SENS DE LA VUE
Le sens de la vue est celui qui nous fait connaître la couleur, la foriiie le volume, la situation respective et l'état de repos ou de mouvement des corps qui nous entourent. A Tinstar des autres sens, il nous révèle certaines propriétés déterminées de la matière; mais seul entre tous il jouit du privilège de nous mettre en relation avec la nature entière, en nous permettant de la contempler à la fois dans ses plus infinis détails et son admirable ensendjle. C'est par lui surtout que nous entrons largement en rapport avec le monde extérieur. C'est par lui aussi que la vie s'anime et s'embellit. Ses attributions d'un ordre à la fois plus général et plus élevé en font le premier de nos sens. Situé entre le crâne et la face qui semblent s'écarter pour le recevoir dans leur iniervalle, il domine l'organisation entière et se trouve ainsi dans les conditions les plus favorables pour diriger nos pas sur la surface accidentée du sol. Dans cette situation qui vient témoigner encore en faveur de sa suprématie, il se trouve en rapport :
En haut avec l'encéphale, aux fonctions duquel ses fonctions propres sont liées de la manière la plus iuiime et dont il retlèle par son éclat les divers degrés d'activité ;
En bas avec la face, dont il devient par cet éclat même l'ornement et le plus puissant moyen d'expression ;
En dedans avec le sens de l'odorat, qui lui est uni de chaque côté par l'appareil lacrymal ;
En dehors avec le sens de l'ouïe, qui en est assez éloigné chez l'homme par suite des grandes proportions qu'acquiert chez lui le centre nerveux, mais dont il se rapproche de plus en plus chez les animaux à mesure que le crâne se rétrécit et que la face s'allonge.
Chez l'homme, le sens de la vue se dirige horizontalement d'arrière en avant ; entre toutes les preuves qu'on peut invoquer en faveur de sa destination à l'attitude bipède, il n'en est aucune peut-cire qui soit plus concluante que cette direction. Chez les animaux, eu restant plus ou moins horizontal, il s'incline en dehors et se rapproche d'autant plus de la direction transversale, que le crâne est plus petit relativement à la face, ainsi que nous l'avons fait remarquer précédemment. La direction de l'appareil visuel, la distance qui le sépare de l'appareil auditif et les proportioiis relatives du crâne et de la face, sont donc trois faits liés entre eux par la plus étroite corrélation et subordonnés tons trois au degré de développement des hémisphères cérébraux.
Le sens de la vue est essentiellement constitué par un double appareil dioptriiiue sur la partie sensitive duquel les corps lumineux viejinent peindre leur image. Cet appareil est mis en mouvement par un petit groupe de muscles qui dirigent sa partie antérieure ou objective vers les divers points de l'horizon. Il est comme suspendu an centre de chaque orbite par des liens fibreux qui lui interdisent tout mouvement de locomotion, mais qui lui permettent de tourner librement autour de ses divers axes. Sa partie postérieure, unie au centre nerveux par le nerf optique,
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repose sur une couche cellulo-adipeuse dans laquelle rampent des arlères, des veines et des rameaux nerveux sensitifs et moteurs. Sur sa péripliérie on observe : l'appareil sécréteur des larmes qui Inimecte sa surface objective; deux voiles membraneux, les j)ai(picres, qui étalent par leurs ujouvements le fluide lacrymal et qui entretiennent ainsi cette surface dan, des conditions d'intégrité et de transparence parfaites; et enfui un arc oiubragé de poils qui s'abaisse pour le protéger contre l'action de la lumière lorsque celle-ci se présente à lui trop éclatante. L'appareil de la vision se compose donc de deux ordres d'organes :
i^ D'un organe fondamental pair et symétrique, le globe oculaire, qui préside à la formation des images.
2" D'organes accessoires dont les uns ont pour but de le mouvoir ou de faciliter ses mouvements, et les autres de le protéger. Ces organes accessoires nous occuperont d'abord.