‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 71 sur 133 · PORTION CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

PORTION CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE

Préparation. La porllon cervicale du grand sympalhique elaul appliquée immédialement sur la colonne verlébrale, on ne peut parvenir jusqu'à elle qu'à l'iiide d'iucisions assez nombreuses. Pour pratiquer toutes ces incisions sans inte'resser aucune des branches nerveuses qu'on se propose d'e'ludier, on proce'dera de la manière suivante :

1° Faites sur les téguments du cou trois incisions : Tune supérieure et parallèle au bord lilire de la mâchoire, la seconde inférieure et parallèle à la clavicule, la troisième antérieure sur la ligne médiane ; disséquez le lambeau compris entre ces trois incisions, et renversez-le de dedans eu dehors ainsi que le muscle peaucier qui lui restera adhérent.

2° Divisez à sou extrémité inférieme le muscle sterno-mastoïdien, qui sera ensuite porté comme les téguments en haut et eu dehors.

3" Détachez les téguments et les muscles de la pajtie inférieure de la face en les renversant eu haut, de manière à découvrir toute la moitié correspondante de la mâclioire ; sciez celle-ci sur la ligne médiane, séparez-la de toutes les parlies qui s'y attachent, et enlevez-la ensuite en la désarticulant.

4" Cherchez la veine jugulaire interne; en la soulevant vous trouverez à sa partie postérieure le cordon du grand sympathique. Pour préparer ce cordon ainsi que les branches qui s'y rendent ou qui en partent, il est nécessaire d'enlever la veine qui le recouvre. Si le sujet est entier, celte excision sera suivie d'uu écoulement de sang qui tachera la préparation et qui ajoutera à ses difficultés, malgré les ligatures qu'on pourra pratiquer. Afin d'obvier à cet inconvénient, j'ai coutume d'enlever le sternum, d'ouvrir Toreille droite et d'éponger jusqu'à l'épuisement le pkis complet tout le sang qui s'en écoule : cette mesure de précavrtion n'est pas indispeusaljlc lorsque le crâne a été Jjrisé et le cerveau retiré de sa cavité; mais elle est cependant encore d'une grande utilité.

5" La veine jugulaire interne ayant disparu et la portiorr cervicale du grand sympathique étant largement mise à nu, il ne reste plus qu'à l'isoler en poursuivant chacune des divisions c(u'elle fournit. Dans la recherche de celles-ci, on s'occupera d'abord de celles qui se rendent aux nerfs cervicaux; les nerfs cardiaques seront ensuite disséqués, puis les branches laryngées, pharyngiennes et les branches postérieures. — Pour les rameaux qui unissent le grand sympathique aux paires crâniennes antérieure et postérieure, voyez la prépai'alion ci-après relative au ganglion cervical supérieur.

La portion cervicale du grand sympathique est située en dehors de l'artère carotide primitive et du nerf pneumo-gastrique, entre la veine jugulaire interne qui la recouvre et l'aponévrose prévertébrale qui la sépare des muscles grand droit antérieur et long du cou. — Son extrémité supérieure se prolonge en s'effilant dans le canal carotidien, le sinus caverneux et jusque dans l'intérieur du crâne où elle se perd en filets d'une extrême ténuité sur les divisions de la carotide interne. — Son extrémité inférieure répond au col de la première côte et à l'artère sous-clavière qu'elle contourne de haut en bas et d'avant en arrière à la manière d'une anse.

Deux ou trois ganglions seulement existent sur son trajet. — Le preinier, on supérieur , qui reçoit les racines crâniennes antérieures, les racines crâniennes postérieures et les rameaux émanés des trois premières paires cervicales, est remarquable par son volume et surtout par sa longueur. — Le second, ou moyen, le seul dont l'existence n'est pas constante, reçoit, loi'squ'il existe, les rameaux qui viennent des 4^ et 5« paires cervicales ; il est toujours peu considérable. — Au troisième, ou inférieur, se rendent les filets émanés des 6^, 7* et 8^ paires cervicales; en se réunissant, ces filets forment un rameau remarquable qui parcourt de haut en bas le canal

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occupé par Tarière vertébrale, s'accroît chemin faisant, et vient se perdre dans le ganglion cervical inférieur dont il a été considéré à tort comme une émanation. DeBlainville le premier a cru apercevoir sur ce nerf, au niveau du point de réunion des filets qui le composent, autant de petits rentlenients ; le considérant avec plusieurs auteurs comme le résultat d'une sorte de dédoublement de la portion cervicale du grand sympathique, il fut conduit à ailmettre que ces renflements profonds ajoutés aux trois renflements superficiels se trouvaient à l'égard des vertèbres du cou à peu près dans les mêmes rapports que les ganglions dorsaux, lombaires et sacrés, avec les vertèbres de chacune de ces régions. Mais les renflements signalés par Ducrotay de Blainville sur le trajet du nerf vertébral n'existent ni chez l'homme, ni chez les oiseaux. Ce rameau conserve dans toute son étendue la couleur blanche et la forme régulière qui sont propres à tous les nerfs de la vie animale. Répétons donc que le nombre des ganglions ne se trouve si réduit à la région cervicale que par suite de la convergence de plusieurs racines vers un même point, c'est-à-dire par suite de la fusion de plusieurs ganglions en un ganglion unique et plus considérable.

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