‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 11 sur 133 · PARTIE CENTRALE DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

PARTIE CENTRALE DU SYSTÈME NERVEUX

Le centre nerveux nous offre à considérer :

1° Les trois membranes qui l'entourent, ou ses méninges : la dure-mère, l'arachnoïde et la jj^e-^né^r^, entre lesquelles se trouvent disséminés sur quelques points des corpuscules encore inconnus dans leur nature, les granulations de Pacchioni.

2° Les quatre parties qui le composent, le cerveau, le ceri'elet,l' isthme de l'encéphale et la moelle épiniére dont la description comprend des dé' tails de deux ordres : les uns relatifs à leur conformation extérieure et intérieure, les autres relatifs à leur continuité ou à leur mode de connexion. Dans l'exposition des détails du premier ordre, nous procéderons du cerveau vers la moelle, et dans l'exposition de ceux du second, de la moelle vers le cerveau.

DURE-iMÈRE.

Préparation. 1° Inciser le cuir chevelu d'avant en arrière, et rabattre de chaque côte' les ligaments décolle's, ainsi que les muscles temporaux.

2° Enlever à droite et à gauche du plan me'dian à l'aide de deux traits de scie, l'un parallèle à ce plan, l'autre perpendiculaire, un segment de la voûte du crâne, de manière à laisser entre les deux segmeuls un arc aute'ro-poste'rieur de deux eenlimètres de largeur.

3° Enlever ces segments de la voûte crânienne, la portion de dure-mère qui leur correspond, et la totalité' de l'ence'phale.

4° De'lacher des gouttières sacro-vertebrales les muscles qui s'y iusèient.

li° Diviser de chaque côte' les lames vertébrales à leur union avec les apophyses articulaires, eu faisant usage, soit du rachitome tranchant, espèce de lamcquadiilalère à tranchant convexe, à dos concave se prolongeant sous forme de manche, et assez épais pour re'sister au cboc d'un marteau ordinaire; soil, ce qui est pre'fe'lable, d'un rachitome à scie ; soit enfin, eu l'absence d'un de ces deux instruments, d'uue scie anatomijue ou d'une scie à amputation. De ces trois procèdes le premier est long et d'un usage laborieux; le second est expédilif et donne une coupe très régulière, mais il exige un bon instrument et un peu d'habitude; le troisième expose à la lésion de la dure-mcre et de la moelle épiniére, il est d'une exécution un peu lente , eu outre il demande de l'adresse et de la patience ; néanmoins il est fréquemment employé daus les salles de dissection, elle plus souvent avec succès.

Si l'on désire ne pas sacrifier l'encéphale, on aura recours au procédé suivant que j'ai mis en usage plusieurs fois avec avantage :

Brisez circulairement le crâue eu passant à un centimètre au-dessus des arcades orbilaires en avant, et de la protu))érance occipitale en arrière; arrachez la voûte crânienne ; à l'aide de deux traits de scie obliques et convergents, enlevez la portion restante de l'occipital; ouvrez le canal rachidien par sa partie postéiieure, comm:> nous l'avons dit précédemment; faites disparaître le segment de la du réméré ((ui corrc spoud à l'hémisphère céréliral droit ou gauche en respectant le sinus longitudinal snpéricur, j.iiis cet hémisphère lui-même en le divisant hori-

zonliilcmenl au niveau du corps calleux, et vous aurez alors sous les yeux, d'une paît, la surface externe de la membrane, de l'autre les replis qui naissent de su surface interne, replis qui seiont encore tendus et qu'il siifilia de diviser après les avoir e'tudie's, pour extraire Taxe ce'rébro-f piual dont la plus grande partie sera leste'e intacte.

On pourrait aussi, après avoir enlevé' les segments osseux et filireux qui recouvrent l'he'misphère ce'vebral coirespondant, conserver celui-ci qu'il faudrait alors c'carter un peu en dehors pour observer la faux du cerveau, et soulever dans sa partie postérieure pour voir la lente du cervelet. — La surface extérieure et les piincipaux replis de cette membrane étant connus, on détachera le sommet de lu faux de l'apophyse crista-galli pour la renverser en arrière, puis on divisera la tente cérébelleuse à son insertion au bord supérieur du rocher, et l'on retirera de sa cavité l'axe cérébro-spinal, afin de pouvoir étudier la disposition de lu duremère au niveau de lu base du crâne.

