‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain, représentée en planches lithographiées. Tome IIChapitre 61 sur 65 · II. RÉGION PLANTAIRE MOYENNE · texte numérisé non relu

II. RÉGION PLANTAIRE MOYENNE

Elle est formée par le M. petit fléchisseur des orteils, l’accessoire du long fléchisseur et les lombricaux.

Muscle petit ou court Jléchisseur commun des orteils (=»).

Fl ii6 fîg î muscle est allonge, aplati, assez épais, et terminé en avant par quatre tendons. Il

s attache- en arriéré au calcanéum, à 1 aponévrose plantaire et à deux cloisons aponévrotiques qui le séparent, l’une en dehors du M. abducteur du petit orteil, et l’autre en dedans de l’adducteur du gros orteil. De là il se dirige horizontalement en avant, en augmentant d’abord de volume; mais bientôt il diminue, et vers la partie antérieure du métatarse il se divise en quatre portions, lesquelles se recouvrent successivement, et se terminent par quatre tendons. Ceux-ci se portent en avant en s’écartant, passent entré les languettes de l’aponévrose plantaire, s’engagent dans le canal fibreux placé sous les phalanges, offrent d abord des gouttières à concavité supérieure, qui reçoivent les ten-

, commun. Chauss. M. extemor Ireuis digitorum pedis. Soëmm. -

( 3 ) M. calcanéo-sous^phalangimen commun. Chauss. M.Jlexor breuis digitorum pedis. üoëmm.

dons du grand fléchisseur, se bifurquent pour laisser passer ces tendons, se réunissent se séparent de nouveau , et viennent se fixer, chacun par deux languettes, sur les parties latérales de la seconde phalange. Ce muscle est en rapport, en dedans, avec l’adducteur du gros orteil, et en dehors avec l’abducteur du petit. Il est recouvert par l’aponévrose plantaire, et appliqué sur l’accessoire du grand fléchisseur, les tendons de ce dernier muscle, les lombricaux. Il fléchit les secondes phalanges des orteils sur les premières, et celles-ci sur les os du métatarse. Il peut aussi agir sur la totalité du pied, et le courber de manière à augmenter la concavité de sa face plantaire.

Muscle accessoire du grand Jléchisseur.

Situé au-dessus du précédent, ce muscle est mince, aplati, quadrilatère. Il sé fixe aux faces inférieure et interne du calcanéum par de courtes fibres aponévrotiques. Ses fibres charnues, toutes parallèles, constituent un faisceau quadrilatère qui se dirige horizontalement en avant, et vient se terminer au-dessus et en dehors du tendon du grand fléchisseur, à l’endroit où il se divise en quatre portions. Le muscle accessoire sert d’auxiliaire au long fléchisseur commun des orteils , dont il augmente la force. Il corrige aussi l’obliquité dans laquelle ce dernier muscle tend à entraîner les orteils en les fléchissant.

Pi. 2.

Muscles lombricaux (i).

On appelle ainsi quatre petits muscles analogues à ceux de la main, qui s’implantent, 0 le premier ou le plus volumineux, en dedans du tendon du grand fléchisseur qui va au second orteil, et les trois autres, entre les quatre tendons du même musele. De là ils se portent en avant, les deux latéraux obliquement, les deux moyens^directement, et donnent chacun naissance à un tendon. Ces tendons traversent une sorte d’ouverture que forment les languettes de l’aponévrose plantaire et le ligament transverse du métatarse, se glissent en dedans de l’articulation métatarso-phalangienne, et vont se fixer d’abord au côté interne de la base de la première phalange, et ensuite, par une expansion , au tendon extenseur correspondant. Les M. lombricaux, recouverts par l’aponévrose plantaire , sont profondément appliqués sur les BI. abducteurs oblique et transverse du gros orteil et les interosseux. Ces muscles portent les orteils en dedans. Ils contribuent aussi à la flexion des premières phalanges et à l’extension des secondes et des troisièmes.

IIl. RÉGION PLANTAIRE INTERNE.

Elle présente les M. adducteur, petit fléchisseur, abducteurs oblique et transverse du gros orteil.

Muscle adducteur du gros orteil (2).

Placé le long du bord interne du pied , ce muscle est épais , aplati, allongé, plus gros pi. hg, fig.

■ {i) M. planti-sous-phalaiigien. Chauss. 31. lumhricalis. Soemm. — ( 2 ) 31. calcanéo-sous-phaiangien du premier orteil. Chauss. 31. adductor hallucis^ Soëmni.

PWïe, fig. i, a.

Pl.u7,fig.î.

en arrière qu’en avant. Il s’attache en arrière , au ligament annulaire interne du pied, à la partie interne et postérieure du calcanéum, à l’aponévrose plantaire et à la cloison qui le sépare du court fléchisseur. Les fibres charnues nées de ces différentes^ insertions se dirigent obliquement, et se terminent successivement sur un tendon placé d’abord au milieu du muscle. Ce tendon ne tarde pas à paraître à sa partie inférieure , s’unit à la portion interne du petit fléchisseur du gros orteil, et vient s’attacher avec elle à la partie postérieure et interne de la première phalange du gros orteil. Ce muscle est recouvert en bas par l’aponévrose plantaire ; en haut, il est en rapport avec le tendon du grand fléchisseur commun des orteils et son accessoire, le long fléchisseur du gros orteil, la terminaison des tendons des jamhiers antérieur et postérieur.

