‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 124 sur 133 · PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

PROPREMENT DIT

Dans les sens de l'ouïe et de la vue, l'appareil destiné à recevoir l'impression des corps extérieurs se trouve profondément caché. Dans le sens de l'odorat, ce même appareil, bien que profondément situé aussi, occupe cependant une position beaucoup plus superficielle, puisqu'il a pour siège une partie du système tégumentaire. Dans le sens du goût, il est plus superficiel encore : loin de se réfugier, en quelque sorte, au centre de l'appareil plus vaste dont il fait partie, ou le voit s'étaler largement à la surface de celui ci, et solliciter, pour ainsi dire, un contact immédiat que les autres repoussent, et ne sauraient, en effet, impunément supporter. D'enveloppé qu'il était dans les trois sens précédents, il devient ici enveloppant; sa forme est donc celle d'une membrane.

Cette membrane, ou la viuqueuse linguale, présente des caractères qui la distinguent très notablement de toutes les autres dépendances du système muqueux, et qui lui assignent, dans ce système, une place à part. Elle est surtout remarquable par le nombre et le volume de ses papilles, qu'on ne retrouve à un semblable degré de développement sur aucun autre point des membranes tégumentaires; elle l'est aussi par sa consistance, qui diffère peu de celle de la peau, par son extrême adhérence aux

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muscles qu'elle recouvre , et enfin jiar sa richesse va^culaire qu'on ne peut comparer qu'à son exquise sensibilité, c'est-à-dire aux divisions nerveuses extrêmement nombreuses qu'elle reçoit. Nous étudierons successi' vement sa conformation extérieure et sa structure.

1° Conformation extérieure de la muqueuse linguale.

Envisagée dans sa conformation extérieure, cette mu(jueuse nous offre à considérer son épaisseur, sa consistance, sa couleur, et les saillies ou papilles qui hérissent sa surface libre.

Son épaisseur x\'e?,\. pas uniforme : elle est beaucoup moins grande sur la face inférieure que sur la supérieure; et sur celle-ci, elle est moins prononcée à ses deux extrémités que dans son tiers moyen, où elle atteint son maximum. On remarque, en outre, sur cette face, qu'elle diminue de sa partie médiane vers ses bords; qu'elle augmente un peu au niveau de ceux-ci, puis diminue assez brusquement en passant des parties latérales de la langue sur sa face inférieure. On peut dire d'une manière générale qu'elle est en raison directe du volume de cet organe ; c'est pourciuoi elle est un peu moindre chez la femme que chez l'homme, et dans les iiremièi-es années de l'âge adulte iiue dans la vieillesse.

Sa consistance diffère plus encore que son épaisseur. Elle est si grande au niveau du tiers moyen de la face supérieure de la langue, qu'elle a été comparée par M. Gerdy à celle du fibro-cartilage. Sur les bords, sur la pointe et sur la base de cet ox'gane, la muqueuse linguale se laisse facilement diviser ou déchirer; elle devient plus dense et plus résistante sur sa face inférieure, qui offre cependant moins d'épaisseur.

Sa coloration générale est d'un blanc rosé. Vers la pointe et sur les bords de la langue, cette couleur se montre plus vive; sur toute la partie médiane de la face supérieure, elle devient plus pâle. Mais la différence qu'on observe, sous ce rapport, entre la partie médiane et la partie périphérique se modifie suivant qu'on examine la langue chez l'enfant ou chez l'adulte, pendant la durée ou dans l'intervalle des repas, et dans l'état de santé ou dans l'état de maladie. Chez l'enfant, cette différence est presque null£. Chez l'adulte, au contraire, elle est plus ou moins accusée; mais elle s'affaiblit, et peut même disparaître entièrement pendant la durée ou vers la fin des rep^as. Plus l'appétit est développé, les repas rapprochés, l'alimentation abondante, plus aussi la surface de la langue est d'un rouge vif et uniforme. Dans les conditions opposées, on voit cette surface blanchir de sa partie médiane vers ses bords , puis se couvrir d'une couche d'apparence limoneuse qui, dans les maladies les plus graves, peut atteindre jusqu'à 3 ou 4 millimètres d'épaisseur. La couleur de la muqueuse linguale varie donc avec l'état de la nutrition : rouge ou rosée, elle annonce une nutrition active; blanche ou grise, elle indique une nutrition languissante. Sous ce rapport, les médecins de toutes les époques ont attaché à son examen une juste importance. Mais tous se sont mépris en voyant, dans sa couleur blanche et dans la couche limoneuse qui la recouvre pendant la durée des maladies aiguës ou chroniques, un état saburral développé sous l'influence même de ces maladies. La cause qui préside aux variations de couleur de la langue est essentiellement physiologique ; nous verrons plus loin qu'elle est toute locale, et que l'homme n, 63*

ie mieux portant pourrait, dans de certaines limites, faire varier à son gré l'aspect de sa langie, et simuler celui que nous présente cet organe chez l'homme atteint d'une maladie grave.

Surface libre ou papillaire de la muqueuse linguale.

L'organe du goût est recouvert de papilles sur tous les points de sa périphérie. Mais celles-ci diffèrent beaucoup par leur forme, leurs dimensions et leur disposition respective, suivant qu'on les observe sur la face supérieure de la langue, sur sa face inférieure ou sur ses bords.

La face supérieure est celle sur laquelle le corps papillaire de la muqueuse lina;uale arrive à son plus haut degré de développement. A l'extrémité postérieure de son sillon médian, c'est-à-dire à l'union de son quart postérieur avec ses trois quarts antérieurs, on observe une papille entourée d'un repli circulaire de la muqueuse qui la recouvre en [lartie ou en totalité. Cette papille est tantôt unique, tantôt double, triple ou multiple. Dans le premier cas, elle est en général volumineuse, et le repli qui l'entoure la laisse à découvert; dans le second, qui est beaucoup plus fréquent, le repli la déborde en s'avançant sur sa circonférence, et forme alors une sorte de cul-de-sac que Morgagni avait déjà mentiomié, et qui a été ensuite décrit sous le nom de foramen cœcum, trou borgne de Morgagni. La profondeur de ce cul-de-sac et son diamètre, ainsi que la forme, le nombre et le volume des papilles qu'il renferme, présentent des variétés individuelles presque inlinies. Quelques auteurs anciens, qui n'avaient remarqué ni ces variétés ni les papilles qui occupent sa partie profonde, lui avaient attaché une importance bien exagérée, et surtout bien erroinice, en le considérant, avec Coschwitz, comme l'embouchure d'un conduit excréteur émané d'une glande salivaire.

De chaque côté du trou borgne, on voit partir une série de" grosses papilles, ou papilles de premier ordre, qui se dirigent obliquement en avant et en dehors en formant une sorte de V ouvert en avant. Ces papilles, linéairement disposées, n'arrivent pas jusqu'aux bords de la langue. Chacune d'elles est entourée aussi d'un repli circulaire qui a été comparé à un calice : d'où le nom de papilles caliciformes, sous lequel ont été décrites les papilles (pii forment le V lingual. Toutes ces papilles présentent la forme d'un cône dont la base regarde en haut, et dont le sommet tronqué et tourné en bas se continue avec le fond du calice correspondant. L'axe ou la longueur de ces petits corps égale la hauteur du repli qui les entoure, en sorte que leur base, toujours libre, se trouve exactement au niveau du bord supérieur des calices. Cette base est ordinairement plane et circulaire; cependant il n'est pas rare d'observer au centre de quehiues-unes d'entre elles une légère dépression, et même une véritable fossette, qui donne aux papilles ainsi conformées l'aspect d'un calice plus petit, emboîté dans un calice plus grand. Bien qu'elles soient ordinairement solitaires, on en trouve assez fréquemment deux et même trois dans un même calice. Leur nombre total varie de dix à quatorze; celui des calicfs ne s'élève qu'à huit ou dix.

Vues à l'œil nu, ces papilles paraissent unies à leur base, et sur tous les points par lesquels elles se trouvent en contact avec leur calice. Vues

SPLANCHNOLOGIE.

à la loupe, leur surface et leur base offrent un aspect très différent. Leur surface iiaraît toujours lisse; mais leur base affecte une disposition gra-

Pr - G,

Face dorsale de la langue.

l,t. Pupilles caliciformes. — 2. Papille caliciforme médiaue, occupant le trou borgue r|n'elle rem|>iil ici en totalité. — ô,.'>,ô,5. P.ipiiies foii^iformes. — 4,4. Papilles corolliiorme>. — 5,o. Plis et sillons veiticaux des bordj de )a langue. — 6,6,6,6. Glaudulesde la hase de la langue.— 7,7. Amygdales, — 8. Épiglotte. — 9. Repli glojso-e'pigloUiqiie médian.

nuleuse, due à la présence d'une multitude de petites saillies, régulièrement arrondies, de dimensions égales et de forme hémisphéri(iue. Ces saillies, au nombre de plusieurs centaines pour les plus petites et de 800 à looo pour les plus grosses, représentent autant de papilles plus petites réunies en un seul groupe, et relires entre elles par un lien commun, à la manière ('es épis d'une gerbe. Pour en prendre une notion exacte, il faut les observer sous l'eau à un giossissement de 20 ou 2 5 diamètres, aux rayons réHéchis du soleil ou d'une lampe. Elles sont visibles sans aucune préparation préalable; mais elles deviennent beaucoup plus manifestes lorsque la langue a macéré (luelipie temps dans l'acide acétique pur, ou dans l'acide azotique étendu. — Les calices affectent une disposition analogue. Leurs parois sont unies comme la surface des pai)illes auxquelles ils correspondent , tandis que leur bord ou partie libre se trouve recouvert aussi d'innombrables papilles microscopiques. Ces mêmes bords présentent, en outre, de légers sillons curvilignes, de telle sorte qu'ils paraissent à la fois crevassés et finement granuleux.

