I. Des nerfs lombaires
Pi. 149,(îg^ï, y ^ cinq paires de nerfs lombaires, qu on distingue par des noms numériques comme Pi!;9.,fig.2. ies autres nerfs rachidiens. La première paire sort entre les deux premières vertèbres PI. igS, fig, 1,
lombaires, et la cinquième entre la dernière vertèbre et le sacrum. Elles naissent très-près les une§ des autres du renflement inférieur de la moelle , par des racines formées de deux faisceaux de fibres très-larges , surtout les inférieures. Ces faisceaux, revêtus de névrilème et très-rapprocbes les uns des autres, forment ce que les anciens nommaient queue de cheval.
Ils descendent fort obliquement dans le canal vertébral, de sorte que le lieu de leur sortie est d’autant plus éloigné de celui de leur naissance, que le nerf qui en provient est plus inférieur. Du reste les racines postérieures des nerfs lombaires ne se comportent pas différemment de celles des autres nerfs rachidiens, et le tronc qui l'ésulte de leur union avec les antérieures se divise également en branches anlérieure at poslér-ieure.
Les branches postérieures des trois premières paires lombaires se dirigent en arrière entre les apophyses transverses des vertèbres correspondantes, traversent le muscle sacrospinal auquel elles abandonnent plusieurs rameaux, descendent sous les aponévroses des muscles superficiels , jusqu’aux environs de la crête iliaque, et vont se perdre dans la peau de la partie supérieure de la fesse et de la cuisse. Celles des quatrième et cinquième paires, beaucoup moins considérables que les précédentes, se perdent dans le muscle sacro-spinal.
Les branches antérieures envoient toutes un filet aux ganglions lombaires correspondans, pi communiquent entre elles, et forment le plexus lombaire. La première reçoit le filet d’anastomose de la douzième paire dorsale ; la dernière termine le plexus lombaire, et descend dans le bassin pour concourir à la formation du plexus sciatique.
J. Du plexus lombaire.
Ce plexus est formé par la réunion des branches antérieures des cinq nerfs lombaires. Placé au-devant de la base des apophyses transverses des seconde, troisième et quatrième vertèbres de cette région, derrière le muscle grand psoas; il est allonge, étroit en haut, et plus large à sa partie inférieure : il fournit les branches musculo-cutanée et génito-crurale, et se termine par les nerfs crural, obturateur et lombo-sacré.
1 ® Des branches musculo-cutanées. ■
Le plus souvent au nombre de trois, ces branches se portent en dehors, au-dessous du péritoine , jusqu’auprès de la crête iliaque. Bientôt elles percent les muscles abdominaux,, et deviennent sous-cutanées. .
"La. branche supérieure, née du premier nerf lombaire, après s’être dégagée du muscle grand psoas , auquel elle abandonne un filet, descend sur le muscle carré des lombes.; *- Parvenue à la crête iliaque, elle en suit le trajet, en distribuant des ramifications aux muscles iliaque et transverse, traverse ce dernier muscle vers son tiers antérieur, et.se. divise bientôt en deux rameaux. externe se perd dans la partie inférieure des trois muscles larges du bas-ventre, et dans les tégumens. Vinterne continue à ramper le long de la crête iliaque, s’étend sur l’arcade crurale jusqu’aux environs, du canal inguinal, et^ traversant l’aponévrose du grand oblique, va se perdre dans la peau de l’aine et de la région pubienne, dans le scrotum ou les grandes lèvres.
Pl.igSjfig.a.
M4NÜEL
PL ,97,fig. I, La hmmhe moÿezm naît également du premier nerf lombaire. Sortie du grand psoas, elle cQ-toie son bord exteime., passe au-devant du muscle ibaque,, derrière le péritoine, el traversant successivement les muscles larges de l’abdomen auxquels elle fournit beau., coup de ramifications,, elle se termine dans les tegumens, en envoyant un filet sur l’arcade crurale jusjque dans la partie supérieure et externe du scrotum ou de la grande lèvre.