Muscle petit Jléchisseur du gros orteili^)»

Placé en dehors du précédent, ce muscle est allongé ,■ aplati, épais , simple à son extrémité postérieure, divisé en deux faisceaux à l’antérieure. Il s’attache, par un tendon aplati et par des fibres aponévrotiques, à la facé inférieure du calcanéum, aux deux derniers os cunéiformes et aux ligamens de ces os ; il prend aussi des insertions aux cloisons aponévrotiques qui lé séparent du petit fléchisseur des orteils et de l’abducteur du gros. Les fibres charnues provenant de ces differentes insertions , courtes et obliques, se portent en avant, et forment un faisceau creusé d’une cannelure "moyenne pour recevoir le tendon du grand fléchisseur ; ce faisceau devient de plus en plus volumineux à mesure qu’il s’avance, et se divise en deux portions avant d’arriver à la première articulation métatarso-phalangienne; l’interne, plus cousidérable, s’unit entièrement à l’adducteur, et se fixe avec lui, par de courtes aponévroses, à l’os sésamoïde interne de l’articulation de la première phalange ; l’externe, plus petite , se jo'nt à l’adducteur oblique , pour s’attacher avec lui à l’os sésamoïde externe, et en dehors de l’extrémité postérieure de la même phalange. Ce muscle est recouvert par l’aponévrose plantaire -, le tendon du grand fléchisseur du pouce, et un peu par Tadducteur et l’abducteur oblique. Il est appliqué sur le tendon du long péronier et sur le premier os du métatarse. Il a pour usage de fléchir la première phalange du gros orteil sur le premier os du métatarse.

Muscle abducteur oblique du gros orteil C^).

Placé en dehors du précédent, ce muscle est court, mince, irrégulièrement triangulaire ; il se fixe, par des fibres aponévrotiques assez prononcées, à la face inférieure du cuboïde , à la gaine fibreuse du grand péronier et à l’extrémité postérieure du troisième et du quatrième os du métatarse. Les fibres charnues nées de ces diverses insertions se réunissent, et le faisceau qu’elles forment, d’abord mince et aplati, se rétrécit en se portant en avant et en dedans , s’unit à la portion externe du petit fléchisseur du gros orteil et un peu à son abducteur transverse , et va s’attacher avec eux à l’os sésamoïde externe dé la première articulation métatarso-phalangienne, et en dehors de l’extrémité corres-

M. tarso-sous-phalangien du premier orteil. CAxAasfi. M. flexorbreuis haltucis. Soèmm. — (2) M. mélatarso-sous-phalangien du piemier orteil. CAtO-Uss. M. abductor haltucis, Soëtnm.

pondante de la première phalange. Ce muscle est en rapport, en dehors , avec les interosseux; en bas, avec les tendons du grand fléchisseur des orteils, son accessoire, les lombricaux, et l’aponévrose plantaire ; en dedans, il s’unit étroitement au court fléchisseur. Il porte le gros orteil en dehors, et fléchit légèrement sa première phalange.

Muscle abducteur transverse du gros orteil (»).

Situé transversalement à la partie antérieure de la plante du pied, sous les têtes des PI.îï7,fig. quatre derniers os du métatarse, ce muscle est mince, allongé et aplati. Il se fixe par des languettes charnues, distinctes, aux ligamens qui unissent en bas les os du métatarse aux orteils. Ces languettes forment par leur réunion un petit faisceau à fibres parallèles, plus longues en arrière qu’en avant, qui se dirige en dedans, s’unit à l’abducteur oblique, et s’attache avec lui par de courtes fibres aponévrotiques, en dehors de l’extrémité postérieure de la première phalange du gros orteil. Ce muscle est en rapport, en haut, avec les interosseux, en bas avec les tendons des deux fléchisseurs des orteils, et les M. lombricaux. 11 porte le gros orteil en dehors, rapproche les têtes des os du métatarse les unes des autres, et donne ainsi à la plante du pied la forme d’une gouttière allongée d’avant en arrière.

lY. KÉGIOX PLANTAIRE EXTERNE.

Elle présente les M. abducteurs et court fléchisseur du petit orteil.

Muscle abducteur du petit orteil W.

Situé à la partie externe de la plante du pied, ce muscle est allongé, aplati, beaucoup p| plus épais en arrière qu’en avant. Il se fixe , 1 “ par de courtes aponévroses , à la partie inférieure et postérieure du calcanéum ; 2® à une cloison aponévrotique qui îe sépare du court fléchisseur commun des orteils; 3 ® à Taponévrosê plantaire qui, en cet endroit, se porte du calcanéum à l’extrémité postérieure du cinquième os du métatarse. Le corps charnu du muscle, fort épais en arrière, devient de plus en plus mince, à mesure qu’il s’avance le long du bord externe du pied. Ses fibres charnues sont courtes, et se terminent obliquement sur un long tendon aplati, lequel s’en sépare seulement vers l’extrémité des derniers os du métatarse , et vient se terminer en dessous de l’extrémité postérieure de la première phalange du petit orteil. Ce muscle est en rapport en bas avec l’aponévrose plantaire ; en haut avec le calcanéum , le ligament calcanéo-cuboïdien inférieur , la gaine du M. grand péronier et le court fléchisseur du petit orteil ; en dedans avec le court fléchisseur commun. Ce muscle porte le petit orteil en dehors, et le fléchit légèrement.

