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CONFOUMATIO>J EXTERIEURE DES VEINES

Envisagés dans leur conformation extérieure, les conduits veineux nous présentent à étudier : leur origine, leur mode de réunion, leur terminaison, leur situation , leur nombre, leur direction, leur forme, leurs rapports et leurs anastomoses.

1° Origine des veines.

Les veines naissent des artères ; il n'existe par conséquent aucune solution de continuité entre les vaisseaux à sang rouge et ceux à sang noir. Ce

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fait elaii'onieiit déiuoiitré parles injections et l'observation microscopique, réfute l'existence cVorilices béants admis par quelques auteurs à l'extrémité des artérioles et des veinules qui occupent les surfaces libres. Si à la suite des injections on a vu qnehiuefois le fluide injecté s'échapper en fines gouttelettes de la superficie des membranes muqueuses et séreuses, ce phénomène doit être considéré connue une sorte de filtration ou de perspiration artificielle s'accomplissant à travers les porosités des tissus , et non conune une preuve de la réalité de ces orifices. C'est surtout lorsqu'on fait usage de la gélatine, substance extrêmement pénétrante et ne se liquéfiant (lu'à une température assez élevée que cette transsudation se produit; et il importe de remarquer: 1° que si elle s'accomplit sur les surfaces libres, sur la muqueuse intestinale , par exemple , dans laquelle on peut supposer l'existence d'orifices absorbants, elle a également lieu à la surface et dans les interstices d'une foule d'organes qui ne sont le siège d'aucun phénomène d'ab;^ori)lion , de sécrétion ou de perspiration, entre les divers faisceaux d'un muscle, entre les divers lobules des poumons, etc., d'où il faut conclure (ju'elle peut se manifester en l'absence de tout orifice béant, comme elle se manifesterait à travers les parois d'une vessie si le liiiuidc gélatineux au lieu d'être disséminé dans das tubes était accumulé dans une cavité. 2° Que dans cette transsudation la partie la plus ténue se porte seule au dehors ; la matière colorante ordinairement moins divisée reste dans les capillaires. L'épanchement du fluide injecté à la surface de certains tissus, sans déchirure préalable, est donc un fait vrai, mais un fait (}u'on a mal interprêté. Loin de démontrer (lue des orifices béants sont nécessaires à l'accomplissement des absorptions et des exhalations, cet épanchement établit au contraire de la manière la plus rigoureuse que les li- (luides peuvent êlre absorbés ou exhalés en l'absence de tout autre orifice que les porosités des tissus , puisciu'il se produit par l'emploi de moyens artificiels dans des organes où on ne saurait adnîettre l'existence de semblables orifices.

Les premières radicules des veines se mêlent dans la trame de nos tissus aux éléments généraux de l'organisation, artères, lymphatiques, nerfs, tissu cellulaire : nous savons qu'elles se continuent avec les capiUaires artériels; se continuent- elles aussi à l'intérieur des organes avec les capillaires lymphati(pies? Lauth et Fonimanh ont admis cette continuité. Les réseaux servant d'origine aux vaisseaux lymphatiques donnent naissance , suivant ces anatomistes , à un certain nombre de ramuscules qui convergent vers les radicules veineuses et communiquent avec elles. Le canal à sang noir et le système de la veine porte s'uniraient ainsi à leur point de départ avec le canal à sang blanc. Cette communication, si elle était bien démontrée, nous expliquerait d'une manière heureuse comment les vaisseaux absorbants sont si développés à leur origine et réduits à de si minimes proportions à leur terminaison ; le fluide qu'ils contiennent pouvant se rendre par un court trajet dans le système veineux, on concevrait très bien qu'il suivît de préférence cette voie ; et s'il passe en grande partie dans les radicules des veines caves et celles des veines mésarraïques, le canal thoracitiue, si réduit ([u'il soit, sera cependant suffisant pour transmettre à la veine sous-clavièrc droite la lymphe ou le chyle ([ui auraient suivi la route la plus longue. Nous sommes disposés à accorder une grande valeur à l'opinion émise par deux anatomistes aussi recommandableî ; toutefois elle soulève de graves

o!>jcclions que nous disciiferous en parlant de l'origine des vaisseaux lymphatiques.

