‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 95 sur 133 · A. SOURCIL · texte numérisé non relu

A. SOURCIL

Le sourcil est une saillie rausculo-cutanée ombragée de poils, transversalement étendue entre le front, dont elle marque la limite, et la pau[iicre supérieure qu'elle couronne.

La direction de cette saillie varie un peu suivant les individus ; chez la plupart cependant elle décrit une légère courbe dont la concavité regarde en bas. Elle est plus prononcée à son extrémité interne, qui a reçu le nom de t'éte, qu'à son extrémité externe ordinairement effilée et appelée queue du sourcil. Un intervalle de 15 à 20 milliini-tres sépare les deux sourcils; toutefois il n'est pas extrêmement rare de voir les poils qui les surmontent s'avancer jusiuc sur la ligne médiane et former une ligne non interrompue dont la parlie moyenne, plus clair-semée, descend en pointe sur la racine du nez oubien décrit un arc à concavité supérieure.

Les poils qui entrent dans la composition du sourcil se dirigent de dctians en dehors et se recouvrent par leur base à la manière de lames \:u-

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bruiuées les unes sur les autres. Ils sont en général plus nombreux el moins régulièrement implantés chez l'iiounne que chez la femme. Leur couleur ne diffère pas sensiblement de celle des cheveux et reste subordonnée comme celle-ci à l'influence des climats : blonde ou rouge chez les peuples du Nord, elle devient de plus en plus foncée et tout à fait noire chez les hommes qui habitent les latitudes méridionales. Leur longueur varie de G à 12 ou 15 niilliuiètres. Ceux (jui répondent à la partie moyenne du sourcil sont ordinairement les plus longs; parmi ces derniers il n'est pas rare d'en voir quelques-uns affecter une direction plus ou moins anormale. Tous sont munis de deux glandes sébacées en général très développées qui s'ouvrent dans leur bulbe près de l'emlDûuchure de celui-ci.

La 2)eau du sourcil est remarcpiable par son épaisseur et sa densité. Sous ce double rapport elle diffère très notablement de celle des paupières, et offre au contraire une si grande analogie avec celle qui recouvre les os du crâne, qu'en se plaçant à un point de vue purement anatomique, on pourrait considérer le sourcil comme une dépendance du cuir chevelu.

Par sa face interne la peau du sourcil donne insertion à trois muscles : au frontal, à l'orbiculaire des paupières et au surcilier. Les deux premiers s'attachent à toute l'étendue du sourcil, de telle sorte ({uc leurs libres s'entrecroisent, celles du frontal se dirigeant en bas et en avant, celles de l'orbiculaire se portant en haut et en dehors. Les libres du surcilier vont se fixer à l'union du tiers externe avec les deux tiers internes de la même face en s'entremélant aux fibres des muscles précédents. Ces trois ordres de fibres sont du reste très pâles au niveau de leur insertion; c'est pourquoi on éprouve d'abord une assez grande difficulté à constater comment elles se compor. tent ; cependant, en les suivant avec attention, on parvient à reconnaître qu'elles se fixent à la peau par de courtes fibres aponévrotiques d'inégale longueur, et que leur pâleur apparente est due surtout à leur entremêlement avec ces fibres de couleur blanche. Cette disposition a été longtemps méconnue ; il y a quelques années à peine tous les auteurs admettaient encore que le frontal, l'orbiculaire et le surcilier se continuaient entre eux au niveau du sourcil et se prêtaient ainsi un mutuel point d'appui. Le premier, je crois, je me suis attaché à démontrer que jamais les fibres musculaires ne prennent leur insertion sur d'autres fibres du même ordre; que partout où on les retrouve, on les voit se fixer à des tissus différents d'ellesmêmes, et que celles qui recouvrent l'arcade surcilière s'attachent exclusivement à la peau du sourcil. Ces idées ne rencontrent plus aujourd'hui aucun contradicteur, et bien que l'auteur qui les a fait prévaloir n'ait pas obtenu le tribut ordinaire d'une simple mention, il ne peut que se féliciter de l'empressement avec lequel on a adopté le résultat de ses recherches.

Le nerf sourciller et l'artère sourcilière, à leur sortie du trou sus-orbitaire, s'engagent au-dessous du sourcil ou dans son épaisseur et le croisent à angle droit pour se porter verticaleaient en haut dans les téguments du front et jusque dans l'épaisseur du cuir cheveiu, auxquels ils se distribuent.

Le sourcil reçoit ses artères : 1° de la branche surcilière qui le traverse; 2" de l'artère temporale antérieure; 3° de la branche nasale de l'artère ophthalmique.

Ses veines, tout à fait indépendantes des artères, vont se n'unir : les supérieures et externes à la veine temporale, les internes à la veine préparate, les inférieui-esàcellesde la paupière supériein-e, pour se rendre ensuite soit dans la veine faciale, soit dans la veine oplitliaimiqiie.

Ses nerfs sont sensitifs et moteurs. Les sensitifs émanent du nerf trijumeau. Les filets moteurs destinés aux muscles qui meuvent le sourcil émanent tous du facial.

Les parties molles qui entrent dans la composition du sourcil reposent sur l'arcade surcilière, et correspondent par conséquent aux sinus frontaux dont le développement est en raison directe de l'âge; c'est pourquoi le sourcil se montre plus saillant chez l'aduKe et le vieillard que chez l'enfant. Par une raison analogue il est aussi plus proéminent en général chez l'homme que chez la femme.

Le sourcil n'est pas destiné seulement à intercepter une partie des rayons lumineux qui pourraient blesser l'organe de la vue par leur trop vif éclat ; il a aussi pour usage de soustraire cet organe au contact de la sueur (lui coule du front, en la détournant et en la dirigeant, en i>artie au moins, en bas et en dehors. En outre il concourt puissamment à l'expression de la physionomie, soit par la ligne de démarcation si tranchée qu'il établit entre le front et la face, soit surtout par les mouvements dont il est doué. Aucune autre partie du système cutané, à l'exception toutefois des téguments qui répondent aux commissures des lèvres, ne peut lui être comparée sous ce rapport; comme ceux-ci il emprunte son extrême n)obilité et presque tous ses attributs physiognomoniques au riche appareil musculaire dont il relie les diverses insertions.

B. PALTlKIiES.

Les paupières sont deux replis membraneux situés au-devant du globe de l'œil sur lequel ils se meuvent à la manière de voiles protecteurs.

Attachés à la base de l'orbite et unis par leur extrémité correspondanle, ces deux replis membraneux pourraient être considérés aussi comme une sorte de diaphragme percé d'une ouverture elliptique et contraciile (pii se ferme et s'ouvre tour à tour, soit pour suspendre ou rétablir l'exercice de la vision, soit pour prévenir le contact d'un corps irritant ou pour l'éliminer, soit enfin pour étaler le fluide lacrymal au-devant du globe de l'icil et réparer ainsi par une lubrifaction constante les effets également continus de l'évaporation; cette ouverture, dont le grand diamètre est transversal, constitue l'orifice palpébral.

