‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 97 sur 267 · SOUS-COST\UX · texte numérisé non relu

SOUS-COST\UX

Languettes musculaires variables dans leur nombre et leur longueur, situées à la face interne des côtes , en dehors des articulations costo-vertébrales , insérées en haut à la face interne de la côte qui est au-dessus, en bas à la face interne de la côte qui est au-dessous.

Ces languettes sont tantôt verticales, tantôt un peu obliques en bas et en dedans comme les intercostaux internes , dont elles paraissent une dépendance.

TRIANGULAIRE DU STERîSUM.

Préparation, l" Scier les côtes en dehors de leur union avec les cartilages costaux, et enlever ces cartilages et le sternum ; 2o détacher la plèvre qui revêt la face postérieure du niusole.

MYOLOGIE. 20 7

Situation. Sur la face postérieui-e du sternum et des cartilages costaux.

Figure. Triangulaire , et dentelé en dehors.

Attaches. En dedans, sur les parties latérales de la face postérieure du sternum; — en dehors , par autant de languettes distinctes, sur la face postérieure des sixième, cinquième, quatrième et troisième cartilages costaux.

Direction. Les fihres inférieures sont horizontales , les autres obliques en haut et en dehors.

Structure. Aponévrotique à ses insertions slernale et cartilagineuse, charnu dans le reste de son étendue.

Pu(pports. En avant, avec le sternum , les cartilages costaux , et les muscles intercostaux internes ; en arrière, avec la plèvre.

Usages. Il abaisse les cartilages costaux et concourt à l'expiration.

REGION CERVlCxiLE LATERALE ET SUPERFICIELLE. PEALCIER.

Préparation. \o Elevei- les épaules et abandonner la lêlc à son propre poids, afin de tendre le muscle; 2o faire une incision très superficielle, étendue de la partie moyenne de la base de la mâchoire inférieure à la partie moyenne de la clavicule.

Situation. A la partie antérieure et latérale du cou.

Forme. Large, extrêmement mince et quadrilatère.

Attaches. En bas, ce nmscle adhère d'une manière assez intime à la peau qui recouvre la partie supérieure de la poitrine et les parties latérales du cou ; — en haut, il s'attache: 1° sur la ligne médiane, aux téguments de la symphyse du menton , par des fibres qui s'entre-croisent avec celles du muscle opposé; 2° sur les côtés, aux téguments de la lèvre inférieure, par des fibres qui traversent de petites arcades fibreuses placées à la base du muscle triangulaire, et qui contribuent à former le nmscle carré; 3° plus en dehors, à la commissure des lèvres par un petit faisceau connu sous le nom de risorius de Santorini; 4° enfin, en arrière, à la peau qui recouvre le masséter et la glande parotide, par des fibres extrêmement pâles et d'inégales longueurs.

Direction. Oblique de haut en bas et de dedans en dehors.

Structure. Entièrement composé de fibres charnues dont la couleur d'un rose pâle contraste avec la coloration très prononcée des autres muscles.

Rapports. En dehors, avec la peau ; en dedans et en procédant de bas en haut, avec le deltoïde, le grand pectoral et la clavicule ; plus haut, avec le sterno-mastoïdien , l'omoplat-byoïdien, les veines jugulaires externes, le mylo-byoïdien et la glande sous-maxillaire; à la face, avec le maxillaire inférieur , le buceinateur , le masséter et la glande parotide.

Le bord antérieur est séparé du bord correspondant du muscle opposé par un intervalle triangulaire à base inférieure, dans lequel on aperçoit les muscles de la région hyoïdienne inférieure, le corps thyroïde et le larynx.

Le bord postérieur est remarquable par la présence d'un grand nombre

de branches nerveuses dont les ramifications rayonnent dans tous les sens, sous la face profonde.

Usages. 1° Il concourt à la mastication par le mouvement d'abaissement qu'il imprime à la lèvre inférieure, mouvement qui permet à la lèvre ainsi abaissée de saisir les aliments tombés au-devant de l'arcade dentaire pour les reporter sur cette arcade, et qui est d'autant plus prononcé que les fibres du peaucier présentent une grande longueur ; 2° il contribue à l'expression de la physionomie par l'action qu'il exerce sur la commissure des lèvres ; 3° il est antagoniste de la houppe du menton par ses fibres médianes qui abaissent les téguments que ce petit muscle élève.

