‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 45 sur 133 · KEF.F MAXILLAIRE SUPERIEUR · texte numérisé non relu

KEF.F MAXILLAIRE SUPERIEUR

Préparation, La plupart des rameaux du nerf maxillaiie supéi leur traversent à leur origine des orifices ou des canaux osseux; c'est à travers ces canaux qu'il faut les poursuivre. Si Ton procède à leur pre'paralion sur une pièce fraîche, on sculpte les os avec la gOLige el le maillet, en usant des plus grands me'nagements afin de ne pas diviser les filets nerveux qu'on cherche à de'couvrir. Si la pièce a e'te soumise pendant quelques jours à l'action de l'acide chlorhydrique ou de l'acide azotique mode're'meut concentré, les os sont dépouillés en partie ou eu totalité de leurs sels calcaires, et l'on peut alors les diviser par l'inslrumeut tranchant.

Les préparations faites sur les pièces qui ont macéré dans un acide sont en général moins Jjelles que celles pour lesquelles on emploie des sujets frais; mais, par compensation, elles sont incomparablement plus faciles, non seulement parce qua les os ont perdu leur consistance, mais aussi parce quUls ont acquis une transparence opaline sur laquelle la couleur l^lanche des cordons nerveux se détache beaucoup mieux que dans l'état naturel.

Lorsqu'on se propose d'étudier toute la cinquième paire sur un même côté de la tête, il faudra faire précéder l'élude du neif maxillaire supérieur de celle du iierf maxillaire inférieur, la préparation du premier nécessitant la destruction complète des branches du second, et celle du second étant au contraire un moyen préparatoire indispensable pour arriver aux branches du premier.

La tête qui doit servir à la préparation du nerf maxillaire supérieur étant supposée intacte, on procédera de la manière suivante :

1° Inciser les parties molles sur la ligne médiane, de la racine du nez à la protuliérance occipitale externe, les rabattre de chaque côté, briser le crâne circulairement, diviser la dure-mère et enlever le cerveau ;

2" Enlever la voûte de l'orbite par deux traits de scie;

o" Agrandir le trou maxillaire supérieur avec un ciseau et un maillet, de manière à découvrir le tronc du nerf correspondant jusqu'au sommet de la fosse zygomatique;

4" Chercher le rameau orbitaire du maxillaire supérieur, puis le rameau lacrymal de la branche ophthalmique, suivre ces deux rameaux et conserver leur anastomose ainsi que leurs divisions terminales , en enlevant par débris l'apophyse d'Ingrassias et toute la moitié postérieure de la paroi externe de l'orbite;

S" Diviser le cuir chevelu, les téguments de la tempe et ceux de la face par nue incision verticale passant sur la partie moyenne de l'apophyse zygomatique;

6" Soulever la lèvre antérieure de cette incision et chercher un peu au-dessus du sommet de l'apophyse zygomatique le filet temporal du rameau orbitaire, et plus bas, sur la partie moyenne de la face cutanée de l'os malaire, le filet malairc du même rameau ;

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7° Disséquer ensuite la lèvre postérieure, rejeter les téguments ea nrrière, abattre l'apophyse zygomatiqne par deux traits de scie applique's à ses extre'mile's et l'enlever avec la tolalile' du masséler.

8° Poursuivre sur la face posle'rieure de Tos malaire le filet temporal du rameau orbitaire, ainsi f|ue le rameau temporal profond antérieur du nerf maxillaire inférieur, et enlever la presque totalité du muscle ciolaphile, la moitié' correspondante de la mâchoire inférieure après l'avoir désarticulée, et les deux nniscles ptérygoïdiens.

{)" Emporter par deux traits de sciere'unis à angle droit au-devant du ganglion de Gasser toute la grande aile du sphénoïde, et la portion écailleuse du temporal.

10" Achever de mettre à nu le tronc du mamillaire supérieur ainsi que son rameau orbitaire, suivre les filets qui descendent vei s le ganglion spbéuo-palatin, et isoler les rameaux dentaires pcslérieurs et supérieurs.

•M" Attaquer la base de l'apophyse plérygoïde, de manière à la faire disparaître peu à peu et à ouvrir par son côté supérieur le conduit vidien ; poursuivre ensuite le nerf COI respondaut, depuis le ganglion sphéno palatin jusqu'à l'hiatus do Falbipe d'une part, et au plexus caverneux du grand sympathique de l'autre.

12" Ouvrir le conduit palatin postérieur et mettre à nu les trois nerfs qu'il renferme.

15" Enlever la paroi supérieure du conduit sous-orbitaire, et disséquer les brandies terminales du njaxi'laire supérieur.

•fi" Poursuivre dans leurs canaux respectifs les nerfs dentaires postérieurs et antérieur. Ces nerfs sont visibles par transparence lorsque l'os maxillaire supérieur a séjourné quelfjues jours dans un acide étendu; leurs troncs deviennent aussi très apparent lorsque le périoste, en avant, et la muqueuse du sinus, en arrière, ont été complètement détachés. Si la préparation doit être sacrifiée, il y aura donc avantage à terminer par l'étude des nerfs dentaires dont on observera d'abord les troncs, et qu'on pourra plonger ensuite dans un acide pour observer plus tard et de la même manière leurs divisions.

■lo" Enfin aller à la recherche des branches nasales du ganglion sphénopalalin: dans ce lut, divisez la face d'avant en arrière par une coupe qui laisse subsister la cloison des narines du côté delà préparation, enlevez ensuite la memliranc appliquée sur cette cloison, puis brisez la cloison elle-même en l'emportant par débris, de manière à laisser intacte la muqueuse qui la recouvre du côté opposé. Vous verrez alors sur cette muqueuse les nerfs luiso-palatius, dont le plus considérable se dirige en diagonale vers le conduit palatin antérieur ; conservez de la muqueuse seulement la partie qui supporte ce nerf piiucipal ; empoitfz le reste; incis'.z ensuite la piluitaire qui revêt la face externe de la fosse nasale, eu procédant de haut en bas, et suivez d'arrière en avant, à partir du ganglion, les noTs nasaux posléiieurs.

Le nerf maxillaire supérieur, branche moyenne du trijumeau par sa situation et son volume, part du bord inférieur du ganglion de Gasser, entre la branche ophthalmique qui lui est a'aborà parallèle, et le nerf maxillaire inférieur qui s'en sépare à angle droit.

Trajet. Parvenu au trou grand rond, le maxillaire supérieur s'y engage, pénètre dans la fosse sphéno-maxillaire et s'incline légèrement en dehors pour atteindre la gouttière sous-orbitaire ; là il se dévie de nouveau pour se diriger au contraire en avant et en dedans vers la partie supérieure de la fosse canine dans laquelle il se divise en un grand nombre de rameaux divergents. — Sa direction est donc antéro-postérieure, car une ligne tirée du trou grand rond au trou sous-orbitaire se porte directement en avant, mais elle n'est pas recliligne; il décrit dans la fosse ptérygo-maxillaire un premier coude dont l'ouverture regarde en haut et en dehors, et à son entrée dans le canal sous-orbitaire un second coude dont la concavité est tournée en dedans et en arrière.

Cette direction en ligne brisée permet de lui considérer quatre parties : une partie intra-crànienne (jui se porte en avant, une partie S[jlicnomaxillaire qui se porte en dehors, une partie sous-orbitaire qui se porte en dedans, et une partie terminale qui se porte en bas.

llapports. La portion intra-crânienne du nerf maxillaire supérieur se trouve logée, comme le gatiglion de Casser, dans un dédoublement de la dure-mère; elle est grisâtre, plcxiforme et un peu aplatie.

Sa portion sphéno-maxillaire est entourée par du tissu cellulo-adipeiix, et séparée des pariies molles intra-orbilaires par une lame fibreuse qui passe de la paroi externe à la paroi inférieure de l'orbite en se continuant sur l'une et l'autre avec ie périoste.