Les paupières, au nombre de deux pour chaque globe oculaire, se dis- (iuguent par leur position en supérieure et inférieure. — Chez les oiseaux et dans quehiues reptiles on observe une troisième paupière qui ne se meut pas comme les précédentes dans le sens vertical, mais de dedans en dehors; celte paupière, connue sous le nom de membrane clignotante, n'existe chez l'homme et les mammifères qu'à l'état de vestige.

Les deux pauji-ières n'offrent pas des dimensions égales : mesurée de la tempe vers la racine du nez, la paupière supérieure présente une élendue qui varie de 5 à 6 centimètres, tandis que celle de la paupière inférieure est de 4 à 5. La hauteur de la première, lorsque nous regardons un objet

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placé eu face Je nous, est à peu près double de celle de la seconde : elle peut être évaluée en moyenne à 1 5 ou 20 milliuiètres. La différence devient plus prononcée pendant le sommeil, c'est-à-dire durant l'élat d'occlusion de l'orifice palpébral, et plus grande encore lors(iue nous regardons en bas, les deux paupières s'abaissant simnltanémcnl ; elle dimiiujc au contraire lorsque nous regardons en haut, un phénomène inverse- se produisant alors: de là pour les voiles palpébraux des aspects diversifiés à à l'infini, aspects qui s'iiarmonisent avec l'expresi-ion de Tœil et qui font de l'appareil visuel l'agent essentiel ou dominateur de la physionomie,

Coiiformalioii extéricuic des paupières.

Envisagées dans sa conformation extérieure, chaque paupière nous offre à considérer : deux faces, l'une antérieure, l'autre postérieure; detix bords, l'un adhérent, l'autre libre; et deux extrémités ou commissures, l'une externe, l'autre interne.

La face ontericure oh cutanée ne paraît pas avoir fixé jusqu'à ce jour l'attention desanatomistes; car d'un commun accord ils déclarent que celte face est convexe pour les deux paupières. Mais elle a été exprimée avec une grande iidclité parles statuaires et les peintres qui, d'un accord unanime aussi, nous enseignent que si cette face est en effet convexe le plus souvent pour la paupière inférieure, elle est constamment concave pour la supérieure. Aux auteurs qui pourraient conserver queUpies doutes sur la réalité de cette disposition concave, un simple regard jeté sur leurs paupières suflira pour les convaincre ; l'observation leur montrera -. 1 ° ({ue la paupière inférieure correspond tout entière au globe de l'œil sur leciuel elle se moule exactement, de telle sorte que, vue en avant, elle est convexe dans tous les sens; 2° ([ue la supérieure répond au globe oculaire par sa moitié inférieure, qui est aussi convexe dans tous les sens, et à la partie antérieure de la cavité orbitaire par sa moitié supérieure, qui est au contraire concave , soit de haut en bas, soit transversalement : d'où il suit que, vue en avant, elle se compose de deux plans. Ces deux plans, en se réunissant à angle aigu, constituent une sorte de sillon demi-circulaire parallèle au sourcil, à 5 ou 6 millimètres au-dessous duquel il se trouve situé. >'ous verrons plus loin (jue ce sillon correspond an cnl-de-sac que forme la conjonctive en passant de la paupière sur le globe de l'œil ; il n'est donc pas moins digne de fixer l'attention des anatomistes que celle des artistes ; et comme il est dû surtout à la saillie de l'arcade orbitaire je le désignerai sous le nom de sillon orbito-palpébral supérieur.

Toute la partie de la paupière ({ui est au-dessous de ce sillon correspond au globe de l'œil. Toute celle qui est au-dessus correspond à une masse cellulo-adipeuse qui surmonte le tendon du releveur. La première conserve invariablement sa forme dans tous les âges. Mais il n'en est pas ainsi de la seconde, qui est envahie quelquefois par la masse adipeuse sur laquelle elle repose, et qui, se trouvant alors refoulée en avant, descend peu à peu audevant de la précédente de manière à la recouvrir en partie ou même en totalité. Dans ce dernier cas un examen superficiel pourrait faire admettre (pie la paupière supérieure, prise dans son ensemble, est réellement convexe; une étude plus attentive démontre qu'elle se compose encore de deux plans, lesquels sont alors superposés et séparés par un sillon d'autant

if. 4 0.

plus profond que le supérieur s'avance davantage sur l'inférieur. Tous les auteurs se sont trompés par consé(iuent en avançant que les paupières n'étaient jamais envahies par le système adipeux. Lorsque ce système commence à prédominer sous l'inlluence de l'âge, la paupière supérieure est souvent une des premières parties dans lesquelles il se montre. A l'aspect d'une paupière qui, de concave qu'elle était au-dessus du sillon palpébral, sera devenue convexe, même légèrement, un œil observateur pourra quel- ({uefois démêler au milieu des plus brillants attributs de la jeunesse les premières atteintes de l'âge mûr.

La face 2)oslérieure ou conjonrAivale est concave. Elle a pour limite le cul-de-sac que forme la conjonctive en passant du globe de l'œil sur les paupières. Pour la paupière inférieure, sa hauteur est à peu près égale à celle de la face antérieure. Pour la paupière supérieure, elle en représente la moitié seidement ou les deux tiers au plus, la face conjonctivale de cette paupière ne se prolongeant pas au delà de son segment inférieur. En l'examinant attentivement, on remarque sur cette face :

1° Une série de glandules linéaires et parallèles logées dans l'épaisseur d'une lame cartilagineuse jaunâtre : ce sont les glandes de Meibomitts.

2° De très petites saillies arrondies et très multipliées, visibles à l'œil nu, surtout chez l'enfant, mais quelquefois apparentes seulement à la loupe: ce sont les pcqriUes de la conjonctive. Ces papilles, éminemment vascuiaires, sont plus développées et plus nombreuses au niveau des cartilages tarses qu'au voisinage du cul-de-sac de la conjonctive où elles disparaissent insensiblement , plus aussi vers l'extrémité externe de ces cartilages qu'à leur extrémité interne. On les voit assez fré(iuemment s'hypertrophier ; dans cet état d'hypertrophie, elles prennent le nom de fjranulalions des paupières.

Le ftocfZflrf/ifVf^i!^ des paupières correspond à la base de l'orbite. — Celui de la paupière supérieure se continue en avant avec la peau du sourcil, eu arrière avec la conjonctive oculaire, et dans l'intervalle (jui sépare ces deux membranes avec les parties molles intra-orbitaires.— Celui de la paupière inférieure se continue avec la peau de la face ; un sillon plus ou moins apparent et parallèle au bord antérieur du plancher de l'orbite l'indique très exactement.

Ce sillon orblto-palpébral inférieur, très bien observé et très bien exprimé aussi dans ses mille variétés par les dessinateurs et les peintres, correspond au cul-de sac inférieur de la conjonctive; un instrument [tiquant qui pénétrerait horizontalement dans l'orbite à son niveau passerait immédiatement au-dessous de ce cul-de-sac sans l'atteindre, de même qu'il raserait cette même membrane dans sa partie la plus élevée sans la blesser, en pénétrant par le sillon orbito-palpébral supérieur.

