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GRAND OBLIQUE OU OBLIQUE SUPÉRIEUR

Situation. Dans l'angle supérieur et interne de l'orbite.

Forme. Allongé, très étroit , aplati à ses extrémités , arrondi à sa partie moyenne.

jttaches. D'une part, à la partie interne de la circonférence du trou optique, entre le droit supérieur et le droit interne ; — de l'autre, à la postéi'ieure et externe du globe de l'œil par un tendon qui s'épanouit au niveau de son insertion.

Direction. Il se porte d'arrière en avant jusqu'à l'apophyse orbitaire interne du coronal, où il traverse un anneau moitié cartilagineux , moitié fdjreux , sur lequel il se réfléchit , pour se diriger ensuite de haut en bas, d'avant en arrière et de dedans en dehors.

Cet anneau, appelé poulie de. réflexion du grand oblique, est lubrifié par un-e petite synoviale qui se pi'olonge sur le tendon du muscle.

Riapports. Dans sa portion directe, il répond, en dedans à la paroi interne de l'orbite, en dehors au nerf optique et à la sclérotique, en haut an (h-oit supérieur, en bas au droit interne. — Dans sa portion réfléchie il est recouvert par l'élévateur de la pupille et recouvre le globe de l'œil.

Usages. Ils ont été et sont encore aujourd'hui un sujet de dissidence parmi les physiologistes. On pense généralement que ce muscle imprime

MYOLOGlEo 231

au globe de l'œil un mouvement de rotation autour de son diamètre antéropostérieur, en sorte qu'il serait exclusivement rotateur de la pupille. Mais si l'on considère que le grand oblique a son point fixe sur l'anneau qui lui sert de poulie de réllexion, et son insertion mobile sur la partie postérieure et externe du globe de l'œil, on constatera : 1" que la ligne perpendiculaire à la direction de cette partie réfléchie se porte obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans, en coupant sous un angle de 45° l'axe antéropostérieur de l'œil; 2° que cette ligne représente l'axe de rotation du globe oculaire pendant la contraction du muscle ; 3'^ que sous l'influence de cette rotation, la partie postérieure et externe de l'organe se portant en haut , eu dedans et en avant , sa partie antérieure et interne doit nécessairement se diriger en bas , en dehors et en arrière, et entraîner Torifice pupillairedans le même sens; 4° que cet orifice se trouvant très rapproché de l'un des pôles de rotation, il n'éprouvera qu'un faible déplacement. En attachant un fil à l'extrémité postérieure du grand oblique et en lui faisant subir des tractions , on voit , en effet , que la pupille se porte légèrement en bas et en dehors , ainsi que M. Bonnet l'a très bien démontré dans son remarquable traité des sections tendineuses.

PETIT OBLIQUE OU OKLIQUE INFÉUILUR.

SUtiallon. A la partie antérieure et inférieure de l'orbite.

Forme. Grêle, aplati, plus large à son extrémité postérieure.

Jitaches. D'une part, à la partie inférieure et interne de la circonférence de la base de l'orbite ; — - de l'autre, à la partie postérieure cl externe du giobe de l'œil, au-dessous de l'insertion du grand obli([ue.

Direction. Oblique d'avant en arrière, de dedans en dehors et de bas en haut.

Rapports. En bas , avec le plancher de l'orbite , le droit inférieur et le droit externe qu'il croise à angle aigu ; en haut, avec le globe oculaire sur lequel il s'enroule.

Usages. Comme l'oblique supérieur, le petit oblique fait tourner le globe de l'œil autour d'un axe qui se porte en dedans et en arrière ; mais tandis que le mouvement de rotation imprimé par le premier s'accomplit de bas en haut, celui que détermine le second s'opère de haut en bas, d'où il suit qu'il porte la pupille en haut et en dehors, ainsi que le démontre l'expérimentation.

