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VEINE JUGULAIRE INTERNE

La veine jugulaire interne, veine profonde du cou, veine principale de l'extrémité céplialique, ramène vers le cœur le sang de l'intérieur du crâne et la plus grande partie de cehii de la face et du cou ; elle représente la portion intra-crànienne de la vertébrale , celle de la carotide interne et une partie de la carotide externe. Née au niveau du trou déchiré postérieur par une dilatation connue sous le nom de golfe de la jugulaire interne , elle se termine dans le tronc veineux brachio-céphalicpie qu'elle constitue en s'unissant à la veine sous-clavière.

Sa direction est verticale.

Son calibre très considérable varie en raison inverse : 1° de celui des veines jugulaires superficielles; 2° de l'âge du sujet; le développement prédominant des centres nerveux dans les premiers temps de la vie, et l'état rudimentairede la face entraînent un accroissement de son'diamètre, et une réduction comparative dans celui des jugulaires externe et antérieure ; par les progrès de l'âge ces dernières , comme tout le plan veineux super-

ANGEIOLOGIE.

ficiel , se développent de plus en plus et atteignent leurs dimensions les plus remarquables chez le vieillard. Quelquefois le volume de cette veine varie d'un côté à l'autre ; il varie aussi sur les divers points de sa longueur en raison des branches qu'elle.reçoit.

Rapports. Dans son tiers supérieur la jugulaire interne affecte les mêmes rapports que la carotide interne en dehors et en arrière de laquelle elle est située; les nerfs pneumo-gastrique, glosso-pliai-yngien et grand iiypoglosse occupent également son côté antérieur et interne , ainsi que l'apophyse

FiG. lo8.

Veines profondes de la tête et du cou. . Veine cave supérieure ou descendante. — 2. Embouchure de la grande veine azygos. -o. Tronc veineux. bracliio-ce'pl)alif|ue gauche. — 4. Veine sotis-clavièi e droite divisée à son passage au-devant du scalène antérieur. — 5. Veine jugulaire interne se re'unissaul inferieiirement à h\ sons-clavière correspondante pour former le tronc veineux brachio-ce'phalique du côte' droit. — 6. Veine jugulaire externe se jetant dans h\ sons-clavière au niveau de sa re'nnion à la jugulaire interne. — 7. Veine faciale.— 8. Plexus {.Idrigoïdien forme par les veines qui accompagnent les branches collatérales de l'artère maxillaire interne.— y. Veine oplithalmique.

342 ANATOMIË.

styloïcle et les muscles qui en partent. Dans ses deux tiers inférieurs elle correspond à la carotide primitive, dont elie longe le côté externe, habite la même gaine fibreuse et offre les mêmes rapports ; seulement comme elle se trouve plus éloignée du plan médian, elle est recouverte dans une plus grande étendue par le sterno-mastoïdien.

Valcnlcs. On observe constamment au niveau de l'end^oucliure des jugulaires internes deux belles valvules dont l'abaissement suffit pour oblitérer complètement leur cavité et s'opposer au reflux du sang veineux; en s'abaissant sous l'influence de ce reflux, elles suspendent le cours du sang contenu dans la veine, et celle-ci se dilate ; le pouls veineux se compose par conséipient de deux phénomènes bien distincts : 1° d'un phénomène de retins qui a pour limite l'angle de réunion des veines jugulaires internes et sons-clavières ; 2° d'un phénomène de stase qui s'opère aussi de bas en haut et qui semble prolonger le premier.

Brandies d'orvj'inc. Les unes appartiennent aussi frécpiemment à la jugidaiie externe qu'à la jiigtdaire interne, ce sont : la faciale , la linguale, la pharyngienne inférieure , la thyroïdienne suiiérienre, la thyroïdienne moyenn^j et quchpiefois aussi ia veine teuiporaie , la veine maxillaire interne et la veine occi[iiîaIe prufonde.

La pins i!n|)(>rtaule est ropré-^eniée parle sinus latéral (pii forme le confluent de tous les sin:s de la dure-mère et de toutes les veines encéphaliques.

Nous décrirons sucee^e^iven'.ent le;- veines d'origine des jugulaires, les sinus de la durc-nière, les veines de rcncé[)l!3le et celles des os du crâne.

VE'.NF.S D'ORtGlNE DES JUGULAIRES.

1" Veine maxillaire externe ou faciale. Elle s'étend de la région frontale oii elle conanence , à l'angle de la mâchoire où elle se termine en s'ouvrant le plus souvent dans la jugulaire interne et quelquefois dans la jugulaire externe.

Dans ce trajel: par leipiel elle traverse la face à la manière d'une diagonale, elle change successivcinent de nom suivant la région qu'elle occupe; ainsi depuis son origine jusqu'à la racine du nez elle porte le nom de veine frontale ou préparaîe • depuis cette racine jusqu'à l'aile du nez celui de veine angulaire: de cette aile jusqu'à sa terminaison celui de faciale proprcnioit dite.

reine frontale ou 2)réparate. Sous-cutanée, ordinairement double, quelquefois unique et médiane, cette veine est remarquable par le développement qu'elle présente chez quelques sujets et par ses nombreuses variétés. Par leurs anastomoses très multipliées entre elles et avec les temporales, les frontales forment un plexus veineux qui l'ecouvre toute la région du front ; inférieurement elles se terminent à une arcade veineuse dont la concavité tournée en bas embrasse la racine du nez, A cette arcade on voit aboutir : 1° la veine sua-orbitaire, qui se porte transversalement de dehors en dedans parallèlement à l'arcade orbitaire, en s'unissant à la veine palpébrale interne; 2° la veine ophihalmicjue qui s'ouvre à plein canal dans la veine préparate, en sorte qu'il existe une large communication entre les veines de la face et les sinus de la dure-mère ; 3° les veines dorsales de la moitié supérieure du nez.