En avant du Vdes papilles caliciformes etsur toute l'étendue de l'espace compris entre celles-ci et la pointe de la langue, on observe d'autres papilles beaucoup moins volumineuses que les précédentes, mais extrêmement multipliées, et serrées les unes contre les autres comme les filaments qui hérissent la surface du velours. Ces papilles ne s'inclinent pas en arrière, ainsi que le pensait Malpiglii; leur axe est perpendiculaire à la surface de la muqueuse linguale. Sur le tiers moyen delà surface dorsale de la langue elles sont disposées en séries linéaires et parallèles qui convergent vers le sillon médian à la manière des nervures d'une feuille vers leur lige commune. Cette disposition cependant est peu accusée et peu régulière chez quelques individus, en sorte qu'on éprouve d'abord un peu de difficulté à la constater ; mais avec une suffisanteattentiononréussit toujours à la reconnaître, au moins à l'état de vestige.

Parmi ces papilles, les unes sont renflées à leur sommet et rétrécies à leur base, mode de conformation (juia permis de les comparer à un champignon, d'où le nom de ■papilles fongifurmes sous lequel elles ont été décrites. Leur volume est supérieur à celui de toutes les papilles qui les entourent, mais très inférieur à celui des papilles caliciformes ; considérées sous ce point de vue, elles constituent les papilles de second ordre.

D'autres se composent d'une base et de prolongements (jui par leur ensemble rappellent très bien l'aspect d'une fleur plus ou moins épanouie. Je les désignerai par le terme génériiiue de corollijormcs. Elles représentent les papilles de troisième ordre.

D'autres enfin sont caractérisées par leur extrême petitesse et leur forme hémisphérique : ce sont les papilles de quatrième ordre.

Les papilles fonglformes, ou papilles de second ordre, sont beaucoup plus nombreuses que celles munies d'un calice. On en compte assez facilement de 150 à 200 ; cependant elles sont infiniment moins multipliées que les papilles corolliformes dont le dénombrementne saurait être tenté, même d'une manièreapproximative. Elles se trouvent irrégulièrement disséminées parmi ces dernières, au milieu desquelles elles forment par leur ensemble une sorte de quinconce. C'est sur la pointe et les bords de la langue qu'on les voileu

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plus grand nombre. On les distingue îles papilles ambiantes non-seulement à leur forme pédiculée cpii est caractéristiiiue, et à leur volume qui est plus considérable, mais aussi à leur couleur qui est d'un rouge plus vif.

Leur pédicule est court et assez gros. Le reutlemcnt qui surmonte celuici offre les dimensions et la forme arrondie d'un grain de millet. Vu à l'aide d'une bonne loupe, sa surface est finement granulée. Soumis à un grossissement de 2 0 diamètres et observé sous l'eau à la lumière réfléchie, chacune des granulations qui le surmontent prend la forme tantôt d'une saillie hémisphérique semblable à celle des papilles caliciformes, tantôt et plus souvent d'un petit cône perpendiculaire à sa surface. Tous ces cônes sont égaux et également espacés ; lorsqu'on les examineàun grossissement de 200 diamètres, on reconnaît qu'ils sont eux-mêmes hérissés d'une foule d'aspérités qui leur donnent quelque ressemblance avec une pomme de pin.

Les papilles corolli formes, ou papilles de troisième ordre, papilles coniques, cylindriques, filiformes de la plupart des auteurs, sont en général plus petites que les précédentes. Elles forment sur toute cette partie

FiG.

FiG

Papilles de la langue ^>ues h

grossissement de s20 diamèlres.

Fig. 547. — Une pa/iille cnliciforme de moyennes dimensions. — \, Papille proprement dite, dont la base seule est ici apparente : on voit que toute celte hase est recouverte de papilles hërnisphe'riques ou papilles du quatrième ordre. — 2. Sillon intermédiaire à la papille et au repli qui l'entoure. — ô,3. Repli de cette papille, ou calice proprement dit.

Fig. ô48, — Papilles fon§iformes, corollijormes et hémisphériques. — 1,'. Deux papilles fongiformes dont on aperçoit seulement la tète ou estre'mite' libre ; on voit que cette tête est recouverte de papilles he'misphe'riques. — 2,2,2. Papilles corolliformes et prolongements qui les terminent. — 3- Une papille corolliforme dont les prolongements se renversent en dehors. — 4. Une autre papille corolliforme dont les prolongements s'élèvent verticalement. — o,o. Petites papilles corolliformes dont les prolongements se renversent en d' dans. — 6,6. Papilles corolliformes, sur la base desquelles on remarque de légères stries. — 7,7. Papilles hémisphériques peu apparentes, situées dans l'intervalle des papilles fongiformes et corolliformes.

de la langue qui est située an-clevant du V des papilles caliciformes une sorte de gazon touffu dans lequel s'infiltrent et serpentent lentement les liquides chargés du principe sapide des corps.

Ces papilles affectent des dimensions très variables. Comparées entre elles, on pourrait les distinguer sous ce rapport en grandes, moyennes et petites; les plus grandes sont quatreouciuq fois plus volumineuses queles petites.

Leur forme ne présente pas moins de variétés : un grand nombre offrent le même diamètre sur toute leur longueur et méritent la dénomination de cylindriques ou filiformes^ qui leur a é;é donnée; d'autres sont plus larges à la base, et de forme conique par conséquent; d'autres sont allongées dans un sens et comprimées dans le sens opposé ou de forme ovalaire ; d'autres sont tout à fait aplaties et semblables à une petite crête; quehpies-unes sont prismatiques et triangulaires ou de forme pyramidale, etc. Considérées dans leur base ou dans la partie par laquelle elles se continuent avec la muqueuse linguale, elles se distinguent donc de toutes celles ([ui ont été précédemment décrites, par une très grande diversité de forme: d'oii l'impossibilité d'emprunter à cette partie une dénomination également applicable à chacune d'elles.

Il n'en e^t pas ainsi de. leur partie libre, qui, vue au micro?cope, sous l'eau, à la lumière réfléchie, se présente aux regards de l'observateur sous l'image d'une fleur d('jà éclose ou en voie de s'épanouir, et (pii, affectant dans toutes les papilles de cet ordre une disposition analogue, constitue pour elles un caractère spécifique. C'est sur ce caractère ([u'est fondée la dénoniination nouvelle que je propose de leur apiillipier.

Les prolongements qui surmontent l'extrémité libre des papilles corol.iformes recouvrent toute cette extrémité ; mais ils se comportent différemment à son centre et à sa périphérie. Ceux du centre sont en général très edurtsetpeu apparents. Les plu'riiihériipies sont au contraire plus ou moins longs; sur certaines papilles ils s'élèvent verticalement et circonscrivent alors une [letite cavité dans laquelle les centraux sont renfermés à la manière des étamines d'une rosacée au centre de leur corolle. Sur d'autres ils s'infléchissent en dehors, et la cavité sus-papillaire s'évase alors en raison directe de leur renversement. Sur quelques-unes ils se renveisent au contraire en dedans, de manière à se toucher par leur sommet. Tous ces proloni^euKMits sont légèrement aplatis et terminés en pointe à leur extrémité libre. Leur longueur est tantôt supérieure à celle de la papille qui les supporte, tantôt plus petite, et tantôt égale à celle-ci. Leur base commune offre sur tout son pourtour une disposition striée , due probablement à la juxtaposition et à la soudure de ces mêmes prolongements.

Les papilles hémisphériques, ou papilles de quatrième ordre, sont d'une extrême petitesse. Leur volume ne dépasse pas celui des papilles qui recouvrent la palpe des doigts. Elles présentent moins de hauteur que celles-ci et un peu plus de largeur à leur base. Leurnombre est considérable ; mais il ne saurait être déterminé. C'est dans l'intervalle des papilles fongiformes et corolliformes qu'on les trouve, au fond des sillons qui séparent ces dernières.

En arrière du V des papilles caliciformes, c'est-à-dire sur le tiers postérieur de la face dorsale de la langue, on remarque : 1° des papilles

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corolliformes, plus petites que celles situées au-devant de ce V, et disséminées sans ordre d'un bord à l'autre, sur une étendue aittéro-postérieure d'un denii-c ntimétre environ; -i" en arrière de celles-ci, c'est-à-dire sur toute la partie unie ou glanduleuse de la face dorsale, d'innombrables papilles béniisphériques, d'autant pluspetiteset plus rares qu'on se rapproche davantage de l'épiglotte.

La face inférieurede la langue aparu dépourvucde papilles à touslesanatomisles. Elle ne possède pas, il est vrai, les papilles des trois premiers ordres. Mais elle est recouverte aussi, sur tous les points de son étendue, de papilles hémisphériques qu'on peut voira l'œil nu après la chute de répidermc, et t[u'on voit surtout très facilement à l'aide d'une loupe. Ces papilles sont réparties très irrégulièrement sur certains points et disposées sur d'autres en séries linéaires et parallèles, analogues à celles que nous présente la paume de la main.