Lorsque les muscles droits et obliques se contractent simultanément, ils agissent sur la surface externe du globe de l'œil , et la compriment avec assez de puissance pour en modifier la forme ; en soumettant à une traction simultanée les quatre muscles droits, on voit (pi'ils allongent le diamètre antéro-postérieur de l'œMl ; la coïncidence d'action des deux obliques diminue au contraire l'étendue de ce même diamètre : dans le premier cas il y a augmentation de la convexité de la cornée, et aplatissement dans le second. Mais cette simultanéité d'action des quatre droits ou des deux obliques est-elle réelle? Si elle l'était pour les deux obliques, elle aurait pour effet de porter la pupille directement en dehors , et nous expli(iuerait comment certains strabismes divergents résistent quelquefois à la section du droit externe.

232 AiNATOMlE.

APONÉVROSE OUBITAIIIE.

Cette aponévrose est une lame cellulo-fibreuse qui se porte de i'orbite dans l'épaisseur des paupières, des paupières vers le globe de l'œil, et de ce globe sur les muscles qui le meuvent; on peut lui distinguer par conséquent trois portions : une portion antérieure ou palpébrale ; une portion moyenne, centrale ou oculaire; et une portion postérieure ou musculaire.

La poriion lialpétrale, plus connue sous les noms de ligaments larges des païqnài'es et de ligaments palpébraî(x , constitue l'aponévrose de l'orbiculaire ; sa forme est celle d'un diaphragme ; elle est verticale , confondue par sa circonférence externe avec le périoste orbitaire, et adhérente par sa circonférence interne au bord correspondant des cartilages tarses ; très faible en dedans, elle devient manifestement plus résistante en dehors, où elle se compose de faisceaux épars improprement comparés à de petits tendons.

La ■portion oculaire représente pour le globe de l'œil une tunique extrinsèque dans laquelle il est reçu comme le gland du chêne dans sa cupule. Elle offre deux surfaces, l'une interne et l'autre externe ; deux extrémités, l'une antérieure et l'autre postérieure : — sa surface interne répond à la sclérotique qu'elle entoure entièrement et à laquelle elle adhère par un tissu cellulaire séreux extrêmement lâche ; — sa surface externe est en rapport avec les muscles droits et obliques qui la traversent en avant pour aller s'insérer à l'œil et sur lesquels elle se prolonge en arrière ; — son extrémité postérieure se fixe au névrilème du nerf optique ; — son extrémité antérieure se divise en deux lames qui se portent : la première au-dessous de la conjonctive, vers la circonférence de la cornée , en dehors de laquelle elle se fixe au globe de l'œil ; la seconde vers la portion palpébrale à laquelle elle s'unit au voisinage des cartilages palpébraux; l'angle de séparation de ces deux lames répond au sillon que forme la conjonctive en se réfléchissant de l'œil sur les paupières.

La portion musculaire se compose de gaines destinées aux muscles droits et obliques. Chacune de ces gaines part delà portion oculaire de l'aponévrose , et se prolonge sur le muscle qui lui correspond , en se dirigeant de la surface de l'œil vers les parois de la cavité orbitaire ; elles n'entourent d'une manière bien manifeste que le tiers antérieur des faisceaux musculaires; au-delà elles deviennent simplement celluleuses. Toutes présentent à leur origine une adhérence assez intime avec leurs muscles respectifs, ainsi que l'a très bien observé M. Bonnet ; cette adhérence nous explique pourquoi le muscle élévateur de la pupille élève aussi la paupière supérieure , et pourquoi le muscle droit inférieur abaisse un peu la paupière correspondante.

L'aponévrose orbitaire a pour usage de maintenir le globe de l'œil dans la place qu'il occupe, et de paralyser tous les mouvements de translation qu'il pourrait exécuter en facilitant au contraire ses mouvements de rotation ; ainsi suspendu et fixé au centre de l'orbite, ce globe tourne sur ses divers pôles avec une rapidité qui permet à la pupille de parcourir tous les points de l'horizon en un instant indivisible, et avec une précision si parfaite, que les axes autour desquels s'accomplissent les mouvements de rotation des deux sphères demeurent toujours rigoureusement parallèles.