Les rapports des dernières divisions nerveuses avec les radicules des veines sont peu connus. Parvenus à leur destination les filets nerveux paraissent s'isoler de l'appareil vasculaire pour s'épanouir dans la substance propre de l'organe , ainsi se comportent quelques nerfs sensoriaux : ou se rénécliissent pour revenir à leur point de départ , tels que les nerfs de la langue, de la peau , de certains muscles , etc. ; par conséquent dans l'intérieur des tissus , les radicules veineuses et les derniers filaments nerveux seraient en partie indépendants, et n'auraient d'autres rapports que ceux qui dépendent d'une simple contiguïté.

Quant au tissu cellulaii'c, il devient si rare et si fin autour des radicules veineuses, qu'il est difficile de constater comment il se comporte , soit à l'égard de ces veinules, soit à l'égard des autres éléments du même tissu.

2° Mode de rénuion et terminaison des veines.

En se réunissant , les veinules produisent des rameaux , les rameaux donnent naissance aux branches , et les branches aux troncs. Chacune de ces divisions occupe dans l'économie une place déterminée.

Comme partie constituante de tous les tissus, les veinules primitives sont en quelque sorte ensevelies dans la substance propre de chaque organe ; dans les muscles elles occupent les fibres élémentaires, dans les os les canalicules osseux et la membrane médullaire, dans les glandes l'épaisseur des lobules, dans les centres nerveux les substances blanche et grise, etc.

Les r-ameaux sont situés dans l'épaisseur des organes , mais moins profondément. Ils cheminent dans l'interstice des diverses parties qui les composent : entre les faisceaux constitutifs d'un muscle, dans les canaux que leur présentent la diaphyse et les extrémités des os longs, dans les espaces interlobulaires des poumons , entre les circonvolutions du cerveau et les segments du cervelet, entre les diverses couches des viscères membraneux, etc.

Les branches rampent tantôt à la surface des viscères dont elles partent comme les veines cérébrales , tantôt entre les divers muscles d'un même groupe comme les veines profondes des membres, tantôt entre les diverses parties constituantes d'une même région comme celles du pli de l'aine, du creux de l'aisselle , tantôt entre les deux lames d'un même repli comme celle du tube intestinal.

Les troncs suivent les grands espaces celluleux ; dans les membres ils marchent entre les principaux groupes musculaires, dans le tronc entre les viscères les plus importants, dans le crâne entre les deux hémisphères du cerveau, entre le cerveau et le cervelet. Parmi ces troncs les uns affectent une direction transversale : tels sont ceux qui versent dans l'oreillette gauche le sang qu'ils ramènent des poumons, et celui qui verse dans l'oreille droite le sang qu'il ramène des parois du cœur. Les autres sont verticaux et se distinguent en ascendants et descendants ; les troncs ascendants venus des membres abdominaux et du bassin forment la veine cave inférieure, et la grande veine azygos qui va s'ouvrir dans la veine cave supérieure ; les descendants représentés par les sinus cérébraux, les jugulaires,

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les sous-clavières et les troncs veineux bracliio-céplialiques , constituent la veine cave supéneure. Tandis que l'aorte ascentlanle n'embrasse par ses ramitications ([ue le cou , la tète et les membres tlioraciques , la veine qui lui correspond embrasse donc non seulement les mêmes parties , mais la totalité du thorax puisiiue toutes les veines des parois et des organes de cette cavité viennent s'ouvrir dans la grande azygos; par opposition l'aorte descendante comprend dans la sphère de sa distribution tout le tronc et les membres abdominaux , et la veine cave inférieure répond seulement par ses branches à ces membres, au bassin et à l'abdomen. Les deux veines caves s'ouvrant dans l'oreillette droite qui repose en partie sur le diaphragme, on peut dire que sous le point de vue de la circulation du san" veineux ce muscle partage le corps en deux parties égales.

Les troncs , les branches , les rameaux et les ramuscules ne naissent pas toujours nécessairement les uns des autres comme nous venons de l'indiquer ; souvent les rameaux se jettent dans les troncs , les ramuscules dans les branches, etc., on observe en un mot dans la constitution du système veineux la plupart des variétés que présente le système artériel dans ses décompositions successives.

