‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 45 sur 181 · SQUELETTE DU FOETUS · texte numérisé non relu

SQUELETTE DU FOETUS

Le squelette du fœtus diffère essentiellement de celui de l'adulte. Plus le fœtus est jeune, Pl. 47. fig. 1, P^"^ ^'^ ^°"»' relativement aux membres, et plus la tête est volumineuse par rap-

port aux autres parties du tronc; ainsi chez lui, les dimensions de la tète l'emportent sur celles de la poitrine et du bassin.

A l'époque de la naissance, la tète , la colonne vertébrale , la poitrine et le bassin , offrent les particularités que j'ai fait connaître. Les membres supérieurs sont bien plus développés que les inférieurs; l'épaule est très - prononcée ; la clavicule offre déjà des courbui'es fort marquées; l'humérus est volumineux à ses deux extrémités, ce c|ui rend très-saillantes les articulations scapulo-humérale et huméro-cubitale. A l'avant-bras , le cubitus est remarquable par le développement de l'olécrâne , et le peu de saillie de l'apcphyGe coronoïde ; le radius a une direction telle, que son extrémité supérieure est bien plue aatcrieure qaa chez l'adulte; l'espace inter-osseux est proportionnellement plus étroit; le carpe est tout cart^ilagineux ; les os du métacarpe et ceux des doigts sont déjà très-prononcés.

Les membres inférieurs du fœtus sont peu développés. Dans le fémur, le col qui supporte la téte est plus court , et fait un angle plus droit avec le corps que dans l'adulte : le corps de cet os est à peine courbé; son extrémité inférieure, très-grosse, contribue pour beaucoup à donner au genou le volume qu'il présente alors ; la rotule existe à peine; les os de la jambe , cjuoique très-petits, sont néanmoins assez bien formés. Le pied est très-petit et peu développé. Les os des tarses sont encore presque entièrement cartilagineux; la saillie du calcanéum en arrière est peu marquée; les os du métatarse et des phalanges sont également peu avancés dans leur développement.

FIN DE l'oSTÉOLOGIË»-

DE LA SYNDESMOLOGIE.

]Vot's avons fait connaître les dispositions générales et la structure des parties qui entrent dans la composition des articulations, nous allons maintenant décrire chacune de ces articulations en particulier, '

ARTICULATION DE LA MACHOIUE INFÉIUEUIIE OU TEMPOUO-MAXILLATUE.

Cette articulation forine une double arthrodie, et résulte de la réception du condyle de l'os maxillaire inférieur dans là cavité glénoïde du temporal. La cavité glénoïde n'est articulaire que dans sa moitié antérieure , qui est revètué par un cartilage d'incrustation fort mince, lequel se prolonge au-dessous de la racine transverse de l'apophyse /.ygomatique. Un antre cartilage peu épais , recouvre le condyle de la mâchoire et se perd vers son col.

Cette articulation, maintenue par trois ligamens , est pourvue de deux membranes synoviales et d'un (ibro-cartilage qui assurent sa mobilité.

Ligament laliml cxUmc. C'est un faisceau mince, court, aplati, à fibres parallèles, plus Pl. 48. fig. i. large en -Iiaut qu'en bas, qui se fixe dans le premier sens , au tubercule qu'on observe au point de séparation des deux racines de l'apophyse zygomatique, et se termine dans le second, au côté externe du col du condyle de la mâchoire.

Ligament latéral interne. Il est plus mince et plus étendu que l'externe; sa forme est trian- pi, 48. fit;. 2. gulaire; il naît de l'épine du sphénoïde et de ses environs, et descend obliquement en devant, en s'élargissant, pour s'insérer en avant et au-dessus de l'orifice postérieur du canal dentaire inférieur.

Ligament st ijlo-maxillairc. C'est une espèce de cordon aponévrotique qui est presque étran- PL 48. fig. ger à l'articulation. Il se fixe ,^en haut , à l'apophyse slyloïde du temporal, et descend pour se terminer au sommet de l'angle de la mâchoire.

Fibru-cartilage inler-articiilaire, ' \\ est ovalaîre èt sépare les deux membranes synoviales PJ. 48. Cg. auxquelles il adhère fortement. Sa face supérieure est concave en avant et convexe en ^' ^' ^ arrière, pour s'accommoder à la forme de la racine transverse de l'apophyse zygomatique, et de la cavité glénoïde avec lesquelles elle est en rapport. Sa face inférieure est concave et appliquée sur le condyle. Sa circonférence est libre, excepté en dehors , où elle adhère au ligament latéral externe. Le fibro- cartilage est plus épais h sa circonférence qu'à sa partie moyenne, qui présente parfois une ouverture irrégulière par laquelle les deux membranes synoviales communiquent ensemble. Ses fibres sont concentriques.