Sa portion sous-orbitaire répond en arrière à cette même lame qui convertit en canal la gosittière dans laquelle elle est d'abord placée.

Sa portion terminale s'épanouit au-devant du muscle canin, en arrière du muscle élévateur propre de la lèvre supérieure qu'il faut enlever complètement, ainsi qu'une partie de Téiévateur commun, pour le découvrir.

Distribution. Les branches qui parlent du nerf maxillaire supérieur sont de deux ordres : ganglionnaires et non ganglionnaires.

De même que le ganglion oplitlialmi(jue îe trouve rattacbé à la brancbe supérieure du trijumeau par un filet du nerf nasal, de même le ganglion sphéno-palatin ou de 3îeckel ?e trouve annexé à la branche moyenne par un ou deux filets qu'elle lui envoie.

Indépendamn^ent de ces filets, la branche moyenne de la cinquième paii'e fournit d'arrière en avant :

Le rameau orbitaire;

Les rameaux dentaires postérieurs ;

Le rameau dentaire antérieur ;

Et enfin des ramean x terminaux ou soiis-orbitaires.

Occupons-nous d'abord de ces divers rameaux ; à l'exemple de M. Longet , nous étudierons ensuite le ganglion sphéno-palatin avec ses branches afférentes et efférenles,

J. Rameau orLitaire. Ce rameau se détache du maxillaire supérieur pendant son passage dans le trou grand rond, ou immédiatement audevant de cet orifice. Il se porte en avant et en dehors, parallèlement au bord inférieur de la paroi externe de l'orbite et se divise vers la partie antérieure de la fente sphéno-maxillaire en deux filets : un filet supérieur ou laerymo-palpébral, et un filet inférieur ou temporo-malaire.

Dans son trajet le rameau orbitaire est d'abord entouré par le tissu cellulo-graisseux qui occupe le sommet de la fosse zygomatique. Au niveau de la fente sphéno-maxillaire il est logé dans l'épaisseur de la lame fibreuse qui se porte de l'une à l'autre lèvre de cette fente, -et qui le sépare par conséquent des parties molles contenues dans l'orbite. Ce n'est que vers le tiers antérieur de la paroi externe de cette cavité qu'il abandonne son canal fibreux pour devenir intra-orbitaire.

Le filet laerymo-palpébral se dirige vers la glande lacrymale et se partage en deux filets plus petits : un filet lacrymal et un filet palpébral. — Le premier s'anastomose avec un filet descendant du rameau lacrymal de la

NEVUOLOGIE. 2ZD

brauciic opliUialiriiiiue, tantôt en arrière de lu glande, tantôt dans son épaisseur, et se perd ensuite dans cet organe. — Le second longe le bord inférieur de la glande lacrymale et se rend à l'angle externe de la pauliière supérieure dans laquelle il se termine.

Le filet icmporo-malairc, par son volume et sa direction, continue le rameau orbitaire. Comme le précédent, il se divise en deux filets secondaires, un (ilet interne ou ïnalalre et un filet externe ou temporal. — Le fdel malaire, quelquefois double, s'engage dans le conduit que lui présente l'os de ce nom, et se dirigeant un peu obliquement en bas et en avant arrive à la face, où il se distribue aux téguments qui recouvi'ent l'os de la pommette en s'anastomosant avec le nerf facial. — Le filet temporal, qui peut être double aussi, traverse la portion orbitaire de l'os de la pommette, en se portant obliquement en baut et en deliors, s'anastomose avec le rameau temporal profond antérieur du nerf maxillaire inférieur, traverse ensuite l'aponévrose temporale et se divise en un pinceau de filaments (pii se perdent dans la peau de la tempe; deux ou trois de ces fiia-

FiG. 210.

^'e/7 maxillaire stipérieur.

I, GaPsUon de Casser. — 2. Rameau lacrymal de la branche ophlhalmique. — 5. Origine du nerf maxillaire supérieur. — 4. Rameau orliilaire de ce ncrf.^ — S. Filet lacrymo-palpebral de ce rameau. — G. Origine de son filet malairc. — 7. Origine de son filet temporal. — S. Ganglion sphéno-palatin. — 9. Nerf vidicn. - 10. Grand nerf pclreux superficiel.— 11. Nerf facial.— 12. Filet carotidieiî du nerf vidien se continuant avec le ramrau carolidien du ganglion cervical supëiienr. — 15. Nerfs dentaires postérieurs. — 14. Filet gencival provenant de Tim de ces nerfs. — 15. Branches terminales ou rameaux sous-orlnlaircs du maxillaire supe'rienr. — 16. Kameau sous-orbitaire du facial s'anastomosant avec les rameaux qui pre'cèdent.

226 ÀNATOMIE.

nients s'unissent aux filets frontaux du nerf facial, et vont se terminer avec ces filets dans le muscle frontal.

B. H.aineaux dentaires postérieurs. En général au nombre de deux, assez souvent au nombre de trois, ces rameaux naissent du coude que forme le maxillaire supérieur au moment où ce nerf s'engage dans la gouttière sous-orbitaire. Ils se portent en bas et en avant en décrivant sur la tubérosité maxillaire de légères flexuosités, donnent quelques l'amifications à la muqueuse buccale, d'autres à la muqueuse gencivale , et pénètrent dans les conduits dentaires postérieurs et supérieurs. (Fig. 217.)

En parcourant leur conduit respectif, ils s'envoient réciproquement plusieui's filets qui les unissent l'un à l'autre. A l'extrémité de ces conduits ils s'anastomosent arec des ramifications venues du rameau dentaire antérieur. De ces communications très multipliées résulte un petit plexus à mailles irrégulières, et remarquable par les nombreux filets qu'il fournit ; ceux-ci sont de quatre ordres :

1° Des filets dentaires qui pénètrent dans les racines des grosses et des petites molaires , arrivent dans la cavité creusée au centre de leur couronne et constituent leur portion pulpeuse en s'entremêlant aux artérioles correspondantes ;

2° Des filets alvéo-dentaires qui traversent les parois des alvéoles et se distribuent k leur périoste ;

a" Des filets muqueux extrêmement grêles qui se terminent dans la muqueuse du sinus maxillaire;

^^ Enfin des filets osseux qui se perdent dans le tissu spongieux du maxillaire supérieur, et particulièrement dans son bord y.lvéolaire.

Entre les rameaux dentaires postérieurs et le rameau dentaire antérieur on observe assez fréquemment un rameaii dentaire moyen , dont le volume et la situation sont également variables : tantôt ce rauieau supplémentaire ou nioyen est plus rapproché des dentaires postérieurs; tantôt il occupe le voisinage du dentaire antérieur.

C. Mameau dentaire antérieur. Constamment unique et assez volumineux, le rameau dentaire antérieur part du maxillaire supérieur à 5 ou 6 millimètres au-dessus du trou sous-orbitaire, s'engage dans un canal particulier et se porte en bas, en dedans et en avant, en décrivant une courbe parallèle à l'ouverture antérieure des fosses nasales. Dans la première moitié de son ti'ajet il est profondément situé dans l'épaisseur de l'os maxillaire ; dans la seconde il devient très superficiel et se rapproche à la fois de la table externe de l'os et de la table supérieure du plancher des fosses nasales. (Fig. 217.)

Les filets fournis par le rameau dentaire antérieur partent, pour la plupart, delà convexité de sa courbure, — Le premier qui s'en détache s'incline en dehors et s'anastomose par ses divisions avec les rameaux dentaires postérieurs. — Les autres se portent en bas et vont se terminer : les principaux dans la pulpe des incisives, de la canine et quelquefois de la première petite molaire ; les plus grêles dans le tissu spongieux de l'os et le périoste alvéolaire. — Un ou deux rarauscules, nés de la concavité de sa courbure, se portent verticalement en haut vers la muqueuse du canal nasal.

