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LYMPHATIQUES SUPERFICIELS DU MEMBRE SUPÉRIEUR

Préparation. Voyez celle que j'ai indique'e pour les lymphatiques du membre inférieur.

Les lymphatiques superficiels des membres supérieurs naissent par des radicules capillaires de tous les points de leur enveloppe cutanée ; mais c'est surtout des téguments qui entourent l'extrémité des doigts et de ceux qui répondent à la paume de la main qu'on voit partir leurs principaux troncs ; les ramuscules émanés des autres parties de l'enveloppe tégumentaire viennent s'ouvrir dans ces troncs sur les divers points de leur trajet, comme autant d'affluents dont le trajet est direct et la terminaison toujours peu éloignée du point de départ. Il importe d'avoir cette disposition présente à l'esprit lorsqu'on prépare les vaisseaux lymphatiques dans un but de conservation, afin de ne pas trop les dénuder; car on diviserait alors infailliblement tous ces ramuscules au niveau de leur embouchure, et chaque tronc se trouverait criblé d'orifices latéraux par lesquels le mercure fuirait dès que ses parois seraient un peu trop dilatées. En évitant toute dénudation, les troncules sont divisés à une certaine distance de leur axe commun et les valvules de leur partie terminale suffisent pour s'opposer au reflux du mercure.

Le réseau lymphatique de l'extrémité de chacun des doigts recouvre complètement les téguments qui correspondent à la dernière phalange ; il enchâsse en quelque sorte le derme sous-unguéal sans jamais dépasser sa circonférence. Une fois cependant M. Bonamy a vu celui qui répond à l'extrémité du pouce s'avancer de la face dorsale du doigt sur la matrice de l'ongle préalablement mise à nu par la macération; mais il est si fréquent devoir sur ce point le métal pénétrer simultanément dans les lymphatiques et les veines, qu'il est permis de se demander si, dans cette circonstance tout à fait exceptionnelle, il ne s'est pas opéré un phénomène semblable.

Les réseaux qui embrassent l'extrémité terminale des doigts ne sont pas limités au sillon creusé sur le pourtour de l'articulation des deux dernières phalanges ; ils le dépassent un peu en disparaissant graduellement. Lorsqu'ils sont complètement injectés , ce (pii ne peut avoir lieu que sur une main dépouillée de son épidémie par une demi-putréfaction , ils donnent

a\i doigt une teinte tantôt argentt'e et tantôt plombée ou cendrée: argentée si les téguments présentent une coloration verdâtre, cendrée s'ils ont conservé leur couleur blanche et leur épidémie. Cette teinte, dont l'éclat décroit insensiblement de bas en haut , est un peu plus vive sur le côté

Vaisseaux lymphatiques du membre supérieur.

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dorsal que sur le côté palmaire, et plus encore sur les parties latérales et moyenne île la dernière phalange ; c'est dans ce point en effet que les radicules lymphatiques se font surtout remarquer par leur nombre et leur volume; c'est sur ce point aussi qu'elles convergent de toutes parts, pour donner naissance aux troncs principaux.

Ceux-ci, au nombre de deux pour cha([ue doigt, l'un interne et l'autre externe , se portent verticalement en haut , adossés à l'artère collatérale qui leur correspond. Arrivés au niveau des téguments compris dans les espaces interdigitaux, ils s'inclinent en arrière pour gagner la face dorsale du métacarpe sur laquelle ils s'anastomosent, montent sur la face postérieure de l'avant-bras, puis se partagent en deux groupes qui acconqia- 5uent, celui-ci les veines radiales , celui-là les veines cubitales, et se réunissent, après s'être contournés d'arrière en avant, à un troisième faisceau parallèle à la veine médiane.