STERNO-MASTOÏDIEN.

Situation. Sur les parties latérales du cou.

Forme. Allongé , aplati de dehors en dedans , simple à son extrémité supérieure, bifide inférieurement.

Attaches. En bas, à la partie supérieure et antérieure du sternum, et à la partie interne du bord postérieur de la clavicule ; — en haut, à la base de l'apophyse mastoïde du temporal , et au tiers externe de la ligne courbe supérieure de l'occipital.

Direction. Oblique de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière en avant.

Structure. Tendineux à son insertion sternale, aponévrotique à ses attaches claviculaire et céphalique, charnu dans le reste de son étendue.

Les fibres qui naissent du sternum et celles qui partent de la clavicule forment deux faisceaux bien distincts, dont l'antérieur est très oblique et arrondi et le postérieur presque vertical et aplati ; ces deux faisceaux, séparés par un interstice celluleux plus ou moins apparent , se confondent à l'union du tiers supérieur du muscle avec ses deux tiers inférieurs.

Piopports. En dehors, avec le peaucier et la peau ; en dedans, avec l'articulation sterno-claviculaire , les muscles de la région hyoïdienne inférieure, le digastrique, le stylo-hyoïdien, le splénius ; avec le nerf spinal qui le traverse ; et enfin avec la veine jugulaire interne et la carotide primitive qu'il croise à angle aigu inférieurement.

Sou bord antérieur, qui fait saillie sous les téguments, répond en haut à la glande parotide, et plus bas à la veine jugulaire externe antérieure ; — son bord postérieur est enlacé par des branches nerveuses qui le contournent et se portent en avant où elles se ramifient pour donner naissance au plexus cervical. Ce bord forme le côté antérieur d'un triangle, dont le côté postérieur est formé par le bord supérieur du trapèze et le côté inférieur ou la base par la clavicule ; l'espace circonscrit par ces trois bords constitue la région ou le creux sus-claviculaire , région importante que traversent un grand nombre de branches vasculaires et nerveuses.

Usages. Ces muscles sont fléchisseurs et rotateurs de la tête lorsqu'ils se contractent isolément ; dans leur action simultanée , les effets opposés se détruisant , ils deviennent simplement fléchisseurs; cependant si la tête est fortement étendue, leur point mobile étant alors rejeté en arrière du point d'appui du levier que représente le crâne , ils ne peuvent plus agir comme fléchisseurs ; et s'ils se contractaient dans cette condition , ils agiraient dans le même sens que les extenseurs.

amSCLES DE LA REGION HYOÏDIENNE INFERIEURE.

Prépnrnlion. 1° Diviseï* les clavicules à leur partie moyenne; 2o couper les deux premières côtes un peu eir dehors de leiu- union avec leur cartilage; 5° scier le sternum de manière à détacher son tiers supe'rieur; 4o renverser ensuite vers la face la pièce quadrilatère aiasi isolée , et pre'parer les insertions des muscles qui s'attachent au sternum et à la clavicule. Pour re'lablir les rapports naturels de ces muscles , il suffira de ramener dans leur position primitive les parties osseuses qui ont été' divise'es et de'viées.

STERNO-HYOÏDIEN.

Situation. A la partie antérieure et moyenne du cou.

Forme. Mince, long, étroit et comme rabane.

Attaches. En bas, à l'extrémité interne de la clavicule, au ligament postérieur de l'articulation sterno-claviculaire , et à la partie correspondante de la face postérieure du sternum ; —en haut, au bord inférieur du corps de l'os hyoïde.

Direction. Vertical.

Structure. Presqu'entièrement charnu, coupé vers sa partie inférieure par une intersection aponévrotique transversale.

"Rapports. En avant, avec le peaucier, le sterno-mastoïdien et la peau ; en arrière, avec le sterno-thyroïdien et le thyro-hyoïdien.

Usage. Il abaisse l'os hyoïde.

OMOPLAT- OU SCAPULO-IIYOÏDIEN.

Situation. Sur les parties latérale, antérieure et inférieure du cou.

Forme. Allongé , arrondi , plus épais à ses extrémités qu'à sa partie moyenne.

Attaches. En bas , au bord supérieur de l'omoplate , derrière l'échancrure coracoïdienne ; — en haut, au bord inférieur du corps de l'os hyoïde, en dehors du sterno-hyoïdien.

