‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 44 sur 133 · TROISIÈME PAIRE, OU NERFS MOTEURS OCULAIRES COMMUNS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PAIRE, OU NERFS MOTEURS OCULAIRES COMMUNS

Préparation, La troisième paire fait parlie des nerfs de lorbile, parmi lesfjiu'ls on compte, indépendamment de celle-ci, la seconde, la quatrième, la sixième paire, et une branche importante de la cinquième; tous ces nerfs doivent être compris dans une même pre'paralion qu'on exe'culera d'après les règles suivantes:

1" Inciser sur la ligne médiane de la racine du nez à la piolube'rance occipitale externe tontes les parties molles épicrânieunes, les séparer de la voiite du crâne, les rabattre de chaque côté, briser circulairement la boîle ciànienne, diviser la dure-mère et enlever l'encéphale avec les précautions que nous avons fait connaître.

2° Briser la voûte de l'orbite du centre à la circonférence, à l'aide d'un ciseau et du marteau, en conservant le périoste, et séparer ensuite les arcades sourcilière et orbitaire par deux traits de scie.

Ci" Diviser, puis écarter ce périoste avec altention afin de découvrir sans les intéresser les rameaux lacrymal et frontal de la branche ophthalmique, et le nerf pathétique qui se trouvent immédiatement au-dessous.

4" Préparer ensuite la branche supérieure du motem' oculaire commun qui vient se rendre au droit sujiérieur de l'œil et à Télévateur de la paupière.

3° Procéder à la recherche du ganglion ophthalmique qu'on trouvera au côté externe du tiers postérieur de la portion orbitaire du nerf optique.

6" Isoler le rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis, en conservant le filet qu'il envoie au ganglion ophthalmique et les nerfs ciliaires directs qu'il fournit.

7° Disséquer les trois divisions de la branche inférieure du moteur oculaire commun en ménageant le rameau gros et court que la division du petit oblique envoie au ganglion orbitaire.

8" Découvrir la partie terminale du nerf moteur oculaire externe, ainsi que le rameau orbitaire du maxillaire supérieur.

9° Enfin suivre dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux les nerfs de la troisième, de la cjuatrièmc, de la sixième paire, ainsi que la branche ophthalmique de la cinquième, en conservant les rapports et les anastomoses de tous ces troncs nerveux.

Pour cette préparation, il importe au plus haut point de choisir un adulte ou un vieillard extrêmement maigre, afin de n'être pas exposé à diviser quelques rameaux nerveux en enlevant lu masse cellulo-adipeuse qui sert de coussinet au globe de loeil.

Origine. Les nerfs moteurs oculaires communs naissent de la face interne des pédoncules cérébraux, au niveau de la ligne de jonction des plans inférieur et moyen de ces pédoncules, à égale distance de la protubérance et des tubercules mamillaires. Leur origine a lieu par une série de huit à dix filaments qu'on peut suivre à une petite profondeur et qui vont se perdre, les postérieurs dans le plan moyen du pédoncule correspondant, les antérieurs dans le plan inférieur de ce pédoncule, les moyens dans la substance noire intermédiaire aux deux plans. Ces filaments sont remarquables : 1° par leur volume à peu près égal ; 2« par leur direction d'abord convergente et ensuite parallèle; 3° par leur émergence au niveau d'une même ligne ; 4» par le peu de résistance de la gaine que leur fournit la pie-mère, en sorte qu'on les arrache très fréquemment en cherchant à les découvrir, si l'on ne procède dans cette dissection avec beaucoup de ménagement. (Fig. 204.)

Le plan inférieur des pédoncules cérébraux étant formé par les pyramides antérieures, et le moyen par les faisceaux intermédiaires prolongés du bulbe, on voit que le nerf moteur oculaire commun émane du cordon antéro-latéral ou moteur de la moelle. C'est donc à tort que Ridley ie

rangeait au nombre des nerfs qui partent de la protubt^rance annulaire; c'est à tort aussi que Zinn le faisait provenir, en partie du moins, de la commissure cérébrale antérieure avec laquelle il ne présente aucune connexion.

Au niveau de leur origine, les nerfs de la troisième paire sont séparés l'un de l'autre par la lame interpédonculaire ; par conséquent, ils ne sont ni continus par leurs fibres les plus internes, ainsi que le pensait Varole qui expliquait par cette continuité la simultanéité d'action des deux yeux, ni même contigus, comme le croyait Vicq d'Azyr qui, dans plusieurs planches de son grand ouvrage, les représente adossés sur la ligne médiane.

Trajet et rapports. A leur point de départ, les nerfs moteurs oculaires communs présentent une forme aplatie ; mais bientôt leurs racines se rapprochent pour former un cordon régulièrement arrondi qui se dirige obliquement en haut, en dehors et en avant. Parvenus sur les côtés des apophyses clinoïdes postérieures, ils s'engagent dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux, se portent en bas et en avant vers la partie la

FiG. 20G.

Nerfs ijioteuv oculaire commun et moteur oculaire externe.

\. Tronc du moteur oculaire commun. — 2. Branche supérieure de ce nerf. — 3. Filets que cette branche fournit aux muscles droit supérieur et élévateur de la paupière, — 4. Rameau fourni ]3ar la blanche inférieure du moteur oculaire comnuia au muscle droit interne. — 5. Rameau étendu de cette branche au muscle droit inférieur. — 6. Rameau étendu de la même branche au muscle , petit ol)lique. — 7, Filet gros et court destine au gangliou ophtlialmique. —

8. Nerf moteur oculaire externe allant s'épanouir dans le muscle droit externe.

9. Filets anasiomotiques unissant le moteur oculaire externe au rameau carotidien du grand sympathique. — 10. Nerfs ciliaires traversant la sclérotique, cheminant ensuite entre cette membrane et la choroïde pour se rendre au cercle ciliaire et de là à l'iris.

206 ANATO.AIÎlî.

plus large de la fente spliénoulale, traversent le tendon du muscle droit CX' terne, et pénètrent dans l'orbite où ils se distribuent aux muscles soumis à leur influence.

Dans le trajet qu'ils parcourent des pédoncules cérébraux aux apopbyses clinoïdes postérieures, les nerfs moteurs oculaires communs occupent l'espace sous-araclmoïdien antérieur. Les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure correspondent à leur origine; plus loin ils deviennent sous-jacenls à la bandelette des nerfs optiipics. Au voisinage des apophyses clinoïdes, l'arachnoïde viscérale les entoure et les accompagne à une profondeur de 3 ou 4 millimètres dans le canal que leur fournit la dure -mère.

Au niveau du sinus caverneux, ces nerfs sont en rapport : en dedans, avec l'artère caroliile interne; en dehors, avec le paLhéticpie et la branche ophtlialmiquede Wdlis qui se portent obliciuement en liant et en avant, et qui le croisent par conséquent à angle aigu ; en bas, avec le moteur oculaire externe qui en est d'abord séparé par un espace angulaire.

Anastomoses. Vers le tiers antérieur de la paroi externe du même sinus, le nerf moteur oculaire commun reçoit :

1° Vn ou plusieurs filels extrêmement grêles vr.ius des rameaux carotidiens du grand sympathique;

^o Un filet plus apparent (pii lui e?t fourai par la branche ophUialmique de Willis.