Le bord libre est concave lorsque les paupières sont écartées, rectiligne lorsqu'elles sont rapprochées. Celui de la paupière supérieure recouvre une petite partie de la surface de la cornée, le quart ou le cinquième environ ; celui de la paupière inférieure répond à la circonférence de cette membrane.

Ce bord présente une épaisseur de 2 millimètres et une longueur qui varie, mais qui s'élève en général à 4 centimètres.

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Sa configuration diffèi'e suivant qu'on l'examine au-devant du globe de l'œil, ou en dedans de ce globe. La partie appliquée sur le globe de l'œil est surmontée par les cils ; l'autre, qui est privée de cils, renferme dans son épaisseur les conduits lacrymaux : de là les noms de lyortïon oculaire ou ciliaive que je donnerai à la première, et celui de^JorZ/on lacrymale ([ui désignera la seconde.

La partie ciliaire du bord libre comprend ses 7/s<=^ environ. Elle offre l'a'^pect d'une petite surface plane qui regarde en haut et un peu en avant à la paupière inférieure, eu bas et un peu en arrière à la paupière supérieure. Dans l'état d'occlusion de l'orifice palpébral, ces surfaces s'applicjuent l'une à l'autre et se superposent d'une manière si exacte qu'il nexisle alors entre les deux paupières aucun interstice linéaire. On n'observe également aucun vestige de ce canal prismatique et triangulaire que lîocrbaave, F. Petit, Winslow et Zinn (1) avaient admis entre les paupières d'une part, et le globe de l'œil de l'autre. Ces auteurs se sont égarés pour n'avoir pas assez remarqué que le bord libre des paupières est aplati, lis l'avaient cru légèrement arrondi ; or de cette forme arrondie à l'existence d'un canal triangulaire destiné au passage des larmes il n'y avait qu'un pas. Cette erreur toutefois a lieu de nous surprendre de la part de Petit et de Zinn, les deux anatomistes, sans contredit, qui ont apporté dans l'étude du sens de la vue le plus d'exactitude et de pénétration. — La petite surface qui constitue la portion ciliaire du bord libre offre deux lèvres et un interstice.

Sur la lèvre postérieure on remarque une série linéaire d'orifices très r*'guiièrement espacés. Ces orifices représentent l'embouchure des glandes de Meibomius.

La lèvre antérieure est recouverte de poils perpendiculairement implantés dans son épaisseur, plus épais et plus roides que ceux des sourcils, plus longs à la partie moyenne des paupières qu'à leur extrémité, plus longs aussi à la paupière supérieure qu'à l'inférieure. Ces poils ou cils, d'une couleur souvent plus foncée que celle des cheveux, ne sont pas disposés en série linéaire de manière à former sur chaqtie bord palpébral deux ou trois rangées ; ils sont semés sans ordre sur la lèvre antérieure du bord libre, c'est-à-dire sur une surface qui offre 1 millimètre de hauteur et 3 centimètres de longueur. Ou en compte 100 à 120 et même 150 à chaque paupière. Ceux de la paupière supérieure décrivent une légère courbure dont la concavité regarde en haut, et ceux de la paupière inférieure une courbure dont la concavité regarde en bas. Les cils, dans l'état de rapprochement des voiles palpébraux, se touchent donc par leur convexité sans s'entrecroiser. — Les bulbes des cils sont couchés au-devant des cartilages tarses, en arrière ou au-dessous du muscle orbiculaire, qu'il faut diviser pour les atteindre. Leur longueur est de 2 millimètres. A chacun de ces bulbes sont annexées deux petites glandes qui versent leur produit

(l", Margo enini tamidulus ciilaneus palpi;braruni ila factus est, ut convexitas arcus corneœ couvexilatem respiciat, uude non potest non palpebiis clausis iuter utrumque linibum convesnm palpebiarum et convexum globum oculi relinqui spalium tiiangulare cinvilineum , vacmim , in qiio lacrymaî coacervari , et coutraclioue paipebiarum versus anguhim inlernum deteriiiinari possunt. (Zinn, Descr, anat. oculi hiimanî, 1735, p. 247.)

dans leur cavité et que nous étudierons plus loin sous le nom de glandes cUiaires.

L'interstice de la portion ciliaireest rcmariinable par la continuité qu'il établit entre la peau et la niuiineuse palpébrale: presque constamment on retrouve au niveau de cette continuité une ligne de démarcation plus ou moins accusée <|ui permet de distinguer assez facilement le point précis où finit l'une de ces membranes et oîi commence l'autre.

La partie inlerne ou lacrymale du bord libre diffère beaucoup de la précédente. Elle n'offre que 5 à 6 millimètres d'étendue. Elle n'est pas aplatie, mais arrondie; le relief qu'elle présente est dû aux conduits lacrymaux creusés dans son épaisseur. Celle de la paupière supérieure est un peu oblique de baut en bas et de dehors en dedans; celle (pii dépend de la paupière inférieure est lîorizonlale , quelquefois aussi très légèrement oblique dans le même sens que la précédente. Tin petit corps rougeàtre, de nature glanduleuse, la caroncule lacrymale, les sépare. On n'observe sur l'une et l'autre que quelques poils extrêmement rudimentaires et à peine visibles.

Sur chaque bord libre la portion aplatie ou ciliaire est séparée de la portion arrondie ou lacrymale par un lubcrcule au sommet duquel est creus*; un orifice facilement visible à l'œil ini : cet orifice, qui forme l'entrée des conduits lacrymaux, porte le nom de jiohit lacrymal. Les detîx poinls lacrymaux diffèrent par leur situation, leur direction et leurs dimensions, ainsi que nous le verrons plus loin. Tous deux sont liés de la manière la l)!us intime aux cartilages tarses qui soutiennent la moitié interne do leur circonférence et qui les maintiennent constamment béants.

En se réunissant par leurs extrémités correspondantes, les paupières constituent les commissures. Une légère dépression placée sur le prolongement du grand axe de l'orifice palpébral répond à la commissure externe. Au niveau de la commissure inlerne on observe au contraire une légère saillie, quelquefois transversale, plus souvent un peu oblique en bas et en dedans, due à la présence du tendon de l'orbiculaire des paupières.

De la réunion des bords libres résultent deux angles distingués en interne et externe.

L'fljjôrZefxferne des paupières, appelé aussi petit angle de l'œil{canthus minor), est aigu. Un intervalle de 10 à 11 millimètres le sépare de la circonférence de la cornée transparente, lorsque nos regards se fixent sur un objet placé en face de nous. Le plus externe et le plus considérable en général des conduits excréteurs de la glande lacrymale vient s'ouvrir sur sa partie postérieui'e, à 1 ou 2 millimètres en dehors de son sommet. La conjonctive qui le revêt se prolonge en arrière sur toute la commissure correspondante des paupières et ne se réfléchit pour passer s^ir la sclérotique qu'au voisinage de la base de l'orbite: de là il résulte : 1° (pie l'angle externe est simplement appliqué et contigu au globe de l'œil sur lequel il se meut librement; -2° que le globe lui-même peut se mouvoir de dehors en dedans sans l'entraîner dans son mouvement de rotation. — La distance qui sépare cet angle du cul-de-sac de la conjonctive est de 7 à S millimètres.

