‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 74 sur 267 · CONFORMATION EXTÉRIEURE DES MUSCLES · texte numérisé non relu

CONFORMATION EXTÉRIEURE DES MUSCLES

Volume. 11 n'est aucun système d'organes qui occupe dans l'économie une place aussi considérable que le système musculaire, et qui varie autant selon l'âge, le sexe, l'individu, l'état de santé ou de maladie, et les diverses professions ; très grêles chez l'enfant et chez la femme, chez le convalescent et chez l'homme dont la vie est sédentaire et spéculative, les muscles volontaires acquièrent , dans le portefaix , le cultivateur et tous les individus qui les soumettent à des exercices fréquents , des dimensions qui impriment aux formes extérieures un aspect tout-à-fait différent de celui qu'on observe dans les conditions opposées : cet aspect, bien connu des peintres et des statuaires, s'annonce par des reliefs que trahissent les téguments et des dépressions qui correspondent aux sailhes osseuses.

Nombre. Quelques anatomistes évaluent le nombre des muscles à 400, Chaussier le porte à 368, Theile à 346. Ces différences nous laissent pressentir que le dénombrement des organes musculaires ne peut conduire à une évaluation rigoureuse; un grand nombre de muscles, en effet, se confondent par une de leurs extrémités : ces muscles qui ont une insertion commune seront-ils considérés comme un seul muscle ou comme des muscles indépendants l'un de l'autre? Tant que cette difficulté ne sera point résolue , il sera impossible de déterminer d'une manière exacte le nombre des muscles; or, cette solution repose et reposera toujours sur des données esentiellement arbitraires.

Forme. Les muscles peuvent revêtir les formes les plus diverses, ainsi que le témoignent les dénominations de muscles carré , triangulaire, scalène, rhomboïde, trapèze, pyramidal, deltoïde, lombricaux, etc.; toutefois, comme les organes passifs de la locomotion, ils ont été ramenés à trois types principaux , fournis par leurs dimensions , et divisés en muscles longs , larges et courts :

Muscles longs. Ils occupent les membres, et se pressent autour des leviers osseux, qu'ils environnent de deux couches : l'une profonde et plus courte, immédiatement appliquée sur l'axe que forment ces leviers ; l'autre superficielle , plus longue et plus rétractile , qui entoure la première comme celle-ci entoure leur axe commun , et dont les extrémités dépassent le plus souvent celles de cet axe pour aller se fixer à des os plus rapprochés ou plus éloignés du tronc.

La plupart des muscles longs présentent la forme d'une pyramide dont la base l'egarde en haut et dont le sommet se dirige vers la partie terminale des membres ; cette configuration , diamétralement opposée à celle des colonnes osseuses, qui constituent une pyramide à base inférieure, a iK)ur effet : 1*^ de juxtaposer les masses musculaires les plus volu-

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mineuses aux parties les plus grêles du squelette des membres, et de donner ainsi aux extrémités thoraciques et abdominales une conformation plus régulière et plus en harmonie avec la conformation générale du corps ; 2° de transformer les saillies osseuses en poulie de réflexion , disposition qui détruit le parallélisme des organes actifs et passifs de la locomotion, et favorise l'action musculaire ; 3° de faciliter les insertions, puisque les renflements que présente de distance en distance la colonne brisée des membres correspondent aux extrémités des muscles.

Muscles larges. Ils s'étalent sur la périphérie et dans la cavité du tronc, soit pour compléter l'enceinte de cette cavité, soit pour la diviser en deux cavités secondaires, l'une supérieui'eou thoracique, l'autre inférieure ou abdominale. De leur participation inégale à la formation des grandes cavités du corps résultent pour chacune de celles-ci des caractères bien différents : la cavité du crâne, exclusivement formée par les os, est invariable dans ses dimensions ; le thorax, dont les parois sont constituées à la fois par des os, des cartilages et des muscles larges, se dilate et se resserre alternativement ; l'abdomen, dont les parois sont essentiellement musculaires, se prête à une extensibilité en quelque sorte indéfinie.