La dure-mère est la plus extérieure et la plus résistaute des trois membranes qui entourent l'axe nerveux encéplialo-médullaire.

Etendue des parois du crâne à la base du coccyx, elle représente, comme le centre nerveux sur lequel elle se moule, un long cylindre surmonté d'une spliere. On peut lui distinguer par conséquent une portion supérieure ou crânienne et une portion inférieure ou rachidienne.

1° DE Lk DURE-MÈRE CRANIENNE.

La portion crânienne de la dure-mère est une poche fibreuse cloisonnée à l'intérieur pour séparer les unes des autres les différentes parties de Tencéphale et compléter à chacune d'elles un système d'engaînement secondaire, très analogue à celui qui enveloppe la totalité du centre nerveux; cette poche nous offre à étudier ses deux surfaces et sa structure.

A. Surface externe do la dure-mère crânienne.

Elle est inégale, légèrement rugueuse, et en rapport avec les parois du crâne auxquelles elle adhère comme le périoste adhère aux os. Cette adhérence, établie à l'aide de prolongements fibreux et vasculaires qu'on aperçoit très bien lorsqu'on examine la dure-mère sous l'eau, ne se montre pas également intime sur tous les points ; elle est médiocre à la partie supérieure du crâne qu'on peut assez facilement enlever, et extrêmement prononcée sur la base de cette cavité dont il est impossible de la détacher par voie d'arrachement. On peut dire d'une manière générale que les points les plus saillants sont ceux où son adhérence devient la plus forte, et les plus déprimés ceux où elle est le moins prononcée : ainsi la dure-mère adhère fortement à l'apophyse crista-galli, au bord poslérieur des apophyses d'ingrassias, au bord supérieur des rochers, et faiblement au contraire aux fosses coronales, pariétales, occipitales, sphénoïdales, etc.; il importe de remarquer cependant que les sutures qui parcourent le plus souvent des régions déprimées ou concaves font exception à cette loi : leur adhésion à la membrane fibreuse de l'encéphale est assez intime. Ces faits nous expliquent.: pour(iuoi les épanchements de sang qui se forment si fré- ([uemment entre les os et la dure-mère, à la suite d'une contusion ou d'une fracture du crâne, n'occupent presque jamais la base de cette cavité; pourquoi ils occupent de préférence les fosses temporo-pariétales; pourquoi ils sont toujours circonscrits dans un espace plus ou moins étroit, les sutures linii-

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tant le dccolleineut de la durc-nicre lorsqu'il arrive jusqu'à elles, circonstance heureuse qui ne suffit pas toujours pour sauver le blessé, mais qui contribue à le soustraire aux dangers d'une compression foudroyante dans quelques cas.

Indépendamment des prolongements fibreux par lesquels elle s'unit aux os, la surface externe de la durc-mére en présente d'autres phis iniportants destinés aux cordons nerveux et vasculaires qui traversent les trous de la base du crâne ; ces prolongements en forme de gaine accompagnent les nerfs et les vaisseaux dans toute la portion osseuse de leur trajet et les abandonnent au delà pour se continuer avec le [lérioste voisin. Ainsi se prolonge cette membrane :

1° Sur les divisions des nerfs olfactifs pour former à cliacune un petit étui fibreux qu'on peut suivre jusqu'à la surface externe de la pituitaire.

■2" Sur les nerfs maxillaires supérieur et inférieur jusqu'à la paroi supérieure de la fosse zygomalique.

3" Sur les nerfs facial et acoustique jusqu'au fond du conduit auditif interne.

4° Sur les nerfs glosso-pliaryngien, pneumo-gastriiiue et spinal à chacun desquels elle fournit une gaine distincte jusqu'à la partie inférieure du trou déchiré postérieur.

5° Sur le nerf grand hypoglosse dans le conduit condyloïdien antérieur,

G° Sur les veines émissaires de Santorini, sur la veine jugulaire interne, sur les artères ethmoïdales antérieure et postérieure, etc.

