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DES DENTS

Les dents sont des concrétions ossiformes, implantées dans les arcades alvéolaires.

Nombre. Chez les jeunes sujets, à l'époque delà première dentition, le nombre des dents est de vingt, dix à chaque mâchoire ; chez l'adulte , il est de trente-deux, seize à chaque mâchoire ; l'homme possède donc dans le cours de sa vie cinquante-deux dents , vingt temporaires et trente-deux permanentes.

Position. Les dents, en se juxta, posant constituent deux arcades qui repi-oduisent fidèlement la forme des bords alvéolaires correspondants. Ces deux ai'cades, inégales entre elles , représentent : la supérieure, la grosse extrémité d'tm ovale, et l'inférieui-e, la petite extrémité du même ovale, de telle sorte que dans l'état de rapprochement les deux arcades se rencontrent exactement dans le fond de la bouche , tandis qu'en avant l'arcade dentaire supérieure dépasse ou entoure l'inférieure. Il résulte de cette disposition que la partie postérieure ou superposée des arcades dentaires di-

OSTEOLOGIE.

vise par broiement , tandis que leur partie antérieure, en trecroisëe à la manière tie lames de ciseaux , divise par incision.

Cliaque arcade dentaire présente une face antérieure convexe , une face postérieure concave ; un bord adhérent implanté dans les alvéoles ; un bord libre , mince et tranchant en avant , épais et tuberculeux sur les côtés , où il offre deux lèvres , l'une externe plus tranchante pour les dents supérieures, l'autre interne plus tranchante pour les dents inférieures.

Conformation extérieure. (Fig. 2G.) Les dents présentent une partie libre, la couronne, et une partie implantée dans l'alvéole, la racine; au point de fusion de ces deux parties on observe un étranglement circulaire qui a pris le nom de collet. La racine et la couronne ne sont pas configurées de la même manière dans toutes les dents ; ces différences , qui sont surtout très marquées pour la couronne , les ont fait distinguer en trois classes , en incisives , canines et molaires.

Fig. 26,

PiQ 26. Dents prises sur cote droit de la indchoire d'un homme de trente

ans. '— 1. Incisive moyenne. — 2. Incisive latérale. — 3. Canine. — 4. Première petite molaire. — o. Seconde petite molaire. — 6. Première grosse molaire. — 7. Seconde grosse molaire. — 8. Troisième grosse molaire dont l'une des racines se termine en crochet.

^' Incisives. Au nombre de huit , quatre à chaque mâchoire , situées à la partie moyenne ou antérieure des arcades dentaires , et caractérisées : 1° par une couronne cunéiforme qui présente une face antérieure convexe, une face postérieure concave , deux faces latérales triangulaires , un bord libre tranchant un peu plus large que la base ; 2» par une racine de forme conique , aplatie transversalement, creusée d'un léger sillon sur ses parties latérales, et bornée en haut au niveau du collet, en avant et arrière par deux courbes paraboliques. Les incisives supérieures sont plus grosses que les inférieures ; et parmi les premières, les incisives moyennes l'emportent par leur volume sur les incisives latérales.

Canines, laniaires ou nnicuspidces. Au nombre de quatre, deux à chaque mâchoire, situées en dehors des incisives , caractérisées par leur couronne conoïde, à pointe mousse , et par leur racine beaucoup plus volumineuse et plus longue que celle de toutes les autres dents.

Molaires ou tnuUicusinddes . Au nombre de vingt , dix à chaque mâchoire, occupant de chaque côté de la ligne médiane les cinq dernières alvéoles, remarquables par la forme cubique de leur couronne, par les tubercules qui sumnontent celle-ci et par la pluralité de leurs racines ; divisées en petites et grosses molaires.

Les petites molaires, au nombre de huit, quatre à chaque mâchoire, deux à droite et deux à gauche , distinguées par leur nom de première et seconde, en procédant d'avant en arrière, sont situées entre les canines et les grosses molaires et présentent: !<> une couronne irrégulièrement cylindrique, aplatie d'avant en arrière, armée de deux tubercules, l'un interne, l'autre externe, séparés par une rainure; 2° une racine en général uni(iue, quelquefois double ou bifide , sillonnée profondément de chaque côté dans le premier cas , et offrant dans le second une séparation incomplète.

Les grosses molaires, au nombre de douze, six à chaque mâchoire, trois à droite et trois à gauche, désignées aussi en procédant d'avant en arrière, par les noms de première , seconde et troisième , ont pour caractères distinctifs , une couronne volumineuse régulièrement cuboïde , armée de quatre tubercules, que sépare un sillon crucial; une racine toujours multiple , ordinairement triple , quelquefois quadruple, ou quintuple, variable dans sa longueur et sa direction. La troisième grosse molaire , qui apparaît tardivement et qu'on nomme dent de sagesse , se distingue de la première et de la seconde par sa couronne, qui ne présente que trois tubercules deux externes, et un interne.