Membranes synoviales. La supérieure se déploie sur la cavité glénoïde et la racine transverse Pl. 49. Hg- 3 de l'apophyse zygomatique , et se réfléchit ensuite sur la face supérieure du fibro-cartilage qu'elle tapisse. L' injerieure , après avoir revêtu la face inférieure de ce dernier organe, se porte sar le condyle qu'elle retrouve , en se prolongeant un peu plus en arrière qu'en devant.

AUTlCULATiONS DE LA COLONNE VERTEBRALE.

La colonne vertébrale, composée d'un granil nombre d'os qui se joignent ensemble par plusieurs points de leur surface, offre des articulations fort compliquées. De ces articulations, les unes sont i^énérales ; elles appartiennent à toutes les vertèbres : les autres sont particulières à certaines vertèbres , et présentent , à raison des variétés de forme de ces os , des diflérences importantes dans le nombre et la disposition des ligamens qui les unissent ; telles sont les articulations des deux premières vertèbres, soit entre elles, soit avec l'occipital. Nous examinerons d'abord ces dernières articulations, et ensuite celles qui sont communes à tous les os de la colonne vertébrale.

1° ARTICLILATION DE L\ lÈ 1 E AVEC LA COLONME VERTÉBRALE.

La tète est articulée à angle droit avec la colonne vertébrale qui lui sert de point d'appui , par une double arthrodie qu'on nomuie articulation occipito-atloïdiennc. Ceil '-ci résulte de la réception des condyles de l'occipilal dans les cavités articulaires supérieures de l'allas. L'ijccipital est en outre attacbé à la seconde vertèbre, par des ligamens qui constituent l'articidation vccipilo-axoïdicnne : les ileux premières vertèbres sont aussi unies entre elles, par une articulation appelée alloïdo - axoidlcnnc , qui sert aux mouvcmcns de rotation de la tête.

A. ARTICULATION OCCI PITO - ATLOÏDI EN N E.

Dans cette articulation , les condyles de l'occipital et les cavités arlicnlaires de l'atlas sont encroûtés d'un cartilage assez épais, et revêtus d'une membrane synoviale lâche, surtout en avant, qui se réfléchit de l'un sur l'autre; on trouve en outre deux liganicns occipilo-adoïdiens :

PI.49. fig. 1, Ligament occipito-ndoidim anUriciir. Il est situé entre l'arc antérieur de l'atlas, et la partie correspondante du pf)urtour du grand trou occipital. Il est formé de deux faisceaux : l'un étroit, arrondi , superficiel, vertical , formé de fdjres parallèles, descentl de l'apophyse basilaire au tubercule de l'arc antérieur de l'atlas ; l'autre plus mince , large , membraneux, placé au-dessous du précédent, s'attache en haut, au-devant du trou occipital , dans l'intervalle des deux condyles, et se fi.\e en bas , à l'arc antérieur de 1 atlas.

PI, 49, fig. 2. Ligament occipilo-alloîdien postérieur. Il est large , aplati, membraneux , et s'étend de la partie postérieure du grand trou occipital , à l'arc postérieur de l'atlas. 11 est simple à son insertion supérieure, mais en descendant il se sépare en deux lames, dont l'une postérieure, d'un tissu lâche et extensible, se fixe à l'arc de l'atlas, tandis que l'autre est plus épaisse, formée de fibres longitudinales, et se confond avec la dure-mère du canal vertébral. Ce ligament forme, de chaque côté , avec l'échancrure correspondante de la première vertèbre, une ouverture arrondie par laquelle passent l'artère vertébrale et le nerf sous-occipital.

B. ARTICULATION or.CIPITO - AXOIDI EN N E.

Il n'v a pas de surfaces osseuses conlijïuës pour celle articulalion ; l'occipilal et ra\is sont siniplenient unis par les Ugamcns odunloïdims , et par un li^amcnl occijjitoaxo'idien.

Li^amcns odonlouUcns. Il y en a deux. Us s'allachent sur le sommet el les côtés de l'apo- PI- 4y. H- 4. physc odonUù'de , el se dirigent ensuite en liaut el en dehors , pour se lerniiiier à la pai lie interne de chaque coudyle de l'occipital. Ils sont épais , arrondis , coniques , et recouverts en arriére par le ligament suivant.

Ligamcnl occipito-ax idicti. C'est un faisceau fibreux, large el aplati, à fdjres longitudi- PI- ''*9' 3nales, seirées, qui se five en haut, dans la gouttière basilaire, el descend deiriere l'apophyse odontoïde, pour se terminer de hi manière suivante : ses fibres profondes s'arrêtent àJa partie supérieure du ligament Iransverse de l'allas; les moyennes s'implantent à la partie postérieure du corps de l'axis; les postérieures se continuent a\ec le granti ligament vertébral postérieur, dont l'occipito-axoïdien semble former l'origine supéi-;

leure.

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