Les angles de réunion varient : le plus souvent ils sont aigus; quelquefois droits comme dans les veines lombaires, les rénales, etc., très rarement obtus comme dans certaines intercostales, les iléo-lombaires, les tégunienleuses de l'abdomen.

Les anomalies relatives au mode de réunion des rameaux avec les branches et des branches avec les troncs, ne sont pas moins fréquentes que celle des branches et des rameaux artériels dans leur mode d'origine, en sorte qu'il faut attacher en général moins d'importance dans l'étude des veines , à la détermination précise du siège de leur embouchure qu'à la connaissance de leur point de départ et au trajet qu'elles suivent.

La terminaison des troncs veineux dans les oreillettes diffère de l'origine des troncs artériels dans les ventricules par l'absence presque conqdète de valvules; on observe seulement dans l'oreillette droite un repli valvulaire à l'orifice de la grande veine cardiaque, et un autre repli très incomplet, la valvule d'Eustachi, à l'embouchure de la veine cave inférieure; de là, la possibilité d'un reflux qui peut se prolonger jusqu'aux premières valvules des principales veines, reflux qui constitue le pouls veineux.

3° Situation.

La plupart des veines sont sous-aponévrotiques; d'autres rampent dans l'épaisseur de la couche cellulo-adipeuse intermédiaire aux aponévroses et aux téguments ; par leur situation elles se distinguent donc en deux ordres bien distincts : les veines profondes et les veines superficielles.

Les veines profondes accompagnent les artères ; sur les divers points de l'économie on voit ces vaisseaux s'accoler, rameaux à rameaux, branches à branches, et ainsi juxtaposés suivre un trajet si identique, que l'accroissement graduel des premiers par afflucnce continue de nouveaux conduits, est la fidèle image de la réduction des seconds par l'émission successive do canaux décroissants; connaître les uns, c'est aussi connaître les autres. Cette corrélation intime des artères et des veines profondes a pour avantage de faciliter la rirculatioî! du sang veineux; car celui-ci ne pouvaiit

rétrograder à cause des valvules, il tendra à se diriger vers le cœur lorsque les pulsations artérielles viendront ébranler les parois du canal qu'il occupe.

Dans un grand nombre de régions une même artère est accompagnée de deux veines. Cette disposition n'appartient pas seulement au système veineux général ; on la retrouve aussi dans le système pulmonaire ; mais on ne l'observe pas dans le système veineux abdominal qui oppose constamment une seule veine à une seule artère.

Dans certains organes les artères et les veines profondes marchent solitairement, ainsi les artères du cerveau sont situées à sa base et les veines à sa partie supérieure; dans le corps caverneux l'artère se dirige de haut en bas et les veines de bas en haut; dans l'orbite la veine ophthalmique est indépendante de l'artère de même nom ; dans les os les canaux veineux n'ont aucun rapport avec les vaisseaux artériels; mais ces faits sont des exceptions à la loi générale.

Les veines superficielles naissent des parties molles sus-aponévroti(pies, principalement des téguments sous lesquels elles se dessinent par lein-s reliefs chez les hommes à constitution sèche , et par leur teinte azurée chez les individus à peau blanche et demi-transparente. Elles sont accompagnées par des lymphatiques très nombreux qui suivent leur direction générale sans affecter cependant avec elle aucun rapport constant et précis. Issues des téguments, situées dans la couche cellnlo-adipeuse sous-cutanée, et séparées des plans fibreux par le feuillet profond du fascia superficialis, ces veines contractent des connexions beaucoup plus intimes avec la peau qu'avec les aponévroses sur lesquelles elles glissent toutes les fois que l'enveloppe téguraentaire se déplace.