Sur les bords de la langue la muqueuse linguale n'affecte pas la même disposition en avant et en arrière. En avant, elle est recouverte de papilles qui ne diffèrent nullement de celles de la face dorsale ; on remarque seulement que les papilles fongiformes s'y montrent en plus grande abondance. En arrière, elle présente des plis verlicalement dirigés, d'un millimètre ou d'un demi-millimètre d'épaisseur. Parmi ces plis, les plus reculés atteignent jusqu'à un centimètre de longueur; mais en se portant d'arrière en avant ils diminuent graduellement d'étendue et finissent par disparaître. Aux plis les plus longs en voit d'abord succéder des plis qui sont interrompus à leur partie moyenne, puis des plis interrompus sur deux points de leur longueur, et d'autres interrompus sur trois ou quatre points. Les plis ainsi coupés ne sont plus que de simples tubercules plus ou moins aplatis. A ces tubercules s'entremêlent un peu plus loin des papilles corolliformes; plus loin encore, les tubercules deviennent plus rares, puis enfin disparaissent totalement, tandis que les panilles, au contraire, augmentent de nombre. En les examinant avec une bonne loupe , et mieux encore à un grossissement de 2(i ou 2b diamètres, on reconnaît facilement qu'ils sont héris!^és de papilles du quatrième ordre. Ces papilles, que nous avons déjà observées sur la face supérieure et sur la face inférieure, appartiennent donc aussi aux deux bords de la langue. Elles se montrent non-seulement sur le sommet de tons les plis principaux et des plis secondaires, mais dans les intervalles ou dans les sillons qui séparent ceux-ci, en sorte qu'elles ne sont ni moins multipliées ni moins apparentes sur les parties latérales de la langue que sur sa face inférieure.

Il suit de la description qui précède, que les quatre ordres de papilles, bien que mélangés, affectent cependant chacun un siège de prédilection. Ainsi les papilles caliciformes sont situées sur la face dorsale, à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de la langue. Les fongiformes, disséminées sur les deux tiers antérieurs de cette face ilorsale, occupent plus spécialement la pointe et la moitié antérieure des bords de l'organe. Les corolliformes nous offrent le même siège que les précédentes ; mais on ne les observe pas seulement au-devant des papilles du premier ordre; il en existe constamment un petit groupe en arrière de celles-ci. Enfin, les hémisphériques ont pour siège principal la face inférieure, les parties latérales et le tiers postérieur de la face dorsale.

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Soumises à rexameii microscopique, toutes ces papilles, qui à l'œil nu semblent si distinctes les unes des autres, présentent une remarquable analogie de constitution. En effet, les petites saillies qu'on observe sur la base des papilles caliciformes ne diffèrent pas sensiblement de celles qui recouvrent la face inférieure de la langue ou des papilles bémisphériques. Les papilles du premier ordre ne sont donc en réalité qu'un assemblage de papilles du quatrième. — Les fongiformes ne sont également qu'un boutiuet de papilles hémisphériques. — Il en est de même très probablement des corolliformes ; les stries qu'on observe sur la base de celles-ci accusent suffisamment un groupement de cette nature. La forme des prolongements qui les surmontent semblerait seulement annoncer une modification correspondante dans la forme des papilles élémentaires qui les composent. De ces considérations il résulte :

i° Que la papille hémisphérique est en quelque sorte la papille type ou élémentaire, et que les autres n'en sont que des groupements divers;

2" Que la sensibilité gustative sur un point donné de la langue est en raison du nombre des papilles élémentaires accumulées sur ce point. C'est pourquoi l'impression des saveurs est si vive à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de la langue où les papilles élémentaires forment des groupes si volumineux. C'est pourquoi elle est vive aussi sur la pointe et les bords de cet organe, où se trouvent accumulées surtout les papilles fongiformes, ou groupes de second ordre. Si elle est faible sur toute la partie moyenne de la face dorsale, au-devant des papilles caliciformes, et tout à fait nulle en arrière de ces papilles, c'est parce qu'on ne trouve dans la première région que des groupes du troisième ordre mêlés à quelques rares groupes du second et à des papilles élémentaires, et dans la dernière, ces mêmes papilles seulement; de là aussi le défaut de sensibilité gustative sur toute la face inférieure de la langue où les papilles élémentaires se montrent partout isolées.

Ce rapport établi entre le nombre des papilles élémentaires groupées sur un point donné, et le degré de sensibilité spéciale attribué à ce point, est si vrai qu'on le retrouve, non moins manifeste, sur une autre partie de la bouche douée, comme la langue, de la propriété d'être impressionnée par les saveurs. L'expérimentation n'a-t-elle pas démontré, en effet, que la partie antérieure de la voûte palatine possède cette propriété à un degré assez remarquable? Eh bien, on observe précisément sur ce point, et sur ce point seulement, une papille caliciforme volumineuse, située sur la ligne médiane, en arrière des incisives moyennes, et autour de ceile-ci une foule de tubercules et de replis hérissés de papilles élémentaires !

Historique des j^apilles de la langue. Ces papilles sont restées inaperçues jusqu'au milieu duxvn* siècle. En 1 66 5, Malpighi, dans une lettre adressée àBorelH, signale leur existence et s'attache à décrire leurs principales variétés : « Ces papilles, dit-il, peuvent être divisées dans le bœuf, la chèvre, la » brebis, et dans l'homme lui-même, en trois ordres, d'après leur configura- )) tion et leur volume (^1). » Mais après avoir lu la description qu'il en donne, on voit que celle-ci s'applique bien plus aux animaux qu'à l'homme. Elle est du reste très brève, incomplète et un peu confuse.

(I) Exercit., epist. de lingiia [Bibliotheca anat. Mangeti, 1. II, p. 520).

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Uuyscli, en 172 1, crut devoir caractériser cliacun de ces ordres de la manière suivante : « Quelques-unes de ces papilles sont plaises, cre;is('cs » d'un trou à leur centre et entourées d'un sillon circulaire; d'autres » présentent au contraire une figure conique; d'autres sont terminées par » une tête arrondie à la manière de petits champignons (1). » Cette distinction, bien que trop concise, avait le mérile d'êlre exacte ; aussi a-t elle été reproduite à peu près par tous les auteurs avec plus o'.i moins de détails.

Albinus, en 1754, fixa son attention siu' le mcnie sujet, dont l'élude n'avaitété que très imparfaitement ébauchée par Malpighi et Knysch, et publia une description des papilles de la langne aussi exaclc (juc complète, âmk trois ordres déjà mentionnés par ces auteurs il en ajouta un {piatrièine. Et comme celles qui avaient été décrites par I\uyscli sous la dénonîinalion de coniques éiàient en réalité très diversifiées dans Icsir configuration, il fonda la classification de ses quatre ordres non plus sur la forme des papilles, mais surleurvolumerelatif, enlesdis!inguantentreellessouslesnomsde(/rn};f/eô-, moyennes, petites, très pelitcs , majores, mediœ, minores, minimce), qui correspondent, lespremièresauxcaiiciformes,les secondes aux fongiformes, les troisièmes aux coroUiformes, et les quatrièmes aux hémisphériques. Il nous montre ces dernières s'insinuant dans l'intervalle de toutes les autres et s'étendant en arrière sur la partie glanduleuse de la face dorsale jusqu'à i'épiglotte, où elles avaient déjà été remarcpiécs par Malpighi. Albinus signale aussi les plis qu'on observe sur les côtés de la langue et les modifications que subissent ceux-ci en se portant d'arrière en avant. Enfin il a soumis toutes ces papilles à l'observation microscopique; il a vu les saillies qui les surmontent ; il a conslaté la disposition striée qu'elles présentent sur leur contour, et conclut de toutes ses observations :

l ° Que chacune d'elles est composée de filaments parallèles, recevant une ou plusieurs divisions artérielles et nerveuses ;

2° Que ces filaments {stamina), sont doués de la propriété d'être impressionnés par les saveurs, et peuvent être considérés comme les organes spéciaux du goût (2).

Les auteurs qui ont écrit depuis Albinus jusqu'à nos jours ont le tort commun de n'avoir pas consulté ses travaux , ou de n'avoir pas tenu suffisamment compte de ses recherches; et comme iln.'enest aucun qui ait apporté dans leur étude la même attention ou la même sagacité, leurs descriptions sont restées bien au-dessous de celles de ce grand anatomiste ; toutes sont incomplètes et la plupart inexactes.

2° Structure de la muqueuse linguale.

La muqueuse linguale, comme toutes les autres parties du système muqueux, est formée de deux couchessuperposées, d'une couche superficielle ou épithéliale, et d'une couche profonde ou chorion muqueux. Elle nous pré^ sente en outre à étudier : les nerfs qui président à sa sensibilité, des divisions artérielles très multipliées auxquelles elle est redevable de la teinte rosée qu'elle présente, un petit système veineux qui lui est propre, et un grand nombre de vaisseaux lymphatiquesé

(I) Thés, aticit,, I, assert. 2, n° 2, nol. I. \'2) Académie, annotai,., t. I, p. 5o el siiiv.

a. Couche e'pillic'iiale.

L'épithëlium de la langue, épiglotte de Ruyscli , pc'riglotte d'Albinus, ne présente pas une épaisseur égale sur tous les points de sa surface : il est mince sur la face inférieure de l'organe et sur le tiers postérieur de la face dorsale ; il est, au contraire, assez épais sur les deux tiers antérieurs de cette même face ; il l'est plus au«si dans l'intervalle des papilles qu'au sommet de celles ci : disposition qui tend sur quelques points à faire disparaître les aspérités de la langue. Au niveau des papilles caliciformes, il tapisse d'abord leur partie périphérique, pénètre en s'amincissant dans le sillon circulaire qu'elles présentent, puis remonte sur la papille proprement dite pour en recouvrir la base. A chaque papille fongiforme et coroiliforme il donne de même une gaîne complète.