NEVhOLOGIE. 227

D. Rameaux sous-orbitaires. Parvenus à l'extrémitt' antérieure du canal sous-orbitaire, les rameaux jusijue-là juxtaposés du maxillaire supérieur s'écartent à angle aigu et rayonnent dans toutes les directions en s'entrecroisant avec les lilets correspondants du facial; de cet entrecroisement résulte une sorte de plexus à mailles quadrilatères, le "plexus sousorbitaire , qu'on aperçoit dès qu'on a enlevé le muscle élévateur propre de la lèvre supérieure ainsi qu'une partie de l'élévateur commun. Ces rameaux se divisent :

En rameaux ascendanis grêles et peu nombreux qui traversent l'élévateur propr-e de la lèvre supérieure pour aller se distribuer à la peau et à la conjonctive de la paupière inférieure. — Parmi ces l'ameaux il en est un qui se porte en dedans et qui va s'anastomoser a^ec le nasal externe.

En rameaux descendants beaucoup plus considérables et plus multipliés que les précédents, destinés à la peau de la lèvre supérieure, à sa couche glandulaire, à sa couche muqueuse et aux gencives correspondantes.

Et en rameaux hilernes dont les ramifications se répandent dans la peau et la muqueuse de l'aile du nez.

Ganglion si^héno-palatin.

Le ganglion sphéno-palatin, ou ganglion de 3Ieckel, est un petit renflement nerveux qui tire son origine de trois nerfs différents et dont les rameaux se rendent, d'une part au voile du palais et à la muqueuse pialatine, de l'autre aux muqueuses nasale et pharyngienne. (Fig. 210 et 211.)

Ce ganglion est situé dans la fosse ptérygo-maxillaire, au-dessous de la branche moyenne du trijumeau, au-dessus du canal palatin postérieur, au-devant du trou vidien ou ptérygoïdien , en dehors du trou sphénoépineux sur lequel il s'applique par l'une de ses faces. — Sa couleur est d'un gris cendré ou rougeâtre, sa forme en général triangulaire, son volume variable des dimensions d'une lentille à celles d'un petit pois.

Découvert en 1749 par J.-F. Meckel dont il a conservé le nom, le ganglion sphéno-palatin a été décrit depuis cette époque avec une grande exactitude par la plupart des anatomistes. Mais il l'estait à déterminer son mode de constitution , c'est-à-dire à rechercher parmi ses rameaux quels étaient ceux qu'on devait considérer comme ses racines, quels étaient ceux qu'on devait considérer comme ses branches. C'est une mission dont M. Longet s'est acquitté avec beaucoup de bonheur. Dans son Traité sur l'anatomie et la physiologie du système nerveux, publié en 1842, cet auteur a très bien établi : 1° que le ganglion de Meckel, de même que le ganglion ophthalmique, de même que le ganglion otique, naît par trois racines : une racine sensitive, une racine motrice et une racine molle ou grise fournie par le grand sympathique ; 2° que de ce ganglion partent des filets de deux ordres, des filets sensitifs et des filets moteurs.

La racine sensitive du ganglion sphéno-palatin vient du nerf maxillaire supérieur ; sa racine motrice est constituée par le grand nerf pétreux qui part du facial ; sa racine grise émane du plexus caverneux du grand sympathique. Les deux dernières, très distinctes à leur origine, s'appliquent l'une à l'autre en approchant du ganglion, mais sans se confondre : le

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tronc qu'elles forment par cet accolemeiit a reçu le nom de rierf vidien on 2)tcnj(joïdien.

Les rameaux qui partent du ganglion se distinguent par leur direction : on inférieurs ou nerfs polatius, en postérieur ou nerf iiharyxgien, et en internes ou nerfs sphéno-polatins.

Ainsi trois branches afférentes et trois ordres de branches eîférentes : tels sont les nerfs que le ganglion de Meckei nous présente à étudier.

1° Branche afférente sensitivc, ou rameaux qui unissent le nerf maxillaire supérieur ou ganglion sphéno-palaiin. Le maxillaire supérieur fournit ordinairement deux rameaux au ganglion sphéno-palatin, quelquefois trois, rarement un l'ameau unique. — Ces rameaux se détachent du tronc principal pendant que celui-ci traverse la fosse ptérygomaxillaire; leur origine par conséquent est antérieure à celle du rameau orbitaire, et postérieure à celle des rameaux dentaires. — Leur direction est verlicale ou légèrement oblique en bas, en arrière et eu dedans, leur longueur variable de l à 4 ou 5 millimètres, et leur volume en raison inverse de leur nombre. — Parvenus à la partie supérieure du ganglion, on voit quel- (jues uns des filets ijui les composent pénétrer daiis son épaisseur; mais la plupart ne font que s'accoler à sa surface por.r se porter au delà et aller se continuer avec les rameaux palatins et sphéno-palatius dont ils constituent manifestement la plus grande partie. (Fig. ?.10.;

2° Branches affcrenlcs motrice et sympathique, ou nerf vidien. Suivis avec la plupart des auteurs de la partie postérieure du ganglion vers le nerf facial et le rameau carotidien du grand sympathique auxquels ils vont se réunir , les deux (ilets du nerf vidien, d'abord accolés et entoiu-és d'une gaine connnune, s'engagent dans le conduit ptérygoidien, traversent la substance cartilagineuse qui occupe le trou déchiré antérieur, et se séparent vers le sonnuet du rocher pour p'énétrer, le filet moteur dans le crâne, et le filet sympathique dans le canal carotidien. (Fig. 210 et 211.)

Le filet moteur, ou filet crânien , appelé aussi grand nerf pélreux superficiel , se dirige en arrière et en dehors sous le ganglion de Gasser dont il est séparé par un feuillet de la dure-mère, sur la face antérieure du rocher où il est reçu dans une petite gouttière, traverse l'hiatus de Fallope, pénètre dans l'aqueduc du même nom, et se jette dans le ganglion géniculé, qui a été considéré comme sa terminaison, et qui doit être considéré au contraire comme son origine.

Le filet sympathique ou carotidien, plus volumineux que le précédent, et remarquable en outre par sa mollesse et sa couleur grisâtre, s'unit à son entrée dans le canal carotidien avec le rameau correspondant du ganglion cervical supérieur.

3° Branches efférentcs inférieures, ou nerfs ludatins. Au nombre de trois, les nerfs palatins se distinguent par leur position en antérieur, moyen et postérieur. (Fig. 211.)

Le ï}erf palatin antérieur, ou grand nerf p)alatin, s'engage dans le conduit palatin postérieur et arrivé à la voûte palatine, où il se réfléchit d'arrière en avant en se bifurquant. — A l'intérieur du conduit palatin, il fournit: 1" Un filet nasal dont les ramifications se distribuent à la muqueuse

NEYROLOGIE.

ilii méat moyen, du cornet inférieur et du méat inférieur; ce filet constitue \e nerf nasal posiérieur et inférieur. 2" Un lilet extrêmement grêle destiné à la muqueuse du sinus maxillaire. 3" Vu filet staphylin plus important, qui sort assez souvent par un conduit accessoire, et qui se ramifie dans la muqueuse et les glandules du voile du palais. — Des deux branches de bifurcation du nerf, l'interne se partage en un grand nombre de ramuscules qui se perdent dans la muqueuse et les glandules de la voûte du palais ; l'externe, un peu moins considérable, se distribue à la muqueuse gencivale.

Le nerf palatin moyen , beaucoup plus petit que l'antérieur, descend tantôt dans un conduit particulier , tantôt accolé au grand nerf palatin .