Direction. En partant de l'omoplate ce muscle marche parallèlement à la clavicule, en arrière de laquelle il est placé ; parvenu vers la partie moyenne de cet os, il se réfléchit pour se porter en haut, en dedans et en avant, de telle sorte qu'il décrit une courbe dont la concavité regarde en haut, en arrière et en dehors ; cette courbe des deux omoplat-hyoïdiens est maintenue par une aponévrose qui d'une part unit ces deux muscles l'un à l'autre en comblant l'espace angulaire qui les sépare, et de l'autre se fixe en bas au bord postérieur de la clavicule ; cette lame aponévrotique n'est qu'une dépendance de l'aponévrose cervicale.

Structure. Charnu à ses extrémités, tendineux à sa partie moyenne.

Piapports. En dehors, avec le trapèze, la clavicule, le sterno-mastoïdien et la peau ; en dedans, avec les scalènes, les cordons nerveux qui forment le plexus brachial, la veine jugulaire interne et l'artère carotide primitive.

Usage. Si les deux muscles agissent à la fois, ils abaissent l'os hyoïde et le portent en arrière; s'ils agissent isolément, ils abaissent cet os en l'inclinant du côté (ju'ils occiipent,

STEr.NO-TR\UOÏDlE.\.

Siluation. A la partie antérieure et moyenne du cou , en arrière du sterno-liyoïdien.

Forme. Très mince et allongé.

Attaches. En bas, a la partie supérieure de la face postérieure du sternum , au niveau ou un peu au-dessus du cartilage de la première côte, et à toute l'étendue du bord postérieur de ce cartilage ; — en haut, au cartilage thyroïde par une arcade aponévrotique oblicpiement dirigée de haut en bas et de dehors en dedans, arcade dont les extrémités se fixent à deux tubercules situés sur la face externe ou antérieure de ce cartilage.

Direction. Vertical.

Structure. Presque entièrement charnu, coupé par une intersection aponévrotique au niveau de la fourchette du sternum.

Rapports. En avant, avec le sterno-hyoïdien , l'omoplat-hyoïdien et la clavicule ; en arrière, avec le corps thyroïde, la trachée-artère, et le tronc veineux brachio-céphalique.

TIIYRO-IIYOÏDIEN.

Situation. A la partie antérieure et moyenne du cou, entre le larynx et l'os hyoïde.

Forme. Court, aplati et quadrilatère.

Attaches. En bas, à la ligne oblique que présente la face externe du cartilage thyroïde, et aux tubercules (lui occupent les extrémités de cette ligne ; — en haut, à la partie inférieure du corps, et d'une partie de la grande corne de l'os hyoïde.

Direction. Vertical.

Structure. Entièrement charnu.

Piapports. En avant, avec le sterno-hyoïdien; en arrière, avec le cartilage thyroïde et la membrane thyro-hyoïdienne.

Usage. Il élève le larynx lorsqu'il prend son point fixe sur l'os hyoïde , et abaisse ce dernier os lorsque le larynx est fixé par les muscles sternothyroïdiens.

RÉGION SUS-HYOIDIEN>'E.

DÎGASTRIQUK.

Préparation, lo Élever les e'paules et renverser la lêle en arrière; 2o enlever la peau et le peaucier ; 5o diviser le sterno-maslodien à sa partie moyenne et renverser en haut sa portion mastoïdienne ; 4° repousser en haut les glandes parotide et sous-maxillaire.

Situation. Sur les parties latérale et supérieure du cou.

Forme. Celle de deux cônes réunis par leur sommet.

Attaches. En arrière , à la rainure digastrique ou mastoïdienne ; en avant, à la base de l'os maxillaire inférieur, sur les côtés de la symphyse du menton, dans une fossette destinée à cette insertion.

Direction, Oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en

MVOLOGIE.

dedans dans sa partie postérieure ; oblique en haut, en avant et en dedans dans sa partie antérieure ; ces deux parties eu se réunissant forment un angle obtus ouvert en haut.

Structure. Charnu à ses deux extrémités, tendineux à sa partie moyenne, qui traverse ordinairement le stylo-hyoïdien, et fournit une expansion hbreuse par laquelle le digastrique se fixe à l'os hyoïde ; cette expansion hbrcuse joue le rôle d'une poulie de renvoi.