Les muscles qui s'étendent en surface se distinguent par les deux caractères suivants : 1° ils sont curvilignes : tels sont le diaphragme, le transverse , les deux obliques , les intercostaux interne et externe , le releveur de l'anus, l'occipito-frontal , etc.; 2° ils forment des plans superposés et toujours entre-croisés : ainsi se superposent et s'entre-croisent les trois plans musculaires de l'abdomen, les deux plans intercostaux, le releveur et le sphincter de l'anus. Par cette disposition les muscles larges se rapprochent des muscles viscéraux qui présentent au plus haut degré ce caractère d'entre-croisement ; et il est digne de remarque que la plupart de ces muscles, distribués autour de l'abdomen, appartieiment autant, parla nature de leurs fonctions, à la vie nutritive qu'à la vie animale.

Muscles courts. On les observe dans toutes les régions où les os courts sont multipliés, à la paume des mains, à la plante des pieds, à la partie postérieure du rachis. Les plus remaniuables sont ceux qui président aux mouvements d'élévation de la mâchoire inférieure ; quelquefois ils s'ajoutent et forment par leur enchaînement des muscles qu'un examen superficiel ferait classer parmi les muscles longs : tels sont ceux qui occupent les gouttières vertébrales.

Insertions. Les muscles se fixent par leurs extrémités sur les parties correspondantes du squelette ; la détermination précise de leurs attaches est sans contredit le point le plus important de leur étude, car à l'aide de cette donnée il devient facile d'établir leur étendue , leur direction , leur forme et les usages qu'ils remplissent; aussi les anatomistes qui ont cherché à réformer le langage anatomiqiie ont-iis pris cette détermination pour base de leur nouvelle nomenclature du système musculaire.

Quelques muscles s'insèrent par une extrémité sur un os, et par l'autre, tantôt sur un cartilage, tantôt sur une aponévrose, et tantôt sur un organe comme les muscles de l'œil, ou sur la peau comme la plupart des muscles de la face. Mais le plus grand nombre s'attachent par leurs deux extrémités

aux leviers osseux ; les crêtes , les saillies , les inégalités qui hérissent la surface du squelette sont destinées à recueillir ces insertions.

Il est rare que les deux attaches d'un muscle soient également mohiles ; en général l'une d'elles a lieu sur un os habituellement immobile, et l'autre sur un levier qui s'articule avec le précédent et se meut sur lui en le prenant pour point d'appui. La première, ou l'insertion fixe, est remarquable par l'étendue qu'elle occupe , et par sa tendance à s'unir avec celles des nmscles adjacents, qui souvent se confondent dans une attache commune; la seconde , ou Vinsertion mobile , est au contraire caractérisée par le peu d'étendue qu'elle présente, par sa forme bien déterminée et sa complète indépendance.

Direclion. La plupart des muscles, étant rectilignes, possèdent un axe auquel on peut rapporter l'effej; de leur contraction. Ceux qui se dévient dans leur trajet présentent un axe brisé ; pour apprécier leur action, il faut avoir égard seulement à la portion réfléchie. Dans les muscles curviUgnes, le premier effet de la contraction est de redresser les fibres ; après ce redressement, si leur action n'est pas épuisée, ils se comportent comme ceux dont les fibres sont rectilignes. La direction d'un muscle étant donnée, on peut donc arriver à la notion de ses usages.

L'axe des muscles doit être aussi considéré relativement à l'axe des leviers sur lesquels ils agissent ; sous ce point de vue ils offrent des différences nombreuses : ainsi les muscles longs suivent une direction sensiblement parallèle à celles des os qui composent le squelette des membres ; ils éprouvent seulement une légère déviation au niveau des renflements articulaires de ces os. Les muscles larges et les muscles courts se rapprochent au contraire de la direction perpendiculaire ; tels sont, parmi les premiers, le grand°droit abdominal, les intercostaux, le diaphragme, le carré des lombes, etc.; et parmi les seconds, les masséters, les ptérygoïdiens, la série des faisceaux qui composent les spinaux , les inter-épineux du cou , le carré crural, etc.