Son adhérence aux parties sous-jacentes est en raison directe de son épaisseur ; sous ce rapport il se comporte comme l'épiderme cutané.

Une putréfaction commençante suffit souvent pour le détacher à la face inférieure de la langue ; mais il se sépare beaucoup plus difficilement et d'une manière toujours plus tardive sur la face supérieure. L'ébullition et la macération sont les moyens qui permettent de l'isoler.

Malpiglii, en faisant usage de l'eau bouillante, est parvenu le premier à décomposer l'épithélium lingual en deux lames, une lame superficielle partout continue et une lame profonde qui lui parut perforée au niveau de chaque papille, d'où le nom de corps réticulaire {corpus reticulare), qu'il lui imposa (l). Lorsqu'on soumet une langue de bœuf, ou de tout autre animal, et même de l'homme, à la coction, ainsi que l'a fait cet observateur, on obtient, en effet, des résultats tout à fait identiques avec ceux qu'il mentionne; aussi l'illustre Boerhaave et beaucoup d'autres anatomistes se rangèrent-ils à son opinion. Cependant Ruysch émit des doutes sur l'existence du corps réticulaire ; et un peu plus tard Albinus vint démontrer que les perforations admises par Malpighi sur la lame interne de l'épithélium, au niveau de chaque papille, n'existaient pas. En détachant cette lame à l'aide d'une macération suffisamment prolongée, on la trouve partout continue à elle-même comme la lame superficielle. « Bien » ([u'on i)uisse l'enlever facilement, dit-il, il arrive cependant que si l'on » ne procède pas à cette séparation avec assez de ménagements, il se » produit un petit trou au niveau de chaque fosette; mais ce trou est » le résultat d'un déchirement (2). »

Soumis à l'examen microscopique, l'épithélium de la langue se présente sous l'aspect de cellules aplaties, limitées par un contour polygonal et superposées en couches plus ou moins nombreuses. Il constitue donc une variétédel'épithéliumpavimenteux stratifié, et se distingue surtout par les deux caractères suivants : d'une part, par la mollesse de ses couches les plus superficielles; d'une autre part, son active et incessante reproduction.

Les couches superficielles diffèrent peu par leur densité des couches profondes sur la face inférieure de la langue , sur la partie glanduleuse de la face dorsale, et même sur les bords. 3Iais les cellules qui les composent n'offrent qu'une très faible cohésion sur toute la surface occupée par les

(1) Exercit. nnnt. de lingiin { Biblioth. aiiat. Mangeli, t. II, p. 320 )•

(2) Académie, arinolat.., l. I, p. 67.

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papilles du second et du Iroisiùnie ordre. Elles sont si faiblement unies, qu'un léger frottement suffit pour les détacher en grand nombre. Pendant la trituration des aliments, beaucoup d'entre elles se séparent et se trouvent entraînées avec le bol aliraenlaire ; delà il suit quel'épilhéliumde la langue est toujours plus mince à la fin d'un repas qu'au commencement: phénomène qui nous explique en partie la coloration rosée de la muqueuse linguale dans le premier cas, et sa pâleur dans le second.

L'activité avec laquelle cet épithélium se reproduit égale l'extrême facilité avec laquelle il se détruit. Aucune membrane muqueuse ne présente à sa surface libre une mue aussi abondante et aussi continue. Les couches entraînées pendantla durée d'un repas se reproduisentdansl'espacede quelques heures. Si les repas deviennent plus rares, c'est-à-dire plus éloignés, la couche de formation nouvelle devient plus épaisse et la surface de la langue pâlit en proportion de son épaisseur. Si nous gardons la diète pendant quelques jours, l'organe du goût, dans toute sa partie médiane et jusqu'au voisinage de ses bords, prend une teinte d'un gris blanc due à la superposition de toutes les couches de cellules qui se sont formées pendant ce laps de temps.

Chez les malades atteints d'une affection grave, le nombre de ces couches devient en général plus considérable encore ; elles se présentent alors sous l'aspect d'un dépôt limoneux qui offre son maximum d'épaisseur sur la partie médiane delà langue, qui s'amincit graduellement au voisinage de ses bords, et tiui a pour siège à peu près exclusif la surface occupée par les papilles du second et du troisième ordre, et surtout par ces dernières. Les papilles fongiformes et les papilles corolliformes sont donc les organes les ■plus actifs de cette reproductionepitheliale.il importe que les médecins de nosjours soient bien pénétrés de cette pensée que la couche pultacée qu'on observe sur la langue d'un malade n'est pas un dépôt provenant de l'altération d'un produit de. sécrétion quelconque, mais le produit d'une sécrétion normale, produit qu'une cause mécanique devait faire disparaître peu de temps après sa naissance, et qui, n'ayant pas été entraîné, s'est accumulé surplace; en s'accumulant ainsi, il cache entièrement les papilles, qui ne sont plus aussi impressionnables par les saveurs.

b. Chorlon miiqueux.

Le chorion muqueux delà langue, ou la muqueuse linguale proprement dite , présente à peu près les mômes variétés d'épaisseur que la couche épithéliale : ainsi il est très mince sur la face inférieure, mince aussi sur la partie glanduleuse de la face dorsale, beaucoup plus épais au contraire sur les deux tiers antérieurs de cette même face. Il est doué d'une remarquable résistance même sur les points où il offre le moins d'épaisseur. Sur la partie moyenne de la face supérieure, sa densité devient si grande (lu'on pourrait le prendre au premier aspect pour une couche de tissu fibrocartilagineux ; cependant il est uniquement composé de fibres du tissu cellulaire, et de fibres de noyau, auxquelles se mêlent surtout en haut et en arrière des fibres de tissu élastique.

Situé entre l'épi Ihélium et le corps musculaire de la langue, le chorion muqueux adhère intimement à l'un et à l'autre. Les papilles sont une dépendance de ses couches les plus superficielles qui se soulèvent pour les

former. C'est dans son épaisseur que viennent se terminer les divisions nerveuses et artérielles destinées à ces papilles. Il est en outre le point de départ d'un ordre particulier de veines et d'une prodigieuse quantité de vaisseaux lymphatiques.

c. Nerfs qui se rendent à la muqueuse linguale.

Trois paires de nerfs envoient des divisions à celte muqueuse : les trijumeaux lui fournissent le nerf lingual, branche volumineuse du maxillaire inférieur ; les glosso-pharyngiens lui donnent leur branche principale; les pneumogastriques lui cèdent quelques ramuscules qui proviennent du laryngé supérieur.

Le lingual se distribue aux trois cinquièmes antérieurs de la muqueuse ; la partie terminale du glosso-pharyngien se ramifie dans ses deux cinquièmes postérieurs et s'étend quelquefois jusqu'à sa partie moyenne ; les ramuscules émanés du laryngé supérieur se perdent dans cette partie du chorion muqueux qui se trouve situé immédiatement au-devant de l'épiglotte, et qui n'est pas doué de la propriété d'être impressionné par les saveurs.

Le lingual et le glosso-pharyngien sont donc les nerfs qui communiquent à la langue sa sensibilité gustative. Le premier, après avoir traversé les muscles, vient se rendre dans les papilles situées au-devant du V lingual. Le second, après avoir rampé sous la muqueuse, se termine dans les papilles caliciformes et dans celles des trois autres classes qui en sont voisines. Tous deux en outre sont affectés à la sensibilité générale sur les points correspondants à leur distribution. — Chaque fibre nerveuse réunit-elle les deux modes de sensibilité? ou bien la sensibilité gustative est-elle l'apanage des unes, et la sensibilité générale l'attribut des autres? Nous ne possédons sur ce point aucune notion positive. Cependant la seconde hypothèse paraît la plus probable. Pour la démontrer il faudrait pouvoir isoler les deux modes de sensibilité sur un même tronc, paralyser par exemple la sensibililé spéciale en laissant intacte la sensibililé générale; or comme ces deux ordres de fibres sont intimement mélangées, il est tout à fait impossible, par les moyens que nous possédons, de réaliser un semblable isolement. Mais la nature, qui l'a réalisé quelquefois sur d'autres nerfs à la suite d'altérations diverses, semble l'avoir réalisé aussi sur ceux-ci : M. le professeur Bérard, dans son Traité de physiologie, rapporte six faits de paralysie de la sensibililé générale avec conservation parfaite du goût. Dans l'hypothèse où la même fibre possède les deux sensibilités, il est bien difficile de se rendre compte de ces faits. Dans celle , au contraire, où chaque fibre ne possède que l'une d'elles , leur interprétation devient facile ; car on conçoit très bien que certaines fibres d'un même tronc nerveux puissent être altérées et paralysées sans que les autres le soient.

Comment se terminent le lingual et la glosso-pharyngien dans les papilles? Ce mode de terminaison a été l'objet de nombreuses recherches ; et cependant il nous est encoi'e à peu près complètement inconnu. Nous savons seulement que les dernières divisions de ces nerfs peuvent être suivies jusqu'aux papilles. Après avoir pénétré dans le corps papillaire de la langue, s'y terminent-elles par une extrémité libre, ou bien reviennent-elles sur elles-mêmes pour former une anse? Les deux opinions ont été soulenuf^s.

