.

rj.2 ;5, fig. I. La veine temporale superfcielle prend naissance des veines temporale moyenne , auriculaire antérieure, transversale de la face qui marchent satellites des artères du même nom, de plusieurs rameaux qui viennent des paupières , du sourcil , de la pommette, du conduit auditif externe et de l'articulation temporo-maxillaire. Ses radicules crâniennes communiquent avec les veines occipitale , frontale , et avec la temporale du côté opposé. La veine temporale superficielle descend en serpentant au-devant de l'oreille, et de sa réunion avec la veine maxillaire interne résulte un tronc qui pénèlre dans la glande parotide, et en reçoit des ramuscules. Ce tronc donne une assez grosse branche qui passe au-dessus du muscle digaslrique , et va se jeter dans la veine jugulaire interne ; il sort par la partie inférieure de la glande, et après avoir reçu la veine auriculaire postérieure qui accompagne l'artère du même nom , il prend le nom de veine jugulaire externe. Pl. î'S, fi'T. I. La Veine jugulaire externe (\ç,i>Q.^nà sur la partie latérale et antérieure du cou, placée d'a- I''- 2 )7. bord entre les muscles sterno-mastoïdien et peaucier ; ensuite elle passe derrière le muscle omoplat-hyoïdien , se trouve séparée du muscle peaucier par une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux , et parvenue près du bord externe du muscle slerno-mastoïdien , elle s'ouvre à la partie supérieure de la veine sous-clavière , en dehors de la veine jugulaire interne. Dans ce trajet, la veine jugulaire externe reçoit les veines cervicales cutanées et trachélo-scapulaires. Les premières peu nombreuses, viennent des muscles et de la peau de la région postérieure du cou. Les secondes , plus inférieures, rapportent le sang des muscles de l'épaule, et suivent le trajet des artères scapulaircs supérieure et postérieure. Près de son embouchure, et par sa partie iulernc, la veine jugulaire externe reçoit d'autres veines qui longent la clavicule, et forment au-devant des muscles slerno-hyoïdiens , par leurs anastomoses soit entre elles , soit avec celles du côté opposé , un plexus auquel viennent aboutir plusieurs grosses veines , qui naissent des muscles de la région sushyoïdienne.

Pi. 2'i7. B. Des veines qui dorment naissance à la veine jugulaire interne.

Pl. 173, ûg. I, Les veines cérébrales supérieures naissent des environs des fosses temporales internes par P1^i(k) G" I multitude des radicules très-ténues qui sortent de la substance des hémisphères céré-

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. 439 braux. Elles se dirigent en haut et en dedans, augmentent de plus en plus de volume , et gagnent la grande scissure cérébrale. Là, après avoir reçu les veines de la face plane des hémisphères, elles abandonnent le cerveau, et vont s'ouvrir obliquement dans les par-, lies latérales et inférieures du sinus longitudinal supérieur.

La veine du corps slrié a ses racines dans le corps du même nom ; elle se porto en arrière , en suivant le trajet de la bandelette demi-circulaire, sous laquelle elle est placée, et se réunit à la veine choroïdiennc. Celle-ci ramène le sang de la toile choroïdiciine , des plexus PI. ], il-. 2. cboroïdes, et reçoit quelques racines de la voûte à trois piliers. De la réunion de ces deux veines résultent deux troncs symétriques, connus sous le nom de veines de Galien.

Les veines de Galien se portent eu arrière dans la toile choroïdlenue : logées dans le canal pi. {\.^, , . formé par la pie-mère à son entrée dans le ventricule moyeu du cerveau , elles sortent de cette cavité sous l'extrémité postérieure du corps calleux , et se jettent, en s'eutrecroisant, dans l'extrémité antérieure du sinus droit de la dure-mère.

