‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain, représentée en planches lithographiées. Tome III (volume 3)Chapitre 33 sur 46 · II. DES NERFS RACHIDIENS · texte numérisé non relu

II. DES NERFS RACHIDIENS

Ces nerfs sortent par les trous de conjugaison de la colonne vertébrale et par les trous sacrés. Ils sont au nombre de trente paires ; savoir : huit pour la région cervicale, douze pour la dorsale, cinq pour la lombaire , et cinq pour la sacrée. Ils naissent sur les côtés de la moelle par deux racines, l’une antérieure plus petite, l’autre postérieure plus grosse, et dans l’intervalle desquelles passe le ligament dentelé. Chacune de ces racines est formée par un nombre plus ou moins considérable de filamens, d’abord séparés les uns des autres, mais bientôt réunis dans leur passage à travers les trous de conjugaison. Avant de s’unir, la racine postérieure forme seule un renflement grisâtre, ovalaire, dur , sorte de ganglion duquel sort la branche qui se joint à la racine antérieure.

1 ° Des nerfs cervicaux.

Au nombre de huit paires, ces nerfs sont distingués par leur nom numérique, en les comptant de haut en bas. Le premier sort entre l’occipital et l’atlas ; le dernier, entre la septième vertèbre cervicale et la première dorsale. Leurs racines antérieures naissent de la moelle par sept à huit filamens isolés au lieu même de leur origine, mais bientôt réunies et augmentant de volume de haut en bas. Leurs racines postérieures, plus volumineuses , sont formées de filamens plus nombreux, qui convergent les uns vers les autres, de manière à former des cordons aplatis, triangulaires, d’autant plus larges qu’ils sont plus inférieurs.

Les trois premières paires des nerfs cervicaux sont dirigées à peu près transversalement en dehors dans le canal vertébral. Les suivantes descendent d’autant plus obliquement vers le trou de conjugaison par lequel elles doivent sortir, qu’elles sont plus inférieures.

Les racines sont séparées dans les trous de conjugaison par une lame mince de la duremère, et ne se réunissent qu’au-delà du renflement formé par la postérieure. De cette union résulte le tronc du nêrf lui-même, qui se divise après un court trajet en deux branches, l’une antérieure, et l’autre postérieure. MM. Ch. Bell, Shaw, Magendie, Béclard, Fodera, pensent que les racines antérieures et postérieures des nerfs de la moelle ont des fonctions spéciales. Suivant eux, les racines antérieures présideraient à la motilité, et les postérieures à la sensibilité des parties où ces nerfs se distribuent.

k. De la première paire des nerfs cervicaux, ou des nerfs sous-occipitaux.

La première paire des nerfs cervicaux a été considérée comme distincte des autres, par beaucoup d’anatomistes, qui l’ont nommée nerf sous - occipital. Ce nerf naît sur les côtés de la moelle, au-dessous du bulbe rachidien, par sept ou huit filets réunis en deux ou trois faisceaux, au-devant du ligament dentelé. Assez souvent il sort de la moelle, derrière ce même ligament, deux ou trois filets qui lui forment une racine à part, postérieure et un peu inférieure à l’autre. Ces deux racines se portent en dehors et en arrière , en con- Texte, .44

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vergeant; l’antérieure reçoit un filet du second nerf cervical, elles traversent le canal fibreux par lequel l’artère vertébrale entre dans le crâne, se placent entre cette artère et la gouttière de l’arc postérieur de l’atlas, et s unissent en formant un ganj, ion allonge, duquel sortent deux brancHes , l’une antérieure , et 1 axxlre postérieure.

Branche antérieure. Plus petite que la postérieure, elle se contourne en dehors de l’artère vertébrale, passe au-dessus de l’apophyse transverse de 1 allas, s engage entre les muscles petit droit inférieur et droit latéral de la tète, descend au-devant de 1 apophyse transverse, et se termine en s’anastomosant avec-un filet du second nerf cervical, et formant avec lui une sorte d’anse nerveuse.

Cette branche fournit : 1 ® un ou deux filets aux muscles petit droit anterieur et droit latéral de la tête ; 2 ° un filet qui remonte sur l’artère vertébrale jusqu au tronc basilaire; 3 ® un auti’e qui descend sur la même artère, et s’anastomose, dans le canal osseux qui la renferme, avec un filet ascendant du ganglion cervical inférieur , et avec le tronc de la seconde paire cervicale; 4 ® un filet au muscle grand droit antérieur de la tête. De l’anse qu’elle forme avec le second nerf cervical, proviennent plusieurs filets qui s’anastomosent avec les nerfs pneumo - gastrique, hypoglosse, et avec le ganglion cervical supérieur.

Branche postérieure. Plus grosse que l’antérieure, elle se dirige en arrière, vers l’espace triangulaire qui sépare les muscles obliques supérieur et inférieur, et grand droit postérieur de la tête, et se divise en trois rameaux qui s’écartent en rayonnant. Le premier se porte en dedans, entre les muscles grand complexes et grand droit postérieur de la tête, auxquels il se distribue, ainsi qu’au muscle petit droit postérieur. Le second se dirige en dehors, et se perd dans le muscle oblique supérieur de la tête ; le troisième descend vers le muscle grand oblique, et se divise en plusieurs filets, dont les uns se perdent dans ce muscle, tandis que les autres se portent au grand complexus, et s’anastomosent avec la branche postérieure du second nerf cervical.

B. De la seconde paire des nerjs cervicaux.

Branche postérieure. Plus grosse que l’antérieure, elle se réfléchit sous le bord inférieur du muscle grand oblique de la tête, remonte entre lui et le grand complexus, traverse ce dernier, devient sous-cutanée , et se sépare en plusieurs rameaux sur l’occipital. A son origine elle communique en haut avec le premier nerf cervical, et en bas avec la branche correspondante du troisième. Elle fournit aussi un filet au muscle angulaire de l’omoplate. Elle donne des filets en nombre variable, qui se distribuent dans les muscles grand coniplexus, petit complexus, splénius, trapèze. Elle se termine derrière la tête par des rameaux qui se portent dans le muscle occipital, les tégumens du crâne, et s’anastomosent avec les filets des nerfs frontal, sous-occipital, auriculaire postérieur, et avec ceux du plexus cervical.

Branche antérieure. Elle s’isole de la précédente à angle droit, se contourne sur l'articulauon alloido-axoïdienne latérale, entre les apophyses transverses des deux premières veite res, e e se ivise en plusieurs rameaux. L’un remonte sur l’atlas pour former une anse nerveuse avec un filet de la première paire cervicale ; un autre va par plusieurs divi-

sions s’anastomoser avec le ganglion cervical supérieur ; un autre se jette dans le muscle grand droit anterieur <le la tete ; un quatrième s’unit par deux ou trois anastomoses à la branche anterieure du troisième nerf cervical, pour concourir à la formation du plexus du même nom ; le dernier va s’anastomoser avec le nerf pneumo-gastrique.

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