SPLANCHNOLOGIE. 765

Burdacli, qui se range à la seconde, dit avoir observé la terminaison en anse siu- la pointe de la langue d'une grenouille ; Valentin seraitarrivé au même résultat en faisant usage de la potasse caustique. Pour m'éclairer à ce sujet, j'ai examiné avec beaucoup de soin des coupes faites sur les papilles de tous les ordres; mais il m'a toujours été imposible de reconnaître nettement comment les fibres nerveuses qui les pénètrent se comportent dans leur épaisseur. J'ai seulement pu constater que l'élément nerveux ne tient qu'une très minime place dans l'intérieur de la papille ; la muqueuse qui l'entoure, des fibres du tissu cellulaire très nombreuses^ ses artères, ses veines, et ses vaisseaux lymphatiques composent la presque totalité de son volume.

d. Artères, veines et vaisseaux lymphatiques de la muqueuse linguale.

Les artères qui se distribuent à la muqueuse gustative proviennent, comme celles qui se rendent aux muscles sous-jacents, de l'artère linguale. Un très grand nombre de branches, à direction ascendante pour la plupart, et plus ou moins flexueuses, naissent de cette artère. Toutes cheminent d'abord dans l'interstice des fibres musculaires auxquelles elles abandonnent leurs principales divisions. L'une des premières qui s'en détache est l'artère dorsale de la langue ; elle traverse le muscle palato-glosse et rampe ensuite sous la muqueuse linguale, pour se distribuer à tout le tiers poslérieur de cette membrane. Son volume varie; mais il est en général moins considérable que celui des branches plus rapprochées de l'axe de la langue ; aussi les injections la pénètrent-elles plus rarement. Ses divisions se répandent surtout dans lesglandules sous-jacentes ; les plus antérieures s'étendent jusqu'aux papilles caliciformes. — Les autres branches de l'artèrelinguale n'arrivent pas toutes jusqu'à la muqueuse, et celles qui l'atteignent ne lui cèdent que leurs derniers ramuscules. Ceux-ci s'épuisent dans les papilles des différents ordres ; ils en occupent le centre, et se terminent dans chacune d'elles par un bouquet de capillaires divergents qui se continuent avec les premières radicules des veines correspondantes.

Les veines de la muqueuse linguale sont indépendantes de celles des muscles, et se comportent, relativement à ces dernières, comme les veines sous-cutanées des membres relativement aux veines profondes. Elles forment trois groupes : un supérieur ou médian, et deux inférieurs ou latéraux.

Le groupe supérieur ou médian comprend toutes les veines qui proviennent des papilles de la face dorsale de la langue. Leurs premières radicules, après avoir recouvert ces papilles, se réunissent à la base de celles-ci pour constituer des troncules qui suivent les sillons inter-papillaires, et qui convergent par conséquent d'avant en arrière et de dehors en dedans. Au niveau des papilles caliciformes tous ces troncules se réunissent à leur tour jiour donner naissance à 6 ou 8 troncs dirigés d'avant en arrière, et plus ou moins flexueux. Parvenus au-devant de l'épiglotte, ceux-ci donnent naissance de chaque côté à un ou deux troncs principaux qui suivent une direction transversale ou oblique en bas et en dehors, et qui vont se jeter dans la veine' jugulaire interne, soit isolément , soit en s'anastomosant avec quelques veines voisines. — Ces veines dorsales de la langue

sont difficiles à injecter par le procédé ordinaire; mais on les remplit facilement en piquant avec la pointe d'un tube à injection lymphatique la muqueuse linguale.

FlG. ôV\

Vaisseaux lympliaLiqnes de la langue.

1,1. Réseau lymplialique de la face dorsale de la langue, — 2,2. Vaisseaux lymphaliques des hords de la langue, — 5,5. Troncules lymplialiques qni serpen-

SPLANCnNOLOGlE. 767

Les groupes latéraux, au nombre de deux, l'un droit et l'autre gauche, se composent d'un nombre variable de veinules qui naissent des papilles et des plis des bords de la langue, ainsi que de sa face inférieure, et qui se dirigent obliquement en dedans pour se terminer dans les veines musculaires principales de la langue, c'est-à-dire dans les veines ranines.

Les vaisseaux lymphatiques qui émanent de la superficie de la langue sont extrêmement multipliés; ils ont été décrits précédemment (t. I,p. 085). De même que les veines superficielles, ils ont pour origine principale la surface des papilles. C'est donc sur les deux tiers antérieurs de la face dorsale et sur les bords latéraux qu'on voit leurs radicules se presser en plus grand nombre. Comme ces veines, ils forment à la pbéripbérie des papilles un petit plexus plus superficiel que le plexus veineux. Ce plexus de capillaires lympliatiiiues est facile à injecter sur les papilles de deuxième et de troisième ordre. On l'inejcte plus facilement encore sur le pourtour des papilles caliciformes. A un centimètre en arrière de celles-ci, sur toute la partie glanduleuse de la surface dorsale delà langue , on n'observe plus aucune trace de ces vaisseaux.

En résumant ce qui a été dit précédemment sur la structure de la muqueuse linguale, on voit que chaque papille est formée :

I ° D'une enveloppe épithéliale décomposable en deux lames, dont la profonde, analogue au corps muqueux de la peau, se reproduit sans cesse, tandis que la plus superficielle, analogue à l'épiderme, est au contraire le siège d'une décomposition incessante,

2° D'une dépendance du chorion muqueux qui recouvre non-seulement le corps delà papille, mais chacun de ses prolongements.

-3° D'un réseau lymphatique situé dans la couche la plus superficielle de ce chorion.

4° D'un plexus veineux placé dans ce même chorion immédiatement audessous du réseau précédent.

5° Enfin d'un ramuscule artériel, d'un ramuscule nerveux, et de fibres de tissu cellulaire qui occupent le centre de la papille, et qui se prolongent également jusqu'à son enveloppe muqueuse.

II suit de cette structure que les papilles linguales représentent nonseulement des organes d'une extrême sensibilité, mais aussi des organes d'absorption. Nulle part le système lymphatique et le système veineux, doués l'un et l'autre de la propriété d'absorber, n'atteignent un plus haut degré de développement. Aussi voyons-nous le médecin légiste, lorsqu'il se propose d'étudier l'action d'un poison, choisir en général la surface papillaire de la langue, pour l'inoculer à l'animal qu'il doit sacrifier.

lent autour des papilles caliciforines — 4,i. Troncs lymphatiques lale'raux de la face dorsale. — o,y. L'un de ces Ironcs passant au-dessouî et en dehors de Tamygdale correspondante pour se jeter dans les ganglions moyens du cou.

— 6,tj. Troncs lymphatiques du voile du palais s'anastomosant avec les troncs latéraux de la face dorsale et concouranl avec ceux-ci à former un pe it plexus. — 7,7. L'un des troncs late'raux de la face dorsale passant au-dessous et en dedans de l'amygdale de son côté pour aller se réimlr à Fun des tioncs de la partie médiane de la langue. — 8,8. Troncs médians de la I''ace dursale.

— 9,9. Autres Ironcs médians moins volumineux, disparaissant comme les précédents, au moment où ils s'engngent da:is la couche muscu'eusc du pharyn^c.

B. Appareil moteur de la. langue.

Cet appareil comprend dans sa composition une cliarpenle osseuse et fibreuse, des muscles, des nerfs, des vaisseaux et du tissu cellulaire mêlé à une petite quantité de cellules adipeuses.

a. Charpente osseuse et fibreuse.

L'os hyoïde et deux lames fibreuses, l'une postérieure et transversale, l'autre antérieure et médiane, constituent toute cette cliarpenle.

L'os hyoïde, soudé en quelque sorte à la base de la langue, en suit tous les mouvements. Il appartient à cet organe par les insertions qu'il fournit à plusieurs de ces muscles, et par les lames fibreuses qui s'en détachent pour se transformera leur tour en surface d'insertion. Simplement fibreuses dans l'homme et les mammifères, ces lames sont de nature osseuse ou cartilagineuse dans les oiseaux ; elles représentent donc dans cette classe de vertébrés un véritable prolongement de l'hyoïde, et attestent entre cet os et le corps musculaire de la langue les connexions les plus intimes.

La lame fibreuse, postérieure ou membrane hyo-glossienne, s'étend de Tos hyoïde vers la base de la langue. Née de la partie postérieure et supérieure du corps de cet os , elle se porte en haut et en avant, et après un trajet de quelques millimètres, pénètre au milieu des muscles de la langue, où elle ne tarde pas à disparaître. Celte lame s'étend de la petite corne d'un côté à celle du côté opposé. Elle n'est recouverte en haut que par la muqueuse linguale, quelques glandules salivaires, des troncules veineux et par le prolongement médian de l'épiglotte.

La lame fibreuse antérieure ou médiane est une sorte de raphé fibreux de 5 à 6 millimètres de hauteur, placé de champ dans l'épaisseur de la langue, sur la direction de son grand axe. — < Ses faces, tournées l'une à droite et l'autre à gauche, sont planes, un peu plus hautes en arrière qu'en avant ; elles donnent attache à un grand nombre de fibres musculaires. — Son bord supérieur se perd insensiblement au milieu des fibres musculaires ; il ne semble pas s'élever jusqu'à la muqueuse de la face dorsale. — Son bord inférieur, beaucoup plus épais et mieuxlimité que le précédent, est recouvert par une petite traînée de cellules adipeuses et par les fibres les plus internes des génio-glosses qui les reçoivent dans leur entrecroisement. Quelquefois cet entrecroisement n'a pas lieu au niveau de son tiers postérieur ; en écartant les deux muscles, on aperçoit alors ce bord qui forme une légère saillie dans leur interstice. — L'extrémité postérieure se continue avec la membrane hyo-glossienne. L'antérieure, plus effilée et plus mince, se perd insensiblement dans la partie correspondante du corps musculeux de la langue.