ANGÈWLOGfK. 543

î'r'nie (tvgulalrr. Elle part de l'oxlréniilé eorrespondaiite de l'areade nasale et eoatinnant le trajet primitif de la frontale descend dans le sillon de ^•.('•paralioa du nez et de la jone, parallèlement à l'artère de même nom en arrière de lai[nelle elle est située. A cette veine viennent se réunir : 1'^ la veine lyalpcbrale InfcricHre ; 2" la eeinc du, sac et du canal nasal; iV les veines de l'aile du- nez; an nombre de deux, l'une supérieure, l'autre inférieure au cartilage de l'aile du nez, ces veines se réunissent bientôt en nn tronc comuinn {[ni se porte de bas en liant pour s'ouvrir dans la terminaison de l'angulaire.

f'eine faciale proprement dite. Née de la fusion de la veine angulaire et des veines de l'aile du nez, la veine faciale descend obliquement en dehors, en passant sous le grand zygomatiquc, puis sur le buccinateur, arrive an-devant dn masséter sur la branche de la mâchoire (ju'elle coupe perpendiculairement et se jette dans la veine jiigulaire interne au-dessous de la glande sous-maxillaire, soit isolément, soit après s'être réunie avec la veine linguale; d'autres fois 'continuant son trajet primitif, elle gagne le sterno-mastoîdien et vient constituer une des branches d'origine de la jugulaire externe.

A la face cette veine est sous-cutanée. An. cou elle est recouverte par la peau et le peancier. Dans toute son étendue elle est située en arrière et à une distance variable de l'artère du môme nom. Elle ne décrit aucune sinuosité. Deux troncs lymphati(iues volumineux, l'un antérieur et l'aulre postérieur l'accompagnent Jusqu'au niveau de la glande sons-maxillaire où ils rencontrent ni\ ganglion dans leipiel ils se ramifient.

Branches collatérales. Parmi ces branches on doit mentionner : 1*^ l'alvéolaire qui part d'un plexus profondément situé sur la tubérosité maxillaire , plexus auquel se rendent les veines satellites des artères sousorl)itaire et palatine supérieure; 2° les veines coronaires labiales supérieure et inférieure parallèles aux artères du même nom, mais dépourvues de ilexuosités; 3° la veine buccale ; 4° les veines massétérines antérieures; 5° la veine sous-mentale; 6° la veine palatine inférieure; 7° les branches veineuses qui partent de la glande sous-maxillairc ; 8° enfin dans ([uelques cas la veine ranine.

2° Veink TEMPORALE. Elle constitue l'une des branches d'origine de la jugulaire externe. Sa distribution est semblable à celle de l'artère temporale, dont elle ne suit pas cependant identiquement le trajet et dont elle diffère aussi par l'absence de flexuosités. Son tronc d'abord situé entre cette artère et le conduit auditif externe , s'enfonce un peu plus bas dans l'épaisseur de la glande parotide et s'unit an niveau du col du condyle à la veine maxillaire interne.

Des deux branches qui forment l'origine de cette veine l'une est antérieure et l'autre postérieui-e ; l'antérieure recouvre de ses rameaux convergents la région frontale et communique avec la veine préparate ; la postérieure située sur les parties latérales du crâne s'anastomose avec les ramifications correspondantes de la veine occipitale.

Dans son trajet cette veine reçoit : 1° en avant, des rameaux surciliers, palpéhraux , malaires, et plus bas la transversale delà face; 2^ en arrière, les veines auriculaires antérieures ; 3° en dedans, la temporale moyenne parallèle à l'artère de ce nom, et des >rines parotidlennes.

3" Veine maxillaire interne. Branche profontle d'origine de la jugulaire externe, cette veine accompagne l'artère maxillaire interne; chacune des branches qui la composent marche parallèlement à une branche artérielle. Elle reçoit : 1° les veines méningées moyennes, au nombre de deux, l'une antérieure l'autre postérieure ; ces veines, dont Bichat et Boyer avaient méconnu l'existence , bien qu'elles eussent été mentionnées et représentées par Mascagni, reçoivent elles-mêmes quelques veinules cérébrales, les veines des os du crâne et celles de la dure-mère ; 2° les veines temporales profondes; 3° la veine dentaire inférieure; 4° les ptérygoïdiennes ; 5° les massétérines postérieures.

Toutes ces branches en communiquant entre elles forment un plexus remarquable, le flexus pénjgoïdien ou zygomatique qui communique en avant avec le plexus alvéolaire ; de ce plexus part le tronc de la veine maxillaire interne qui passe perpendiculairement derrière le col du condyle de la mâchoire et vient se réunir à celui de la veine temporale pour produire la jugulaire extei-ne.

4'^ Veine auriculaire postérieure. Son trajet est identique à celui de l'artère correspondante ; après avoir reçu la veine stylo-mastoïdienne elle se jette dans la jugulaire externe.

5° Veine occipitale. îMême distribution que l'artère qu'elle accompagne ; née des téguments de la partie postérieure du crâne, elle passe sous le splénius et reçoit au niveau de l'apophyse mastoïde une veine importante , la veine mastoïdienne qui s'ouvre par une de ses branches dans le sinus latéral et établit ainsi une facile communication entre les systèmes veineux intra et extra-crâniens; après cette union la veine occipitale se porte en dedans et un peu en bas pour s'ouvrir dans la veine jugulaire interne, et quelquefois dans l'externe.

6° Veines linguales. Elles sont multiples et peuvent être distinguées : en veines profondes, veines dorsales et veines ranines.

Les veines profondes sont les moin? volumineuses; elles accompagnent l'artère linguale dans toute l'étendue de son trajet, et vont se rendre soit directement dans la jugulaire interne, soit dans la faciale , soit, ce qui est plus fréquent, dans les troncs des veines dorsales de la langue.

Les veines dorscdes occupent la superficie du dos de la langue ; elles forment un plexus remarquable situé entre la muqueuse et le muscle lingual supérieur; de ce plexus qui est surtout développé vers la base de la langue, où il reçoit des veines tonsillaires et épiglottiques , part une veine qui suit le trajet du nerf Imgual pour venir se terminer à la faciale ou dans la pharyngienne, et quelquefois dans la jugulaire externe après avoir communiqué avec les veines ranines.

Les veines superficielles de la face inféiieure de la langue ou veines ranines font saillie sur le côté du frein de l'organe, où elles manifestent en outre leur présence par leur couleur bleuâtre ; situées dans le sillon des muscles génio-glosse et hyoglosse elles marchent parallèlement aux nerfs grand hypoglosse et viennent se jeter dans la faciale ou les veines dorsales delà langue, rarement dans la jugulaire interne.

anl;éiologie. 545

7° Velne pharyngienne. Elle naît d'un plexus qui entoure les parties latérale et postérieure du pharynx , le plexus pharyngien ; de ce plexus au({uel se rendent les veines vidienne et ptérygo-palatine , elle descend verticalement pour se jeter dans la jugulaire interne au niveau de l'os liyoïde.