Tandis que les veines profondes sont invariables dans leur origine et leur trajet , mais très variables au contraire dans leur embouchure , les veines superficielles varient extrêmement dans leurs radicules et leui's branches, mais présentent une terminaison constante ; ainsi les veines sous-cutanées du membre abdominal se terminent constamment : la saphène externe dans le creux du jarret et la saphène interne dans le pli de l'aine; celles du membre thoracique, l'une la basilique dans le creux de l'aisselle , et l'autre la céphalique, dans la sous-clavière sous la clavicule; celles du cou, les deux jugulaires externes dans le même tronc veineux, etc.

Indépendamment de la communication qu'elles contractent avec les veines profondes à leur embouchure, ces veines communiquent avec les troncs sous-aponévrotiques sur plusieurs points de leur trajet, et il est digne de remarque que ces anastomoses entre les plans veineux superficiel et profond occupent de préférence le voisinage des articulations , exemple : les veines dorsales du pied communiquent avec le tronc de la pédieuse au niveau du ligament annulaire supérieur du tarse, les veines dorsales de la main communiquent avec les veines profondes au niveau de l'articulation du poignet, les veines du pli du bras avec l'origine des veines brachiales , etc. Ces anastomoses ont des usages manifestes : la circulation rencontre-t-elle un obstacle dans les veines sous-aponévrotiques, le sang reflue dans les veines sous-cutanées ; ces dernières sont-elles comprimées sur un point de leur trajet par un lien circulaire , par une tumeur , par Tiue pression quelconque, le sang d'abord arrêté dans sa marche, trouvera bientôt une issue dans les veines profondes. Les veines superficielles sont

ANGEIOLOCIE. hï)

«loue aux troncs veineux ce que les plexus sont aux troncs art('riels , une sorte de canal collatéral ouvert à la circulation pour suppléer à l'impcrméabililé partielle on complète, niouienlanée ou (lélhiitivc de la voie principale. Dépourvu à son origine d'un agent d'impulsion qui le projette vers le cœur, le sang noir était exposé à rencontrer un plus grand nombre; d'obstacles sur sa route; ne pouvant vaincre ces obstacles comme le sang rouge (jui élargit peu à peu ses voies collatérales lorsqu'elles sont insnftisantes, il importait qu'il pfst les tourner en quelque sorte, c'est-à-dire (ju'il trouvât à cbaqne instant sur sa route les moyens de refluer avec succès. Les veines superticielles sont les organes de ce rellux, et cette destination nous explique :

t"^ Pourquoi elles se dilatent à la suite d'un effort violent, les veines profondes étant alors comprimées par la turgescence, la rigidité et le redressement des muscles.

2" Pounpioi , dans le cours d'une saignée du pli du bras, le sang coule avec plus d'abondance lorsque les muscles de la main et de l'avant-bras se contractent.

3'^ Pourquoi , chez les individus qui exercent plus spéciaîen)ent ces muscles, les serruriers, les boulangers, les scieurs de pierre, les brasseurs, etc., elles acquièrent dans les membres supérieurs un volume [ilus considérable.

De ces faits on peut déduire plusieurs applications à l'iiygiène et à la pathologie :

Les vêtements doivent toujours être assez larges pour n'exercer aucune compression sur les veines sous-cutanées;

Les liens circulaires destinés à assujettir ces vêtements seront placés plutôt au-dessus qu'au-dessous de l'embouchure des veines superticielles voisines;

Les bandages, ayant pour effet de rendre ces veines momenlanément imperméables , seront appliqués de manière à s'opposer au passage du sang dans leur origine, en d'autres termes ils seront un peu plus serrés à l'extrémité des membres et un peu moins en se rapprochant du tronc;

Dans l'opération de la saignée la constriction do la bande placée à la partie inférieure du bras sera assez grande pour frapper d'une égale imiierméabilité les veines superficielles et le? veines profondes, résultat qn'on peut obtenir sans comprimer l'artère humérale; si les superficielles sont seules imperméables, le sang refluant par les anastomoses dans les profondes, les premières se dessinent mal , elles se vident sous la pression du doigt et la lancette les alieint plus difficilement; dans le cas contraire, elles deviennent plus saillantes, plus tendues et se laissent plus sûrement et plus complètement pénétrer.

4° Nombre , dirccliou , forme tics veines.