Muscle court Jléchisseur dwpetit orteil (3).

Placé en dedans du précédent, ce muscle est court, allongé, plus, épais au milieu qu’à Pi.iï6,fig

(i) M. métatario-sous plïalangien Jransi'ersal du premier orteils Chaass. M. transversus pedis. Soè'mm.

— (a) M. calcattèo-sous^-phalangien. du petit orteil. Chauss. Jil. ahdictor digiti minimi pedis. Soemm.

— ^3) M.tarso-sous-^phàlangettien, du petit orteil. Chauss. M. Jîexar hrevisdigiti minimipedis. Soè'min.

P, S„ . ses extrémités î il s’attache par des fibres charnues très-prononcées, au-dessous de l’extré-

■ ’ ° ' mité postérieure du cinquième os du métatarse, et un peu à la gaine du grand peronier ;

de là il se dirige en avant, augmente de volume , et bientôt se rétrécit, pour venir s atta-, cher, par des fibres aponévrotiques assez longues, en dehors de l'extrémité postérieure de la première phalange du petit orteil. ïl est recouvert par l’abducteur et par 1 aponévrose plantaire ; il est appliqué sur le cinquième os du métatarse et le M. interosseux du petit doigt.

y. région interosseüse.

On trouve dans cette région sept petits muscles places entre les os du métatarse : six appartiennent aux trois orteils du milieu, et un au petit. Le gros orteil n en présente pas. Comme à la main, quatre de ces muscles sont dorsaux ou situés à la face dorsale du pied; les trois autres sont plantaires, et correspondent à la plante du pied ; on les a distingués, pour chaque orteil, en adducteurs et en abducteurs (0.

Muscles interosseux du second orteil.

fî.ïiy.fig. 2 Mdsçle adducteur. C’est le plus volumineux des M. interosseux; dorsal, prismatique et triangulaire, il s’attache en dedans à la partie postérieure de la face externe du premier os du métatarse, et en dehors au côté interne du second. Les fibres charnues provenant de cette double insertion, se rendent obliquement sur les côtés d’un tendon caché dans leur épaisseur, qui glisse en dedans de l’articulaiion du second os du métatarse avec la phalange, correspondante, et s’attache à la partie interne de ce dernier os , en envoyant un prolongement au tendon extenseur du second orteil. Ce muscle porte au dedans le second orteil, et le rapproche ainsi du premier.

?!.ÎÏ 7 ,Muscle abducteur. Il est dorsal, et présente la même forme que le précédent; il remplit le second espace interosseux, s’attache tout le long du côté externe du second os du métatarse, et en dedans du troisième. Les fibres charnues provenant de cette double insertion se rendent sur un tendon commun, lequel glisse en dehors de l’articulation métatarso-phalangienne du second orteil, et va s’attacher à la partie correspondante de la première phalange et du tendon extenseur. Ce muscle porte en dehors le second orteil.

Muscles interosseux du troisième orteil.

FLiï 7 jfig. 2 , Muscle adducteur. Il est plantaire, et se trouve placé au-dessous du second espace '*■ interosséux. Il s’attache, par des aponévroses assez fortes, à toute la partie inférieure de

la face interne du troisième os du inétatarsé, et aux ligamens inférieurs de l’articulation de cet os avec le troisième cunéiforme. Les fibres charnues nées de cette insertion forment un faisceau aplati et triangulaire, et viennent se rendre sur les deux faces d’un tendon qui ne tarde pas à s en isoler, pour se terminer en dedans de l'extrémité posté-

(ij M. métatarso-phalangiens latéraux. Chauss. M. interossei exîerni et interni. Soëmm.

rieure de la première phalange, et au tendon extense\ir du troisième orteil. Ce muscle porte en dedans le troisième orteil.

Muscle abducteur. Il est dorsal, de forme prismatique et triangulaire. Il se fixe à toute Pl. 117 .fig. 3. la face externe du troisième os du métatarse, et à la partie supérieure de la face interne du quatrième. Ses fibres charnues se rendent sur les côtés d’un tendon commun, lequel, parvenu en dehors de l’articulation métatarso-phalangienne, s’en isole, et vient se terminer à la partie postérieure externe de la première phalange , en envoyant une expansion au tendon extenseur correspondant. Ce muscle porte en dehors le troisième orteil.

Muscles interosseux du quatrième orteil. ‘

Muscle adducteur. Il est plantaire aplati, prismatique, et situé au-dessous du troisième espace interosseux. Il s’attache à la partie inférieure de la face interne du quatrième os du métatarse et aux ligamens qui unissent cet os au tarse ; ses fibres charnues se rendent toutes sur la face externe d’un tendon commun , d’abord aplati, puis arrondi, lequel s’attache en dedans.de l’extrémité postérieure de la première phalange du quatrième orteil et à son tendon extenseur. Il produit l’adduction du quatrième orteil.

Muscle abducteur. Il est dorsal et plus volumineux que le précédent ; sa forme est prismatique et triangulaire. Il s’attache à la partie supérieure de la face interne du cinquième os du métatarse et à toute la face externe du quatrième; les fibres charnues provenant de nette double insertion se rendent sur les côtés d’un tendon qui va se fixer en dehors de l’extrémité postérieure de la première phalange du quatrième orteil et au tendon extenseur correspondant. Ce muscle porte le quatrième orteil dans l’abduction.