8° Veîne TiiVROïDiEiNNE si'i'ÉRiEtRE . Elle naît du corps thyroïde et du larynx par des branches qui suivent dans tout leur trajet les branches de l'artère thyroïdienne ; le tronc résultant de la réunion de ces branches se porte obliciuement en haut derrière les muscles de la région hyoïdienne inférieure , croise perpendiculairement la terminaison de la carotide primitive et se jette dans la jugulaire interne, ou bien remonte un peu plus haut pour s'unir préalablement soit à la linguale , soit à la faciale. Il n'est pas rare de voir la branche laryngée supérieure au lieu de joindre à la branche thyroïdienne se porter vers l'une ou l'autre des deux veines précédentes.

9° VEINE THYROÏDIENNE MOYENNE. Cette vcine, ordinairement unique et quelquefois double, part des parties latérales du corps thyroïde ; à sa branche d'origine viennent se réunir quelques veinules (pii émanent du larynx et de la trachée pour former un tronc qui passe au-devant de la carotide primitive comme celui de la thyroïdienne supérieure, et se termine dans le tiers inférieur de la jugulaire interne.

Cette veine, dont le calibre varie proportionnellement au volume du corps thyroïde, est accompagnée chez quelques sujets par une artère qui vient de la carotide pi'imitive, V artère Ihyroïdienne moyenne; l'existence de cette artère, bien qu'elle soit exceptionnelle, paraît moins anormale ou plus naturelle que son absence.

DES SINIS DE E\ DURE-MÈRE ET DES VEINES ENCÉPIIALIQlîES.

Les sinus de la dure-mère , situés sur le prolongement des veines jugulaires internes, sont des troncs veineux vers lesquels convergent toutes les veines de l'encéphale et la plupart de celles qui serpentent dans le diploé des os du crâne.

Ces sinus présentent des caractères qui leur sont communs et des caractères propres à chacun d'eux.

A. Caractères gëuciniix des sinus de la dure-mère.

Les sinus de la dure-mère différent des autres veines de l'économie.

1° Par leur siruelure. Ils se composent de deux membranes : l'une interne de nature séreuse, constituée par un prolongement de la tunique interne du système veineux ; l'autre externe de nature fibreuse formée par un dédoublement de la dure-mère. Ces deux membranes sont unies entre elles de la manii^rc la plus intime.

2" Par leur eouformaiion inférieure. Ils sont dépourvus de replis valvulaires, et cependant ne présentent pas sur tous les points cette surface parfaitement unie qu'on observe dans la plupart des veines. Des lamelles

oi6 ANATOMIE.

o\ des filaments fibreux hérissent cà et là leurs parois; en s'entrecroisant dans divers sens, ces filaments semblent former des valvules rudimentaires ; toutefois leur organisation est telle qu'ils ne sauraient exercer aucune influence sur le cours du sang veineux.

3° Par leur situailon et leur direcl'ton dlamélralemerd o]rposées à celles des artères. Celles-ci occupent la partie inférieure et antérieure du cerveau ; les sinus les plus importants sont situés au contraire à la partie supérieure et postérieure de rcncépbale ; les artères se dirigeiit de bas en haut, et les sinus de haut en bas; les \nies rampent flexueuses à la surface et dans l'intervalle des circonvolutions cérébrales, les autres se portent par un trajet rectiligne d'avant en arriére, c'est-à-dire de leur origine à leur terminaison ; les troncs artériels adhèrent à la surface des centres nerveux ([u'ils recouvrent de leurs innombrables ramifications , les troncs veineux adhèrent à la surface interne des os du crâne qui présentent des gouttières pour les recevoir; ces gouttières elles-mêmes correspondent aux princijtales divisions de la masse encéphalique, ainsi le sinus longitudinal suitérieur occupe la grande scissure que sépare les deux hémisphères du cerveau , les sinus latéraux occupent l'intervalle qui sépare le cerveau du cervelet; il en est de même du sinus droit, des sinus pétreux supérieurs, etc.

4" Par leur forme. Ils ne sont pas cylindritpies comme les artères et les veines, mais prismatiques et triangulaires; en sorte qu'on peut en général leur distinguer deux parois dont l'inclinaison diffère pour chacun d'eux, ime base qui est ordinairement adhérente aux os du crâne et un sommet par lequel ils correspondenfà la surface de l'encéphale.

5° Par l'incidence des branches qu'ils reçoivent. Tandis que ces branches s'insèrent à angle aigu sur les troncs veineux ordinaires, elles suivent un trajet rétrograde pour venir s'ouvrir dans les sinus. Cette disposition a pour conséquence un dégorgement plus difficile des veines encéphaliques, puisque la colonne de sang qu'elles contiennent vient heurter une colonne plus volumineuse qui se meut en sens inverse,

6° Par leur état constamment béant. Sous ce point de vue les sinus de la dure-mère prolongent à l'intérieur du crâne la série des veines à parois incompressibles qui entourent la périphérie du thorax ; et comme la jugulaire interne est elle-même protégée par l'aponévrose cervicale qui s'oppose à sa complète dépression au moment de la dilatation de la poitrine, on voit que dans une forte inspiration le sang qui circule dans les sinus de la dure-mère sera soumis à l'action aspirante de la cavité pectorale ; cette aspiration exercée parle thorax sur le système veineux de l'encéphale contrebalance avec avantage l'absence des valvules dans ce système, et l'incidence défavorable des branches relativement aux troncs.

B. Des siuus de la dure-mère en particulier.

Les sinus de la dure-mère sont au nombre de quinze, savoir : les sinus latéraux, le sinus longitudinalsupérieur, le sinus droit, lesinus longitudinal inférieur, les sinus pétreux supérieurs, les sinus pétreux inférieui's, les

..NGEIOLOGIE.

sinus caverneux, le sinus circulaire, le sinus occipital autérieuf ou basilaire et les sinus occipitaux postérieurs.

Parmi ces sinus cinij sont pairs : les sinus latéraux, occipitaux postérieurs, pétreux supérieurs, pétreux infériein-s, et caverneux; cinq impairs et médians, le longitudinal supérieur, le longitudinal inlerieur, le droit, l'occipital antérieur et le circulaire.

1° Sinus la.téu\ux. Situés à la partie postérieure et inférieure du crâne, entre le cerveau et le cervelet, ces sinus s'étendent depuis la protubérance interne de l'occipital jusqu'au trou déchiré postérieur où ils se continuent avec le golfe de la veine jugulaire.