Le nombre des veines est jjIus considérable que celui des ùrlc'res. Pour démontrer cette proposition il suffit de rappeler : 1° (jue dans nu grand nombre de régions chatiue artère est accompagnée par deux veines ; 2" qu'indépendamment des veines profondes, il existe à la surface du corps un plan veineux en quelque sorte surajouté et qui n'a point d'analogue dans le système artériel; 3° ([ue le sang porté du co'ur aux pouu^.ons par

une i^eule artère est ramené des poiimons au cœur par quatre veines; que celui qui est disséminé dans toutes les parties de l'organisation par le tronc aortique est versé dans l'oreillette droite par trois troncs veineux. Cette multiplicité des veines est une sorte de compensation au peu d'énergie des forces qui président à la circulation du sang dans leur cavité ; nous avons vu en effet que le sang noir, dépourvu d'un agent d'impulsion à son point de départ , ne pouvait lutter aussi avantageusement que le sang rouge contre les obstacles qu'il rencontre, et que, dans l'impossibilité de les vaincre , il les tournait en refluant dans les branches voisines; la multiplication des veines a pour but de faciliter ce reflux.

Les conduits veineux étant d'une part plus volumineux (pie les vaisseaux artériels (jui leur correspondent, et d'une autre part supérieurs à ces vaisseaux par leur nombre, on voit que leur capacité est non seulement plus considérable , comme nous l'avons avancé , maisque cet excès de capacité repose sur un double élément dont il faut tenir compte si on veut l'évaluer avec quelque exactitude.

La direction des veines est moins flexueuse que celle des artères. Un rapide parallèle établi sous ce rapport entre les deux ordres de vaisseaux établira la vérité de cette proposition : les veines sous-cutanées sont généralement rectilignes ; les veines profondes le sont également, alors môme que les artères qu'elles accompagnent décrivent des sinuosités; ainsi les artères temporale superficielle, occipitale, faciale, suivent un trajet sinueux , les veines correspondantes marclient en ligne droite ; même opposition entre l'artère et la veine ophihalmiques, entre les artères et les veines thyroïdiennes, entre l'artère et la veine spléniques; le sang artériel n'arrive à la base du cerveau qu'après une foule de détours ; le sang veineux revient de cet organe par un chemin si direct qu'il semble tomber des hauteurs de l'encéphale dans l'oreillette di'oite conformément aux lois de la pesanteur, c'est-à-dire presque verticalement. A la courbure si prononcée que l'aorte décrit à son origine les veines caves opposent une direction longitudinale. Tandis que le tronc pulmonaire se contourne en pas de vis autour du tronc aortique, les quatre veines qui lui correspondent se portent directement de la racine des poumons à l'oreillette gauche, etc.

La tendance des conduits veineux à la direction rectiligne est si générale qu'elle se manifeste avec la même évidence dans leurs rameaux et leurs rainuscules: les veines qui rampent à la surface du cerveau sont beaucoup moins flexueuses que les artères cérébrales ; les radicules des veines spermatiques sont moins flexueuses que les divisions de l'artère testiculaire ; la veine dorsale de la verge marche en ligne droite, et les artères qui raccompagnent en décrivant de nombreuses flexuosités; les veines qui sortent de la rate, du rein, de l'ovaire, sont beaucoup moins contournées que les artères correspondantes , etc. 11 faut donc admettre que les vaisseaux veineux sont moins sinueux que les artériels ; reconnaître ce fait, c'est reconnaître aussi que les premiers offrent moins de longueur que les seconds ; le cône qui s'étend des poumons au cœur gauche est donc plus court que celui qui s'étend des mêmes organes au cœnu" droit; le cône qui a sa base dans toutes les parties du corps et son sommet dans l'oreillette droite est beaucoup plus court que celui qui est représenté par le système aortique. Cette abr(^viation du trajet que parcourt le sang pour

ANGÉIOLUGIE, 323

revenir au cœur facilite évideinineiit sou retour; caria force qui le fait mouvoir sera d'autant plus grande que les surfaces de frottement seront moins étendues. Si cette force est très faible comparativement à celle qui fait circuler le sang dans les artères , par compensation tout ce qui pouvait tendre à l'affaiblir davantage a été écarté, tout ce qui pouvait la favoriser a été au contraire concentré autour d'elle.