Parmi les prolongements de la dure-mère, les plus remarquables sont ceux qui pénètrent dans l'orbite par le trou optique d'une part, et la fente sphénoïdale de l'autre. — Le prolongement optique, après avoir franchi le trou du même nom, se partage en deux feuillets, l'un extrêmement mince et externe, qui s'applique sur les os voisins pour participer à la formation du périoste orbitaire; l'autre beaucoup plus considérable qui se continue sur le nerf optique jusqu'à la sclérotique, avec laquelle il se confond d'une manière si intime que celte membrane a pu en être considérée comme une dépendance. — Le prolongement sphénoïdal, s'épanouissant à son entrée dans l'orbite, s'accole aux parois de la cavité pour constituer son périoste ; confondu en arrière avec le feuillet externe de la gaine du nerf optique, en avant avec la partie palpébrale de l'aponévrose orbitaire, il ferme inférieurement la fente sphénomaxillaire en complétant la gouttière du nerf sous-orbitaire qu'il sépare des parties molles contenues dans l'orbite. L'adhérence de ce prolongement aux parois de l'orbite est très faible, surtout sur les parois supérieure et inférieure, d'où il résulte que lorsqu'on procède à l'ablation du maxiliaire supérieur, on peut assez facilement conserver le périoste qui recouvre sa portion orbitaire, et laisser ainsi entre le foyer de la suppuration et l'appareil de la vision un feuillet fibreux qui isole et protège ce dernier.

B. Surface iuterue de la dure-mère ciâaieuue.

La surface interne, recouverte par le feuillet pariétal de l'arachnoïde qui lui adhère de la manière la plus intime et qui transforme la dure-mère en une membrane fibro-séreuse , est surtout remarqiiable par les prolongements qui cloisonnent sa cavité. Ccux-çi, au nombre de quatre, se

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piTsenlont Haiis l'ordre suivant en procédant de liant en bas : la faux du ceroeciK, située entre les deux licinisplières cérébraux ; la leuts du cervelet, éialée à la manière d'une voûte, au-dessus de cet organe ; la faux du cervelet, intermédiaire aux deux Iiémisi)bères cérébelleux; et le repli irituitaire, destiné à loger le corps du même nom.

1" Faux du cerveau. Médiane et verticale, cette cloison s'étend de l'apophyse crista-galli et de la crête coronale à la tente du cervelet avec laquelle elle se continue ; sa forme représente assez exactement celle de la lame tranchante dont elle porte le nom ; on peut lui distinguer, par conséiiucnt, deux faces, deux bords, un sommet et une base.

Les faces sont latérales et en rapport avec les hémisphères du cerveau qu'elles séparent complètement l'un de l'autre dans leur moitié postérieure et incomplètement en avant. Il n'est pas très rare de constater sur un ou plusieurs points de la faux du cerveau une insuffisance on raréfaction des fibres qui la constituent ; de là des aspects variés : tantôt un simple entrecroisement rètiforine, une sorte de dentelle ; tantôt une éraillure:tantôt enfin une solution de continuité plus ou moins étendue à travers laquelle les deux hémisphères entrent en contact ; Haller a même vu ces hémisphères se continuer entre eux au niveau d'une perforation de ce genre, fait très exceptionnel, qui s'est aussi présenté à l'observation de M. Cruveilhier.

Le bord supërietir, convexe, occupe successivement les gouttières frontale, pariétale et occipitale; il renferme dans son dédoublement le sinus longitudinal supérieur.

Le bord inférieur, concave, mince et plus court, répond au corps calleux qu'il touche seulement dans son tiers postérieur ; il mesure l'espace compris entre l'apophyse crista-galli et la tente du cervelet, et renferme dans son épaisseur le sinus longitudinal inférieur.

Le sommet s'insère soit exclusivement à l'apophyse crista-galli, qu'il embrasse en envoyant un prolongement au trou borgne, soit à la fois à cette apophyse et à la crête frontale.

La base répond à la partie médiane de la tente cérébelleuse qu'elle soulève légèrement ; le sinus droit la parcourt dans toute son étendue.

Soutenir les Iiémisphères cérébraux et s'opposer à la compression qu'ils pourraient exercer l'un sur l'autre pendant le décubitus latéral, tel est l'usage princii)al de la faux du cerveau.

2" Tente du cervelet. Ce repli s'étend horizontalement de l'occipital aux temporaux ; si forme est celle d'un croissant à concavité antérieure, offrant deux faces et deux circonférences.

