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DU CANAL THORACIQUE

Préparation. 1° Enlevez les viscères abdominaux, ainsi que les poumons et Je cœur.

2° Découvrez le canal thoracique à ■^a partie supérieure, et placez une ligature au niveau de sou embouchure, afin ((ue le liquiile injecte ne pénètre pas dans la veine sous-cJavicre, Pour arriver au même résultat on a conseillé de pousser une injection de suif et de cire dans les veines; muis la présence du suif solidifie' ou de toute autre substance dans le système veineux ue s'oppose nullement au passage du mercure dans ce sy-tème, aiu-i que j'ai pu m'en convaincre plusieurs lois; il laut doue lier le troue commun des absorbants le plus près possiJ)le de sa terminaison. Dims ce but, api es avoir fait successivement disparaître la peau de la région cervicale, le sterno-mastoïdieu, le corps thyroïde, on enlèvera avec les plus grands ménagements l'aitère carotide primitive gauche et l'on trouvera à sa paitie postérieure, au-devant de la cinquième ou dixième vertèbre du cou, l'arcade terminale du conduit thoracique. Lorsqu'il sei a mis à nu, de grandes précautions seront encore i.écessuires pendant sa dénudation pour éviter' de diviser ou de blesser une des branches qu'il reçoit , ce qui occasionueruit une fuite au moment de l'injecliou.

• 3° Divisez le diaphragme au devant de l'aorte, et écartez ses piliers à droite et à gauche sans toucher aux vaisseaux qui occupent l'orifice aoilif|ue.

4° Pirpiez avec la pointe du tube l'un des ganglions lombaires ou Tun des g;inglious siis-aortiques; le mercure passera dans les racines ^^ la citeine de Pecquet qu'il remplira d'abord, et montera ensuite graduLilement jusqu'à la ligatm e appliquée sur la terminaison du canal.

5° Ecartez après ce premier essai d'injection la veine cave inférieure et l'enlevez complètement; on verra alors les racines du canal thoracique. Si elles soûl bien dilatées ainsi que le conduit qui en part, il suffira de découvrir ces racines et ce conduit pour terminer la préparation; si leur réplélion est partielle, ce qui est le plus fréquent, on procédera à une nouvelle ponction, pour laquelle on pourra indifi'eremmeut choisir soit un nouveau ganglion, soit un tronc absorbant.

Rien n'est plus facile que l'injection du canal thoracique avec le mercure; mais ce métal est si lourd que les préparations dans les((uelles ou en fait u-age sont d\ine extrême fragilité: dans le but d'obvier à cet inconvénient, j'ai eu Ja pensée de me servir du métal fusible de Darcet, composé de plom!), de bismuth et d'étain; mais on réussit rarement avec ce liquide à remplir la totalité du canal thoracique, et si l'on veut alors compléter l'injection avec du mercure, celui-ci se combme sous de nouvelles proportions avec l'alliage cjui se fluidifie en partie. En résumé, cet alliage n'offre pas les avantages qu'on aurait pu lui supposer; dans le cas où l'on voudrait renoncer au mercure, il faudrait choisir entre le suif, la cire, le plâtre délayé ou la gélatine: celui qui me paraît mériter la préféience est un mélange à parties égales de suif et de cire. Poiïr restituer au canal la couleur éclatante du mercure, ou pourra ensuite le peindre avec une substance qui est connue de la plupart des marchands de couleurs, sous le nom de coquille d'argent.

Le canal thoracique s'étend de la seconde vertèbre lombaire, où il prend naissance, an confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches dans lequel il se termine.

Placé sur la ligne médiane dans sa moitié inférieure, il s'en écarte supérieurement pour s'incliner du côlé gauche.

Sa direction n'est pas rectihgne, mais un peu sinueuse; vers sa partie terminale il décrit une courbe demi-circulaire à concavité inférieure, une sorte de crosse tout à fait analogue à la crosse de l'aorte.

Son volume varie sur les divers points de son trajet. Il est d'abord assez considérable pour justifier les noms de réservoir du chyle, de citerne de

Pecquet qui ont été donnés à son origine; mais au-dessus de ce réservoir il diminue très notablement, puis augmente de nouveau au voisinage de la veine sous-clavière , où il présente une sorte d'ampoule qui n'est pas constante , et dont Mascagni a donné un dessin fort exact.

Le canal thoracique est situé inférieurement entre les deux piliers du diaphragme, dans l'orifice aortique de ce muscle, qu'il franchit en montant verticalement au-devant de la colonne dorsale : parvenu à la hauteur de la quatrième vertèbre du dos, il s'incline sur le côté gauche du rachis,

FiG, 175.

