S A?^AT0M1E
jusqu'à sa partie périphérique; cette niemhrane représente alors un cône à sommet très surbaissé, dont la hauteur ne serait que la cinquième partie du diamètre de la base, c'est-à-dire de 2 millimètres, le diamètre de celle-ci étant de 10 millimètres. — Sur cette face on aperçoit par transparence le manche du marteau qui descend de sa circonférence vers son centre à la manière d'un rayon. Vers sa partie supérieure on remarque en outre une légère saillie qui correspond à l'apophyse externe du même osselet. — C'est au niveau de cette saillie que Rivinus avait cruvoir un orifice établissant une communication entre la cavité de la caisse et le conduit auditif externe. Yalsalva, qui a décrit toutes les parties du sens de l'ouïe avec une grande précision, discute assez longuement sur cette communication qu'il semble admettre, mais sur laquelle cependant il conserve quelques doutes. Eu examinant attentivement la disposition que présente dans ce point la membrane du tympan, on comprend en effet qu'un observateur ait pu émettre un doute à cet égard ; aujourd'hui cependant l'imperforation de la membrane du tympan est un fait devenu incontestable.
La face, interne ou convexe de cette membrane correspond par sa partie centrale, c'est-à-dire, par le sommet de sa convexité, à une saillie osseuse qui constitue Porigine du limaçon, et qui porte le nom de pro}nontoirc, — L'intervalle qui la sépare de celte saillie varie selon ITige, selon les indi- Tidus et surtout selon Pétat de tension ou de relâchement qu'elle présente. Chez l'enfant cet intervalle est plus grand par suite du peu de saillie que forme le promontoire. Chez l'adulte, où le limaçon est plus développé et plus saillant, il diminue un peu. Suivant que !a membrane du tympan se tend ou se relâche, c'est-à-dire suivant que sa face interne devient plus ou moins convexe, il se réduit ou il augmente d'un millimètre.
Par sa face interne, la membrane du tympan est en rapport : 1° avec la corde du t>mpan qui répond à l'union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs ; 2° avec le marteau qui se.nble appliqué sur elle.
La circonférence de la membrane du tympan est reçue dans un cadre osseux qui peut être détaché chez le fœtus et chez l'enfant nouveau-né, mais qui ne tarde pas à se souder avec les parties correspondantes de la base du rocher.
Après sa soudure, ce cadre n'est plus représenté que par une fine rainure, analogue à celle qui reçoit le verre d'une montre, mais interrompue dans sa partie supérieure, en sorte que dans ce point la membrane du tympan semble se continuer directement avec la peau du conduit au dilif externe.
Cette circonférence est formée par un anneau blanchâtre à'ivaQ consistance fd>ro-cariilagineuse et d'une épaisseur triple de celle de la membrane qu'il entoure. Ainsi que le cadre osseux dans lequel il est reçu, cet anneau se trouve interrompu dans sa partie la plus élevée.
Bien que très mince, la membrane du tympan se compose de trois couches: d'une couche externe ou épiderraique, d'une couche interne formée par la muqueuse de la caisse et d'une couche moyenne de nature fibreuse.
La couche externe est une dépendance de l'épiderme qui revêt la peau du conduit auditif externe. Sous l'influence de la macération ou d'une pu-
tréfaction commençante on peut la détacher avec tout l'épiderme du conduit qui se présente alors sous la forme d'un doigt de gant.
La couche interne se laisse séparer de la moyenne sans macération préalable; il suffit de la saisir avec les mors d'une pince sur un point de sa circonférence et de la soulever avec un peu de ménagement pour la décoller dans la plus grande partie de son étendue. En procédant à ce décollement on voit : 1° que cette couche se continue avec la membrane qui tapisse la caisse du tympan; 2° qu'elle passe au-dessus de la corde du tympan, qui se trouve ainsi placée entre la couche interne et la couche moyenne, c'est-à-dire dans l'épaisseur même de la membrane du tympan ; 3° qu'elle recouvre également le manche du marteau; 4» qu'après avoir entouré le marteau elle se prolonge sur l'enclume et sur toute la chaîne des osselets.