2° STRIJCTliRE DES MUSCLES.

Les muscles comprennent dans leur structure: 1° des fibres rouges, molles et contractiles qui les constituent essentiellement ; 2° des fibres blanches, résistantes, qui forment les tendons et les aponévroses d'insertion, organes passifs, comme les os auxquels ils transmettent le résultat de la contraction musculaire; 3° les éléments généraux de toute organisation, tissu cellulaire, artère, veine, lymphatiques, nerfs.

Tissu musculaire. Il se distingue au milieu de tous les autres tissus de l'économie, et surtout au milieu des tissus osseux et fibreux qui lui servent de cadre , par sa forme fasciculée et sa couleur d'un rouge vif, très prononcée dans l'adulte et les individus d'un tempéi-ament athlétique, pâle au contraire chez l'enfant, la femme et l'homme affaibli par une longue maladie ou une ahmentation insuffisante.

Sa consistance, assez considérable pendant la vie pour résister aux plus violents efforts, s'affaiblit tellement lorsqu'il est privé de l'influence vitale qu'on le déchire alors avec la plus grande facilité. La décomposition putride dépouille promptcment ce tissu de la plupart de ses attributs ; et dans

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la perte successive de ses propriétés, sa consistance est celle qui disparaît la première.

Le tissu musculaire se compose de faisceaux prismatiques , qu'on peut diviser et subdiviser en faisceaux graduellement décroissants, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la fibre élémentaire.

Cette fibre élémentaire, appelée aussi par les observateurs qui l'ont soumise à l'analyse microscopique fibre striée, articulée, variqueuse, ne paraît pas être le dernier terme de décomposition du tissu musculaire; on pense généralement qu'elle peut se partager en fibres plus déliées, que Henle a proposé d'appeler fibres primitives ou fibrilles.

Vue au microscope, la fibre élémentaire se pi"ésente sous l'aspect d'un filament, plus volumineux chez l'homme que chez la femme, cylindrique ou prismatique , strié dans le sens transversal , plus rarement dans le sens longitudinal, et quelquefois dans les deux sens simultanément.

Les fibres primitives ou fibrilles sont nombreuses, parallèles, non anastomosées, et renflées de distance en distance de manière à ressembler à autant de petits grains olivaires disposés bout à bout sur une même ligne ; c'est la succession de ces petits grains placés à la même hauteur qui donne lieu à la striation transversale , de même que l'accolement des fibrilles produit les stries longitudinales.

Une enveloppe générale entoure les fibrilles qui composent la fibre élémentaii'e ; on la démontre , soit par l'acide acétique affaibli , qui dissout les fibrilles en laissant la gaîne intacte , soit par l'alcool , qui dui-cit les fibrilles et produit le plissement de la gaîne , soit par des pressions ou des tiraillements, qui rompent les fibrilles sans déchirer la membrane. Cette enveloppe commune des fibrilles, d'après les observations de Bowmann, ne s'appliquerait pas sur l'extrémité ou plutôt sur le disque terminal de la fibre élémentaire ; ce disque se soude immédiatement à la fibre tendineuse qui lui correspond , et la membrane, abandonnant alors l'élément contractile du muscle , se prolonge sur l'élément fibreux auquel elle s'unit, en formant au niveau de la fusion de ces deux éléments une sorte de virole. Quelle est la nature de cette gaîne? L'observation directe n'a pas encore résolu cette question dont la solution semble résider aux limites les plus i*eculées que puissent atteindre nos instruments d'optique; M. le professeur Denonvilliers incline à penser qu'elle est d'une nature celluleuse ; cette opinion éminemment rationnelle nous paraît destinée à rallier un grand nombre de partisans ; elle est ainsi formulée : « Si j'osais, dans un sujet de cette nature, émettre une opinion, je dirais que j'ai une certaine tendance à voir dans cette membrane les premiers rudiments du tissu cellulaire unissant des muscles ; n'est-il pas en effet reconnu et universellement admis que ce tissu environne tous les oi-ganes, pénètre dans leur intérieur, envoie entre leurs parties constituantes des prolongements ténus qui arrivent jusqu'à leurs derniers éléments, et les enlace dans un réseau partout continu à lui-même? Ce ne serait donc là qu'un cas particulier, qu'une application spéciale de la loi générale. »