Muscle interosseux du petit orteil.

Il n’en présente qu’un seul, qui est adducteur et plantaire. Il s’attache à la partie infé- pi. ii 7 ,fig.i, rieure de la face interne du cinquième os du métatarse et à la partie correspondante de la gaine du M. grand péronier latéral; sés fibres charnues forment un faisceau allongé qui se termine par un tendon aplati : celui-ci passe en dedans de l’articulation métatarso-phalangienne du cinquième orteil, et va se terminer à la partie postérieure interne de la première phalange et au tendon extenseur correspondant. Il porte en dedans le cinquième orteil.

Les M. interosseux, considérés dans leur ensemble,-sont en rapport, 1^ en haut, les dorsaux, avec les tendons des deux extenseurs et l’aponévrose dorsale du pied ; les plantaires , avec les M. dorsaux qui occupent les mêmes espaces intèrosseux ; 2® en bas , les M. dorsaux correspondant aux plantaires ; ceux - ci ont des rapports plus ou moins médiats avec les muscles du gros orteil et du petit, les tendons des fléchisseurs et les lombricaux ; 3 ® en dedans et en dehors , ces muscles se correspondent, ou bien aux os voisins du métatarse. Les M. dorsaux offrent chacun , comme on a pu s’en convaincre, deux faisceaux venant des deux os du métatarse qui limitent l’espace interosseux correspondant.

Les plantaires n’offrent qu’un seul faisceau attaché à l’os correspondant du métatarse.

Pl.rî 7 ,fig. 3 .

Pl.rt7,fig.2.

Texte,

Des aponévroses d'enveloppe de Yabdomen et du membre inférieur.

PI. 120,fîg. I,

Pl.ug, Gg.i, a.

Nous avons déjà vu comment les aponévroses des M. larges de l’abdomen se comportent , pour former en avant une gaine fibreuse au M. droit, et donner naissance à la ligne blanche, en se réunissant intimemént les unes avec les autres. Il nous reste maintenant à faire connaître quelques autres aponévroses qui: concourent encore a augmenter l’épaisseur des parois abdominales, et celles qui servent d’enveloppe a tout le membre, inférieur. Ces aponévroses semblent ne former qu’un seul système de membranes ; elles se continuent toutes les unes avec les autres, et les. divisions qu’on a établies entre elles, ne servent qu’à faciliter leur étude, qui est fort importante en chirurgie. Ces membranes aponévrotiques, que nous, allons décrire, sont : 1° à l’abdomen, \aponévrose superficielle (fascia superjicialis') ; \aponévrose profonde {.fascia Iransversalis') ; 2° au bassin, Xaponévrose iliaque i^fas cia iliaca'), g,\.V aponévrose pelvienne {fascia pelvis') \ 3 p à la cuisse, Xaponé-. vrose crurale {fascia lata) 4 ° à la jambe, Xaponévrose jambière 6 ° au pied, Xaponévrose dorsale du pied et Xaponévrose plantaire.

1 ® aponévrose superficielle {fascia superficialis) est une grande membrane, autant celluleuse qu’aponévrotique, qui entoure l’abdomen, surtout en avant, et se prolonge sur la cuisse. Formée d’abord par du tissu cellulaire condensé, non graisseux, elle recouvre le M. grand oblique et son aponévrose. Elle adhère aux fibres charnues de ce muscle ; en dedans, elle se confond avec celles du côté opposé, au-devant de la ligne blanche; en dehors, elle glisse sur la crête iliaque, devient entièrement celluleuse, et se jette sur les M. grand et moyen fessiers ; au-devant de l’abdomen, elle est formée de fibres qui se croisent dans plusieurs directions ; en bas, elle passe au-devant de l’arcade crurale, ou repli inférieur de l’aponévrose du grand oblique, et lui adhère intimement en dehors. Au niveau de l’anneau inguinal, qu’il entoure, sans lui être très-adhérent, le fascia superficialis se porte sur le cordon testiculaire, auquel il fournit une gaine celluleuse extérieure, qui l’accompagne jusqu’au fond du scrotum : cette gaîne embrasse aussi la tunique vaginale et le testicule, et concourt à former le dartos et la cloison des bourses , comme je le ferai voir en parlant des enveloppes des testicules et de leur mode de formation. En-dedans de l’anneau inguinal, le fascia superficialis se dirige vers la racine de la verge, et se confond avec le tissu cellulaire filamenteux, dont elle est entourée. Au-dessous de l’arcade crurale, ses fibres sont fort distinctes ; elles,forment de grandes mailles allongées , fibreuses, qui laissent entre elles des areoles, dans lesquelles sont logés des pelotons de graisse et des ganglions lymphatiques. Parvenue la cuisse, \& fascia superficialis est appliqué sur l’aponévrose fémorale. Il se confond avec lé tissu cellulaire sous-cutané au-dessous de cette partie du membre inférieur. En dedans, il se fixe à la branche de l’ischion, près la racine, du corps caverneux, A quelque distance au-dessous de l’arcade crurale, il passe au-devant de l’ouverture aponévrotique que l’aponévrose fémorale présente à la veine saphène, et a^ère assez; étroitement à cette ouverture ; U descend ensuite sur la veine saphène, qui le sépare de l’aponévrose fémorale , et se confond aux environs du genou, avec le tissu cellulaire sous cutané.

