‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 166 sur 181 · DU SYSTÈME LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME LYMPHATIQUE

CONSIDERATIONS GÉNÉRALES

Le système lymphatique se compose des vaisseaux et des ganglions lymphatiques. Les vaisseaux hjmphaliques ou absorbans sont extrêmement nombreux. On admet généralement qu'ils naissent à la surface de la peau, des membranes muqueuses et séreuses, dans les aréoles du tissu cellulaire et dans le tissu des organes. Ils portent dans le système veineux les molécules qui doivent réparer nos organes , celles qui ont servi à la nutrition, et les produits des exhalations résorbés. Ceux qui appartiennent aux intestins, et sont chargés de transmettre la portion assimilable des alimens , pendant le travail de la digestion , ont été nommés chylifcres ou lactés ; du reste, ils ne diffèrent pas sensiblement des autres vaisseaux lymphatiques.

Dans quelque région du corps qu'on examine les vaisseaux lymphatiques , on les voit distribués en deux plans, l'un superficiel, l'autre profond.. Ainsi on trouve un réseau abondant de ces vaisseaux au milieu du tissu cellulaire sous-cutané : les autres occupent l'intervalle des organes, et se groupent ordinairement en faisceaux autour des vaisseaux sanguins qu'ils accompagnent. C'est aux membres surtout qu'il est facile de vérifier cette disposition. Les viscères thoraciques et abdominaux , recouverts extérieurement par un grand nombre de vaisseaux absorbans , en renferment également dans leur intérieur. PJ 26G 267 Les vaisseaux lymphatiques superficiels et profonds s'envoient réciproquement de nombreux rameaux d'anastomose. Souvent même ils se réunissent pour former des plexus, d'où ils s'échappent bientôt après , divisés de nouveau. Il existe constamment de semblables plexus à l'extrémité supérieure des membres.

On a trouvé des vaisseaux lymphatiques dans presque tous les organes, excepté peut-être dans le système cérébro-spinal, l'œil et le placenta ; ils viennent tous se rendre à un tronc principal, le cmml ihoracique , et à un tronc accessoire , la grande veine lymphatique droite. Pl. 279. Le canal ihoracique reçoit tous les vaisseaux lymphatiques de l'abdomen , des membres

inférieurs, du côté gauche de la poitrine, du membre supérieur gauche , et du côté correspondant de la tète et du cou , il s'ouvre dans la veine sous-clavière gauche. Les vaisseaux lyuqjhatiques du membre supérieur droit et du côté correspondant de la poitrine , de la tète et du cou , se déchargent dans la grande veine lymphatique droite , laquelle s'ouvre dans la veine sous-clavière correspondante.

Pl. 263,fjg.4, On ne sait rien de positif sur la disposition et la nature des premières racines des vais- ^' seaux lymphatiques : mais dès qu'où peut les apercevoir, on les voit se réunir, se séparer,

s'unir encore, et former ainsi des réseaux qui sont un des principaux élémens de la composition des organes et des membranes en particulier.

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Ces vaisseaux grossissent, et deviennent moins nombreux à mesure qu'ils s'éloignent de leur origine. Dans leur trajet, ils se divisent en branches, lesquelles s'unissent entre elles ou avec des branches voisines , de manière à former des espèces d'îles ou d'aréoles de figures et de dimensions très-variables.

Quoique le nombre des vaisseaux lymphatiques des membres ne soit pas fixe , on peut dire en général que le plan superficiel l'emporte sur le plan profond. Le contraire a lieu ordinairement pour le volume. Ceux du membre inférieur sont d'ailleurs presque toujours plus gros que ceux du membre supérieur ; ceux de la tèle sont fort petits. Mais cela varie suivant l'état des parties sur lesquelles on examine ces divers vaisseaux , et même d'un côté à l'autre du corps. Quant à la capacité totale du système lymphatique , Béclard la considère à peu près comme égaie à celle du système veineux.

Les vaisseaux lymphatiques sont cylindriques; mais ils présentent, à des dislances Pl. 265,fig.6, variables les unes des autres , des dilatations et des élranglemens qui leur donnent l'apparence de chapelets; ces dilatations dépendent de la présence de valvules placées dans leur intérieur.

Tous, après un trajet plus ou moins long , se ramifient , comme les artères , pour se jeter Pl. 266, (ig. 9, dans des ganglions, au-delà desquels ils renaissent par des racines analogues à celles des veines , et qui se réunissent comme elles pour former de nouveaux troncs. 11 n'est pas rare cependant de voir des vaisseaux lymphatiques passer à côté d'un ganglion sans s'y arrêter. Plusieurs anatomistes assurent même avoir vu des vaisseaux de l'aine et du dos arriver au canal ihoracique sans avoir pénétré dans un ganglion. Mascagni , au contraire, prétend qu'aucun de ces vaisseaux ne parvient au canal thoracique sans être passé au moins par un ganglion. On nomme affcrens les vaisseaux qui entrent dans un ganglion , et cffcmis ceux qui en sortent.

Les parois des vaisseaux lymphatiques , quoique très-minces , sont très-résistantes. Elles Pl. 265, fig. 7. sont composées de deux membranes. L'externe est cellulaire , et reçoit une espèce de gaine du tissu lamineux environnant. L'interne est beaucoup plus mince et plus unie. C'est elle qui, par ses duplicatures , forme les valvules. Ces valvules ont une forme parabolique ou semi-lunaire. Ordinairement disposées par paires , elles ferment complètement la cavité du vaisseau quand elles se rapprochent , et s'opposent efficacement au retour des fluides lymphatiques des troncs versdeurs racines. Telle est la disposition la plus commune , et celle qu'on observe à l'embouchure du canal thoracique et de la grande veine lymphatique dans les veines sous-clavières. Mais dans quelques points de la continuité des troncs, on ne trouve quelquefois qu'une seule valvule de forme circulaire , qui ne ferme pas complètement le canal. Une valvule unique se remarque également à l'insertion de certains petits vaisseaux dans un plus volumineux.