Cette lame est d'un blanc jaunâtre. Elle se compose de fibres verticales, pour la plupart reliées entre elles par d'autres fibres obliques moins accusées. Suivant Blandin, elle renfermerait dans son épaisseur des noyaux cartilagineux, d'où le nom de fibro-cartilage médian de la langue qu'il a cru devoir lui imposer. Ces noyaux cartilagineux sont encore admis par tous les anatomistes de nos jours ; quelques-uns même les ont représentés et leur donnent des dimensions qui ne sont rien moins que micros-

SPLANCHNOLOGIE. 769

copiques. J'ai voulu les voir aussi, et j'ai pu me convaincre que leur existence est plus apparente que réelle. La lame fibreuse médiane de la langue n'appartient donc pas à la classe des fibro-cartilages, bien qu'elle en présente la densité chez un assez grand nombre de sujets, surtout au niveau de ses parties inférieure et postérieure, densité qui s'accroit encore lorsqu'on soumet la langue à l'ébuUition.

La lame fibreuse médiane est un dernier vestige de ce caractère de dualité qui constitue un attribut commun à tous les sens spéciaux. Elle nous montre que le sens"dugoût, en apparence unique, est cependant formé, comme le sens de l'ouïe, comme le sens de la vue, comme le sens de l'odorat, de deux moitiés symétriques, l'une droite et l'autre gauche; seulement ces deux moitiés, au lieu d'être séparées par toute l'épaisseur de la base du crâne, ou par l'épaisseur de l'ethmoïde, ou par une simple cloison osseuse, ne sont séparées ([ue par une lame fibreuse incomplète, en sorte qu'elles semblent ici se confondre, bien qu'elles restent cependant distinctes. Celte dualité, qui se trouve comme masquée chez l'homme et la plupart des mammifères, se montre sous une forme plus accusée chez quelques oiseaux, dont la langue est bifide à son extrémité libre; elle se manifeste mieux encore dans la classe des ophidiens. Mais sur aucun animal elle n'est complètement réalisée.

b. Muscles de la langue.

La masse charnue de la langue se compose de deux corps nmsculoux, symétriquement placés à droite et à gauche de la lame fibreuse médiane, et recouverts à leur partie supérieure par une couche musculaire qui leur est commune. Chacun de ces corps est formé de sept muscles qui s'entremêlent par leur extrémité terminale. Les muscles de la langue sont donc au nombre de qninze. En ayant égard à leur origine, ces quinze muscles peuvent être classés de la manière suivante :

Six proviennent des os voisins : les stylo-glosses, les hyo-glosses et les géiiio-glosscs.

Trois naissent des os voisins et des organes avec lesquels la langue se trouve en connexion : les linfjuaux inférieurs et le lingual supérieur.

Six émanent de ces organes eux-mêmes : les phàryngo-glosses, les palato-glosses et les amygdalo-glosses.

1° Stylo-glosse.

C'est le plus long de tous les muscles de la langue. Il naît du tiers inférieur et externe de l'apophyse styloide du temporal, par un tendon grêle auquel succède bientôt un corps charnu conoïde. Quelques fibres émanées de la bandelette fibreuse qui s'étend de l'apophyse styloïde à l'angle de la mâchoire viennent se joindre ordinairement à ce muscle, qui se porte obliquement en bas, en avant et en dedans, en s'aplatissant et s'élargissant de plus en plus. Parvenu sur les côtés du tiers postérieur de la langue, il se divise en trois faisceaux : l'un moyen , l'autre inférieur, le troisième supérieur.

Le faisceau moyen, plus considérable, longe les parties latérales de la langue et s'avance jusqu'à sa pointe en formant une arcade dont la concavité regarde en haut et en avant. — Le faisceau inférieur, tantôt sitnple,

tantôt multiple, passe entre les deux portions de l'hyo-glosse, et vient se continuer, par ses fibres les plus élevées, avec les fibres correspondantes du lingual inférieur, et par les autres plus nombreuses , avec celles du génio-glosse. Lorsque ce faisceau est double ou triple, ses divisions s'insinuent entre les fibres de la partie postérieure de l'hyo-glosse, en formant avec celles-ci une sorte de tissu natté, et se comportent ensuite comme dans le cas précédent. — Le faisceau sîipérieur s'engage sous les fibres du palato-glosse , avec le faisceau postérieur de l'hyo-glosse, auquel il se joint, puis se dirige en dedans et en avant en s'épanouissant de telle manière, que ses fibres les plus reculées sont transversales , les plus antérieures longitudinales, et les intermédiaires obliques en avant et en dedans (fig. 3 51).

Piapports. — Le stylo-glosse répond : en dehors, à la glande parotide, au ptérygoïdien interne et à la mu([ueuse linguale ; en dedans, au ligament stylo-hyoïdien, au constricteur supérieur du pharynx et à l'hyo-glosse.

Usage. — Par leur portion moyenne, les stylo-glosses rétractent les bords de la langue en les attirant un peu en haut. Parleur portion inférieure, ils forment une sani^le qui élève la base de l'organe vers le voile du palais. Par leur portion supérieure, ils transforment la face dorsale de la langue en une gouttière.

2° Hyo-glosse.

Muscle mince, aplati, quadrilatère, situé sur Icsparlies inférieure et latérale de la langue, et divisé par une ligne cellulense verticale en deux faisceaux secondaires. L'un de ces faisceaux naît de la grande corne de l'os hyoïde, l'autre de la base de cet os et de la partie voisine de la grande corne: de là les noms de céroto-glosse donné au premier, et de basioglosse Imposé au second. Différents par leur origine, ils diffèrent aussi par leur terminaison ; chacun d'eux mérite donc une description à part.

Le cérafo glosse, attaché inférieurement aux deux tiers externes de la lèvre antérieure de la grande corne de l'hyoïde, se porte verticalement en haut, s'engage sous le stylo-glosse, puis s'unit au faisceau supérieur de ce muscle , et changeant alors de direction pour devenir horizontal, de vertical qu'il élait, s'épanouit dans l'épaisseur de la langue en formant une sorte d'évenlail. Ses fibres terminales postérieures se portent transversalement de dehors en dedans, les autres d'autant plus obliquement eu dedans et en avant qu'elles sont plus antérieures. Toutes vont se fixer, ainsi que les fibres correspondantes du stylo-glosse, à la lame fibreuse médiane (fig. 351).

La face externe de ce muscle répond de bas en haut : au tendon du digastrique et au stylo-hyoïdien, à la glande sous-maxillaire, aux nerfs hypoglosse et lingual, au stylo-glosse qui le croise perpendiculairement, aux fibres les plus élevées du pharyngo-glosse, puis au palato-glosse, et enfin au lingual supérieur qui sépare sa partie terminale de la muiiueuse dorsale. Sa face interne est en rapport : 1° avec l'artère linguale qui le croise à angle droit, et, sur un plan plus profond, avec l'attache du constricteur moyen du pharynx ; 2° avec le ligament stylo-hyoïdien et le muscle stylo-hyoïdien profond ; 3" avec le pharyngo-glosse et le génio-glosse.

Au cérato-glosse on voit fréquemment se joindre un faisceau grêle et arrondi, qui croise obliquement sa face externe pour se porter ensuite

SPLANCHNOLOGIE.

vers la pointe de la langue. Ce faisceau naît le plus souvent du sommet de la grande corne: il constitue alors un cérato-glosse accessoire. Mais il n'est pas rare de le voir provenir soit directement du constricteur moyen du pharynx, soit d'une intersection fibreuse qui l'unit au bord s\ipérieur de ce muscle. Quel que soit son point de départ, il se porte obliquement en haut et en avant, passe surla face externe du cérato-glosse, et se coude alors à ang'e obtus pour se joindre à la portion moyenne ou horizontale du stylo-glosse. Les cérato-glosses ont })Our usage d'abaisser les bords de la langue en les attirant un peu en arrière. Us sont antagonistes du faisceau supérieur des stylo-glosses.

Le bosio-glosse est plus épais et un peu moins large que le cératoglosse. Sa direction n'est pas verticale, mais oblique en haut et en avant. L'interstice celluleux qui le sépare du précédent est quelquefois assez large pour laisser entrevoir le tronc de l'artère linguale ; dans ce cas , il prend la figure d'un triangle isocèle très allongé et à base inférieure. Ce muscle s'insère en bas, à la partie supérieure et externe du corps de l'hyoïde, et au quart antérieur de la grande corne. De là ses fibres se portent vers la partie moyenne du bord correspondant de la langue, d'autant plus obliques en haut et en avant qu'elles sont plus antérieures, s'engagent

FiG. 550.

Muscles de In langue {Couche superficielle), i, Slylo-glosse. — 2. Faisceau inférieur de ce muscle. — 3. Basio-glosse. — 4. Cérato-glosse, — o. Faisceau accessoire de ce muscle. — 6. Inlerslicc celluleux qui se'pare le basio-glosse du ce'i alo-glosse. — 7. Ge'nio-hyoïdien, — 8. Géuio-glosse.- 9. Lingual inférieur.— 10. Palato-glosse. — 1 I, 12, 12. Pharyngo-glosse. — 13, 13. Coustiictuur moyeu du pharynx. — 14. Slylo-pharjngicn. — 15. Ligament stylo-hyoïdien et muscle stylo-hyoïdicu profond.