Fiç, 15!}.

FiG. 159.

Sinus de lu diu e-iuère.

Sinus corunairc on circii Wwp.

Sinus caverneux.

Siims pelreux supe'iieur.

Sinus pe'Ueux. lufcrieur.

Golfe de la vciue jugulairej interne. ^

Sinus occipilal postérieur. ;j V

Siuus laléral.

Pressoir d'Herophile , ou coafluent des sinus lalertuix , loDgiludinal supérieur, droit, et occipitaux poste'rieurs.

Sinus Jjasilaire.

Les gouttières qui séparent les fosses occipitales supérieiu'cs ou cérébrales , des inférieures ou cérébelleuses les reçoivent dans la première partie de leur trajet et celles qui sont creusées sur la portion mastoïdienne du temporal dans la seconde; ils suivent par conséquent une direction horizontale depuis leur origine jusqu'à la base du rocher ; ensuite ils se portent obliquement en bas, en avant et en dedans, puis ils remontent un peu pour gagner le trou déchiré postérieur. — Leur portion horizontale, logée dans le bord postérieur de la tente du cervelet présente la forme d'un prisme à base triangulaire dont le côté postérieur convexe adhère à la gouttière occipitale et dont les cô!és supérieur et inférieur légèrement concaves sont en rapport, le premier avec le cerveau et le second avec le cervelet. — Leur portion oblique , réfléchie ou curviligne revêt la foruie d'un demi-cylindre dont le côté inférieur conve.ve corrcs[»ond au temporal et le côté supérieur concave h l'hémisidière cérébelleux.

Les siiuîs latéraux ne présentent pas les mêmes dimensions; le sinus

548 ANATOMiE,

latéral droit est ordinairement plus considérable que le gauche. En outre, leur capacité varie sur les divers points de leur étendue ; elle augmente de leur origine vers leur terminaison.

Plusieurs sinus viennent s'ouvrir directement dans les sinus latéraux ; ainsi ils communiquent : 1" à leur origine avec le sinus longitudinal supérieur qui se bifurque pour leur donner naissance; avec le sinus droit qui vient se jeter perpendiculairement sur l'angle de bifurcation du précédent, de telle sorte que la colonne de sang qu'il renferme tombe de toute la vitesse de son mouvement sur celle du sinus longitudinal et concourt par son cbocà la diviser; de là le nom de pressoir d'Hérophile dont quelques anatomistes partisans peu éclairés des doctrines intra-mécaniques se sont complu à décorer le continent de ces divers sinus, conduent qui reçoit encore par sa partie inférieure l'embouchure des deux sinus occipitaux; — 2° an niveau de leur partie moyenne avec le sinus pétreux supérieur; — 3" à leur terminaison avec le sinus pétreux inférieur.

Fe'mes collatérales. Dans son trajet le sinus latéral reçoit :

1° Les veines cérébrales latérales et inférieures qui se réunissent en deux ou trois troncs, et viennent s'ouvrir obliquement de dehors en dedans dans la portion horizontale du sinus, c'est-à-dire dans une direction opposée à celle du cours du sang.

2° Les veines cérébelleuses latérales et inférieures qui traversent la paroi inférieure du sinus après un trajet oblique de bas en haut et de dehors en dedans.

3" La veine mastoïdienne qui s'étend du sinus latéral à la veine occipitale, à travers le trou de la portion mastoïdienne du temporal ; cette veine qui constitue l'un des principaux moyens de communication des veines intra et extra-crânierines varie beaucoup dans son calibre suivant les divers sujets.

2° Sinus longitudinal supérieur. Il est situé dans l'épaisseur du bord supérieur de la faux du cerveau et s'étend depuis la crête du frontal jusqu'à la protubérance occipitale interne sur laquelle il se bifuniue ordinairement pour se continuer à droite et à gauche avec les sinus latéraux. Très étroit à son origine , il s'élargit graduellement d'avant en arrière et revêt ainsi la forme d'une pyramide à base triangulaire dont l'axe serait demi-circulaire et très allongé.

Le côté supérieur de cette pyramide répond à la gouttière sagiîale qui lui est très adhérente ; il est convexe, tandis que ses côtés inférieurs qui sont en rapport avec la grande scissure du cerveau sont légèrement concaves. Son sommet correspondant à l'extrémité supérieure de la crête coronale se termine graduellement en cul-de-sac; sa base repose perpendiculairement sur les sinus latéraux à la formation desquels il concourt par sa bifurcation; cependant on voit quelipiefois celte base se déviera droite pour se continuer seulement avec le sinus latéral droit; lorsqu'elle se divise la branche droite de la division est presque toujours plus considérable. Il est très rare qu'elle se continue exclusivement avec le sinus latéral gauche.

On remaniue dans l'intérieur de ce sinus les nombreux orifices des veines qui s'y rendent, et des brides membraneuses qui occupent de préférence ses parois inférieures, dont elles masquent en iiartie les embouchures

ÂNGÉiOLULilE, 549

veineuses. On y trouve aussi le plus souvent quelques granulations jaun;(tres, tantôt isolées tantôt rassemblées en grappe; ees grainilations , disséminées en grand nombre sur la partie supérieure et interne des hémisplières cérébraux, sont connues sous le nom de corpttscules dePacIiiovni ; elles ne se montrent jamais primitivement dans le sinus longitudinal supérieur ; lescnveloppes cérébrales, particulièrement la pie-mère, en sont le point de départ ; par les progrès de l'âge elles se multiplient, se développent, se réiniissent par groupe et perforent successivement : 1° l'araclnioïde viscérale, 2° l'arachnoïde pariétale , 3° la dure-mère, 4° la table interne des os du crâne ; c'est sous l'iniluence de cet envahissement progressif qu'elles attaquent le sinus longitudinal supérieur et pénètrent dans sa cavité.

l'c'mcs collai Cl- aie s. Dans ce sinus viennent se rendre :

1° Les veines cérébrales qui rampent sur la face interne des hémisphères, veines qui s'ouvrent quelquefois directement dans le sinus, mais qui s'unissent le plus souvent à celles qui partent de la face supérieure du cerveau, sur un point très rapproché de leur embouchure.