L'angle interne, grand ongle de l'œil [cantlius major), est arrondi et situé un peu plus bas que le précédent. Une ligne horizontalement tirée

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(le l"ai)gle externe vers la racine du nez passerait à 2 ou :i millimètres audessus (le lui. Dans leur état de rapprochement, les bords libres sont donc légèrement inclinés de liant en bas et de dehors en dedans. L'intervalle compris entre le grand angle et le globe de l'œil est de 5 millimètres. Cet intervalle, (pii est déprimé et cjui sert de coniluent aux larmes, porte le nom de lac lacrymal. Au fond de ce lac on observe la caroncule lacrymale et immédiatement en dehors de celle-ci le repli semi-lunaire de la conjonctive.

Tcxlure des paupières.

Les paupières sont constituées par un double repli de la peau, contenant dans son épaisseur deux lames cartilagineuses, les cartilages tarses, ((ui sous-tendent son bord libre, et une lame fibreuse, les ligaments larges, (lui attachent ces cartilages à la circonférence de la base de l'orbite. Au-devant de cette couche fibro-carlilagineuse on observe une couche musculaire destinée à fermer l'orifice palpébral, et en arrière une couche aponévrotique formée par le tendon du releveur de la paupière. En procédant d'avant en arrière on trouve donc dans chaque repli palpébral : •

1° Une couche cutanée;

2° Une couche musculaire ;

3° Une couche fibro-cartilagineuse;

4° Une couche aponévrotique ;

5** Enfin une couche muqueuse étendue de l'une et de l'autre paupière sur la face antérieure du globe de l'œil, qu'elle unit ainsi aux voiles palpébraux, d'oi!i le nom de conjonctive (pii lui a été donné.

Ces diverses couches sont liées entre elles par un tissu cellulaire fin et peu serré, dans les mailles duquel la sérosité et le sang s'infiltrent facilement.

Les paupières offrent en outre des glandes, des vaisseaux et des nerfs.

o. La couche entante des paupières est extrêmement mince, demitransparente, lisse et douce au toucher, couverte de poils r-udimentaires dont les bulb2s sécrètent une substance onctueuse. Ces bulbes présentent une cavité arrondie et beaucoup plus grande que le volume du poil correspondant. La partie intra-bulbaire de ce poil est plus longue (pie celle qui surmonte la peau. Il suit de cette disposition que, lorsipic la cavité déjà très spacieuse du bulbe vient à se dilater, la partie externe du l)oil peut rentrer dans le follicule (pii s'oblitère ensuite : d'où la distension croissante de celui-ci par l'accamulation progressive de la matière sébacée; d'où aussi la présence de poils dans ces tumeurs enkystées des paupières, ceux-ci tombant et se reproduisant alternativement.

b. La couche musculaire, constituée par l'orbiculaire des paupières, nous est déjà connue (voy. t. l'^'", p. 22 5). Elle déborde de toute part la base de l'orbite et dépasse aussi par conséquent les limites des paupières. Nous avons vu que ce muscle présente deux portions : une portion périorbitaire et une portion palpébrale. On peut lui en considérer une troisième, composée des fibres qui passent sur les bulbes des cils : c'est celte troisième portion qui a été décrite par Riolan, par Albinus, par Wiuslow, parZinn, etc., sous le nom i\e portion ciliaire, de muscle cHiaire.

Les fibres de cette portion ciliaire ne proviennent ni du pourtour de la

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base de i'orbite, ni même de l'origine du tendon de l'orbiculaire, mais des divisions de ce tendon. Or chacune de ces divisions, en se portant vers le cartilage tarse auquel elle s'attache, entoure presque entièrement le conduit lacrymal qui lui correspond. Toutes naissent donc en définitive du pourtour des conduits lacrymaux qu'elles semblent ainsi pouvoir dilater au moment de leur contraction. Ces fibres ont aussi un mode de terminaison qui leur est propre : elles s'attachent au tissu fibreux qui réunit à leur extrémité externe les deux cartilages tarses ; on les voit ordinairement s'entrecroiser au niveau de celte insertion.

Les fibres situées au delà de la portion ciliairc, c'est-à-dire celles qui forment la portion palpébrale proprement dite, s'entrecroisent aussi à leur extrémité externe. Mais elles ne s'insèrent pas au cordon fibreux étendu des cartilages tarses à la base de l'orbite ; elles s'attachent à la peau, ([u'elles dépriment légèrement dans ce point, ainsi que je l'ai fait remarquer précédemment.

Entre la couche musculeuse et la couche cutanée la plupart des auteurs admettent une couche celluleuse. Sans doute ces deux couches sont unies l'une à l'autre par du tissu cellulaire. Mais ce tissu, extrêmement 'fin et cependant peu serré, ne peut être détaché et isolé dans aucun cas sous la forme d'une couche distincte. Celle-ci a été théoriquement admise pour localiser les infiltrations si faciles et si fréquentes des paupièi'cs dont le siège a été jugé sous-cutané ; or cette opinion ne repose sur aucun fait d'observation. Le sang ou la sérosité qui s'infiltrent dans les replis palpébraux ne s'accumulent pas spécialement dans le tissu cellulaire sous-cutané; ils se répandent dans toute l'épaisseur de ces replis. La conjonctive serait refoulée en arrière par ces liquides comme la peau l'est en avant, si le globe de l'œil ne mettait obstacle à une semblable distension. Remar(iuez d'ailleurs que si le tissu cellulaire qui unit les deux premières couches des paupières est considéré comme une couche distincte, il^doit en être de même pour celui qui unit la seconde couche à la troisième, pour celui qui unit la troisième à la quatrième, et enfin pour celui qui unit la quatrième à la cinquième. Je me hâte de dire que l'existence de ces trois dernières couches ne serait pas moins fictive que celle de la première.

c. Carlilarjes tarses. Ces cartilages, situés dans l'épaisseur du bord libre des paupières pour en maintenir la forme, s'étendent transversalement depuis les points lacrymaux jusqu'à la connnissure externe, où ils sont unis l'un à l'autre par une lame fibreuse. Le cartilage tarse supérieur, beaucoup plus considérable que l'inférieur, est semi-lunaire ; il se termine en pointe à chacune de ses extrémités, et présente à sa partie moyenne une hauteur de 10 millimètres. L'inférieure revêt la forme d'une bandelette dont la hauteur uniforme dans toute son étendue ne dépasse pas 4 millimètres.

Leur face postérieure concave, pour se mouler sur le globe de l'œil, est tapissée par la conjonctive qui leur adhère de la manière la plus intime.

Leur face antérieure convexe répond à l'orbiculaire, dont elle est séparée par un tissu cellulaire lâche, et aux bulbes des cils, qui lui sont unis par un tissu cellulaire assez dense.

Leur bord adhérent donne attache aux ligaments larges et à l'aponévrose orbitaire; celui delà paupière supérieure reçoit en outre l'insertion du tendon de l'élévateur.

