RACINES DES NERFS RACHIDIENS
Ces racines nous offrent à étudier leur origine apparente et réelle, leur trajet, leurs anastomoses , les renflements qu'elles présentent ou la série des ganglions intervertébraux , enfin leur réunion on le tronc des nerfs rachidiens.
1° Origine apparente.
Les racines postérieures émanent du sillon collatéral postérieur sur lequel elles sont disposées en série parfaitement linéaire.
Leur nombre moyen s'élève à six ou huit. — Leur volume, à peu près égal, est d'un demi-millimètre environ. Mais ce nombre et ce volume varient dans les diverses régions. — Les racines antérieures des nerfs cervicaux sont les plus nombreuses et les plus volumineuses ; elles se touchent à leur point d'émergence. Celles des nerfs dorsaux, plus rares et plus grêles, se trouvent séparées les unes des autres par un intervalle assez notable. — Celles des nerfs lombaires et sacrés tiendraient le milieu entre les précédentes, selon la plupart des auteurs ; mais elles se rapprochent très manifestement beaucoup plus des premières que des secondes, et comme elles sont étagées sur une très petite partie de la longueur de la moelle, celle-ci se terminant au nis^eau du corps de la première vertèbre des lombes, elles sont très serrées les unes contre les autres.
Les racines antérieures naissent des parties latérales de la face antérieure de la moelle, sur la direction d'une ligne qui prolongerait inférieurement le sillon intermédiaire aux éminences olivaire et pyramidale du bulbe , ligne décrite par quelques auteurs sous le nom de sillon collatéral antérieur. Chacune d'elles prend naissance par deux ou trois radicules irrégulièrement implantées à leur point d'émergence, de telle sorte qu'elles ne se superposent pas en série linéaire, mais recouvrent une bande ou colonne verticale de 2 miUimètres de largeur. — Leur nombre moyen est de quatre à six et leur diamètre d'un quart ou d'un tiers de millimètre. — Les dorsales sont aussi les plus petites et les plus espacées, viennent ensuite les supérieures ou cervicales, puis les lombaires et les sacrées qui par leur volume l'emportent un peu sur les supérieures.
2'» Origine réelle.
Lorsqu'on arrache les racines postérieures, on constate au niveau de leur implantation une longue succession de points grisâtres et creusés en fossette qui annoncent des connexions intimes entre ces racines et. la substance grise centrale de l'axe nerveux. Si l'on pratique une section
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transversale de la moelle, où si l'on excise une cerlaine étendue de son cordon postérieur, on remarque qu'elles correspondent en effet à leur point de départ au prolongement postérieur de la substance grise. Mais comment se comportent-elles au delà ? Se perdent-elles dans cette substance comme le voulaient Gall etSpurzheira? S'y perdent-elles en partie seulement, comme le pense M, Longet, les autres allant se continuer avec le cordon postérieur? Ne font-elles que la traverser, ainsi que l'admet Valentin, pour aller constituer ce cordon et se prolonger ensuite jusqu'à l'encéphale? Ou bien encore ce qui me paraît plus vraisemblable, s'unissent-elles à ce cordon par voie de fusion ou de soudure, de telle sorte que plusieurs fibres périphériques viendraient se continuer avec une même libre centrale? (Voy. les Cons. gén., p. 32 et 33.) L'observation jusqu'à présent n'a répondu à aucune de ces questions dont rimportance cependant a provoqué beaucoup de recherches.
