‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 191 sur 267 · AA'GE1UL0(J1E · texte numérisé non relu

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de ces nerfs passe au-devant de l'artère brachiale, et se place ensuite à son côté interne; les nerfs radial et cubital sont situés l'un en dehors de l'artère radiale, et l'autre en dedans de l'artère cubitale , de telle sorte que ces vaisseaux se rapprochent plus de l'axe de l'avantbras, et les nerfs davantage des téguments ; à la cuisse le nerf crural occupe également le côte externe et antérieur de l'artère fémorale, le nerf saphène interne côtoie le côté antérieur du même vaisseau, etc.; en un mot la loi qui détermine la situation respective des artères et des veines , est aussi celle qui règle les rapports des nerfs sensitifs ou moteurs , avec le système artériel; et cette loi elle-même dérive de la tendance constante que présente les artères à se réfugier au milieu des parties les plus profondément situées. On peut exprimer les rapports généraux des artères, des veines et des nerfs, en disant qu'une incision pratiquée sur les meuibres des parties superficielles vers les parties profondes, dans le but de découvrir ces divers organes, rencontrera d'abord les cordons nerveux , puis les vaisseaux à sang noir , puis enfin les vaisseaux à sang rouge ; dans la pratiipiedes opérations on utilise quelquefois la connaissance de ce fait général , en considérant successivement les nerfs et les veines comme des points de repaire ou de ralliement qui dirigent l'opérateur dans la recherche des vaisseaux artériels.

Les nerfs qui appartiennent au système ganglionnaire présentent des relations beaucoup plus intimes avec la plupart des artères du tronc , que celles des nerfs moteurs ou sensitifs avec les artères des membres; ils s'anastomosent et forment des plexus qui enlacent les artères viscérales , en leur constituant une sorte de tunique nerveuse. Cette connexion a fait penser à quelques anatomistes que les branches venues du grand sympathique s'épuisaient entièrement dans les parois des vaisseaux qu'elles accompagnent. Mais l'observation repousse une semblable opinion; car si on suit quelques unes de ces branches , on les voit s'éloigner des parois artérielles à une certaine distance des viscères, et plonger dans l'épaisseur de ces derniers isolément des ramifications vasculaires. Les nerfs ganglionnaires ne sont donc nullement destinés aux artères qu'ils entourent, mais aux organes dans lesquels ces vaisseaux se terminent; s'ils rampent sur ces vaisseaux , c'est afin de leur emprunter un moyen de sustentation , semblables à ces plantes grimpantes qui se font un appui de tout ce qui s'élève et résiste autour d'elles sans rien perdre de leur indépendance. Longs et extrêmement grêles , ces nerfs n'eussent-ils pas été exposés aux plus funestes tiraillements s'ils eussent été abandonnés à eux-mêmes dans les replis ujobiles que leur forme la séreuse abdominale? Pour compléter la démonstration de cette vérité qu'il nous soit permis d'ajouter, que nous avons suivi jusqu'à leur terminaison les nerfs ganglionnaires de plusieurs viscères et particulièrement ceux des poumons ; eh bien , pour ce dernier organe, non seulement les ramifications nerveuses ne s'épuisent pas dans l'artère pulmonaire, mais elles n'affectent aucun rapport de eontiguité avec ce tronc artériel; toutes se jettent sur le tronc aérifère , le suivent jusqu'à ses dernières divisions , sans s'en écarter un seul instant, et s'y épuisent manifestement (1); le cœur, le foie, le tube intestinal, etc., se prêtent également à la constatation du même fait.

(l) Nous avons suivi les iictfs pnhiiouaires non sciileinenl sur les l)ronclics du poumon de riiommc , mais sur celles dos poumons du Jja-utel du cheval , chcsi

C. J\;ec les aponévroses. Les artères sont sous-aponévrotiques, et séparées en général par un ou plusieurs muscles des toiles fibreuses qui entourent les membres ; mais si elles ne sont pas en contact immédiat avec les aponévroses, elles sont en rapport avec les cloisons émanées de la face interne de celles-ci ; de l'intersection de ces cloisons résultent quelquefois pour les canaux vasculaii'es de véritables gaines tout à fait analogues aux gaines musculaires : les artères carotides primitives , les artères luimérales, crurales, etc., nous offrent des exemples remarquables de ce mode d'engaînement.

A l'intérieur de ces gaines vasculaires, on ne trouve pas seulenient un tronc artériel, mais aussi le tronc veineux qui l'accompagne et le plus souvent un cordon nerveux; ainsi le pneumo-gastrique est compris dans la gaine des vaisseaux du cou, le médian dans celle des vaisseaux du bras, et le saphène interne dans celles des troncs fémoraux ; de là ce précepte important qui prescrit, après l'incision de la gaine commune , de dénuder attentivement l'artère afin de ne jamais comprendre dans la ligature la veine et le nerf qui lui sont accolés.

Si les cloisons fibreuses ne sont pas assez multipliées pour circonscrire complètement par leur rencontre les troncs vasculaires, il n'y a plus d'engainement ; mais alors il existe encore le plus souvent une lame aponévrotique qui passe dans leur voisinage et qui les maintient appliqués tantôt sur un plan musculaire et tantôt sur des plans ligamenteux ou osseux ; les artères tibiale postérieure, interosseuse de l'avant-bras et pédieuse nous présentent chacune un exemple de ces diverses variétés d'engaînement incomplet.

D. Jvec les muscles. Les artères sont logées dans les interstices des nmscles ; elles affectent par conséquent avec ces organes des rapports étendus et fort importants à connaître.

Parmi les muscles il en est un grand nombre qui se dessinent au-dessous des téguments ; à l'aide des reliefs qu'ils présentent on arrive quelquefois à déterminer la situation et la direction précises d'un vaisseau, de même que par l'étude des saillies osseuses on arrive à reconnaître les interlignes articulaires ; les muscles qui marchent parallèlement aux artères et qui les indique en quelque sorte aux doigts et à l'œil de l'opérateur par les saillies qu'ils forment, ont reçu de M. Cruveilhier le nom de muscles satellites.

Chaque artère importante possède son muscle satelUte ; le sterno-mastoidien est celui de la carotide primitive, le biceps celui de la brachiale , le grand supinateur celui de la radiale, etc.

Les troncs artériels n'occupent pas exclusivement les interstices des muscles; quelquefois ils traversent l'épaisseur de ces organes, et on pouvait craindre alors que les contractions musculaires ne missent momentanément obstacle au mouvement circulaire du sang; toutefois il n'en est pas ainsi ; un appareil fort simple dans sa disposition protège les canaux vasculaires pendant la durée d'activité des agents contractiles et soustrait si

lesquels ils sont plus volumineux et plus appureiils; une piépaïuliou que nous avous de'pose'e dans le musée d'analomie compare'e de la faculté, iiioulre ces nerfs suivant jusqu'à leurs lerminaisou les raniiticalions bronchiques.