2 ° L aponévrose profonde {^fascia Iransversalis) ^ que j’appelle ainsi à raison de sa situa-

tîon, relativement aux autres aponévroses de la paroi antérieure de l’abdomen, est une membrane fibreuse qui recouvre la face interne du M. transverse, dans la région inguinale , et la sépare du péritoine. Ce fascia doit être considéré comme une expansion provenant du bord postérieur de la gouttière formée par l’aponévrose du grand oblique, qui se réfléchit en arrière, puis en haut pour lui donner naissance. En haut, il se perd en se confondant insensiblement avec le tissu cellulaire qui couvre la face interne du M. transverse , et se prolonge jusque vers les insertions du diaphragme à la base de la poitrine.

En dedans, il provient, chez la plupart des sujets, du boi’d externe du tendon du M. droit de Tabdomen, qui s’amincit peu à peu pour se confondre avec lui. Dans cet endroit, ses fibres sont très-prononcées, affectent une direction verticale un peu inclinée au-dedans, et sont coupées à angle droit, par quelques fibres transversales. En bas et en dehors, il provient du bord postérieur de l’aponévrose du M. grand oblique, mais de plus , il reçoit une expansion que lui fournit le fascia iliaca. Au-dessus , et vers la partie moyenne de l’arcade crurale, \e fascia est percé d’une ouverture oblongue,

dont le grand diamètre est vertical, et dont le bord interne , plus épais que l’externe, est soutenu par un faisceau fibreux falciforme qui se détachede l’arcade elle-même. On doit considérer cet orifice comme l’entrée d’un canal infundibuliforme qui, chez l’homme, reçoit les vaisseaux du cordon testiculaire dont il constitue la gaine propre , en se prolongeant sur eux. La gaine qu’il forme autour du cordon est un long tuyau membraneux et celluleux, facile à isoler, qui l’accompagne jusqu’au bord supérieur du testicule , et se confond avec le tissu cellulaire qui enveloppe la tunique vaginale. Dans le canal inguinal, la gaine propre du cordon testiculaire est recouverte en avant par les fibres inférieures du M. petit oblique qui descendent ensuite au-devant d’elles, en formant le crérnaster. Par sa face interne, elle est en contact avec les vaisseaux spermatiques qu’elle renferme, et leur est unie par un tissu cellulaire lamèlleux. Chez la femme, cette gaine renferme le ligament rond de l’utérus.

Canal inguinal. Le passage du cordon testiculaire à travers les parois abdominales, se pi. t fait non par un simple anneau fibreux, mais par un véritable canal oblique, que l’on nomme inguinal. En se réfléchissant en arrière pour donner naissance au fascia transversalis, l’aponévrose du grand oblique constitue avec ce dernier une profonde gouttière dont la convexité regarde en bas, vers le canal crural, et appuie en partie sur les M. iliaque et psoas réunis, sa cavité étant dirigée en haut, et correspondant au canal inguinal. Cette gouttière, étendue de l’épine iliaque à la face supérieure du pubis, donne attache dans presque toute sa longueur, aux fibres des M. petit oblique et transverse, et de plus loge le cordon testiculaire enveloppé dans sa .gaine propre. Sa paroi antérieure -, fort épaisse, est formée par l’aponévrose du grand oblique et présente en bas et en dedans, près le pubis ,

' Y ouverture inférieure du canal inguinal oviaivneaù inguinal. Sa paroi postérieure, constituée par le feuillet réfléchi de l’aponévrose du grand oblique ou fascia transversalis qui remonte en arrière pour embrasser les M. petit oblique et transverse, est percée vers son milieu par Y ouverture supérieure du cSnal inguinal. Celle-ci est située plus en dehors et plus haut que la précédente dont elle est éloignée d’un pouce et demi environ. Cette distance détermine réellement la longueur du canal inguinal que parcourt obliquement le cordon spermatique. Entre l’orifice supérieur du canal inguinal et l’épine iliaque antérieure et supérieure, la gouttière du grand oblique reçoit seulement les M. petit oblique et transverse : entre l’ori-

fice supérieur et l’orifice inférieur, elle forme le canal inguinal rempli par les mêmes muscles et de plus par le cordon testiculaire : enfin en dedans de l’anneau inguinal elle se termine sur le pubis par un petit espace triangulaire, borné en avant par le pilier interne de l’anneau et en arrière par le M. pyramidal et le tendon du M. droit. On voit, d’après ce qui précède, que le canal inguinal est obliquement dirigé en bas , en dedans et en avant. Il est plus large et plus prononcé chez l’homme que chez la femme. Nous ferons connaître par la suite les rapports que ce canal contracte avec des vaisseaux importans.

PI. ïi8,fig.2. Jponévrose iliaque {fascia iliaca). Nous avons vu comment le tendon du M. petit psoas, couché d’abord au-devant du grand muscle du même nom, descend ensuite en dedans de lui, pour venir se fixer, en s’élargissant, à l’éminence ilio-pectinée. Du bord externe de ce tendon naît le fascia iliaca, expansion fibreuse très-forte qui passe au-devant du M. iliaque, et va s’attacher tout le long de la lèvre interne de la crête iliaque, entre le M. transverse de l’abdomen et l’iliaque. En bas, où elle est fort épaisse, cette aponévrose, d’une part, s’attache derrière l’arcade crurale, en se continuant avec le fascia transversalis, de 1 autre se porte à la cuisse, en passant sous cette arcade, et descend au-devant des M. psoas et iliaque, pour se continuer avec le feuillet profond de l’aponévrose crurale.