La couche moyenne ou fibreuse est la plus importante. Elle est parfaitement transparente, et d'une grande résistance. L'anneau fibreux qui forme la circonférence de la membrane du tympan en est une dépendance. Cette couche présente deux attaches : elle se fixe par sa périphérie au cadre osseux qui la circonscrit et par la moitié supérieure de son diamètre vertical aux deux bords et au sommet du manche du marteau. Cet osselet par conséquent n'est pas situé entre la couche interne et la couche moyenne , ainsi qu'on le pense généralement : il est situé dans l'épaisseur de la couche moyenne qui lui adhère de la manière la plus intime et se trouve placé ainsi dans les meilleures conditions pour tendre la membrane
du tympan sans occasionner le décollement de ses divers feuillets. Les
libres qui forment cette couche sont de deux ordres : les unes sont rayonnées et ])ien apparentes au voisinage du manche du marteau; les autres sont concentriques et se voient surtout vers la circonférence. — La couche moyenne est- elle un prolongement du derme qui revêt le conduit auditif externe? Cette question est difficile à résoudre. Nous avons vu que la peau du conduit s'amincit considérablement en se portant vers son extrémité profonde. Auprès de la membrane du tympan elle n'est plus qu'un simple périoste recouvert d'une lame d'épiderme. Ce périoste contracte des adhérences et une sorte de continuité avec l'anneau fibreux de la couche moyenne ; mais ces adhérences sont si faibles qu'on peut enlever la peau du conduit sans détacher l'anneau fibreux du tympan ; en outre, il est extrêmement mince comparativement à cet anneau , et il ne présente pas la même structure. L'observation semble donc établir que la couche moyenne est indépendante du derme, et que celui-ci, parvenu aux dernières limites du conduit, se transforme insensiblement en périoste.
Les artères de la membrane du tympan émanent de plusieurs sources. La plus importante est un ramuscule qui, né de l'artère stylo-mastoïdienne, accompagne la corde du tympan jusqu'au manche de marteau, où il se divise en deux ramuscules plus petits, lesquels descendent l'un en arrière l'autre en avant de ce manche, juscin'à son extrémité, en se partageant en un pinceau de ramifications à direction rayonnante. Ce ramuscule, satellite de la corde du tympan, a été parfaitement représenté par Ruysch. D'autres ramuscules plus grêles partent du rameau tympanique de la maxillaire interne et se distribuent à la couche muqueuse sur laquelle ils s'anastomosent avec ceux de la couche moyenne.
530 ANATOMiE.
Les injections fines démontrent sur ces mêmes couches un plexus veineux à mailles serrées.
Les nerfs de la membi-anedu tympan proviennent du rameau auriculaire du pneumo-gastrique et peut-être aussi du rameau de Jacobson , qui abandonne plusieurs ramuscules à la muqueuse de la caisse, et dont ({uelques divisions ténues pourraient par conséquent s'étendre jusqu'à la paroi externe de cette cavité.
La membrane du tympan n'est pas seulement destinée à Iransnietlre a Tair de la caisse et aux osselets de l'ouïe les vibrations qu'elle reçoit ; elle a aussi pour usage de protéger les parties profondes du sens de l'ouïe.
2° Paroi inlerne de la caisse du lymixin.
La paroi interne de la caisse du tympan est extrêmement inégale. — A son centre on observe une saillie arrondie qui correspond au limaçon et qui forme-le -promontoire; — au-dessus de celui-ci un orifice allongé, qui conduit dans le vestibule et qui a reçu le nom de fenêtre ovale; — audessous, un autre orifice arrondi et moins apparent qui conduit dans le limaçon et qui constitue la fenêtre ronde-, — en arrière et en dehors, une saillie tubulée qui loge le tendon du muscle de l'étrier, c'est la pyramide : — en face de la pyramide et immédiatement au-devant de la fenêtre ovale, une seconde saillie tubulée qui loge le muscle interne du marteau.