2° Les veines cérébrales qui naissent delà face externe des hémis[)hères ; au nombre de six ou huit de chaque côté , ces veines reçoivent un grand nombre de branches et se portent de dehors en dedans; parvenues au voisinage du sinus, elles s'accolent à la dure-mère contre laipielle elles sont fixées par l'arachnoïde, changent de direction, marchent d'arrière en avant dans l'épaisseur de la faux du cerveau, et après un trajet de deux centimètres environ s'ouvrent dans la cavité du sinus par un ou plusieurs orifices. A leur embouchure toutes ces veines se dirigent donc en sens inverse du sang qui parcourt ce sinus ; celles qui semblent se diriger dans le même sens que le courant sanguin ne s'y ouvrent pas directement; elles se rendent dans quelques grosses veines dont le tronc se porte d'arrière en avant.

3° Des veines propres de la dure-mère.

d° Des veines sous-cutanées qui établissent une communication entre les systèmes veineux intra et extra-crâniens. Ces veines sont peu nombreuses et d'un très petit calibre; les plus remar([uables sont celles qui traversent les trous pariétaux; elles portent le nom de veines cmhi;aires de Santor'nii.

5° Des veines osseuses ou diploïques , dont queltpies r.ncs s'ouvrent directement dans le sinus, tandis que d'autres communiquent avec les veines delà dure-mère; pour démontrer cette double communication, il faut, ainsi ([ue le conseille M. le professeur Cruveilhier, perforer à l'aide d'une épingle chez un jeune sujet la table externe très mince et très fragile qui recouvre une des veines nombreuses du diploé, et insinuer dans cette ouverture l'extrémité d'un tube à injection lymp.iatique : le mercure remplii'a les veines diploïques et passera dans les veines de la dure-mère et dans les veines cérébrales.

3° Sinus droit. Il occupe la base de la faux du cerveau et la partie moyenne de la tente du cervelet. Sa direction est antéro-postérieure et un peu oblique de haut en bas. Sa forme est prismatique et triangulaire, de telle sorte que sa coupe représente un triangle isocèle dont la base est en bas. Sa capacité s'accroît d'avant en arrière.

o5Ô ANATOMIK.

Par son extrémilé poslérieure le sinus droit s'ouvre dans le conlluenl du sinus longitudinal supérieur et des sinus latéraux.

Par son extrémité antérieure il conimuniciue avec le sinus longitudinal inférieur, et reçoit :

P^ Les veines veniriculaires ou veines de Gallen. Au nombre de deux, ces veines émanent l'une du ventricule latéral droit , l'autre du ventricule latéral gauche, et sont formées de chaque côté par la veine choroïdienne et par la veine du corps strié.

La veine choroïdienne , située dans l'épaisseur du plexus choroïde, se dirige d'arrière en avant, reçoit dans son trajet la veine qui rampe sous la corne d'Ammon, celle du corps calleux, et parvenue à la partie antérieure du trigone cérébral se réfléchit d'avant en arrière pour s'unir à la veine du corps strié.

La veine du corps strié , un peu moins considérable, commence à la partie postérieure du sillon qui sépare le corps strié de la couche opti({iie, parcourt ce sillon d'arrière en avant, placée sous la bandelette demi-circulaire , et se réfléchit également au niveau de la partie antérieure du trigone pour concourir à former la veine ventriculaire.

Les deux veines ventriculaires marchent horizontalement sous la partie moyenne de la toile choroïdienne qui les sépare du trigone ; d'abord parallèles elles s'écartent assez fréquemment au niveau de la partie moyenne de cette toile, pour se rapprocher de nouveau à leur terminaison et s'ouvrir tantôt isolément tantôt par un orifice commun dans l'extrémité antérieure du sinus droit, immédiatement au-dessous du sinus longitudinal inférieur.

2° Les veines cérébrales médianes inférieures, assez volumineuses, et au nombre de deux de chaque côté , l'une antérieure qui revient de la base du lobe antérieur et marche parallèlement à la grande fente cérébrale, l'autre postérieure qui part du lobe postérieur.

S** La veine cérébelleuse supérieure qui se dirige d'arrière en avant et de bas en haut pour se terminer soit directement dans l'extrémité ant(rieui'e du sinus, soit dans l'une des veines de Galieu.

4" Sinus longitudinal inférieur. Ce sinus , situé dans l'épaisseur du bord inférieur de la faux du cerveau, dont il occupe seulement la moitié ou le tiers postérieur, se présente sous la forme d'une veine, très ténue eu avant et plus considérable en arrière. Il s'ouvre dans la partie antérieure du sinus droit, et reçoit ;

V Les veines de la faux du cerveau.

2° Une ou plusieurs petites veines qui naissent de la partie interne et inférieure des hémisphères cérébraux,

5° Sinus pétreux supérieurs. Ils sont situés sur le bord supérieur du rocher, dans l'épaisseur de la moitié antérieure de la grande circonférence de la tente cérébelleuse. Leur calibre est très petit, leur forme prismatique et triangulaire, leur direction oblique en arrière et en dehoi's , et leur capacité croissante d'avant en arrière. Par leur extrémité antérieure ils passent au-dessus du nerf de la cinquième paire , et vont communiquer avec les sinus caverneux; par leur extrémité postérieure, ils s'ouvrent dans le sinus latéral à l'union de ia portion horizontale avec la portion réfléchie de ce sinus.

ANGEIULUUIE. 551

Les veines collatérales (juMls reçoivent sont : 1" Une veine cérébelleuse antérieure et latérale. ■J" Oaelqnes veinules qui partent de la protubérance anniilaire. o" riusieurs rameaux veineux ])rovenant do la dure-mère qîii tapisse les fosses moyennes et latérales de la base du crâne.

4° De très petites veines qui viennent de la base du rocher.

6° Slnls pétreux inférieurs. Ils occupent une gouttière creusée à la fois sur les parties latérales de l'apophyse basilaire et sur le bord inférieur du rocher. Leur longueur est moins considérable (pie celle des sinus pétreux supérieurs, et leur forme deiui-cylindrique. Parleur extrémité antérieure ils communiquent avec le sinus basilaire et le sinus caverneux ; par leur i3xt rémité postérieure ils s'ouvrent dans la terminaison du sinus latéral au-dessus du golfe de la veine jugulaire. Comme les précédents ils représentent une anastomose entre les sinus antérieurs et les sinus postérieurs de la base du crâne. Ils reçoivent :

1° rue veine ascendante (pii traverse le trou déchiré antérieur.

2° Une veine qui vient de la dure-mère adhérente aux parties latérales du trou occipital.

