‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 49 sur 133 · Branches t'.cracicjnes du pneumo-gastrique · texte numérisé non relu

Branches t'.cracicjnes du pneumo-gastrique

1° Rameaux cardiaques. Ces rameaux présentent de très grandes variétés d'origine, de nombre et de voluine, non seulement chez les divers sujets, mais d'un côté à l'autre. Indépendamment de ceux (pii émanent

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des nerfs récurrents, il en est quelques uns qui naissent de la portion cervicale du pneumo-gastrique et d'autres qui proviennent de sa portion thoracique.

Les rameaux cardiaques cervicaux du pneumo-rjastrique , ordinairement au nombre de deux ou trois, se détachent du tronc principal à des hauteurs différentes. Le plus élevé se réunit assez souvent au nerf cardiaque supérieur fourni par le grand sympathlipie, et communique dans tous les cas avec ce nerf. On voit aussi quelquefois les autres se joindre aux nerfs cardiaques moyen et inférieur ; mais le plus souvent ils échangent seulement queUpies ramuscules avec ces nerfs. Quoi qu'il en soit , les rameaux cardiacpies cervicaux se dirigent obliquement en bas et en dedans , pénètrent dans la poitrine en passant, ceux du côté droit au-devant du tronc brachio-céphalique, ceux du côté gauche au-devant de la crosse de l'aorte, etse jettent dans le plexus cardiaque, plexus qui se compose surtout de branches émanées du grand sympathitpie et qui sera décrit avec les nerfs ganglionnaires.

Les rameaux cardiaques ihoraciques partent du tronc de la dixième paire au-dessous de l'origine des nerfs récurrents , s'anastomosent avec les nerfs cardiaipies cervicaux moyen et inférieur, avec les rameaux cardiaques (lu laryngé inférieur , et s'engagent entre la trachée et la crosse aorti(pie, puis se jettent comme les précédents dans le plexus cardiaque.

2° Rameaux pulmonaires ou bronchiques. Quelques uns partent du tronc principal, un peu au-dessus de la bifurcation de la trachée, et se rendent à la partie antérieure de ce conduit; les autres, infiniment plus nombreux , naissent en arrière de l'origine des bronches : de là l'ancienne distinction de ces rameaux en antérieurs et postérieurs. (Fig. 21 s.)

Les rameaux pulmonaires antérieurs, rares et grêles, émanent du pneumo-gastrique, au-dessous des nerfs cardiaipies thoraciques. Dirigés en bas, en dedans et en avant, ils croisent obliquement les parties latérales de la trachée en lui abandonnant plusieurs filets, et arrivent au-devant de ses divisions où ils s'unissent soit entre eux, soit avec ceux du côté opposé : c'est à ce petit groupe de rameaux ainsi anastomosés qu'on a donné le nom de plexus pulmonaire antérieur. Les divisions qui en partent s'appliquent sur les bronches dont elles suivent la direction dans toute leur étendue en se comportant comme celles qui proviennent des'nerfs pulmonaires postérieurs.

Les nerfs pulmonaires postérieurs, volumineux et extrêmement multipliés, se portent dans toutes les directions en échangeant un grand nombre de rameaux et en communiiiuant avec les branches correspondantes venues des trois ou quatre premiers ganglions thoraciques du grand sympathique. Parmi ces nerfs, on en voit plusieurs qui passent de droite à gauche et de gauche à droite en échangeant divers filets. De toutes ces communications l'ésultent deux grands plexus, un plexus pulmonaire postérieur droit etnn plexus pulmonaire postérieur gauche, qui, liés l'un à l'autre, ont pu être considérés comme un plexus unique impair et médian destiné à transmettre dans chacun des poumons l'influence réunie des deux pneumo-gastriques. De ce plexus naissent quatre ordres de filets :

Des filets trachéens qui vont se terminer dans la partie inférieure et postérieure de la trachée.

i^i ANATOMIE.

Des filets œsophagiens qui se distribuent à la partie uioyenue de l'œsopliage, les uns dans sa tunique musculaire, les autres dans sa membrane niu([ueuse.

Des filets pcrlcardiqucs qui se perdent dans la partie postérieure et supérieure de l'enveloppe du cœur.

