II
5° TexLiire de la pie-mère spinale.
Les éléments qui entrent dans la composition de cette niembi'ane ne diffèrent pas de ceux qui constituent la pie-mère encéphalique; mais ils se trouvent associés dans des proportions différentes: dans l'enveloppe nourricière de l'encéphale, on voit l'élément vasculaire dominer l'élément celluleux; dans l'enveloppe de la moelle, ce dernier devient au contraire prédominant ; en outre il se condense davantage, et cette modification dans sa densité s'opère insensiblement en passant du cerveau aux pédoncules cérébraux, à la protubérance, au bulbe rachidien, et de ces parties à la moelle épinière ; les ligaments dentelé et coccygien constituent le dernier terme de cette condensation.
Ainsi modifiée, l'enveloppe de la moelle présente tous les caractères des tissus fibreux : leur couleur d'un blanc nacré, leur extrême résistance, leur inextensibilité. Les fibres qui la composent sont longitudinales pour la plupart ; cette direction est surtout celle qu'elles affectent en arrière. En avant, et particulièrement au niveau de la région cervicale, elles s'entrecroisent dans tous les sens. Sur une pie-mère spinale qui a été préalablement préparée par le procédé que nous avons fait connaître, et qu'on a laissée macérer quelques heures dans l'eau simple, on aperçoit très bien la disposition relative de toutes les fibres qui la composent, disposition qui a été fidèlement représentée par MM. Ludovic Hirschfeld et Léveillé.
Les capillaires artériels qui rampent à la surface ou dans l'épaisseur de cette membrane naissent de sources multiples : en haut, des vertébrales; au cou, des mêmes troncs et des branches ascendantes des thyroïdiennes inférieures ; dans la région dorsale, des intercostales aortiques, et plus bas des premières lombaires. Les artères émanées de ces diverses sources donnent naissance à trois troncs principaux qui parcourent la moelle dans toute son étendue: un tronc antérieur unique et médian, et deux troncs postérieurs et latéraux. Ceux-ci deviennent à leur tour le point de départ d'une foule de ramuscules qui recouvrent de leurs anastomoses toute la surface de la moelle, et qu'on voit surtout former un plexus à mailles serrées autour de l'origine des nerfs spinaux; ils pénètrent dans la substance nerveuse par tous les points de sa périphérie, mais principalement par le sillon médian antérieur et les sillons qui correspondent à l'origine des racines postérieures des nerfs spinaux.
Les veines répandues sur la pie-mère spinale se trouvent logées d'abord dans l'épaisseur des cloisons qui se détachent de sa face interne, et particulièrement dans celle qui occupe le sillon médian postérieur ; parvenues à l'extérieur, elles se mêlent aux ramuscules artériels et forment deux troncs principaux, l'un antérieur, l'autre postérieur. Toutes ces veines ont été représentées par Vieussens, ainsi que les artères correspondantes.
COiNFOr,M\T!ON EXTÉRIEURE DE LÀ MOELLE ÉPINIÈRE.
Lorsque la moelle épinière a été dépouillée de son enveloppe propre, et isolée par conséquent des racines des nerfs spinaux qui la recouvraient en partie, son véritable mode de configuration devient plus apparent, et l'on remarque alors :
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!'> Que sa forme se inodilie dans les divers points de la longueur : n-gulièrement cylindriiiue à son extrémité supérieure, elle s'aplatit d'avant en arrière dans la région cervicale, redevient cylindrique dans la région dorsale, et se termine par un renflement fusiforme dont l'extrémité inférieure plus ou moins effilée se perd au milieu des nerfs qui forment la queue de cheval ;
2° Qu'elle est parcourue à sa surface par des sillons longitudinaux; et que ces sillons la divisent en plusieurs cordons.
Des sillons qui ixircourcnt la surface de la moelle e'pîuiére.
Ces sillons sont au nombre de quatre : deux médians et deux latéraux.
1° Sillon vïédian antérieur et commissure blanche. Ce sillon s'étend de l'entrecroisement des pyramides à l'extrémité inférieure de la moelle; deans l'état normal il est voilé par la pie-mère spinale, qui lui envoie un double prolongement. Des vaisseaux très multipliés et logés pour la plupart dans l'épaisseur de ce prolongement le parcourent d'avant en arrière ; lorsqu'on écarte ses bords, on aperçoit dans sa partie profonde une lame blanche transversalement dirigée, qui a reçu le nom de commissure blanche ou commissure antérieure.