PI. 118, %. 2. U aponévrose que j’ai nommée pelvienne {fascia pelvis ) naît de la partie interne du tendon

du petit psoas ; elle va se fixer au détroit supérieur du bassin, et bride solidement en dedans le M. grand psoas. Elle est plus épaisse en avant vers le pubis, endroit où elle se continue avec le feuillet profond 4e l’aponévrose fémorale qui recouvre le M. pectiné, qu’en arrière vers le i^acrum, où elle est mince et comme celluleuse. Après s’être attachée au détroit supérieur du bassin,l’aponévrosepelvienne plonge dans cette cavité, en recouvrant le M.releveur de l’anus, auquel elle fournit des insertions, et forme, au niveau du trou sous-pubien, une arcade renversée , sorte de canal oblique que traversent les nerfs et les vaisseaux obturateurs. Cette aponévrose, en descendant dans le bassin , représente un grand cul-de-sac qui soutient de toutes parts le péritoine, et offre seulement des ouvertures pour le passage de différens organes. En arrièi-e, vers la base du sacrum, elle présente un ou deux trous pour les vaisseaux ilio-lombaires, et souvent une arcade fibreuse aplatie, étendue de la base du sacrum au corps de la dernière vertèbre lombaire, et sous laquelle passe le gros cordon nerveux qui fait communiquer les plexus lombaire et sacré : au niveau du grand trou sacro-sciatique, elle offre des ouvertures pour les vaisseaux fessiers, et ensuite se porte au-devant du sacrum et du M. pyramidal. Dans cet endroit, elle est mince, et comme aréolaire. Au fond de l’excavation pelvienne, elle vient, avec le M. releveur de l’anus auquel elle adhère, se rendre sur les côtés de la vessie et du rectum chez l’homme, et de plus sur ceux du va°^in dans la femme.

Pl.iaojfîg.i, fascia lata, V aponévrose fémorale ou crurale est la plus forte des aponévroses d’en¬

veloppe. Son épaisseur est considérable, surtout en dehors de la cuisse, et bien moindre en arrière, en avant, et surtout en dedans. Elle est formée de fibres entrecroisées en différens sens et percée de beaucoup d’ouvertures pour le passage de nerfs et de vaisseaux. Elle se fixe d’abord en dehors à la lèvre externe de la crête iliaque, puis descend sur le M. moyen fessier, auquel elle fournit des insertions; en dedans, elle s’attache au pubis et à la branche de l’ischion ; en arrière, elle commence d’une manière vague, aux environs du sacrum et du coccyx, et envoie des expansions fibro-celluleuses assez minces, en haut sur le grand fes-

sier, en avant sur le périnée. En avant, l’aponévrose crurale oÉfre deux origines qui sé font chacune par un feuillet bien distinct. Ces deux feuillets sont écartés entre eux ; l’un , antérieur et superficiel, se fixe à la partie inférieure de l’arcade crurale, en passant audevant des vaisseaux fémoraux, tandis que l’autre, postérieur et profond, va s’attacher au pubis, en glissant sous ces mêmes vaisseaux, recouvre le M. pectiné , et se confond, au niveau de l’éminence ilio-pectinée, avec l’aponévrose iliaque qui descend au-devant des M. psoas et iliaque ; ces deux feuillets forment, par leur écartement, un canal fibreux que j’ai nommé canal crural, lequel donne passage aux vaisseaux fémoraux, à des vaisseaux et des ganglions lymphatiques.

Le feuillet antérieur de l’aponévrose fascia lata, celui qui naît de l’arcade crurale, offre à une distance variable, au-dessous de cette arcade , une ouverture ovalaire, par laquelle la grande veine saphène , qui est placée au-devant de l’aponévrose fémorale, passe pour aller s’ouvrir dans la veine crurale, laquelle est située derrière. Cette ouverture aponévrotique varie beaucoup pour sa grandeur, sa forme et même sa position. Elle est plus ou moins rapprochée de l’arcade crurale , suivant les individus. J’ai observé qu’en général, chez les femmes, elle est plus rapprochée de cette arcade que chez les hommes. Son grand diamètre , qui est vertical, 'a depuis six jusqu’à dix lignes. Son extrémité supérieure est quelquefois distante seulement de deux ou trois lignes de l’arcade crurale : sur quelques sujets, elle en est éloignée de douze à dix-huit lignes. La partie inférieure du contour de cette ouverture est formée par un repli aponévrotique semi - lunaire, qui est reçu dans l’angle rentrant que laissent entre elles les veines fémorale et saphène. Ce bord forme une sorte de croissant renversé, dont la partie externe se continue avec la portion superficielle de l’aponévrose fascia lata qui monte s’attacher à l’arcade crurale, tandis que l’extrémité interne de ce rebord se confond avec le feuillet profond de la même aponévrose, celui qui s’attache au pubis, après avoir recouvert les M. pectiné et moyen adducteur. Le feuillet aponévrotique superficiel croise un peu la direction du profond; il s’enfonce au-dessous de l’arcade crurale, en se continuant d’une manière sensible avec le ligament de Gimbernat, dont j’ai parlé en décrivant l’aponévrose du M. grand oblique de l’abdomen.