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oompU'temont la circulation à tonte influence fâcheuse de l'appareil locomoteur , que celle fonction ne jouit jamais d'ime intégrité plus parfaite que lorsque la locomotion s'accomplit. Cet appai-eil protecteur consiste dans une arcade fibreuse jetée au-dessus des vaisseaux, arcade qui va s'insérer par ses deux piliers soit à une surface osseuse , soit à une couche fil)reusc ; toutes les libres contractiles s'insérant à la convexité de cette arcade , leur action a pour effet de la dilater, d'où il suit que la perméabilité des conduits vasculaires est d'autant mieux garantie que leur action est plus énergique. L'aorte a son passage entre les piliers du diaphragme, l'artère crurale a son passage à travers le muscle grand adducteur, les artères perforantes au moment où elles traversent le même muscle, etc., nous présentent des exem.ples remarquables de ces arcades, dont les piliers sont quelquefois si rapprochés l'un de l'autre qu'elles semblent former des anneaux complets.

E. Avec les os. Nous avons vu que les artères, en vertu de leur tendance constante à se porter vers les parties profondes, se rapprochent plus ou moins dans leur trajet des leviers osseux qui forment l'axe des membres ; les vaisseaux du cou, du bras, de l'avant-bras, de la cuisse, etc. , ne sont séparés des plans osseux qiii leur correspondent tiue par des couches musculaires très minces et intimement adhérentes à ces divers plans ; sur plusieurs points les troncs artériels se trouvent même en contact immédiat avec les os ; l'aorte dans toute sa longueur repose sur l'axe vertébral, les iliaques externes sur le détroit supérieur du bassin , les intercostales sur le bord inférieur des côtes, les faciales sur le maxillaire inférieur, etc.; cette disposition nous montre que les artères peuvent être comprimées sur presque tous les points de leur étendue, mais qu'il existe pour cette compression des lieux d'élection ; poiu- les membres thoraciques ce lieu d'élection réside à la partie supérieure de l'iuimérus, ou sur la première côte ; aux membres inférieurs il est formé par la branche horizontale du pubis.

Par les rapports qu'ils présentent avec les extrémités articulaires des os, ces vaisseaux sont quelquefois exposés à de funestes tiraillements à la suite des luxations ; cependant au moment où les surfaces osseuses se luxent, ils se déplacent eux-mêmes avec une si grande facilité qu'il est extrêmement rare de voir les accidents de ce genre entraîner leur déchirure.

F. Avec la 'peau. On ne trouve au-dessous des téguments aucun tronc artériel : mais aux limites les plus reculées du centre circulatoire , on voit des branches de quelque importancedevenir sous-cutanées ; telles sont les artères collatérales des doigts et des orteils , telles sont les artères faciale, occipitale, temporale. Le cuir chevelu, la peau de la face , celle qui recouvre les phalanges de la main et du pied puisent dans la présence de ces vaisseaux une vitalité bien supérieure à celle des autres parties du système tégumeiitaire. Qu'une inilammation phlegmoneuse et diffuse se déclare sur les membres ou sur le tronc, et on verra le plus souvent les téguments affectés se mortifier dans une étendue variable ; qu'une inflammation semblable envahisse le cuir chevelu, les doigts, les orteil», et rarement cette mortification surviendra. D'où vient cette différence? De ce que les artères qtii se distribuent à la peau du tronc et des membres, n'y arrivent qu'à l'état de ramuscules très grêles; une inflammation violente s'emparaut du tissu

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cellulaire dans lequel rampent ces ramuscnles, ils se déchirent, et la peau < mortifie par privation de sucs nutritifs. A la tête et dans la partie terminale de la main et du pied , les artères étant plus volumineuses elles résistent mieux à un engorgement inflammatoire, et les téguments se gangrènent rarement, le foyer purulent l«s soulevant avec la peau qu'elles continuent à alimenter : mais ici un phénomène inverse pourra se produire ; de ces artères, en effet, partent des ramuscules assez grêles qui vont se distribuer aux os du crâne, aux phalanges et aux articulations de ces dernières ; ces ramuscules sont aussi assez facilement détruits ; c'est pourquoi tandis que les téguments continuent à vivre il n'est pas rare de voir l'inflammation phlcgmoneuse du cuir chevelu et des doigts déterminer dans le premier cas une nécrose superficielle, et dans le second la mortification de toute une phalange.

G. Avec le tissu cellulaire. Autour de la plupart des vaisseaux artériels on trouve une couche de tissu cellulaire qui leur forme une sorte de gaîne, et devient pour chacun d'eux,'à la fois, un moyen d'union et d'isolement. Au niveau de leur conliguité avec les veines , ce tissu cellulaire est assez serré ; sur tous les points par lesquels ils sont en contact avec des plans fibreux, musculaires ou osseux , ce tissu est au contraire extrêmement lâche ; sa densité dans le premier sens a pour effet d'associer les artères et les veines dans les divers déplacements ou glissements qu'elles éprouvent ; elle nous montre aussi que dans la ligature des troncs artériels le temps le plus différent de la dénudation est celui qui consiste à les isoler des troncs veineux, et que cette dénudation deviendra plus difficile encore si l'artère est accompagnée de deux veines. Ajoutons- que la gaîne cellulcuse des art^^res est traversée par des ranuisculcs qui viennent s'épuiser dans leurs parois, et (pie lorsqu'on procède à leur isolement, on déchire non seulement le tissu cellulaire ambiant , mais aussi ces ramuscules , c'est pourquoi il importe (lue cet isolement soit toujours renfermé dans les limites qui suffisent au succès de l'opération.

C^ Jnaslomoscs. Les canaux artériels communiquent entre eux ; ces communications (jui ont reçu le nom d'anastomoses ne s'établissent pas toujours de la môme manière, il existe :

1° Des anastomoses en arcades ou par inosculation dans lesquelles deux branches s'infléchissent l'une vers l'autre , et s'abouchent par leur extrémité pour former un canal unique et curviligne ;

2° Des anastomoses en angle ou par convergence caractérisées par le rappi-ochement de deux vaisseaux qui se confondent par leur partie terminale pour en constituer un troisième plus considérable; les artères vertébrales à leur entrée dans le crâne nous présentent un exemple remarquable de ce mode de communication ;

3° Des anastomoses par communication transversale qui ont lieu lorsque* deux artères sont unies par une branche perpendiculaire à leur direction ; les cérébrales antérieures , les cérébrales postérieures et les carotides internes , sont ainsi unies par des artères qui ont été désignées avec raison sous le nom de communicantes.

A ces trois variétés d'anastomoses on pourrait, avec M. le professeur lîlandin, en ajouter une quatrième savoir , les anastomoses annulaire, el-

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Hpliquo, iiolygona'.c, Ptc. qu'on observe lorsque deux artères, après s'être divisées, s'aboiielieiit par les branches qui résultent de cette division en circonscrivant un espace de ligure et de dimensions varial)lcs; tantôt cet espace est un cercle : l'iris est ainsi compris dans un anneau artériel ; tantôt ce sont des losanges comme ceux qu'interceptent sur le bord libre (le l'intestin les artères venues de ses parties latérales; ou des quadrilatères irrégnliers connue ceux (pd existent sur les deux faces d'un estomac bien injecté, etc., etc. Ces anastomoses ont sans doute un caractère qui leur est propre. Cependant nous ne saurions les considérer comme une variét('' distincte. Elles sont le résultat de commtniications artérielles multiples et associées : ainsi les circulaires se composent d'une double anastomose en arcade; les (piadrilatères ou rliomboïdales , d'une double anastomose par convergence; l'hexagone artériel situé à la base du cerveau est une triple anastomose par comnninication transversale. Ouebpiefois les types se combinent, et l'anastomose prend alors une figure plus ou moins irrégulière. Si aux trois variétés (jue nous avons admises on voulait en ajouter une (piatrième il conviendrait donc de la désigner sous !e nom ù'aïuntomose niixle ou composée.