Le promontoire constitue à lui seul la moitié environ de la paroi interne de la caisse du tympan. — Sa forme est celle d'un cône irrégulier dont la base, confondue avec les parties correspondantes du rocher, se dirige en avant tandis que son sommet, plus ou moins arrondi, se porte à la rencontre de la pyramide qui lui est unie ordinairement par un filet osseux. Mesurée d'avant en arrière, ou de haut en bas, les dimensions de cette saillie varient de 4 à 6 millimètres.
Sur le bord inférieur du promontoire on observe un sillon qui reçoit le nerf de Jacobson, branche du glosso-pharyngien, et qui, arrivé à son centre, se partage en plusieurs sillons plus petits, destinés chacun à loger une division de ce nerf : l'un d'eux se dirige en arrière vers la fenêtre ronde, le second en haut vers la fenêtre ovale, le troisième en haut et en avant vers la gouttière du nerf pétreux ; le quatrième pénètre dans la portion osseuse de la trompe d'Eustachi ; le dernier, souvent double, vient s'ouvrir dans le canal carotidien. Ces sillons se transforment quelquefois en canalicules dans une partie ou dans la totalité de leur trajet. Us étaient déjà connus de Vieussens ainsi que les filets nerveux qu'ils renferment.
La fenêtre ovale ou vestihulaire est située immédiatement au-dessus du sommet du promontoire , au-dessous d'une saillie curviligne produite par le relief de l'aqueduc de Fallope, entre la pyramide qui répond à son extrémité postérieure et le conduit du muscle interne du marteau qui la limite en avant. Groupées sur le pourtour de cet orifice, ces différentes saillies forment une fossette qui la précède et au fond de laquelle on aperçoit la cavité du vestibule.
Le grand axe de la fenêtre ovale se porte horizontalement d'arrière en avant et de dehors en dedans. 11 varie de deux à trois millimètres. Le petit, verticalement dirigé, est d'un millimètre et demi.
SPLANCHNOLOGIE,
Son bord sui:iéiieur décrit une courbe elliptique dont la concavité regarde en bas. Son bord inférieur paraît droit ; cependant, en l'examinant avec plus d'attention, on remarque qu'il se relève légèrement vers sa partie moyenne.
Son extrémité antérieure est en général un peu plus évasée que la postérieure.
Vu dans son ensemble le pourtour de la fenêtre ovale rappelle celui d'un rein ; quelquefois cependant son bord inférieur est réellement rectiligne; son contour alors n'est plus réuiforrae, mais semi-ovalaire.
FiG. 2GI.
Paroi interne de la caisse du tympan ; orifice par lequel celte cavité
communique avec les cellules m.astoïdiennes. Promontoire. — 2, Pyramide. — 3. Filet osseux qui unit le sommet de la pyr.imide au sommet du promontoire. — 4. Excavation dans le fond de laquelle se cache la fenêtre ronde. — o. Fenêtre ovale. — 6. portion osseuse de la trompe d'Eustache. — 7. Pelite surface donnant attache à la portion cartilagineuse de cette trompe. — 8. Canal du muscle interne du marteau dont la paroi exierne a été enlevée et constituant dans cet état de mutilation le hec de cuiller. — 9. Aqueduc de Fallope dont la paroi externe a été aussi enlevée. —
10. Gouttière de réception du grand neif pétreux répondant par son origine au coude que forment les deux premières portions de l'aqueduc de Fallope. —
11. Cellules mastoïdiennes. — 12. Partie interne de 1 orifice qui fait communiquer ces cellules avec lu caisse dn tympan; cette partie, lisse et convexe , répond au canal demi-circulaire externe. — 1ô. Orifice par lequel la corde du tympan pénètre dans la cavité de ce nom.
s 32 ANATOMIE.