FiG. 211 (I

Ganglion spheno-pnlnlin vn par sa face interne.

i. Blanches terminales externes du uerf olfactif s'auaStomosant eulrc elles pour loi mer un plexus. — 2. Division externe du filet ethmoïdal du nerf nasal. — 3. Ganglion sphcuo-palatiu. — 4:. Terminaison du grand nerf palatin. — o. Nerf palatin postérieur. — 6. Nerf palatin moyen. — 7. Rameau fourni au cornet infe'rieur par le grand nerf palatin. — 8. Rameau fourni au cornet moyen par le ganglion sphéno-palaiin. — 9, Origine du rameau fourni par ce ganglion à la cloison des fosses nasales. — 10. Nerf vidien. — 11. Rameau ciâuien du nerf vidien ou grand uerf pétreux superficiel. — 12. Rameau carolidieu du nerf vidien se continuant avec le rameau correspondant du ganglion cervical supérieur. — 15. Rameau carotidien du ganglion cervical supérieur.

(1) Je m'empresse de réparer ici un ouljli involontaire. La plupart des f gui es destinées à représenter le cervelet, Listhme de Feucéphale et !a moelle épinière, ont été tirées du bel allas de MM. Ludovic Hiischfeld et Léveillé ; il en sera de même de celles qui reproduiront les principales dépendances du système nerveux périphérique, dont les plus remarquahles seront du reste particulièrement mentionnées.

se dirige d'avant en arrière lorsqu'il est arrivé à la voûte palatine et se termine dans la muqueuse et la couche glandulaire du voile du palais. Le nerf palaiin postérieur, en général un peu plus volumineux que le précédent, descend aussi dans un conduit qui lui est propre, et se divise au niveau du bord postérieur de la voûte palatine en deux ordres de filets : 1 o en filets musculaires destinés aux muscles péristaphyiin interne et palatostapliylin, ainsi que M. Longet le premier l'a très bien démontré; 2*> en filets sensitifs destinés à la muqueuse de la face supérieure du voile du palais, à celle de sa face inférieure et à ses glandules. — Le palatin postérieur est le prolongement du grand nert'pétreux superficiel, de même ciue les deux autres palatins, ainsi que les nerfs sphéno-palatins, sont le prolongement des rameaux venus du maxillaire supérieur et du rameau carotidien du grand sympathique ; à l'aide d'une dissection attentive on parvient sans beaucoup de difficultés à constater cette double continuité.

4° JSranches efférentcs antérieures, on nerfs sphéno-palalins, nerfs nasaux fosiérieur s et supérieurs. Nés de la partie interne du ganglion de Meckel, ces nerfs s'engagent presque aussitôt dans le trou sphéno-palatin, pénètrent dans les fosses nasales et se divisent en sphéno-palâtins externes et sphéno-palatin interne.

Les nerfs sphéno-palatins externes^ en général très grcles, ne peuvent être bien étudiés que sur des pièces qui ont macéré pendant quelques jours dans l'acide azotique. Le tronc commun de ces nerfs descend verticalement jusqu'au voisinage da cornet inférieur et donne dans ce court trajet plusieurs filets qui se dirigent d'arrière en avant ; parmi ces filets on en distingue Ordinairement deux un peu moins ténus que les autres, et dont les ramifications se répandent dans la muqueuse des cornets supérieur et moyen. — Il est rare que celui qui se ramifie dans la muqueuse du cornet inférieur naisse du même tronc: nous avons vu plus haut qu'il émane ordinairement du iierf palatin antérieur. — Les ramifications de ces nerfs s'anastomosent entre elles ; mais elles ne paraissent pas s'anastomoser avec celles des nerfs olfactifs. (Fig. 21 1.)

Le nerf sphéno-palatin interne, naso-pataiin de Scarpa, plus apparent que les précédents, se dirige de dehors en dedans, passe au-devant du sinus sphénoïdal pour atteindre la cloison des fosses nasales, se porte ensuite obliquement en bas et en avant vers le conduit palatin antérieur dans lequel il s'engage, s'adosse dans la partie inférieure de ce conduit au sphéno-palatin interne opposé, et se termine par des ramifications déliées dans la muqueuse palatine immédiatement en arrière de l'arcade alvéolaire. — Dans le long trajet qu'il parcourt, ce nerf donne deux ou trois filets qu'on voit se détacher tantôt sur un point plus ou moins rapproché de son origine, tantôt à différentes hauteurs. Ces filets, signalés par Wrisberg, ont été représentés par Arnold et observés aussi par M. Longet ; je ne les ai aperçus qu'une seule fois, sur une pièce qui avait séjourné longtemps dans un acide étendu. Chez la plupart des sujets le spbéno-palatiu interne se présente comme un nerf dépourvu de toute ramification , ainsi que l'avait cru Scarpa ; mais cette absence apparente s'explique par l'extrême ténuité des ramuscules qu'il fournit. — Arrivés à la partie inférieure du conduit palatin antérieur, les deux nerfs sphéno-palatins internes se termineraient, selon H. Cloquet, dans un ganglion qui se présente, dit cet auteur, sous

NÉVROLOGIK. "231

l'aspect « d'une petite masse, fongueuse, un peu dure, comme fibro-carli- » lagineuse et plongée dans un tissu cellulaire graisseux. » Ce petit corps existe réellement, du moins chez la plupart des individus; mais il doit être considéré comme une dépendance de la membrane dure, résistante et comme cartilagineuse, en effet, qui occupe cette région et qui chez certains sujets proémine au dedans du conduit palatin, sous la forme d'une petite saillie ovoïde. (Fig. 20 5.)

5° Branche cffcrenie postérieure, ou nerf pharyngien, nerf de Bock. Ce nerf, en général d'un petit volume, naît de la partie postérieure et interne du ganglion. Il s'engage dans le conduit ptérygo-palatin et se divise après l'avoir traversé : en filets antérieurs qui se perdent dans la muqueuse de la partie postérieure et supérieure des fosses nasales, et filets postérieurs qui se distribuent à la partie supérieure de la muqueuse pharyngienne, et à celle qui revêt la trompe d'Eustache.

Fue générale du nerf maxillaire supérieur.

riexiforme à son origine comme le ganglion de Gasser dont il émane, et horizontalement dirigé, le maxillaire supérieur subit de petites déviations à la sortie et à rentrée des canaux qu'il traverse, de telle sorte que sa direction représente une ligne légèrement brisée. Son tronc est le point de départ de quatre branches collatérales et d'un grand nombre de branches terminales.

La première de ses branches collatérales se détache de son bord supérieur au niveau du trou grand rond, et se porte horizontalement en avant ; c'est le rameau orbitaire, destiné principalement à la peau de la paupière supérieure et à celle de la pommette, accessoirement à la glande lacrymale.

La seconde part de son bord inférieur pendant qu'il traverse la fosse ptérygo-maxillaire ; elle se porte en bas vers le ganglion sphéno-palatin dont elle forme la racine sensitive, et auquel la plupart de ses filets ne font que s'accoler pour aller en grande partie se distribuer aux muqueuses palatine, nasale et pharyngienne.

La troisième, ordinairement double et quelquefois triple, s'en sépare à son entrée dans le canal sous-orbitaire et se dirige aussitôt en dehors ; elle constitue les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs qui se ramifient principalement dans la pulpe des grosses et des petites molaires, et accessoirement dans la muqueuse gencivale, la muqueuse du sinus maxillaire et le tissu osseux.

La quatrième l'abandonne un peu avant sa sortie du canal sous-orbitaire, et se porte en bas et en dedans ; c'est le nerf dentaire antérieur, destiné surtout à la pulpe des incisives, de la canine et quelquefois de la première petite molaire.

Les branches terminales, non moins remarquables parleur volume que par leur nombre, se dirigent en bas et en avant: ce sont les rameaux sousorbitaires destinés à la peau et à la muqueuse de l'aile du nez, à la peau et à la muqueuse de la lèvre supérieure, ainsi qu'à sa couche glanduleuse.