L'origine réelle des racines antérieures paraît plus difficile encore à surprendre ; car ces racines se perdent presque aussitôt au milieu des fibres du cordon antéro-latcral, et soit qu'on les examine sur des moelles fraîches, soit qu'on les étudie sur des moelles durcies par le contact prolongé de l'alcool, on ne parvient dans aucun cas à les poursuivre jusqu'au prolongement antérieur de la substance grise centrale qui leur correspond. Très probablement elles se continuent avec les fibres qui constituent le cordon moteur de la moelle ; car celui-ci est assez considérable pour représenter l'ensemble de ces racines. — Reste une difficulté cependant : ce cordon s'accroît un peu de bas en haut, mais il ne s'accroît nullement en proportion du nombre et des racines qu'il reçoit ; ici encore la continuité semblerait donc s'établir par voie de fnsion, plusieurs fibres motrices périphériques venant se souder à différentes hauteurs sur une même fibre motrice centrale. Un semblable mode de continuité paraît d'abord en opposition avec les données de la physiologie, c'est-à-dire avec l'indépendance qui caractérise les mouvements volontaires. Remarquons toutefois que si les mouvements volontaires sont en effet indépendants, il n'en est pas ainsi des muscles qui les exécutent. Ceux-ci pour la plupart se contractent par groupe. Tous ceux qui concourent à un même acte se contractent à la fois. La volonté donne l'ordre d'accomplir cet acte, et les muscles préposés à son accomplissement entrent aussitôt en action; nous voulons fléchir l'avantbras et à l'instant même le biceps et le brachial antérieur se contractent ; mais c'est en vain que nous chercherions à contracter isolément l'un ou l'autre de ces muscles. Or la volonté dans les mouvements qu'elle ordonne n'ayant d'influence que sur les groupes, on conçoit que toutes les fibres motrices destinées au même groupe puissent se souder sur une même fibre centrale sans que les phénomènes de l'innervation perdent rien de leur régularité. Cette fusion de plusieurs fibres motrices périphériques avec une seule et même fibre motrice centrale nous expliquerait même mieux qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour pourquoi la volonté est toute-puissante sur un groupe de muscles préposé à tel ou tel acte, et comment elle est sans influence sur chacun des muscles de ce groupe en particulier.
3" Trajet et rapports.
Les racines antérieures et postérieures du premier nerf cervical sont légèrement ascendantes; celles du second et du troisième sont transversales, et
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les suivantes obliques en Las et en deliors, de telle sorte qu'elles ont à descendre de la hauteur d'une vertèbre pour arriver à leur orifice de sortie. Celles des nerfs dorsaux deviennent verticales et parcourent avant d'arriver au trou de conjugaison, dans lequel elles s'engagent, un intervalle qui équivaut aux corps de deux vertèbres. Celles des nerfs lombaires et sacrés, verticales aussi, ont à franchir un espace d'autant plus long qu'elles se dirigent vers un orifice de sortie plus déclive : ce sont ces racines lombaires et sacrées qui, en se juxtaposant au-dessous de l'extrémité inférieure delà moelle, constituent la queue de cheval.
Considérées dans chaque paire, les racines des nerfs spinaux présentent THic double oblit[uité : une obliquité en bas et en dehors qui est commune aux deux groupes, et une obliquité d'avant en arrière pour le groupe des racines antérieures , d'arrière en avant pour celui des racines postérieures. — Considérées dans chaque groupe, leur direction est d'autant plus oblique (in'elles sont plus élevées; les moyennes affectant une certaine obliquité, les inférieures se relevant un peu pour atteindre celles-ci, et les supérieures continuant au contraire à descendre pour les rcjoinLlre.
A leur point de départ les racines antérieures sont séparées des postérieures par toute l'épaisseur de la moelle ; plus loin elles en sont séparées par le ligament dentelé.
Chacune d'elles reçoit de la pie-mère spinale une enveloppe qui les accompagne jusqu'à leur réunion en un seul tronc où toutes ces envelo|>pes se confondent également en une seule pour constituer le névrilème des nerfs racbidiens.
L'arachnoïde les entoure et leur forme une gaine commune infundil)uliforme dont le sommet répond à l'entrée du canal que leur présente la dure-mère.
4° Jnaslomoses.
Les racines postérieures ne s'anastomosent jamais avec les antérieures nn dedans du canal sacro-vertébral ; mais on voit assez souvent les racines de chaque ordre communiquer entre elles.
Tantôt ces anastomoses ont lieu entre deux radicules du même groupe, et tantôt entre les racines supérieures et inférieures de deux groupes voisins. Dans ce dernier cas, qui est le plus ordinaire, Tanastomose s'établit de la manière suivante : Le filet le plus déclive du groupe supérieur, après avoir marché d'abord parallèlement à ceux qui le surmontent, s'en écarte subitement pour se porter en bas et vient se réunir sous un angle très ouvert au filet le plus élevé du groupe inférieur. Celte union s'opère toujours sur un point plus ou moins rapproché de la dure-mère, et parfois même à l'intérieur du canal dans lequel s'engagent les racines anastomosées.
Selon la plupart des auteurs, on verrait aussi quelquefois un filet intermédiaire à deux groupes se bifurquer pour se porter vers l'un et l'autre ; je n'ai pas observé ce troisième mode d'anastomose.
5° Ganglions intervertébraux.
