DE LA POITRINE EN GENERAL
Considérée dans son ensemble, la poitrine a la forme d'un cône tronqué , aplati d'avant en arrière , dont la base est en bas; elle est symétrique. On la divise en surface externe, surface interne, circonférence supérieure et circonférence inférieure. surface externe de la poitrine présente les régions suivantes : 1° Région antérieure rétrécie en haut , large en bas , et plus ou moins saillante , suivant les individus ; elle est un peu oblique en avant et en bas , à raison de la légère inclinaison du sternum. Elle présente au milieu la face cutanée du sternum , et l'appendice xiphoïde ; sur les côtés , les cartilages de prolongement des côtes , d'autant plus longs qu'ils sont plus inférieurs , et bornant en avant les espaces intercostaux. 11 résulte de la longueur différente de ces derniers organes, une série de lignes qui, dans chaque côte , indique son union avec
Pl. 25 flg.
Pl. 25, fig. 8.
D'ÂNATOMIE DESCRIPTIVE. C9
le cartilage correspondant. Cette série forme une ligne générale oblique en bas et en dehors, et servant à limiter latéralement la région antérieure.
2° Région poslcricurc plus large en bas qu'en haut , elle présente sur la ligne médiane , Pl. 39. la rangée des apophyses épineuses séparant les gouttières vertébrales ; celles-ci, formées par les lames des vertèbres , et bornées en dehors par la série des apophyses transverses , lesquelles sont articulées avec la tubérosité des côtes : plus en dehors on trouve une suite de surfaces appartenant aux côtes , et comprises entre l'angle et les tubérosités de chacun de ces os. Une ligne oblique en bas et en dehors , formée par la série des angles des côtes , détermine la forme de la région postérieure , qu'elle limite en dehors ; l'obliquité de cette ligne dépend de ce que les angles s'éloignent d'autant plus des tubérosités , que les côtes sont plus inférieures.
30 Régions latérales. Elles sont convexes, surtout en arrière; étroites en haut, plus larges en bas , elles sont formées par les côtes et les espaces qui les séparent. Ces espaces , au nombre de onze , ont en général plus de largeur à leur partie antérieure qu'à la postérieure; ils sont obliques comme les côtes ; courts et larges en haut, ils diminuent ensuite de largeur en augmentant de longueur, jusqu'à celui qui existe entre la huitième et la neuvième; alors ils diminuent de nouveau de longueur jusqu'au onzième ou dernier, lequel est très-court.
La surface inlernc de la poitrine présente aussi quatre régions : l** La région antérieure est légèrement concave , présente la face postérieure du sternum au milieu , et de chaque côté les cartilages costaux. 2° La région postérieure offre au milieu la saillie du corps des vertèbres dorsales ; cette saillie rétrécit sur la ligne médiane , le diamètre antéro-postcrieur de la cavité de la poitrine. De chaque côté on voit une large gouttière, allongée, profonde au milieu, parallèle à la colonne vertébrale, se trouvant au-devant de l'angle des côtes. 3° Les régions latérales sont concaves , formées par la face interne des côtes et les espaces intercostaux.
La circonférence supérieure de la poitrine ou son sommet, offre une ouverture oblongue transversalement, oblique en bas et en avant , formée en arrière par la colonne vertébrale , en avant par l'extrémité supérieure du sternum, et de chaque côté par la première côte.
La circonférence inférieure de la poitrine ou sa base, est très-évasée, mobile, et plus étendue pj transversalement que d'avant en arrière. Elle offre en avant une grande échancrure triangulaire, au fond de laquelle on trouve l'appendice xiphoïde , et qui est formée latéralement par le bord inférieur des cartilages des côtes abdominales. La base de la poitrine présente en arrière deux échancrures qui dépendent de l'inclinaison des deux dernières côtes sur !a colonne vertébrale, et de chaque côté, un bord convexe, formé par les cartilages des côtes abdominales. Elle est oblique en bas et en arrière, et descend bien plus dans ce dernier sens et sur les côtés , qu'en avant.
Direction de la poitrine. L'axe du cône tronqué que forme le thorax , est oblique en bas et en avant ; cette obliquité dépend surtout de l'inclinaison de la paroi antérieure , qui s'écarte de la colonne vertébrale à mesure qu'elle descend. Les parois latérales n'y concourent que très-peu.
Les diamètres antéro-postérieur et transverse de la poitrine sont , à cause de la forme conique de cette cavité , d'autant plus grands qu'on les examine plus près de sa base.
Les dimensians de la poitriAe offrent des difféi-fences individufeUés fort nombf euàes f qui portent spécialement les unes sur sa hauteur, les filtres sur sâ largëul*.
Elle présente également deS différences relatives aux sexes et aux âges , ainsi :
l^Elle a moins de hauteur et plus de largeur, surtout à ea hase, proportionnellement chez la femme que chez l'homme»
Pl. 2G. fig, 2, 2° Chez le fœtus elle est courte, fort évasée en bas , et plus étendue d'avânt efl arrière ^' que transversalement) confoi-mation produite par le peu de courbure de l'angle des côtes,
et parfaitement accommodée à la situation du coeur et du thymus, qui Sont à cet âge trèsvolumineux et placés à peu près au milieu de la cavité thoracique, tandis que les poumons à peine développés en occupent les parties latérales,^ 11 résulte de cette disposition que le sternum est d'autant plus oblique en bas et en avant, que l'enfant est plus jeune; cet os paraît ensuite s'abaisser, et son extrémité inférieure se porter en arrièrere à mesure que l'on avance en âge , de sorte que chez le vieillard il est presque parallèle à la colonne vertébrale. Les deux fosses longitudinales que forraefitles côtes en dedans de la poitrine Sur leâ régions latérales de l'épine , et qui logent la partie postérieure des poumons , ont peu de profondeur et de largeur. Les ouvertures supérieure et inférieure de la poitrine pàt-ticipcnt à la conformation particulière de cette cavité chez le fœtus; ainsi là première n'a poiht , à proportion gardée , une étendue transversale aussi considérable que chez l'adulte , tandis qu'elle est plus grande d'avant en arrière qu'elle ne le sera par la suite. La base de la cavité thoracique est plus étendue proportionnellement d'avant en arrière chez le fœtus que chez l'adulte, aussi la distance qui sépare la colonne vertébrale de l'appendice xiphoïde est chez le premier plus considéi-able que chez le dernier. Les côtes , sur un thorax de fœtus , sont plus rapprochées les unes des autres , qu'elles ne le seront dans un âge plus avancé.