La forme des veines est cylindrique , lorsqu'on les examine sur une partie de leur trajet où elles ne reçoivent aucun rameau. Après la mort elles se vident en partie, le sang s'accumiilantde proche en proche dans les cavités droites du cœur et les gros troncs veineux; dans cet état de demivacuité elles s'affaissent , contrairement aux artères qui conservent leur ligure primitive, en sorte que sur le cadavre ces deux ordres de vaisseaux se présentent sous un aspect si différent que leur distinction est en général facile. L'affaissement des veines, lorsque le sang les abandonne, est dfi surtout à la minceur de leurs parois, laquelle dérive elle-même de la nature des fonctions qu'elles remplissent; car la plus faible cause pouvant arrêter dans sa marche le sang qui revient vers le cœur, les conduits veineux ne sont pas seulement des canaux de passage ; ils deviennent, dans cet état de stase , une sorte de réservoir plus ou moins circonscrit, dans lequel le sang s'accumule momentanément jusqu'à ce qu'il ait trouvé une voie dérivative. Des parois épaisses , peu dilatables et fragiles comme celles des artères, étaient évidemment incompatibles avec un rôle de cette nature; des parois minces très dUatables et non fragiles étaient au contraire en parfaite harmonie avec l'absence d'un agent d'impulsion à l'origine des veines et les difficultés qui en résultaient pour la progression du sang noir.

Les veines ne sont pas aussi régulièrement cylindriques que les vaisseaux artériels ; elles offrent de distance en distance de légers rendements qui donnent à quelques unes d'entre elles un aspect noueux ; ces renflements qui correspondent à la pi'ésence des valvules n'existent ni sur les racines de l'arbre abdominal, ni sur celles de l'arbre à sang rouge. Sous l'influence de l'inégal mouvement du sang dans les veines générales on voit aussi assez souvent certaines veines se dilater sur plusieurs points, et perdre leur forme régulière ; cette déformation est ordinairement momentanée ; cependant si elle se produisait souvent, elle pourrait devenir déhnitive; ainsi se développent les varices et les tumeurs érectiies variqueuses.

5° Rappoils,

Les veines profondes affectent les mêmes rapports que les artères qu'elles

accompagnent ; si elles sont doubles, l'artère les sépare l'une de l'autre ; s'il

' existe une seule veine, celle-ci se place ordinairement sur le côté de l'artère

qui est le plus rapproché des téguments de manière à demeurer en général

plus superficielle.

Les vaisseaux lymphatitiucs sous-aponévrotitiues enlacent de leurs troncs et de leurs anastomoses les troncs artériels et veineux, mais plus spécialement les derniers ; ainsi les veines jugulaires internes , les veines sous-clavières, les troncs veineux brachio-céphaliques, les veines crurales, iliaques, etc., sont entourées d'une véritable gaine lymphatiiiue.

Les rapports des veines profondes avec les aponévroses s'identifient avec

ÔZÏ ANATUMIE.

ceux des artères piu* toute l'éleiulue des membres; mais au voisinage du

thorax et dans l'intérieur de cette cavité, tandis que les connexions de cette

nature disparaissent presque complètement pour les vaisseaux artériels,

elles deviennent plus intimes pour les vaisseaux veineux et acquièrent une

importance que M. le professeur Bérard le premier a nettement signalée.