Le tissu musculaire a été l'objet d'un grand nombre de recherches chimiques ; mais dans ces recherches on n'a pas isolé ce tissu des éléments (iiii entrent accessoirement dans sa composition, tels que les artères , les veines , les nerfs , le tissu cellulaire ; par conséquent les résultats de toutes ces analyses sont complexes et ne présentent (lu'une valeur approximative.

16i ANATOMIE.

Fourcroy a démontré que la fibrine en constitue la base et le caractérise d'une manière spéciale ; les autres éléments énumérés par M. Orfila sont : l'eau, la gélatine , l'albumine , une matière grasse composée d'oléine et de stéarine, la cérébrote, la créatine, l'acide lactique, le chlorure de sodium et de potassium, le phosphate de soude, d'ammoniaque et de chaux, le sulfate de potasse, l'oxyde de fer, et peut-être la soude et l'oxyde de manganèse. Berzélius donne les chiffres suivants :

Fibrine 0,io80

Cnior et albumine 0,0220

Ge'hitine 0,0190

Osmazome 0,0180

Ptyaliue 0,0015

Phosphate de soude 0,0090

Phosphate de chaux 0,0008

Eau 0,7717

Les analyses , d'ailleurs incomplètes , de Braconnot et de Schlossberger ne sont pas sensiblement différentes.

Des tendons et des aponévroses d'insertion. Les fibres blanches ou albuginées qui continuent les fibres musculaires sont remarquables par cette alliance de la flexibilité , de l'inextensibilité et de la résistance qui caractérise le tissu fibreux. Tantôt elles se gïoupent autour d'un axe pour former un cône ou un cyhndre qui prend le nom de tendon, et tantôt elles se disposent en membrane , pour donner naissance aux aponévroses d'insertion, lames fibreuses bien différentes de celles qui entourent les muscles et les brident dans leur position respective , en ce qu'elles résultent de la simple juxtaposition des fibres albuginées, tandis que les aponévroses ambiantes ou contentives représentent de véritables toiles composées de fibres réciproquement perpendiculaires.

Les tendons se montrent surtout à l'extrémité inférieure des muscles longs, et les aponévroses d'insertion aux bords des muscles larges. Quant aux muscles courts, ils s'insèrent comme l'extrémité supérieure des muscles longs par des faisceaux tendineux ou aponévrotiques, ordinairement multiples, d'où il suit que leur attache occupe toujours une large surface ; de là l'épaisseur plus considérable que présentent les premiers , et la forme pyramidale à base supérieure qui appartient aux seconds.

L'élément fibreux et l'élément contractile offrent entre eux des rapports dont la loi a été clairement formulée depuis quelques années , en France par M. Gerdy , et en Allemagne par Theile. Cette loi peut être ainsi énoncée : le tissu fibreux affecte , relativement au tissu musculaire , une disposition inverse aux deux extrémités d'un même muscle : ainsi, lorsqu'un tendon revêt la forme d'un cône creux qui donne attache aux fibres contractiles par sa surface interne , le tendon opposé présenté la forme d'un cône i)lein dont le sommet se prolonge au milieu des fibres musculaires pour recueillir leurs insertions par sa surface externe ; si une lame aponévrotique revêt la face postérieure d'un muscle , l'aponévrose située

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à rextrcinltô opposée occupera sa face antérieure. Il résulte de cette disposition inverse de l'élément actif et de l'élément passif aux extrémités opposées d'un même muscle :

1° Que toutes les fibres nmsculaires possèdent la même longueur;

2° Que les fibres tendineuses correspondantes de l'une et de l'autre extrémité, présentent une longueur inverse;

3° Que les premières s'insèrent le plus souvent obliquement sur les secondes ;

4° Que l'élément albuginé est moins abondant que l'élément contraclilc , puisque plusieurs fibres musculaires s'insèrent à une même libre tendineuse ;

5° Que les tendons n'ont pas seulement pour fonction de transmettre aux leviers osseux le résultat de la contraction des muscles , mais aussi de concentrer sur un petit espace les libres musculaires qui étaient trop multipliées pour occuper chacune une place distincte sur la surface du squelette , et de transformer toutes ces forces élémentaires en une force unique dont Paction devient plus précise.