Parvenu à la dure-mère le faisceau des racines postérieures s'engage dans un canal particulier résultant du prolongement de cette membrane, canal qui se continue par son extrémité externe avec le périoste des trous FI. 27
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de conjugaison. Le faisceau des racines anlcricui-es s'engage dans un canal semljlable. Mais dans le trajet qu'ils parcourent de la dure-mère à la sorlie du trou de conjugaison, ces faisceaux ne se comportent pas de la même manière.
Le postérieur, plus considérable, se rende en se mêlant à une certaine (juantité de corpuscules ganglionnaires ; la série de ces renflements constitue les ganglions spinaux ou interverlébroîix.
L'antérieur, aplati et creusé en goutlière, passe au-devant du ganglion correspondant sans lui adhérer et sans concourir à sa formation, puis se confond au delà de celui-ci avec le faisceau des racines postérieures pour constituer un cordon arrondi.
La forme des ganglions intervertébraux est olivaire. — Leur direction est en général transversale. — La plupart sont situés à l'entrée du trou de conjugaison qui leur correspond ; cependant celui qu'on observe sur les racines postérieures du premier nerf cervical est contenu à l'intérieur du canal de la dure-mère ; ceux des nerfs sacrés sont placés au contraire en dehors de cette membrane dans l'intérieur du canal sacré, — Leur nombre égale celui des paires rachidiennes. — Leur volume est toujours très inférieur à celui des trous de conjugaison dont les dimensLons se trouvent en rapport non avec le diamètre des nerfs rachidiens, mais avec celui des sinus veineux qui occupent le canal sacro-vertébral.
6° Tronc des nerfs rachidiens.
Le tronc des nerfs rachidiens s'étend de l'angle de réunion des deux ordres de racines , c'est-à-dire des ganglions intervertébraux à l'origine des branches postérieures. — Sa longueur est mesurée par l'intervalle compris entre la partie moyenne du canal que représente chaque trou de conjugaison et l'orifice externe de ce canal ; il offre par conséquent une extrême brièveté. Si court qu'il soit cependant, il suffit au mélange intime des deux ordres de racines qui le composent ; car on i-etrouveles unes et les autres non seulement dans ses branches, mais dans ses principaux rameaux, d'où il suit que toutes les paires rachidiennes représentent des nerfs mixtes.
Parallèle des racines antérieures et postérieures.
Après avoir exposé les caractères propres à chacun des deux ordres de racines, il nous reste pour compléter leur étude à les opposer l'un à l'autre; ce parallèle sera à la fois le résumé et le complément de tous les détails qui précèdent.
Les racines postérieures correspondent à leur origine à la substance grise centrale de la moelle dans laquelle elles disparaissent sans qu'on puisse déterminer comment elles se comportent au delà. — Les racines antérieures se perdent dans l'épaisseur du cordon antéro-latéral sans affecter aucune connexion apparente avec la colonne de substance grise que renferme ce cordon.
Les racines postérieures, très régulièrement superposées, n'occupent sur la moelle qu'un espace linéaire. — Les racines antérieures, composées chacune de deux ou trois radicules à leur point d'émergence, occupent une
IS'EVUULUGIE. :i\o
[iclilc Loioiino dont ks limites vaguement accusées varient en largeur de 1 à 3 niillinictres.
Les postérieures sont à la fois plus nombreuses et plus volumineuses que les antérieures ; sous ce dernier raitport on peut dire avec Blandin que les jiremières sont aux secondes dans la proportion de 2 : I dans la région cervicale, de 1 : 1 dans la région dorsale, et de 1 1/2 : 1 dans les régions lombaire et sacrée.
Les postérieures présentent un ganglion sur leur trajet, d"où le nom de racines gnnglionitaircs sons lequel elles sont quelquefois désignées. — Les antérieures en sont constamment dépourvues.
Les postérieures , ainsi (jue nous l'avons vu (voy. les Cons. gén., p. 22 et 2:31, sont affectées, de nwnie que les cordons postérieurs, à la sensibilité. — Les racines aniévieures, de même que !e cordon antéro-latéral, sont a'.fectées au mouvement.
BIIANCIIES POSTÉRIEUUES DES >"ERFS RACHIDIE.NS.
Pie/)nrnlion. 1° laciser les le'guments sur la l'giie médiaue depuis l'occipilal jusqu'au coccyx.
■2" Disséquer ces téguments de Tim ou de l'autre côte' en procédant de dedans en dehors el en usant des plus grands ménagemenls afin de ue pas diviser les ra^ meaux cuiane's des brauches postérieures, rameaux qui traversent les insertions^ iulerues du trapèze sur un point très rapproche des apophyses épineuses.