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Leur bord libre, notablement plus épais ipie le précédent, est percé d'une série d'orifices qui forment les embouchures des glandes de .Meiboliiius logées dans l'tiiDaisseur des cartilages; la peau lui adhère d'une manière si solide, qu'elle semble se confondre avec lui.

Par leur extrémité interne ces cartilages donnent attache aux deux branches du tendon de rorbicuiaire. Par leur extrémité externe ils sont liés à la partie correspondante de la base de l'orbite, d'une part par les ligaments larges, de l'autre par un trousseau fibreux très puissant qui se lixe à 2 ou 3 millimètres en arrière de la circonférence de la base de l'orbite, et qui forme une dépendance de l'aponévrose orbitaire.

Les cartilages tarses sont composés de fibres transversalement dirigées pour la plupart, au milieu desquelles sont disséminées de très petits corpuscules cartilagineux. Ils ne doivent pas être rangés par conséipieut parmi les cartilages proprement dits, mais parmi les libro-cartilages.

d. Ligaments larges. Ils ont été décrits sous ce nom en l7;5-2 par Winslow, et doivent être considérés, avec cet anatomiste, comme un prolongement du périoste des os du crâne et de la face uni au périoste de l'orbite. Le ligament large supérieur descend de l'arcade orbitaire vers le bord adhérent du cartilage tarse correspondant, auquel il s'attache; l'inférieur monte du bord antérieur du plancher de l'orbite vers le bord adliérent du cartilage tarse inférieur, auquel il se fixe de la même manière. En dedans, où ils sont plus minces et cellulo-fibreux, ils se continuent avec le tendon de l'orbiculaire et ses divisions; en dehors, où ils se présentent sous l'aspect d'une lame fibreuse plus ou moins résistante, ils se continuent entre eux; c'est cette partie horizontalement étendue de l'angle externe des paupières au bord correspondant de l'orbite, et commune aux deux ligaments larges, (lui a été décrite par quelques auteurs comme bandelette distincte, sous le nom de ligament iKilfébral externe, par opposition au tendon du muscle orbiculaire considéré comme un ligament palpébral interne ; et de même aussi que ce tendon donne attache aux fibres de l'orbiculaire, de même on a fait attacher en dehors ces fibres au ligament palpébral externe. Jlais l'observation démontre :

1» Que les ligaments larges, en se continuant entre eux au niveau de la comuiissure externe des paupières, ne présentent aucun épaississement, aucune modification qui puisse faire considérer comme une bandelette à part la partie qui s'étend de cet angle au bord Correspondant de l'orbite ;

2° Qu'il existe en arrière du point de réunion de ces ligaments un faisceau fibreux extrêmement résistant qui en est très distinct, et qui forme, ainsi que l'a démontré Xénon, une dépendance de l'aponévrose orbitaire;

3° Que les fibres du muscle orbiculaire ne s'attachent nullement à ce prétendu ligament palpébral externe, mais bien à la peau de la partie externe des paupières, et qu'elles se comportent sous ce rapport comme la plupart des muscles peauciers de la face, fixés par une de leurs extrémités aux os, et par l'autre à la peau, disposition qui nous explique les rides si remarquables qu'on observe sur la partie externe des voiles palpébraux ;

4° Enfin que le raphé fibreux admis aussi par ([uebiues anatomistes sur celte même partie du muscle orbiculaire est purement hypothétique.

J'ajouterai que le tendon de l'orbiculaire n'a pu être assimilé à un ligament que par suite d'une analogie abusive. Car si les cartilages sont attirés

dans un sens, assurément c'est en tleilans. En admettant poui- un instant cju'il existe un ligament palpébral interne et un ligament paipébral externe, ces deux liens ayant pour fonction unique, ou au moins principale, de lier les cartilages tarses au rebord de l'orbite, celui qui aura à supporter les plus fortes tractions devra être le plus résistant; or, au contraire, le prétendu ligament palpébral externe, qui seul supporte des tractions, puisque l'angle externe est attiré en dedans au moment de la contraction de l'orbiculairc, est le plus faible, tandis que Tinterne qui ne supporte que de faibles tractions, est très puissant. Évitons donc des rapprochements et des dénominations qui tendent à tout confondre. Conservons au tendon de l'orbiculaire le nom q«ii lui appartient, et concluons que les cartilages tarses sont maintenus dans leur position : en dedans par ce tendon, en haut et en bas par les deux ligaments larges, en dehors parées mêmes ligaments, et sur un plan plus profond par le faisceau fibreux externe de l'aponévrose orbitaire. Ainsi unis à toute la circonférence de la base de l'orbite, les cartilages tarses constituent avec les ligaments larges la charpente ou le squelette des paupières.

e. L'expansion aponecrofîqne du releveur delà paupière se porte obliquement en bas et en avant, se rapproche de plus en plus du ligament large, s'applique à la face postérieure de celui-ci, et s'unit à lui d'une manière intime un peu au-dessus du cartilage tarse. Les deux couches fibreuses ainsi unies, et le plus souvent confondues en une seule, viennent s'attacher à la fois au bord supérieur et à toute la face antérieure du cartilage tarse. Cette même expansion aponévrotique se fixe en outre : 1° en dedans au tendon de l'orbiculaire et à la partie interne de la circonférence de la base de l'orbite ; 2" en dehors à la partie antérieure de la paroi externe de cette cavité, à 2 millimètres en arrière de la circonférence de sa base, c'est-à-dire au niveau de ce faisceau fibreux très puissant qui forme une dépendance de l'aponévrose orbitaire, faisceau fibreux avec lequel elle se confond.

11 suit de ces trois insertions, que le tendon du releveur de la paupière présente la forme d'un triangle, dont la base tournée en avant et en bas a pour mesure le diamètre transversal de la base de l'orbite, et dont le sonmiet tronqué, tourné en haut et en arrière, se continue avec les fibres charnues du muscle ; cette contiiiuité a lieu au niveau d'une ligne transversale qui est sous-jacente à l'arcade orbitaire et parallèle à cette arcade.

La face antérieure ou convexe de ce tendon est d'abord séparée du ligament large par un espace angulaire dans lequel on trouve constamment une couche cellulo-adipeuse plus ou moins épaisse.

