DU LARYNX ET DE SES DÉPENDANCES
Organe de la voix, et destiné à donner continuellement passage à l’air pendant l’acte de la respiration, le larynx représente une sorte de cavité conoïde dont le sommet tronqué repose sur la trachée-artère qu’il surmonte. Il est placé à la partie antérieure et supérieure du cou, au-dessous de l’os hyoïde, au-devant de la colonne vertébrale, dont il est séparé seulement par le pharynx. Symétrique et régulier, comme la plupart des organes qui occupent la ligne médiane du corps, il est formé : 1 ° de plusieurs cartilages mobiles qui entourent sa cavité , et lui donnent la solidité et l’élasticité qu’il présente ; 2 ° de ligamens qui unissent ces pièces cartilagineuses les unes avec les autres; 3 ° de muscles particuliers qui leur impriment des mouvemens variés, nécessaires à la production de la voix ; 4 ° d’organes glanduleux placés dans ses parois ou dans son voisinage; 5 ° d’une membrane muqueuse qui revêt une partie de sa surface extérieure, et tapisse sa propre cavité ; 6 ° de vaisseaux sanguins, lymphatiques, et de nerfs.
Des cartilages du, larynx.
Il y en a cinq, savoir : le cartilage thyroïde, le cricoïde, les deux aryténoïdes , et l’épiglotte.
1 ° Cartilage thyroïde. C’est le plus volumineux des cartilages du larynx, qu’il recouvre en devant, et qu’il protège. Large, assez épais, plus étendu transversalement que de haut en bas, il est formé de deux plaques cartilagineuses latérales qui se réunissent en avant, sous un angle plus ou moins saillant. En haut cet angle de réunion est échancré, en bas il est arrondi. Chacune des lames latérales offre une surface aplatie que recouvre le M. thyro-hyoïdien. En dehors cette surface est limitée par une ligne oblique à laquelle se
fixent, en haut le M. thyro-hyoïdien, en bas le sterao-thyroïdîen, et en arrière le constricteur inférieur du pharynx. En arrière le cartilage thyroïde présente, au point de jonction de ses deux pièces, un angle rentrant qui donne insertion aux ligamens de la glotte et aux M. thyro-arytenoïdiens. Sur les côtés sont deux surfaces planes, dirigées en arrière et en dedans.
Le bord supérieur du cartilage thyroïde est le plus long de tous. Il est échancré au 'milieu, arrondi et horizontal sur les côtés; il donne insertion au ligament thyro-hyoïdien.
' Le bord inférieur est arrondi, échancré sur la ligne médiane, saillant, et de nouveau excavé sur les côtés; il donne attache à la-membrane crico-thyroïdienne. Les bords postérieurs sont arrondis, un peu concaves en haut et convexes en bas ; ils appuient sur la colonne vertébrale, et donnent insertion à des fibres des M. stylo et palato-pharyngiens.
En se réunissant avec le bprd supérieur, ils forment de chaque côté un appendice arrondi nommé la- grande corne du cartilage thyroïde , laquelle tient à Tos hyoïde par ün ligament;
A leur union avec le bord inférieur, on voit un autre appendice plus petit, appelé la petite corne, et destiné à s’articuler avec le cartilage cricoïde.
2® Cartilage cricoïde. Il occupe la région inférieure et postérieure du larynx, et forme Pl.iai.üg.4, la partie.solide de sa cavité. Il a la forme d’un anneau étroit en avant ét fort large en arrière. Sa surface externe présente, en avant, une saillie'légère qui est recouverte par la peau : en dehors elle s’élargit, et se trouve munie de chaque côté d’une facette arrondie, pour s’articuler avec le thyroïde qui la recouvre en partie : en arrière elle est fort large, à peu près quadrilatère, et offre deux surfaces allongées que sépare une crête moyenne et verticale plus ou moins saillante. La circonférence supérieure du cartilage cricoïde offre en avant une grande échancrure à laquelle se fixé la membrane crico-thyroïdienne, et en arrière, où elle est beaucoup plus'élevée, deux petites surfaces convexes, destinées à s’articuler avec les cartilages aryténoïdes. Là circonférencé inférieure est unie au premier anneau de la trachée-artère par une membrane fibreuse; elle est convexe en avant, et échancrée de chaque côté, au-devant de la facette qui‘reçoit la petite corne du
cartilage thyroïde. En arrière elle est de nouveau exca-véé. ■
3° Les cartilages aryténoïdes , au nombre de deux/ sont placés à là partie postérieure du pi.iaj, larynx , en arrière du bord supérieur dù cartilage cricoïde. Ils ont la forme d’une pyramide triangulaire, recourbée en arrière et en dedans. Chacun présente uiie face postérieure, concave , à laquelle se fixe le M. aryténoïdiên ; une face antérieure, co'ncave. aussi, en rapport avec la glande aryténoïde ; une face interné que recouvre la membrane muqueuse du larynx. La base des cartilages aryténoïdes est dirigée en bas; elle offre en arrière une facette concave, oblique, qui s’articule avec le cartilage cricoïde; en avant une saillie triangulaire qui donne insertion au ligament thyro-aryténoïdien, et en dehors une autre saillie pour l’insertion du M. cfico-aryténoïdien postérieur. Le sommet des cartilages aryténoïdes est fort allongé, incliné en dedans, contenu dans un repli de la membrane muqueuse, et souvent surmonté par jun ou deux petits noyaux cartilagineux, arrondis , qui lui sont unis par un prolongement fibreux du périchondre.
