E SALLE S
Coupe verticale eL anlero-poslerieure de l'œil gauche dont toutes les parties exactement mesurées ont été doublées dans leurs dimensions.
I. Nerf optique. — 2. Pdrlie moj^enne de la scle'roliqiie. — 3. Partie poste'rieure de cette membraae plus épaisse que la pie'ce'deate. — 4. Tunique externe du nerf optique se continuant avec la couche externe de la scle'rotique. — 5. Tunique interne de ce nerf idlaut se continuer avec la couche iuterne de la même meml)iane. — 6. Partie de la sclérotique qui est sous-jacente au tendon du muscle droit supe'rienr; ou voit qu'elle est très mince. — 7. Partie de celle membrane qui est aulérienre au même tendon, — 8,8. Muscles droits supérieur et inférieur. — 9. Cornée transparente. — 10. Partie centrale de celle memhrane un peu moins épaisse que la paitie périphérique. — 11. Membrane de rhnmeur aqueuse. — 12, Union de la sclérotique et de la cornée à leur partie supérieure. — 13. Union de ces mêmes membranes à leur partie inférieure.— 14,14. Canal de Foutana ou cercle veineux de l'iris. — 15. Choroïde.
— IG. Zone choioïdienne remarquable par sa couleur sombre et le bord festonné qui la limite en arrière. — 17. Ligament ciliaire. — 18. Corps ciliaire.
— 19. Rétine. — 20. Origine de la rétine. — 21. Limite antérieure de celle membrane. — 22. Artère centrale de la rétine, — 25. Corps vilré dont la transparence parfaite laisse voir les divisions de l'artère centrale. — 24. Membrane hyaloïde, — 23. Zone de Zinn confondue dans sa moitié postérieure avec celle membrane dont elle se trouve séparée en avant par le canal goJronné.
— 26. Paroi postéiieure du canal godronné formée par la membrane hyaloïde,
— 27. Paroi antérieure du même canal formée par la zone de Zinn. — 28, Cristallin. — 20, Iris. — 30, Pupille, — 51. Chambre postérieure. — 52, Chambre antérieure.
SCLÉROTIQLE.
Préparation, k Talde d'une piuce a dissection, faites un pelit pli autero-pi.ste'rieur à la scle'rotique, puis avec des ciseaux mousses à leur cxlre'mite' divisez perpendiculairement ce pli dans toule son e'paisseur, et d'un seul coup, sajis craint.' de blesser la choroïde. Par celle solution de conlinu.le, iulroduisez' Tune des Lranches de vos cisejux et coupez circulairemeut lome la sclcrolique de mani.jre à partager Teuveloppe exlci ieiire de Treil eu deux hcmispliùres, l'un antérieur et l'autre pn torieur. Soulevez cnsuilc les boids de Diemisplièie antérieur en les renv>r.-ant du côte' de la cornée, et loisque vous serez arrivé' au point d'union des deux mcmlnanes, détachoz-les du ligament ciliaiie avec l'extiémiié du manche d'un scalpel, après avoir plongé l'œil dans Peau, afin de ne pas déchirer les membranes sous-jacentes, qui pourront être étudiées plus tard. L'hénii-^phére antérieur étant enlevé, ou isole de même le postérieur en procé'dant de sa circonférence vers le nerf optique, auquel il convient de le laisser adhérer.
La sclérotique (a-x/.-/)pbç, dur), cornée opaQ7(e des auteurs anciens, est la plus extérieure, la plus épaisse et la plus résistante des membranes de l'œil, pour lequel elle constitue un dernier et puissant appareil de protection. Percée en arrière pour livrer passage au nerf optique, elle présente en avant une ouverture plus grande dans laquelle la cornée transparente se trouve enchâssée. C'est sur cette membrane que viennent s'attacher tous les muscles qui meuvent le globe oculaire autour de ses divers axes.
Sa couleur varie un peu avec l'âge. Chez l'enfant et parfois aussi chez l'adulte elle se laisse traverser par quelques rayons lumineux qui vont se perdre dans la choroïde et qui permettent d'entrevoir vaguement cette membrane, d'où la couleur d'un blanc azuré propre aux yeux de cet âge. Chez la plupart des individus d'un âge mur et chez tous les vieillards, s'oii tissu devenant plus dense et plus réfractaire aux rayons lumineux, sa couleur passe du blanc azuré au blanc de craie plus ou moins terne.