Les faces de ce croissant ne sont pas exactement horizontales, mais un peu plus élevées vers leur partie médiane, de telle sorte (pic chacune d'elles se décompose en deux plans inclinés. — La face supérieure, convexe, se confond dans sa partie moyenne avec la faux du cerveau, qui constitue pour la tente du cervelet une sorte de ligament suspenseur destiné à la niaiiitenir dans son état de tension et de double inclinaison ; ses parties lalérales sont en rapport avec les hémisplières cérébraux dont elles coiiiplètcnt le plancher. — La face inférieure, concave, répond au cervelet qu'elle recouvre complètement.

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La circonférence postérieure s'insùrc, en arrière, aux gonllièrcs latérales de l'occipital, et en dehors au bord supérieur des rochers. Sa portion occipitale, dont l'adhérence est faible, loge le pressoir d'Hérophile, et la partie horizontale des sinus latéraux ; sa portion temporale, qui est au contraire très adhérente, renferme les sinus pétreux supérieurs.

La circonférence antérieure, beaucoup plus petite que la précédente, répond par sa concavité à la gouttière basilaire ; de l'opposition de ce bord concave à une surface courbe résulte un orifice elliptiqiie qui livre passage à la protubérance annulaire, et que quelques anatomistes ont dé-igné sous le nom de trou ovale de Pacckioni.

Le mode d'insertion des deux courbes du croissant cérébelleux à leur extrémité antérieure n'est pas le même : la courbe postérieure, arrivée au sommet du rocher, l'abandonne pour aller se fixer à l'apoiihyse clinoïde postérieure, en foryiant une sorte de pont sous lequel passe le nerf trijumeau. — La courbe antérieure, parvenue au même point, passe au-dessus de la l^récédente en la croisant à angle aigu, et se prolonge ensuite jusiju'à l'apophyse clinoïde antérieure à laquelle elle s'attache.

Le prolongement de la courbe postérieure comble l'espace compris entre la lame quadrilatère du sphénoïde et le sommet du rocher, espace qui est traversé par trois paires de nerfs, la troisième, la quatrième et la sixième. — Le prolongement de la courbe antérieure comble l'espace compris entre le sommet du rocher et la base de l'aponévrose d'Ingrassias, en constituant la paroi externe du sinus caverneux, dans laquelle cheminent les trois paires précédentes, plus la branche ophthalmique de la cinquième.

La tente du cervelet a pour usage de supporter la partie postérieure des hémisphères du cerveau, et de soustraire par conséquent le cervelet à la Compression que ces organes pourraient exercer sur lui. Elle remplit d'autant mieux cette destination que ses deux moitiés latérales s'inclinent en bas et en dehors ; il l'ésulte en effet de celte inclinaison que les hémisphères cérébraux qui tendent, sous l'influence d'une violente commotion, à se rapprocher en avant, tendront d'une autre part a s'écarter en arrière ; de là une décomposition de mouvement qui diminue le danger attaché à tous les ébranlements du même genre.

3° Faux du, cervelet. Médian, vertical, et de même forme que celui qui sépare les hémisphères cérébraux, mais beaucoup plus petit, ce repli présente aussi deux faces latérales, deux bords, une base et un sommet.

Ses faces, planes et unies, sont en rapport avec les héaiisphères cérébelleux.

Son bord postérieur, convexe, adhère à la crête occipitale interne.

Son bord antérieur, concave et tranchant, répond à la partie la plus profonde du sillon qui sépare les deux moitiés du cervelet.

Sa base, tournée en haut, se confond avec la partie médiane de la tente cérébelleuse, au voisinage du pressoir d'Hérophile.

Son sommet se bifurque et se perd sur le pourtour du trou occipital, en accompagnant les sinus occipitaux postérieurs. — Comme la faux du cerveau, celle du cervelet a pour usage de compléter l'engaînemcnt des deux parties qu'elle sépare.

4° Picpli pituitaire. En abandonnant la lame quadrilatère du sphénoïde

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pour desceiulrc clans la selle turcique, la dure-iuère, après avoir formé un premier repli autour de la uiollié postérieure du corps pituitaire, passe au-dessous de ce corps pour eu former un second qui circonscrit sa moitié antérieure, et se continue ensuite avec celle qui répond à la gouttière des nerfs optiques ; du double repli qu'elle forme dans ce court trajet résulte une loge qui renferme !e corps pituitaire; cette loge, ouverte à sa partie supérieure pour laisser passer la tige de ce corps, constitue par ses parties lalé» raies la paroi interne du sinus caverneux.