Sa face postérieure, concave, s'unit et se confond en partie avec le prolongement que l'aponévrose orbitaire envoie à la paupière supérieure. — En dehors, cette même face s'applique sur la portion inférieure ou palpébrale de la glande lacrymale qu'elle recouvre dans toute son étendue. Le bord externe du tendon du releveur est reçu dans un sillon profond q\ii sépare cette portion inférieure de la portion supérieure de la glande.

f. L'expansion que l'aponévrose orbitaire envoie aux paupières se comporte différeinment en haut et en bas. — En haut elle s'unit par entrecroisement défibres avec l'expansion aponévrotique du releveur, au niveau même de l'origine de celle-ci. Le mode de connexion de ces deux lames fibreuses a beaucoup embarrassé jusqu'à présent les anatomistes, qui l'ont

SPLANCHlNOLOGlE, o93

décrit d'une manière très vague. Pour la plupart d'entre eux le muscle droit supérieur fournirait à la paupière un prolongement libreux, et l'aponévrose orbitaire un autre prolongement, qui iraient se fixer l'un et l'autre au cartilage tarse. Des dissections minutieuses et très multipliées me permettent d'affirmer :

1° Que le muscle droit supérieur n'envoie aucun prolongement à la paupière ;

•2° Qu'une large expansion de Taponévrose orbilaire se porle vers l'origine du tendon du releveur, et s'unit à ce tendon de la manière la plus intime pour aller se fixer avec celui-ci au cartilage tarse. Cette disposition nous explique très bien comment le droitsupérieur, eu se conira'ctant, peut imprimer à la paupière un léger mouvement d'élévation, bien ipi'il ne lui envoie à proprement parler aucun prolongement fibreux ou musculaire ; il agit en effet sur cette paupière à l'aide de l'aponévrose orbitaire, à laquelle il adhère comme tous les autres muscles de l'œil, et dont il s'approprie en quelque sorte le prolongement palpébral au moment de sa contraction.

Le prolongement que celte même aponévrose envoie à la paupière inférieure, séparé aussi du ligament large correspondant par un espace angulaire dans lequel on observe du tissu cellulaire et adipeux, se porte un peu obliquement en baut et en avant, puis se confond avec le ligament large et s'attache avec celui-ci au cartilage tarse inférieur. C'est aussi par l'intermédiaire de ce prolongement palpébral inférieur de l'aponévrose orbilaire que le muscle abaisseuv de la pupille peut imprimer à la paupière inférieure un léger mouvement d'abaissement au moment où il se contracte.

Conjonctive.

La conjonctive [tunica adnata des auteurs anciens) est une membrane, ou plutôt un sac de nature muqueuse, située entre les paupières et la face antérieure du globe del'œil, et destinée ci lier entre eux ces organes en leur permettant cependant de se mouvoir librement les uns sur les autres.

Sur le bord libre des paupières cette membrane se continue, ainsi que nous l'avons vu précédemment, avec la peau ; elle se continue en outre par les points lacrymaux avec la muqueuse qui tapisse l'appareil conducteur des larmes. Du pourtour de l'orifice palpébral elle se porte sur la face postérieure des cartilages tarses, puis sur la partie corxespondante de la couche aponévrotique des paupières, et, parvenue au niveau de la base de l'orbite, elle se réfléchit sur la partie antérieure du globe de l'œil, en formant un cu'.-de-sac circulaire dont une moitié répond à la paupière supérieure et l'autre à l'inférieure. — En dehors ce cul-de-sac est un peu moins profond qu'en haut et en bas. — En dedans la conjonctive, après avoir recouvert la caroncule lacrymale, s'adosse à elle-même pour former un pli de figure semi-lunaire.

On peut distinguer dans cette membrane deux surfaces : l'une adhérente, l'autre libre ; et quatre portions : une portion palpébrale, une portion ocuaire, une portion caronculaire et le pli semi-lunaire.

LdLSurface externe on adhérente ^q\9. muqueuse conjonctivale répond: !■> A la face postérieure des paupières, auxquelles elle est unie de la manière la plus intime ;

2° A la partie antérieure du globe de l'œil qui lui adhère par uu tissu cellulaire làclie et très accessible aux infiltrations séreuse et sanguine ;

3° Et dans l'intervalle qui sépare l'œil des paupières, au sillon circulaire que foi-ment les prolongements palpébral et sous-conjonctival de l'aponévrose orbitaire en se séparant à angle aigu ; au niveau de ce sillon l'adhérence de la conjonctive avec les parties fibreuses sous-jaeentes est moins intime que sur la face postérieure des paupières, mais beaucoup plus solide que sur le globe de l'œil.

On peut donc avancer d'une manière générale que la conjonctive adhère d'autant moins aux parties qu'elle revêt, qu'elle s'éloigne davantage de son point de départ, c'est-à-dire du bord libre des paupières,

La surface libre de la conjonctive est humectée par les larmes cl par une petite quantité de mucus. Elle paraît d'abord parfaitement unie; cependant, en l'examinant avec plus d'attention, on y découvre des saillies ou papilles qui affectent une forme mamelonnée. Ces saillies sont multipliées et très visibles, même à l'œil nu, sur les cartilages tarses ; elles deviennent plus rares et beaucoup moins apparentes au niveau du cul-de-sac conjonctival, où on les voit disparaître peu à peu. — Toute la surface libre est tapissée d'un épithélium pavimenteux.

La ijorlion imlpébrale de la conjonctive, ou conjonclive palqyéhrale, n'est pas remarquable seulement par son adhérence si intime aux cartilages tarses et par ses papilles à la fois plus nombreuses et plus volumineuses, elle se distingue aussi par sa plus grande épaisseur, par sa couche épithéliale plus développée, par son extrême vascularité qui a pour conséquence une rougeur plus ou moins vive, et enfin par sa sensibilité qui est toujours plus accusée que celle de la portion oculaire. Ces deux derniers cai'actères nous rendent compte de l'hyperlrophie pathologique si fréquente des papilles conjonctivales, et de la rapidité avec laquelle ces papilles passent de leurs dimensions microscopiques à l'état de granulations»

La conjonctive oculaire est si mince et si transparente, qu'elle laisse voir de la manière la plus nette la couleur blanche de la sclérotique et les vaisseaux qui rampent à la surface de cette membrane. Le tissu cellulaire lâche qui l'unit au globe de l'œil renferme chez l'adulte quelques cellules adipeuses; c'est surtout dans l'intervalle qui s'étend du pli semi-lunaire à la cornée transparente qu'on observe ces cellules assez multipliées quelquefois pour donner naissance à une petite masse lenticulaire située sur le diamètre transversal du globe de l'œil, à 3 ou 4 millimètres en dedans de la cornée.

Ce petit amas graisseux a été considéré à tort par les ophthalmologisles modernes comme un état pathologique, et décrit dans leurs ouvrages sous le nom àeidinguecula.