Son épaisseur présente aussi quelques variétés. Elle est toujours plus prononcée chez l'adulte que chez l'enfant. Elle m'a paru aussi un peu plus grande chez l'homme que chez la femme. Elle diffère en outre selon les individus, et ces différences peuvent être portées au point que chez l'un elle se montre quehpiefois double de celle qu'on observe chez l'autre; mais elles atteignent rarement cette limite extrême. Faisant usage, pour déterminer cette épaisseur, de l'instrument que j'avais employé pour évaluer les divers diamètres du globe de l'œil, j'ai pu constater que l'épaisseur de la sclérotique s'élève en moyenne : à 1 millimètre au voisinage du nerf optique ; à 0,6 de millimètre au voisinage de la cornée ; à 0,4 ou 0,5 de millimètre sur la partie moyenne du globe de l'œil et dans l'intervalle des muscles droits ; et enfin à 0,3 de millimètre dans les points qui correspondent aux tendons de ces muscles. (Fig. 2 98.)
Le poids de la sclérotique serait à celui de l'a^il entier :: 1 : 4, d'après M. Huschke. Ce résultat m'a paru empreint d'une si grande exagération que j'ai voulu le vérifier. L'œil que j'ai pesé était dans un état parfait de conservation : son poids s'est élevé à 7gr,832, et celui de la sclérotique exactement séparée de la cornée et du nerf optique, à oe'",S50. En divisant le premier de ces chiffres par le second, on trouve que le poids de la sclérotique représente non pas le quart, mais la neuvième partie seulement du poids absolu de l'œil.
SPLANCHNOLOGIE. 629
La. surface externe de la sclérotique est contiguii à l'aponévrose orbitaire qui la sépare de toutes les parties molles intra-orbitaires, et à laquelle l'unit un tissu cellulaire extrêmemeîit fin, lâche et séreux, de telle sorte que ces deux membranes fibreuses, bieiKiu'exaclemeat superposées et emboîtées, peuvent être séparées l'une de l'autre sans difficulté : d'où la possibilité d'énucléer le globe de l'œil dans certaines maladies de cet organe sans léser aucune des parties molles contenues dans l'orbite.
Cette surface donne attache aux tendons des deux muscles oblicpies et des quatre muscles droits. — Les tendons des deux obliques s'insèrent à sa partie postérieure et externe, l'un au-dessus de l'autre, à une distance (pii varie suivant les sujets de 2 à 6 millimètres. —Les muscles droits se fixent à sa partie antérieure; mais ils ne sontpas tous également rapprochés de la cornée. D'une autre part, leur insertion n'est pas parallèle à la circonférence de cette membrane ; elle est ordinairement un peu oblique, de telle sorte cpie pour évaluer l'intervalle compris entre la cornée et l'attache de ces tendons, il faut adopter pour point de départ la parlie moyenne de ceux-ci. J'ai pris ces mesures sur dix individus adultes de sexe et d'âge différents, et j'ai obtenu pour la distance moyenne :
Du muscle droit supérieur à la cornée. ... f^,S millimèlres.
Da muscle droit externe "7,2 ~
Du muscle droit inférieur 6,7 —
Du muscle druit interne 5,3 —
On voit, d'après ces chiffres, que la distance comprise entre le point d'attache de ces muscles et la circonférence de la cornée diminue de haut en bas et de dehors en dedans : tous ces muscles, en d'autres termes, prennent leur insertion sur une ligne spirale qui, d'abord assez éloignée de la cornée, s'en rapproche de plus en plus jusqu'à sa terminaison. On peut dire d'une manière générale, que la distance de ces insertions à la cornée varie : pour le tendon du droit supérieur, de 8 à 9 millimètres; pour le tendon du droit externe, de 7 à 8; pour celui droit inférieur, de 6 à 7 ; et pour celui droit interne, de 5 à 6. Ce dernier est constamment celui qui s'approche le plus de la cornée, de même que le tendon du droit supérieur est constamment celui qui s'en approche le moins.
Immédiatement en arrière du point d'attache des quatre muscles droits la scléroli [ue présente une légère dépression dirigée d'avant en arrière, ainsi que leur tendon dont elle doit être considérée comme l'empreinte. Ces dépressions sont d'autant plus accusées que le muscle auquel elles corresliondent s'attache plus près de la cornée. Celle qui répond au droit supérieur est en général à peine sensible. Celles sous-jacentes aux droits externe et inférieur sont plus apparentes, mais beaucoup moins prononcées que celle du muscle droit interne (1). Elles sont du reste plus marquées chez l'adulte
(1) Ces dépressions étaient si profondes sur un œii ohsrrvé par Morand, que cet oeil vu en avant paraissait plutôt carré c|uc rond. En rappelant ce fait communif|ué en 17ô0 à l'Académie des sciences, plusieurs auteurs le présentent comme une vaiiété de conformation, mais Lien à tort; car l'œil observé pur Morand était le siège d'aUérations profondes : ainsi le cristallin, opaque et très dur, adhérait à l'iris; le corps vitré avait presque entièrement disparu, et à sa place il existait une production ossiforme. (^''oy. YHistoire de l'Atadéniie des sciences^ année 1750, p. 580.)