Les cartilages du larynx so.nt d’une couleur blanche grisâtre ; entièrement cartilagineux chez les enfans , ils commencent à s’ossifier chez les adultes, et il n’est pas rare de les rencontrer entièrement osseux chez les vieillards. Leur ossification commence par des Texte. 31
points rougeâtres, qui paraissent dans diverses parties de leur étendue, s’agrandissent peu à peu, se réunissent, et, finissent par les envahir entièrement. Quand ils sont ossifiés, on observe qu’ils sont enveloppés à l’extérieur par une couche mince de tissu compacte, et formés à l’intérieur par du tissu spongieux.
4° Épiglotte , ou Jihro-cartilage épiglottiqne. Ce fibro-cartilage est placé entre la base de la langue et le larynx. Sa direction varie. Vertical dans l’état ordinaire, il devient horizontal en s’abaissant sur l’ouverture supérieure du larynx, au moment de la déglutition, et forme ainsi une sorte d’opercule qui s’oppose à l’introduction des substances alimentaires dans les voies aériennes. Il est allongé, aplati, recourbé sur lui-même; large et arrondi en haut, il est terminé en pointe à son extrémité inférieure. Sa face antérieure est convexe transversalement, et concave de haut en bas. Il est recouvert par la membrane muqueuse de la bouche, qui forme entre lui et la base de la langue trois replis, un moyen très-marqué, et deux latéraux moins prononcés. Plus bas il est séparé de la membrane thyro-hyoïdienne par la glande épiglottique. La face postérieure de l’épiglotte est concave transversalement, convexe de haut en bas, et revêtue par la membrane muqueuse du larynx. Sa circonférence, libre en haut, est fixée sur les côtés aux cartilages aryténoïdes par un repli de la membrane muqueuse, et s’attache en bas, par un cordon fibreux, à l’angle rentrant du cartilage thyroïde.
Le fibro-cartiiage épiglottique est plus épais en bas qu’en haut, et au milieu que sur ses côtés. Son tissu est jaunâtre, fort élastique. Ses deux faces, et surtout la postérieure, sont criblées de petits trous arrondis qui logent des glandes muqueuses.
2^ Articulations des'cartilages du larynx.
Pl.i
Les cartilages du larynx sont unis entre eux et aux parties voisines, au moyen de ligamens qui les retiennent, et leur permettent néanmoins d’exécuter des mouvemens aussi nombreux que variés. Nous allons examiner successivement ces liens fibreux, suivant qu’ils appartiennent aux articulations thyro-hyoïdienne, crico-thyroïdieimes, crico-aryténoîdienne, thyro-aryténoïdienne, aryténoïdienne, thyro-épiglottique et aryténo-épiglottique.
Articulation thyro-hyoïdienne. Le bord supérieur du cartilage thyroïde est uni à l’os hyoïde, placé au-dessus, par une membrane fibreuse nommée thyro-hyoïdienne ou ligament thyro-hyoïdien. Plus courte et plus épaisse au milieu que sur ses côtés, cette membrane s’attache en haut à la partie inférieure du corps et des grandes cornes de l’os hyoïde, et se termine en bas au bord supérieur du cartilage thyroïde. Le bord postérieur de cette membrane est formé par un cordon fibreux, arrondi, qui se porte de l’extrémité de la grande corne de l’os hyoïde à la partie correspondante de la grande corne du cartilage thyroïde, et renferme souvent dans son intérieur un ou plusieurs petits noyaux cartilagineux ou osseux arrondis. La face externe de la membrane thyro-hyoïdienne est convexe, et recouverte par les M. sterno-hyoïdiens et thyro-hyoïdiens. Sa face interne est concave, répond à 1 épiglotte, dont elle est séparée par la glande épiglottique, et se trouve en partie recouverte par la membrane muqueuse du larynx.