Ces anastomoses n'offrent ni la même fréquence , ni la même imi o"'tance ; celles par convergence et par connnunicalion transversale sont rares ; leur utilité n'a i>as encore été bien délinie.

Il n'en est pas ainsi des anastomoses en arcades et des anastomoses composées ; ces dernières sont extrêmement répandues dans l'économie, et leur importance est manifeste :

1** A l'égard de certains viscères elles régularisent la diffusion du sang;

2° Pour la plupart des organes elles multiplient les sources où ils puisent les éléments de leur nutrition , en sorte que si une ou plusieurs de ces sources viennent à se tarir , ils auront peu à souffrir de cette oblitération , pourvu (pie les autres demeurent intactes;

3° Dans les membres elles établissent à côté des grands courants artériels , des courants secondaires on collatéraux (pii constituent pour la circulation ur.e voie dérivaîive, lors(pie ceux-ci sont interceptés sur un point de leur trajet par une cause morbide ou mécanique.

Les courants collatéraux traversent des régions diamétralement opposées à celles qu'occupent les courants principaux. Ils ne sont pas situés en dedans et du côté de la flexion, mais en dehors et du côté de l'extension. C'est autour des articulations qu'ils offrent le plus de dévelpppement , d'où il suit (pi'ils établissent des communications plus faciles entre les troncs appartenant à des sections différentes des membres, qu'entre les différentes parties d'un même tronc ; c'est ainsi (pie la sous-claviè'rc et l'axillaire communitpjcnt largement entre elles à l'aide de branches les unes descendantes, les autres ascendantes anastomosées autour de l'épaule ; l'artère du bras communi(iue de même avec celles de l'avant-bras par les anastomoses qui occu[)ent la partie postérieure de l'articulation du coude; des communications analogues sont établies entre l'iliaque interne et la crurale , entre la crurale et la poplitée, entre la poplitée et la tibiale antérieure, etc. Lorsipie l'un de ces troncs aura été divisé on deviendra le si<'ge d'un anévrisme, ee ne sera donc pas à l'amputation (pi'il faudra recourir comme le conseillaient les anciens, mais à l'applicalion d'une ligature ; le sang relluant dans la voie d(''rivative ipie lui préseiilcnl I(n anaslouutses. arrivera dans le tronc

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situé sur le prolongement de celui qui a été oMitéré , et la circulation d'abord embarrassée et difficile, se rétablira bientôt d'une manière complète.

7° Terminaison. Plus les artères s'éloignent de leur origine commune, plus les communications établies entre elles se multiplient; à leurs dernières limites ces commmiications deviennent si nombreuses ([ue le système artériel ne se présente plus sous l'aspect de conduits à direction rectiligne et à marche divei-genlc, mais sous celui d'un plexus dont les mailles inégales et serrées enlacent les particules intégrantes de nos organes. Les artérioles qui composent ce plexus, se continuent avec les premières radicules des veines sans qu'il soit possible d'établir le point précis où finissent les unes et où couunencent le autres. Ce sont ces vaisseaux, sans direction lixc , intermédiaires en quelque sorte aux artères et aux veines, et non moins remanpiables par leur extrême ténuité que par leurs incessantes communications, qui forment le système capillaire.

Les ramuscules veineux s'anastomosaut à leur point de départ comme les ramuscules artériels à leur terminaison, on voit que le système des vaisseaux capillaix'cs comprend deux ordres de réseaux , qui seraient plus spécialement affectés l'un au sang rouge et l'autre au sang noir. Ces deux variétés de réseaux en s'entieuiêlant interceptent des aréoles d'une tt^Ue petitesse (pie la plupart de nos tis.'-us , dans les injections fines, semblent se convertir en une agglomération de canalicules va<^culaires. La continuité des capillaires artériels et veineux est démontrée : 1° Par les injections : l'essence de térébenthine, les différentes variétés <le vernis, les huiles fixes, le mercure, etc., pmissés dans une artère reviennent facilement par la veine qui l'accompagne ; une injection ordinaire parvient même facilement dans le système veineux si on a soin d'élever préalablement la température des tissus injectés ;

2° Par l'observation : en soumettant au foyer d'un microscope, la queue, les nageoires ou les branchies d'un poisson, ou bien la membrane interdigitale d'une grenouille, ou encore le mésentère de la plupart des animaux à sang froid, on voit les courants artériels se rédéchir à la dernière limite de ces organes , et suivre un trajet rétrograde pour revenir vers le cœur par les veines ; la même observation a été faite aussi sur les animaux à sang chaud , particulièrement sur l'aile des chauves-souris et sur le blastoderme des oiseaux , pendant la diu'ée de l'incubation.

Entre tous les organes qu'on peut choisir pour constater la continuité des artères et des veines, il en est un qui n'a pas fixé l'attention des observateurs et qui nous semble bien préférable cependant à la plupart de ceux auxquels on a conseillé de recourir; cet organe est la membrane ([ui forme les réservoirs aériens situés dans l'abdomen des oiseaux ; par son extrême minceur , sa parfaite transparence et la rareté des vaisseaux (ju'elle contient dans son épaisseur , cette membrane se prête admirablement à la constatation du fait qui nous occupe; 'pour arriver à ce but on peut : ou bien l'exposer au foyer d'un microscope; il faut alors renverser l'oiseau sur le dos , l'attacher par ses (piatre membres , et ouvrir l'abdomen ; ou bien l'enlever complètement , l'étaler sur un liège noirci et introduire la pointe d'un tube à injection lymphatique dans une artériole, api'ès avoir lié les artérioles voisines ainsi (pie les veinules ; le mercure se r('pand aussitôt dans tous les capillaires, et on distingue avec la plus grande net-

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tetô, sans qu'il suit niciuo nécessaire de recourir à une loupe, les arcades moitié artérielle moitié veineuse qui forment la transition entre les deux ordres de vaisseaux.

Aux faits que nous venons-d'invoquer pour démontrer la continuité des artères et des veines on pourrait, et on a eu effet objecté (pi'ils établissent la réalité d'une conuuunicalion entre les unes et les autres, mais qu'ils n'autorisent pas à affirmer (pie ces vaisseaux sont continus ; parvenus à l'état capillaire , ils peuvent disparaître et le sang se trouverait alors en contact direct avec le parencliyme des tissus ; ces faits, en un mot, démontrera eut la continuité d'un canal, mais uon la continuité des parois artérielles et veineuses. Pour repousser cette objection , il suffit de rappeler que les courants capillaires présentent une direction fixe ; ceux qui marchent parallèlement, restent parallèles; ceux qui se croisent ou passent l'un au-dessus de l'autre continuent à s'entre-croiser sous le même angle ; ceux qui se rencontrent sous des incidences cHverses, conservent leiu' inclinaison resi)cctive, etc.; or, des conrants qui ne seraient pas limités par des parois offriraient-ils dans leur dircclion et leurs rapports mutuels une semblable fixité? Ces courants ne varieraient-ils pas à chaque instant, suivant l'état d'affaissement ou de compression , d'activité ou de repos , des organes et surtout suivant l'état de congestion par cause active , ou de stase par cause mécanique? Ajoutons que ces parois ont été aperçues au microscope par Spallanzani qui les a distinguées sous la forme de deux petites lignes noires parallèles situées de chaque côté des courants.