Canal tlioraciqite et grande veine lymphaliqne,

\. Canal thoracique. — 2. Grande veine lymplialique. — 3. Origine du canal thoracique. — 4. Terminaison ou embouchure de ce canal dans le confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches.

ANGÉlOLUeJÎE. (iOi

passe eu arrière de ia crosse de l'aorte , en arrière de l'œsophage , en arrière de la carotide primitive gauclie, se réflécliit au niveau de l'apopliyse transverse de la sixième vertèbre du cou sur le muscle scalène antérieur, et vient s'ouvrir en formant une arcade dans la terminaison de la veine sousclavière gauche. Dans ce trajet il répond par son côté postérieur à la colonne vertébrale et aux artères intercostales du côté droit ; à droite il est en rapport avec la grande veine azygos dont il s'éloigne dans son tiers supérieur, et à gauche avec l'aorte qu'il croise plus haut à angle aigu. Vers la partie inférieure du cou il a des connexions étroites avec l'œsophage et la carotide primitive ; en sorte que dans l'œsophagotomie ou dans la ligature du tronc carotidien vers sa partie la plus déclive, si l'on prolongeait la dénudation trop bas , il ne serait pas impossible de le blesser.

Les troncs lymphatiques qui viennent se jeter dans le canal thoraci(iue s'ouvrent dans son origine ou dans sa terminaison; par sa partie moyenne si étendue il reçoit seulement un ou deux troncs d'une importance très secondaire.

Les troncs qui convergent vers son origine sont les plus volumineux et les plus nombreux; bien qu'ils présentent de grandes variétés, on peut en distinguer cinq principaux : deux ascendants, deux descendants et un antérieur.

Les ascendants, qui se distinguent par leur position en droit et gauche, représentent le confluent des absorbants des membres abdominaux, du bassin et des organes pelviens, des testicules, des reins et des gros intestins.

Les descendants reçoivent les lymphatiques des huit derniers espaces intercostaux et de la partie postérieure du diaphragme; leur disposition offre la plus grande analogie avec celle des veines azygos ; seulement au lieu de s'accroître de bas en haut, ils augmentent de haut en bas.

L'antérieur est le tronc commun des absorbants de l'intestin grêle, de l'estomac, du foie et de la rate.

C'est de la convergence de ces cinq racines principales que résulte la citerne de Pecquet ; lorsqu'elles ne convergent pas, mais s'abouchent dans le conduit thoracique isolément, celui-ci demeure toujours plus volumineux à sa partie inférieure , mais il n'y a plus de citerne proprement dite. J'ai déposé dans le musée de la Faculté de médecine une préparation représentant les lymphatiques du membre inférieur, sur laquelle ce phénomène de convergence et la dilatation en ampoule qui en résulte se trouvent réalisés dans leur plus haut degré d'évidence.

Les troncs qui s'abouchent dans la terminaison du canal thoracique sont ceux des poumons et du cœur, de la moitié gauche des parois thoracique et abdominale, de la moitié correspondante de la tête et du cou, et entin du membre supérieur gauche.

Les valvules de ce canal sont un peu moins nombreuses que celles qu'on observe dans la plupart des vaisseaux lymphatiques.

Pour tout ce qui est relatif à ces valvules, aux variétés du conduit thoracique, à ses anomalies, etc., voy. les Consid. gén., p. 629 et suiv.

GUAiNDE VEINE LYMPtlATIOCE.

La grande veine lymphatique représente le tronc commun des absorbants (pii proviennent delà moitié droite de la tcte et du cou, du membre

supérieur droit , de la moitié corrrespondante du thorax, une partie de ceux du poumon droit , la plupart de ceux qui accompagnent les veines liépaticiues, et enfin ceux de la moitié droite du diaphragme. Cette veine, ou plutôt ce canal thoraciipie du côté droit , est remarcpiable par son extrême brièveté ; je n'ai jamais vu sa longueur dépasser 10 ou 12 millimètres; souvent même il est plus court, et plus fréquemment encore il est double ou triple. Dans le plus grand nombre des cas, le tronc commun des vaisseaux lymphatiques de la tête et du cou , celui du membre thoracique droit, et celui des vaisseaux mammaires internes correspondants se terminent isolément dans les veines sous-clavière et jugulaire interne; lorsque ces trois troncs se réunissent (ce qui est extrêmement rare), leur confluent s'ouvre dans l'angle de réunion de ces deux veines.

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