Dhirïhullon, En entrant dans l'orbite, ces nerfs se divisent en deux branches, une supérieure beaucoup jilus petite, et \n\c inférieure qui cou* linue le tronc princi[ial.

La branche supcviciirr, d'abord située en dehors du nerf optique, se place bientôt au-dessus de ce nerf, croisé le rameau nasal de la branche oiihtba!mi(pie de Willis, et, contiiuîant à se [lorter en haut et en avant, pénètre dans le muscle droit sïipéricur ; un ou deux rameaux délaeliés de sa partie moyenne longent le bord externe du nnisclc précédent, et quelquefois le traversent pour aller se terminer dans l'élévateur de la paupière supérieure.

La branche inférieure se porte directement en avant, et, après un trajet de quelques millimètres, se partage en trois rameaux :

Un rameau interne qui s'épanouit en pinceau dans le muscle adducteur de la pupille ;

Un rameau inférieur très court dont les fdaments étalés en éventail pénètrent dans le muscle abaisseur de la pupille ;

Un rameau externe, beaucoup plus long, qui se porte directement d'avant en arrière vers le petit oblique auquel il est destiné, et dans lequel il pénètre sous une incidence presque perpendiculaire à sa direction. — A une petite distance de son point de départ, ce rameau fournit un filet court et assez volumineux qui se rend à l'angle postérieur et inférieur du ganglion ophtbalmique dont il constitue la racine motrice.

Chacun de ces rameaux est remarquable par le grand nombre de filets qu'il fournit à son extrémité terminale, et surtout par les anastomoses extrêmement multipliées et très manifestes qui unissent ces filets et enlacent les fibres musculaires.

NÉVROLOGIE. 207

En résumé, les nerfs moleurs oculaires communs , après s'être anastomosés avec le grand sympatliique et la brandie oplithalmiiiue de la cin- (luiè'me paire, se distribuent à cinci muscles : rélévaleur de la paupière supérieure, le droit supérieur, le droit interne, le droit inférieur, le petit oblique, et fournissent en outre les nerfs ciliaires moteurs, c'est-à-dire ceux qui tiennent sous leur dépendance les mouvements de la pupille.

Usages. Lorsque le nerf moteur oculaire commun est divisé chez un animal, on lorsqu'il est comprimé, altéré, détruit; en un mot, complète^ ment paralysé cb.ez l'homme, on observe du côté correspondant :

1° Lue chute de la paupière supérieure;

2° Un strabisme externe ;

3° L'abolition des mouvements alternatifs de rotation du globe oculaire autour d3 son axe antéro-poslérieur ;

4" La dilatation et l'immobilité de la pupille.

Le prolapsus de la paupière supérieure est dû à la paralysie de son muscle relcveur.

Le slrabisme externe s'explique par le défaut d'action du muscle droit interne, et la persistance de celle du muscle droit externe qui, animé par le nerf de la sixième paire, entraîne la pupille de son côté.

VahoUiion des mouvemtnls de rotation alternative du globe oculaire autour de son axe anléro-postérieur dépend de l'inertie du muscle petit obliiiue, c'est-à-dire de rinduence sans contre-poids du grand oblitiue qui imprime au globe de l'œil un mouvement de rotation en haut et en dedans, et le fixe d'une nianière permanente dans cette position. Pour constater une semblable lésion chez un malade affecté de paralysie de la troisième paire, il faut lui faire porter la tète alternativement vers l'une et l'autre épaule en même temps qu'il fixe du regard un objet placé à une certaine distance, et observer, pendant ces oscillations, les mouvements des yeux; on pourra alors constater : 1° que l'œil sain tourne sur son axe en sens inverse des mouvements de la tête ; 2° que l'œil affecté se meut aussi en sens inverse de la tête lorsqu'elle s'incline de son côté, et qu'il suit au contraire son mouvement lorsque celle-ci s'incline du côté opposé; 3° qu'au moment où le malade incline sa tête du côté opposé à la paralysie, il perçoit deux images, l'une droite qui correspond à l'œil sain, l'autre oblique qui correspond à l'œd affecté. Cette nouvelle variété de diplopie, signalée par M. Cusco, est pathognomonique delà paralysie du petit oblique et de sa branche motrice.

La dilatation et l'immobiHie de la pupille résultent de la paralysie de la racine motrice du ganglion ophthahnique et des nerfs ciliaires qui tiennent sous leur dépendance les mouvements de l'iris. — A la suite de la compression, de l'altération ou de la section du nerf optique, on voit aussi l'ouverture pupillaire se dilater et rester immobile ; mais sa dilatation et son immobilité tiennent alors à un défaut de stimulus et non à l'impuissance ou à la paralysie de l'iris; aussi lorsqu'on approche une bougie de l'œil sain, le cerveau étant stimulé et stimulant à son tour les deux iris, on remarque que les pupilles se contractent simultanément. Il n'en est pas ainsi dans les paralysies de la troisième paire; quelque vive que soit la lumière dirigée sur les deux yeux à la fois, l'immobilité de la pupille persiste du côté paralysé.

;Û8 AiNATOMIE.

QUA.T1UEME l'AlRE, OU NEUFS PATHETIQUES,

Les nerfs pathétiques se distinguent entre tous les nerfs crâniens par leur ténuité-, ils sont remarquables en outre par le trajet si étendu qu'ils parcourent à rintérieur du crâne et par leur destination exclusive à un même muscle.

Origine. Ces nerfs prennent naissance sur les côtés de la valvule de Vieussens , à 1 ou 2 millimètres en arrière des tubercules quadrijumeaux. Deux petits tractus de couleur blanche et transversalement dirigés de dedans en dehors les constituent à leur point de départ ; assez souvent les tractus d'un côté semblent se continuer sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé : cette sorte de commissure est une dépendance des rubans de Reil dont le bord postérieur déborde de 4 millimètres environ les éminences testes, pour concourir k la formation de la valvule de Vieussens ; c'est sur ce bord postérieur que se trouvent implantés les nerfs de la quatrième paire, qui naissent par conséquent du faisceau intermédiaire du bulbe, c'est-à-dire du cordon antéro-latéral ou moteur de la moelle épinière, ainsi que l'a fait remarquer M. Longet.

Trajet et rapports. Les nerfs pathétiques se portent d'abord en dehors, en avant et en bas, autour de la protubérance qu'ils contoui-nent ; parvenus au-dessous des pédoncules cérébraux, ils se dirigent directement en avant vers le repli de la dure-mère qui s'étend du sommet du rocher à la lame quadrilatère du sphénoïde, traversent ce repli vers sa partie moyenne, parcourent la paroi externe du sinus caverneux dans toute sa longueur en suivant un trajet légèrement ascendant, pénètrent dans l'orbite par la partie interne de la fente sphénoïdale, et s'inclinent en dedans pour se rendre au muscle grand oblique.

