LYMPHATIQUES PROFONDS BU MEMBRE SUPÉRIEUR
Les lymphatiques profonds suivent le trajet des vaisseaux sanguins; chaque artère est ordinairement accompagnée de deux troncs lymphatiques de mêaie qu'elle est accompagnée des deux veines. On peut les diviser en radiaux , cubitaux , interosseux postérieurs , interosseux antérieurs et brachiaux.
Les troncs satellites de rrtJ'fèreraf^îaZe émanent des parties profondes de la paume de la main. Mascagni les fait naître, ainsi que ceux qui suivent le trajet de l'artère cubitale, des téguments de la face palmaire des doigts ; une erreur de ce genre ne saurait être imputée à la sagacité d'un aussi grand observateur, sagacité qu'on ne trouve jamais en défaut, mais à l'impossibilité où il se trouvait d'injecter les vaisseaux absorbants à leur point de départ, ainsi que nous le faisons aujourd'hui : les troncs seuls étaient apparents pour lui; réduit à émettre une hypothèse sur leur origine, il les a fait provenir des doigts. Ce mode d'origine toutefois n'est pas entièrement hypothétique : j'ai vu deux fois un vaisseau lymphatique parti dans un cas du petit doigt, et dans l'autre du côté interne de l'annulaire, s'enfoncer profondément dans la paume de la main et suivre ensuite le trajet de l'artère cubitale. 31. Aubry a déposé dans le musée de l'École de médecine de Rennes une préparation sur laquelle on peut constater un fait analogue dont il m'expose ainsi la description : « Sur le bras d'un enfant » de six ou sept ans je trouvai un de ces vaisseaux qui, naissant comme à » l'ordinaire sur le côté de la phalange unguéale de l'annulaire de la main
ANGÉIOLOGIE. 679
» tlroite, au lieu de gagner le dos de la main et de monter vers l'aisselle » en restant superiiciel, se plaçait dans la paume de la main, puis s'acco- » lait au nerf cubital (pi'il accompagnait jusque dans le creux axillaire. » Mais ces faits doivent être considérés comme tout à fait exceptionnels. Je me hâte d'avouer cependant, après avoir sigualé l'erreur dans laquelle est tombé Mascagni, que nous nous trouvons eu 18 49 en présence des mêmes doutes qu'il éprouvait en 1780, lorsqu'il cherchait à déterminer l'origine des vaisseaux profonds de la paume de la main ; nous savons seulement d'une manière certaine que les troncs qui rampent sur les parties latérales des doigts se portent tous vers le dos du métacarpe, et qu'ainsi ils ne peuvent être le point de départ de ceux qui occupent la partie profonde de la région palmaire ; il est extrêmement vraisemblable que ces derniers naissent des muscles et des os de cette région.
Quelle que soit leur véritable origine, les deux troncs satellites de rarlère radiale suivent d'abord un trajet différent : l'un accompagne l'arcade palmaire profonde, contourne la tête du premier métacarpien pour se porter sur le côté externe du carpe, et arrive à l'avant-bras où il se place sur le côté externe de l'artère radiale ; l'autre, dont l'origine est moins profonde, suit, d'après le dessin que nous en a laissé Mascagni, le trajet de l'artère radio-palmaire et gagne aussi l'avant-bras, oîi il se place sur le côté interne de la radiale. Tous deux montent ensuite jusciu'au pli du coude en s'anastomosant ; dans leur trajet antibrachial ils traversent un ou deux petits ganglions dont l'existence n'est pas constante.
Les vaisseaux satellites de l'artère cubitale naissent par trois racines : la première parallèle à l'arcade palmaire superficielle , la seconde parallèle à la branche palmaire profonde de l'artère , la troisième parallèle à la branche dorsale ; de leur réunion résultent ordinairement deux troncs qui suivent exactement la direction des vaisseaux sanguins, et arrivent au pli du coude après avoir traversé chez quel<iues sujets un ou deux ganglions d'un très petit volume.
Les vaisseaux satellites de l'interosseuse postérieure et de l'interosseuse antérieure viennent se joindre vers la partie supérieure de l'avantbras à ceux des artères l'adiale et cubitale, afin de concourir à la formation des troncs qui accompagnent l'artère brachiale.
Ces troncs brachiaux, au nombre de deux ordinairement, rencontrent sur leur trajet trois ou quatre ganglions du volume d'une lentille et reçoivent vers le tiers supérieur du bras les efférents du ganglion sus-épitrochléen lorsqu'il existe , ou au défaut de ces efférents un vaisseau lymphatique superficiel et volumineux qui rampe sous la veine basilique ; ils se terminent ensuite dans les glandes axillaires. Mascagni représente dans ses planches trois absorbants musculaires fournis, l'un parle biceps et-Ies autres par le triceps brachial.
3° VAISSEADX LVMPHATIQUES DES LOMBES, DU DOS ET DE LA PARTIE POSTÉRIEURE DU COU.
Les vaisseaux lymphatiques de la région lombaire se partagent en deux groupes. Nous avons vu que l'un de ces groupes se porte aux ganglions du pli de l'aine ; l'autre marche obliquement de bas en haut et de
dedans en dehors vers les ganglions du creux de l'aisselle dans lesquels il se termine. Le premier part de la partie supérieure des lombes, et le second de la partie inférieure de cette région ; ils s'entrecroisent par conséquent à la manière des deux branches d'un X.
Les lymphatiqzws du dos se dirigent, les inférieurs obliquement de bas en haut, les supérieurs de haut en bas, les moyens horizontalement et de dedans en dehors, vers le bord inférieur des muscles grand dorsal et grand rond sur lequel ils se réfléchissent pour atteindre les glandes axillaires.
Les absorbants qui naissent des téguments de la partie postérieure du cou descendent en se portant un peu en dehors, et se réunissent derrière l'épaule aux lymphaUques les plus élevés de la région dorsale dont ils se partagent ensuite le mode de terminaison.
Les absorbants partis des lombes, du dos, et de la partie postérieure du cou, offrent cette disposition commune et fort remarquable assurément, qwe ceux du côté droit naissent du côté gauche , et réciproquement ; de telle sorte qu'il y a entrecroisement des uns et des autres sur la ligne médiane.