On peut suivre sur les vaisseaux. lymphatiques des vaisseaux artériels et veineux. Plusieurs anatomistes disent y avoir vu également des absorbans capillaires , mais aucun n'y a aperçu de nerfs.

Les ganglions lymphatiques sont des corps de grosseur et de couleur variables , situés sur Pl. 265, li-. i, le trajet des vaisseaux lymphatiques , et qui sont à ces vaisseaux ce que les ganglions ner- 0^^0,11, y^i. veux sont aux nerfs. On en rencontre à partir des articulations tibio-larsienne et humérocubitale pour les membres; et du canal carotidien et de l'extérieur de la base du crâne pour

la léle. Les parois antérieures de la poitrine et de l'abdomen en contiennent quelques-uns, mais le plus grand nombre se trouve dans les régions cervicales , axillaires , inguinales , et surtout dans les cavités thoracique et abdominale. On n'en a vu ni dans le crâne, ni dans le canal vertébral.

Leur volume varie suivant les diverses régions , depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'une amande. Ceux des membres supérieurs et de la têle sont petits ; c'est dans le mésentère ordinairement qu'ils sont les plus gros.

D'une forme presque toujours amygdaloïde, d'une consistance assez grande, ils sont d'une couleur qui diffère suivant les parties qu'ils occupent. Ainsi les ganglions souscutanés offrent une couleur d'un blanc rougeâtre plus ou moins foncé; ceux des environs du foie sont jaunâtres ; ceux de la rate et des poumons d'un brun noirâtre, et ceux du mésentère presque blancs.

PI 265, fig. g. On a beaucoup varié d'opinion sur la nature intime des ganglions lymphatiques. Albinus , Ludwig, Hewson, Wrisberg , Monro, Mcckel les croient composés entièrement de vaisseaux : Nuck, Mylius, Hunier, Mascagni, Cruikshank y ont aperçu des cellules. Sœmmerring y admet ces deux textures , et une troisième qui résulterait de leur combinaison. Béclard prétend que leur tissu est tout-à-fait vasculaire , mais que quelques-uns de leurs vaisseaux présentent une disposition érectile, très-évidente sur les glandes inguinales des vaches mortes pendant la lactation. Il paraît que parmi les vaisseaux afférens , les uns acquièrent et conservent une grande ténuité , tandis que les autres se dilatent en cellules, comme les veines de la verge : la même disposition a lieu dans les racines des vaisseaux efférens , et il résulte du plus ou moins grand nombre des vaisseaux de l'un ou de l'autre ordre dans les divers ganglions, un aspect différent qui expliquerait la différence d'opinion des anatomistes.

Quoi qu'il en soit , les ganglions lymphatiques sont enveloppés d'une membrane mince , fibrillaire, et qui envoie des prolongemens dans leur intérieur.

Lorsqu'on les comprime, on en voit sortir un liquide blanchâtre, lactescent, qui paraît contenu dans les vaisseaux. Ce liquide est plus abondant, et les ganglions plus mous, plus rougeâtres et plus volumineux chez les jeunes sujets que chez les adultes et les vieillards. Les sexes ne paraissent pas offrir de différence sensible sous ce dernier rapport.

Y a-t-il d'autres terminaisons du système lymphatique dans le système veineux que celles du canal thoracique et de la grande veine lymphatique droite dans les veines sous-clavières ? Les veines des diverses régions du corps reçoivent-elles de quelques vaisseaux lymphatiques , et puisent-elles dans les ganglions du même système le fluide qui y est contenu ? Il est certain , \° que les racines des vaisseaux lymphatiques ont une capacité beaucoup plus considérable que les troncs qui leur succèdent ; 2° qu'on retrouve souvent dans les veines du mésentère des substances injectées dans les vaisseaux lymphatiques; 3° que ces substances, après avoir traversé une glande lymphatique , se retrouvent conslammtnt et dans les vaisseaux efférens et dans les veines de cette glande; 4° que beaucoup d'anato. mistes ont vu distinctement du chyle dans la veine porte; 5° enfin on a expérimenté que le ligature du canal thoracique ne cause la mort que du dixième au quinzième jour.

Le docteur Fohmann, prosecteur à l'université de Heidelberg, et élève du célèbre Tiedemann , a fait des expériences aussi nombreuses qu'exactes , pour éclairer ce point obscur

cfanatomio : ses expériences ont été répétées chez l'homme , le chien , le phoque , la loutre, le cheval, la vache et les oiseaux, et toujours il a trouvé qu'il y avait communication des vaisseaux lymphatiques avec les veines clans les ganglions , de sorte que la lymphe apportée dans les ganglions par les vaisseaux afférents, semhle en être exportée à la fois par des vaisseaux lymphatiques et par des veines. M. Lauth, de Strasbourg, qui a répété les expériences du docteur Folimann, pense en outre qu'il y a des communications capillaires des veines avec les vaisseaux lymphatiques dans l'intérieur de tous les organes. Le docteur Lippi , de Florence , prétend avoir trouvé de gros troncs lymphatiques s'aboiichant direcîement dans les veines abdominales.

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