Chacune de ces branches présente des anastomoses importantes : le ra-

ineau orbitairc s'anastomose avec le rameau lacrymal de la branche oplithalinique par son filet lacrymal, avec le rameau temporal profond antérieur de la branche maxillaire inférieure par son filet temporal, et avec le facial I)ar son filet malaire. — Les rameaux qui se portent au ganglion sphénopalatin s'anastomosent avec le grand nerf pétreux superficiel et le rameau venu du grand sympathique pour constituer ce rentlement. — Les nerfs dentaires postérieurs et antérieur s'anastomosent entre eux assez fréquemment pour former un véritable plexus. — Enfin, les rameaux sous-orbitaires s'anastomosent avec le facial , avec le maxillaire inférieur par le nerf buccal, et avec la bi-anche ophthalmique par le nasal externe.

En résumé, des cinq branches du maxillaire supérieur, la première se porte à la peau et à la glande lacrymale, en établissant une communication entre les trois divisions du trijumeau d'une part, entre le facial et la division moyenne de l'autre ; la seconde, après s'être unie au facial et au grand sympathique, se consume dans des muqueuses et des glandules ; la dernière se perd à la fois dans le tégument externe, le tégument interne et des glandules en liant aussi entre elles et avec le facial les trois branches de la cinquième paire. Les deux autres, destinées aux arcades alvéolaire et dentaire supérieures, organes spéciaux de la mastication, se trouvent en «pielque sorte isolés du système nerveux de la face, avec lequel elles ne paraissent entretenir aucune relation dans leur trajet.

3° ^EP.F MAXILL\ir.E I.NFÉl'.IElR.

Preparnlioii. Le nerf ma\il1aiie infe;ieur esl un de ceux daus la pre'pr.ralion duquel il importe au plus haut degré' de procéder avec méthode, si l'on veut ne diviser aucune de ses l)rancl)es. Les règles suivantes conduiront à ce rcsult:;t :

t" Chercher entre le conduit audilif interne et la J)ase de l'apophyse zygomati que le nerf auriculo-temporal , le suivre sur la tempe, ainsi que les divisions correspondanles du nerf facial, el mcllie à nu Limpoitante anastomose qui unit ces deux nerfs au niveau du col du condyle en enlevant ia glande parolide.

2" Inciser les légnnienis cpicrâuieus depuis la racine du nez jusqu'à la )iiotu]je'rance occipitale; ralnitticde chaque côled'alioid le cuir clievelu, ainsi que l'ex- Irémité supérieure des muscles crotr.phites en divisant ceux-ci le plus près }:ossible de leur allaclie i.ux os; hiiser ensui'.e le ci âne circulaiiement, et enlever le cerveau.

5" DccoMviir le masséter, le diviser à fou attache sujiérieure, le délacher de haut eu bas, en procédant avec les plus grands ménagements pour conserver intact le nerf niassélérin qui pénètre dans le muscle par sa face profonde au niveau de la partie moyenne de l'écliancrure sigmoïde , le détacher aussi à sa partie antéro-inféiieui e, et le laisser adhérer seuleusent par sa partie postérieure à l'angle de la mâchoire.

4" Mettre à nu le nerf dentaire inférieur en eulevaul la table externe du maxillaire inférieur à l'aide du ciseau et du maillet.

o" Abattre l'apophyse zygomalique par deux traits de scie appliqués à ses exliémilés.

6" Diviser à sa hase Lapophyse coronoïde en faisant usage d'une piuce de Liston, ou à son défaut du ciseau et du maillet.

7" Agrandir à l'-aide du ciseau le ti ou ovale, et enlever toute la partie restante de la fosse latérale moyenne de la hase du ci âne, en appliquant sur celte partie deux traits de scie, Lun au niveau du sommet de Papophyse d'ingrassias, l'autre au-devant du rocher et se dirigeant tous deux vers l'orilice agrandi.

8" Préparer les nerfs temporaux profonds, puis le nerf buccal, en retranchant par parcelles le muscle ptérygoïdien externe, et terminer la prépai-aliou commencée des nerfs masscléiins et auriculo-ten)poruL

NEVilULOGlli. 233

9" Diviseï* sur la ligne médiane la Lase du crâne ainsi que la l'ace, cl scparer coniplélemeul l'une de l'autre les deux moitiés de la coupe.

10" Fnlever la tiom|'e d'Eustaclie, détacher de son insertion inféiieure le ptérygoïdien inlerue, isoler le tronc du nerf niaxilltiire inférieur, puis chercher le ganglion otique appliqué sur la {a< e interne de celui-ci immédiatement audessous du trou ovale, et eufiu le nerf'lingual, ainsi que le rameau mylo-hyoidien du dentaire inférieur.

Le nerf maxillaii-e inférieur est un nerf mixte composé de la troisième division du ganglion de Casser, brandie sensitive, et de la petite racine du trijumeau, branche motrice.

Mode d'union des deux branches d'origine du maxillaire inférieur. A l'intérieur du crâne, ces deux branches sont parfaitement distinctes : — La branche ganglionnaire est volumineuse, grisâtre et plexifornie. — La branche non ganglionnaire est d'un petit volume, d'une couleur blanche, formée de fibres parallèles, et située en arrière de la précédente; dans son trajet un peu oblique en bas et en avant, cette branche reçoit du ganglion de Gasser un filet anastomolique qui se perd au milieu de ses fibres, mais qui n'est pas constant. ^Fig. 213.)

Ainsi accolées l'une à l'autre, ces deux branches s'engagent dans le trou ovale et s'unissent à leur sortie du crâne pour former un tronccommun qu'on voit se diviser presque aussitôt en sept rameaux. Le mode d'union qu'elles présentent est encore un objet de dissidence ; Palelta, Lauth, et plus récemment M. Longet, ne voient dans cette union qu'un simple accolement et admettent en conséquence que le nerf maxillaire inférieur se compose de deux branches parfaitement distinctes dans toute l'étendue de leur distribution, une branche inférieure et interne ou sensitive, et une branche supérieure et externe ou motrice qui a reçu tour à tour les noms de nerf buceinato-luccal, de nerf masticateur, de nerf maxillaire inférieur violeur. Mais un grand nombre d'anatomistes ont jugé cette adhésion plus intime et l'ont considérée comme le résultat d'un échange réciproque de filets nerveux. De part et d'autre on a invoqué la dissection ; c'était le seul moyen en effet de résoudre la difficulté ; seulement je ferai remarquer que ce n'était pas en opérant sur des pièces fraîches ou sur celles qui ont macéré dans l'acide azotique qu'on pouvait arriver à un résultat bien concluant. Il est préférable, après avoir découvert le tronc du maxillaire inférieur et ses principales divisions , de plonger la préparation pendant quelques jours dans une solution de sulfate d'alumine, de soude ou de potasse, assez concentrée pour attaquer énergiquement le névrilème ; on poiu'ra alors séparer assez facilement les uns des autres les faisceaux constitutifs du tronc nerveux, et il deviendra manifeste :

1° Que les deux racines qui lui donnent naissance s'envoient réciproquement un grand nombre de filets ;

2° Que parmi ses divisions, s'il en est qui se détachent plus particulièrement de la racine motrice, et d'autres de la racine sensitive, les premières renferment aussi quelques fibres destinées à des organes sensibles et les secondes quelques fibres destinées à des muscles.

Le maxillaire inférieur n'est donc pas formé de deux branches à distribution indépendante, c'est un nerf mixte dont les principales divisions renferment sous des proportions inégales un certain nombre de fibres motrices et de fibres sensitives.