Dans ce long trajet les nerfs de la quatrième paire se trouvent situés, depuis leur origine jusqu'au sonmiet du rocher, entre le feuillet viscéral

(l'arachnoïde et la pie-mère ; depuis le sommet du rocher jusqu'à la fenle sphénoïdale, dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux ; depuis leur entrée dans l'orbite jusqu'à leur terminaison, immédiatement audessous du périoste orbitaire.

Autour de la protubérance ils sont accompagnés par l'artère cérébelleuse supérieure. Au-dessous des pédoncules cérébraux et de la bandelette des nerfs optiques, ils se placent entre le tronc de la troisième paire qui répond à leur côté interne, et celui de la cinquième qui répond à leur côté externe et dont ils sont plus rapprochés.

Dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux ils marchent parallèlement à la branche ophthalmique de Willis, au-dessus de laquelle ils sont situés, et croisent à angle aigu le moteur oculaire commun qui occupe leur côté interne.

A l'intérieur de l'orbite ils cheminent entre le périoste et l'élévateur de la paupière supérieure.

Anastomoses. Au niveau du sinus caverneux, le nerf pathétique reçoit de la branche ophthalmique plusieurs hlets de communication qui s'ap-

-NEVIIOLOGIE.

pliiiueut aux libres dont il se compose; mais ces filets, pour la plupart, s'en séparent à une petite distance. — Le premier rameau qui s'en détache est destiné à la tente du cervelet. — Le second se joint au nerf lacrymal, qui naît sinsi dans quelques circonstances par une double racine. — Ces rameaux ne sauraient être considérés comme une dépendance du nerf pathétique ; ils ont pour point de départ véritable la cinquième paire, et non la quatrième à laquelle ils se trouvent seulement accolés dans une petite partie de leur trajet ; ils sont essentiellement sensilifs.

Terminaison. Parvenu dans l'orbite, le nerf pathétique croise d'abord la branche supérieure du moteur oculaire commun , ainsi que les muscles droit supérieur et élévateur de la paupière ; il se sépare alors de la branche ophthalmique ou plutôt du rameau frontal de cette branche, puis s'épanouit en un pinceau de fdaments qui plongent dans le muscle grand oblique par son bord supérieur. (Fig. 208.)

Usages. MU. J. Guérin, Szokalski, Hueck et Hélie, ont fait remarquer que lorsqu'on incline alternativement la tête à droite et à gauche pendant qu'on fixe du regard un objet quelconque, les globes oculaires décrivent autour de leur axe antéro-postérieur un mouvement de rotation inverse qui a pour effet de conserver entre l'objet d'où partent les rayons lumineux et les deux rétines un rapport constant. Dans ce mouvement rotatoirele grand oblique, d'un côté, a pour congénère le petit oblique du côté

Fig. 207.

Origine des nerfs paihélicjiies.

i. Valvule de Vicusseas, forme'e en partie par les fibres rétrogrades des faisceaux late'raux obliques de Tislbnie de l'encëphale, ou rubans de Reil. — 2,2. Nerfs patbe'tiques naissant sur cette valvule des faisceaux latéraux obliques de l'isthme à un millimètre ca arrière des tubercules quadrijumeaux. — 3,0. Faisceaux latéraux obliques de Fistbme. — 4. Tulîercules quadrijumeaux. — o. Extrémité antérieure du verniis supérieur soulevée et renversée en arrière pour laisser voir la valvule de Yieusscus. — 6. Pédoncules moyens du cervelet divisés à leur entrée dans le centre médullaire de cet organe. — 7. Glande piaéale renversée en avaut pour'décpuvrir les tubercules quadrijumeaux.

210 ANAïOMiE.

opposé: ainsi, lorsque la létc se penclie sur Tépaule droite, l'œil droit tourne autour de son axe de dehors en dedans et de liant en bas, sous Tinfluence de l'oblique supérieur, tandis que l'œil gauche tourne sur lui-même de dedans en dehors et de haut en bas, sous l'inflaence de l'oblique inférieur ; lorsque la tète s'incline sur l'épaule gauche un mouvement inverse se passe dans les deux yeux. Cette rotation simultanée des globes oculaires autour de leur diamètre antéro-postérieur pendant que nous inclinons la tête de l'un ou de l'autre côté est nécessaire pour l'unité de perception des images visuelles; si l'un des yeux reste immobile pendant que l'autre tourne autour de son axe, nous apercevons deux images, une supérieure qui correspond à l'œil sain, et une inférieure qui correspond à l'œil malade : ces deux images sont visibles lorsque la tête est verticale et surtout lorsqu'elle s'incline du côté affecté; elles se confondent en une S5ule lorsque la tête se porte du côté sain.

L'occasion de constater ces divers phénomènes se présente très rarement, parce que la paralysie isolée du nerf de la quatrième paire ne peut se produire que sous l'influence de causes tout à fait exceptionnelles. C'est ordinairement à la suite de tumeurs intra-orbitaires qu'on voit les muscles de l'œil se paralyser ; mais ces tumeurs agissant à la fois et d'une manière inégale sur les différents nerfs qui pénètrent dans l'orbite, on observe des paralysies multiples dont les résultats se mêlent et se compliquent, en sorte (pi'il devient très difficile de constater les phénomènes propres à chacune d'elles.

Pour cette étude physiologique et symptomatologique, les observations de paralysie isolée et complète sont indispensables ; la science, qui possède aujourd'hui un grand nombre de faits semblables relatifs à la troisième paire, n'en possède que deux relatifs à la quatrième : ils ont été recueillis par M. Szokalski. D'après ces faits, la paralysie du nerf pathétiipie serait eu effet caractérisée :

1° Par l'impossibilité du mouvement de rotation de l'œil affecté, lorsque le malade incline la tête de sou côté.

2° Par une diplopie dans laquelle les deux images s'écartent quand on incline la tête du côté paralysé, pour se rapprocher et se confondre en une seule lorsqu'on ramène la tète du côté oiiposé.

CÎNQCIEME PAIRK, OU NERFS THIJUMEAUX.

La cinquième paire, nerf Irijiimeaii de TJlnuIoxv, nerf Irîfacial de Chaussier, naît par deux racines, l'une sensitive, l'autre motrice, se renfle avant de sortir du crâne pour former un ganglion extrêmement remarquable, le ganglion de Casser, puis s'échappe de cette cavité par trois branches principales qui fournissent un grand nombre de divisions secondaires et à chacune desquelles se trouve aussi annexé un petit ganglion près de leur origine. Ce simple énoncé laisse entrevoir une distribution compii([uée et des fonctions importantes ; entre tous les nerfs crâniens, il n'en est aucun en effet qui offre un volume aussi considérable, des ramifications aus4 multipliées, aussi grêles, a'.issi difficiles à poursuivre, des usages aussi variés, des altérations aussi fré(juentcs, Il importepar conséquent d'en ?.voir une conîîajssgnce exacte.

