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qu'elles l'orlcnî sur le tiers antérieur, sur le tiers moyen ou sur le tiers postérieur de la langue.
Les coupes transversales qui intéressent le tiers antérieur offrent un aspect homogène, une couleur rouge uniforme, quelquefois cependant un peu plus ]iâle au centre que sur la circonférence. A la partie inférieure et médiane de ces coupes on aperçoit un noyau de fibres perpendiculairement divisées qui appartiennent aux génio-glosses ; au-dessus de ce noyau et de chaque côté un tissu dense, composé aussi de fibres longitudinales incisées sur leur longueur et reliées entre elles par un petit nombre de fibres obliques.
Sur les coupes transversales qui intéressent le tiers moyen, on remarque: l°au centre, la lame libreuse médiane ; 2° de chaque côté de cette lame, un noyau de fibres jaunâtres, mêlées à une petite quantité de tissu adipeux, entrecroisées en bas où elles se continuent avec les fibres internes des génio-glosses, recourbées en arc de cercle au voisinage de cet entrecroisement, et verticales plus haut ; 3° en dehoi's de celles-ci, d'autres fibres qui proviennent de la partie externe des génio-glosses, et qui se comportent de la même manière; 4° au-dessus de toutes ces fibres, une surface horizontale de 5 à 6 millimètres de hauteur, constituée par la partie terminale des fibres précédentes entremêlées aux fibres longitudinales supérieures et à la portion transversale des fibres de l'hyo-glosse ; 5*> en dehors la surface de section des fibres du palato-glosse et du stylo-glosse ; en bas une autre surface de section qui répond au lingual inférieur.
Les coupes pratiquées sur le tiers postérieur présentent : 1° à leur centre, la lame médiane et les fibres arciformes et jaunâtres qu'on remarque sur les coupes du tiers moyen ; 2° en haut, la surface de section du lingual supérieur , et au-dessous , l'anse formée par les deux amygdaloglosses ; 3" en bas et en-dehors, la surface de section du lingual inférieur ; 4*^ un peu plus bas, la sangle constituée par les faisceaux inférieurs des stylo-glosses, et enfin les fibres des deux génio-glosses.
Toutes les fibres longitudinales, verticales et transversales qui viennent d'être décrites sont un prolongement des différents muscles qui s'épanouissent dans l'épaisseur de la langue. Indépendamment de ces fibres venues du dehors, en existe-t-il d'autres qui prendraient naissance sur un point de la muqueuse linguale et qui iraient se terminer sur un autre point de cette membrane ou sur la lame fibreuse médiane ? Ce second ordre de fibres, dites intrinsèques, par ojtposition aux premières, appelées extrinsèques, est admis par presque tous les anatomistes. Je ne saurais cependant me rallier à une semblable opinion ; rien ne démontre, en effet , l'existence des fibres intrinsèques. L'observation qu'on a invoquée en leur faveur vient au contraire les démentir. En suivant avec attention les fibres des muscles extrin«è(pies sur des langues qui ont macéré quelque temps dans une solution très étendue d'acide azotique, on parvient à les suivre jusqu'à leur terminaison et à constater leur continuité avec les fibres longitudinales, verticales, transversales ou obliques. D'une autre part divisez la langue en deux moitiés, détachez ensuite les muscles extrinsèques au moment où ils pénètrent dans son épaisseur, puis groupez tous ces muscles, et comparez le faisceau ainsi obtenu à la moitié correspondante ; vous reconnaîircz ipie les dimensions de l'une égalent celles de l'autre.
SPLx^NXHNOLOGIE. 779
Ifislorlque des imiscles de la langue.
Bien qu'un grand nombre d'observatenrs aient cherché à pénétrer le mécanisme des mouvements de la langue et à démêler la structure du corps musculeux auquel ils sont confiés, nos connaissances sur ce point ont été tardives. Deux causes surtout paraissent avoir contribué à en ralentir le progrès : d'une part, beaucoup d'auteurs ont proclamé le tissu musculaire de la langue inextricable; de l'autre, ceux qui ont refusé de souscrire à cet arrêt ont fait usage trop souvent dans leurs recherches de la langue du bœuf ou de quelque autre mammifère, et ont obtenu ainsi des résultats qui ne s'appliquent qu'imparfaitement à l'homme.