2° Articulation crico-thyroïdienne. Le cartilage thyroïde s’articule avec le cricoïde en avant et de chaque côté.
A. Articulation crico-thyroïdienne moyenne. En avant, on trouve comme moyen d’union pi.i2i,Gg.i3, la membrane crico-thyroïdierme, laquelle est fibreuse, s’attache d’une part à la partie antérieure du bord supérieur du cartilage cricoïde, et va se terminer de l’autre au milieu du
bord inférieur du thyroïde. Cette membrane est formée, au milieu, de fibres longitudinales ; sur ses côtés, elle se perd en dehors de la membrane muqueuse du larynx, qu’elle fortifie. Elle est recouverte en avant par les tégumens et les M. crico-thyroïdiens. En arrière, elle est tapissée par la membrane muqueuse du larynx.
B. Articulations crico-thyroîdiennes latérales. De chaque côté, les petites cornes du carti- pi.,2i,Gg.i4. lage thyroïde sont articulées avec les facettes que leur présentent les parties correspondantes du cartilage cricoïde. On trouve une petite membrane synoviale assez lâche entre
ces deux surfaces, qui peuvent glisser l’une sur l’autre, et sont assujetties par deux faisceaux fibreux. De ceux-ci, l’un est antérieur\ il naît au-devant de la petite corne du cartilage thyroïde, se porte en bas et en avant, et se termine au cricoïde. L’autre est postérieur, et plus considérable que le précédent; il naît de la partie postérieure de la petite corne, et remonte en s’élargissant, pour se terminer en arrière du cartilage cricoïde , au-dessous de son union avec le cartilage aryténoïde correspondant. On trouve encore quelques fibres irrégulières qui, indépendamment des deux faisceaux décrits, fortifient l’articulation crico-thyroïdienne.
3 ° Articulation crico-aryténoïdienne. Les cartilages aryténoïdes sont articulés par leur PLiai.Gg.i^. base et au moyen d’une surface oblique, avec la partie postérieure de la circonférence supérieure du cartilage cricoïde sur lequel ils reposent. Les surfaces articulaires sont revêtues d’une membrane synoviale lâche, et maintenues en rapport par des fibres ligamenteuses; celles-ci forment en arrière un petit faisceau aplati et triangulaire, qui se porte du cartilage aryténoïde à la partie correspondante dû cricoïde.
4 ° Articulation thyro-arylénoïdienne. Les cartilages aryténoïdes sont unis, de chaque côté, Pi.i2i,Gg.i5. au thyroïde par l’intermède d’un ligament très - fort qu’on nomme thyro-aryténoïdien. PI. 122,6g. 4. C’est un cordon fibreux, arrondi, à fibres parallèles, qui naît de la saillie antérieure de la base du cartilage aryténoïde, se dirige horizontalement en avant et en dedans, et vient se terminer dans l’angle rentrant du cartilage thyroïde, en se confondant avec celui du côté opposé- Ce ligament répond en dehors au M. thyro-aryténoïdien, qu’il sépare du M. crico-aryténoïdien latéral. En dedans il est revêtu par la membrane muqueuse du larynx. Les deux ligamens thyro-aryténoïdiens ont été nommés les cordes vocales.
Articulation aryténotdienne. Les cartilages aryténoïdes sont unis entre eux par un faisceau fibreux, qui se porte transversalement de l’un à l’autre. Ce faisceau est peu marqué, et souvent n’existe pas.
6® Articulation thyro-épiglottique. Le cartilage épiglottique fournit à son angle inférieur un faisceau fibreux, arrondi, long d’un demi-pouce, qui vient se terminer à l’angle rentrant du cartilage thyroïde, au-dessus de l’insertion des ligamens thyro-aryténoïdiens.
3 ° Muscles du larynx.
Le larynx peut se mouvoir en totalité, s’élever, s’abaisser, par l’action de M. extrinsèques qui s’y attachent d’une part, et se fixent de l’autre aux parties environnantes,
PI. 122, fis. I,
PÎ.Î22, fîg. 2,
PI. I22,fig.3 .