Rappo)'ti;. En dehors, avec le peaueier, le sterno-mastoïdien, la glande parotide, et surtout la glande sous-maxillaire qu'il embrasse par sa concavité ; en dedans, avec les muscles (jui partent de l'apophyse styloïde , le mylo-hyoïdien , la veine jugulaire interne et les artères carotides externe et interne.

Usages. Le ventre postérieur porte l'os hyoïde en arrière et en haut; l'antérieur l'attire en haut et en avant ; les deux muscles contractés simultanément élèvent directement cet os. Lorsiiue l'hyoïde est fixé, le ventre

Fig. 8!.

Ntiscles des régions sus el sons-hyoïdiennes.

Ventre postérieur du digaslriquc. — 2, Ventre antérieur du digastrique. — 5. l'oulie de renvoi du digostiique. ■ — 4. M. slylo-hyoïdien. — f>. Moiiie' gauche ilu muscle mylo-liyoïdien. — 6. M. ge'nio-hyïodien. — 7. M. stylo-glosse. — 8. M. hyo-glosse. — 9. Apophyse styloïile. — 10. M. stylo-pharyngien. — 11. M. sterno-niustoïdien. — 12. Son faisceau slernal. — l.~. Sou faisceau claviculaire. — 14. M. sterno-hyoïdien. — 15. M. sterno-thyroïdien. — 16. M. thyro-hyoïdieu. — 17. Portion supérieure de romopiat-hyoidlen. — 18. Portion inférieure du même muscle. — 19. -M. trapèze. — 20. M. scalène ante'rieur. — 21. M. scalène postérieur. — 22. Insertion scapulaire de romoplat-hyoïdien.

postérieur tend à porter la tête dans l'extension et l'antérieur à abaisser la mâchoire.

STYLO-HYOÏDIEN.

Situation. A la partie supérieure et latérale du cou, en dedans du précédent.

Forme, Allongé, grêle et cylindrique.

Attaches. En haut et en arrière, à l'apophyse styloïde; en bas et en avant , au corps de l'os hyoïde.

Direction. Oblique de haut en bas et d'arrière en avant.

Structure. Tendineux à son insertion supérieure , charnu dans le reste de son étendue , traversé dans sa partie moyenne par le tendon du digastrique.

Raf ■ports. En dehors, avec le ventre postérieur du digastrique ; en dedans, avec le muscle stylo-glosse, l'hyo-glosse, la veine jugulaire interne et les artères carotides externe et interne.

Usage. Il attire l'os hyoïde en haut et en arrière.

MYLO-HYOÏDIEN.

Préparation, lo Isoler les veotres ante'rieurs des deux muscles digastriques, les diviser à leurs insertions au maxillaire et les renverser en bas; 2o enlever les deux glandes sous-maxillaires; o» diviser la mâchoire inférieure de chaque côte', au-devant de l'allaclie des masse'ters; 4o renverser en avant toute la partie médiane de cet os , et mettre à nu la face supérieure du muscle.

Situation. A la partie supérieure et médiane du cou.

Forme. Aplati, quadrilatère et curviligne.

Attaches. En bas, au corps del'os hyoïde ; — en haut, aune courbe demicirculaire formée sur la face postérieure de la mâchoire par les deux lignes obliques ou maxillaires internes.

Direction. Toutes les fibres qui naissent des lignes obliques internes se portent en convergeant en bas et en dedans ;— les supérieures se continuent sans lignes de démarcation avec celles du côté opposé ; les moyennes se terminent sur la ligne médiane , à un raphé rudimentaire ; les inférieures viennent s'insérer à l'os hyoïde : le plan général résultant .de la réunion de toutes ces fibres s'incline de haut en bas et d'avant en arrière , en formant une sorte de plancher musculeux qui ferme la cavité buccale dans sa partie inférieure, antérieure et médiane.

Structure. Essentiellement charnu, divisé sur la ligne médiane par nn raphé fibi-eux , peu apparent , en deux moitiés symétriques qui ont été considérées à tort comme deux muscles distincts.

Rapports. En avant et en bas, avec le peaucier et la peau, le ventre antérieur des digastriques et les glandes sous - maxillaires ; en arrière et en haut, avec les glandes sublinguales et les muscles génio-hyoïdiens , hyo-glosses et stylo-glosses.