NÉVROLOGIE. 2 M

Origine apparente. Les racines du trijumeau émaneut de la partie supérieure et externe de la protuliérance annulaire, sur la limite ([ui sépare ce reuflemeut des pédoncules cérébelleux moyens. Leur point d'émergence, (pioique très rapproclié, est cependant bien distinct. — La i-acine sensitive, beaucoup plus considérable, émerge du sillon intermédiaire aux fdjrcs supérieures et moyennes de la protubérance, sillon (|ui semble s'entr'ouvrir pour lui livrer passage. — La racine motrice, un peu jilus élevée et plus rapprochée de la ligne médiane, part du faisceau des libres supérieures, de telle sorte qu'elle se trouve séparée de la précédente par un petit groupe de ces fibres. (Fig. 189.)

La racine sensitive ou grosse racine, appelée aussi racine ganglionnaire, présente à son point d'émergence une sorte d'étranglement; lors- ((u'on l'arraclie, ses fibres se déchirent à des hauteurs inégales, et à sa place on observe alors un petit tubercule assez analogue aux tubercules mamillaires, mais d'une consistance extrêmement molle. — Le nombre des filets qui la composent ne s'élève pas à une centaine, comme le pensait ?ileckel ; il varie de trente à quarante, ainsi que l'avait très bien constaté Vicq d'Azyr.

La racine motrice ou petite racine, racine non ganglionnaire, n'offre ni étranglement à sa sortie de la protubérance, ni une sorte de bulbe à son origine lorsqu'on l'arrache ; ses filets, au nombre de six h huit seulement, s'anastomosent entre eux, mais moins fréquemment que ceux de la racine précédenle.

Origine réelle. Elle est très différente pour la grosse et la petiie racine :

La grosse l'aeine peut cire suivie à travers la protubérance et le bulbe rachidien jusqu'à la partie moyenne du corps olivaire ; on voit alors qu'elle constitue un faisceau arrondi dont l'extrémité inférieure, de plus en plus grêle, se perd dans le corps restiforme. Dans son trajet ascendant ce faisceau connuiniiquerait, selon M. Ludovic Hirschfeld, par quelques fibres dirigées en avant avec le nerf acoustiipie, et par d'autres dirigées en arrière avec le faisceau latéral du bulbe.

La petite racine ne peut être suivie au delà de la surface de la protubérance. M. Longct pense qu'elle provient du faisceau latéral oblitpie de l'isthme qui forme une dépendance du faisceau intermédiaire du bulbe. En admettant cette opinion qui paraît très vraisemblable, on voit que la racine ganglionnaire se continue avec le cordon postérieur ou sensitif de la moelle, et la racine non ganglionnaire avec le cordon antéro-kiléral ou moteur. Par cette double origine, non moins (pie par la présence d'un gangHon sur sa racine principale, la cinquième paire présente une remarcpiable analogie avec les nerfs spinaux.

Trajet intra-crânien . Sorti de la protubérance, le nerf trijumeau se dirige obliquement en haut, en dehors et en avant, vers le sommet du rocher sur lequel il rencontre une dépression convertie en orifice ovalaire par la dure-mère; en pénétrant dans cet orifice il s'aplatit, change de direction pour se porter en bas et en avant, et se jette presque aussilijî dans le gaugiioa de Casser,

i\i AAÂTUMIE.

Dans ce court trajet les lIciix racines se trouvent accolées l'une à l'autre, mais non parallèles : la petite, d'abord supérieure à la grosse, la contourne et lui devient inférieure avant d'arriver à l'anneau fibreux delà dure-mère. Un prolongement du feuillet viscéral de l'arachnoïde les accompagne l'une et l'autre jusqu'au voisinage du ganglion de Casser.

Ganglion de Casser. Rameaux qu'il fournit à la dure-mère. Sa division en trois branches. Le ganglion de Casser ou semi-lunaire présente la forme d'un croissant dont la concavité tournée en haut et en dedans reçoit la grosse racine du trijumeau. — 11 occupe une fossette creusée sur la partie interne delà face antérieure du rocher. — Sa direction est un peu oblique, de telle sorte que l'une de ses faces regarde en avant et en dehors, l'autre en arrière et en dedans : sa face antéro-externe répond à la dui'C-mère qui lui adhère d'une manière assez intime; sa face postéroinlerne est revêtue aussi par un mince feuillet de cette membrane qui tapisse la fossette sur laquelle il se trouve appliqué et le sépare de l'artère carotide interne, ainsi que du grand nerf pétreux. — En renversant en avant le ganglion semi-lunaire, on aperçoit sur sa face interne la petite racine qui a conservé son indépendance primitive et qui se dirige en bas, en avant et en dehors, vers le nerf maxillaire inférieur sur lequel elle s'applique pour sortir de la cavité du crâne. A cette même face on voit constamment aboutir un ou deux fdets venus du rameau carotidien du grand sympathique.

La structure de ce ganglion est celle de tous les renflements du même genre : il résulte d'un mélange de fibres nerveuses et de substance grise. Mais il n'est pas divisé en loges par des cloisons fibreuses pénétrant dans son épaisseur ; aussi voit-on de la manière la plus évidente les filets originels de la grosse racine subir une dissociation à leur entrée dans le ganglion et se reconstituer sous de nouvelles combinaisons après l'avoir traversé. De ces décompositions et recompositions résulte un réseau inextricable qu'une macération de quelques jours ou un simple lavage permet facilement d'observer.

Les rameaux que le ganglion semi-lunnire fournit à la dure-mère naissent de sa partie antérieure et externe ; ils rampent dans l'épaisseur de cette membrane, parallèlement aux divisions de l'artère méningée moyenne, et répondent successivement aux fosses latérales moyenne, temporale et pariétale. Sur une dure-mère qui avait macéré dans l'acide azotique étendu d'eau, M. Cruveilhier a pu suivre un de ces rameaux jusqu'au voisinage du sinus longitudinal supérieur. Ce serait donc à tort que Meckel, Ilaller, Lobstein et "Wrisberg ont nié l'existence de ces filets nerveux en affirmant que ce qu'on avait décrit comme tel n'était autre chose que des artérioles vides; je dois dire cependant que j'ai examiné plusieurs fois des duresmères que j'avais fait macérer soit dans l'acide azotique, soit dans le sulfate d'alumine, et que je n'ai jamais aperçu sur les portions de cette membrane qui correspondent aux fosses sphénoïdale et temporale que des ramifications vasculaires, bien que ces lambeaux de dures-mères fussent remarquablement transparents.

Selon Winslow , quelques ramuscules se porteraient aussi de la grosse racine à la dure-mère ; Duverney, Blandin et U. Longet mentionnent également ces filets méningiens.

NEVllOLOGiE.

Du bord inférieur ou convexe du ganslioii de Gasser partent trois branches considérables :

1" Lme branche supérieure qui se porte vers l'orbite, c'est la branche ou le nerf ophtludmique de TFlllis ;

2° Une branche moyenne qui sort du crâne par le trou grand rond, c'est la branche ou le nerf maxillaire supérieur ;

3° Une branche inférieure qui, associée à la petite racine du trijumeau, s'engage dans le trou ovale, c'est la branche ou le nerf maxillaire inférieur.

FiG. 208.

Ganglion de Gasseï; branche ophthalmiqiie de WiUis, nerj patJiétique,

et ncrfa temporaux profonds.