7° Sinus caverneux. Situés sur les parties latérales de la fosse pituitaire, ces sinus s'étendent depuis l'oriiice interne du canal carotidienjusqu'ai.i-dessous de l'apophyse cliuoïde antérieure. Ils offrent par conséquent peu de longueur ; leur diamè're est considérable, leur forme assez irrégulière; rex.trémité interne de la fente sphénoïdale les limite en avant et le sonnnet du rocher en arrière.

On peut leur distinguer quatre parois : une inférieure qui répond à la gouttière caverneuse ; — une supérieure qui se confond avec les deux prolongeM'.ents de la tente du cervelet fixés aux apophyses cliaoides antérieure et {ioslérieure et qui est perforée pour le passage de l'artère carotide; — une interne qui sépare le sinus du corps pitui taire et qui présente vers sa partie moyenne l'orifice de connnunication de ce même sinus avec le sinus circulaire,- — une externe, verticale, plus étendue que les précédentes et contenant dans son épaisseur la branche ophlbalmique de Wiliis, le nerf pathétique et le nerf moteur oculaire commun.

Telle est l'organisation extérieure du sinus caverneux. Sa cavité présente ordinairement des filaments rougeâtres , qui sont peu résistants, entrecroisés dans divers sens, et d'une paroi à l'autre comme ie tissu réticulaire du canal des os longs, et qui ont été comparés au tissu spongieux des corps caverneux de la verge ; de là le nom imposé à ces sinus. Ces hlaments sont-ils des fibres dissociées de la drire-mère? Ont-ils une nature propre et indépendante? ou sont-ils formés par la membrane veineuse? La première hypothèse est la plus vraisemblable. On voit sur les parois du sinus et spécialement sur l'externe une foule de faisceaux réellement fibreux et tout-à-faiî analogues à ceux qu'on observe dans les autres sinus et surtout dans le longitudinal supérieur,

. Les sinus caverneux sont traversés ]VTr l'arlère carotide interne et par le nerf inotcur oculaire externe. L'artère s'y iidroduit de bas en baut en sortant du canal caroiidien ; le nerf y pénètre par un petit canal particulier de la diu'e-nière, situé à côté et on dehors du sinus pétreux inférieur, un peu

oo'i ANATOMIK.

au-dessous du sinus basilaire. L'une et l'autre se portent en avant , l'artère en décrivant une double sinuosité verticale, le nerf en suivant un trajet horizontal au-dessous et en dehors de l'artère à laquelle il est conligu ; l'artère sort ensuite par la paroi supérieure du sinus et le nerf par sou extrémité antérieure.

Pendant leur trajet l'artère et le nerf baignent-ils dans le sang du sinus comme la plupart des anatomistes le pensent? Au premier aspect on est porté à le croire, car le sinus présente une seule et unitpie cavité dans laquelle l'artère et le nerf ne paraissent séparés du sang par aucune cloison. Mais, 1° peut-on penser que le sang veineux qui, partout ailleurs, n'est en contact qu'avec une seule espèce de membrane exclusivement destinée à le contenir, soit ici, par une exception unique, en contact inunédiat avec la dure-mère? 2° la membrane veineuse qui bien évidemment tapisse les autres sinus et spécialement les pétreux et le basilaire , ne paraît point interrompue à l'entrée du caverneux et se retrouve au-delà de ce sinus, soit dans la veine ophthalmiciue, soit dans le sinus circulaire; 3" si l'on examine en détail les parois du sinus caverneux, on trouve à toutes leurs parties cet aspect lisse cpii ailleurs est certainement dû à la membrane veineuse; 4° si la membrane veineuse existe dans le sinus caverneux, comme les raisons précédentes semblent le déuiontrer, il est impossible ([ue l'artère et le nerf soient contenus dans la cavité de cette membrane , puisq\ie les ouvertru-es qui transmettent dans le sinus l'artère et le nerf sont tout à fait différentes de celles par lesiiuelles la membrane veineuse s'y introduit. 5° Enfin une inspection exacte démontre cpie l'artère et le nerf sont tout à fait séparés du sang. En examinant en effet l'artère au moment où elle passe du canal carotidien dans le sinus , on voit dans le contour de l'ouverLure du rocher une membrane fixe se réfléchir de l'intérieur du sinus sur l'artère et intercepter toute communication entre le sinus et le canal carotidien. Cette membrane très délicate immédiatement appliquée ensuite soit sur le vaisseau soit sur le nerf se confond avec les parois de Tune et avec le névrilème de l'autre , en s'cnfoncant dans leur intervalle et se replie sur leur circonférence pour les revêtir. Mais quelquefois , surtout quand l'artère est plus flexueuse, la membrane, au lieu de se replier ainsi , passe directement d'une courbure sur l'aiitre , et se montre alors tendue et transparente dans l'intervalle.

La membrane interne des veines recouvre donc l'artère carotide et le nerf moteur oculaire externe, soit en passant sur eux, soit en leur formant une espèce de gaine jusqu'à leur sortie du sinus.

Ce sinus communique par son extrémité postérieure , avec les sinus pétreux supérieur, pétreux inférieur et basilaire, et par la partie moyenne de sa paroi interne avec le sinus circulaire. Il reçoit :

1° La veine oplithalmique qui commence au niveau du grand angle de l'œil où elle communique avec la veine frontale et l'origine de la veine angulaire et se termine en s'ouvrant dans l'extrémité antérieure du sinus. Par ses anastomoses avec le système veineux de la face , cette veine établit une des principales communications qui existe entre l'intérieur et l'extérieur du crâne; elle suit le même trajet que 1 artère cori-espondante, sans décrire aucune flexuosité, reçoit chemin faisant les veinules qui accompagnent les divisions artérielles , puis après avoir atteint le sommet de l'orbite elle s'éloigne de l'artère ophthalmiipie, et sort de la cavité orbitaire

AMiÉlOLUGlli. 553

par la partie la plus large de la fente sphénoïdale pour se jeter aussitôt dans le sinus caverneux.

•2'^ Plusieurs veines cérébrales qui partent de la face inférieure du lobe antérieur du cerveau et s'ouvrent dans le sinus par ses parties anté= rieure et latérales.

3*^ Quelques veines méningées.