C’est à tort qu’on a considéré comme un simple anneau l’ouverture aponévrotique par laquelle les vaisseaux iliaques externes sortent de l’abdomen. Ces vaisseaux, en effet, en se portant du bassin au membre inférieur, sont reçus dans un canal aponévrotique qui se prolonge sur eux à la partie antérieure et externe de la cuisse. L’existence de ce canal est aussi réelle que celle du canal inguinal : je vais faire connaître la disposition la plus ordinaire qu’il m’a présentée :

1° ouverture supérieure du canal crural est placée au-dessus du pubis. Elle est triano-ulaire, regarde en haut et en arrière. Elle est bornée en avant par l’arcade crurale, en arrière et en dedans par le bord supérieur du pubis , auquel se fixe le feuillet profond de l’aponévrose fémorale ; en arrière et en dehors , par l’expansion aponévrotique que l’aponévrose iliaque envoie au-dessous de l’arcade crurale, et qui accompagne les M. iliaque et psoas réunis, en se continuant avec le même feuillet profond. Cette ouverture est bornée on dedans par le bord libre et concave du ligament de Gimberuat.

2° Parois du canal crural. Ce canal est étendu entre l’ouverture précédente et letrou.que l’aponévrose fémorale présente à la veine saphène. Sa longueur est variable, et dépend de

Pl.U9,{3g.i, PI. 120, fig. î.

PI. I I8, lîg. 2 PL 13Q, fîff. 2,

PL ii9,f}g.i.

la hauteur à laquelle cette veine s’ouvre dans la crurale. Il a ordinairement de six a quinze lignes de longueur. Sa direction est à peu près verticale : il est triangulaire, et un peu moins long et plus large en general, chez la femme que chez l’homme. Il offre trois parois : Xardérienre s’étend de l’arcade crurale à la partie supérieure de l’ouverture aponévrotique de la veine saphène. Elle est formée par le feuillet superficiel de l’aponévrose fémorale, qui va s’attacher à l’arcade crurale ; en dedans elle se continue avec le feuillet profond de l’aponévrose crurale et le ligament de Oimhernat. Elle est recouverte par lefascia superficialis, et présente diverses ouvertures pour le passage de vaisseaux. Les deux autres parois du canal crural sont postérieures, mais dirigées obliquement 1 une en dehors et 1 autre en dedans. La paroi postérieure externe est étroite, légèrement convexe ; elle est formée par l’expansj,on aponévrotique du tendon du petit psoas, qui recouvre les M. iliaque et psoas réunis, en se continuant avec le feuillet profond de l’aponévrose fémorale. La paroi postérieure interne est fort étroite, et formée par le feuillet profond de 1 aponévrose fémorale qui recouvre le M. pectiné , pour aller s’attacher au pubis.

PI. 1 i9,{îg. I. 3 ° Uouverture inferieure du canal crural est formée, comme je 1 ai déjà indique , par le trou que l’aponévrose fascia lata présente à la veine saphène. Elle regarde directement en avant.

D’après la description que je viens de donner du canal crural, on voit, 1 ° qu’il a dans la plus grande partie de son «tendue une direction verticale ; 2® que son ouverture supérieure regarde en haut et en arrière vers la cavité du ventre, tandis que l’inférieure est dirigée directement en avant, d’où il résulte que ce canal a réellement trois axes difîérens qui, par leur réunion, représentent assez bien un Z dont la branche supérieure, appuyée sur le pubis , formerait l’axe de l’orifice supérieur, lequel est oblique en bas et en avant ; dont la branche moyenne représenterait celui du canal lui-même qui est vertical ; tandis que l’inférieure sortirait directement en avant par le trou de la veine saphène, suivant l’axe de cette ouverture. Chez le plus grand nombre des individus, l’orifice supérieur du canal crural est fermé par une clois<)n membraneuse, sorte de diaphragme fibro-celluleux, concave en haut, convexe en bas, que j’ai nommé le septum crurale. Cette cloison naît de tout le pourtour de l’orifice supérieur du canal crural. Elle est ordinairement assez épaisse ; ses fibres sont le plus souvent transversales en avant, vers l’arcade crurale. En dedans, elle semble provenir , avec la paroi interne du canal crural, du bord concave du ligament de Gimbernat.

Je ferai connaître plus tard la disposition des vaisseaux et des nerfs qui traversent le canal crural ou qui ont des rapports avec lui. '

Pi. Nous avons vu comment l’aponévrose fémorale prend en haut ses différons points d’ori-

3 * gine. Elle s’implante encore à toute la longueur de la lèvre externe de la ligne âpre du

fémur, par une lame très-forte qui est étroitement unie au M. triceps crural, et passe entre lui et la courte portion du M. biceps. Cette lame reçoit une expansion fibreuse très-épaisse qui se détache du tendon du M. grand fessier. Après avoir pris ces points d’insertion, l’aponévrose fascia lata enveloppe les muscles de la cuisse, et en dehors se partage en deux lames distinctes dont l’une externe, plus mince, recouvre son M. tenseur , tandis que l’autre interne , plus épaisse , s’enfonce au-dessous de lui, et va se terminer sur la capsule fibreuse de l’articulation coxo-fémorale et le tendon réfléchi du M. droit antérieur de la

D'ANATOMIE DESCRIPTIVE. ÎS9

cuisse. Au-dessous du M. tenseur, les deux feuillets se réunissent, et forment une bande fibreuse, épaisse , très-solide et resplendissante, qui descend yerticalement le long de la partie externe de la' cuisse, en se continuant par ses côtés avec le reste de l’aponévrose. Autour du genou, l’aponévrose fémorale se confond avec l’aponévrose jambière; elle s’unit aussi avec le tendon du triceps crural ,et s’attache par deux prolongemens, aux tubérosités du tibia, mais surtout à l’externe.