Usages. Lorsque la mâchoire inférieure est fixe, il élève l'os hyoïde en le portant un peu en avant, et concourt alors à l'acle de la déglutition ; si l'os hvoïde est lise , il abaisse la mâchoire inférieure.

MYOLOGIE. 213

GÉNIO-HYOÏDIEN.

Préparation. Incisez le raphé. du mylo - hyoïdien avec beaucoup de me'nagemeut; los ge'nio-hyoïdieus sont immédiatement au-dessous; on les distingue du muscle pre'ce'deut par la direction de leurs fihres qui sont longitudinales, tandis que celles du mylo-hyoïdieu sont transversales ou obliques.

Situation. A la partie moyenne et supérieure du cou, au-dessus du niylo-liyoïdien.

Forme. Allongé et cylindrique.

attaches. En haut, à l'apophyse géni ; en bas, à la partie supérieure du corps de l'os hyoïde.

Direction. Oblique de haut en bas et d'avant en arrière.

Structure. Presque entièrement charnu.

Piapports. En bas et en dehors, avec le mylo-hyoïdien ; en haut, avec le génio-glosse ; en dedans, les deux muscles sont contigus l'un à l'autre , et séparés par un interstice cellulcux peu apparent.

Usage. Élévateur de l'os hyoïde lorsque la mâchoire est fixe ; abaisseur de la mâchoire si l'os hyoïde est immobile. Fléchisseur de la tête si l'hyoïde et la mâchoire sont l'un et l'autre fixés dans leur position.

ÂPONÉYROSE CERVICALE.

Elle s'étend de la base de la mâchoire au sternum et aux clavicules ; latéralement elle se perd d'une manière insensible au niveau du bord antérieur des trapèzes.

Simple sur la ligne médiane où elle présente une disposition analogue à la ligne blanche , elle se décompose de chaque côté en deux feuillets, l'un superficiel et l'autre profond.

Le feuillet superficiel, appelé aussi aponévrose cervicale superficielle , présente la forme d'un demi-cylindre qui embrasse la moitié antérieure de la surface du cou. — Dans sa partie médiane ou intermédiaire aux deux peauciers , il est sous-cutané ; plus loin , il s'applique sur la face externe du sterno-mastoïdien, pour former la lame externe de sa gaine; au-delà de ce muscle il revêt le creux sus-claviculaire et sert de surface d'appui aux fibres du peaucier, qui en son absence se déprimeraient et tomberaient en quelque sorte dans celte excavation qu'il est destiné à compléter en la dissimulant en partie. — En bas, ce feuillet se perd dans le tissu cellulaire qui revêt la face antérieure du grand pectoral. — En haut, il se fixe à la base de la mâchoire, excepté en dehors où il se continue soit avec la lame aponévrotique qui revêt le muscle masséter, soit avec la gaine fibreuse de la glande parotide.

La veine jugulaire externe postérieure est située en dehors de ce feuillet, et la veine jugulaire externe antérieure en dedans ; de cette différence de situation résultent la saillie sous-cutanée de la première , et le défaut de manifestation de la seconde.

Le feuillet profond offre la même étendue que le précédent; mais il en diffère à la fois par son siège et sa résistance plus grande. Il passe audessous du sterno-mastoïdien, s'unit en arrière de ce muscle avec le

feuillet snpedieiel , et recouvre la veine jugulaire interne, l'artère carotide primitive, les nerfs pneumo-gastriques , le grand sympliatbique et les ganglions pervicaux. — Son bord supérieur s'insère à la base de la mâchoire ; l'inférieur se fixe à la lèvre postérieure de la fourcbette du sternum et au bord postérieur de la clavicule ; fous les foyers purulents qui ont leur siège en avant de ce feuillet fusent vers la peau ; ceux qui résident en arrière tendent au contraire à se porter dans la cavité de la poitrine, vers le médiastin.

Ce feuillet doit être considéré dans sa portion supérieure ou sus-hyoïdienne et dans sa portion inférieure ou sous-hyoïdienne.