. Ganglion de Gasser. — 2. Branche ophlhalmique. — ô. Rameau lacrymal. — 4. Rameau frontal. — d. Frontal externe. — t>. Frontal interne. — 7. Nerf sus-trochle'aire. — 8. Rameau nasal. — 9. Nasal externe. — 10. Nasal interne. — IJ. Neif temporal profond ante'rieur, naissant du rameau buccal de la branche maxillaire inféiioure. — 12. Nerf temporal profond moyen. — 15. Nerf temporal profond postérieur naissant du rameau masse'te'rin. — 14. Origine du rameau temporal superficiel. — 15. Grand nerf pe'treux. — I. Olfactif. — II. Optique.— III. Moteur oculaire commun. — IV. Pathétique allant se distribuer au muscle grand oblique. — V. Trijumeau. — VI. Moteur oculaire externe. — Vil, Facial. — VIII. Acoustique. — IX. Glosso-pharyngien. — X. Pueumogastiique, — XI. Spinal. — XII, Grand hypoglosse.

214 ANÂTOMIE.

1° DRANCIIE OPHTHALMIQL'Ë.

Pre/mrnf.ioit. La Lraiicbe oplilhalmique fuit paj-lie des nerfs do l'orlnte dont la prépaialiou a élë indiquée d'une manière générale, page 204; mais comme cette pre'paralioii esl suriont applicable aux nerfs miisculuires, il ne sera pas inutile, pour la comple'lei-, de faire counaîlre les règles cpii s'appliquent plus spécialement à la pnparaliou des rameaux orbilaires de la cinquième paii e. Ces règles sont les suivantes :

1" Les parties molles épicrânienncs ayant été divisées d'avant en arrière sur la ligne médiane et ralîattucs de cbaque côté, le ci âne ayant éié brisé circulairemenl, la dure-mère incisée, et l'eiicépbule extrait de sa cavité, attaquez la voùle de l'orliite à l'aide d'un ciseau el d'un maillel, eu la morcelant du centre à la circonféience avec assez de ménagement pL'Ui- laisser intact le péiiuste sous-jaceut, ce qui est facile.

2" Isolez l'arcade orbitaire en respeclanl les rameaux nerveux qui la contournent, et divisez cette arcade à l'aide de deux traits de scie a] i)liqués l'un en dedans de l'apophyse orbitaire externe, l'autre en dehors de la poulie du grand oblique.

o" Cherclicz le rameau lacrymal dans l'angle de réunion de la jiaroi snpérieu;c avec la paroi externe de l'orlnte; isolez d'abord la paitio moyenue de ce rameau, puis remontez de proche en proclie jusf|u'à son origine, en le séparant de la duie-mère à laquelle il est très t.dliércnt au niveau de la fenlc spbcnoïc'ale, et suivez ensuite le neif justju'à sa tei minaisou.

4" Découvrez de la même manière le rameau frontal dont la préparation est Ijpaucaup plus facile, el lorsriuc vous serez anivé à la. b:isc de l'orbite, rabattez en avant les téguments du front, en les soumetlanl à nue rerlaine traction, puis poursuivez à travers le muscle frontal Itmles les divisions du nerf.

o° Pour trouver le lanieau nasLil, isolez avec Ijeancoup de suiu le tror.c de la Ijrancbu ophtlialmiijue en cori!-er\anI le filet qu'elle envoie à la lente du cervelet et ses anastcmose^ avec les r.e.fj moteurs de l'oeil. Parvenu au nerf nasal, disséc|ucz-le de son oiigiie vers sa terminaison, en ied(uiblant de ménagement afin de laisser intact le filet long et giêle qu'il envo o au gang'ion oplithalmique, el les lameanx ciiiaires qu'il fournit à son passage autiessus du nerf optique.— Poui' l'élude du nasal interne on pratiquera une conpe anléro-postérieuie qui portera sur la fesse nasale du côté opposé , la cloison sera ensuite dépouillée de la muc|ueuse qui la rcvèl ; jinis sa portion osléo-rartilagineuse sera extraite, de manière à découvrir la face péiiostique de la pilnilaire qui tajiisse la paroi inlerne de la fosse nasale corresi^oiidante à la préparation. En prenant le lionc du nerf à sa sortie du trou eilimoïdal, on pourra alors le suivre sur l'une et l'autre paroi de celle cavilé, et jusqu'à sa terminaison sur le lobule du nci..

La branche ophthal'uique île Yv^illis, branche supérieure de Tieussens, première brandie de Sœmmeri-ing et de Mockel, nerf orbito -frontal de Chaussier, naît de la partie antcrieuie et interne du ganglion de Casser; elle s'engage, dès son origine, dans l'épaisseur de ia paroi externe du sinus caverneux dont elle parcourt les deux tiers antérieurs, et pénètre dans l'orbite par la partie supérieure et interne de la fente sphénoïdale en se divisant en trois rameaux :

Un rameau externe ou nerf lacrymal ;

Un rameau moyen ou nerf frontal ;

Un rameau interne ou nerf nasaL

A cette branche se trouve annexé le ganglion ophihalmique.

Direction et rapports. Dans le court trajet cpi'elle parcourt du gangliou de Casser à la fente sphéno'idale, la brandie oplitliahnique ne se porte pas directement en avant, mais un peu obliiiuement en haut, en avant et en dedans, de telle sorte qu'elle croise à angle aigu le nerf moteur oculaire

NÊVROLOGIE. 215

Commun, et sous un angle plus aigu encore le nerf moteur oculaire externe à son entrée clans l'orbite. Le nerf pathétique lui est parallèle dans toute son étendue. Les deux premiers occupent son côté interne; le dernier longe son côté supérieur et lui adhère d'une manière intime.

Anastomoses. Au niveau de la partie moyenne du sinus caverneux, le nerf ophthalmique reçoit deux fdets anastomotiques du grand sympathique, et en fournit un ou i:>lusieurs à chacun des nerfs moteurs de rœil.

Les fdets fournis par le grand sympathique ne naissent pas du plexus caverneux, mais d'un autre plexus plus élevé, situé entre le nerf de la sixième paire et la carotide interne, plexus qui donne un fdet à chacune des divisions de l'artère, un ou plusieurs à chacun des nerfs moteurs de l'œil, \ni à chacun des ganglions ophthalmique et sphéno-palalin • c'est aussi de ce petit plexus que partent les deux fdets destinés à la branche supérieure du trijumeau.

Les filets que cette branche abandonné aux nerfs de la troisième, de la quatrième et de la sixième paire, ne sont pas moins réels que les précédents.

Celui qui est destiné au moteur commun part du bord supérieur et interne de la branche oplitlialmjtpie, au niveau de l'origine du rameau nasal; il pénètre dans le tronc de la troisième paire en se bifurquant. Celui qui se porte au moteur externe naît an même niveau, mais sur le point opi)osé ; long et grêle, il croise le rameau nasal en se portant en bas et en avant.