A. Vésale, en 1542, décrivait neuf muscles dans la langue : le premier et le deuxième sont formés par la partie antérieure des hyoglosses , le troisième et le quatrième par la partie postérieure de ces muscles , le cinquième et le sixième par les stylo-glosses , le septième et le huitième par les mylo glosses , et le neuvième par les génio-glosses , qui , à ses yeux, n'en constituaient qu'un seul. Parmi ces muscles, le septième et le Imitième, ou les mylo-glosses, naissaient, suivant Yésale, de la partie la plus reculée de la ligne mylo-hyoïdienne et descendaient sur les côtés de la langue pour se porter ensuite jusqu'à sa pointe. Ces muscles, qu'on trouve mentionnés à partir de cette époque dans presque tous les auteurs des seizième, dix-septième, dix-huitième et même par un bon nombre de ceux du dix-neuvième siècle, n'existent pas ; mais il n'était pas sans intérêt de connaître la source d'une erreur si longtemps admise.
Obscur et fort incomplet dans ses détails descriptifs, Vésale retrouve toute sa supériorité lorsqu'il s'agit de formuler son opinion sur la texture de la langue. « Cet organe, dit-il, est formé de deux corps musculeux, séparés par » un ligament qui s'élendde la base à la pointe, et de la face supérieure à la » face inférieure. Ce ligament a été donné à la langue à la manière d'un os » pour servir à l'attache de toutes les fibres musculaires. » Ces fibres ellesmêmes sont de trois ordres : droites ou longitudinales, transverses et obliques. Les premières sont superficielles, les deuxièmes et les troisièmes plus près du centre (1).
En 160 5, G. Bauhin, qui écrivait plus de soixante ans après Vésale, reproduit toutes ses opinions. Mais sa description des muscles de la langue est plus claire, plus exacte et plus complète. Il dédouble le génio-glossc et porte ainsi le nombre de ces muscles à dix au lieu de neuf. C'est lui qui, le premier, a donné à la portion antérieure de l'hyo-glosse le nom de basioglosse, et à la postérieure celui de cérato-glosse, dénominations qui furent ensuite unanimement adoptées (2).
En 1665, M. Malpighi, dans sa lettre adressée à Borrelli , consacre à peine quelques mots à l'étude de la structure de la langue. 11 fait remarquer qu'on trouve, immédiatement au-dessous delà mutpieuse linguale, des fibres musculaires rectilignes qui ont pour usage de raccourcir cet organe, et au-dessous de celles-ci des fibres entremêlées par couches alternatives, dont les unes sont transversales et les autres obliciues (3). A cette lettre
Cl) De hum. corp . fnhricn . Basilese, 1542, p. 302 et 50". (•2) Thenlr. nnnt., 1603, p. 910 cl suivantes, (.ïj Mangeli Bibliolh. anat., t. Il, p. ô2t.
780 ANATOMIF.
se trouve annexée une planche qui représente la langue du bœuf, divisée transversalement sur (juatre points de sa longueur. En parcourant le texte relatif aux figures de celte planche, on voit qu'indépendamment des trois ordres de fibres qui précèdent, Malpiglii en admettait un quatrième, composé des fibres verticales ; on voit , en outre, que les fibres longitudinales forment une couche périphérique qui n'est interrompue qu'en bas et sur la ligne médiane, c'est-à-dire au niveau de l'entrée des géuio-glosses. En résumé, cet auteur n'a pas décrit les muscles de la langue ; il a seulement mentionné, sous la forme d'une proposition, ses différents ordres de fibres. Son travail était, en réalité, très inférieur à celui de Vésale.