La commissure hlrinche, un peu plus saillante sur la ligne médiane que sur les parties latérales, est traversée perpendiculairexent par les vaisseaux logés dans l'épaisseur du sillon antérieur, vaisseaux qui sont ordinairement arrachés au moment où l'on dépouille la moelle de son enveloppe immédiate; lorsqu'ils sont encore intacts, les uns étant rejetés à droite et les autres à gauche pendant l'écartement forcé du sillon, ils découpent la partie moyenne de la commissure en faisceaux obliques et alternes qui semblent s'entrecroiser.
Quelques anatomistes ont en effet admis sur toute la longueur de la moelle un entrecroisement de ses fibres droites et gauches. Mais cette disposition est une simple apparence; car lorsque la moelle a été divisée en deux moitiés latérales, si l'on examine attentivem.ent la direction de ses fibres, on remarque que toutes marchent parallèlement entre elles, sans s'incliner au voisinage de la ligne médiane pour passer de l'un à l'autre côté : celles qui forment les cordons antéjrieurs et postérieurs se portent verticalement de bas en haut ; celles qui forment la commissure antérieure £6 portent transversalement de droite à gauche ; la direction de ces dernières ne peut être constatée que sur des moelles qui ont séjourné quelque temps dans l'alcool concentré, et même dans ces conditions favorables elles sont toujours beaucoup moins distinctes que les fibres longitudinales.
2° Sillon médian loostérieur et commissure grise. Le sillon médian postérieur s'étend du bec du calamus scri2]torius au sommet de la moelle. Il est moins large et plus profond que l'antérieur ; ce dernier pénètre jusqu'au tiers seulement de l'épaisseur de la moelle, tandis que le postérieur pénètre jusqu'à son centre.
Les deux lèvres de ce sillon sont séparées par la cloison médiane postérieure de la pie-mère spinale, cloison extrêmement mince, en sorte que cette séparation ne s'opère pas sans difficulté : de là sans doute l'erreur de
Huber et de Kcuffel qui ont nié son existence, celle de Haller qui ne le regarde pas comme constant, celle de Chaussier et de quelques autres anatoraistes qui le ci'oient moins profond que l'antérieur. Avec un peu d'adresse et d'habitude on peut reconnaître non seulement qu'il existe constamment et
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Ml
Moelle e'pinière de'pouillée de son néwilème pour laisser voir ses sillons, et dipise'e en trois parties^ dont la première représente le renflement cen'icnl on hrcichinl, la seconde la portion intermédiaire aux deux renflements, et la troisième le renflement lombaire ou crural.
1.1,1,1,1,1. Sillon médian poslériour de la moelle. — 2,2. Sillon postc'rieijiv intermédiaire qui cesse oïdiiiairement d'être apparent au niveau des premières
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qu'il s'étend à une plus grande profondeur que le précédent, mais qu'il arrive jusqu'à la substance gri?c, ainsi que l'ont avancé Petit de Namur, et un peu plus tard Vicq d'Azyr.
La lame blanche , ou commissure blanche postérieure, que plusieurs auteurs ont admise d'après Meckcl n'existe pas; on ne trouve au fond de ce sillon qu'une couche de substance grise appelée commissure fostcrieur c ou commissure grise.
En s'adossant à la commissure blanche, la commissure grise forme une lame mixte transversale qui unit l'une à l'autre les deux moitiés de la moelle.
3° Sillons latéraux. Après l'ablation de la pie-mère rachidienne et des racines des nerfs spinaux, on aperçoit sur la face postérieure de la moelle, de chaque côté du sillon médian, deux sillons latéraux : le sillon postérieur intermédiaire et le sillon collatéral postérieur.
Les sillons -postérieurs intermédiaires sont situés à 2 millimètres en dehors du sillon médian ; ils conunencent en haut, sur les côtés des rendements mamelonnés qui limitent le calamus scriptorius, et descendent verticaux et parallèles jusqu'au niveau des premières vertèbres dorsales où ils cessent ordinairement d'être manifestes.
Les sillons collatéraux postérieurs répondent à l'origine des racines postérieures ; ils sont formés par une succession de points grisâtres déprimés en fossette et linéairement disposés. 3i.M. Ludovic Hirschfeld et Léveillé les ont très fidèlement représentés. (Fig. 197 et 198.)