L'anastomose de la branche ophthalmique avec le nerf pathétique a clé très bien décrite par M. Cusco; elle est ordinairement double :

1° Du bord supérieur de la branche ophthalmique, immédiatement audevant du ganglion de Casser, se détache un petit filet qui bientôt se i-ecourle en arrière et s'engage dans une boutonnière que lui présente le pathétique pour aller ensuite se distribuer dans la tente du cervelet et à la base de la faux du cerveau. C'est ce filet qui a reçu le nom de rameau rcrurrent. Il ne traverse pas toujours la (luatrième paire, quelquefois il lui livre passage; mais qu'il soit perforé ou perforant, ses connexions avec ce tronc nerveux sont toujours intimes ; une dissection fine peut seule établir sa complète indépendance.

2° Un peu plus loin et de son bord supérieur, la branche ophthalmitiue envoie au pathétique un second filet très grêle ciui lui adhère par un tissu cellulaire assez dense et le contourne en croisant son côté interne, puis sur son côté supérieur pour aller se réunir au nerf lacrymal, dont il constitue alors une des origines ; de là l'erreur de Swan qui faisait naître le rameau lacrymal en partie de la cinqiiième paire, en partie de la quatrième : les deux racines de ce nerf partent constamment de la même source.

A. KTerf lacrymal. Le nerf lacrymal, lacrymo-palpébral de Chaussier, est le plus grêle des trois rameaux de la branche ophthalmique ; il se détache du bord externe de cette branche au niveau de l'extrémité antérieure du sinus caverneux, pénètre dans l'orbite par la partie la plus élevée et la plus étroite de la fente sphénoidale, marche en ligne droite vers la glande lacrymale qu'il traverse en lui abandonnant plusieurs i-ameaux, et arrive à la paupière supérieure dans laquelle il se termine. — Dans ce trajet il ré-

pond d'abord à la dure-mère qui lui adhère d'une manière intime et qui lui forme une gaine de la longueur de 1?, millimètres environ ; plus loin il est situé entre le périoste orbitaire qui le recouvre immédiatement et le bord supérieur du muscle droit externe dont il suit la direction; dans la glande lacrymale il se trouve en général beaucoup plus rapproche de sa face inférieure ou concave que de sa face supérieure.

Le lacrymal s'anastomose avec deux nerfs : le pathétique et le rameau orbitaire du maxillaire supérieur ; il se partage ensuite en deux ordres de fdets : des filets lacrymaux et des filets palpébraux.

Le filet anastomotique qui unit le pathétique au lacrymal vient s'unir à ce dernier sur un point très rapproché de son origine. Nous avons vu plus haut que ce filet constitue l'une des racines du lacrymal, qu'il provient en réalité de la branche ophthalmique du trijumeau, et enfin qu'il n'est pas constant.

Le fdet anastomotique qui se porte du rameau lacrymal au rameau orbitaire du nerf maxillaire supérieur naît du premier de ces rameaux immédiatement en arrière de la glande lacrymale, ou dans son épaisseur; il est en général assez ténu, et forme par sa réunion avec le filet ascendant venu du rameau orbitaire une arcade dont la concavité est tournée en arrière (l).

Les filets lacrymaux en nombre indéterminé se perdent dans l'épaisseur de la glande du même nom. Ils naissent quelquefois par un tronc commun : le nerf est alors divisé en deux branches, l'une lacrymale, l'autre palpébrale. D'autres fois, le tronc se partage en plusieurs ramuscules qui se portent pour la plupart vers la paupière supérieure, en fournissant chacun de leur côté un ou plusieurs filets à la glande lacrymale ; mais que les deux ordres de filets soient isolés à leur point de départ, ou qu'ils soient confondus , leur terminaison demeure invariable.

Les filets palpébraux pénètrent dans la paupière supérieure à l'union de son tiers externe avec ses deux tiers internes, et se partagent : en filets postérieurs qui se distribuent à la conjonctive palpébrale, en filets antérieurs qui se répandent dans la peau de la paupière supérieure, et en filets temporaux qui contournent l'apophyse orbitaire externe pour se ramifier dans les téguments de la partie antérieure de la tempe.

B. Nerf frontal. Continuation de la branche ophthalmique par son volume et sa direction, le nerf frontal pénètre dans l'orbite par la partie moyenne de la fente sphénoïdale, se porte directement en avant, et se divise vers le tiers antérieur de cette cavité en deux rameaux : le frontal externe et le frontal interne.

A son entrée dans l'orbite, il répond en haut à la voûte orbitaire, en bas à l'attache du muscle élévateur de la paupière, en dedans au pathétique

(1) Ce filet anastomotique est décrit par plusieurs auteurs sous le nom de rameau teinporo-malaire : après avoir communiqué avec le rameau orbitaire du maxillaire supérieur il sediviseriiit en filet temporal et en filet malaire. M. Ludovic Hirschfeld a fait observer avec raison que ces filets temporal et malhire provenaient exclusivement du rameau orliitaire du maxillaire supérieur. Quelquefois cependant j'ai vu le lacrymal fournir un filet temporal; mais l'existence de ce filet, en général cxlrêmemeut grêle, est exceptionnelle.

NÉVROLOGIE. 217

qui lui est d'abord uni par un tissu cellulaire assez dense, en dehors au lacrymal dont il est séparé par un intervalle de quelques millimètres. Dans son trajet ultérieur il chemine entre le périoste et le muscle élévateur de la paupière supérieure.

Avant de se diviser, le frontal donne assez souvent un filet anastomoti([ue qui se porle obliquement en dedans et en avant vers le nasal externe, auquel il s'unit en formant une grande arcade dont la concavité regarde en bas; ce filet, remarquable par sa longueur et sa ténuité, passe tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du muscle grand oblique.

Le frontal externe, en général plus considérable que l'interne, se porte directement en avant, s'engage dans le trou sus-orbitaire avec l'artère du même nom, et se divise après l'avoir traversé en filets descendants ou palpébraux extrêmement grêles, et filets ascendants ou frontaux qui continuent le tronc principal. (Fig. 216.)

Les fdcts descendants, au nombre de deux ou trois, se partagent en ramifications postérieures qui se répandent dans la muqueuse palpébrale, en ramifications antérieures qui se terminent dans la peau de la paupière, et en ramifications inférieures qui se distribuent aux glandes de Meibomius et aux bulbes des cils.

Les filets ascendants, ordinairement au nombre de deux, sont d'abord rccouveris par le muscle frontal; mais après avoir parcouru un certain trajet ils le traversent et cheminent dans le tissu cellulaire dense qui l'unit à la peau. OueUpies unes de leurs divisions deviennent sous-cutanées dès leur origine. Les téguments du front et ceux de la partie antérieure et médiane du cuir c-ievelu reçoivent leurs dernières ramifications ; un très petit nombre de celles-ci se distribuent au péricràne et aux os correspondants.

Parmi les divisions du frontal externe, on remarque un ranniscule qui parcourt un conduit osseux étendu de l'échancrure sus-orbitaire h la bosse de l'os coronal, fournit chemin faisant plusieurs divisions au diploc, d'autres à la muqueuse des sinus frontaux, vient se placer au-dessous du péricràne dans une gouttière particulière, donne encore quelques fines ramifications au tissu osseux , et se perd vers la partie supérieure du frontal, soit dans ce muscle, soit dans les téguments du front.