Ce faisceau antérieur prend naissance dans les téguments de la paume de la main par des réseaux extrêmement remarquables et faciles à injecter après la chute de l'épiderme ; de ces réseaux partent six à huit troncs : deux d'entre eux se portent fréquemment en dehors vers le bord inférieur de l'adducteur du pouce, qu'ils contournent de bas en haut pour se réunir ensuite aux absorbants de la face dorsale de la main et se comporter de la même manière ; les autres montent verticalement au-devant du ligament annulaire antérieur et de l'avant bras, placés entre les lymphatiques latéraux et formant avec ces derniers un seul et même plan qui embrasse d'abord la plus grande partie de la circonférence du membre, mais qui se concentre ensuite graduellement, de telle sorte qu'au bras il n'occupe plus que les faces externe et interne du membre , puis enfin sa face interne seulement dans le voisinage des ganglions de l'aisselle.

Les vaisseaux les plus internes de ce plan, situés en dedans et en arrière de la tubérosité interne de l'humérus, rencontrent assez souvent à deux ou trois centimètres au-dessus de cette saillie osseuse un ganglion dans lequel ils se jettent. Ce ganglion sus-épitrochléen, qui peut être double et que j'ai vu triple chez une jeune fille de quinze ans, n'est pas constant dans son existence ; on le voit assez fréquemment se tuméfier à la suite des piqûres ou des excoiiations qui affectent les trois derniers doigts de la main; ses vaisseaux efférents, placés dès leur origine sous le tronc de la veine basilique , montent avec elle jusqu'à la partie moyenne du bras et traversent l'aponévrose brachiale pour se joindre aux absorbants profonds; lorscju'il n'existe pas on voit toujours un ou deux troncs lymphatiques plus volumineux qui se comportent comme les vaisseaux (jui en partent.

Les lymphatiques qui occupent le bord externe du membre thoracique sont remanpiables par les flexuosités qu'ils décrivent au niveau du coude, fiexuosités du reste tout à fait semblables a celles que présentent les mêmes vaisseaux du membre abdominal au-devant du genou, et proportionnelles pour les uns et les autres aux variations de longueur ([u'ils éprouvent dans les divers mouvements de flexion et d'extension de l'articulation correspondante.— Parmi ces vaisseaux externes celui qui est situé sur la limite extrême se détache quelquefois du groupe principal vers le sommet du deltoïde, et monte dans l'interstice de ce muscle et du grand pectoral en suivant la veine céphalique jusqu'à son embouchure. Ce vaisseau céphalique

déjà signale? par Cruiksanck et Mascagni paraît être quelquefois multiple; jl l'ai observé deux fois : il était unique. Une fois il se terminait dans un ganglion sous-claviculairc au-devant de la veine sous-clavière ; dans l'autre cas, beaucoup plus rare , mais indiqué aussi par Mascagni , ce vaisseau passait sur la clavicule et se jetait dans une des glandes qui occupent le creux sus-claviculaire. — M. le docteur Aubry, qui a occupé avec distinction la place de chef des travaux anatomiques à l'École de médecine de Rennes, et qui l'occuperait encore si le vrai mérite n'était parfois pour certains esprits ombrageux un motif d'exclusion , m'écrit qu'il a rencontré dans le sillon des muscles deltoïde et grand pectoral sur le trajet d'un tronc lymphatique volumineux, trois ganglions séparés entre eux par un intervalle de deux ou trois millimètres. Cette anomalie doit être fort rare, puisque Mascagni sur un nombre immense d'injections ne l'a jamais observée: comme les précédentes elle mérite d'être signalée à l'attention des pathologistes ; car une angioleucite qui affecterait seulement les absorbants les plus externes du membre supérieur pourrait déterminer une adénite , c'est-à-dire une tumeur dont le diagnostic sera facile pour celui qui possédera cette donnée anatomique , et impossible pour tout autre.

Les lymphatiques superficiels du membre thoracique sont en général étalés sur les veines dont ils recouvrent les troncs de même que leurs radicules primitives recouvrent à la superficie de là peau les capillaires veineux; cependant on en voit quelques uns passer au-dessous de la veine médiane, d'autres au-dessous de la médiane basilique et de la médiane céphalique. Dans les injections heureuses on en compte une trentaine sur l'avant-bras, et quinze à dix-huit sur la partie moyenne du bras.

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