En 1683, N. Sténon, abordant à son tour le même sujet, s'exprime ainsi : « Dans tous le corps de la langue, depuis la base jusqu'à la pointe, » on peut distinguer trois séries de fibres : les unes , extérieures et superfi- » cielles, marchent selon la longueur de la langue ; d'antres se portent de » la face supérieure vers l'inférieure ; les troisièmes se dirigent de la par- » tie médiane vers les bords. Ces deux dernières séries de fibres s'entre- » mêlent par couches alternatives (l). »
Dans ce peu de mots, Sténon a eu le mérite de définir nettement les trois ordres de fibres. Ses observations sont formulées comme celles de Malpighi, sous la forme d'une simple proposition. Mais bien que celle-ci soit exacte, elle ne donne cependant pas de la constitution du corps muscnleux de la langue une idée aussi complète que celle qui découle de la description de Vésale. La science, loin de faire des progrès sous Malpighi et Sténon, avait donc plutôt rétrogradé. Les anatomistes qui ont brûlé des flots d'encens en leur faveur, et qui ont célébré sur tous les tons l'éclat et l'importance de leurs travaux sur ce point, ne les ont certainement jamais lus. De tout temps, il a existé de ces écrivains qui se plaisent à orner leurs ouvrages des fleurs de l'érudition, et qui, peu difficiles dans le choix de ces fleurs, lescueillent cà et là, à droite età gauche, partout enfin, excepté dans l'auteur original, qu'il faudrait chercher, qu'il faudrait lire, qu'il faudrait comprendre, qu'il faudrait juger ! autant de difficultés bien faites pour arrêter un érudit qui aime les roses sans épines I
En 1705, Verheyen, aux cinq paires de muscles décrites par Bauhin et ses successeurs, en ajoute une nouvelle, les chondro-glosses, qu'il a fait représenter. Mais en examinant la figure qu'il en donne, on reconnaît que les fibres de ces muscles ne sont autre chose que les fibres les plus inférieures des génio-glosses, qui s'entrecroisent avant de s'attacher à l'os hyoïde, entrecroisement que cet auteur avait vaguement aperçu, puisqu'il avoue que les chondro-glosses, en s'unissant sur la ligne médiane, forment une arcade à concavité inférieure (2). Cette nouvelle paire n'était pas admissible. Cependant, à partir de ce moment, nous allons la retrouver dans tous les auteurs.
En 1707, Douglas fut plus heureux; aux muscles déjà connus il en ajouta deux : les linguaux inférieurs, qui n'avaient pas encore été mentionnés.
En 1732, Winslow le premier a divisé les fibres musculaires delà langue
(I) N. Sténon, De musc, et gland., 1683, p. 17, (•2j Verheyi N, Corp liiim. anat , ITOo, p. 401.
SPLANCHNOLOGIE. 781
en inlrinscques et exlrinscques, division qui n'était pas fondée et qui fut cependant universellement adoptée. Pour faciliter l'étude des filires intrinsèques, il conseille de soumettre la langue à la coction ou à la macération dans du vinaigre concentre, et de la diviser ensuite longitudinalcment ou transvei'salement. Au-dessus des trois ordres de fibres intrinsè- (jues, cet auteur a vu un plan particulier de fibres longitudinales, qui est évidemment le lingual supérieur, mais qu'il ne fait que signaler. Le cératoglosse, le basio-glosseet le chondro-glosse, décrits jusque-là isolément, sor.t groupés par Winslow en un seul muscle, qu'il appelle hyo-glosse (1).
Deux ans plus tard, Albinus fit paraître son célèbre Traité des muscles de l'homme. En observateur exact, il rejette le niylo-glosse, qu'il ne mentionne même pas, et que Winslow avait encore admis. 11 continue à décrire le chondro-glosse comme un muscle particulier; mais sa description même atteste que celui-ci est l'une des origines du lingual inférieur. Enfin, il parle en termes très nets de l'attache de la portion moyenne du lingual supérieur, ou muscle glosso-épiglottique, au prolongement médian de l'épiglotte (2).