Du tissu cellulaire. Chaque muscle est entouré d'une gaîne celluleuse, qui donne naissance, par sa face interne, à un grand nombre de prolongements ou de cloisons. Ces prolongements, après avoir pénétré entre les faisceaux principaux , se dédoublent pour pénétrer entre les faisceaux secondaires, et produisent ainsi une série d'étuis décroissants, dont les derniers renferment les fibres élémentaires; cette disposition a pour effet d'établir entre toutes les parties intégrantes d'un môme muscle une solidarité qui se concilie avec leur indépendance, et qui leur permet d'agir tantôt simultanément, tantôt isolément.

Assez abondant dans les muscles, le tissu cellulaire devient rare dans les tendons , où il n'est bien évident qu'à leur surface. La gaine qui entoure les fibres élémentaires, en s'unissant d'une manière intime aux fibres tendineuses , au niveau du point de jonction de ces deux ordres de libres, semble concourir à la formation de l'élément fibreux, de telle sorte que les tendons ne seraient, en partie au moins, qu'une transformation, une sorte de condensation du tissu cellulaire intermusculaire.

Jrtàrcs. Elles sont volumineuses et le plus souvent multiples; sous le double rapport de leurs dimensions et de leur nombre, on peut dire que ces vaisseaux sont proportionnels soit à la longueur, soit à l'étendue superficielle des muscles ; en multipliant ainsi le nombre aux dépens du volume, dans les artères destinées aux muscles longs et aux musles larges , « la nature , dit M. le professeur Denonvilliers , paraît avoir eu ]>our but de prévenir les effets fâcheux qui auraient pu résulter de la compression momentanée d'une branche unique , en imprimant à l'afflux du sang artériel un caractère de permanence éminemment favorable à l'action musculaire, »

Les artères plongent dans le tissu des muscles , tantôt obliquement et tantôt perpendiculairement; le premier mode d'incidence est cehii qu'on observe dans la plupart des muscles larges, et dans les muscles longs du bras et de la cuisse; le second appartient surtout aux muscles situés autour de l'avant-bras et de la jambe. Parvenus à la surface de ces organes, les troncs artériels se divisent en branches , en rameaux , et en ramifications cxtrc-

mement ténues : les branches parcourent les sillons musculaires en croisant quelquefois leur direction; les rameaux suivent les interstices des faisceaux secondaires dans toute leur longueur, en communiquant entre eux par des anastomoses transversales , qui forment un réseau à mailles allongées ; les dernières divisions de l'artère paraissent destinées aux fibres élémentaires, dans lesquelles elles s'épuisent en affectant un mode de distribution qui est encore inconnu.

Au niveau du point d'adhésion des fibres tendineuses et contractiles, les artérioles semblent se réfléchir pour former un plexus à mailles serrées, qui s'interpose à l'élément fibreux et à l'élément musculaire ; ce réseau embrasse chaque fibre élémentaire ; il est vraisemblable que parmi les capillaires qui en partent pour remonter vers le muscle, quelques uns pénètrent au dedans de la gaine de ces fibres et s'épuisent dans les fibrilles.