Le mode de continuité des artérioles et des veinules est variable : lantôl l'artère et la veine s'abouchent par leur sommet en formant une arcade dont la concavité est dirigée du côté du cœur ; dans les animaux à sang froid cette disposition est la plus ordinaire ; elle a été constatée d'abord par Flaller sur la queue et les nageoires des poissons. Tantôt elles marchent paral'èlcment l'une à l'autre et s'envoient un grand nombre de petits rameaux transverses. Quelquefois d'une anse ou de la périphérie d'un polygone artériel naissent des ramuscules plus ténus qui se portent soit en dehors du polygone, soit en dedans, et (pii vont se continuer plus loin avec un vaisseau manifestement veineux; ce mode de continuité dans lequel les réseaux veineux s'entremêlent aux réi-caux artériels paraît être le plus fréfiuent.

Dans le tissu érectile chaque artériole se termine en s'ouvrant dans la dilatation ou cellule qui constitue l'origine des veines. Yalentin , d'accord avec la majorité des anatomistes , veut que l'artère s'abouche simplement dans la cellule veineuse. Muller a cru remarquer qu'elle s'inlrodnit dans cette cellule en s'enroulant sur elle-même à la manière d'une h*'lice et y verse le sang par des orifices placés sur ses parties latérales ; à l'aide de ces orifices niultiples le sang s'épancherait plus rapidement (pie par un orifice unique, et par conséquent cette disposition favoriserait la turgescence des tissus érecliles. Le même au'eur signale dans la substance corticale des reins d'autres vaisseaux spiroïdes ou hélicinés , qui diffèrent des précédents en ce qu'au lieu de se terminer en culs de sacs et d'offrir des orifices latéraux , ils seraient imperforés et se continueraient à leurs extrémités avec une veinule ; cet enroulement des capillaires artériels aurait pour l)ut de retarder le cours du sang à travers la glande et de rendre plus complète la séparation de l'nrine. Lorsque les recherches portent sur des

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objets (l'une telle téiiuilé il devient lort difficile de faire la part de la vérité et de l'illusion dans les résultats obtenus ; c*cst à cette extrême difficulté qu'il faut attribuer l'incertilude de nos connaissances relatives au véritable mode de conformation des artères dans leur partie terminale, et les contradictions malbeureusement fréquentes, où sont tombés les observateurs qui ont tenté de reculer les limites de la science sur ce sujet.

Les capillaires artériels ne sont pas également abondants dans tous les organes. Quelques uns en possèdent un très grand nombre : dans cette classe il faut ranger les glandes, les membranes muqueuses, la peau, les muscles, etc., d'autres en contiennent peu : tels sont les cordons nerveux , les tendons, les aponévroses, les fibro-cartilages , etc., d'autres en paraissent dépourvus : par exemple, le cristallin, la cornée transpareiite, les cartilages d'encroûtement. Les cartilages périchondri(iues semblent aussi ne renfermer aucun vaisseau; cependant nous n'bésitons pas à admettre leur vascularité : 1° parce qu'ils sont vasculaires au début de la vie , de même que les cartilages d'ossification dans lesquels on n'aperçoit également aucune artériole; 2° parce qu'ils se vascularisentdans certaines circonslanccs et que leur vascularisalion débute alors par leur partie centrale comme lour les précédents ; or, s'il n'existait pas de canaux venus de leur sinface, ou plutôt du périchondre , comment le sang et le phospbate calcaire seraient-ils déposés à leur centre? Ces canaux, direz-vous , se forment de toutes pièces pour les besoins de l'ossification; je le veux bien ; mais alors il faut reconnaître qu'ils s'élendent du périeliondre au centre du cartilage, afin d'établir une communication entre cette itartie centrale et le système artériel, source du phospbate calcaire ; car hors de cette hypothèse point d'ossification possible; mais s'ils occupent toute l'épaisseur du cartilage pourquoi au début de la transformation de celui-ci ne les voit-on qu'à son centre? Évidemment parce (pi'ils nous échappent à cause de leur ténuité et de leur rareté; conclusion : ce cpii a lieu manifestement pour une partie de son épaisseur pendant son ossification a lieu aussi, mais d'une manière latente, pour toute sa substance dans l'état normal. Vraisemblablement les artériolesqui pénètrent dans les tissus cartilagineux pourvus d'un périchondre ne renferment que la partie séreuse du sang; avec l'immense majorité des anatomistes je repousse l'existence des vaisseaux blancs ou séreux, mais n'y a-t-il pas lieu de faire une exception en faveur des cartilages?

31algré l'irrégularité qu'il présente dans ses dernières ramifications, le système artériel ne se termine pas de la même manière dans tous les organes ; Ruysch, Prochaska, Sœmmerring qui l'ont étudié comparativement dans les divers tissus ont reconnu (ju'il offre sous ce rapport des différences sensibles : ainsi les artériolcs sont disposées en treillage sur la pituitairc, en pinceaux sur les papilles de la langue, en étoile sur la surface du rein ; elles sont spiroïdes dans la choroïde, rayonnées dans l'iris et la membrane du tympan , sarmentenses dans les muscles, etc.; mais on a attaché trop d'importance à ces divers modes de groupement des ramuscules artériels lorsqu'on a avancé qu'ils établissaient entre tous les organes des différences caractéristiques; peut-être en serait-il ainsi si nous possédions sur ce sujet des notions plus étendues et plus précises; mais dans son état actuel la science est encore bien éloignée d'un si haut degré de perfection.

On a pensé que les artères se continuaient aussi avec les lymphatiques et les canaux excréteurs; Biehat admettait en outre leur continuité avec

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les oxiialants ; mais celle dernière classe de vaisseaux n'oxisleiit pas, du moins comme vaisseaux distincts des artères.

La conlinuilé des ramuscules artériels avec les vaisseaux qui transportent la lymjihe est admise a^ijourd'liui par M. Magcndie, et niée par la pluparls des autres observateurs; nous la discuterons en parlant de l'origine des lym[)hali(pics.

Quant aux conduits excréteurs , les beaux travaux publiés sur la structure des glandes depuis (piinzc ans ne permettent plus de l'admettre. Ou sait cpie dans toute glande l'appareil excréteur est formé par un prolongement de la membrane tégumentaire interne ou externe, prolongement cpii peut être plus ou moins rameux suivant le volume de l'organe sécréteur, mais cpii se termine constamment en cul-de-sac à son extrémité. En dehors de ce cul-de-sac on trouve la substance propre de la glande, des artérioles, des veinules , des vaisseaux lymphatiques, des nerfs et du tissu cellulaire; tous ces ramuscules vasculaires et nerveux se ramifient dans les parois de la muqueuse; par conséquent les canaux artériels se comportent à l'égard des canaux excréteurs exactement comme ils le font à l'égard de la peau ou du canal intestinal.