Dans un mémoire sur la structure de la langue . communiqué en 182 1 à l'Académie de médecine, et inséré plus tard dans les Jrchives de médecine (3), M. Gerdy a entrevu la lame fibreuse médiane de la langue ; il mentionne le faisceau accessoire de l'hyo-glosse, et décrit les trois portions du lingual superficiel, mais n'expose pas aussi nettement que Tavait fait Albinus l'attache de la portion médiane au prolongement moyen de l'épiglotte.
, Biandin, en 1823, a signalé le premier l'existence de la membrane fibreuse hyo-glossienne. Il crut aussi avoir découvert la lame fibreuse médiane décrite par Vésale et par les auteurs du xvi^ siècle, mais complètement oubliée depuis près de deux cents ans, lorsqu'elle fut aperçue de nouveau par cet anatomiste. La description qu'il en donne est exacte; il a eu seulement le tort , afin sans doute d'établir d'une manière plus frappante son analogie avec l'os lingual des oiseaux, d'en faire un fibro-cartilage. Abordant ensuite l'histoire des muscles, il nous montre l'hyo-glosse comme formé de deux parties, et avance avec raison que le chondro-glosse ne saurait en être considéré comme une dépendance. A l'occasion du stylo-glosse, il décrit très bien son faisceau inférieur, et mentionne le supérieur comme inconstant. Passant ensuite au génio-glosse, il constate l'entrecroisement de ses fibres internes avec celles du muscle opposé (4). Je lui reprocherai, ainsi qu'à M. Gerdy, de n'avoir pas assez consulté les travaux de ses prédécesseurs, et surtout d'avoir méconnu ceux de Vésale.
Je dois aussi, en terminant, mentionner ici les recherches consciencieuses de MM. Broca et Beau, qui ont représenté dans leur atlas tous les muscles de la langue avec une grande exactitude. M. Broca a eu en outre le mérite de découvrir un muscle nouveau, l'amygdalo-glosse. Je regrette seulement de le voir partager les illusions de Biandin sur la na-
(t) Expnsit. nnat., 173'2, p. 714 et suiv. Ci) Hist. musc, hum., 17ô4, p. 219 et suiv.
(3) Archives générales de médecine, l'e série, t. VII, p. 361.
(4) Mémoire sur la structure de la langue ( Archives générales de mededue, Ite série, t. 1, p. 457).
ture de la lame fibreuse médiane, au point d'avoir fait représenter sur celfc lame un noyau cartilagineux, qui n'a rien moins que 12 millimètres de longueur et 3 d'épaisseur. Je regrette aussi de le voir considérer encore le chondro-glosse comme un faisceau de l'hyo-glosse, ce qui l'entraîne à se mettre en contradiction avec lui-même. Car, d'après la description très précise qu'il en donne, ce faisceau musculaire est séparé de iMiyo-glossc par le faisceau inférieur du stylo-glosse, et se perd tout entier dans le lingual inférieur ; il appartient donc à ce dernier et non au premier (1).
c. Nerfs qui se rendent aux muscles de la langue.
Les nerfs destinés à ces muscles émanent, comme les nerfs sensitifs , de trois sources différentes : de la douzième paire, qui vient se terminer presque entièrement dans leur épaisseur; de la septième, qui leur envoie d€ux de ses rameaux, et enfin du grand sympathique, qui se distribue à la fois aux muscles de la langue et à la muqueuse linguale.
La douzième paire, ou le nerf hypo-glosse, se distribue à tous les muscles de la langue ; ce nerf est essentiellement moteur, par conséquent. Lorsque son tronc a clé divisé, lorsqu'il se trouve comprimé sur un point de son trajet, ou devient le siège de quelque grave altération, toute la moitié correspondante de la langue est paralysée dans ses mouvements. Si on le soumet à l'influence d'un courant galvanique, on voit aussitôt tons les muscles de son côté se contracter convulsivement. L'anatomic, du reste, suffit à elle seule pour établir sa destination; car elle nous montre les nombreuses divisions du tronc de l'hypoglosse cheminant dans les interstices de tous ces muscles, et s'épuisant dans leur épaisseur (voy. t. II , p. 308).