Structure. Les éléments qui entrent dans la structure des dents sont : 1" une substance propre, extrêmement .dure, composée de gélatine et de sels calcaires ; 2" du tissu cellulaire ; 3° des vaisseaux et des nerfs. Comme ces divers éléments sont aussi ceux qu'on observe dans les os, les auteurs anciens ont été conduits à penser que ces deux ordres d'organes présentaient la même nature et appartenaient à la môme classe ; mais, tandis que dans les os la substance osseuse et le tissu cellulo-vasculaire s'entremêlent partout de la manière la plus intime, nous voyons dans les dents la substance dentaire et les parties molles s'isoler de la manière la plus complète, la première se retirant à la circonférence, les secondes cherchant un refuge dans leur partie centrale. La partie dure ou corticale joue ainsi, à l'égard des parties molles ou centrales , le rôle de toutes les substances épidermoïdes envers les organes qu'elles recouvrent ; celui de l'ongle , par exemple, envers les papilles sous-jacentes.

Portion dure, corticale, ou épîdermoïde. (Fig. 27.) Elle est creusée d'une cavité qui occupe principalement la couronne, mais qui se prolonge aussi dans toute l'étendue de la racine , sous la forme d'un canal destiné à laisser pénétrer les vaisseaux et nerfs dentaires. Deux substances bien différentes concourent à la formation de cette enveloppe épidermoïde : l'une produit la couronne, l'autre donne naissance à la racine; la première a été comparée à l'émail, et la seconde à l'ivoire. L'émail est d'un blanc bleuâtre, composé de fibres perpendiculairement implantées sur l'ivoire, extrêmement dur, et réductible par l'analyse en sels calcaires ; l'ivoire est d'un blanc jaunâtre, formé de couches concentriques promptement altérables lorsque l'émail usé les laisse à nu ; il contient moins de phosphate

calcaire, et préseiile une substance animale gélatineuse qui établit entre ses nioiccules et les molécules osseuses une remarquable analogie.

FiG. 27. — Petite vwlaii-e coupée longitiidiiialenient dans sa partie moyenne. — 1. Émail. — 2, Ivoire. — ô, Cavild dentaire.

Fia. 27.

Portion molle ou pulpeuse. La pulpe est une grosse papille, qui s'entoure d'un étui calcaire, de la nicine manière que les papilles du derme s'entourent d'un étui corné ; cette papille contenue dans la dent comme dans un moule, en reproduit la forme ; elle tient aux vaisseaux et aux nerfs dentaires par un pédicule nerveux et vasculaire qui habite le canal de la racine.

Dec sont

'celoppement. Les phénomènes qui accompagnent l'évolution des dents relatifs : 1° à la dentition temporaire; 2° à la dentition permanente.

Dentition temporaire. Le germe ou follicule dentaire apparaît du deuxième au troisième mois de la vie intra-utérine. Il est constitué par une membrane et par le bulbe ou la pulpe dentaire.

La membrane du follicule est composée de deux feuillets , l'un externe fibreux, l'autre interne séreux. Le premier est une dépendance de la muqueuse gingivale ; il forme le périoste de l'alvéole , et se trouve perforé en bas pour le passage des nerfs et des vaisseaux ; le second, après avoir revêtu le périoste alvéolo-dentaire , se réfléchit sur les vaisseaux et les nerfs qui forment le pédicule du bulbe, et paraît se prolonger sur cette papille. Dans le principe, cette membrane fibro-séreuse ne contient qu'un fluide rougeàtre dont la quantité diminue peu à peu à mesure que la pulpe dentaire se développe.

La pulpe du follicule comprend aussi deux parties , l'une grêle constituée par une artérioie, une veinule et un fdet nerveux, représentant son pédicule ou sa racine ; l'autre renflée à la manière d'un bulbe , et formée des mêmes éléments ramifiés, anastomosés et réunis soit par du tissu cellulaire, soit par la séreuse folliculaire; le bulbe dentaire, en s'élevant du fond de l'alvéole , acquiert graduellement la configuration propre à chaque dent, et devient le noyau autour duquel se forme la portion dure, dont les premiers vestiges apparaissent vers le milieu de la grossesse.

L'ivoire se montre un peu plus tôt que l'émail ; son développement s'effectue par une véritable sécrétion ; de très petites écailles, souples d'abord, puis de plus en plus consistantes , s'étalent sur chacune des saillies que présente la pulpe dentaire : ainsi les incisives et les canines ne présentent qu'une seule écaille ; les bicuspidées en ont deux ; les multicuspidées en offrent un nombre égal à celui de leurs tubercules. Ces écailles, connue autant de

points d'ossification auxquels on les a comparées, s'étendent, s'unissent, et entourent toute la pulpe en formant autour d'elle un étui qui descend sur son pédicule ; au dedans de ce premier étui, s'en forme un second, puis un troisième , en un mot l'ivoire , qui a pour organe sécréteur la pulpe , s'accroît par superposition, et se compose de couches stratifiées, comme les ongles , les cornes , les sabots des animaux , et toutes les productions épidermoïdes.