Les artères à leur terminaison paraissent être le siège essentiel des fonctions les plus importantes de la vie nutritive: 1° c'est dans le sang des capillaires artériels que les tissus puisent les éléments propres à réparer les pertes continuelles qu'ils éprouvent ; 2*^ c'est de la même source ipie partent les (luides exhalés sur les surfaces libres, et ceux qui sont sépans \)ar l'action spéciale des glandes; 3° sous l'intluence de la nutrition, des exhalations et des sécrétions , l'oxygène qui avait circulé avec le sang artériel des poumons vers les organes se soliditic, et celte soliditication e^t suivie d'un dégagement de chaleur, puis de la transformation du sarg rouge en sang noir; 4° au moment de cette traiisformalion , le sang , en échange des éléments (pi'il abandonne aux divers tissus , s'empare d'une partie de leur substance soumise ainsi à un mouvement de lente rénovation , et revient par colonnes confluenfes vers le coeur, (jui le chasse vers les poumons oîi il se régénère au contact de l'atmosphère.

TEXTLUE DES ARïÈRES.

Les vaisseaux artériels sont formés par un tissu stratifié; trois couches ou tuniciues se superposent et s'emboîtent pour constituer ce tissu.

i° Tunique externe. Eihi est de nature celbileuse ; aussi quehpies auteurs, Monro, Mascagni , Scarpa l'ont-ils confondue avec le tissu cellulain; ambiant , dont elle diffère cependant par des caractères bien tranch(''s ; elle se compose de filaments grêles et ré^stants entrecroisés dans tous les sens, et produisant une sorte de feutrage (pii rappelle par sa disposition et ses usages ces tissus en soie ou en fil ([u'on place autour des tubes en gomme élastique pour en soutenir les parois. Son épaisseur est peu considérable. Sur les grosses artères on peut la diviser en deux feuillets, l'un superliciel qui se continue avec le feuillet fibreux du péricarde; l'autre profond qui offre les caractères précédemment exposc's. Sur les vaisseaux capillaires cette membrane semble disparaître , de même que la tunitjue ïuoyennc, en sorte que les parois de ces vaisseaux n'offriraient pas la slralilication cpi'on observe sur toutes les autres parties du système artériel.

38 î ANATOMIE.

En dehors cette tunique adhère aux organes voisins, par un tissu cellulaire à fibres lâches et molles, bien distinct de celui qui la compose, en ce que ce dernier, tin et condensé, ne s'infiltre jamais ni de sérosité ni de graisse, tandis que celui-ci participe à toutes les infdtrations générales , c!; se laisse très facilement envahir par des vésicules adipeuses. En dedans la tuniq\ie externe est unie à la tuniipie moyenne par un mutuel entrelacement de fibres, qui rend leur séparation très difficile.

La tunique celluleuse des artères se rétracte à la fois dans le sens transversal et dans le sens longitudinal; par le premier mode de rétraction elle réagit sur le sang qui distend les vaisseaux, et lui imprime un mouvement qui s'ajoute à celui du ventricule gauche pour faire parvenir ce fluide jusqu'à sa destination ; par le second elle i-amène l'artère à sa longueur primitive lorsque celle-ci s'est allongée sous l'influence des contractions du cœur. Dans cette double action elle paraît constamment associée à la tunique moyenne à laquelle on rapporte en général tous les phénomènes de rétractilité ou de contractilité artérielle; nous devons dire cependant que M. le professeur Cruveilliier (jui a montré le premier la parfaite analogie de la tuni(]ue celluleuse avec le tissu darloïde place le siège exclusif de ces phénomènes dans la tuuii[ue externe.

2° Tunique moyenne. Regardée parles uns comme musculaire, par d'autres comme iibreuse , par Bichat comme un tissu sans analogue dans l'économie, cette membrane est généralement considérée aujourd'hui comme une variété du tissu fibreux élastiijue ; elle forme la plus grande partie de l'épaisseur des parois artérielles, (jui lui sont redevables de leurs l)ropriétés dominantes. Sa couleur c?l d'un blanc jaunâtre. Les fibres <p!i entrent dans sa composition sont perpendiculaires à l'axe du vaisseau ; elles seraient circulaires selon Bichat , circulaires et entrecroisées sous un angle très aigu selon M. Cruveilliier , roulées en spirale selon 3Iaseagni, Hunter et Sœmmcrring; Ilcnle qui les a soumises à l'analyse microscopi pie, a cru remarquer qu'elles ne forment pas des anneaux complets, mais des segments d'anneaux dont les extrémités prescpie toujours distantes sont réunies par d'autres segments qui passent au-dessus et au-dessous de l'espace qui les sépare; (pielquefois ces segments se soudent bout à bout; très rarement ils se bifurquent et alors les fibres communiquent entre elles par des branches obliipies et tendent à prendre un aspect réliformc. Les plus profondes , d'après le même auteur , seraient très obliques ou longitudinales ; Lauth avait déjà signalé ces fibres longitudinales , dont Henle fait une tunique distincte.

La tuniijue moyenne comprend plusieurs couches qu'on peut assez facilement isoler les unes des autres ; les couches profondes sont formées par des fibres plus serrées; les superficielles se composent de fibres moins condensées dont quelques unes se continuent et s'entrecroisent avec les filaments constitutifs de la tunique celluleuse. Leur couleur, leur élasticité, leur composition non fibrineuse , leur insensibilité en présence des excitants de tout genre, ne permettent pas de leur supposer une nature musculaire; si cette opinion qui a trouvé autrefois des défenseurs illustres, était fondée, ne verrions-nous pas \e.uv muscularité i)evAve ce caractère latent qu'elle présente et devenir de jdus en plus manifeste en passant des vertébrés à petites dimensions à des vertébrés plus volumineux , et de

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ceux-ci aux animaux les plus gigantesques. Nous avons observé réceninient l'aorte de l'autruclie ; clans cet oiseau elle offre trois ou quatre fois plus d'épaisseur que dans l'homme ; et cependant les fibres de la tunique moyenne ne laissent pas davantage entrevoir leur nature musculaire; c'est en valu qu'on a examiné dans le même but l'aorte du clieval et celle du bœuf; voyez ce tronçon détaché de l'aorte de la baleine et déposé au musée de M. Orlila ; ici la nature a pris soin d'amplifier elle-même le tissu artériel comme si elle eût voulu nous éviter les erreurs ou les incertitudes (pii s'attachent à l'emploi des instruments grossissants; eh bien, ces libres musculeuscs si souvent cherchées, et si vivement désirées, sont-elles enfin visibles? non; elles sont plus latentes que jamais. Concluons : la tuni(iuc moyenne des artères n'a rien de musculaire ; elle est de même nature que les ligaments jaunes, analogie qui lui a mérité les noms de tunique jaune , de tunique élastique sous lesquels elle est assez souvent désignée.

Les fibres de cette tunique ne sont pas moins remarqtiablcs par leur fragilité que par leur élasticité. H suffit d'appliciuer tin lien sur nne artère et de la serrer modérément, pour rompre aussitôt ses deux tuniques internes ; le froissement des parois artérielles avec un instrument m('tallique ou toiît autre corps solide et résistant produit le même résultat. Si ces parois se déchirent rarement à la suite des contusions, c'est qu'elles sont en quehpie sorte protégées par leur forme qui leur permet de fuir au devant de la ca\ue vulnérante. Lorsque cette déchiriire a lieu, les débris des tuni- (jues rompues embarrassant la marche du sang, déterminent bientôt sa coagulation et amènent plus tard l'imperméabililé du vaisseau ; de ce fait attentivement étudié on a pu déduire plusieurs procédés utilement cniployés pour l'oblitération des artères.