Les veines qui entrent dans le thorax ne sont pas simplement contiguës

aux feuillets libreux qui les entourent; elles leur adhèrent dans une

élendue qui varie poiu* chacune d'elles; la veine cave inférieure adhère ainsi

au sillon que lui présente le foie et au diaphragme; les veines axillaires et

sous-clavières adhèrent aux aponévroses axillaires et sous-claviculaires ; les

jugulaires internes et externes à l'aponévrose cervicale, les troncs brachio-

céphaliques à cette même aponévrose et à un fascia qui double la plèvre

médiastine. Les veines voisines du thorax empruntent à ces adhérences la

faculté de rester constamment béaiites ; lorsque la cavité pectorale se dilate,

c'est en vain que l'air extérieur pèse de tout son poids sur les régions

qu'elles traversent; hxées à des lames résistantes qui elles-mêmes sont

fixées aux os, elles ne s'affaissent pas ainsi que s'affaisserait nécessairement

une cavité à parois dépressibles dans laquelle ou ferait le vide; dès lors

l'aspiration que le thorax excerce au moment où il se dilate s'étend non

seulement à l'air atmosphérique qui se précipite par la trachée dans les

poumons, mais encore au sang noir qui se précipite de la même manière

par ses conduits dans l'oreillette droite. Les mouvements alternatifs de la

poitrine n'ont donc pas pour but exclusif la respiration ; ils favorisent aussi

la circulation du sang veineux , qui obéit à une double puissance : d'une

part les dispositions les plus avantageuses ont été réunies pour pousser ce

liquide de ses rameaux vers ses troncs , de l'autre une véritable pompe

aspirante a été adaptée à l'embouchure de ces derniers pour en faciliter et

en accélérer le dégorgement.

L'adhérence des gros troncs veineux qui entourent le thorax aux aponévroses voisines n'intéresse pas moins le chirurgien que le physiologiste ; si le thorax en se dilatant aspire le sang noir comme il aspire le iluide atmosphérique, il est facile de pressentir que toute solution de continuité portant sur une veine soumise cà cette aspiration pourra être suivie de l'introduction de l'air dans la cavité veineuse ; on sait en effet que cet accident a été souvent observé, et qu'il a entraîné quelquefois les suites l =s plus funestes ; l'opérateur qui extirpe une tumeur située à la base du cou ne saurait donc s'entourer de trop de précautions pour éviter la lésion des veines voisines.

Les veines sous-cutanées sont séparées des plans aponévrotiques par la Icinie profonde du fascia transversalis ; elles cheminent entre les deux lames de ce fascia , dans l'épaisseur de la couche cellulo-adipeuse , accompagnées par les vaisseaux lymphatiques qui se placent les uns au-dessus , les autres au-dessous , d'autres en dedans et en dehors, et par les nerfs superticiels ; parmi ces vaisseaux et ces nerfs les plus volumineux sont les plus rapprochés de la veine.

G" Aiuislomoses.

Les veines communiipient entre elles plus frétiuemmcnt (pie les artères. En outre les communications qui dans ces dernières se font surtout de

ANGEIOLOGIE. o25

rameaux à rameaux, et rarement de l)ranehes à branelies, ont lieu très fré- (juemnient eliez(iles entre les l)ranelies et même entre les trônes. Du reste elles présentent toutes les variétés d'anastomoses que nous avons décrites : a)iasto})io.scs en arcade, avasiomoses à ongle ou jjfn- convergence, a)ias(o))ioscs par coDunnuication transversale on oblique, anastomosea mi.vles ou composées; à toutes ces variét('s il faut en ajouter une cinquième (iui leur est propre : l'anastomose par communication longitudinale.

Les anastomoses en orrar?*', assez fré(iuentes, correspondent en général à celles des vaisseaux artériels ; le système veineux abdominal en est le sié'ge de prédilection.

Les anastomoses à angle ou par convergence, destinées à réaliser la tendance du système veineux vers l'unité, sont les plus abondamment réliandus dans l'économie; leur existence se lie à l'essence même de la circulation à laquelle elles coopèrent puissamment.

Les anastomoses par communication transversale on oblique, si rares dans les artères entre leurs branches, se font remarquer dans les veines par leur multiplicité. Lorsqu'un tronc artériel est placé entre deux troncs veineux, comme la tibiale postériein-e, la radiale, la cubitale, l'humérale, etc., ces deux troncs s'envoient mutuellement une foule de branches qui les unissent en passant perpendiculairement les unes au-dessus, les autres au-dessous de l'artère , en sorte que celle ci est entourée d'un véritable Idcis veineux ([ui rend ipjekpiefois sa dénudation assez diflicile ; c'est aussi par des branches transversales ou obliques que les veines superlici(>lles communi(iuent avec les veines profondes ; à la triple anastomose par conununication transversale qui produit l'hexagone artériel situé à la base du cerveau correspondent des anastomoses analogues entre les deux sinus caverneux , entre ces mêmes sinus et les sinus latéraux , entre les sinus pétreux inférieurs; dans l'intérieur du canal vertébral et autour du rachis on voit à chaque instant les veines longitudinales s'unir entre elles par des branches transversales.