8° Sinus circulaire ou coroinaire. Il circonscrit le corps pituitaire. Sa moitié antérieure répond à la saillie osseuse qui limite en arrière la gouttière des nerfs optiques ; sa moitié postérieure plus considérable sépare le corps pituitaire ùe la lame quadrilatère du sphénoïde. A leur extrémité ces deux moitiés se réunissent et viennent s'ouvrir par un orifice commun dans les sinus caverneux ; le sinus circulaire peut être considéré comme une double anastomose établie entre les sinus précédents.

Ce sinus reçoit: 1° quelques veines méningées; 2° les veinules qui partent du corps pituitaire.

9° Sinus occipital antéuieuu, transverse ou basilàiue. Ce sinus est ordinairement unique ; mais il n'est pas rare de le rencontrer double. Situé transversalement à la partie supérieure et antérieure de l'apophyse basiiaire de l'occipital, il se présente sous la forme d'un conduit anastomolique assez large établi entre les sinus caverneux, pétreux supérieurs, et pétreux inférieurs d'un côté et les mêmes sinus du côté opposé. Sa capacité devient plus considérable chez les vieillards. Ses parois sont hérissées de iilaments rougeâtres comme celles du sinus caverneux.

10'' Sinus occipitauk postérieurs. Ils s'étendent des parties latérales du trou occipital sur lesquelles ils commencent d'une manière insensible, à l'origine des sinus latéraux dans lesquels ils s'ouvrent chacun par un orifice distinct. Leur calibre est extrêmement réduit. D'abord séparés par le trou occipital , ils convergent l'un vers l'autre d'avant en arrière, arrivent sur les côtés de la faux cérébelleuse et marchent ensuite parallèlement jusqu'à leur embouchure.

Quelques auteurs avancent que ces sinus communiiiuent en bas et en avant avec la terminaison des sinus latéraux , de même ([u'ils communiquent en haut et en arrière avec l'origine de ces mêmes sinus ; ils appartiendraient alors à l'ordre des sinus anastomotitpies. Mais cette communication des sinus occipitaux avec l'extrémité antérieure des sinus latéraux nous paraît être un phénomène exceptionnel; ils naissent au-dessous de la faux du cervelet comme les sinus longitudinal supérieur et inférieur naissent dans l'épaisseur des bords correspondants de la faux du cerveau.

Ces sinus reçoivent seulement (picUpies veinules qui émanent soit de In dure-mère soit de l'occipital.

veines diploïques.

Les canaux veineux qui sillonnent les os du crâne se rendent en partie dans les sinus de la dure-mère, c'est-à-dire dans les veines intra-cràniennes et en partie dans les veines extra-crâniennes. Leur description complétera l'histoire des veines de la tête.

^"y^ ANAÏOMIE.

Ces canaux veineux se distinguent en frontaux, pariétaux, temporaux et occipitaux.

Les canaux du frontal, au nombre de deux, l'un pour la moitié droite et l'autre pour la moitié gauche , s'étendent par un trajet tantôt rectiligne et tantôt sinueux du bord supérieur de l'os vers les arcades orbitaires; leur diamètre est peu variable dans les divers points de leur trajet; cependant ils présentent en général un peu plus de développement vers leur extrémité inférieure ou terminale. Ils communiquent : 1° entre eux par des canaux transverses ou obliques; 2° avec les veines périostiques ; 0° avec les veines de la dure-mère; 4° avec les veines sus-orbitaire, dans lesquelles ils s'ouvrent à leur terminaison.

, ie6- canaux ç[ni occupent la vcrtébru. temporo-pariëtale, l'un antérieur et l'autre postérieur, suivent dans leur direction les deux branches de l'artère méningée moyenne; ils convergent par conséquent de haut en bas et communiquent dans ce trajet avec les veines temporales profondes ; mais c'est surtout avec les deux veines sphéno-épineuses qu'ils sont en communication; ils s'ouvrent dans ces veines par des perluis très nombreux disséminés sur les sillons arborescents (ju'on observe sur la face interne des [lariétaux et des temporaux ; ces pertuis très étroits dans le jeune âge deviennent beaucoup plus apparents chez le vieillard.

Les canaux occqydaux au nombre de deux, distingués comme ceux du frontal en droit et gauche, se dirigent (ie haut en bas, communiquent enire eux par des canaux plus petits ou de même diamètre, et se terminent dans les veines occipitales.

Tous ces canaux sont composés d'une double tunique : i° d'une tuni([ue interne, prolongement de celle qui' tapisse la cavité des veines; 2° d'une tunique osseuse analogue à celle qui entoure les vaisseaux et nerfs dentaires dans l'épaisseur du corps de la mâchoire inférieure^ Il existe seulement entre ce dernier canal et les canaux veineux des os cette différence que le premier est lisse, uni , régulier comme les vaisseaux et les nerfs qu'il protège, tandis que les seconds sont inégaux, étranglés çà et là, et noueux en un mot comme des,veines qui seraient hérissées de valvules.

Les canaux veineux du crâne présentent de nombreuses variétés , soit dans leur calibre, soit dans leur étendue, soit dans leur nombre, soit dans les communications qui les relient entre eux.

Leur calibre est en raison inverse de l'âge ; presque nuls chez le fœtus, ils se développent peu à peu à mesure que les os du crâne prennent plus d'épaisseur et s'unissent d'une manière plus complète. Chez l'adulte ils sont très manifestes mais indépendants entre eux. Dans l'âge avancé ils perdent cette indépendance pour s'aboucher les uns dans les autres ; sur les crânes de vieillards dont toutes les pièces sont soudées, on voit ces canaux se prolonger à travers les rudiments des sutures et communiquer ainsi soit par l'extension des canaux primitifs , soit par le développement de canaux nouveaux.

Leur étendue varie non seulement avec l'âge, mais chez les divers sujets et d'un côté à l'autre; souvent ils cessent brusquement puis recommencent un peu plus loin , laissant ainsi dans leur trajet une solution de continuité , qui est due à la facilité plus ou moins grande avec laquelle ils se dégorgent dans une veine voisine.

Les canaux veineux du crâne acijuièrent chez quelques animaux des

an(;eiolu(;ie. 555

proportions bien supérienres à celles qu'on observe chez l'homme; (^lans les oiseaux , dans plusieurs carnassiers, particulièrement chez les chats, les troncs veineux encéphalicpies ne sont pas logés dans un dédoublement de la dure-mère, mais dans l'épaisseur même des os du crâne. Dans les animaux ainsi organisés les cloisons qui séparent les principales divisions de l'encéphale ne sont pas fournies par ia dure-mère, mais par des expansions de la table interne de la boîte crânienne ; chez eux c'est à travers le diploé (pie le sang apporté par les veines encéphaliques se rend à l'origine de la jugulaire interne. Les parois du crâne chez le chat offrant peu d'épaisseur, ou peut assez facilement suivre la direction des principaux canaux veineux en plaçant ces parois entre l'œil et une lumière un peu vive.