3° Tunique interne. Celle-ci présente la plupart des caratères propres aux raendjranes séreuses ; elle est mince, demi-transparente, dense et fragile, parfaitement homogène, unie et lubrifiée à sa surface lil)re par un liuidc onctueux (jui facilite le roulement des globules sanguins; sur celle même surface s'élalc un épilhélium pavimcnteux semblable k celui ([u'on trouve sur toutes les séreuses.

Ouel'.piefois on peut séparer sur les grosses artères la couche épithi'lia'.e de la couche sous-jacente; c'est ce dédoublement qui avait porté Haller et Mascagni k regarder la tunique interne comme couqioîécde deux feuillets distincts, l'un en contact immédiat avec le sang auipiel ils conservaient le nom de membrane interne , et l'autre qu'ils appelaient membrane nerveuse. L'existence de ces deux feuillets a été constatée en France par Laulh, et en Allemagne par Ilenle qui a bien défini le caractère du feuillet interne, et qui désigne le feuillet externe sous le nom de tunique striée ou fenétrée parce qu'il a crû remarquer au microscope (pie ce dernier fcuilb t a pour attribut essentiel des stries très serrées et sans direction fixe , au milieu desquelles on aperçoit çà et là quelques perforations, il faut donc admettre aujoiird'hui que la tuniipie séreuse des artères se compose de deux couches , séparables sur quehpies points, mais le plus souvent unies entre elles de la manière la plus intime. En deb.ors cette tunicpic ad! ère aux fibres longitudinales de la membrane moyenne.

La luniipie interne de? artères est-elle formée par un idexu? de caiiill.iires lymphaliiiues? Ma?cag!ii le piTiiucr éniit celle op-niou , (jui a été

a;!optce par Bcclard , Bi*escliet , et plus réceinmciit par M. Criiveilliier. Njus ne saurions la partager ; rien ne dcniontre la présence des lympliatijues dans l'épaisseur des parois artérielles, Béclard ne traduisait certainement par le résultat de ses propres observations lorstiu'il a avancé ipie ces vaisseaux étaient très difficiles à injecter à cause de leurs valvules, et ipie leur existence n'était démontrée que sur les troncs artériels. Une membrane composée de vasseaux capillaires serait beaucoup moins fragile, ou p.lutôt ne se laisserait diviser (pi'avec difliculté sous l'inHuence du froissement ou de la constriction opérée par une ligature; elle jouirait d'une certaine élasticité , et celle-ci est complètement inélastique.

Son étendue en surface est déterminée par la pbis grande dilatation possible des vaisseaux et ne varie pas comme celles des tunitpies moyenne et externe; tandis que celles-ci se resserrent et se dilatent , la tunique interne se plisse et se déplisse. Les plicatures très légères qu'elle présente sont les unes longitmlinales et les autres transversales ; ces dernières deviennent plus manifestes sur certaines artères pendant l'élat de flexion des membres.

Les artères renferment dans leurs parois : des artérioles, des veinrdes , peut-être des vaisseaux lympbatiques, des nerfs , et du tissu cellulaire.

yJrtérioles et veinules. Les vaisseaux qui se ramifient à la surface et dans l'épaisseur des canaux artériels sont très nombreux. Les anciens les désignaient sous le nom de vasa vasorum. On les aperçoit le plus souvent sur les grosses artères sans recourir à une injection; mais si on a injecté pn'alablement une substance pénétrante dans un tronc artériel , par exemple, du vernis à l'essence forlement coloré en vermillon, ils deviennent beaucoup plus manifestes ; on les voit alors plonger dans la tuniipie celluleusc , s'y ramifier et s'y anastomoser si fré(piemment qu'ils semblent la transformer en une membrane vasculaire, analogue à celle qui entoure les centres nerveux. De cette lunicpic ils passcJit dans les coucbes sous-jacentes, où ils se montrent plus rares à mesure (pi'on approche de la tunique séreuse à laipielle ils ne i)araisscnt pas se distribuer.

Lymphatiques. Nous avons vu (pie la constitution lympbatiqnc de la tuni(pic séreuse des artères n'est rien moins que démontrée ; mais si ces vaisseaux ne forment pas la membrane interne , ils pourraient naître des luni(ines moyenne et externe; en est-il ainsi? Sur ce sujet encore l'obeervation n'a rien établi jus(pi'à préi^cnî.

Nerfs. Ils pénètrent dans les parois des artères sous la forme de filets, extrêmement grêles et fort difficiles à suivre dans le trajet qu'ils parcourent. Cependant Wrisbcrg a suivi sur les artères de la face et du front des filaments nerveux (jui proviennent de la cinquième paire. M. Ribes dit avoir suivi des rameaux du grand sympathique sur la carotide interne juscpie dans la substance du cerveau , des branches du plexus brachial jusqu'à la i)arlic inférieure de l'artère humérale et de ses divisions, des ramifications d.i système nerveux ganglionnaire sur l'artère crurale jusqu'à l'artère poplitée. Rudolphi, Lucca, Purkinje, Henle, etc., rapportent des observations analogues. Il est presque impossible de suivre ces filaments nerveux audelà des couches superficielles de la tuni(pie moyenne; Oudemann, il vit

ANt.JilOLUl.lL;. 38-3

vrai, assure les a\oir suivis Justine dans la iiieuibraue iutenie; mais cette assertion exigerait une (îéuioustration.

Tissu cellulaire. Ce tissu n'existe qu'en très petite quantité dans l'épaisseur des parois artérielles ; on l'aperçoit manifestement dans la tunique eclluleuse qu'il constitue , et entre les couches les plus superficielles de la lunitiue moyenne, mais il semble disparaître au-delà. Il est extrêmement lin, et ne se laisse jamais envahir par des vésicules adipeuses.

INJECTION ET l'UÉPAR.VnON DES VRTÈRES.

1° Injection. Elle peut èlrc gëiiéiale ou paiiielle. Les injeclious ge'nérales (loiineiit ortliiiaireiiieut dos lesuUuts plus avantageux lorsquelles sont fuiles con\ enabli ment.

Le sujet qu'un se |)roposc d'injecter sera place' sur un plan incline, de telle sorte qu'il louche le sol par ses pieds et s'élève du côlë de la tête à la hauteur de 40 ou oO ceulimètres environ.

L'injection toit être pousse'e par l'aorte ; dans ce but on enlèvera le corps du sternum, en ;onpant les cartilages costaux le plus près possible de ses bords, afin de ne pas blesser l'artère mammaire interne, qui en est 1res rapproche'e, et eu le luxant au niveau de son union avec l'extrémité supérieure de cet os. On divisera c;isuile cette extrémité supérieure sur la ligue médiane par un trait de .scie, et, à l'aide d'un cuin placé dans cette division , on écartera les deux moitiés du thorax. L'espace ainsi obtenu permettra d'inci er le péricarde, de saisir le cœur, d'ouvrir le veutiicule gauche par une incision longitudinale, et d'introduire dans la cavité de l'aorte un tuljc; sur l'extrémité durpiel les parois de l'artère seront solidement fixéesparune double ligature; le passage des liens coiislricleurs autour du tronc vasculaire suppose que celui-ci a été prealaljlement isolé à son origine.