PJ.:96,fig.i. ha.branahe provient par deux racines du second nerf lombaire. Se coinportaut
PI. 197- eg. 2. précédente jusque sur le muscle iliaque,, elle sort du bassin entre les deux épines
iliaques antérieures, et se divise bientôt en deux rameaux,. 1. exletnc se porte en dehors, et se perd par beaucoup de ramificaLions dans les tegumens de la partie postérieure et supérietw» de la cuisse, Vivtleme, qui paraît être la continuation de la blanche, traverse l’aponévrose fasc^ luta ., descend sur la face antérieure et externe de la cuisse jusqu’au
genou, en j^andant un grand nombre de filamens dans le tissu cellulaire et la peau des environs.
2® De la branche génilo-crurale.
PI. î97,fig.a. Naissant du premier nerf lombaire, et se renforçant d’un filet du second, dans l’épaisseur même du muscle psoas, ce nerf descend ensuite au-devant de ce muscle, derrière le péritoine, et se bifurque près de l’arcade crurale. Le rameau interne, plus volumineux que l’externe, traverse l’anneau inguinal, et va se répandre dans la peau du scrotum et de la partie supérieure et interne de la cuisse, dans le darlos, et dans les enveloppes du testicule. Le rameau externe accompagne les vaisseaux cruraux jusqu’au pli de l’aine, et se termine par beaucoup de filets qui se portent aux tegumens jusqu’à la partie moyenne de la cuisse, et s’anastomosent quelquefois avec le nerf crural.
3® Du nerf crural.
PI. î95,fîg.2. Ce nerf provient des branches antérieures des quatre premières paires lombaires. Il se dégage du psoas vers la quatrième vertèbre de celte région, descend sur la partie externe du même muscle, au-devant de l’iliaque, et leur donne des rameaux qui forment une espèce de réseau à leur surface; il se place ensuite au côté e.viçrne et postérieur de l’artère
S'î®8 ÿ’I' externe, dont il est séparé par un feuillet aponévrolique , et autour de laquelle il
jette quelquefois une sorte de plexus; il passe aveç elfe derrière l’arcade crurale, et se divise aussitôt en un grand nombre de rameaux, dont les uns sont superficiels et les autres profonds.
Les rameaux superficiels, au nombre de deux à six , traversent bientôt des trous fort apparens que leur présente l’aponévrose/«5c/<z lata , et s’épanouissent dans les tégumens de la partie interne et antérieure de la cuisse, par un grand nombre de filets, dont quelques-uns accompagnent la veine saphène jusqu’à la partie supérieure de la jambe.
Les rameaux profonds externes, plus ou moins nombreux, mais toujours plus volumineux que les précédeus, se portent en dehors et en bas entre les muscles iliaque, couturier et crural antérieur, et se terminent par des ramifications dans ces muscles, dans le tenseur de l’aponévrose fémorale, et la portion externe du triceps. Trois c<.. quatre filets, après avoir traversé le couturier, vont se perdre dans les tegumens.
Les rameaux profonds inlernes , moins considérables que les externes, sont destinés à la Pl.igg.fig. i. portion interne du triceps, aux muscles pectiné et couturier. L’un d’eux descend au-devant de l’artère crurale , puis à son côté externe, et se glissant sous le bord interne du couturier, il donne quelques filets à ce muscle, et se perd aux environs du genou. Le plus gros porte le nom de nerf saphène interne. Ce nerf reçoit un rameau du nerLobturateu.r, passe sous le couturier, dans la gouttière formée par le grand adducteur , et se dégage entre les tendons de ce dernier muscle et du triceps, après avoir fourni des filets dans tout son trajet. Il descend alors avec la veine saphène interne, en distribuant un grand nombre de filamens aux tégumens. Il suit toutes les divisions de cette veine, et se termine au gros orteil.
