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STRUCTURE DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

Les parois des vaisseaux lymphatiques, bien qu'elles soient extrêmement minces et d'une parfaite transparence, comprennent cependant trois membranes : une interne d'apparence séreuse, l'autre moyenne fibreuse et clastitjue, la troisième externe de nature celluleuse.

La [unique iulerne ou séreuse, beaucoup plus étendue que les deux autres par la participation plus grande (prelle prend à la formation des replis valvulaires, est recouverte d'un épithélium pavimenteux semblable à celui qui tapisse la cavité des artères et des veines. On peut la décomposer par conséquent comme celle des vaisseaux sanguins en deux couches : une couche interne ou épithéliale, et une couche qui serait formée, suivant Flenle, de fibres longitudinales, mais dans la{[uelle on n'aperçoit bien nettement aucune apparence de fibres ; ces deux couches sont unies entre elles de la manière la plus intime.

La tunique moyenne ou élastique se compose , selon Mascagni , de fibres entrecroisées en sautoir, et formant une sorte de tissu natté ; c'est à cette disposition et non à leur nature qu'elles emprunteraient leurs pro' priétés élastiques; Henle a cru remar([uer que ces fibres sont perpendiculaires à l'axe du vaisseau ou annulaires ; Cruiksanck, se fondant sur l'extrême irritabilité qu'elles présentent, les croit musculaires et circulairement disposées, Sclieldon dit même avoir aperçu ces fibres musculeuses sur le canal tlioraci(iue du cheval, et Schreger sur celui de l'homme; mais ]iar leur inirication ainsi (pie [lar renKend)le de leurs propriétés elles apparlien-

lient bien évidemment à cette varicté du tissu élastique <iue M. le professeur Cruveilhier a désignée avec tant de vérité sous le nom de tissu dartoïde.

Nuck fut le premier qui distingua cette membrane de la précédente et qui en démontra l'existence sur le canal tboracique. Pour l'apercevoir il faut, à l'exemple de Cruiksanck, retourner un segment de ce canal en l'étendant sur une tige de verre : la tunique interne, étant moins résistante, se rompt, tandis que la moyenne, plus élastique, se dilate et s'étale aux yeux de l'observateur qui peut alors en étudier la texture.

La tunique externe ou celluleuse paraît avoir échappé jusqu'à ce jour à l'attention des anatomistes; cependant elle existe; lorsqu'un vaisseau a été distendu par le mercure, si on cherche à introduire dans sa cavité la pointe du tube à injection, on voit presque toujoui's celle-ci glisser entre la tunique élastique et la tunique celluleuse , tandis qu'elle pénètre au contraire avec assez de facilité après l'ablation préalable de cette dernière membrane.

La tunique externe ne se compose pas, comme celle des artères et des veines, de filaments irrégulièrement entrecroisés dans tous les sens, mais d'une simple lamelle qui s'enroule cylindriquement sur les vaisseaux , et qui est unie assez faiblement d'une part à la tunique moyenne, de l'autre au tissu cellulaire ambiant. Par sa faible adhérence elle offre quelque analogie avec la gaine celluleuse des vaisseaux sanguins; elle en diffère en ce qu'elle n'est pas constituée par des lamelles circonscrivant des cellules mais par une véritable membrane qui ne renferme jamais ni dans sa cavité ni dans son épaisseur de vésicules adipeuses.

Les parois des vaisseaux lymphatiques renferment des artères et des veines : Cruiksanck a injecté les premières sur plusieurs quadi'upèdes : « Je » les ai vues , dit-il , se ramifier bien élégamment à travers leur tunique; » ces artères doivent avoir leurs veines correspondantes, et je ne doute » nullement qu'elles ne soient aussi accompagnées de lymphatiques. » Sur ce dernier point il m'est impossible de partager la conviction du célèbre anatomiste anglais ; son opinion doit être accueillie avec une grande réserve ; car nous avons vu que la tunique interne de l'appareil circulatoire ne donne naissance à aucun vaisseau lymphatique et que sur les tuniques moyenne et externe l'existence de ces vaisseaux n'est pas démontrée.

Le système absorbant reçoit très vraisemblablement quelques filets nerveux ; mais la science ne possède sur ce sujet aucune notion précise.

Un tissu cellulaire dense unit la tunique interne à la moyenne ; celui qui unit la tunique moyenne à l'externe est au contraire assez lâche , en sorte que cette dernière peut être facilement enlevée. On trouve aussi quelques vestiges de ce même tissu dans les replis qui forment les valvules.

En comparant sous le point de vue de leur structure les lymphatiques et les veines on voit que ces deux ordres de vaisseaux sont constitués sur le même type : même nombre de tuniques, semblablement superposées, même nature pour celles de ces tuniques qui se correspondent, même mode d'élasticité de leurs parois; parce dernier caractère les deux systèmes offrent cependant quelque différence. Les veines, après avoir été distendues, ne

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