Usages de la poihine. La poitrine forme une grande cavité qui loge le cœur et les poumons, principaux organes de la circulation et de la respiration; par sa solidité elle protège efficacement ces parties contre l'action des corps cxtérieui's; parla mobilité dont sont douées les diverses pièces osseuses qui la composent, elle concourt à l'exercice de la respiration. Envisagée sous ce dernier point de vue, elle peut se dilater ou se resserrer. Le premier mouvement qui produit X inspiration a lieu , svu'tout par l'élévation , l'écartement et le déjettement des côtes en dehors; il détermine l'entrée de l'air dans les poumons. Le second mouvement produit \ expiration ; il a pour but d'expulseï* l'air renfermé dans les poumons, et s'effectue spécialement par l'abaissement, le rapprochement des côtes.
IIL DU BASSIN.
On appelle ainsi une grande cavité osseuse, symétrique, ayant Id forme d'un cône tronqué et renversé , ouverte en haut et en bas , qui constitue l'extrémité inférieure du tronc j et dont les parois supportent en arrière la colonne vertébrale , et sont soutenues en avant par les fémurs auxquels elles transmettent le poids du corps. Le bassin est composé de quatre os larges, aplatis, savoir' : en arrière sdr la ligtlè médiane, le sacrum et le coccyx; de chaque côté et en avant , les deux os iliaques.
Placé à la partie postérieure et moyenne çlu bassin , cet os est impair, symétrique , d'une forme triangulaire , et recourbé sur lui-même. 11 offre deux faces ; une base , un sommet, et deux bords.
Face antérieure ou pelvienne. Elle est concave, présente , sur la ligne médiane, quatre Pl. 3o. flg. i. rainures transversales , indices de la réunion des pièces primitives de l'os , et qui séparent des surfaces concaves, quadrilatères. De chaque côté on voit quatre grands trous, nommés les trous sacrés antérieurs , obliquement dirigés en avant et eu dehors, communiquant aveç le canal sacré , précédés d'une gouttière et diminuant successivement d'étendue, de haut en bas.
Face postérieure on spinale. Elle est convexe, très-inégale, offre, sur la ligne médiane, ^'^ ^o. tip. 2. quatre ou cinq tubercules placés les uns au-dessus des autres , décroissant de longueur de haut en bas, et se terminant au-dessus d'une échancrure triangulaire obliquement taillée, laquelle forme l'orifice inférieur du canal sacré. Sur chaque côte on trouve : une surface rugueuse , couverte d'aspérités auxquelles se fixent des Ugamens et des muscles ; quatre ou cinq trous qu'on appelle seicrés postérieurs, qui sont irrégulièrement arrondis, communiquent avec le canal sacré , et diminuent de diamètre du supérieur vers l'inférieur. Ces trous sont bornés en dehors par des éminences tuberculeuses.
Base. Sa plus grande étendue est transversale. Elle présente au milieu une surface ovalaire , oblongue , comme celle du corps de la dernière vertèbre lombaire avec laquelle elle s'articule; l'orifice supérieur du canal sacré, ayant la forme d'un triangle, taillé obliquement et borné en arrière par deux lames osseuses qui correspondent aux lames des vertèbres ; de chaque côté une large surface lisse, convexe, inclinée en avant, et bornée dans ce sens par un bord mousse qui la sépare de la face antérieure de l'os , et fait partie du détroit supérieur du bassin; en arrière de cette surface existe une apophyse articulaire concave, dirigée en arrière et en dedans, laquelle s'unit avec l'apophyse articulaire de la dernière vertèbre lombaire.
Sommet. 11 est fort étroit, et présente une facette transversalement oblongue qui s'articule avec le coccyx.
Borels. Chacun présente en haut une surface rugueuse, taillée obliquement, irrégulière- Pl. 3o. lîg. 3. ment ovalaire , plus large en haut qu'en bas, et destinée à s'articuler avec l'os iliaque ; en basées bords sont minces, rugueux, libres, font partie de la grande échancrure saci'osciatique , et donnent attache à des ligamens.
Le sacrum est entièrement formé de tissu spongieux, recouvert d'une couche mince de Fl, 28. (ig. 2. tissu compacte. Il est creusé en arrière par un canal nommé sacré, qui fait suite au canal vertébral. Ce canal triangulaire, plus large en haut qu'en bas, aplati d'avant en arrière, courbé comme le sacrum , aboutit à l'échancrure de la face postérieure de l'os , et communique au dehors par les trous sacrés antérieurs et postérieurs qui en partent réellement.
Le sacrum, chez la femme, est plus large, plus court, et offre une courbure plus prononcée que chez l'homme. 11 se développe par trente-quatre à trente-cinq points d'ossification ; ceux-ci ne tardent pas à se réunir en cinq pièces principales , qui ont de la ressemblance avec les vertèbres , et se soudent elles-mêmes en une seule pièce.