Et enfin des filets bronchiques plus volumineux et plus nombreux que les précédents. Le trajet, les x-apports et le mode de distribution de ces filets ont été juscpi'k présent très incomplètement décrits. Scarpa a fait remarquer qu'ils s'appliquent de préférence sur les divisions des bronches, au niveau de la racine des poumons ; mais comment se comportent-ils dans l'épaisseur de cet organe? Restent-ils juxtaposés aux divisions bronchiques , ou bien s'en séparent-ils? et s'ils s'en séparent, est-ce pour s'accoler au tronc vasculaire, ou pour se répandre à la surface des lobules pulmonaires ? Quelques recherches spéciales faites sur l'homme et sur le poumon de plusieurs mammifères, particulièrement sur celui du bœuf et du cheval, m'ont démontré :

1° Qu'ils suivent jusqu'à leur extrémité terminale les divisions de l'arbre aérifère, qu'ils ne s'écartent sur aucun point de ces divisions, et qu'ils pénètrent avec elles dans les lobules qui leur correspondent ;

2" Que ceux partis du plexus pulmonaire antérieur, et ceux beaucoup, plus nombreux fournis par le plexus pulmonaire postérieur, conservent dans toute l'étendue de leur trajet leiir disposition plexiforme ; leurs mailles s'allongent seulement dans le sens de leur direction, de telle sorte que chacune d'elles représente une ellipse plus ou moins comprimée dans le sens de son petit axe ;

3" Que leurs ramifications sont exclusivement destinées à la muqueuse respiratoire et n'ont avec les vaisseaux sanguins d'autres connexions quecelles qu'elles affectent -dans la trame de celle-ci avec les capillaires artériels et veineux.

Pour préparer tous ces filets depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, il faut injecter avec une solution de sulfite de soude les poumons d'un bœuf ou d'un cheval, les suspendre par la trachée, détacher tout le parenchyme pulmonaire à l'aide d'un manche de scalpel demi-tranchant, ce qui est facile, et poursuivre ensuite de haut en bas chaque division nerveuse en les laissant appliquées sur les canaux bronchiques. J'ai déposé dans le musée de la Faculté une préparation de ce genre.

3° B.aineaux œsophagiens. Nous avons vu que la partie supérieure de l'œsophage reçoit de nombreux rameaux des nerfs récurrents, et que sa partie moyenne reçoit plusieurs divisions des rameaux pulmonaires. Précédemment aussi nous avons vu que dans le trajet ciu'ils parcourent de la racine des poumons à l'orifice aortique du diaphragme , les pneumo-gas-triques s'appliquent au même conduit, l'enlacent de leurs nombreuses anastomoses et forment àsa surface un plexus remarquable, \q plexus oesophagien. Ce plexus , dont la disposition nous explique bien la sensation douloureuse qui accompagne la déglutition d'un bol alimentaire trop volumineux, abandonne au tiers inférieur de cet organe un grand nombre de tilets de-tinés comme les supérieurs et les moyens à ses tuniipies musculaire et muqueuse.

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C, Branches abdominales des pnciuno-rjastri'jiies.

Parvenus dans l'abdomen, les deux pneuino-gastriques se terminent différemment.

Le pneumo-gastriqne gauclie, situé au-devant du cardia, se décompose en un 1res grand nombre de rameaux divergents. — Parmi ces rameaux, les uns se portent en bas et à gaucbe vers le grand cul-de-sac de l'estomac, où ils se terminent. — D'autres obliquement dirigés en bas et à droite se répandent sur toute la face supérieure de ce viscère. — D'autres plus volumineux suivent sa petite courbure à laquelle ils abandonnent un grand nombre de filets, et, considéi-ablement amoindris au voisinage du pylore, se réfléchissent de bas en haut pour aller se distribuer dans le foie. — D'autres enfin, plus élevés et réunis en un petit faisceau distinct, cheminent transversalement de gauche à droite entre les deux lames de l'épiploon gastro-hépatique , se mêlent aux précédents et avec eux pénètrent dans le foie en suivant les divisions de la veine porte.

Le pneumo-gastrique droit, situé en arrière du cardia, fournit d'abord un groupe de ramifications qui descendent en divergeant sous la face inférieure de l'estomac à laquelle elles sont destinées. Il se porte ensuite en arrière vers l'extrémité interne du ganglion semi-lunaire en formant une arcade à concavité supérieure, et se perd dans ce ganglion ainsi que dans le plexus solaire.

De ces deux nerfs, le gauche se termine donc principalement dans l'estomac et accessoirement dans le foie , le droit principalement dans le plexus solaire et accessoirement dans le premier de ces viscères.