Cel orifice est occupé dans l'état normal par la base de l'étrier qui se moule exactement sur son contour , et qui interrompt ainsi toute communication directe entre la cavité du vestibule et la cavité du tympan. La muqueuse qui revêt les parois de l'oreille moyenne complète l'occlusion de la fenêtre ovale en passant de la circonférence de celle-ci sur la base de l'étrier et sur toute la chaîne des osselets.
La fenéire ronde ou cochléenne est située au-dessous et en arrière du promontoire, dans l'épaisseur duquel elle se trouve creusée. Elle est précédée aussi d'une fossette, dont la base, tournée en bas et en arrière, est I cii'conscrite par trois bords légèrement arrondis, et dont le sommet, dirigé ! en haut et en dedans, répond à la fenêtre ronde. — Cette fenêtre, cachée i sous le pi'omontoire, esc circulaire. Son diamètre est d'un millimètre ■ et demi. Dans l'état sec elle établit une communication entre la rampe 1 tympanique du limaçon et la caisse du tympan. Dans l'état frais, elle est fermée par une membrane plane et transparente qui se compose, ainsi î que l'a très bien constaté M. Kibes , de trois couches juxtaposées : d'une \ couche moyenne fibreuse , d'une couche interne formée par le périoste de la rampe tympanique, et d'une couche externe formée parla mem- ; brane qui tapisse la cavité tympanique. Ainsi constituée, cette cloison offre beaucoup d'analogie avec la membrane-+lu tympan : de là sans doute ■'. le nom de tympan secondaire qui lui a été donné par Scarpa. J
La pyramide est une saillie tubulée dont le sommet, dirigé en avant et i un peu en haut, répond à l'extrémité postérieure de la fenêtre ovale. Un filet osseux très grêle l'unit ordinairement au promontoire dont elle se | trouve séparée par un intervalle de 2 millimètres environ. Le volume de j cette saillie est toujours extrêmement minime ; sur cinq temporaux que j j'ai en ce moment sous les yeux, je trouve que sa plus grande longueur, mesurée à l'aide d'un compas, dépasse à peine 1 millimètre. Sa forme est j rarement coni(iue ou pyramidale ; elle représente plutôt un petit tube j ouvert à son extrémité, libre en dehors, en dedans et en bas, continu en I haut au relief que forme, dans ce point, l'aqueduc de Fallope. — En ouvrant ce tube et en le poursuivant dans toute son étendue on remarque :
1® Qu'il se porte obliquement en bas et en arrière , parallèlement à l'aqueduc de Fallope, dont il n'est séparé que par une mince cloison ;
2" Que très étroit au sommet de la pyramide, il se renfle un peu plus j bas au point d'acquérir un diamètre quatre ou cinq fois plus grand , i qu'il s'effile ensuite graduellement et se prolonge, ainsi que l'a démontré M. Huguicr, jusqu'à la face infthieure du rocher sur laquelle il se termine par un pertuis immédiatement au devant du trou stylo-mastoïdien ; ,
3° Que dans ce trajet ce canal communique deux fois avec l'aqueduc de Fallope. i
Pour montrer l'utilité de ces détails, signalés par Vieussens, j'ajouterai ici par anticipation que le conduit de la pyramide loge un petit muscle \ destiné à mouvoir la chaîne des osselets, le muscle de l'étrier, et que ' les orifices ou canalicules par lesquels il communique avec l'aqueduc de i Fallope livrent passage , l'un au nerf moteur de ce muscle , l'autre à un | rameau artériel qui vient également se perdre dans son épaisseur. :
Au-dessous de la pyramide, dans l'intervalle qui sépare cette saillie du
SPLANCHNOLOGIE. o33
|iromoiitoire, on observe une fossette, la fosseile sons-injramidale, sur laquelle M. Huguier, le premier, a fixé l'attention des anatomistes; cette fossette est irrégulièrement hémisphérique. Par sa partie profonde elle donne ordinairement naissance à un canalicule qui descend dans l'épaisseur du rocher et qui livre passage à un vaisseau.