234 ANATOMIK.

Distribution. Les sept rameaux fournis par la branche maxillaire inférieure peuvent être distingués :

1'' En rameaux externes, au nombre de trois : le nerf temjwral ivO' fond moyen, le nerf masséterin et le nerf buccal ;

2° En rameau interne, le nerf du muscle ptérygoïdien interne;

o° En rameau postérieur, le nerf temporal superficiel ou auriculotemporal ;

4° En rameaux inférieurs plus considérables que les précédents et au nombre de deux ; le nerf lingual et le nerf dentaire inférieur.

A celte troisième branche du trijumeau, de même qu'à la première et à la seconde, se trouve annexé un petit ganglion, le ganglion olique.

A. Merf temporal profond moyen. Né de la partie antérieure et externe du maxillaire inférieur, à une très petite distance au-dessous du trou ovale, le nerf temporal profond moyen se porte d'abord presque horizontalement en avant, puis oliliquement en haut et en dehors, et enfin verticalement en haut. Sa portion horizontale est située eritre le muscle ptérygoïdien externe et la paroi supérieure de la fosse zygomatique ; sa portion oblique cliemine entre cette mêuie ]jaroi et le tendon du muscle temporal ; sa portion verticale se trouve entourée de toutes parts parles fibres de ce muscle. (Fig. 2u8 et 212.)

Au-dessus du muscle ptérygoïdien exîerne, le nerf temporal profond moyen se partage ordinairement en deux rameaux qui reçoivent un ou plusieurs filets anastomotiques des nerfs buccal et masséterin; il pénètre ensuite dans le muscle crotaphite où il se subdivise en un grand nombre de ramuscules exclusivement destinés à ce muscle. Je n'ai vu aucune de ses ramifications terminales traverser l'aponévrose temporale pour s'anastomoser avec les fdets du nerf temporal superficiel.

B. BJerf massétés-îD. Il se détache du tronc principal au même niveau que le précédent qu'il surpasse en général par son volume. Placé arissi à son origine entre la paroi supérieure de la fosse zygonîalique et le p.uiscie ptérygoïdien externe, il change bientôt de direction pour se porter obliquement en ]>as el en dehors , traverse l'échancrure sigmoïde en croisant à angle aigu le bord postérieur du tendon du temporal, et pénètre dans le masséter par la partie moyenne de sa face profonde. Dans ce trajet le nerf masséterin fournit :

1<* Ijïi ou deux hlets anastomoli.iues qui l'unissent au nerf tenîporal profond moyen.

2" Le nrrf temporal profond postérieur qui pénètre aussitôt dans la partie correspondante du muscle crotaphiîe où il se partage en plusieurs blets dont un ou deux s'anastomosent avec le temporal profond moyen, tandis que les aiîtres se dirigent très obliquement en haut et en arrière en se distribuant de proche en proche aux faisceaux musculaires voisins. La plupart des auteurs mentionnent parmi ses divisions terminales un filet qui traverserait l'aponévrose temporale pour s'unir à un rameau du nerf temporal super'c et : cette anasto.mose ne me paraît pas exister; je l'ai souvent cherchée sans en rencontrer jamais le moindre vestige.

3° Un rauuiscule destiné à l'articulation de la mâchoire inférieure. Ce ramuscule démontre que le nerf massélérin, essentiellement formé de libres

NEVROLOGIE.

motrices, renferme aussi des fibres sensitives. Parmi ces dernières il en est quelques unes qui très vraisemblablement pénètrent dans l'épaisseur des muscles temporal et masséter, accolées aux fibres motrices.

4° Enfin un grand nombre de iilets terminaux dont plusieurs peuvent être suivis jusqu'à l'extrémité inférieure du masséter.

FiG. 212.

Branches du nerj mnxillnive inférieur.

- Nerf masseleiin, — 2. Nerf temporal profond posle'iicur. — 5. Nerfbucciil.

4. Anastomose de ce nerf avec le fucial. — 5. Nerf lemporiil profond antérieur,

— G. Filets que le iierC ])uccal abandonne au muscle ptc'rygoïdieii externe.

7. Nerf temporal profond moyen. — 8, Nerf temporal superficiel. — 9. Rameaux temporaux de ce nerf. — !0. Ses rameaux auriculaires. — 11. Son anastomose avec le facial. — 12. Nerf lingual. — 13. Rameau mylo-hvoïdien.

— i4. Nerf dentaire inférieur. — la, lu. Fik-1s que ce nerf fournit aux" grosses et petites molaires. — 16. Nerf meulonnier. — 17. Rameau du focial.

â3G ANATOMlli.

C. BJerf buccal. Le neiT buccal, jilus volumineux que les précédents et situé sur un plan plus antérieur, naît du maxillaire inférieur tantôt par une et tantôt par deux racines (jui traversent le ptérygoïdien externe, et se réunissent bientôt en un seul tronc. Dégagé du muscle, celui-ci se dirige en avant et en bas, entre la tubérosité de l'os maxillaire supérieur et le bord antérieur de l'apopbysc coronoïde, et arrive au-devant du masséter Hir le muscle buccinateur où il s'épanouit en plusieurs rameatix.

Dans ce trajet le nerf buccal donne successivement : 1° deux ou trois fdels au muscle ptérygoïdien cxlcrne ; -1° le nerf temporal profond antérieur; 3" des branches lerminale-î. (l^ig. 212.)

Les fUcis dcstlues au jitc'njrjoïdicn externe sont toujours extrêmement grêles.

Le nerf teiuporol prcfonel arAcriciir se détache du nerî buccal à sa sortie du muscle ptérygoïdien externe et pénètre aussitôt dans la partie la plus épaisse du nmscle temporal auquel il fournit de nombreux filets. Parvenu au-dessus de la crcfe (\m sépare la fosse zygomaticine de la fosse temporale, il rencontre le lilet Icmporal û\\ ranicpu orbitaire du maxillaire supérieur autiuel il s'unit ordinairement. — Le petit tronc formé par l'adcssernent de ces deux filets, continuant leur trajet primitif, vient traverser l'aponévrose temporale un peu au-dessous et en arrière de l'apopiiyse orbitaire externe ; là il se partage en un pinceau de filaments qrù vont pour la plupart se terminer à la peau de la tempe; i\e.v,\ ou trois de ces tilamenls s'anastomosent avec les filets que le nerf facial envoie au muscle frontal ; aucun d'eux ne s'anasiomose avec les filets du nerf temporal superficiel. 11 n'est pas rare de voir ce [)e(it tronc se diviser avant de perforer l'aponévrose temporale : l'une de ses divisions traverse alors cette aponévrose dans le l»oint accoutumé ; l'aulre chemine entre les ùqxw feuillets dont celle-ci se compose et vient traverser le feuillet superficiel un peu au-dessus de l'arcade zygomalique.

Les branches terminales du nerf buccal se distinguent par leur destination :

En branches cutanées (pii se distribuent à la peau de la joue ;

En branches viucjueiises qui traversent le buccinateur pour se répandre dans la muqueuse buccale et les glanduies qui lui correspondent ;

Et en branches anastomoiiques fort ren:iarquables qui unissent le nerf buccal au nerf facial.

Aucune de ses divisions ne s'arrête dans le muscle buccinateur : des faits physiologit[ues aussi nombreux que précis ont rigoureusement établi que ce muscle est soumis à l'inOuence exclusive du nerf facial.

En résumé, le nerf buccal se distribue d'une part, au ptérygoïdien externe et au crotaphite , de l'autre à la peau de la tempe, à celle de la joue, à la muqueuse buccale et à des glanduies ; de même que le nerf massétérin , il doit être considéré par conséquent comme un nerf mixte.