Fue générale des nerfs j)neiimo-rjastrîcjues.

Les pneumo-gastriques sont des nerfs mixtes ou plutôt des nerfs complexes qui naissent par trois ordres de racines, des racines sensitives, des racines motrices, des racines végétatives, et dont les innombrables divisions vont se répandre dans six grands appareils, les appareils de la phonation, de la respiration, de la circulation, de la déglutition, de la chymification et de la chylification.

Leurs racines sensitives, représentées par huit ou dix filets, partent des pédoncules cérébelleux inférieurs et se réunissent bientôt en un seul tronc qui se renfle une première fois à son passage dans le trou déchiré postérieur, puis une seconde fois immédiatement au-dessous de cet orifice.

Leurs racines motrices proviennent principalement du spinal et accessoirement du facial, de Thypoglosse et de l'arcade des deux premiers nerfs cervicaux.

Leurs racines végétatives émanent des trois ganglions cervicaux et des cinq ou six premiers ganglions tboraciques du grand sympathique.

Ainsi constitués, les pneumo-gastriques fournissent :

A l'appareil de la phonation : 1° le laryngé supérieur qui, après avoir donné un filet au constricteur inférieur et un autre au crico-thyroïdien , se termine par le plus grand nombre de ses branches, soit dans la muqueuse; du larynx, soit les muqueuses adjacente?, et qui est par conséipient beaucoup plus sensitif ipie moteur ; 2° le laryngé inférieur qui donne, au cœur

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dos filets musculaires, à l'œsophage et à la Iracliée, des filets mixtes, an larynx des filets musculaires, et qui se montre ainsi, contrairement au lircccdent, beaucoup plus moteur que sensitif.

A l'appareil de la respiration, les nerfs pulmonaires anléricurs et postérieurs dont qf ekjues divisions sont destinées à l'œsoijhage, à la trachée et au péricarde, mais qui se consument essentiellement dans les bronches sur lestpiellcs ils s'étendent jusqu'à leur dernière extrémité pour pénétrer avec elles dans l'épaisseur des lobules.

A l'appareil central de la circulation : 1° les rameaux cardiaques supérieurs qui viennent de la portion cervicale du tronc de la dixième paire ; 2° les rameaux cardiaques moyens qui émanent de la convexité de l'arcade que décrivent à leur origine les nerfs récurrents; 3" les rameaux cardiaques inférieurs, qui naissent au-dessous des précédents de la portion tlioracique du pneumo-gastriquc. Ces trois ordres de rameaux s'unissent et s'entremêlent aux nerfs cardiaques supérieur, moyen et inférieur du grand sympathique pour former le plexus cardiaque.

A l'appareil de la déglutition: 1° le rameau pharyngien, l'une des sources principales du plexus pharyngien dont les filets se réfiandent eu jiartie dans la muqueuse pharyngienne ; 2® les rameaux œsophagiens suitcrieiirs qui partent des récurrents, les rameaux œsophagiens moyens (jui viennent des plexus pulmonaires postérieurs, et les rameaux œsophagiens inférieurs qui naissent directement du tronc des pneumo-gastri(iues.

A l'appareil de la chymification, les rameaux si multipliés qui se distribuent au cardia, au grand cul-de-sac de l'estomac, à sa face supérieure, à sa l)ctite courbure et à sa face inférieure.

A l'appareil de la chylification : 1° les rameaux que le pneumo-gastricpie gauche envoie au foie; 2° ceux infiniment plus nuilii[)!iés que le jmeiimo gastrique droit abandonne au plexus solaire, et qui de ce plexus arrivent à l'estomac, au foie, au pancréas, à la rate et au tube intestinal avec les branches du tronc cœliaque et l'artère mésentériquc supérieure.

t^vr/f/CA'. Considérés à leur origine, ces nerfs sont sensitifs ; considérés à leur sortie du crâne, ils sont sensitifs et moteurs ; considérés dans leur trajet ultérieur, ils se composent de fibres sensilives, de fibres motrices et de fibres organiques.

Les fibres initiales du pneumo-gastri(ine sont-elles exclusivement sensilives? A celte question Scarpa, Arnold, Bichoff, Yalentin et M. Longet répondent affirmativement. Plusieurs physiologistes, à la tcte desquels il faut placer M. Cl. Kernard, répondent au contraire par la négative. Les raisons suivantes semblent donner plus de valeur à la première opinion : 1" Ce nerf émane des pédoncules cérébelleux inférieurs, c'est-à-dire des cordons postérieurs de la moelle; 2° il se renfle à son passage dans le trou déchiré conmie les racines spinales postérieures à leur passage dans les trous de conjugaison ; 3" soumis aux irritations mécanicpies et galvaniques, il devient le siège de douleurs et non le point de départ de contractions cou- Yulsives.