Ces silions-ne sont pas rectilignes comme les précédents ; au niveau des renflements cervical et lombaire ils décrivent une courbe dont la concavité regarde en dedans. Leur extrémité supérieure répond an tuberciile cendré de Rolando, et iilus haut, siîr les côtés du bulbe rachidien, à l'origine des nerfs pneumo-gastrique et glosso-pharyngien ; par leur extrémité inférieure ils se rapprochent et viennent se confondre avec le sillon médian au sommet du renflement lombaire.
Indépendamment de ces deux sillons latéraux, quelques auteurs ont admis avec Sœmmerring et Meckel un sillon latéral qui correspondrait à l'insertion du ligament dentelé, et d'autres avec Chaussier, Ch. Bell et Bellingeri, un sillon collatéral antérieur situé au niveau de l'origine des racines antérieures. L'observation ne démontre lîi l'un ni l'autre de ces sillons; après l'arrachement brusque des racines postérieures, on trouve à la place qu'elles occupaient une ligne de démarcation toujours nettement accusée; après l'ablation des racines antérieures, on n'observe rien de sem blable.
vertèbres dorsales; entre ce sillon el le prece'deiit on aperçoit le coi don mc'dian postérieur, — 5. Renflement mamelonné du cordon médian postérieur. — 4,4,4,4,4,4. Cordon postéiienr. — 5. Estrémilé supérieure du même coi don se porlant vers le cervelet, dont il constitue le pédoncule inférieur. — 6. Coupe du pédoncule cérél^elleus inférieur-. — 7. 7. 7, 7 ,'^,7. Sillon d'origine des raciues postérieures des nerfs spinaux. — 8,8,8,8,8.8. Cordon antéro-latéral dont on n'aperçoit sur la face postérieure de la moelle qu'une faible partie. — 9. Extrcmilé inférieure de la moelle.
Des cordons qui composent la moelle éinnièrc.
Les sillons médians divisent la moelle en deux moiliés symétriques unies entre elles parles commissures blanche et grise.
Chacune de ces moitiés est subdivisée par le sillon collatéral postérieur en deux cordons :
1° Un cordon antéro-latéral qui comprend toute la partie de la moelle située entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral postérieur.
2° Un cordon postérieur qui s'étend transversalement de ce dernier sillon au sillon médian postérieur.
L'existence et l'indépendance de ces cordons n'est pas démontrée seulement par l'anatoraie, elle l'est aussi par la physiologie expérimentale.
Soumis aux irritations mécaniques ou galvaniques, le cordon antérolatéral dans toute son étendue se comporte comme les racines antérieures des nerfs spinaux : il transmet à ces nerfs le principe moteur qu'il reçoit de l'encéphale, afin que ceux-ci le transmettent à leur tour aux agents musculaires.
Sous l'influence des mêmes irritants, le cordon postérieur se comporte comme les racines correspondantes : il reçoit de ces racines les impressions venues du dehors ou du dedans, et les transmet à l'encéphale.
Pour les auteurs qui ont admis un sillon au niveau des racines antérieures, le cordon antéro-latéral se décomposerait en deux cordons secondaires : un cordon antérieur, étendu du sillon médian antérieur au sillon collatéral voisin, et un cordon latéral compris entre les sillons collatéraux antérieur et postérieur. Les travaux de Ch. Bell ont donné pendant quelque temps une grande importance à ces cordons latéraux; mais leur existence, comme nous l'avons vu, est toute spéculative.
Il n'en est pas ainsi du cordon postérieur, qui est bien évidemment décomposé en deux faisceaux parallèles par le sillon postérieur intermédiaire. Le plus interne de ces deux faisceaux, qui est aussi le plus petit, a reçu le nom de cordon médian postérieur ; il peut être considéré comme une dépendance du cordon postérieur : nous avons vu en effet que de la face interne de la pie-mère rachidienne partent de nombreuses cloisons qui divisent la substance de la moelle en autant de faisceaux prismatiques et triangulaires ; la cloison qui pénètre dans le sillon postérieur intermédiaire ne diffère des autres cloisons latérales de cette membrane que par son épaisseur un peu plus considérable ; de même le faisceau médian postérieur ne diffère des autres faisceaux constitutifs du cordon postérieur que par ses limites un peu mieux accusées.
C0>;F0Rj1ATI0N liNTÉmEUr.E de la moelle ÉPIjNIÈRE.