MYOLOGIE. 233

(i*^ BIUSCLES 3I0TEURS DE L'AILE DU NEZ OU NASAUA.

Au nombre de deux : le transverse, qui lui imprime un mouvement de bascule en dehors afin de dilater la narine; et le myrtiforme, qui l'abaisse en la rapprochant du plan médian pour resserrer le même orifice.

TRANSVERSE OU DILATATEUR DE LA NARINE.

Préparation, lo Inciser la peau verticalement, de Taugle interne des paupières à la lèvre supérieure ; 2o disse'quer les téguments qui recouvrent le nez et la joue ; 5° de'tacher TeleVateur commun de l'aile du liez eL de la lèvre supérieure à sou iuserlion orbitaire et le renverser eu Las.

Situation. Sur les parties latérales de la base du nez.

Forme. Celle d'un triangle dont le sommet s'enroule autour de l'extrémité postérieure du cartilage de l'aile du nez.

Jttadies. En avant, les deux muscles dilatateurss'entre-croisentpar leurs fibres aponévrotiques sur le dos du nez ; — de là ils se portent obliquement en bas et en arrière, et se fixent soit au bord supérieur, soit surtout à l'extrémité postérieure du cartilage de l'aile du nez.

Structure. Aponévrotique en avant, charnu en arrière.

B.ap2Jorts. En dehors , avec la peau et l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure ; en dedans , avec les cartilages latéraux et les os propres du nez.

ylction. Pour concevoir l'action de ce muscle, il faut remarquer: 1° qu'il a son insertion fixe en avant et son insertion mobile sur le bord supérieur et l'extrémité postérieure du cartilage de l'aile du nez ; 2° que ce cartilage circonscrit une ouverture elliptique dont le grand axe est antéro-postérieur; 3° que le dilatateur de cette ouverture agit parallèlement à cet axe qu'il raccourcit en allongeant au contraire son diamètre transversal ; de là il suit que le bord inférieur des ailes du nez s'arrondit légèrement en se renversant un peu en dehors, et (i\ic l'ouverture des narines passe de la forme elliptique à la forme circulaire, en affectant une disposition infundibuliforme favorable à l'olfaction.

Pendant cette dilatation des narines , les deux muscles agissent par leurs bases entre-croisées sur le lobe du nez et le dépriment légèrement chez quelques individus.

MYRTIFORME OU CONSTRICTEUR DE LA NARINE.

Préparation. 1° Relever forlement la lèvre supc'ricure , inciser transversalement le repli ou le frein qui Punit aux os maxillaires, et enlever la muqueuse ainsi que les glandulcs salivaires qui le recouvrent ; 2° pour Te'Uidier dans ses rapports avec le muscle dilatateur, il convient, après avoir pre'paré ce dernier muscle, de diviser verticalement la lèvre supe'rieure au niveau de la dent canine.

Situation. Au-dessous de l'aile du nez, derrière la lèvre supérieure.

Forme. Mince , aplati et rayonné.

Attaches. En bas, à l'os maxillaire, dans une fossette située au-dessus des alvéoles qui logent 1rs incisives; — en haut, à la sous-cloison et à l'extrémité postérieure du cartilage de l'aile du nez.

Direclion. Les fibres qui se portent à la sous-cloison sont courtes et verticales ; celles qui s'insèrent à l'aile tlu nez sont obliques en haut et en dehors ou plutôt curvilignes; elles semblent se continuer avec celles du muscle dilatateur, en sorte que ces deux muscles décrivent une dernicirconfcrence dans laquelle l'aile du nez est inscrite.

Rapports. En avant, avec l'orbiculaire des lèvres et la muqueuse buccale ; en arrière, avec le maxillaire supérieur.

Action. Ce muscle, prenant son point fixe sur le maxillaire, agit par ses fibres internes sur le lobe du nez qu'il attire en arrière en l'abaissant , et par ses fibres externes sur l'aile du nez qu'il porte en bas et en dedans.

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