Par ses fibres sensitives le pneumo-gastrique distribue la sensibilité à toutes les parties dans lesquelles il pénètre, et particulièrement aux muquer.ses laryiig('e, respiratoire et digestive.

Par ses fibres motrices il tient sous sa dé^iendançe les mr.scles intrin?

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sèques du larynx, le plan musculaire qui sous-lend les cerceaux de la trachde et des bronches, les fibres contractiles du cœur, les divers muscles du pharynx, la tunique musculeuse de l'œsophage et celles de l'estomac.

Par ses libres organiiiues, réunies à celles du grand sympathique, il préside à la nutrition et aux diverses sécrétions des organes soumis à son influence.

Parallèle du pncumo-gasiriquc et dit grand sympathique.

Nous avons vu que le grand sympathique est un nerf complexe qui naît de toute l'étendue de l'axe cérébro-spinal par une longue série de racines sensilives et motrices, — que de la réunion successive de toutes ces racines résulte un long cordon étendu de la base du crâne à la base du coccyx et renflé de distance en distance, — que les branches qui émanent de celui-ci se dirigent en dedans et en avant pour se distribuer surtout aux viscères du cou , de la poitrine et de l'abdomen , — et enfin que toutes ces branches sont remarquables par leur disposition plexiforme et leur aspect grisâtre.

Comme le grand sympathique, le pneumo-gastrique est un nerf complexe formé par la réunion d'une succession de racines échelonnées dans une grande étendue sur les parties latérales de l'axe cérébro-spinal.

Comme ce nerf, il présente des renflements : un premier à son passage dans le trou déchiré, un second à sa sortie de ce trou, très souvent un troisième au niveau de l'origine des rameaux pulmonaires postérieurs et même quelquefois un quatrième plus ou moins rudimentaire au-dessus de l'origine des nerfs récurrents. Tous ces ganglions ont été représentés par Willis et mieux encore par Vieussens, qui ont donné au plus inférieur le nom de plexus gangliforme thoracique, afin de le distinguer du plexus gangliforme situé au-dessous du trou déchiré.

Ses branches se dirigent aussi de dehors en dedans ; un grand nombre d'entre elles présentent un aspect grisâtre; sur quelques unes on rencontre de petits renflements ganglionnaires; la plupart affectent une disposition plexiforme, et particulièrement celles qui se portent au pharynx, celles qui se rendent au cœur, celles qui se distribuent aux bronches, etc.

Parleur origine, leur structure, la direction de leurs branches, l'aspect, l'inti'ication et la terminaison de leurs rameaux, par l'ensemble de leurs caractères anatomiques en un mot, les pneumo-gastriques offrent donc la plus remarquable analogie avec les nerfs ganglionnaires dont ils ont été considérés avec raison comme une partie surajoutée ou complémentaire. Etendus de l'axe cérébro-spinal vers l'appareil de la phonation, puis vers les appareils de la circulation, de la respiration et de la digestion, ils semblent appelés à établir une sorte de transition insensible entre le système nerveux de la vie animale-et le système nerveux de la vie organique. Il est digne de remarque que leurs premières branches, celles surtout qui se rendent à l'appareil vocal, ne diffèrent pas de celles qui vont se distribuer aux autres organes de la vie de relation, que plus on s'éloigne de leur origine, plus ils revêtent les attributs des nerfs ganglionnaires, et qu'en prenant ces attributs ils offrent aussi une tendance de plus en plus, grande à se mêler à ces derniers avec lesquels celui du côté droit finit par se confondre.

Ajoutons que lorsqu'on descend l'échelle des vertébrés à mesure que le'grand sympathique se dégrade , le pneumo-gastrique se développe, de

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(elle sorlc (|ne l'iiu de ces licrfs ne peut tU'cruîti'c sans que l'aufre u'auginciite iiroportionnellemeiit. Dans les poissons, où le grand syinpatlii(|ne se trouve féduit à son elat le plus rndinicntaii-c, les pneunio-gaslri- (lues arrivent à des dimension^ si considérables, ([ue leur volume réuni diftïre à peine de celui de la moelle épinière.

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