La conjonctive oculaire est très faiblement imie à la sclérotique au voisinage de la cornée. D'après un grand nombre d'auteurs elle se prolonge sur toute la surface de cette dernière membrane, et lui adhère d'une manière si intime, qu'elle en est inséparable. S'éteud-elle en effet sur la cornée, ou bien se termine-t-elle au niveau de sa circonférence? Cette question parait presque insoluble ; et l'impossibilité, ou au moins l'extrême difficulté attachée à sa solution explique suffisamment la divergence des opinions émises sur ce point. L'observation nous montre seulement :

SPLANCHNOLOGIE. 59 o

l^Oiic la coiijoijctive arrive jusqu'à l'union Je la sclôroliiiue avec la coniôe où elle contracte avec ces deux membranes une adliî-sion très solide ;

2" Que sa couche épithéliale se prolonge sur la cornce et la recouvre en totalilé. Cet épilliéiiuni de forme pavimenteuse est du reste assez mince. Sous l'influence des diverses irritations dont la conjonctive est le siège, il se détache fréqueinnienf, non en masse, mais cellule à cellule, de telle sorte <iue la cornée perd alors son reflet miroitant pour prendre un aspect très linement granulé; j'ai vu plusieurs fois M. le professeur Laugier faire remarquer à ses élèves cet aspect qu'il a constaté le premier et dont il a signalé aussi le caractère symptomatologi([ue. Aiu-csla mort, cet é[iiihéliuiu perd en partie et très rapidement sa transparence ; puis il se détache du centre à la circonférence, La cornée reprend alors son éclat naturel; mais en même temps elle commence à s'affaisser, l'humeur aqueuse transsudant plus facilement à travers son épaisseur, et s'évaporant ensuite d'une nianière continue. Lorsqu'on injecte dans les artères d'un cadavre 5 ou G litres d'eau, on voit la cornée pénétrée d'une plus grande quantité de liquide, augmenter d'épaisseur, son épithélium devenir opaque, celui-ci se déchirer linéairement dans divers sens, et toutes ces petites solutions de continuité plus ou moins entrecroisées simuler un lacis vasculaire qui pourrait induire en erreur un œil peu exercé. Si on laisse tomber quelques gouttes d'eau bouillante à la surface du globe de l'œil, l'épi tliélium de la cornée se soulève dans sa partie centrale sous la forme d'une petite phlyctène opaque.

Tous ces faits réunis, à l'examen microsco'iique, ne sauraient laisser aucun doute sur l'existence de la couche épithéliale de la conjonctive audevant de la cornée transparente. Afin de reconnaître la couche celluleuse, dans l'hypothèse où elle se prolongerait aussi sur la cornée, j'ai pris à la superficie de cette membrane, après en avoir détaché l'épithélium, une lame mince que j'ai examinée au microscope. Mais elle ne différait pas des autres lames qui la composent, en sorte que des deux couches de la conjonctive, l'épithéliale seule s'étendrait sur la cornée. Par conséquent, si l'on veut admettre avec certains auteurs une conjonctive cornéenne, il faut admettre aussi que cette conjonctive cornéenne est purement épiderrnique.

La conjonctive scléroticienne reçoit des divisions extrêmement déliées des artères et veines ciliaires antérieures. — Ses nerfs, selon Papenheim, viendraient aussi des ciliaires dont quelques ramuscules grêles traverseraient la sclérotique pour venir ensuite se terminer dans la conjonctive oculaire. Elle offre une sensibilité moins vive que celle de la conjonctive palpébrale et beaucoup moins vive aussi que celle de la cornée.

La portion caronculaire. de la conjonctive tapisse la dépression qui a reçu le nom de lac lacrymal. Elle adhère d'une manière intime à la caroncule lacrymale sur la saillie de laquelle elle se moule. En haut et en bas elle se continue sans ligne de démarcation avec la peau. En dehors elle se continue avec la base du pli semi-lunaire. La conjonctive carouculaire est surtout remarquable par sa vascularité et sa coloration rouge ou rosée.

Le pli semi-lunaire, vestige de la troisième paupière de quelques vertébrés, présente la forme d'un petit croissant verticalement situé entre la caroncule lacrvmale et le globe de l'œil. Sa face antérieure, tournée un

peu en dedans, répond au point lacrymal supérieur qui glisse sur elle. Sa face postérieure, dirigée un peu en dehors, répond au globe de l'œil. Son bord interne se confond avec la conjonctive caronculaire. Son bord externe concave se trouve en rapport avec le point lacrymal inférieur.

Le pli semi-lunaire s'efface en partie lorsque la pupille se porte en dehors ; il devient plus saillant au contraire lorsque cet orifice se porte on dedans. — Entre les deux lames qui le constituent on trouve une couche de tissu cellulaire et des capillaires sanguins.

Chez quelques mammifères, et particulièrement dans la classe des ruminants, à la place de cette couche celluleuse on observe un fibro-cartilage très régulièrement semi-lunaire, et une glande, connue sous le nom de glande de /larder, dont les conduits excréteurs, au nombre de deux et rarement de trois, viennent s'ouvrir sur la face interne du repli. Le produit de cette glande est identique ou du moins très analogue avec celui que sécrètent les glandes sous-conjonctivales, ainsi que nous le verrons plus loin.

Glandes des paupières.

Les glandes annexées aux paupières sont extrêmement multipliées ; dans un mémoire lu sur ce sujet à la Société de biologie en 1853, je les divise en trois ordres (1) :

En celles qui versent le produit de leur sécrétion sur la peau ;

En celles qui déposent ce produit sur le pourtour de l'ouverture palpébrale, c'est-à-dire sur les limites respectives de la peau et de la conjonctive;

Et en celles qui le répandent sur la surface libre de la conjonctive.

a. Glandes palpébrales dëpeiidaules de la peau.

Deux espèces de glandes versent leur produit sur la peau des paupières, des glandes sudorifères et des glandes sébacées.

Les glandes sudorifères se présentent ici avec les caractères ([u'ellos offrent dans toutes les autres parties du corps ; elles m'ont paru seulement un peu moins nombreuses surtout au voisinage des cils.

Les glandes sébacées des paupières sont peu nombreuses et rudimenlaires ; elles s'ouvrent dans les follicules pileux près de leur embouchure. Parmi ces follicules il n'y en a qu'un petit nombre qui soit muni de glandes. Mais tous sont remarquables par la dilatation ovoïde de leur cavité, bien supérieure par ses dimensions au poil de duvet qui l'occupe. Entre la surface de ce poil et les parois du follicule il existe un liquide onctueux semblable ou très analogue à celui que sécrètent les glandes pilifères. Lorsqu'une tumeur enkystée se développe dans l'épaisseur des paupières, ce sont ces follicules qui en constituent le point de départ, et non les petites glandes sébacées qui en dépendent; c'est pourquoi les kystes pall'-ébraux renferment si souvent des poils disséminés au milieu de cellules ailipeuses plus ou moins altérées. La fréquence de ces kystes se trouve du resle en rapport avec le nondn-e très considérable des poils qui végètent à la surface des paupières et avec les dimensions comparativement si grandes de leurs follicules.

(1) Mémoires de laSoeiété de biologie, iSoô, p. 15.

SPLANCBNOLOGIE.

b. Glandes siluces sur le pourtour de l'orifice pulpéhiiil.

Ces glandes sont extrêmement nombreuses. Toutes sécrètent une matière s('bacée et semblent ainsi former une seule et même famille. Cependant elles diffèrent beaucoup par leur siège et leur conformation.