ô» Lorsque tous ces rameaux cat;>ncs, qui, après avoir traverse les muscles superficiels du dos, se dirigent de dedans en dehors, auruut été préparés, circonscrire le segment de peau auquel ils se distribuent eu pratiquant uue seconde incisi <n verticale étendue de l'apophyse m;istoide à la crête de l'os iliaque et passant au niveau de l'angle des côtes.
4° Suivre sur la partie postérieure du ci âne les divisions delà branche poste'vieiire du sec.nd nerf ceivical en incisant le cuir chevelu sur leur trajet, et enk'ver ensuite celui-ci sur loue la région occipitale aliu de mettre à nu le tronc commun de ces rameaux.
o» Diviseï- le trapèze verticalement au niveau du bord posléi i.'ur de Tomoplale. soulever et dévi.-r en feus inverse ses deux moUiés, inciser également le jhomboïdc à sou attache externe, puis repousser fépaule en dehors ainsi que le muscle scapulaiie.
6" Chercher les brauches postérieures des sept dernières paires cervicales sur le bord externe du grand complexus, en dedans des insertions du petit cumplcxus et du transversaire du cou, suivre ensuite chacune de ces branches eu incisant sur leui partie moyenne les muscles qui les recouvreiît.
7" Découvrir la branche postérieure du premier nerf cervical qu'on trouvera dans l'espace triangulaire que circonscrireut les muscles droits et obliques postérieurs.
8" Séparer au niveau de leurs interstices le transversaire épineux du long dorsal, et le Inng dorsal du sacro lombaire en prolongeant la séparation de ces deux derniers muscUs jusqu'à Tos iliaque, el isoler les branches postérieures de? nerfs dorsaux et lombiiires dont les rameaux cheminent au milieu de ces inters'ices.
9" Enfin, pour arriver aux branches postérieures des nerfs sacrée, détacher à leur insertion et de dedans en dehors les faisceaux musculaires qui remplissent la gouttière du sacrum , de manière à saisir ces branches à leur sortie des trous sacrés postérieurs.
Les branches postérieures des nerfs spinaux se détachent de leur tronc respectif immédiatement en dehors des trous de conjugaison.
Toutes ces branches, à l'exception de la première et surtout de la seconde , sont notablement plus petites que les antérieures.
Toutes se dirigent d'abord horizontalement d'avant en arrière.
Toutes (à l'cxcepUon cependant de la première) fournissent deux ordres de rameaux : des rameaux musculaires qui se portent en général directement en arrière comme la branche dont ils émanent, et des rameaux cutanés (pii s'inclinent en dedans, se rapprochent plus ou moins du sommet des apophyses épineuses, et se réfléchissent ensuite de dedans en dehors.
A ces caractères communs viennent se joindre quelques caractères différentiels qui dépendent surtout de la disposition respective des muscles dans les interstices desquels elles cheminent. Envisagées sous ce point de vue elles peuvent être distirtguées :
En sons-occipitales, au nombre de deux, celle du premier nerf cervical et celle du second, qui offrent chacune une disposition spéciale.
En cervicales qui comprennent celles des six derniers nerfs cervicaux et celle du premier nerf dorsal.
En thovaciques, qui comprennent celles des sept nerfs dorsaux suivants.
Et enfin en abdomino-pelviennes , parmi lesquelles viennent se l'anger celles des quatre derniers nerfs dorsaux, celles des cinq*iierfs lombaires, et enfin celles des six nerfs sacrés.
A. Brynclies sous-occipitales.
Ces branches ne diffèrent pas seulement de toutes les autres, elles diffèrent aussi Tune de l'autre et méritent par conséquent une description particulière.
1° Branche posidrieure du premier nerf cervical. Un peu plus considérable (jue l'antérieure, cette branche sort du canal vertébral entre l'occipital et l'atlas, en dedans et au-dessous de l'artère vertébrale, se porte direclemcnt en arrière, traverse le tissu cellulo-adipeux qui remplit l'espace triangulaire compris entre les muscles droits et obliques postérieurs de la tête, puis se divise :
En rameaux internes, destinés aux grand et petit droits postérieurs ; le rameau qui se rend au petit droit passe perpendiculairement entre le grand droit et le grand complexus.
En rameaux externes, au nombre de deux ou trois, destinés au petit oblique.