La septième paire, ou le nerf facial, fournit à la langue : 1° un rameau long et grêle qui, après avoir reçu un ou deux filets du glosso-pharyngien, passe entre l'amygdale et la portion antérieure du voile du palais, chemine sous la muqueuse de la base de la langue, puis se termine par des ramifications extrêmement ténues soit dans le lingual supérieur, soit dans le palato-glosse et la partie correspondante du stylo-glosse ; 2° la corde du lympan, qui s'accole au nerf lingual, dont elle ne se sépare qu'à son extrémité terminale, pour aller se perdre dans le tissu musculaire de la portion antérieure de la langue. Plusieurs auteurs ont considéré ce rameau du facial coumie un filet sensitif, qui serait un prolongement du grand nerf pétreux, selon Uirzel, et du nerf de Wrisberg, suivant M. Cusco ; mais la dissection du tronc du facial, préalablement soumis à l'aclion de l'acide azotique étendu, démontre que la corde du lympan est une émanation bien réelle de ce nerf, dont elle partage, par conséquent, toutes les propriétés.
Les filets (pie le grand sympathi(iue donne à la langue viennent du plexus carotidien. Ils forment autour de l'artère linguale un plexus qui l'accompagne et qui se divise en autant de petits plexus secondaires que cette artère fournit débranches. Ces filets, disséminés comme les capillaires artériels, ne paraissent pas avoir d'influence sur les mouvements de cet organe ; leur u?age est plutôt relatif à sa nutrition.
(!) Broga cl Beau, Allas 'Vaniilnniic ilfscri/ith'e, livr. A't.
SPLANCBNOLOGIE. 783
d. Arlères, veines, tissu- cellulaire des muscles de la langue.
Toutes les branches artéiielles qui se distribuciit à ces muscles viennent de l'artère linguale, branche vo'umincuse de la carotide externe, flexueusc dans toute son étendue, d'abord iiorizontale, puis ascendante et oblique, située à son entrée dans la langue entre le constricteur moyen du pharynx et le cérato-glosse , plus loin entre le conslricleur supérieur et le basio-glosse, et dans sa partie terminale, où elle prend le nom de ranine, entre le génio-glossc et le lingual inférieur ; ce dernier muscle la recouvre en partie ou en totalité. Presque toutes les divisions de cette artère naissent de son bord supérieur; elles sont très nomhreu^es, plus ou moins verticales, et par conséquent parallèles entre elles.
Deux veines de très petit calibre accompagnent Tarière linguale, (pi'elles entourent sur plusieurs points de leurs anastomoses. Imb-pendamment de ces veinules, on observe constamment, en dehors du lingual inférieur, luie veine volumineuse : c'est la ?v'i>te ranine, (pii vient se jeter dans la jugulaire interne, après s'être réunie ordinairement à la veine faciale. La veine ranine, ainsi que les deux veines satellites de l'artère linguale, sont munies de valvules.
On ne trouve, dans les interstices et dans l'épaisseur des muscles de la langue, qu'une très petite quantité de tissu cellulaire. Ce tissu est à peine apparent-dans l'état normal ; mais il devient très manifeste sur les langues qui ont macéré dans l'acide azotique étendu, au niveau du bord inférieur delà lame fibreuse médiane ; on le voit ordinairement se mêler à une certaine quantité de cellules adipeuses. Celles-ci, plus abondantes en arrière qu'en avant , s'infiltrent jusque dans les aréoles de la lame fibreuse médiane et dans les interstices des fdjres musculaires centrales, d'oij l'aspect jaunâtre de ces fibres, cpii contrastent par leur couleur pfde avec la couleur plus ou moins rouge des fibres périphériques.