Le frontal interne sort de Torbite entre le trou sus-orbitaire et la poulie du muscle grand oblique, se l'éfléchità angle droit comme le précédent et se dirige obliquement en haut et en dedans entre le périoste et le muscle frontal. Ses divisions se partagent (Fig. 216) :

1-^ En ramifications descendantes destinées les unes à la couche muqueuse, les autres à la couche cutanée de la paupière supérieure.

2° En ramifications internes divisées en antérieures, qui se distribuent aux téguments de la racine du nez ainsi (ju'à ceux de la région intersourcilière, et en postérieures qui se rendent à la muqueuse des sinus frontaux par des orifices situés sur les côtés de la bosse nasale et assez grands pour admettre une soie de sanglier, ainsi que l'avait déjà remarqué IMummenbach.

3° En ramifications ascendantes et internes qui s'épuisent dans la partie médiane de la peau du front.

t\S ANATOMIE.

Il n'est pas rare de voir le frontal se partager en trois branches, une externe, une moyenne et une interne : celte dernière, toujours très petite relativement aux deux autres, a été décrite par Arnold sous le nom de rameau sus-trochléalre. Elle sort en effet de l'orbite à travers le ligament suspenseur de la poulie , du grand oblique , et se divise aussitôt en filets internes ou nasaux et ascendants ou frontaux.

C. Bîerf nasal. Ce rameau, d'un diamètre inférieur à celui du frontal et un peu supérieur à celui du lacrymal, naît du bord interne de la branche ophthalniique, à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de la paroi externe du sinus caverneux. Il se dirige d'abord directement en avant, pénètre dans l'orbite par la partie la plus large de la fente spliénoïdale, à travers l'anneau fibreux qui sépare les deux tendons d'origine du muscle droit externe, change alors de direction pour se porter obliquement en dedans et en avant vers la paroi interne de l'orbite, et se divise au niveau du trou orbitaire interne antérieur en deux ramuscules : le nasal externe et le nasal interne. (Fig. 209 et 208.)

Deux parallèles réunies par une sécante représentent assez bien la direction de ce petit nerf, auquel on peut distinguer trois portions : une portion postérieure, une portion moyenne ou oblique, et une portion antérieure.

La portion postérieure est d'abord entourée de tous côtés par des troncs nerveux qui lui forment une sorte de gaine : ainsi elle répond en haut au nerf frontal, en dedans au nerf moteur oculaire coinmun, en bas et en dehors au nerf moteur oculaire externe; à son entrée dans l'orbite elle se trouve séparée du premier de ces nerfs par l'extrémité postérieure des muscles élévateurs de la pupille et de la paupière supérieure, et placée entre les deux derniers qui traversent avec elle l'anneau fibreux du muscle droit externe.

La portion oblique chemine entre le nerf optique et le muscle élévateur de la pupille, qu'elle croise l'un et l'autre à angle aigu, ainsi que la branche supérieure du nerf moteur oculaire commun.

La portion antérieure occupe l'interstice celluleux qui sépare le grand oblique du droit interne.

Il résulte de ces rapports que le nerf nasal diffère des nerfs frontal et lacrymal non seulement par son volume et sa direction, mais aussi par sa situation : il est sous-musculaire et non sous-périostique.

Dans le trajet qu'il parcourt de son origine à sa bifurcation, ce nerf fournit :

1° Un filet long et grêle qui se rend au ganglion ophthalmique dont il constitue l'une des racines, la)Tfci»e sensitioe, (Fig. 209.)

2° Deux ou trois filets ciliaires qui, accolés au bord supérieur et interne du nerf optique, se portent vers la sclérotique et pénètrent dans le globe de l'œil ; ces filets, ainsi que le précédent, seront décrits avec le ganglion ophthalmique.

3° Des filets, en nombre indéterminé et extrêmement §rêles, qui suivent la direction des artères musculaires pour aller se perdre comme elles dans les muscles de l'œil. Quelques uns de ces filets se portent directement dans les muscles; la racine longue et grêle du ganglion ophthalmique en fournit ordinairement un très apparent qui vient se confondre, après

NÉVKULOGlli;. 219

avoir parcouru un trajet de 6 à 8 millimètres, avec la brandie supérieure du moteur oculaire commun dont elle partage ensuite la distribution. Des fdets sensitifs arrivent par consé(pient dans les muscles de l'œil de deux sources différentes : des rameaux anastomotiques cpie la brancbe oplitlialmique fournit aux nerfs moteurs, et du nerf nasal, soit directement, soit par des ramifications accolées aux artères musculaires.

Le nasal externe, rameau sous-trochléaire de Meckel et d'Arnold, marcbe dans la direction primitive du nerf nasal, parallèlement au bord supérieur du muscle droit interne, reçoit cbemin faisant l'anastomose que lui envoie le nerf frontal, sort de l'orbite en passant au-dessous de la poulie du grand oblique, et se partage :

En filets descendants qui s'anastomosent dans la paupière inférieure avec un ou plusieurs filets ascendants des rameaux sous-orbitaires du nerf maxillaire supérieur.

En filets externes qui se distribuent au sac lacrymal, à la caroncule lacrymale et aux conduits lacrymaux.

En filets internes et cutanés qui se portent vers la racine du nez.

Et en filets ascendants destinés aux téguments de la région intersourcilière.

Le nasal interne, rameau eihmo'idal de Chaussier, était déjà connu de AVillis ; il a été décrit avec une très grande exactitude par Sœramerring. On le voit s'engager dès son origine dans le trou orbitaire interne et antérieur, se porter obliquement en bas et en avant vers la partie antérieure de la fosse elbmoïdale, pénétrer dans un orifice elliptique creusé sur les côtés de l'apophyse crista-galli, et descendre dans la fosse nasale corres* pondante où il se divise aussitôt en deux rameaux, un rameau interne et un rameau externe. (Fig. 208.)

Dans son trajet du trou orbitaire interne à son orifice ethmoïdal, le nasal interne est logé dans un dédoublement de la dure-mère qui le sépare du bulbe olfactif ; selon Blandin et M. Froment, il fournirait à cette membrane une ou plusieurs ramifications que je n'ai pu apercevoir et sur lesquelles 31. Longet élève aussi des doutes.

Le rameau interne du nasal interne se distribue à la muqueuse qui revêt la cloison des fosses nasales ; il descend sur le bord antérieur de cette cloison en se divisant en deux ou trois ramuscules qui se dirigent en arrière et qu'on peut suivre jusqu'à sa partie moyenne. (Fig. 20 5.)

Le rameau externe se partage en deux filets : un filet postérieur ou muqueux et un filet antérieur ou cutané. — Du filet postérieur se détachent une série de ramifications destinées à la muqueuse qui tapisse les cornets et les méats ; ces ramifications qui se dirigent d'avant en arrière m'ont paru s'anastomoser sur le bord libre des cornets moyen et inférieur avec celles des nerfs sphéno-palatins ou nasaux postérieurs ; aucune ne s'anastomose avec les divisions du nerf olfactif. — Le filet antérieur ou cutané, appelé aussi naso-lobaire, se place dans une gouttière et quelquefois dans un canal que lui présente la face postérieure de l'os propre du nez, traverse le tissu fibreux qui unit le bord inférieur de cet os au cartilage latéral de l'aile du nez, ainsi que le muscle transverse ou élévateur propre de cette aile, et se divise alors en un petit pinceau de filaments qui se répandent dans les téguments du lobule du nez. (Fig. 211 et 216.)