En rameaux inférieurs, plus considérables que les précédents, dont l'un vient se jeter dans le grand oblique après avoir décrit un trajet demicirculaire.
En rameau anastomolique qui s'unit au-dessous de ce muscle à un rameau ascendant venu de la branche postérieure d»i deuxième nerf cervical pour former une arcade comparée par Haller à celle qui embrasse en avant les masses latérales de l'atlas.
2° Branche, pioslérieure du deuxième nerf cervical, grand nerf occipital d' Arnold , branche occipitale interne de M. Crnvcilhicr. Elle se distingue entre toutes les branches postérieures des nerfs spinaux, par son volume ordinairement double et quelquefois triple de celui de la branche antérieure correspondante, par sa forme aplatie, par sou trajet ascendant, et parla multiplicité de ses rameaux cutanés.
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Cette brandie sort du racliis entre l'arc postérieur de l'atlas et la lame corresiiondante de Taxis, sur le même plan vertical que la branche postérieure de la première paire, c'est-à-dire sur un point notablement plus rapproché de la ligne médiane que l'orifice de sortie de toutes les branches suivantes. — Située d'abord au-dessous de l'oblique inférieur, elle se place bientôt entre ce muscle et le grand complexus, se porte obliquement en haut et en dedans, traverse ce dernier muscle, puis le trapèze qui le recouvre, se réfléchit alors pour se diriger en haut et en dehors en faisant avec sa direction primitive un angle droit, et, devenue sous-cutanée, se 1 artage en un très grand nombi'e de ramifications qu'on peut suivre facilement jusqu'au sommet de la tête, — Dans ce trajet elle fournit :
a. Deux filets anastomotiques, un filet ascendant et un filet descendant, qui s'unissent en arcade aux filets correspondants des première et troiuème paires cervicales. Ce sont ces arcades nerveuses, quelquefois multinlcs, et (jui d'autres fois n'existent pas ou existent en partie seulement, que M. Cruveiliiier a désignées sous Je nom de plexus cervical postérieur, afin sans doute de rappeler la disposition analogue, mais beaucoup plus remarquable, que présentent les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux. De ces arcades ou voit partir un certain nombre de filets ordinairement assez grêles qui se perdent soit dans l'oblique inférieur, soit dans le grand complexus, soit dans le transversaire épineux.
b. Des rameaux musculaires multiples. Le plus important de ces rameaux naît au-dessous du grand oblique, se porte aussitôt en arrière en fournissant des filets au grand et petit complexus, et s'épuise principalement dans le pplénius. D'autres se détachent entre l'oblique inférieur et le grand conqilexus ; ils sont destinés à ce dernier. D'autres enfin prennent naissance entre le grand complexus et le trapèze ; ils sont destinés k l'angle supérieur de celui-ci.
c. Des rameaux cutané&qu'on peut diviser d'après leur direction : en internes, ce sont les plus grêles; en externes dont quelques uns s'anastomosent avec les filets de la branche mastoïdienne du plexus cervical; et en supérieurs qui vont se ramifier, ainsi que les précédents, dans l'épaisseur du cuir chevelu. Un grand nombre de ces filets peuvent être suivis jus« qu'aux bulbes pilifères.
B. Branches cervicales.
Les branches postérieures des six derniers nerfs cervicaux et celle du premier nerf dorsal ont pour caractères :
1" De diminuer de volume de haut en bas, de telle sorte que la première est la plus considérable, et la dernière la plus grêle ;
2° De se réfléchir dès leur origine sur le bord externe du transversaire éi ineux, de cheminer entre ce muscle et le grand complexus en se portant d'autant plus obliquement en bas et en dedans qu'elles sont plus inférieures, de traverser le splénius et le trapèze au voisinage des apophyses épineuses, et de se réfléchir une seconde fois pour se diriger de dedans en dehors.
.3° De fournir dans leur trajet des rameaux muscvdaircs deMinés au transversaire épineux, au transversaire du cou et au grand complexus.
4° De s'épanouir à leur extrén;itc terminale eu un pinceau de ramiffcations cutanées,
Indépentlamment de ces deux ordres de rameaux, la pi'einière de ces branches, c'est-à-dire celle du troisième nerf cervical, donne en outre : un rameau anastomotique ascendant par lequel elle s'unit au grand nerf occipital, et un rameau cutané beaucoup plus important qui, après avoir traversé le trapèze, se dirige presque verticalement en liant vers la partie médiane des téguments de l'occiput auxquels il se distribue.