772 ANAÏOMIE.

entre le faisceau inférieur et le faisceau moyen du stylo-glosse, passent au-dessous de celui-ci, s'unissent plus haut à son faisceau supérieur qui les sépare de la portion terminale du cératoglosse, et s'épauotiissent dans l'épaisseur de la langue, en se portant horizontalement de dehors en dedans et d'arrière en avant vers la lame fibreuse médiane à laquelle elles s'attachent (fig. 351).

Ce muscle répond, à son origine, au génio-liyoïdien qui l'embrasse à la manière d'une fourche. Plus haut, il se trouve en rapport : 1° par sa face externe, avec la partie la plus élevée de la glande sous-maxillaire, avec l'hypo-glosse et le nerf lingual, avec la portion moyenne du stylo-glosse, pnis avec le palato-glosse, et enfin avec le lingual supérieur ; 2° par sa face interne, avec la petite corne de l'hyoïde, l'artère linguale, le génio-hyoïdien profond et le lingual inférieur.

Indépendamment de ces deux faisceaux qui constituent le muscle hyoglosse, tous les auteurs, depuis un siècle et demi, en admettent un troisième qui ferait aussi partie de ce muscle et qui naîtrait de la petite corne de l'hyoïde, d'où le nom de chondro-glosse sous lequel il a été décrit. Ce troisième faisceau , considéré connue partie constituante de l'hyoglosse, n'existe pas. On ne voit partir en effet de la petite corne que deux ordres de fibres musculaires : 1" des fibres peu nombreuses qui naissent de son sommet et qui s'entremêlent aussitôt aux fibres correspondantes du génio-glosse en les coupant à angle droit; 2° des fibres qui naissent de sa partie supérieure et qui longent ensuite les bords de la langue. Les premières font partie du lingual inférieur ; les secondes concourent à former le lingual supérieur. Aucune des fibres émanées de la petite corne ne participe donc à la formation de l'hyoglosse ; dès lors, le chondro-glosse ne saurait être admis ; et il serait même difficile de s'expliquer comment son existence a pu devenir en quelque sorte traditionnelle, si l'histoire de la science ne nous montrait, presque à chaque page, les erreurs les plus graves comme les plus légères se perpétuant indéfiniment, après avoir reçu le patronage de quelques noms justement estimés.

o° Génio-glosse,

Le génio-glosse est le plus volumineux et le plus important de tous les muscles qui appartiennent à langue. Il présente une forme triangulaire ou plutôt rayonnée. Son sommet, dirigé en bas et en avant, s'attache à l'apophyse géni supérieure de l'os de la mâchoire par un tendon nacré, qui se perd bientôt au milieu des fibres musculaires. Sa base, dirigée en haut et en arrière, s'épanouit dans la partie médiane de la langue, -dont elle mesure toute la longueur. Ses fibres affectent, par conséquent, une direction très différente : les plus inféi'ieures se portent en bas et en arrière, vers la partie supérieure et médiane du corps de l'hyoïde auquel elles s'attachent ; les plus élevées décrivent une courbe à concavité antérieure pour se rendre dans la pointe de la langue; les moyennes, beaucoup plus multipliées, s'écartent en éventail et se disséminent dans toute la partie comprise entre cette pointe et la membrane hyo-glossienne.

Considérées dans leur partie terminale, les fibres du génio-glosse ne se comportent pas de la même manière. Sous ce point de vue, on peut les distinguer en internes et externes. — Les fibres internes s'entrecroisent avec les fibres correspondantes du muscle opposé, immédiatement au-dessous

SPLANCHNOLOGIE. 773

(lu raplié médian, fie telle sorte que celles du côti) droit [tassent dans la moitié gauche de la langue, et réciproiiuement. Pour voir cet entrecroisement, il faut détacher la langue en totalité, et séparer les deux génioglosses jusqu'au voisinage de la lame libreuse médiane. — Parmi les fibres externes, les plus inférieures, ainsi (jue nous l'avons fait remartpier précédemment, vont s'insérer à l'os hyoïde ; celles qui leur succèdent se portent horizontalement en arrière, pour aller se continuer avec le pharyngoglosse ; les suivantes, obli(|ues en haut et en arrière, se continuent avec le faisceau inférieur du glylo-glos=e ; toutes les autres s'épanouissent dans l'épaisseur de la langue. Ces dernières, beaucoup plus nombreuses, sont remartpiables par leur direction : les plus externes s'infléchissent en dehors, et après avoir décrit une courbe dont la concavité regarde en haut et en dedans, vont s'attacher à la muqueuse qui recouvre les bords de la langue ; les autres montent vers la mucpiense de la face dorsale et s'y fixent : elles offrent une couleur pâle ou jaunâtre qui contraste avec la teinte rouge foncée des précédentes.

Les génio-glosses sont en rapport, par leur face externe, avec la glande sublinguale, avec le conduit de Wharton , le nerf hypo-glosse, et plus haut avec le lingual inférieur. Par leur face interne, les deux muscles se correspondent ; un tissu cellulaire fin et deux ou trois troncs lymphatiques, venus de la partie antérieure et supérieure de la muqueuse linguale, occupent leur interstice. Leur bord antérieur est recouvert par cet(e muqueuse ; un tronc lymi)hati(iue, émané de la pointe de la langue, le côtoie sur toute sa longueur et s'engage plus bas entre les tendons des deux muscles. Leur bord inférieur repose sur les génio-hyoïdiens.

Les génio-glosses remplissent des usages extrêmement variés. Lorsque toutes leurs fibres se contractent à la fois, ces muscles ont pour effet, suivant la remarque de M. Gerdy, de pelotonner la langue derrière la mâchoire inférieure. Si leurs fibres inférieures agissent seules, elles élèvent l'hyoïde, ainsi que la base de la langue, en rapprochant cet organe de l'orifice buccal à travers lequel sa pointe peut être alors facilement projetée. Ce phénomène de prépulsion est [dus marqué, lorsque la sangle formée par les faisceaux inférieurs desstylo-glosses se contracte en même temps. Si ce sont les fibres antérieures qui deviennent actives, elles ramènent la pointe de la langue dans la cavité buccale et l'abaissent ensuite sur le plancher de la bouche. Winslow pensait ([ue les génio-g'osses, en se contractant en masse, pouvaient déprimer la partie médiane de la langue et creuser sa face supérieure en gouttière ; mais on peut lui objecter que si les fibres internes sont bien disposées, en effet, pour déprimer la partie médiane de cet organe, les externes ne sont pas disposées moins favorablement pour déprimer ses parties latérales, qu'elles tendent en outre à rapprocher l'une de l'autre, d'où l'impossibilité de la formation d'une gouttière. Nous avons vu précédemment que cette gouttière est le résultat de la contraction des faisceaux supérieurs des stylo-glosses.

4° Lingual inférieur.

Ce muscle est situé sur la face inférieure de la langue, entre le génioglosse et le basio-glosse. Il offre une forme conoïde, et se porte obliquement de bas en haut et d'arrière en avant. Les fibres qui le composent lui > icnnent de plusieurs sources ; on peut les diviser, d'après leur origine, en

inrérienres, moyennes et supérieures. — Les inférieures naissent du sommet de la petite corne de l'hyoïde, cheminent d'abord au-dessous des fibres voisines du génio-glosse avec lesquelles elles s'entremêlent , deviennent libres après un trajet de 12 à 15 millimètres, et se jettent alors dans le lingual. Les moyennes sont le prolongement d'une partie du pharyngoglosse, ainsi que le fait remarquer M. Broca. Les supérieures proviennent du faisceau inférieur du stylo-glosse. — Né de la réunion de ces trois ordres de fibres, le lingual inférieur s'étend, en s'eflilant de plus en plus, jusqu'à la pointe de la langue. — Il répond : en bas et en dehors, au basio-glosse, puis à la glande sublinguale, au nerf lingual et à la muqueuse du même nom ; en dedans, au génio-glosse ; en haut, au faisceau moyen du stylo-glosse. Dans sa partie terminale, il se confond avec ces deux derniers muscles.

Le lingual inférieur raccourcit la langue en attirant sa pointe en bas et en arrière. Lorsque celte pointe est recourbée en arc à concavité supérieure, il la ramène en bas. Il est par conséquent congénère des fibres antérieures du génio-glosse et antagoniste du lingual supérieur.

5° Lingual supérieur.

Large, mince, situé immédiatement au-dessous de la muqueuse dorsale à laquelle il s'attache, ce muscle pourrait être considéré comme le peaucier principal de la langue, le palato-glosse et la portion horizontale des stylo-glosses formant de chaque côté des peauciers accessoires.

Le lingual supérieur, étendu de la base à la pointe de la langue, se compose de trois portions bien distinctes à leur origne, mais confondues dans le reste de leur trajet : l'une médiane, les deux autres latérales.

Laportion médiane, muscle glosso-épiglotlique, naît du prolongement moyen de l'épiglotte par des fibres divergentes (jui, après un court trajet, se confondent de chaque côté avec les fibres voisines.

Les portions latérales ont pour point de départ les petites cornes de l'os hyoïde. Elles se prolongent d'arrière en avant sous la forme d'un petit ruban. Leurs fibres internes s'entremêlent aux fibres voisines de la portion médiane en se croisant sur plusieurs points. Les externes s'unissent à celles du palato-glosse, de telle sorte qu'à 2 centimètres environ audessus de l'hyoïde, les trois portions du lingual supérieur, les deux palatoglosses et la longue portion des stylo-glosses, constituent, pour ainsi dire, un seul muscle qui embrasse la prescjue totalité de la langue, en formant une sorte de gouttière ouverte en bas.