L'émail est sécrété par le feuillet pariétal ou alvéolaire de la séreuse dentaire, sur lequel on observe, au niveau de la couronne, une sorte de pulpe destinée à cette sécrétion.

Après la naissance , le sommet de la racine atteint le fond de l'alvéole ; l'accroissement de la dent cessant alors de se faire de ce côté , a lieu du côté de la gencive qui s'entr'ouvre pour lui livrer passage, et l'éruption s'opère successivement, sur la mâchoire inférieure d'abord, puis sur la mâchoire supérieure ; les incisives moyennes précèdent les incisives latérales, celles-ci les premières molaires , après lescpi elles viennent les canines , et enfin les deuxièmes molaires ; cette éruption commence vers le sixième mois après la naissance, et se termine vers la fin de la troisième année. Du (luatrième au dixième mois après la naissance apparaissent les incisives moyennes inférieures ; et bientôt après les incisives moyennes supérieures ; du huitième au seizième mois, les incisives latérales inférieures, puis les incisives latérales supérieures ; du quinzième au vingt-quatrième les premières molaires inférieures ; du vingtième au trentième les canines inférieures , puis les supérieures ; du vingtième au quarantième mois naissent les secondes petites molaires qui complètent les vingt dents de la première dentition.

Dentition permanente. Les follicules de la seconde dentition sont dans les rapports suivants avec ceux des dents temporaires : 1° les follicules des dents nouvelles , c'est-à-dire des trois dernières molaires , sont sur la même courbe que les dents de lait , courbe qu'elles prolongent et dont elles forment les extrémités ; 2° les follicules des dents de remplacement sont au contraire placés directement derrière les dents à remplacer. Ces follicules, contenus d'abord dans les mêmes alvéoles que les dents provisoires , en sont séparés plus tard par une cloison incomplète qui s'élève du fond de l'alvéole vers son orifice. L'ouverture que présente cette cloison correspond au cordon vasculaire et nerveux qui se bifurque pour se porter à l'un et à l'autre follicule. Le pédicule du follicule provisoire est d'abord beaucoup plus considérable que celui du follicule permanent ; mais peu à peu une disposition inverse s'établit par le développement progressif des vaisseaux qui se distribuent dans le second de ces follicules et l'atrophie de ceux qui se ramifient dans le premier.

Lorsque les dents permanentes ne peuvent plus se développer vers le fond de l'alvéole, leur accroissement s'opère du côté du bord alvéolaire ; alors les alvéoles de la première dentition s'amincissent, se perforent, puis disparaissent sous l'influence de l'absorption dans le point qui correspond à la couronne de ces dents. Soumises à leur tour à cette même influence, les dents de lait s'usent à leur racine, deviennent vacillantes et tombent dans l'ordre de leur apparition, de la sixième à la huitième année.

Derrière les alvéoles des dents de la première dentition on aperçoit un

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petit canal, iter doilin, VLMiipli parmi cordon qui se porte de la gencive aux follicules des dents permanentes. M. Serres a donné à ce cordon le nom de gubcrnaculum deniis, dénomination heureuse qui montre à la fois l'analogie de structure et l'analogie de fonctions cpii rapprochent ce cordon du gubernaculum testis.

Les premières dents permanentes qui apparaissent sont les premières grosses molaires. Celles-ci précèdent de beaucoup les autres dents permanentes ; elles font suite aux dents de la première dentition, avec lesquelles elles coexistent pendant quelque temps, et avec lesquelles aussi elles ont été confondues par quelques anatomistes.

L'éruption des dents de remplacement se fait dans le même ordre que celle des dents de lait ; les incisives moyennes inférieures naissent de six à huit ans; les incisives moyennes supérieures, de sept à neuf; les incisives latérales, de huit à dix ; les premières petites molaires, de neuf à onze ; les canines, de dix à douze ; les deuxièmes petites molaires, de onze à treize; la deuxième grosse molaire de douze à quatorze; la troisième grosse molaire, de vingt à trente.

Après leur éruption, les dents permanentes sont le siège des phénomènes suivants : l'émail s'use en grande partie par le frottement ; la sécrétion de l'ivoire continue ; de nouvelles couches s'appliquent au dedans de la cavité dentaire à celles précédemment formées; la pulpe diminue ainsi graduellement de volume et finit par disparaître tout-à-fait : alors la dent devient pour l'alvéole un véritable corps étranger qu'elle repousse,

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