Le conduit qui renferme le muscle interne du marteau commence dans l'angle rentrant du temporal, et se dirige un peu obliquement en arrière, en dehors et en haut vers l'extrémité antérieure de la fenêtre ovale, où il se coude pour se porter transversalement de dedans en dehors. Comme celui qui renferme le muscle de l'étrier, il se termine par conséquent par une petite saillie tubulée. On peut lui distinguer deux portions, l'une oblique ou directe, qui offre 10 millimètres d'étendue et qui contient la partie charnue du muscle, l'autre transversale ou réfléchie, longue de 1 millimètre seulement et dans laquelle glisse le tendon de ce muscle.
La portion oblique ou directe est située dans sa moitié antérieure immédiatement au-dessus de la portion osseuse de la trompe d'Eustache, de telle sorte que, vus par l'angle rentrant du temporal, le conduit du muscle interne du marteau et cette portion osseuse de la trompe représentent assez bien le canon d'un fusil double, avec cette différence toutefois que le conduit du muscle est notablement plus petit que celui de la trompe. — La moitié postérieure de la portion directe occupe la partie la plus élevée de la paroi interne de la caisse du tympan. A l'état sec elle est rarement complète. Neuf fois sur dis, sa paroi externe se détruit sous l'influence de la macération; réunie à la portion transversale, elle s'offre alors soîis l'aspect d'une gouttière coudée qui a été considérée comme normale, et déci'ite sous le nom de bec de cuiller. M. Huguier, en 183 4, a très bien démontré que le bec de cuiller est toujours le résultat d'une destruction partielle du conduit du muscle interne du marteau, et que ce conduit, dans l'état frais, ne se trouve interrompu sur aucun point de son trajet.
La portion transversale sert de poulie de réflexion au tendon du muscle. Elle se termine par un oi'ifice ovalaire, dont la petite extrémité se dirige en avant et dont le pourtour est parallèle à la membrane du tympan.
Z° Circonférence de la caisse du tymjmn.
La circonférence de la caisse du tympan est très irregulière ; on peut lui considérer quatre parties.
Sa partie supérieure est formée par une lame osseuse qui sépare la cavité du tympan de la cavité du crâne et qui se joint en dehors à la portion écailleuse du temporal; de cette jonction résulte une petite suture remarquable par le grand nombre de ramuscules artériels auxquels elle livre passage. Plane et unie du côté qui répond à la dure-mère, cette lame est en général semée d'aspérités du côté qui répond à l'oreille moyenne.
Sa partie inférieure, inégale et rugueuse aussi, est constituée par une autre lame de tissu compacte qui sépare la caisse du tympan du golfe de la veine jugulaire interne. Cette seconde lame, très mince et demi-transparente chez quelques individus, assez épaisse chez d'autres, se trouve quelquefois divisée à la suite des fractures transversales du rocher; on conçoit
qu'une semblable solution de continuité pourrait avoir pour conséquence une déchirure du tronc veineux correspondant, et une héraorrhagie promptenient mortelle. Ce rapport, que les anatomistes n'avaient pas suflisamment remarqué, offre donc une véritable importance au point de vue chirurgical.
Sa partie ijostërieure présente : 1° l'orifice par lequel la corde du tympan pénètre dans l'oreille moyenne; cet orifice, de forme ovalaire, est situé à 2 millimètres en dehors de la pyramide, immédiatement en dedans de la rainure qui sert de cadre à la membrane du tympan ; 2° une fossette qui sépare ce même orifice de la pyramide et qui correspond à l'aqueduc de Fallope, fossette que j'appellerai sus-pyramidale par opposition à celle que M. Huguier appelle sous-pyramidale. Les dimensions de ces deux fossettes sont à peu près égales; et lorsqu'elles varient, c'est toujours en raison inverse , de telle sorte que l'une semble ne pouvoir augmenter qu'aux dépens de l'autre. 3" Une large ouverture qui conduit dans les cellules mastoïdiennes et sur laquelle je reviendrai à l'occasion de ces cellules. (Fig. 272.)