Comme les autres. parties du centre nerveux, la moelle épinière se compose de substance grise et de substance blanche; mais tandis que dans le cerveau, le cervelet et l'isthme de l'encéphale, ces deux substances se séparent sur certains points et se mélangent sur d'autres, elles s'isolent dans la moelle de la manière la plus complète.
NÉVROLOGIE. 163
La substance grise est centrale : elle constitue en quelque sorte l'axe de la moelle ; la substance médullaire en constitue l'écorce.
1° De la substance grise de la moelle épinicre.
La substance grise de la moelle se divise en trois parties : une moyenne et deux latérales.
La parlie moyenne ou commissure grise représente un long ruban étendu de l'entrecroisement des pyramides à la partie inférieure de la moelle, où il se termine en pointe. Plus épais et plus large dans la région cervicale, ce ruban devient plus délié et plus étroit dans la région dorsale, et augmente de nouveau d'épaisseur sans augmenter de largeur au niveau du renflement lombaire.
Les parties latérales représentent deux demi-cylindres qui regardent en dehors et en arrière parleur concavité, et qui sont unis l'un à l'autre sur la ligne médiane par la commissure grise.
La longueur de ces demi-cylindres égale celle de la moelle.
Leur bord antérieur répond à l'origine des racines motrices qu'il n'atteint jamais ; il est épais et arrondi.
Leur bord postérieur se prolonge jusqu'à l'origine des racines sensitives des nerfs spinaux ; il est par conséquent plus long que l'antérieur, mais beaucoup plus mince.
Telle est la disposition de la substance grise au centre du prolongement
Coupe Iransversale et Itorizonlale de la moelle epiiiière ei de ses envilojjpes.
, Duve-mère racbideuue. — 2. Feuillet parie'tal de l'arachnoïde spinale. — 3. Feuillet visce'ral de la même enveloppe. — 4. Cordon poste'rieur de la moelle limité en dedans par le sillon me'dian poste'rieur, et en dt-hors par le prolongement de la substance grise qui correspond à l'origine des racines postérieures ou sensitives des nerfs spinaux. — 5. Cordon aniéro-latéral limité en airière par le prolongement précédemment menlinnné, et en avant par le sillon médian antérieur. — 6. Cavité iutra-arachuoïdicnne. — 7. Espace sousarncbnoïdien destiné au liquide céphalo-rachidien. — 8. Continuité des deux feuillets de l'arachnoïde au niveau de l'orifice que la dure-mère présente aux racines des nerfs spinaux. — 9. Gaîne fournie aux nerfs spinaux par la duremère. — 10. Racines postérieures formant le ganglion des nerfs spinaux en se mêlant à une certaine quantité de substance grise. — II. Racines antérieures qui, moins nombreuses et moins volumineuses que les précédentes, passent audevant du ganglion situé sur le trajet de ces dernières, et se réunissent à elles à leur sortie de ce ganglion sans avoir contribué à la formation de celui-ci. — 12. Coupe du ligament dentelé qui se confond par son bord interne avec le névrilème de la moelle dont il constitue une dépendance.
racliidien. Pour la constater, il suffit de pratiquer sur la moelle des coupes transversales à diffcreurcs hauteurs.
A la surface de toutes ces coupes on remarque : 1" sur la circonférence, une concile blanche; 2° au dedans de cette couche et de chaque côté, un croissant de couleur grise dont la concavité est tournée en dehors ; S^ entre les deux croissants, une sorte de trait d'union formé par la commissure grise. On observe en outre que ces deux croissants sont plus courts et comme renflés en avant, qu'ils sont longs et grêles en arriére, où ils arrivent jusqu'au niveau du sillon collatéral postérieur.
Les dimensions ainsi que la forme de la masse grise centrale se modifient, du reste, dans les diverses régions : ainsi, au niveau du renflement cervical, cette masse est plus considérable ; à la partie inférieure du cou et supérieure du dos, elle devient en quelque sorte linéaire; plus bas, elle se rentle légèrement à sa partie postérieure, en sorte que son volume se montre plus uniforme. Il suit de ces modifications, que l'aspect sous lequel se présente la substance grise à la surface des coupes, présente des différences assez notables suivant la hauteur à laquelle elles sont pratiquées : sur les coupes qui intéressent les deux tiers supérieurs de la moelle, cet aspect peut être comparé avec Vicq d'Azyr à deux demi-lunes réunies par un trait horizontal, ou avec Huber à un os hyoïde ; sur sa partie inférieure il peut être comparé avec Monro à une croix, ou avec Keuffel à quatre rayons convergents.