Les anastomoses par communication longitudinale sont celles dans lesquelles une branche , partie d'une veine , marche parallèlement à son axe pour s'ouvrir dans le même vaisseau après avoir parcouru un certain trajet. Les veines saphènes présentent fréquemment des exemples de ce mode de communication. La veine azygos, étendue entre les deux veines caves ipii se réunissent et se confondent en quelque sorte à leur embouchure, peut être considérée comme une variété de cette anastomose ; une large communication se trouve ainsi établie entre la partie sus-diapliragmatique et la partie sous-diaphragmatiipie du système veineux ; si l'une ou l'autre vient à s'oblitérer à son embouchure, à l'aide de cette anastomose le sang pourra encore arriver librement dans l'oreillette droite; chez un malade affecté depuis plusieurs années d'iuie énorme tumeur eueéphaloïdc de l'abdomen, la veine cave inférieure était oblitérée sur toute sa longueur, ainsi (pie les iliaques primitives, les iliaques internes et tme partie des ilia- (pies externes; et malgré une oblitération si étendue, il n'existait aucune inliltration des membres abdominaux , aucun embarras bien manifeste dans

o20 AxNATUMlE.

la circulation ; les veines supeificielles du tronc conduisaient le sang de toute la partie sous-diaphragniatique du système veineux dans la veine cave supérieure qui le transmettait aux cavités droites du cœur.

L'anastomose par communication longitudinale représente un canal collatéi'al destiné à recueillir un certain nombre de branches ; ainsi la veine azygos reçoit toutes les branches qui naissent des parois du thorax , et supplée les deux veines caves dans cette partie de leur trajet où elles s'éloignent du rachis pour se porter vers le cœur.

Les anastomoses mixtes ou composées dans le système artériel portent presque exclusivement sur les rameaux et les ramuscules ; dans le systèrne vei.ieux général elles ont lieu soit de rameau k rameau , soit de branche à branche. Les communications établies entre les rameaux présentent l'aspect d'un l'éseau qui se confond à son point de départ avec le réseau des vaisseaux capillaires ; celles qui sont établies entre les branches offrent l'aspect d'un plexus composé de vaisseaux à forme noueuse , très inégaux par leur calibre et circonscrivant des mailles plus ou moins larges. Ces plexus sont tantôt étalés à la périphérie d'un organe, comuie ceux de la face dorsale de la main, ceux de la face dorsale du pied , ceux qui entourent le col de la vessie; tantôt concentrés en une sorte de masse irrégulière, comme ceux qui longent les côtés de l'utérus, ou entrelacés et disposés en cordon comme ceux qui accompagnent l'artère spermatiiiue ; tantôt sans forme déterminée, comme ceux de l'excavation pelvienne , la plupart de ceux qui entourent le rachis , etc.

Les plexus veineux occupent les régions où la circulation du sang noir pouvait rencontrer des obstacles : ceux de la face dorsale de la main et du pied sont dus à la compression souvent réitérée des faces palmaire et plantaire , compression qui détermine un reflux vers la face opposée ; les plexus vésicaux, hémorrhoïdaux , dérivent de la difficulté apportée au passage du sang par l'état de dilatation fréquente de la vessie et du rectum ; le plexus spermatique se développe sous l'influence des obstacles apportés au mouvement ascensionnel du sang dans les veines testiculaires par le poids du testicule et les lois de la pesanteur ; mais les connnunications multiples établies entre les branches veineuses lèvent ces obstacles. Le développement des plexus veineux et la non-existence des plexus artériels , ou en d'autres termes le nombre plus considérable des anastomoses dans le système des veines caves, se l'attachent donc à cette cause première qui nous a déjà rendu compte de tant de faits particuliers, l'absence d'un agent impulsif à l'origine des veines, la présence de cet agent à l'origine des artères.

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