Sur sa partie antérieure on observe, en procédant de haut en bas : l '^ la scissure de Glaser dans laquelle s'engage l'apophyse grêle du marteau, et le tendon qui se fixe à cette apophyse ; 2° l'orifice postérieur du canal de sortie de la corde du tympan, canal situé, ainsi quel'a établi M. Huguier, entre la scissure de Glaser et la portion osseuse de la trompe d'Euslachi, en dedans de la première, en dehors de la seconde, et qui vient s'ouvrir par son autre extrémité dans l'angle rentrant du temporal au niveau et en arrière de l'épine du sphénoïde; 3" un large orifice, par lequel la trompe d'Eustachese continue avec la caisse du tympan; 4" une surface rugueuse qui correspond au coude que forme la portion ascendante avec la portion horizontale du canal carotidien.
4° Chaîne des osselets.
Les osselets qui traversent l'oreille moyenne forment une chaîne coudée qui adhère par son premier anneau à la membrane du tympan, qui plonge par le dernier dans le liquide des cavités îabyrinihiques et qui relie ainsi d'une manière directe l'oreille externe à l'oreille interne. Cette chaîne est consolidée par des li^ns fibreux. Elle exécute des mouvements qui ont pour but tantôt de tendre ou de relâcher la membrane du tympan, tantôt d'imprimer un ébranlement au liquide dans lequel viennent s'épanouir les dernières divisions des nerfs acoustiques. Nous aurons donc à étudier :
Les diverses pièces qui composent cette chaîne ou les osselets proprement dits;
Les ligaments qui unissent ces osselets, soit entre eux soit aux parties voisines ;
Et enfin les divers muscles qui président à leurs mouvements.
a. Osselets de roiiïe.
Ces osselets sont au nombre de quatre : le marteau, l'enclume, l'os lenticulaire et rétrier.
Le marteau est le plus extérieur et le plus long des osselets de l'ouïe. Il
SPLANCHNOLOGIE. 535
est situé sur la paroi externe de la caisse du tympan, au-devant de l'enclume avec laquelle il s'articule. Sa forme est celle d'une petite tige renllée à l'une de ses extrémités et comme brisée vers sa partie moyenne. On lui distingue une tête, un col et un manche.
La télé répond à une lame osseuse qui surmonte la membrane du tympan. Elle est lisse et arrondie en haut, en dehors et en avant. En arrière elle s'articule avec l'enclume à l'aide d'une facette qui se dirige obliquement en bas, en dedans et en avant et qui se rétrécit en passant de la partie postérieure de la tête sur sa partie interne ; au niveau de ce rétrécissement on observe une petite cféte verticale qui divise cette facette articulaire en deux facettes plus petites et arrondies.
Le col est aplati de dedans en dehors , légèrement tordu sur son axe et un peu plus grêle à son extrémité inférieure qu'à sa partie supérieure. Il répond en dehors à la circonférence de la membrane du tympan, et en dedans à la corde du tympan qui le croise à angle droit. Deux apophyses naissent de son pourtour, l'une longue et grêle qui part de sa partie anté-
Osselets (Je l'ouïe du cô.'e droit.
1. Miirtenu vu par son côté interne. — a. Tète de cet osselet, — b. Facette par laquelle il s'ai licnle avec l'enclume. — c. Son manche. — d. Son apophyse grêle.
2. Marteau vu par son côté externe, — a. Sa tcle. — b. Sa facette articulaire. — c. Son mmche, — d. Son apophyse grêle. — e. Son apophyse courte vue en ruccourci.
3. Marteau vu par son côlé postérieur. — a. Sa tête et sa facette articulaire.
— b. Son col. — c. Son apophyse courte.
4. Enclume vue par sa fnce interne. — a. Son corps. — h. Facette sinueuse par laquelle celui-ci s'articule avec la tête du marletiu. — c. Courte branche.
— d. Longue branche. — e. Os len'.ictilaire adhe'raut à l'extrémité de cette branche.
3. Enclume vue par sa face ex-terne. — a. Corps. — b. Facette articulaire.
— c. Courte branche. — d. Longue branche.