Pi. 122, £ig,3.
comme les M. sterno - thyroïdiens , thyro - hyoïdiens , constricteurs inferieui’s du pharynx, etc.; mais les différentes pièces cartilagineuses qui le composent, mobiles les unes sur les autres, exécutent aussi des mouvemens particuliers qui leur sont imprimés par d’autres muscles. Ces derniers leur appartiennent en propre, et forment les M. intrinsèques du larynx. Ce sont, de chaque côté, les M. crico-thyroïdien, crico-aryténoïdien postérieur, crico-aryténoïdien latéral, thyro-arytenoïdien, et, sur la ligne médiane, le M. arytenoïdien.
1° Muscle orico-thyroïdien. Placé au-devant du larynx, ce muscle est aplati, quadrilatère, et souvent séparé en deux parties par une ligne celluleuse. Il se fixe en avant et sur les côtés du cartilage cricoïde, et de là se dirige obliquement en haut et en dehors , pour venir se terminer au bord inférieur, à la petite corne, et un peu à la face externe du cartilage thyroïde. Entre lui et son semblable, on voit un espace que remplit la membrane crico-thyroïdienne. Il est recouvert en avant par le M. sterno-thyroïdien, et repose en arrière sur la membrane crico-thyroïdienne. Le M. crico-thyroïdien a pour usage de rapprocher en avant les cartilages cricoïde et thyroïde, en leur faisant éprouver une sorte de mouvement de bascule qui les éloigne l’un de l’autre en haut, et dont l’axe se trouve au niveau de l’articulation des petites cornes du thyroïde.
2® Muscle crico-ary ténoïdien postérieur. Ce muscle est placé à la partie postérieure du larynx. Il est mince, aplati, triangulaire ; il se fixe sur la face postérieure du cartilage cricoïde ; de là ses fibres se portent en arrière de la base du cartilage aryténoïde, les supérieures, plus courtes,' presque transversalement en dehors,; les autres, d’autant plus longues et plus obliques qu’elles'sont plus inférieures, en haut et en dehors. L’insertion de ce muscle est aponévrotique, et se fait au cartilage aryténoïde, entre les M. crico-aryténoïdien latéral et aryténoïdien. Il a pour usage de tirer en arrière et en dehors le cartilage aryténoïde, de l’écarter de.celui du côté opposé, et d’agrandir ainsi l’ouverture supérieure du larynx.
3® Muscle crico-aryténoïdien latéral. Ce muscle est situé sur les côtés du larynx. Il est aplati, allongé et quadrilatère. Il/se fixe sur les côtés du bord supérieur du cartilage cricoïde ; de là ses fibres se dirigent en arrière et en haut, et viennent se terminer, par de courtes aponévi'oses, en dehors et en avant de la base du cartilage aryténoïde. En bas il est libre ; en haut il avoisine le M. thyro-aryténoïdien ; en dedans il est recouvert par la membrane muqueuse du larynx ; en dehors il est séparé du cartilage thyroïde par du tissu cellulaire. Ce muscle a pour usage de tirer en avant et en dehors le cartilage aryténoïde.
4° Muscle thyro-aryténoïdien. Ce muscle est placé derrière le cartilage thyroïde. Il est mince, aplati, de forme irrégulière. Il se fixe en bas de la face postérieure du cartilage thyroïde, près de son angle rentrant, de là se dirige en arrière et en dehors, en se rétrécissant, et se termine au-devant du cartilage aryténoïde, au-devant de l’insertion du M. crico-arytenoïdien latéral, avec lequel il semble se confondre par sa partie inférieure ; en dehors il est en rapport avec le cartilage thyroïde, et en dedans avec la membrane muqueuse du larynx. Ce muscle a pour usage de tirer en avant et en dedans le cartilage aryténoïde. Comme ses fibres doublent au dehors le ventricule du larynx quand elles se contractent, elles diminuent la profondeur de cette excavation, et tendent à expulser les mucosités qu'elle peut renfermer.
5° Muscle aryténoïdien. Placé en arrière du larynx, dans l’intervalle des deux cartilages Tl-i 22 ,fîg. 2 . aryténoïdes , ce muscle est mince et aplati. Ses fibres sont, les unes obliques , et vont se porter de la base du eartilage aryténoïde droit au sommet de gauche , en s’entre-croisant avec des fibres qui ont une direction opposée ; les autres sont transversales, et s’attachent à la partie moyenne des deux cartilages. Quelques-unes des fibres obliques se perdent dans les replis muqueux qui unissent le cartilage aryténoïde aux parties latérales de l’épiglotte. Ce muscle a pour usage de rapprocher l’un de l’autre les deux cartilages aryténoïdes, et de diminuer dans le sens transversal l’ouverture supérieure du larynx.
4® Des glandes du larynx.