D. BJerf du muscle ptérygoïdien interne. Ce rameau est à la fois le plus petit et le plus court de tous ceux qui naissent du maxillaire inférieur. Il part de son côté antérieur et interne au niveau du ganglion clique qu'il semble traverser, se porte obliquement en bas et en dehors, entre le péristaphylin externe et le ptérygoïdien interne dans lequel il pénètre un peu au-dessous de sa partie moyenne, (Fig. 213.)

NÉVKOLOGIK. 237

Au niveau de son origine il fournirait, selon Jleckel et M. Longet, un très petit filet au muscle péristaphylin externe ; ce filet semble plutôt tirer son origine du ganglion otique.

Selon Lautli, il donnerait en outre au ptérygoïdien externe un ou deux ramuscules que je n'ai pu découvrir.

E. Nerf temporal superficiel ou aurîculo-temporal. Ce nerf est remarquable par son volume, par la disposition plexiforme qu'il présente à son origine, par l'étendue de son trajet et le nombre très considérable de ses ramifications. — Il naît par deux racines qui se réunissent derrière le col du condyle de la mâchoire en formant une sorte de boutonnière dans laquelle passe l'artère méningée moyenne, contourne ensuite le col du condyle, puis, changeant alors de direction, se porte verticalement en haut entre le pavillon de l'oreille et la base de l'apophyse zygomatique, et arrive sur la lempe où il s'épanouit en un grand nombre de filets.

Avant d'atteindre le bord parotidien de la mâchoire, le nerf temporal superficiel fournit :

l" Plusieurs ramuscules qui vont se jeter dans le plexus que l'artère maxillaire interne reçoit du grand sympathique ;

2<* Un filet extrêmement lin qui vient se réunir au nerf dentaire inférieur à son entrée dans le canal dentaire ;

30 Un ou deux filets qui se dirigent horizontalement en arrière pour se distribuer à l'articulation temporo-maxillaire.

Pendant qu'il contourne le col du condyle de la mâchoire, ce nerf donne des rameaux beaucoup plus importants qu'on peut distinguer :

En rameaux auriculaires ([ui vont se distribuer les uns à la peau du conduit auditif externe et aux glandes cértîmineuses, les autres au lobule et à la partie antérieure du pavillon de l'oreiile ;

En rameaux Y-arotidièns qui se perdent dans l'épaisseur de la glande parolide eu s'anasîomosant avec d'autres filels venus de la branche auriculaire du plexus cervical;

Et en rameaux anastomollqiies . extrêmement remaniuables , ordinaircuicnt au nombre de deux, (jui se poriezit direciement en avant pour s'unir au niveau du bord postérieur du masséter avec la branche terminale supérieure du nerf facial.

Dans sa portion ascendante ou verticale, le nerf temporal superficiel, après avoir donné quelques ramuscules à la peau de l'hélix et de la face interne du pavillon de l'oreille, se divise en un grand nombre de rameaux divergents qui n'affectent aucun rapport déterminé avec les divisions de l'artère correspondante et qui se terminent soit dans la peau de la tempe, soit dans les parties latérales du cuir chevelu. Aucun de ces filets ne s'anastomose avec les nerfs temporaux profonds, (Fig. 212 et 216.)

F. Nerf dentaire inférieur. D'un volume très supérieur à celui de tous les rameaux qui précèdent, le nerf dentaire inférieur, situé sur le prolongement du tronc principal dont il peut être considéré comme lacontinîiation, se porle d'abord presque verticalement en bas entre les deux ptérygoidiens, puis obliquement en bas, en avant et en dehors entre la branche de la mâchoire et le ptérygoïdien interne dont le sépare une lame fibreuse, pénètre dans le canal dentaire ([u'il parcourt dan? toute son

étendue, sort par le trou nientonnier, et se partage au-dessous du niuscie carré en un grand nombre de branches terminales.

A une très petite distance de son origine , le dentaire inférieur donne au lingual un filet court et assez considérable. Quelquefois ces nerfs s'envoient réciproquement un filet anastomotique ; on remarque alors que les deux filets se croisent à angle aigu à la manière des brandies d'un X.

A son entrée dans le canal dentaire, il fournit une division importante, le rameau mylo -hyoïdien. Ce rameau, logé dans un canal moitié osseux, moitié fibreux, que lui présente ia face interne de la mâchoire inférieure, arrive au-dessous du muscle de même nom où il se divise en huit ou dix filets dont les uns pénètrent dans ce muscle, tandis que les autres vont se terminer dans le ventre antérieur du digastrique. — Parmi les filets qui pénètrent dans le mylo-hyoïdien, il en est un qui ne fait que le traverser et qui va se joindre au nerf lingual ; ce filet, qui n'avait été mentionné par aucun anatomiste et qui est important cependant, puisqu'il établit une relation entre la langue et la branche motrice de la cinquième paire, ce filet est le premier de tous ceux qui se détachent du tronc principal; il traverse ordinairement le bord postérieur du muscle ; son volume est assez considérable dans le plus grand nombre des cas pour permettre de le considérer comme une branche de bifurcation.

Dans le canal dentaire, ce nerf fournit : 1" un filet à chacune des racines des grosses et des petites molaires ; 2" des filets osseux qui paraissent surtoutdestinés au bord alvéolaire de la mâchoire; o*' des filets gencivaux qui traversent ce bord pour venir se ramifier dans la muqueuse qui le tapisse; 4<* un rameau incisif qui, continuant le trajet primitif du nerf, se divise en trois rameaux secondaires destinés à la canine et aux deux incisives voisines. (Fig. 212.)

A la sortie du canal que lui présente la mâchoire, le dentaire inférieur prend le nom de nerf mentonnier : ses divisions, très multipliées et considérables, s'entrecroisent à angle droit avec les divisions correspondantes du nerf facial et forment ainsi une sorte de plexus qui a été désigné par quelques anatomistes sous la dénomination de flexiis mentonnicr. De ces divisions naissent trois ordres de ramifications :

Des ramifications antérieures ou cutanées qui se portent à la peau du menton, de la lèvre inférieure et delà partie inférieure de la joue ;

Des ramifications moyennes ou glandulaires, très nombreuses, destinées aux glandules salivaires de la lèvre inférieure;

Et des ramifiicotions postérieures qui vont se distribuer à la muqueuse buccale.

G. 3^erf lingual ou petit hypoglosse. Le nerf lingual, en général un peu plus volumineux que le dentaire inférieur, au-devant et en dedans duquel il est placé, décrit comme lui une courbe demi-circulaire dont la concavité regarde en haut et en avant. Il est d'abord placé entre le muscle ptéi-ygoïdien externe et le pharynx, plus bas entre les deux ptérygoïdiens, puis entre le ptérygoïdien interne et la branche de îa mâchoire ; changeant alors de direction pour devenir horizontal de vertical ou légèrement obhque (lu'il était, il se place au-dessous de la muqueuse qui tapisse le plancher de la bouche au-dessus de la glande sous-maxillaire, et du muscle mylo-hyoïdien, en dehors du muscle hyoglosse et du canal de Warthon qu'il croise

NÉVROLOGIÉ. 230

à angle aigu pour gagner l'interslice des muscles lingual et génio-glosse, et se dirige vers la pointe de la langue, en se divisant en un grand nouibro de raniuscules qui pénètrent de bas eu haut dans l'épaisseur de cet organe.

Immédiatement au-dessous de son origine le nerf lingual reçoit le filet que lui envoie le dentaire inférieur.

Au niveau du bord postérieur du muscle ptérygoïdien interne il reçoit la corde du tympan, branche importante du facial qui s'unit à lui sons un angle aigu ouvert en haut, et qui a été considérée comme lui étant simplement accolée, au moins en grande partie. Après avoir soumis le lingual à l'influence d'une solution de sulfate d'alumine concentrée, j'ai pu reconnaître que la corde du tympan, une fois accolée à ce nerf, en reçoit et lui fournit un grand nombre de filets qui les unissent de la manière la plus intime ; à une petite distance de leur réunion les filets réciproquement échangés sont déjà si multipliés, qu'il devient impossible de faire la part de ceux qui appartiennent à l'un et à l'autre. (Fig. 2 13.)