La seringue employée pour l'injection doit ofl'iir une capacité suflisante pour contenir au moins un kilogramme de liquide; il .?st indispensaljle qu'elle soit munie, dans sa paitie moyenne, d'un anneau portant de chaque côté deux poignées en bois, afin qu'on puisse la saisir facilement et sans courir le danger d'une brûlure. Les plaques de cuir dont on garnit l'extrémité interne du piston seront constamment rejetccs; elles se brûlent, se raccornissent après deux ou trois injections, et la seringue fonctionne alors très imparfaitement; à ces plaques, qui sont excellentes dans les seringues où l'on n'introduit que des liquides fioids, il faut substituer la fdassc qui n'ollrc aucuii inconvénient, et qu'on peut si l'acilement renouveler dans ses couches les plus superficielles, lorsfju'clle s'altère, se déroule, ou ne ferme pas hermétiquement le corps de pompe. Il nous a aussi }iai'u avantageux de ne })as souder le corps du piston avec sa lige, et de réunir ces deux parlies à l'aide de dcmi-aniieaux (pii s'embrassent par leur concavité; cette sorte d'ailiculation permet à la lige d'osciller sur le corps du piston, sans dévier l'ase de celui-ci, et sans comprimer par conséquent d'une manière inégale la suljstance molle, et dépressiiile dont il est garni, compression qui altère sa forme cylindrique et rend ensuite son jeu plus diliicile.

ha matière mise en usage pour les injeclious ordinaires est le suif, auquel ou ajoute mic petite quantité de ciic, et une substance colorante, le vermillon , le Jdeu de Prusse , ou le noir de fumée.

Une bonne matière à injection doit se solidifier par le refroidissement sans être cassante. Lorsr|u'ello est piéparée, avant de l'introduire dans la seringue, il convient donc d'en laisser tomlier ((uelqucs gouttes sur un corps froid , aliu d'ap 1 récier son degré de consistance , et de la niodificr en y ajoutant du suif ou de la cil e , suivant qu'elle est trop fragile ou trop n)olle. On juge fjue sa tempéialure est conveualile lorsque la cluUe de queh|ues gouttelettes d'eau y provoque un léger bruit de créiiitatiou. En c(! moment le roliiuet dont l'extrémité de la seringue doit être munie fera plongé dans le li(|uide, qui pénélreia dans le corps de pompe par aspiration. Celui-ci rempli, on lenversc la seringue, et on piessc légèrrment sui' le i)islon pour expulser la petite quantité d'air qui peut y èlre contenue; puis le robinet est fermé, et le tube de la suringue adapte au lube introduit dans l'aoi le.

386 ANATUMIE.

L'operaleur qui se charge du soin de iiousser l'injccliou doil avoir les deux janjl)es du sujet eulre les sieunes. Il a])pliquera perpendiculairemeut contre sa. poitrine l'cKtre'mile libre du piston , en siuclinaiit so'is un an^le de 45°, et pressera sur ce piston avec vigueur. Au même iu-,taut un aiJe ouvj ira le robinet, et le liquiiie pëue'irera dans Taorle.

Pour arriver juscpi'aux dernières limiles du système artériel , riujerliou a un long trajet à parcourir; dans ce trajet elle se refroidit, et se refroidira d'au!aut plus qu'elle le parcourra plus lentement. La condition essentielle pour le succès consiste donc, dès le début . à pousser le liquide avec la plus grande force possible, afin de le f.iire parvenir pour ainsi dire d'emblée jusqu'aux dernières divisicins de l'aoïte ; il n'y a aucun inconvénient, au début, a presser vigoureusement sur le piston, puisque toutes les artèies sont vides, el que le liquide ne rencontre nulle part de résistance; mais aussitôt cpie cetle-résislance commence à se faire sentir, il est prudent d'agir avec plus de ménagement; il faut alors se contenter tie soutenir l'ell'ort eu le modérant un peu, tant que le piston descend, et le suspendre tout à fait, c'est à-dire fermer le lolùuet loisque le piston devient complètement immoljile. Cette opération terminée , la seiingue est séparée du roliiuLl, qui doit au contraire rester adapté au tube placé dans l'aorle, el on laisse refioidir le lif[uide iniecté.

Si Ton veut faire une injection plus pcûiétrante, on peut: ou lùen ajouter au suif une petite qua)ilité d'essence de térébenthine, un douzième enviion; ou bien introduire préalablement chins Fatu te ce dernier liciuiiie; ou bien enfin faire usage de la gélatine. Ou réussira mieux encore si l'on a eu soin d'élever préalablement la température du sujet eu le laissant pendant deux heures dans un ])aiu chaud ; à l'aide de cette seule condition, nous sommes jiarvenu, en employant une injection ordinaire, à remplir non seulement la totalité du système artériel, mais la plus grande partie du système veineux.

l'our les injections fines on emploie le plus souvent des liquides froi Is ; ceux auxquels on doune ordinairement la préférence, sont : le vernis à l'essence ou à l'alcool, les huiles fixes, l'essence de térébenthine. Ces liquides paraissent surtout redevables de leur plus grande pénétration à (e qu'on peut prolonger ou soutenir longtemps l'effort qui a présidé à leur iuti oduction ; sous l'influence de cet elforl soutenu, ils s'insinuent par degrés dans" des ramuscules où ils n'auraient pu airiver par un effort brusque et plus ou moins instantané.

2" Préparation. Elle est très variable pour les différentes artères. Les seuls principes généraux que nous puissions formuler sur ce point sont les suivants :

Si l'artère est superficielle , procédez , dans sa préparation , du tronc vers les branches.

Si elle est profondément située, préparez d'abord les branches rpii se distribuent aux organes qui les recouvrent, et, une fois arrivé au tronc, vous l'isolerez en mettant à nu [les artères qui en partent et vous suivrez ensuite chacune de celles-ci en allant de son origine à sa terminaison,

11 est ordinairement mile d'enlever les veines concomilanles. Pour éviter l'effusion de sang cjui pouriait ré.-ulter de cette ablation , et qui tacherait la préparation, il impoite dévider préalablement le système veineux. Dans ce but, ouvrez Li veine iliac[ne s'il s'agit de l'une des extrémités inférieures, et la veine cave su péiieure s'il s'agit des supérieures ou de la tête; élevez ensuite fortement celle de «es extrémités (|ui doit cire le siège de la préparation; frictionnez-la de haut eu bas , ou de sa pai tie terminale vers le tronc , afin de fiiire écouler la plus grande paitie du sang (|u'eUe contient parla veine c[ui a été ouverte. Cette opération terminée, on peut isoler les veines, les couper, et les eulever, sans danger pour la préparation.

Le tissu cellulaire graisseux, les ganglions lymy)hatiques, les apomfvioses et tous les prolongements qu'elles fournissnt , seront aussi enlevés; mais on c(Uiservera avec le plus grand soin les muscles, les nerfs et les organes voisins , d'une part pour l'étude des rapports, et de l'antre pour les branches qu'ils reçoivent.