L'usage de ce repli est évidemment de fixer dans la place qu'il occupe le corps pituitaire, et de protéger ainsi le pédicule grêle et délicat auquel il est comme suspendu.

C, Texture de lu dure-mère.

La dure-mère est une membrane fibreuse, demi-transparente, d'un as-? pect blanchâtre et nacré.

Les fibres denses et résistantes qui composent cette membrane paraissent s'entrecroiser dans tous les sens sur quelques points; sur d'autres elles sont disposées par plans qui se superposent de manière à circonscrire des mailles quadrilatères plus ou moins régulières, très eerréeset analogues à celles d'un tissu de fil : ainsi, sous la région fronto-pariétale, la plupart des fibres externes forment un plan superficiel antéro-postérieur et celles de la face interne un plan profond dirigé transversalement. Cette disposition conduisit Massa en 15G0 à admettre dans la dure-mère la présence de deux feuillets : l'un, externe ou périostique, dont l'étendue superficielle con-espond exactement à celles des parois du crâne ; l'autre, interne, qui se séparerait du précédent, d'une part, au niveau des sinus, de l'autre au niveau de chacun des prolongements qui cloisonnent la cavité crânienne ; de là le nom de replis imposé à ces prolongements, parce qu'on suppose en effet que le feuillet interne, en s'écartant de l'externe, s'adosse à lui-même pour les constituer.

La distinction de ces deux feuillets était ingénieuse et offrait surtout pour avantage de faciliter l'intelligence des principaux détails qu'embrasse la description de la dure-mère; aussi fut-elle généralement adoptée. Slevogt et Bourgelatlui donnèrent une nouvelle importance en avançant qu'ils étaient parvenus à la réaliser anatomiqnement, le jjremier chez le fœtus, et le second chez le cheval. Sabatier ajouta que les deux feuillets se voient assez bien en examinant le bord d'un lambeau dont on presse les deux lames entre les doigts en les faisant glisser l'une sur l'autre. L'existence de ces deux lames et la possibilité de les séparer sembleraient donc démontrées ; il n'en est rien cependant : nulle part on n'observe deux feuillets simplement superposés; partout où se rencontrent deux ou plusieurs plans, on voit un certain nombre de fibres qui passent du plan le plus superficiel au plus profond, et réciproquement, en sorte (ju'on ne parvient jamais à séparer la dure-mère en deux lames dans une certaine étendue sans diviser un nombre de fibres plus ou moins considérable; aussi les anatomistes qui ont lente celte séparation tout à fait artificielle sont-ils parvenus à des résultats différents. Plusieurs ont admis trois feuillets ; Verheyen en admet quatre, et Pauli dit en avoir observé cinq. Galien avait déjà remarqué que les prolongements de la dure-mère sont constitués par toute son épaisseur,

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et ([ne cette membrane n'est nullement séparable en deux lames : cette opinion, adoptée d'abord par Colonibiis et plus tard par Fallope, a été surtout défendue par Flallcr ; le scalpel à la main, elle est incontestable.

Les arU'ves de la dure-mère, très nombreuses, ont été distinguées en antérieures, moyennes et postérieures.

Les antérieures naissent des deux divisions ethraoïdales de l'oplitlialmi(iue.

Les moyennes tirent leur origine : 1° de la maxillaire interne, qui donne à l'enveloppe fibreuse de l'encéphale une branche considérable, la sphénoépineuse ou méningée moyenne, et un rameau qui pénètre dans la fosse moyenne et latérale du crâne par le trou ovale; 2° de la carotide interne qui fournit plusieurs lamuscules aux parois du sinus caverneux et au repli pituitaire.

Les postérieures sont de très petites artérioles qui proviennent soit de la pharyngienne inférieure, dont une division terminale pénètre dans les fosses cérébelleuses parle trou déchiré postérieur, soit de l'artère vertébrale à son entrée dans le crâne.