Les fibres du lingual supérieur ne marchent pas parallèlement et ne composent pas un plan uni comme celui qui résulte de l'épanouissement du palato-glosse. Si quelques-unes suivent une direction longitudinale, beaucoup sont obliques, et obliques dans des sens différents. En outre, elles logent en partie, dans leurs interstices, les glandules de la base de la langue. Enfin, elles adhèrent d'une manière si intime au chorion de la muqueuse dorsale, qu'il est impossible de les mettre à nu sans les entamer plus ou moins , d'oii l'aspect toujours irrégulier sous lequel elles se présentent, quels que soient les soins apportés à leur préparation. En avant, cependant , toutes les fibres de ce muscle suivent une direction parallèle, et comme elles sont, en outre, plus rapprochées, le plan qu'elles forment devient beaucoup plus uni et plus facile à découvrir.

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6° Pharyngo-glosse.

Le constricteur supérieur du pharynx envoie à la langue un assez graïul nombre de fibres : c'est à l'ensemble de ces fibres qu'on a donné le nom de imnde pharyngo-glosse, appelé aussi glosso-pharyngien, faisceau lit:giial du constricteur. Ce faisceau se trouve d'abord situé entre l'aniygdalo-glosse et le stylo-glosse. Lorsqu'il est parvenu au niveau du bord postérieur de l'iiyo-glosse, quelques-unes de ses fibres s'en détachent pour ?£ placer entre le palato-glosse et le stylo-glosse, dont elles suivent ensuite la direction en les unissant entre eux. Toutes les autres s'engagent sous le cérato-glosse pour aller se continuer, les plus inférieures avec les fibres correspondantes du génio-glosse, les supérieures avec celles du lingual inférieur, ainsi que nous l'avons dit précédemment.

FiG. 351,

Muscles de la langue {Couche profonde),

, Slylo-glosse, — 2. Faisceau supérieur de ce muscle. — 5. Sou faisceau niiiyeu. — 4. Son faisceau înfe'rieur doul IfS filji-es se coulinueiit eu parlie avec celles du ge'nio-glosse, en parlie avec celles du lingual iufe'iieur. — 5. Lingual inférieur. — 6. Basio-glosse excisé au-dessous du faisceau moyeu du styloglosse pour laisser voii' le faisceau iuférieur de ce muscle, le liugual infe'rieur et le pharyngo-glosse. — 7. Fibres terminales du basio glosse. — 8. Parlie supérieure du ce'ralo-glosse, s'engajieant sous le coips du slylo-glos>e au moment où celui-ci se divise en trois f.iisceaux. — 9. Fibrrs lerminules du ce'ratoglosse,— 10. Palalo-glosse. — 11. Boid supéiieur du phuryngo-gloFse; les libres qui constituent ce bord, en se confondant avec celles du palalo-glosse, forment une petite bande qui recouvre les fibres transversales du basio-glosse, du ce'rato-glosse, et du faisceau supérieur du slylo-glosse. — 12. Celte petite bande détachée au niveau de la portion moyenne du stylo-glosse et relevée vers le dos de la langue pour laisser voir les libres sous-iacenles. — 13. Pharyngo-glosse. — H. CoDstricIcur n?ojen du jiharynx.

1"! 6 AiNATOMlE.

Indépendamment (le ces fibres, venues du constricteur supérieur, on en trouve quelquefois d'autres en petit nombre et de couleur pâle, qui se détaclient du bord supérieur du constricteur moyen, près de son attache à la petite corne de l'hyoïde, et qui vont se continuer aussi avec les fibres du génio-glosse.

7° Palato-glosse.

Né dans l'épaisseur de la face inférieure du voile du palais, le paZfl/oglosse ou glosso-staplii/lhi, d'abord assez large, se fascicule, puis s'engage dans le pilier antérieur de ce voile qu'il constitue essentiellement , et vient ensuite s'épanouir sur la partie supérieure des bords de la langue, enire le lingual supérieur et les fibres les plus élevées du pharyngo-glosse, avec lesquelles il se confond. Ainsi confondus, les deux ordres de fibres forment un petit plan rubané exlrèmement mince, qui recouvre en partie la portion moyenne du stylo-glosse. Pour mettre complètement à nu cette portion moyenne, ainsi que la portion supérieure du même muscle et la portion terminale du céryto-glosse et du basio-glosse, il faut détacher ce plan rubané et le rejeter vers la face dorsale de la langue (fig. 351).

8° Amygdalo-glosse.

Ce muscle a été récemment découvert par M. Broca qui en a donné une description très exacte. Il s'attache en haut sur cette partie de l'aponévrose pharyngienne qui adhère au tiers supérieur de la face externe de l'amygdale, descend entre cette glande et le pharyngo-glosse, puis entre ce muscle et la muqueuse, et, arrivé alors sur les côtés de la langue, change de direction pour se porter transversalement en dedans jusqu'à la ligne médiane, où il paraît se continuer avec celui du côté opposé. Vertical dans sa première moitié, horizontale dans la seconde, ce muscle décrit une courbe dont la concavité regarde en haut et en dedans. Sa largeur, mesurée d'avant en arrière, est de 1 5 à 18 millimètres.

Rapports. — Par sa face externe, il répond, supérieurement au pharyngoglosse, dont les fibres obliques en bas et en avant croisent les siennes à angle aigu, et inférieurement au génio-glosse. Sa face interne est en rapjiort, dans sa portion verticale, avec l'amygdale, puis avec la muqueuse qui tapisse l'excavation amygdalienne, et dans sa portion horizontale, avec le lingual supérieur, sous lequel elle s'engage. Le bord antérieur de cette même portion correspond au bord postérieur de la portion horizontale ou terminale du cérato-glosse.

Connexions des muscles de la langue.

Après avoir suivi ces muscles depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, il nous reste, pour compléter leur histoire, à résoudre le difficile l»roblème de leur intrication ou de leurs connexions dans l'épaisseur de la langue. En suivant et en comparant la direction de leurs fibres, on remarque que celles-ci marchent parallèlement au grand axe de l'organe, ou perpendiculairement à cet axe et de bas en haut, ou bien perpendiculairement et de dehors en dedans ; toutes, en un mot, sont longitudinales, verticales ou transversales. A ces trois ordres de fibres, la plupart des auteurs en ajoutent un quatrième, composé de fibres obliques. Mais l'obliquité n'est

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pas un caractère qu'on puisse invoquer en faveur d'un ordre parliculier de fibres, c'est un attribut commun à presque toutes ; en les divisant en longitudinales, verticales et tx'ansversales, nous ne faisons qu'exprimer leur direction relative prédominante.

Les fibres longitudinales proviennent de plusieurs muscles : en haut du lingual supérieur, en bas du pharyngo-glosse et du lingual inférieur, latéralement du palato-glosse, du stylo-glosse et du faisceau accessoire du cérato-glosse. Quelques-unes aussi émanent du basio-glosse et du génioglosse, dont les faisceaux les plus antérieurs se portent presque directement d'arrière en avant. De là il résulte : l» que les fibres longitudinales sont d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche davantage de la pointe de la langue ; 2° qu'elles sont superficiellement placées pour la plupart ; 3° enfin qu'elles forment, par leur juxtaposition, une sorte de cône creux, ouvert en bas pour laisser passer les deux génio-glosses. C'est dans ce cône creux, et aussi dans l'interstice des fibres qui le constituent, que se trouvent situées les fibres verticales et transversales, auxquelles se trouvent mêlées des fibres longitudinales profondes.

Les fibres verticales sont un prolongement des génio-glosses. Elles occupent surtout le centre de la langue, oîi celles d'un côté se trouvent séparées de celles du côté opposé par la lame fibreuse médiane. Leur couleur est pâle et un peu jaunâtre. On ne les observe, du reste, que sur les deux tiers postérieurs de la langue. Au niveau du tiers antérieur, toutes les libres qui suivent une direction verticale ou transversale dans les autres régions s'inclinent tellement en avant, qu'elles se confondent, pour la plupart, avec les fibres longitudinales.

Les fibres transversales ont pour origine : 1° le cérato-glosse et une partie du basio-glosse, qui, parvenus au-dessous du palato-glosse, se réfléchissent à angle droit, pour se porter ensuite soit directement en dedans, soit en dedans et un peu en avant, jusqu'au raphé médian auquel ils s'attachent ; 2° le faisceau supérieur du stylo-glosse qui se comporte de la même manière, et qui forme, avec le faisceau correspondant du muscle opposé, une anse destinée à soulever la partie moyenne de la langue ; 3** l'amygdalo-glosse, dont la portion horizontale prolonge en arrière, jusqu'à l'os hyoïde, le plan constitué par les muscles précédents, et forme aussi, par sa réunion avec celle du côté opposé, une anse qui a pour destination de resserrer l'isthme du gosier, en élevant la base de la langue et en rapprochant les deux amygdales ; 4" le faisceau inférieur du stylo-glosse, qui, se prolongeant de chaque côté jusqu'à l'apophyse géni, constitue une sorte de sangle sur laquelle reposent tous les autres muscles, à l'exception du basio-glosse ; 5° enfin le génio-glosse, dont les fibres externes vont se terminer sur les bords de la langue, en s'entremêlant aux fibres transverses de l'hyo-glosse.

Une dissection attentive permet de suivre dans leur continuité les trois ordres de fibres qui forment par leur entremêlement le tissu musculaire de la langue. Mais à l'emploi de ce moyen il convient de joindre des coupes verticales, antéro-postérieures et transversales.

Les coupes antéro-postérieures montrent dans leur continuité les fibres longitudinales et les fibres verticales.

Les coupes transversales donnent des résultats différents , suivant

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