ANATOMiE.

GaïKjlion GpJiilialmiqKC.

Le guiglioa opiilIialinii]ne est un petit corps Icnliciiiaire qui naît par trois racines, et dont les divisions, conniics sous le iioni de nerfs ciliaïres, vont se terminer pour la plupart dans l'iris.

Ce ganglion est situé sur le côté externe du nerf optique au point de réunion de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs, c'est-à-dire à G ou 8 niilliraètres environ au-devant du sommet de l'orbite. Le tissu cellulo-adipeux qu'on trouve dans cette région l'entoure de tous côtés.

Sa couleur, d'un gris rougeàtre au centre, pâlit vers sa circonférence ordinairement blanclse.

Ses dimensions varient du volume d'un grain de millet à celui d'une lentille.

Sa forme est indéterminée : tantôt arrondi , il représente alors un centre d'irradiation; d'autres fois un peu allongé d'avant en arrière, il prend dans ce cas l'aspect d'un petit rectangle , figure qui permet de lui considérer quatre angles, deux postérieurs et deux antérieurs :

A l'ang'e postérieur et supérieur se rend un filet long et grêle que lui envoie le nerf nasal (racine sensitive).

A l'angle postérieur et inférieur aboutit un filet gros et court fourni par le rameau qui se porte du nerf moteur oculaire commun au muscle petit oblique (racine motrice).

Entre ces deux racines il en existe une troisième (racine grise) qui part du plexus caverneux du grand sympathique, êc place entre les nerfs de la

Ganglion o])!ilh:ilinlqi(c .

\. Nerf optirjiic. — 2. Ncif moteur oculaire commun. — o. Branche supérieure de ce nerf allant se disUihuer aux muscles droit supérieur et éleValeur de la paupière. — 4. Rameau du muscle petit oblique. — 5. Nerf moteur oculai' e exierne. — 6. Gaiigliou de Gasser. — 7. Branche ophlhalmiquc divise'e à son entrée dans l'orbite et ramenée eu bas et eu dehors pour laisser voir l'origine de sou lameau nasal et la racine grise du ganglion ophlhalmir|ue. — 8. Pvanieau nasal. — 9. Ganglion ophlhalmique. — 10. l'ilel gros et court ou racine motrice de ce ganglion. — il. Son filet long et grêle ou racine sensitive. — 13. Sa racine grise, molle ou végélalive.— 15. Nerfs ciliaires. — 14. Nerf frontal.

.NJÎVROLOGIE. 221

troisième et de la sixième paire, au-dessous de la branche oplitlialmiciue de Willis, pénètre dans l'orbite avec le nerf nasal et se jette tantôt dans la racine longue, tantôt directement dans le ganglion lui-même.

Les angles antérieurs donnent naissance aux nerfs ciliaires qui forment deux faisceaux composés cliacun de six à huit filets. —Le faisceau qui nait de l'angle supérieur chemine entre le nerf opti(}ue et le muscle élévateur de la ))upiile ; l'un de ses iiiets s'anastomose avec les rameaux ciliaires fournis par le nerf nasal. — Le faisceau qui vient de l'angle inférieur se place entre le nerf optique et le muscle abaisseur de la pupille.

Les nerfs ciliaires marchent d'arrière en avant en décrivant des flexuosités, comme les artères correspondantes auxquelles ils se trouvent mêlés, traversent obiiqiicment la sclérotique à une petite distance de l'entrée du lierf optique, clieminent entre celte membrane et la choroïde, accolés à la face interne de la première, qui est sillonnée pour les recevoir, et arrivent au cercle ciliaire; là ils se divisent chacun en deux ou trois rameaux qui s'anastomoseiit avec les rameaux des nerfs ciliaires voisins, et constituent ainsi un plexus circulaire que Sœmmerriug, Gall et Arnold ont rangé à tort an nombre des ganglions. Du cercle ciliaire, le plus grand nombre de ces nerfs passent à l'iris dans lequel ils s'anastomosent de nouveau. — Quelques iHiesdes divisions qui sortent du cercle ciliaire traversent la sclérotique au voisinage de sa continuité avec la cornée et se répandent dans la conjonctive oculaire.

Indépendamment des nerfs ciliaires, le ganglion ophthalmiipîe fournirait, suivant Tiedemann, un filet qui pénètre dans le centre du nerf optique avec l'artère centrale de la rétine, et qui irait se perdre dans l'épaisseur de cette membrane. M. Longet a vu également deux filets extrêmement ténus qui, après s'être détachés de ce ganglion, s'appliquaient à l'artère centrale de la rétine et plongeaient avec elle dans le nerf optique, mais il n'a pu les poursuivre plus loin.

Les nerfs ciliaires qui émanent du nerf nasal se comportent dans leur distribution comme ceux qui partent du ganglion ophthalmique.

Vue générale de la branche ophthalmique.

Au niveau du sinus caverneux la branche ephthalmique s'anastomose avec quatre paires de nerfs : avec le grand sympathique, le moteur oculaire commun, le moteur oculaire externe et le pathétique. Parmi les filets qu'elle envoie à ce dernier, il en est un qui ne fait que le traverser et qui va se terminer dans la tente du cervelet.

Parvenue dans l'orbite, elle se divise en trois branches secondaires : le nerf lacrymal, le nerf frontal et le nerf nasal.

Chacun de ces nerfs se partage en deux rameaux: le lacrymal, en rameau lacrymal et rameau palpébral; le frontal, en frontal interne et frontal externe ; le nasal, en nasal externe et nasal interne.

De ces six rameaux on voit naître des filets très multipliés qui se distinguent par leur terminaison en six ordres :

1° Des filets cutanés qui se distribuent à la peau du front, du sourcil, de la paupière supérieure, de la racine et du lobule du nez.

2" Des filets muqueux destinés à la conjonctive palpébrale, à la conjonctive oculaire, à la muqueuse des voies lacrymales, à celle des sinus frontaux et à la partie antérieure de la pituitaire.

3° De^ filets glandulaires, ramifiés dans la glande lacrymale, la caroncule lacrymale et les follicules de Meibomius.

4° Des filets musculaires extrêmement grêles et peu nombreux qui se perdent dans les muscles intra-orbitaires et très probablement aussi dans les muscles orbiculaire des paupières, surcilier et fx'ontal

5° Des filets périostiques non moins ténus que les précédents et dont plusieurs pénétrent dans le tissu osseux.

6** Des filets anastomotiques qui unissent : le lacrymal au rameau orbitaire du maxillaire supérieur, le nasal externe aux rameaux sous-orbitaires du même nerf, et les nombreuses ramifications parties des trois rameaux de la branche ophtbalmique, soit enti^e elles, soit avec les ramifications correspondantes du nerf facial.

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