Toutes ces branches artérielles rampent dans l'épaisseur de la face externe de la dure-mère à laquelle elles n'abandonnent qu'un petit nombre de rameaux ; leui's principales divisions vont se répandre dans le diploé des os du crâne. Celte destination de la plupart des artères de la dure-mère nous explique le contraste qu'on observe entre la richesse vasculaire de toutes les parties adhérentes de cette membrane et le peu de vascularité des lames qui cloisonnent sa cavité : les premières contenant non seulement leurs vaisseaux propres, mais aussi ceux qui vont se distribuer aux os ; les secondes contenant uniquement les rares ramuscules qui leur appartiennent.

Les veines de la dure-mère sont de deux ordres : les principales suivent le trajet des artères ; celles-ci sont ordinairement doubles pour chaque vaisseau artériel ; les autres marchent solitairement et vont se terminer dans les sinus de la dure-mère, sinus qui représentent les troncs des veines encéphaliques et qui n'appartiennent pas par conséquent à cette membrane, bien qu'ils soient logés dans son épaisseur.

Les vaisseaux lyni'phaiiques de la dure-mère'ont été signalés par Mascagni qui les a vus accompagner l'artère méningée moyenne, mais qui n'a pu les suivre au delà du trou splséno-épineux. J'ai pu injecter au mercure les vaisseaux repi'ésentés par cet auteur, mais il m'a été impossible aussi de les suivre même jusqu'à la base du crâne : le métal, après avoir pai'couru un assez court trajet, s'échappe par une ou plusieurs déchirures survenues dans le vaisseau à la suite de l'arrachement de la voûte du crâne ; ces déchirures avaient été remarquées déjà par le même anatomiste qui les a considérées comme autant de ruptures des radicules lymphatiques émanées des parois osseuses.

Indépendamment de ces vaisseaux qui rampent sur la surface externe de la fibreuse crânienne et qui semblent appartenir au crâne plutôt qu'à la dure-mère, ainsi que le pense Mascagni, en existe-t-il d'autres qui occuperaient la surface interne de la membrane et qui lui appartiendraient réelle-

ment? Quelques observateurs disent avoir injecté des réseaux sur cette surface interne ; j'ai vainement cherché ces réseaux sur un assez grand nombre de sujets.

Les nerfs de la dure-mère peuvent être classés, comme les artères, en antérieurs, moyens et postérieurs.

Les antérieurs, extrêmement grêles, naissent du filet ethmoïdal du rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis et se distribuent à la duremère qui tapisse la lame criblée de l'ethmoïde. M. Froment a le premier signalé ces filaments antérieurs.

Les moyens ont été très bien observés par M. Cruvellhier, dont j'emprunte la description : « Au nombre de quatre ou cinq de chaque côté, ces » nerfs naissent de la cinquième paire et plus particulièrement du ganglion » de Casser, se placent immédiatement dans l'épaisseur de la dure-mère, » plus près de sa surface interne que de l'externe, et parcourent en diver- » géant la région sphéno-temporale, puis la région pariétale de la memïi brane ; plusieurs s'épuisent dans ce trajet ; deux ou trois se terminent au » voisinage du sinus longitudinal supérieur. »

Les postérieurs, très bien décrits aussi par MJI. Cruveilhier et Bonamy, tirent leur origine de la branche ophthalmique de Willis, non loin du ganglion de Casser, croisent le nerf pathétique auquel ils s'accolent, ce qui a d'abord fait supposer qu'ils provenaient de ce nerf, et arrivent dans la tente du cervelet, où ils se divisent en rameaux internes et externes. — Les internes, au nombre de deux ou trois, s'inclinent en dedans pour gagner aussitôt la base de la faux du cerveau dans laquelle ils s'engagent en remontant vers son bord supérieur. — Les externes se portent directement vers le sinus latéral, s'infléchissent à leur tour pour se porter en dedans, et se perdent par leurs dernières divisions, sur la faux du cerveau.

En résumé, tous les nerfs de la dure-mère naissent de la cinquième paire. Schwan et Blandin pensent, il est vrai, que la sixième paire en foui-nit un grand nombre à cette membrane pendant son trajet intra-crànien ; mais ils sont tombés dans une erreur aussi manifeste que celle de Valsalva, qui les faisait partir du facial, etde Wins]ow,.qui leur donnait pour point de départ principal le moteur oculaire commun.

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