Les veines cérébelleuses supérieures sortent de la face supérieure du cervelet , et se réunissent en plusieurs troncs, qui montent en avant sur l'éminence vermiculaire supérieure, et s'ouvrent dans le sinus droit , vers sa partie moyenne.

veines cérébelleuses inférieures , au nombre de deux ou trois de chaque côté, naissent delà face inférieure du cervelet, et se réfléchissant sur sa grande circonférence, elles vont s'ouvrir dans les sinus latéraux et dans les veines de Galien.

hesveines cérébrales latérales et ;/z/^r?efjrc^ sont ordinairement au nombre de trois ou quatr e de chaque côté. Elles ramènent le sang des parties inférieures et latérales du cerveau , et le versent dans la partie supérieure des sinus latéraux. , derrière la base du rocher, et en traversant les faisceaux fdireux de la tente du cervelet.

La veine ophlhalmique a ses racines dans toutes les parties auxquelles se distribue l'arîère Pl. a du même nom, et résidte de la réunion des veines lacrymale , centrale de la rétine , sus-or- P'- - 4^, lig. a. litairc , musculaires , ethmoïdales , palpébrales , nasale , et des veines ciliaires , dont les radicules forment une des couches de la c'noroïde , et ont reçu , à cau;?e de leur flexuosité et de leurs nombreuses anastomoses, le nom de vusa vorlicosa. Elle sort de l'orbite par la partie interne de la fente sphénoïdale, et s'ouvre dans le sinus caverneux.

Les sinus de la dure-mère, chargés de tout le sang qui leur est apporté parles veines que ^nj nous venons de décrire , !e charrient vers les sinus latéraux qui, eux-mêmes, vieniieut aboutir au trou déchiré postérieur. En cet endroit la memb rane interne des veines abandonne la dure-mère; là commence la veine jugulaire interne par une dilatation nommée pi.jgj^ ^•^„ , golfe de la veine jugulaire, et qui est logée dans la fosse jugulaire. Presque toujours plus grand du côté droit que du côté gauche, le golfe est séparé de la veine par un étranglement; il est tapissé par la membrane interne du système veineux. La veine proprement dite descend à côté de l'artère carotide interne , le long de l'apophyse styloïde et des muscles qui s'y attachent; elle communique , par la branche assez considérable que nous avons décrite plus haut, avec la veine jugulaire externe; et aux environs de l'extrémité supérieure du larynx elle reçoit la veine faciale.

La veine faciale nuit par de nombreuses veinules étendues sur la partie anlériein'c et su- p] jjpérieure de la tête. Elle descend sur la partie moyenne du front, sous le nom de veine Pl'»i'^!''n frontale ou préparale, en communiquant h cquemment avec celle du côté opposé ; et par-

venue sur les côtés de la racine du nez, elle prend le nom de veine angulaire , et reçoit des veines palpéhrales et sourcilières, ainsi que des rameaux d'anastomose de la veine ophthalmique. C'est ici seulement que commence la veine faciale proprement dite ; elle descend en dehors au-dessous des muscles élévateur commun de l'aile du nez cl de la lèvre supépérieure et orbiculaire des paupièr-es , passe derrière le muscle grand zygomalique , et reçoit les veines dorsales du nez, les veines coronaires supérieure et inférieure des lèvres, et quelques t'iJiW buccales et massctcrines ; elle gagne alors la base de la mâchoire, descend en arrière entre la glande sous-maxillaire et le muscle peaucier, et , après avoir reçu les veines ranine , sous-mentalc , palatine inférieure , elle se jette dans la veine jugulaire interne.

La veine ranine naît de la pointe de la langue, accompagne le nerf grand hypoglosse entre les muscles mylo-hyoïdien et hyo-glosse , et se jette dans la veine faciale au-dessus des suivantes.

l'I. y^'Sjfic;. I. La veijie sous-mentale & racines dans la langue et la glande sublinguale, dans les

i i^>> lig- ' • niuscles digaslrique , peaucier, et mylo-hyoïdien , et dans la glande sous-maxillaire. Elle descend en arrière entre le ventre antérieur du muscle digastrique et le corps de la mâchoire , et se décharge dans la veine faciale ou dans la thyroïdienne supérieure.