Glandes de la langue.
Les glandes de la langue sont extrêmement nombreuses. On peut les diviser, d'après leur siège, en postérieures ou sous-muqueuses et latérales ou intermusculaires.
Les glandes sous-muqueuses forment une couche quadrilatère de 4 à 5 millimètres de hauteur, étendue deTépiglotte au V lingual, et dans le sens transversal de l'amygdale d'un côté à celle du côté opposé. Elles reposent sur le muscle lingual supérieur. Les plus profondes occupent l'épaissenr de ce muscle.
Les glandes inter musculaire s se présentent sous l'aspect d'une traînée qui commence en arrière, au niveau de l'angle antérieur du quadrilatère des glandes précédentes, et qui se prolonge de chaque côté, jusqu'au voisinage delà pointe de la langue ; l'appareil sécréteur de la langue, considéré dans son ensemble, représente donc une sorte de fer à cheval, dont la concavité regarde en avant.
Toutes ces glandes sont d'une couleur blanche ou cendrée. Leur volume rappelle en général celui des lobules qui composent les glandes salivaires, auxquelles elles peuvent être comparées aussi pour leur aspect et leur
784 AiNATOMiE.
structure : car chacune est une glande en grappe, et non un simple follicule, ainsi que le répètent encore tous les auteurs.
Celles qui occupent la base de la langue sont appliquées les unes contre les autres, quelquefois aussi placées les unes au-dessus des autres, mais cependant indépendantes.
Celles qui occupent l'épaisseur des muscles sont tantôt solitaires et tantôt réunies deux à deux, trois à trois, et même au nombre de dix à quinze, de manière à constituer une glande, dont les dimensions varient du volume d'un pois au volume d'une noisette. Constamment on trouve dans les muscles de la langue deux de ces glandes conglomérées, l'une postérieure, l'autre antérieure. — La glande postérieure, sur laquelle Weber le premier a appelé l'attention, est située de chaque côté, au-dessous des papilles caliciformes les plus rapprochées des bords de la langue, dans l'épaisseur du stylo-glosse et du lingual inférieur. C'est la première des glandes intermusculaires ; elle unit la série antéro-postérieure de ces glandes à la couche des glandes sous-muqueuses. Son conduit s'ouvre, sur la face inférieure, par un orifice très étroit. — La glande antérieure est située à un centimètre en arrière de la pointe de la langue. Un intervalle de 4 à 5 millimètres la sépare du sillon médian de la face inférieure, sur laquelle elle fait ordinairement une légère saillie. Cette glande a été mentionnée d'abord par Blandin ; mais Nuhn le premier a découvert ses conduits excréteurs, qui sont au nombre de quatre ou cinq, et qui viennent s'ouvrir perpendiculairement sur la face inférieure de la langue, à 1 ou 2 millimètres les uns des autres : de là les noms de glande de Blandin, glande de Nuhn , sous lesquels elle est aujourd'hui désignée par quelques auteurs.
Entre la glande de Weber et la glande de Blandin, qui marquent les limites extrêmes de la traînée des glandes intermusculaires, il en existe d'autres plus petites , contiguës entre elles, ou échelonnées à des intervalles inégaux, de manière à former une sorte de chapelet très irrégulier, et situées aussi, en partie dans le stylo-glosse, en partie dans le lingual inférieur.
Vues au microscope, les glandes de la langue sont composées d'une multitude d'acini groupés autour d'un conduit excréteur dont ils voilent l'origine, et qu'on aperçoit seulement au moment oîi il émerge de leur périphérie. Ce conduit est remarquable, du reste, par son grand diamètre, qui permet d'introduire facilement un stylet dans sa cavité, d'où sans doute l'opinion si généralement répandue, que les glandes de la base de la langue sont de simples follicules.
CONTENUES DANS LE SECOND VOLUME (deuxième partie).
SPLINCHIVOLOGIE. — ORGAIVES DES SEIVS.
• Cunsidérations préliminaires 421'