On observe autour du larynx des glandes destinées à verser dans la cavité de cet organe l’humeur qui en lubréfie la surface : ce sont les glandes aryténoïdes et la glande épiglottique. On trouve en outre, autour de sa partie inférieure, umcorps d’apparence glanduleuse, qu’on a nommé la glande ou le corps thyroïde. Bien qu’on ignore entièrement les usages de ce dernier organe, et même s’ils ont rapport ou non au larynx, nous le ferons connaître ici, pour nous conformer à l’usage.
1® Glande épiglotlique. On donne ce nom à un amas plus ou moins considérable de grains glanduleux, plongés au milieu d’un tissu cellulaire graisseux, et placés dans un espace triangulaire qu’on observe derrière la membrane thyro-hyoïdienne, su-devant de l’épiglotte et au-dessous des replis muqueux, qui se portent de ce fibro-cartilage à la base de la langue. Souvent on ne peut distinguer la glande épiglottique du tissu graisseux qui la renferme. Presque toujours elle enroie des prolongemens sur les bords de l’épiglotte, entre les replis muqueux qui l’entourent- Les grains dont elle est formée sont en partie logés dans les ouvertures de Tépiglotte, et leurs conduits excréteurs traversent la base de ce fibro-cartilage , pour venir verser à sa face interne le mucus , produit de leur sécrétion.
2® Glandes aryténoïdes. On donne ce nom à deux rangées de follicules glanduleux placés de chaque côté du larynx, dans les replis que présente la membrane muqueuse, en se portant de l’épiglotte aux cartilages aryténoïdes, et de ceux-ci au cartilage thyroïde. Ces glandes sont formées de petits grains arrondis, assez consistans, d’aine couleur grisâtre : elles ont la forme d’un L , dont la branche verticale , placée dans le repli arÿténo-épiglottique , correspond en arrière au cartilage aryténoïde , tandis que la branche horizontale, un peu moins saillante que la précédente, longe le repli qui borne en haut le ventricule du larynx. ' .
S® Glande ou corps thyroïde, On nomme ainsi un organe d’apparence glanduleuse, dont les usages sont totalement inconnus. Placée à la partie antérieure et inférieure du larynx , qu’elle recouvre ainsi que les premiers anneaux de la trachée artère, la glande thyroïde offre beaucoup de variétés dans son volume, suivant les âges et les individus. Elle est en général proportionnellement plus considérable chez les enfans que chez les adultes, et dans les femmes que dans les hommes. Elle est composée de deux gros lobes ovoïdes , aplatis d’avant en arrière, plus volumineux en bas qu’en haut, et réunis ensemble sur la ligne médiane, par un prolongement transversal qu’on nomme Y isthme de la glande thy-
Pi.l22,iig.5.
Pi. 123, Gg. I, 2, 3, 4.
PI. *23,fig.2.
Pi. laS.flg. I.
Pi I22.fig.2.
Pl.I24,fig.I.
roïde. Sa face antérieure est convexe, et recouverte par les M. sterno-thyroïdiens, sternohyoïdiens, peaucicrs, omoplato-hyoïdiens et sterno-mastoïdiens. Sa face posteneure est concave, et appliquée sur la partie inférieure du larynx et les premiers anneaux de la trachée artère. Ses bords postérieurs et latéraux répondent à divers nerfs et vaisseaux placés devant la colonne vertébrale. Son bord inférieur est échancré à sa partie moyenne, au-dessous du cartilage cricoïde ; son bord supérieur est inégalement convexe.
La glande thyroïde est entourée d’une membrane celluleuse fort mince. Son tissu est ordinairement assez mou, d’une couleur brune rougeâtre, plus ou moins foncée suivant les individus, et souvent comme marbré par des taches violacées ou jaunâtres. Il est formé de lobules unis entre eux par du tissu cellulaire assez serré, et séparés par des vaisseaux artériels et veineux qui rampent dans leurs intervalles. Chacun des lobules de la glande thyroïde est lui-même composé de granulations peu distinctes, entourées d une humeur onctueuse, gluante, laquelle paraît contenue dans le tissu lamineux qui les unit. Souvent on trouve aussi dans ce corps de petites vésicules dont le nombre et la grosseur sont fort variables. Elles sont ordinairement remplies d’un liquide épais, jaunâtre, brunâtre ou lactescent, et souvent d’apparence purement sereuse. On n a pas encore pu trouver de conduit excréteur à la glande thyroïde, qui reçoit des artères très - volumineuses et donne naissance à des veines nombreuses et fort larges. Les nerfs qui pénétrent dans cet organe viennent des pneumo-gastriques et des ganglions cervicaux.