Devenu sous-muqueux, le lingual fournit par son bord supérieur ou concave des ramifications assez nombreuses, mais très grêles, qui vont se distribuer à la muqueuse buccale et aux gencives. Le filet qui se porte du rameau mylo-hyoïdien au lingual vient s'unir à ce même bord, au niveau de la partie moyenne du muscle hyoglosse.

De son bord inférieur ou convexe on voit se détacher successivement :

1° Des rameaux destinés à la glande sous'maxillaire. Ces rameaux, nés au niveau du bord postérieur du muscle mylo-hyoïdien , ne pénètrent pas immédiatement dans cette glande; ils se rendent à un petit renflement connu depuis J.-F. Meekel sous le nom de ganglion sousmaxillaire. Leur nombre est de trois ou quatre.— -Les antérieurs, selon Arnold, M. Longet et la plupart des anatomistes modernes, naîtraient du lingual et formeraient la racine sensitive du ganglion,— Le postérieur serait un rameau détaché de la corde du tympan et deviendrait ainsi une racine motrice. — A ce même ganglion aboutit en outre en arrière un filet émané du plexus que le grand sympathique fournit à l'artère faciale.

Telles sont les branches afférentes du ganglion sous-maxillaire. Ses branches efférentes se distinguent :

En supérieures ou ascendantes qui vont se réunir au lingual en formant avec les racines motrices et sensitives une espèce d'anse à laquelle le ganglion est comme suspendu.

En onoyennes, au nombre de deux ou trois, qui se consument dans les parois du conduit de Warlhon.

Et en inférieures qui se ramifient dans la glande sous-maxillaire.

Ce ganglion présente quelquefois, ainsi que le remarque Meekel, une couleur rougeâtre, une forme ovoïde et des dimensions qui le font facilement reconnaître. Mais il importe d'ajouter que le plus souvent il n'en est pas ainsi ; il est quelquefois si minime , qu'il n'offre aucune forme déterminée. A sa place il n'est pas rare de trouver un simple petit plexus sans aucune apparence ganglionnaire.

2° Des filets jjar lesquels le lingual s'anastomose avec le grand hypoglosse. Ils sont multiples, et décrivent sur la face externe de l'hyoglosse des arcades à concavité postérieure

3° Des rameaux deslinés à la r/lande sublinguale. Coux-ci se rendraient aussi, selon Blandin, à un petit rendement qu'il a décrit sous le nom de ganglion sublingual et que j'ai vainement clierché. Pour le rendre plus apparent, j'ai plongé les préparations qui avaient servi à mes recherches dans une solution de potasse concentrée; mais il m'a toujours été impossible de le distinguer clairement : si ce renflement existe, son existence n'est certainement pas constante. A sa place je n'ai trouvé qu'un petit plexus dont les divisions se répandent dans la glande sublinguale.

Les branches terminales du nerf lingual se distribuent à la glande de Niihn, à la muqueuse qui revêt la face inférieure de la langue, à celle qui revêt sa pointe et ses bords, et enfin aux deux tiers antérieurs de celles qui recouvrent sa face dorsale. — Ces dernières, au nombre de douze ou quinze, traversent toute l'épaisseur de la langue sans lui abandonner aucune division ; arrivées sous la muqueuse dorsale elles forment, ainsi que l'a constaté 31. le pi'ofesseur Denonvilliers, de petits renflements dont chacun laisse échapper cinq ou six filaments courts et déliés qui vont en rayonnant se perdre dans le muscle lingual supérieur: elles pénètrent ensuite dans l'épaisseur de la muqueuse et se tertninent dans les papilles.

Ganglion Oilque.

Le ganglion otiipie, découvert par Arnold en 1S2G, est nn petit corps rougefitre, en général ovoïde, situé sur le côté interne du nerf maxillaire iiiférieur, immédiatement au-dessous du trou ovale. Sa face externe répond au point de réimion de la branche motrice avec ia branche scn^itive de ce nerf, et sa face interne au muscle péristaplivlin cxlernc qui le sépare de la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustaciie.

Ce ganglion peut être assez facilement observé sur des pièces fraîches ; mais il devient beaucoup plus apparent lorsqu'il a séjourné quelques heures dans une solution de soude ou de potasse. On remarque alors qu'il est uni au maxillaire inférieur par un petit groupe de libres qui semble provenir surtout de la branche motrice de ce neif et qui a été comparé par Arnold h la racine courte du ganglion ophthalmi(iue.

Indépendamment de ces fibres , le ganglion otique reçoit encore :

1° Une branche motrice que lui envoie le facial ;

2» Une branche sensitive qui lui vient du glosso-pharyngien par l'intermédiaire du rameau de Jacobson ;

3"* Une branche végétative qui émane du grand sympathique.

La branche motrice a été signalée par M. Longet , qui l'a décrite avec beaucoup d'exactitude sous le nom de petit félreux superficiel. Ainsi que le grand nerf pétreux, ce fdet se détache du premier coude du facial, sort de l'aqueduc de Fallope par un orifice particulier, se place dans une petite gouttière que lui présente la face supérieuri) du rocher, se dirige en bas et en dedans parallèlement au grand nerf péîreux au-dessous duquel il est situé, puis s'engage dans un pertuis qu'on voit entre les trous ovale et sphéno-épineux, et se jette dans la partie supérieure du ganglion.

La branche sensitive, comparée par Arnold à la longue racine du ganglion ophthalmique, a été aussi décrite par cet auteur sous la dénomina-

NEVROLOGIE,

tion de pelit iiélreiix sîipcrficlcl : pour la distinguer de la précédente, au-dessous de laquelle elle se trouve placée, et d'un autre fdet qui se porte du rameau de Jacobson au grand nerf pétreux , je l'appellerai 2)etil pétreux profond externe. Cette branche sort de la caisse du tympan par un pertuis qui lui est propre, et rencontre alors le petit pétreux superficiel auquel elle s'accole pour aller se jeter avec lui dans le ganglion otique.

Le fdet émané du grand sympaUiique , ou la branche végétative, se détache d'un pelit plexus qui entoure l'artère sphéno-épineuse et qui provient, comme celui qu'on trouve sur chacune des branches de la carotide externe, d'un plexus beaucoup plus considérable, le plexus hiter-carolidien, formé lui-même par des rameaux venus en partie du glosso-pharyngien, en partie du ganglion cervical supérieur.

Fie. 215.

Ga?iglioii oliqne.

. Petite i-aciue ou porlion moiricc de la cinquième paire, passant sur la face iuterne du ganglion de Gasser sans lui adiie'rer, et s' unissant à la branche maxillaire iufeiieuie à sa sortie du trou ovale. — 2. Nerf dentaire inférieur s'engageant dans le canal qui lui est propre. — 5. Rameau mylo-hyoïdien. — • 4. Nerf lingual. — o. Corde du tympan. — 6. Nerf facial dont le tronc a e'té divisé un peu au-dessus de l'origine de la corde du tympan. — 7. Oiigine du nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal, contenant dans la boutonnière que forment ses deux racines l'arlère méningée moyenne. — 8. Ganglion olique. — 9. Ne. f pelit pétreux superficiel sortant de l'aqueduc de Fallope par un orifice particulier pour venir se jeter dans le ganglion otique. — •lO. Nerf (iu muscle iuterne du marteau. — 11. Anastomose du ganglion olique avec le nerf temporal superlkiel. — 1-2.- Racine végetiitive qui se porte du plexus de Tartère méuiugoe moyenne an ganglion otique. — 15. Nerf du muscle ptérygoïdien iulerne, — 14. Nerf du péristaphylin externe.

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