4° Du nerf obturateur.
Né spécialement des deuxième et troisième nerfs lombaires , le nerf obturateur descend Ph igSjfig. i. le long du bord interne du psoas, suit la partie latérale et un peu inférieure du détroit pi. lggjfl! î‘ supérieur du bassin, en accompagnant les vaisseaux obturateurs, et après avoir jeté un rameau dans les muscles du même nom , il traverse la partié supérieure du trou souspubien , pour se partager bientôt en deux branches, derrière les muscles pectiné et premier adducteur.
La branche antérieure se porte entre les muscles petit et moyen adducteurs, et se divise en deux rameaux ; l’un interne , qui se perd dans le droit interne, après avoir donné des filets au petit adducteur ; VtmXxq. externe, se porte en entier dans ce dernier muscle. Plusieurs filets cutanés naissent de ces deux derniers rameaux, ainsi que l’anastomose décrite avec le nerf crural.
La branche postérieure glisse entre les muscles petit et grand adducteurs, et se distribue PbigBjfig.a. à ce dernier muscle , en jetant des filets dans l’obturateur externe.
5® Du nerf lombo-sacré.
Ce nerf, formé par la branche antérieure de la cinquième paire lombaire, et par un PI. 195, fig. r.rameau volumineux de la quatrième , descend dans le bassin, et s’unit à la branche antérieure du premier nerf sacré, pour concourir à la formation du plexus sciatique; mais ^ auparavant il fournit
Le nerf fessier. Ce nerf, après s’étre renforcé de quelques filets du plexus sciatique, franchit l’échancrure du même nom , au-dessus du muscle pyramidal, et s’épanouit dans les muscles petit et moyen fessiers par un grand nombre de rameaux, dont quelques-uns s’étendent jusqu’au muscle du fascia lata.
K. Des nerfs sacrés.
11 y a ordinairement cinq ou six nerfs sacrés; le premier sort de chaque côté par le trou sacré PI- ^49, Gg.i, supérieur correspondant, et le dernier par l’échancrure de la partie supérieure du coccyx, Pl!l9i,fig.2. on entre le sacrum et le coccyx. Ils sont de moins en moins volumineux, depuis le premier Phj95,fig. 1,
Pl.igSjfig.
jusqu au dernier. Naissant du renflement inférieur de la moelle, par des racines semblables .à celles de tous les autres nerfs vertébrau.s , ils cotnp etent et terminent la cheval. Leur racine postérieure se renfle en ganglion dans le canal sacre lui-ineme, celle des trois dernières paires même assez loin des trous sacres inferieurs. I en résulté que h ironc fourni par la réunion des deux racines , descend quelque temps dans le canal sacré
aS'ant d’en sortir. , . ,
La gi’osscur des branches antérieures des nerfs sacres va en diminuant de haut en bas ; le contraire a lieu jusqu’à la quatrième pour les postérieures , qui diminuent ensuite de volume. .
Toutes Xcs branches posUrkarcs des nerfs sacrés communiquent entre elles à leur sortie du sacruuv. Les quatre premières se dirigent obliquement en dehors, traversent le sacrospinal et le grand fessier, donnent de nombreux rameaux à ces muscles, et vont se perdre dans les tégumens de la fesse et de la marge de l’anus. Les deux dernières se distribuent aux environs de l’anus.
Les branches antérieures s’anastomosent également entre elles. Les quatre premières, en sortant des trous sacrés antérieurs, envoient un ou deux rameaux d’origine aux ganglions correspondans du grand sympathique, et donnent naissance au plexus sciatique. Le plexus hypogastrique reçoit quelques filets de la troisième. La cinquième et la sixième, quand cette dernière existe, ne concourent que fort peu à la formation du plexus sciatique. Elles se répandent dans les muscles ischio-coccygien, releveur et sphincter de l’anus.