'^° Substance blanche de la moelle épinière.
La substance blanche se compose d'un nombre indéterminé de faisceaux prismatiques et triangulaires qui répondent par leur base à la périphérie de l'organe, et par leur sommet à son axe. — Ces faisceaux sont séparés par les prolongements émanés de la face interne de la pie-mère spinale. — Leurs dimensions ne sont pas égales : les plus considérables se rapprochent davantage du centre, les plus petits en restent plus éloignés : d'où il suit qu'au niveau de la jonction de la substance blanche et de la masse grise centrale on observe non une courbe régulière, mais une ligne brisée, alternativement saillante et rentrante, et sim.ulant une sorte d'engrenage des deux substances.
La structure de ces faisceaux est fibreuse ; pour étudier leur disposition il faut pratiquer sur la moelle une coupe antéro-postérieure, et étaler ensuite l'inie de ses moitiés ou la dérouler de manière à séparer les unes des autres les lames prismatiques qui la composent. Dans ce but on donnera la préférence à une moelle qui aura séjourné huit ou dix jours dans l'alcool, et l'on facilitera la séparation de ses faisceaux à l'aide d'un jet d'eau qui les mettra à nu en entraînant la substance grise. Après avoir isolé quelques uns de ces faisceaux, on cherchera à dissocier les fibres qui les composent, et l'on arrivera ainsi à constater que ces dernières sont longitudinales et parallèles dans toute leur étendue.
Les fibres de- la moelle se continuent-elles avec celles qui forment les racines des nei-fs spinaux ? A cette question on peut répondre affirmativement pour les fibres antérieures ou motrices. Le cordon antéro-latéral équivaut par son volume à l'ensemble des fibres motrices qui entrent dans la composition des racines antérieures ; et l'observation établit la continuité de ces
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fibres avec celles de la moelle. Mais le cordon postérieur peut-il être considéré comme l'équivalent de toutes les racines postérieures? Non certainement ; car ce cordon devrait être beaucoup plus considérable que l'antérieur, puisque les racines sensitivcs sont à la fois et plus volumineuses et plus multipliées que les racines motrices, et il est au contraire notablement plus petit ; s'il y a continuité des racines sensitivcs avec les libres du cordon postérieur, il faut donc de toute nécessité que plusieurs fibres venues des nerfs spinaux s'unissent par voie de fusion à une même libre de la moelle. (Voy. les Cons. gén., p. 33.)
La moelle épinière est-elle creusée d'un ou de plusieurs canaux qui la parcourent dans toute sa longueur?
M. Foville admet comme constant un canal central et médian creusé dans l'épaisseur de la commissure grise ; ce canal s'étendrait de l'extrémité inférieure de la moelle au bec du calamiis scriplorius, au niveau duquel il s'évaserait en formant le quatrième ventricule. Pour constater la présence de ce canal, 31. Foville conseille deux moyens: 1"^ la dessiccation à l'air libre d'une trancbe extrêmement mince de la moelle ; 2<' de soumettre â l'action de l'alcool des moelles d'enfants nouveau-nés, et d'en examiner ensuite une tranche. Ces deux procédés sont d'une exécution facile. Après les avoir mis en usage à plusieurs reprises, je reste convaincu, contrairement à M. Foville, que le canal central médian n'existe pas, et qu'il est le résultat des moyens même qu'on emploie pour le démontrer.
Parmi les anatoraistes qui ont nié le canal médian, il en est plusieurs qui ont admis deux canaux latéraux, un pour chacune des moitiés de la moelle: Morgagni, Gall, M. Calmeil et quelques autres observateurs, rapportent des faits de ce genre. Mais ces faits doivent étie considéfés conmie autant d'anomalies : jusqu'au quatrième mois de la vie intra-utcrine, chaque moitié de la moelle est creusée d'un canal ijui plus tard se trouve envahi et complètement rempli par la substance grise ; qu'un arrêt de développement se manifeste ou qu'une cause pathologique vienne détruire les résultats de l'évolution naturelle, et ce canal, sous l'influence de circonstances exceptionnelles, pourra persister. Ajoutons toutefois qu'il est extrêmement rare d'observer un semblable arrêt de développement.