Veines. Deux vaisseaux veineux accompagnent, en général, les artères musculaires , dont ils suivent la distribution ; ces veines collatérales sont munies de valvules qui paraissent plus multipliées que celles qu'on observe dans les veines superficielles. « De nombreuses valvules , dit 31. Blandin, étaient nécessaires dans les veines profondes des membres , parce que ces veines ont des parois très faibles ; parce que, pressées par les muscles dans les interstices desquels elles sont placées , le sang avait à vaincre, dans la circulation, des frottements considérables. » Cette opinion, déjà professée par Haller, a été combattue par Bichat, qui fonda-son opposition sur la facihté avec laquelle on parvient souvent à injecter les veines profondes des branches vers les rameaux, et sur le soutien que ces veines reçoivent du contact des fibres musculaires. Mais ces deux arguments trouvent une réfutation complète dans les faits incontestables signalés par M. Blanclin. Les paroisdes veines musculaires, étant beaucoup plus faibles que celles des veines sous-cutanées , se laissent distendre après la mort, parce qu'elles ne sont plus soutenues par les muscles privés de leur consistance ; dès lors leurs valvules deviennent insuffisantes, et l'injection les envahit. D'une autre part, tous les muscles d'une région n'entrent pas en action simultanément; les veines de ceux qui se contractent étant affaissées, celles des muscles qui ne se contractent pas , et qui se jettent dans les premières, deviendront le siège d'un rellux , qui nécessite un appareil valvuleux plus développé que celui des veines superficielles , sur lesquelles l'action musculaire exerce une influence opposée.

Faisseaux lymphatiques. On observe, autour des principaux troncs artériels et veineux qui pai'courent les membi'es, un plexus de vaisseaux lymphatiques très développé. Quelle est la source de ces vaisseaux? La sohition de ce point de science présente des difficultés contre lesquelles tous les anatomistes ont échoué jusqu'à ce jour. Cependant, si l'on considère : 1° que les lymphatiques profonds des membres ne peuvent provenir que des artères, des veines, des nerfs, et de l'appareil locomoteur ; 2° que les ramifications vasculaires et nerveuses n'occupent qu'une place excessivement limitée dans les membres , dont le volume est surtout constitué par les os et les nuiscles ; 3° que les systèmes osseux et musculaire sont de tous les organes ceux qui présentent les phénomènes d'absorption les phis manifestes, ainsi que le démontrent, pour le premier^ le rapide accroissement

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de tous les canalieules osseux sous l'intluence de rinflammation, et pour le second, les réductions si considérables qu'il éprouve dans son volume à la suite d'une longue maladie : on inclinera à penser que ces vaisseaux ont leur origine principale et peut-.être exclusive dans les organes actifs et passifs de l'appareil locomoteur. Cette proposition nous paraît extrêmement vraisemblable ; cependant elle commande quelque réserve jusiiu'à l'épotjue où elle sera délinitivement confirmée ou repoussée par l'observation. Folimann et Tiedmann ont fait de louables efforts pour arriver à ce résultat ; mais ils ont réussi seulement à injecter quelques lympbatiques sur les faces supérieure et inférieure du diapbragme de l'homme et de certains mammifères ; et ces résultats, dans lesquels il est difficile de faire la part de ce qui appartient au muscle et de ce qui appartient aux séreuses qui le tapissent , ne peuvent être acceptés comme des faits concluants.

Nerfs. Ils émanent surtout du centre encépbalo-racliidien , et plongent dans les muscles sous des incidences diverses , en se divisant en filets décroissants; les premières bi-anches suivent l'interstice des principaux faisceaux, et foundssent dans leur trajet des rameaux qui se partagent en ramuscules destinés à de petits groupes de fibres contractiles; car ces filaments nerveux paraissent moins nombreux que les fibres élémentaires des muscles.

Le mode de terminaison des ramifications nerveuses a été le sujet d'un grand nombre de travaux ; et comme ces ramifications se dérobent à nos sens par leur ténuité , on a eu recours au microscope ; de toutes ces recherches sont résultées deux opinions qui comptent l'une et l'autre beaucoup de partisans : l'une d'elles, produite d'abord par 3131. Prévost et Dumas , affirme que toutes les fibres nerveuses parvenues à leur dernière division se réfiéchissent autour des fibres contractiles, pour former des anses, et retourner ensuite à leur point de départ; l'autre consiste à admettre que tous les filaments nerveux, arrivés à leur destination, s'épuisent dans le tissu musculaire.

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