TEINES PROFOiNDES DU MEMBRE THORÂCIQLE.

Ces veines suivent exactement le trajet des vaisseaux artériels, dont elles partagent aussi la situation , les rapports et la dénomination. A la main, à l'avant-hras et au bras elles sont en nombre double de celui des artères auxciuelles elles s'accolent. A l'aisselle et sous la clavicule un seul tronc veineux accompagne les troncs artériels correspondants.

Le système des veines profondes communique avec celui des veines superficielles : 1° au niveau des espaces interdigitaux ; 2° au niveau de la partie postérieure du poignet; 3* au pli du coude ; 4° à l'aisselle; 5° sous la clavicule. Indépendamment de ces communications principales il en existe d'autres intermédiaires mais beaucoup moins considérables.

Les veines satellites des artères reçoivent des branches et des rameaux qui accompagnent également les branches et les rameaux fournis par ces artères et cpii sont aussi en nombre double.

Seule la veine sous-clavière ne reçoit pas toutes les branches veineuses qui correspondent aux divisions de l'artère sous-clavière; par une sorte de compensation elle en reçoit plusieurs qui sont étrangères à la distribution de cette artère ; sous ce double point de vue elle mérite une description spéciale.

Veine sous-clavière. Pour la plupart des auteurs les veines sous-clavières s'étendent des scalènes à la veine cave supérieure qu'elles constituent par leur réunion; ainsi considérées, chacune de ces veines se compose : 1° du tronc veineux bi'achio-céphalique correspondant, 2" delà veine sous-clavière proprement dite. Ce mode de délimitation est peu naturel; pour nous la veine sous-clavière couîmence sous la clavicule au niveau de Taponévrose sous-clavière qu'elle traverse en lui adhérant d'une manière intime, et se termine à l'embouchure delà jugulaire interne à laquelle elle s'unit pour former le tronc veineux brachio-céphalique.

De ces limites il suit que les veines sous-clavières présentent la même origine, la même longueur et ia même direction contrairement aux artères concomitantes qui diffèrent entre elles sous ce triple point de vue. Elles ne siiivent pas un trajet curviligne comme l'artère sous-clavière droite, ou un trajet angulaire comme l'artère sous-clavière gauche , mais un trajet pres- ([ue rectiligne , en sorte qu'elles sous-tendent en quelque sorte l'arc décrit par ces artères.

Rapports. Ces veines répondent : 1" en avant, an muscle sons-clavier

qui les sépare de la clavicule , et sur lequel elles sont fixées pai' une lame fibreuse résistante; 2° en arrière, aux artères sous-clavières dont elles sont séparées près de leur terminaison par le tendon du scalène antérieur ; 3° en bas, à la première côte, puis à la plèvre; i'^ en haut, à l'aponévrose cervicale, au sterno-mastoïdien et à la peau.

De toutes les branches veineuses qui correspondent aux branches de l'artère sous-clavière, la veine intercostale supérieure droite est la seule qui vienne se jeter dans la veine sous-clavière , et encore cette terminaison n'cst-elle pas constante; il n'est pas rare de voir l'intercostale droite s'ouvrir dans la grande veine azygos.

Quant aux veines thyroïdienne inférieure , mammaire interne , vertébrale, scapulaire supérieure, scapulaire postérieure, cervicale profonde, et intercostale supérieure gauche, nous avons vu qu'elles se terminent le plus souvent dans le tronc veineux brachio-céphalique , et quelquefois dans la veine cave suiiérleure.

Les branches veineuses qui n'ont aucun rapport avec la distribution des branches artérielles et qui se rendent dans la veine sous-clavière sont : la jugulaire externe, la jugulaire antérieure, et im rameau émané de la veine cé[»haliqne.

YKIMES SUr-ERFICiELLES OU SOLS-CUTANÉES DU MEMBRE TFIORACIQUE.

Ces veines ne sont pas également développées chez tous les individus; elles sont d'autant plus volumineuses que les muscles du bras et de l'avantbras sont soumis à des contractions plus violentes et plus souvent réitérées ; aussi les voit-on atteindre leur maximum de développement chez les serruriers, les boulangers, les scieurs de pierre, etc. , dont la profession met surtout en jeu les muscles du membre supérieur. Par une raison inverse elles sont peu saillantes chez l'enfant, le jeune homme et la plupart des femmes; elles le sont moins aussi , mais avec de notables différences individuellev, chez l'homme qui ne s'adonne à aucun travail mécanique.

Les veines superficielles tirent leur origine de la peau et de la couche cellulo-adipeuse sous-cutanée. Elles diffèrent des veines profondes : 1° par leurs valvules qui sont moins nombreuses; 2° par les variétés beaucoup plus fréquentes qu'elles présentent. Nous avons vu précédemment qu'elles ont avec ces dernières des communications faciles et multiples ; elles communiquent aussi entre elles sur un grand nombre de points, et offrent, lors(iu'e!les sont convenablement injectées, l'aspect d'un vaste réseau à mailles plus ou moins larges ; ce réseau, situé dans l'épaisseur de la couche a:lipeuse sous-cutanée, est séparé de l'aponévrose qui engaîne les muscles par la lame profonde du fascia superficialis , lame qui n'adhère au plan aponévrotiqne que par un tissu cellulaire lâche et séreux, en sorte qu'elle glisse facilement sur ce plan, entraînant avec elle les vaisseaux et nerfs qui la recouvrent.

Ces veines doivent être étudiées , à la main , à l'avant-bras, au pli du coude et au bras.

1° AEiiSES DE L\ MAixN. Elles Contrastent parleur développement avec les veines profondes; ces dernières, qui dans les autres segments du meni" ])re supérieur offrent un développement égal à celui des artères ^ sont ici

AXCKIOLOr.lE

nidimnilaifCs : ainsi les veines qui eorrespondent à l'arcade palmaire sni'eîiicielle pressentent un calibre très réduit ; celles qui correspondent

Veines superficielles du vieiuhre ihoi:aci//ue.

\ . Veine nudiaiip.

2,2. Veines cuLilales.

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