La lyortion sus-hyoïdienne répond : dans sa partie moyenne à l'espace triangulaire qui sépare les ventres antérieurs des digastriques auxquels elle est unie, ainsi qu'à l'os hyoïde ; — et par ses parties latérales aux glandes sous-maxillaires dont elle tapisse la face interne, de même que le feuillet superficiel tapisse leur face externe, en sorte que ces deux feuillet forment à cette glande une gaine complète qui se confond en dehors avec une gaine analogue appartenant à la parotide.

hdi portion sous-hyoïdienne présente aussi une partie moyenne et deux latérales. — La partie moyenne, qui est la plus résistante, remplit l'espace triangulaii-e qu'interceptent les deux omoplat-hyoïdiens dont elle lie les tendons aux clavicules , et auxquels elle constitue ainsi une sorte de poulie de renvoi , de même que la partie moyenne de la portion sus-hyoïdienne , en fixant les tendons des digastriques à l'os hyoïde , consolide l'expansion fibreuse qui sert de poulie de réflexion à ces deux muscles. — Les parties latérales forment la face interne de la gaine du sterno-mastoïdien, et s'appliquent, au-delà du bord postérieur de ce muscle, au feuillet superficiel pour accroître la résistance de l'aponévrose sus-claviculaire.

Indépendamment de ces feuillets, il en existe deux autres dans la région sous-hyoïdienne, l'un qui est situé entre les couches superficielle et profonde de cette région, et qui est extrêmement mince, l'autre placé sous la couche profonde au-devant de la trachée et du larynx ; ce dernier constitue non une gaine musculaire, mais une gaine viscérale destinée à fixer l'organe de la voix et la trachée dans la situation médiane qu'ils occupent.

RÉGION PRÉVERTÉBRALE.

Préparation. La coupe qu'il est nécessaire de i^ratiquer pour l'e'tude des muscles de celle re'giou mérite d'être e'iudiëe avec allenlion , car elle est utile nou seulement pour la pre'paratiou des muscles prevertebraux et des sralènes, mais aussi pour celle des muscles coustricleurs du pïiarynx , et pour celle du voile du palais; elle est couuue sous le nom de coupe du pharynx ; sou exe'cutiou repose sur les données suivantes :

lo Incisez les téguments du crâne sur la circonférence d'un plan transversal qui passerait par les bosses nasale et occipitale, et enlevez le cuir clievelu.

2o Divisez les os, :, l'aide d'une scie ou d'uu marteau, au niveau de la section circulaire des parties molles, et detacbez ensuite la voûte du crâne de la dure mère à laquelle elle adhère quelquefois d'une manière très intime. '

ôo Coupez la dure-mère sur les cotés de la ligne médiane, et d'avant en arrière; incisez ensuite transversalement vers sa partie antérieure la zone fibreuse qui résulte de cette double incision; vous pourrez alors renverser d'avant eu arrière celte partie médiane , et rabattre de chaque côté les parties latérales de la dure-mère.

MYOLOGtt:. 215

4o Le cerveau e'iant de'couvert , soulevez cet organe par sa partie antci-ieme , ilivisez tons les liens vasculaires ou nerveux qui le fixent à la Inise du crâne, incisez an niveau du trou occipital le prolongement qu'il envoie dans le canal vertébral, et, après l'avoir extrait, renversez-le dans la voùlc osseuse qui a e'ie préalablement détachée.

5° Incisez , immédiatement au-dessus du sternum çt transversalement, les te'guments, l'aponévrose cervicale, les muscles sterno-mastoïdiens,ceux de la région hyoïdienne inférieure , la trachée , l'œsophage , et enfin les vaisseaux et les nerfs du cou.

6" De celte incision transversale faites partir deux incisions verticales qui remonteront jusqu'à la base du crâne, en passant en arrièie des apophyses styloïdes, et qui comprendront la peau, le peancier et les sterno-mastoïdiens,

7" Prolongez ces deux incisions verticales à travers la base du crâne , de manière à partager cette base en deux ruoiliés, l'une antérieure, l'autre postérieure; dans ce but , pratiquez deux traits de scie, dirigés de dehors en dedans et un peu d'arrière en avant, en ayant soin de placer la lame en arrière des apophyses styloïdes ; ces deux traits de scie obliques devront se rencontrer à quelques millimètres en arrière de la fosse pituitaire ; s'ils n'arrivent pas au contact, on les réunira à l'aide d'un ciseau et d"uu maillet.

Lorscjue cette coupe a été pratiquée d'après les données précédentes, on isole d'une part le pharynx qu'on peut facilement étudier, de l'autre les muscles de la région prévertébrale et ceux de la région cervicale latérale et profonde.

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