Pl. 2 iG.fig. 1. La veine palatine inférieure naît des extrémités capillaires de l'artère du même nom , suit le trajet de celte même artère , et s'ouvre dans la veine faciale , après avoir reçu quelques rameaux des muscles plérygoïdien interne et slylo-glossc.

Au-dessous de l'embouchure de la veine faciale , la veine jugulaire interne reçoit les veines linguale et pharyngienne.

P1.2]6,fiç;. i. La veine linguale est formée spécialement par un réseau veineux placé à la base de la langue , au-dessous de la membrane muqueuse. Après avoir reçu plusieurs rameaux du tissu de la langue, de la glande sublinguale et du muscle génio-glosse , elle communique avec la veine ranine ; et descendant entre les muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien , elle longe le bord supérieur de l'os hyoïde pour se jeter dans la veine jugulaire interne, ou s'unir h la pharyngienne.

La veine pharyngienne naît du plexus veineux pharyngien , et se rend à la veine jugulaire interne.

Au niveau de l'extrémité supérieure du larynx , la veine jugulaire interne reçoit les veines

thyroïdienne supérieure et occipitale.

Pl. ■ik'i, n^. 1. La veine thyroïdienne supérieure est formée par un grand nombre de rameaux qui se comp1. 2^'^'.' °' * portent comme ceux de l'artère du même nom. Elle passe entre les muscles sterno-thy-

roïdien et'sterno hyoïdien , reçoit la veine laryngée, et va s'ouvrir par deux branches dans

la veine jugulaire interne.

PJ.2jG, fig. t. La veine occipitale naît de la terminaison de l'artère occipitale, et vient se décharger

dans la veine jugulaire interne, et quelquefois dans l externe.

Les veines diploïques proviennent des veinules étendues en réseau dans la substance du

diploë, et qui , par leur réunion successive, forment des rameaux et puis des branches

quelquefois garnies de petites valvules , et qui se dirigent en général vers la base du crâne. P1.257,fi{;. 1. On trouve assez ordinairement dans l'épaisseur de l'os frontal deux veines diploïques qui

se jettent dans les veines préparâtes. Il y en a presque toujours quatre, deux antérieures

et deux postérieures à&ns chaque temporal - ces quatre veines reçoivent une grande partie

(lu sang qui revient des pariétaux, et s'ouvrent dans les sinus latéraux et dans les veines Pl. 257. temporales profondes. L'occipital en renferme trois ou quatre , qui se déchargent dans les veines occipitales. Outre les anastomoses fréquentes des branches des veines diploïques entre elles, ces veines communiquent encore les unes avec les autres a travers les sutures ; les frontales s'anastomosent avec les temporales antérieures , et les occipitales avec les temporales postérieuî'es. On trouve aussi dans l'épaisseur de la suture sagittale des bx'anches d'anastomose entre les veines diploïques du côté droit et celles du côté gauche. Enfin un grand nombre de rameaux émissaires font communiquer ces mêmes veines avec les veines extérieures du crâne et les sinus de la dure-mère.

Le frontal, le pariétal, le temporal et l'occipital ne sont pas les seuls os de la tète qui présentent des veines diploïques; l'os sphénoïde , le palatin , le malaire , le maxillaire supérieur en contiejinent également , qui viennent s'ouvrir à la surface de ces os dans les veines enviroii'iantes , sous le nom de veines diploïques palatines , diploïques alvéolaires , diploïques sous-orbilaires, diploïques de la tubérosilé maxillaire , diploïques ttmporo-zijgomatiques, diploïques de l'os sphénoïde.

Après avoir reçu toutes les branches indiquées, la veine jugulaire interne descend sur les PI- 24"' parties antérieure et latérale du cou , en dehors de l'artère carotide primitive et du nerf pneumo-gastrique , entre le muscle sterno-raastoïdien, le grand droit antérieur de la tête, la colonne vertébrale et le scalène antérieur , et elle s'ouvre dans la veine sous-clavière. Quelques veines cutanées et des branches qui viennent de la glande thyroïde sous le nom de veines thyroïdiemies moyennes , vont se décharger dans cette veine tout près de son embouchure.

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