Considérées sous ce double point de vue, elles se partagent en trois groupes bien distincts: celles qui occupent l'épaisseur des cartilages tarses, ou glandes de Meihomhis, celles qui sont annexées aux follicules des

Gliindes de Meibomins de la paupière supérien grossissement de sept diamètres.

re, vues a

l,t. Bord libre de la paupière. — 2,2. Lèvre antérieure de ce bord traversée par les cils. — 3,5. Lèvre postérieure du même bord sur laquelle on oljserve l'em- Ijouchure des glandes de Meiboniius. — 4. L'une de ces glandes passant oljliquement sur le sommet de deux, autres et descendant ensuite vers le bord liln e. — 5. Une autre glande se portant d'abord verticalement en haut et se réfléchissant ensuite pour se diriger verticalement en bas, — 6,6. Deux glandes offrant à leur origine une forme en grappe très accusée. — 7. Une glande de petite dimension. — 8, Glande de dimension moyenne.

ci!;,, 011 glandes ciUaîres, et enfin celles qui composent la caroncule la^ cryniale,

1, Glandes de Meibomitis,

Les glandes de Meibomius, un peu plus rapprochées de la face postérieure que de la face antérieure des cartilages tarses, ne sont pas égalenient nombreuses pour les deux paupières; leur nombre varie de 2 5 à 30 pour la paupière supérieure, et de 20 à 2 5 pour la paupière inférieure.

La plupart suivent une direction perpendiculaire an bord libre des voiles palpébraux, et marchent en ligne droite par conséquent. Toutefois, dans ie cartilage tarse supérieur, on en remarque plusieurs qui s'écartent de ce trajet rectiligne : quelques-unes décrivent de légères tlexuosités; d'autres suivent d'abord une direction ascendante, puis se réfléchissent pour se porter verticalement en bas ; d'autres marchent parallèlement au bord adhérent du cartilage, passent sur le sommet de plusieurs glandes, se courbent ensuite à angle droit ou à angle obtus, et descendent perpendiculairement vers le bord libre de la paupière. Toutes viennent s'ouvrir sur la lèvre postérieure de ce bord libre par un orifice bien apparent à travers lequel on peut facilement exprimer une partie du produit onctueux qu'elles renferment.

Ces glandes ont été considérées jusqu'à présent comme des follicules agrégés. Une étude plus attentive de leur structure démontre qu'elles doivent être classées parmi les glandes en grappe. Sur les côtés du canal excréteur qui les parcourt dans toute leur longueur, on observe en effet, non de simples follicules s'ouvrant directement dans la cavité de celui-ci, mais des groupes de follicules qui s'ouvrent dans le conduit principal par autant de conduits accessoires, de telle sorte que chacun de ces groupes représente un petit lobe. Pour bien distinguer ces lobes, il convient de laisser macérer pendant (juelques jours les cartilages tarses dans une solution d'acide acétique. Si on les examine alors avec une loupe, on réussira facilement à constater :

1" Que leur nombre s'élève à .30 ou 40 pour les glandes de moyenne longueur ;

2° Qu'ils sont échelonnés à droite et à gauche du canal central, sans affecter cependant une grande régularité;

3" Qu'ils n'offrent pas un égal développement : les uns sont simples et les autres composés.

Les lobes simples sont des agglomérations d'utricules groupées autour d'un petit conduit qui reçoit le produit de leur sécrétion et qui le dépose ensuite dans le conduit principal.

Les lobes composés sont formés de lobules constitués eux-mêmes par des groupes d'utricules; seulement les conduits excréteurs partis de ces lobules, au lieu d'aller s'ouvrir directement dans le canal central, se réunissent entre eux pour donner uaissance à un troncule qui vient s'aboucher ensuite dans ce canal. C'est surtout au voisinage du bord adhérent du cartilage tarse de la paupière supérieure qu'on observe ces lobes composés. Les glandes qui répondent à la partie moyenne de ce cartilage présentent presque constamment à leur origine trois ou quatre de ces lobes qui leur donnent un aspect tout à fait identique avec celui d'une grappe.

SrLANCïïNOLOGIE.

2, Glandes ciliaives.

Les glandes annexées aux follicules des cils peuvent être distinguées à l'œil nu, malgré leur extrême petitesse; mais leur volume devient plus apparent après une immersion de quelques jours dans l'acide acétique. Elles sont plus manifestes chez certains animaux, dans le bœuf et le mouton, par exemple, non-seulement parce que leurs dimensions sont un peu plus considérables, mais surtout parce qu'elles offrent une couleur d'un jaune vif qui contraste avec la couleur blanche du tissu cellulaire.

Deux glandes ciliaires sont attachées à chaque fohlcule ; et comme ceuxci, ou, ce qui revient au même, comme les cils existent sur le bord libre des paupières en nombre variable de lUO à 130, 140 et même 150, on voit, en prenant le chiffre 125 pour terme moyen, que la lèvre antérieure de l'ouverture palpébrale est munie de 500 glandes environ.

Leurs dimensions sont assez uniformes, mais leur configuration offre quelques variétés : plusieurs sont arrondies et un peu allongées, d'autres irrégulièrement triangulaires et comparables à une petite feuihe de trèfle.

FiG. 285.

Glandes ciliaires de la paupière supérieure vues a un grossissement de ^'ingt-cinq diamètres.

1,1. Trame celluleuse sur laquelle repose la base des cils. — 2,5. Bord libre de la paupière. — 5. Racine du cil. — 4,4. Follicule de ce cil. — 5,o. Glaudes ciliaires s'ouvrant dans ce follicule, au voisinage de sou extrémité libre.

Vues à l'œil nu, ces glandes ne sont manifestement, chez le bœuf, qu'une agglomération de 7 ou 8 acini, groupés autour d'une cavité centrale jouant le rôle de canal excréteur. Chez l'homme, elles offrent la même structure ; mais les acini qui les composent étant plus petits, on ne peut les apercevoir qu'à l'aide d'une loupe ; on les voit surtout très bien à nu grossissement de 20 à 2 5 diamètres.

C'est en général sur un point assez rapproché de l'extrémité libre des follicules des cils que ces glandes viennent s'ouvrir. Le produit qu'elles sécrètent est une matière sébacée, analogue à celui qui s'échappe des glandes de Meibomius, dont elles se rapprochent ainsi par leurs fondions, bien qu'elles en diffèrent beaucoup par leur forme. Ce produit, en arrivant au dehors, se dépose autour des cils, en formant une petite couronne à leur base. Lorsqu'il est sécrété en plus grande abondance, comme on l'observe dans la blépharite ciliaire, si fréquente chez les enfants scrofuieux, il Fe concrète sous la forme d'un petit anneau jaunâtre. Tant (pie cette sécrétion morbide reste modérée, les anneaux qui entourent la base de chaque cil se montrent indépendants, et il n existe pas encore de croûtes sur le bord libre des paupières ; mais si elle acquiert plus d'activité, tous ces petits anneaux, d'abord à peine visibles, s'étendent, puisse louchent par leur circonférence, finissent par se confondre et donnent ainsi naissance à ces croûtes molles ou demi-molles qui recouvrent tonte ou presque toute la partie antérieure de l'ouverture palpébrale. C'est don(^ bien k tort (pie les auteurs ont placé jus(prà présent le point de départ de la chahsie dans les glandes de Meibomius. Ces dernières ne prennent (ju'une très faible part à la formation de ce produit morbide, dont il importait de montrer aux patholo^^istes les véritables sources; car, mieux éclairés sur le siège réel du mal, on jicut espérer ((ue les agents thérapeutiques dont ils disposent prendront entre leurs mains une efficacité moins douteuse.

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