La face externe de l’aponévrose crurale est recouverte par une couche épaisse de tissu circulaire graisseux qui la sépare des tégumens. La face interne est appliquée sur les muscles, les vaisseaux et les nerfs de la cuisse.

U aponévrose jambière, qui succède à la fémorale avec laquelle elle se continue, est moins épaisse. Elle s’attache aussi à la tête du péroné, et provient de plusieurs expansions fibreuses qui se détachent des tendons des M. triceps crural, couturier , droit interne, demi-tendineux. A partir de ces différens points , elle descend autour de la jambe, en s’attachant à toute la longueur des bords antérieur et interne du tibia. Elle envoie en bas et en arrière, une cloison épaisse qui passe au-devant du tendon d’Achille , s’attache en dedans au tibia, en dehors au péroné, couvre et bride les muscles de la région jambière postérieure et profonde, et remonte entre eux et le soléaire, jusque vers la partie moyenne de la jambe, endroit où elle finit insensiblement par .une expansion très-mince. En bas et en avant, l’aponévrose jambière se continue avec le ligament annulaire antérieur du tarse ; en arrière elle disparaît insensiblement vers le talon. En dehors elle se fixe à la gaine fibreuse des tendons des M. péroniers latéraux. En dedans elle s’attache au ligament annulaire interne. Ses fibres se croisènt dans diverses directions : à la partie inférieure de la jambe, elles sont presque toutes transversales. Elle est beaucoup plus forte en haut et en avant que dans tout autre endroit. Sa face extérieure est recouverte par la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Elle est appliquée sur les muscles de la jambe, à plusieurs desquels elle fournit des points d’insertion.

Ligament annulaire antérieur du tarse. On appelle ainsi un faisceau fibreux, quadrilatère , étendu transversalement au-dessus du coude-pied, plus épais en dehors qu’en dedans, qui embrasse les tendons des M. extenseurs des orteils, jambier etpéronier antérieurs. Il se fixe à la partie externe de l’enfoncement supérieur du calcanéum. De là se il dirige en dedans, et bientôt se divise en deux lames pour embrasser les tendons des M. extenseur commun des orteils et péronier antérieur. Ces lames se réunissent, et ne tardent pas à se séparer de nouveau au niveau de l’extenseur propre du gros orteil et du jambier antérieur. Enfin il se termine au-devant de la malléole interne, en envoyant une expansion au bord interne du scaphoïde et à l’aponévrose plantaire. En avant il est recouvert par la peau ; en arrière il est appliqué sur les tendons indiqués, et un peu sur le M. pédieux; en haut il se continue avec l’aponévrose jambière ; en#bas il envoie sur lë dos du pied une lame aponévrotique très-mince ,• qui se perd vers les orteils, et a été nommée Xaponévrose dàrsale du pied.

Ligament annulaire interne. Il est plus large et plus fort que le précédent. Il se porte de la partie antérieure de la malléole interne à la partie postérieure et interne du calcanéum , en formant avec cet os une sorte de canal qui renferme les tendons des M. jam-

Pl.iîOjfig. r,

Fl. 120 , 6 g. 1 .

PI. i 20 ,fig. 4 .

Mer postérieur, longs flécMsseurs des orteils et du gros orteil. En haut il se continue avec l’aponévrose jambière ; en bas il donne attache au M. adducteur du gros orteil, et se trouve recouvert par la peau.

PI. i 2 o.fig .3 Aponévrose plantaire. Elle a beaucoup de ressemblance avec l’aponévrose palmaire ; mais elle est bien plus épaisse et plus résistante qu’elle. Elle est triangulaire, et divisée en trois portions. L’une, moyenne, plus dense et plus large, correspond à la région plantaire moyenne : les deux autres sont latérales, plus minces, demi-transparentes, et appliquées sur les M. du gros et du petit orteil. Elle s’attache en arrière aux éminences inférieures et postérieures du calcanéum, se dirige en avant en s’élargissant, et envoie deux cloisons latérales entre les M. superficiels de la planté du pied, auxquels elle donne des insertions. Arrivée à la partie antérieure du métatarse, elle se divise en cinq languettes, qui se subdivisent chacune en deux autres : celles-ci remontent sur les côtés de chaque articulation métatarso-phalangienne , se confondent avec leurs ligamens, en laissant de petites ouvertures pour le passage des nerfs et des vaisseaux qui vont se distribuer aux orteils. Les tendons des fléchisseurs passent dans leurs intervalles. Cette aponévrose est recouverte par la peau de la plante du pied, à laquelle elle est fort adhérente. Elle est appliquée sur les M. superficiels de la même région.

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