Avant d'étudier une artère, il convient de préparer toutes ses branches collatérales; de l'ensemble de toutes ces bi anches résulte une soi te de tableau qui frappe davantage l'esprit el facilite la mémoire, en liant entie eux les f.jls cpii lui sont confies.

AN'GÉlOUKilE. .^87

DES AUTÈRES EN FAIITIGULIER.

AKTÈllE PULMOÎSÂIRE.

Injection. 1° Enlever le slciiium; 2" isoler lu veine cave infe'rieurc et la lier ininit-diulenient an-dessns du diaplirai^nie ; 5" isoler la veine cave supérieure , Pouvrir, et y iniroJuire un Uilie par le([uel le liquide sera poussé vers les caviles droites du cœur.

Préi>aralion. Elle est li'ès simple, et consiste à enlever les envelopes que le péiiiarde Iburnil aux gros vaissei.ux, le tissu cellulaire graisseux et les ganglions Ivniplialiques voisins , en isolant succe.ssivenient : 1° l'artère pulmonaire et ses deux blanches, jusqu'à la racine des poumons; 2° les veines pulmonaires droites et gaiiclies; 5° la tjachée et ses deux divisions; 4° la crosse de i'aorta ; dans l'isolement de celle crosse, on procédera avec ménagement pour ne pas diviser les artèies ])i onclii(|ues qui partent de sa concavi'.é.

Loisqu'on se piopose d'étudier seulement les rapports de l'artère pulmonaire et de ses liranches, on peut se dispenser de recourir à une injection; celle-ci ne devient réellement nécessaire que dans rét ude de la structure du poumon ; et alors il est plus avantageux d'injecter directement le tronc artériel à sa sortie du ventiicule droit.

î/artùre pulmonaire transporte le sang veinctix Jn cœur aux poumons. Artérielle par ses parois et veineuse par ses fonctions elle constitue un vaisseau mixte (jui luc'rite parfaitement la dénomination de veine artcricuse que lui avaient imjiosée les anciens.

Elle naît de l'inlundibulum du ventricule droit, dont elle continue la direction en se portant ohliquement en liant et à gauctie , au-devant de l'aorte qu'elle croise à angle aigu, et qu'elle embrasse par sa concavité; parvenue au côté gauche du tronc aorlique elle se divise après un trajet de trois centimètres en deux branches qui se portent transversalement l'une dans le poumon droit, et l'autre dans le poumon gauche, où elles se ramifient et se terminent.

A son origine cette artère est entourée par les fibres musculaires les plus élevées de l'infundibulum. Intérieurement elle présente les trois valvules sygmoïdes qui s'abaissent à la manière d'une écluse sur rorUice artériel du ventricule droit au moment où le sang tend à refluer des poumons vers le cœur. Si on enlève ces valvtUes on plutôt la membrane interne dont elles sont une duplicature , on voit ciite le tronc pulmonaire se découpe à son point de départ en trois festons qui adhèrent par leur partie moyenne à la zone fibretise correspondante ; une semblable union serait peu solide si cette zone n'envoyait, d'ime part trois prolongements dans les espaces anguleux (jui séparent les festons, et de l'autre trois lamelles dans l'épaisseur des valvules sygmoïdes ; il suit en effet de cette disposition que l'ori- Hce festonné de l'artère, et l'anneau fibreux du cœ-ur sont unis l'un à l'autre par toute l'étendue de leur circonférence et on sait que cet anneau est lui-même rendu immuable par les insertions qu'il fournit aux libres nnisculaires.

Dans le trajet curviligne qu'il décrit le tronc pulmonaire répond : par ses [jarties latérales aux auricules droite et gauche ; — par sa convexité dirigée en avant et à gauche au feuillet séreux du péricarde dont le sépare assez souvent mte couche de tissu cellulaire adipeux; — par sa concavité louni('e en arrière rq à di-oito à l'aorle ipii lui oppose une com-bin-e in-

verse en sorte que ces vaisseaux se contournent réciproquement en demispirale.

La branche gauche de l'artère pulmonaire surmonte l'oreillette gauche ; sa longueur est la même que celle du tronc dont elle émane. Elle est en rapport : en arrière, avec la bronche gauche à lacpielle elle devient supérieure en entrant dans le poumon; en avant, avec le feuillet séreux du péricarde , et plus en deiiors avec les veines pulmonaires gauches qui la croisent en descendant vers l'oreillette.

La branche droile plus longue que la gauche, de un centimètre environ, est située immédiatement au-dessus de l'oreillette droite; elle marche parallèlement à la bronche gauche qui occupe son côté postérieur, et perpendiculairement à la veine cave supérieure et à la partie ascendante de l'aorte qui la recouvrent en avant.

A son entrée dans le poumon , chaque branche pulmonaire se divise en rameaux progressivement décroissants (pii s'accolent dans tout leur trajet aux ramilications des veines pulmonaires et des conduits aérifères; nous verrons plus tard comment ils se terminent.

Jrtère pulmonaire chez h fœtus. Pendant la vie intra-utérine le sang qui traverse les cavités droites du cœur n'est pas projeté vers les poumons ou du moins il n'arrive jusipi'à ces organes ([u'en très minime quantité. La presque totalité de ce fluide est transmise par l'artère pulmonaire dans l'aorte; par conséquent, ces deux troncs vasculaires sont largement anastomosés.

Cette anastomose à laquelle on a donné le nom de canal artériel, est ainsi disposée : le tronc pulmonaire après un trajet de 8 ou 10 millimètres fournit une branche au poumon droit; puis il parcourt encore quelques millimètres et fournit une autre branche au poumon gauche ; après cette double émission il marche vers l'aorte et s'ouvre dans cette artère un peu au-dessous de l'origine de la sous-clavière gauche. Le canal artériel est donc cette partie de l'artère pulmonaire qui est comprise, entre la branche qui se rend au poumon gauche et l'aorte.

Ce canal offre une longueur de deux centimètres ; son volume est i)lus considérable que celui des branches pulmonaires, et sa direction un peu obli(pie de bas en haut, d'avant en arrière, et de droite à gauche; mais à son insertion il s'infléchit en bas, de telle sorte qu'il se forme au bord supérieur de son end)ouchure un éperon dont la concavité est tournée vers le bassin; de là il suit (pie le sang qu'il verse dans l'aorte passe entièrement dans l'aorte descendante qui le transmet aux viscères du tronc, aux membres inférieurs, et surtout aux artères ombilicales, lesquelles le déposent à leur lour dans le placenta où il se régénère, comme il se régénère dans le poumon chez l'adulte.

Le calibre du canal artériel, d'abord supérieur à celui des branches qui pénètrent dans les poumons, diminue peu à peu, tandis (pie celles-ci deviennent plus considérables; chez le fœtus parvenu au terme de la vie intra-utérine, ce canal et les deux branches pulmonaires sont à peu près égaux. Après la naissance ces dernières se développent rapidement , et le canal artériel ne tarde pas à s'oblitérer. Il se présente alors sous l'aspect d'un cordon fibreux é!endu de l'artère pulmonaire à l'aorte, et plus étroit à sa partie moyenne (ju'à ses extréuiités.

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